DEO GRATIAS — DEO GRATTAS. DEO LAUDES
comme une action de grâces pour le bienfait de la messe.
Le Deo gratias se dit aussi à la fin du dernier évangile de la messe. 11 est la finale de tous les omces dans fa liturgie romaine, sauf pendant les trois derniers jours de la semaine sainte.
Enfin on le dit après les Capitules, qui sont de vraies leçons, après la leçon brève de prime et de compiles, après le Benedicamus Domino.
On trouve encore l'emploi du Dco gralias dans quelques autres circonstances liturgiques, par exemple, diins l'annonce des fotes; un ordo public par dom Martène s'exprime ainsi : accipiens diacomis cciliccm in dextcram part'in allaris, elcvans eiim in manibus suis pronunliat nalalitia sancla in ipsa hi-bdomada venienlia itd dicendo : illa jcria veniente nalalis est sancici Maria (sic), ant confessorum nul alionim sandorum, qualis evenil secanduni marlyrologium. F.l respondent nmnes .: Dco gratias. Post lia'c... dicat diacomis : ile, missa est. respondenlibiis itmnihiis iii:ii i^rnrns et completam est '.
Il semble bien d'après ce qui précède, et sous réserve de découverte; ultérieures, que la marche de cette acclamation peut s'esquisser ainsi : employée d'abord par saint Paul, elle se répand en Afrique, et c'est là sans doute qu'elle est devenue d'abord d'un usage liturgique =. C'est aussi de là sans doute qu'elle s'est glissée dans la liturgie mozarabe et dans les liturgies gallicanes, tandis que d'un autre cùté elle se répandait à Rome et s'installait dans la liturgie romaine. Je ne crois pas qu'on la rencontre dans les liturgies orientales. Quoi qu'il en soit, même si l'sn peut signaler la présence de cette formule dans un cas ou dans l'autre, elle n'a pas ce caractère de conclusion et d'action de grâces finale, qu'elle possède dans la liturgie romaine et dans les autres liturgies d'Occident.
15nu,iOGRA.PHiE. — Bingham, TIte antiguiliescl llic Christian Church, Oxford, 18.5.5, t. v, p. C7. — J. Bona, Rerum litargicarnm. éd. Sala, Aug. Taurin, 17.5.3, t. m, p. 115, 119. — Dom F. Cabrol, Le livre delà priée antique, Paris, 1010. p. 73-74; Dicl. d'Archrol., art. ACCl..\MATION'S LITURGIQUES, t. I, col. 241, '250. "200 sq. — Du Cange, (ihssarinm médite et infimœ tatinilatis, à ce mot (le Deo gratias est devenu une interjection comme proh dolor, proli ne/as). — P. I.el)run, j;.vplicilinn des prières et des cérémonies de la messe, l.iége, 781' t. Il, p. 051 sq. — .J.-B. Pitra, Hijmnographie de l Eglise grecque. Rome. 1867, p. 35 (le cardinal Pitra qui, dans ces pages, parle des acclamations liturgiques, surtout de l'amen et Valleluia, semble oublier le Deo gratias). — • Prawley, The earlij historg «/ tlic tilargg. ('.am'iridge, 1013, p. 152, 157. — Smith, Dictionarij o/ Christian antiqnities, à ce mot. — Wctzer et Welte, Kirchentexicon. à ce mot. — Catholic Encgclnpirdia.au m >t Di'o gratias, t. iv, p. 737. 'Voirci-dessus Bknei)IC.\- Mi's Domino, t. ii, col. 660; et Ite, missa est.
Pour le Deo gratias dans les inscriptions, outre l'article de dom H. I.eclereq, Deo gralias, Deo laudes. voir De Rossi, Huit, di archeol. crisliana, 1875, p. 174, t. XII, n. 1; 1880, p. 70. — Paul Monceaux, lli.il. littéraire de V Afrique chrétienne, l. iv. Le donatisme, Paris, 1912; Analccla hollandiana, t. xxix, 1010,
• Gcrbcrt, Velus lilarniu ulemannica, 1. 1, p. 385, cf. G. Morin, I.lber contiens, Marcdsoli, 1893, p. 391. — ' II faut romar<(iier que tous les exemples d'inscriptiDns jusqu'ici connus apparllennent à l'Afrique, sauf celui de la himpe de Surmonte, cl. ci-dessous, lig. 3713. — ' I Cor., xv, .57; II Cor.. II, 14. — 'A. Hobinson, The pa.'isiim o/ S. Pert,plna, in-8», Cambridge, 1891, p. 110.-- ' ;/./-;., p. 8U. •S. Cyprien, Opéra, édiC Harlcl, t. i, p. c.xiii. — l,e ms. de Chartres l»f> n, fol. 2.57-2.58, contient In passion des inarliis siilliluins auxquels un fiiil liin- iii
p. 467; Revue des questions historiques, 1914, janvier, p. 165.
r . Cabbol.
