DEO GRATIAS, DEO LAUDES — DÉPORTATION
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Icment de la curiosité archéologique; ils sont les témoins les plus fidèles, les plus irrécusables, des querelles religieuses de ce temps-là, les interprètes les plus sûrs de la psychologie des foules. Ils nous transmettent, toute vive, l'impression de la réalité historique. Ils nous aident à comprendre les âmes, en nous montrant comment la guerre entre les deux Éfili^es africaines se poursuivait jusque dans les asiles de la prière et de la
3713. — l.anipe chrétienne en bronze, de Sélinonlo. D'après .4rc;iii'io storico sieiliann, ISS.!, Il» série, t. vu, pi. ^■
foi, jusque sur les murs, les piliers et les chapiteauxles portes et les façades des basiliques '. »
L'Afrique n'est pas seule à nous oITrir des monuments avec l'une ou l'autre devise. Une magnifique lampe en bronze, à trois becs, pesant 3 kg 10,") gr., mesurant 0"'22 entre les deux becs extrêmes et 18 centimètres de diamètre, nous montre le chrisme dans une couronne avec la devise rayonnante : Deo gratins { fig. :i7i;<) ■■'. Elle a élé trouvée à Sélinonte, en Sicile. H. Lf.clerco-
DÉPORTATION. -- I. Domitille. II. Pontien. III. La lettre de Psénosiris. IV. Xcslorius. V. Évèques et fidèles d'.\frique.
1. Domitille. — Dans la cité antique, avec des dieux locaux, l'exil était une peine aussi grave et plus redoutable que la mort. Ln elïel, l'exil entraînait avec lui pour le banni une sorte d'excommunication non seulement politique, mais religieuse. A qui s'adressera-t-il désormais celui qui n'a plus de concitoyens et qui n'a plus de dieux '? Il errera comme font les âmes privées de sépulture, repoussé, redouté, sans repos et sans joie. De cette conception primitive subsistait peut-être un vcitige au début de notre ère, mais l'instabilité croissante des gouvernements permettait d'entrevoir le jour où un exil perpétuel se transformerait en exil temporaire. De même, la privation des dieux de la cité paraissait au plus grand nojnbre une peine assez
' P. Monceaux, i/i.s(. mt.del'Alriq. c;;ré(., t. IV, p, 413. — ' A. Salinas, Ricordi di Seliniinle crixlinna, dans Archinhi .slorico siciliano, 1KS3, II" série, t. vu, p. 13'2-1.1.'î, pi. 3. Cf. de Hossi, lUilMIiw, di tirchmlnyia christiuiw, \HH:i. p. 21t>- 217. — ^ • Tiuitr. Ainndi-^, I. II, c. i..\xxv. — ' Heiii, ;>(i.srrlmlnal lîecld dvr Humer. in-S-, Leipzig, 1841, p. IILI. — ' .luslinii-ii, lii'.litidi-s, 1. xvi, Oli; I liiTiliile. J>r l„ dv-
douce, tellement le sentiment religieux s'était affaibli. En fait, l'ancienne interdictio tombait rapidement en désuétude et Auguste, homme de gouvernement, lui substituait une peine plus en harmonie avec l'esprit des temps nouveaux : la deporlatio.
Ce qui distinguait surtout la dcpnrtalio de l'i;i/erdiciio, c'est que la première avait pour effet de déterminer le lieu de séjour du déporté. Dion Cassius nous apprend que, sur le conseil de Livie, Auguste voulut prévenir ainsi le danger qui pouvait résulter de la présence d'un grand nombre de bannis dans les diverses provinces de l'empire et de leur réunion sur un même point. Le degré de dvporiatio le plus rigoureux était la deportalio in insulam. Tacite nous fournit des exemples de déportation dans les îles d'.'Xmorgos et de Cytheros; Sériphe, Cos, Lesbos, Cosyra, Gyare, Schiata. la Sardaigne sont des lieux de déportation. Dès le i' ' siècle, nous savons que le vieil apôtre saint .Jean fut déporté à Pathmos.
Tibère promulgua un sénatus-consulte réorganisant la déportation et déporta en une seule fois quatre mille affranchis en Sardaigne, où ils devaient être employés ix réprimer le brigandage. Leur crime consistait à pratiquer des superstitions égyptiennes ou juives. Il pourrait bien se faire que le climat de l'île les tuât, petil malheur ! rt si ob gravitalcm cceli inlcrissent, vilv d<imiiiiin ' ! D'autres reçurent l'ordre de quitter l'Italie, si, dans un délai fixé, ils n'avaient pas renoncé ù leurs cultes profanes.
La déportation simple n'entraînait pas une restriction aussi rigoureuse à la liberté du condamné; au lieu il'unc île, on lui fixait pour séjour une province ou une cité *; du reste, cette peine produisait, comme la déportation dans une île, la média cnpitis diminulio, c'est-ùdire la perte de la qualité de citoyen et celle de tous les droits civils '-.
Presque à la même date que la déportation de l'apôtre saint Jean nous avons à signaler celle de chrétiennes illustres. Voici ce que nous en dit Dion, abrégé par .\iphilin : « En cette année (95), Domitien mit à mort, avec beaucoup d'autres, Flavius Clemens. alors consul, son cousin, et la femme de celui-ci, Flavia Domitilla, sa parente. Tous deux furent condamnés pour crime d'athéisme. De ce chef furent condamnés beaucoup d'autres qui avaient adopté les coutumes juives : les uns fuient mis à mort, les autres punis de la conliscalion. Domitille fut seulement reléguée dans l'ile de Pandataria, » f| 8= Ao;xtTiÀÀa OTTEft.jpiTTr) jj/jvov È; Ilavôa- TsoEiïv '. Eusèbe nous fait connaître une autre victime : > La doctrine de notre foi jeta un tel éclat, dit-il, que même les historiens éloignés de nos idées ne refusèrent pas de mentionner dans leurs écrits la persécution et les martyres auxquels elle donna lieu, et indiciuent avec exactitude la date, racontant que, dans la quinzième année du règne de Domitien, avec beaucoup d'autres, Domitilla, fille de la sœur de Flavius Clemens, un des consuls de Home en cette année-lù, fut, pour avoir confessé le Christ, reléguée dans l'île de Pontia, » \xf:à. T.Xv.fiXi'n ÉT^piov /.ai <l>Xaou!av Ao|iÉTiXXav, ....ttî; eÎ; Xoiai'jv fiaoTupia; 'évEXEV eÏç v?|Iov llovtiav /.aià Ti|J.(i>pi(xv ôsBôiOoit '. La tante et la nièce n'eurent pas même la consolation d'être réunies. Pandataria et Pontia étaient les lieux ordinaires de déportation des membres dis dynasties régnantes, car Pandataria avait déjà vu l'exil de .Iulie, lillc d'.\ugustc, d'.\grippine, femme de (lermanicus, d'Octavie. femme de Néron, landis tpi'à
imrlidiun, dans Rcinic du droit /r«ri((ii.s- el Hranger, LSI."),
j p. 290 sq. — ' Dion, Histoire romaine, ï