II. DEO GRATIAS, DEO LAUDES. — La formule Deo gralias est si instinctivement chrétienne qu'on peut lui attriliuer, sans crainte de méprise, une origine apostolique. Nous trouvons deux fois dans saint Paul : -m rÀ MiM yio:;' et il suffira de recueillir cette acclamation en des temps et des heux très éloignés pour montrer à quel point elle était familière aux fidèles.
Dans la Passio des martyrs de SciUi, mis à mort à Carthage en l'année 180. le proconsul Saturnin lit la sentence et Speratus, le chef de file du groupe, dit. aussitôt que la lecture est achevée : Dco gratias agimus. Xartzalus reprend : Aujourd'hui nous serons martyrs dans le ciel : Dco gratias. Le proconsul ordonne qu'on l;s emmène, tous crient : Deo grcdias '.
En 202, sainte Perpétue et ses compagnons se préparent au supplice prochain, le diacre Saturus est favorisé d'une vision au cours de laquelle il entend Perpétue lui dire : Deo gratias, y ai toujours été gaie, je le suis plus encore ^.
En 258, à Carthage, saint Cyprien entend prononcer sa condamnation : Thascium Cijprianum gladio cmimadvcrti placct. L'èvèque dit simplement : ])eo gralias '.
A cette exclamation, la rivalité des hércti<iues en .\frique — on remarquera que les trois exemples qui viennent d'être cités sont tous africains — va opposer une autre acclamation : Deo laudes '. Les circoncellions (voir ce mot) en avaient fait un cri de guerre et saint .\uguslin nous apprend combien il soulevait d'elTioi : « Pour combien de gens le Dco Icuidcs de vos bandes armées a été une cause de deuil ... Votre Deo laudes est plus redouté que la trompette de guerre *. » Quand l'évéque donatistc Macrobius fit son entrée à Hippone, en 400, ses partisans « hurlaient au milieu des cantiques leur refrain Deo laudes, refrain qui, dans tous leurs brigandages, avait été leur clairon de bataille '. » « Plût à Dieu, dit-il encore, que les circoncellions fussent réellemcnl les « soldats du Christ et non les soldats du dialilel On redoute plus leur Dio laudes que le rugissemenl du lion. Et pourtant, ils osenl nous insuller. parce que nos frères, pour saluer quelqu un. disent ]>eo firatias. Vous riez de noire Deo gralias ; mais volie Deo huidcs fait gémir les hommes '". »
D'après le nombre de témoins épigra|)hiques du Deo laudes parvenus jusqu'à nous, on ])eut croire que la devise fut prodiguée comme une provocation cl dut s'étaler partout. Elle se lit « sur une vingtaine de monuments qui ont élé trouvés surtout en Nuniidie. ))arfois en Sililienue, cl dont plusieurs datent sOrement du iv^ siècle. La ])lupart de ces monuments sont des fragments d'architecture qui proviennent évidemment d'édiiices donatistes : pilastres sculptés, piliers de basilique, linteaux de porlc, claveaux ou clefs de voùlc, pierres <]Uclconques dont on ne peut déterminer aujourd'hui la destination. La devise donaliste se lit aussi sur des ol}jets d'un earaetèrc très dilTérent, comme des clialoiis de bague. " » (Voir au mot Devise.)
Près de ïébessa, à Menchir-Gossct, un texte encore en place (en 1875) sur un moulin à liuile"; hauteur
i|iiill:iiil le triliiiiKil : Den gralias cl laudes, cf. Aniil. Imll., I. MIT, p. S. - "S. .\ugustln, Conira litleriis iVli/i'iim, 1. Il, c. i.NV, II. Mil, c. i.xxxiv, n. 180. — * S. Augustin, lipisl., rviii, 5, 11. — '" S. .\uguslin, ^.'finrriilio in psahiaiiii ( SXXII, II. 0. — " 1'. Monceaux, Ilisloire lilléraire de l'Alrlipir chrélieiiiie depuis les orif/ines ju.sqtt'à ViniKision arabe. 1912, C IV, p. 439-4'10. — "Héron de Vlllefossc-, dans Bull, de la Soc. nul. des antiq.,' 1876, p. 88; 1,877. p. 202; r.nrp. i/iMT. ;«(., t. vm, n. 2010; De Hossi, «ii». di nrrh. crisl., 1S7 ,, |i 171. pi. Ml. n 1.
DEO GRATTAS, DEC I.AUDES
l'»54, largeur 0'"52, hauteur des lettres : O^OSS (fig. 3709) :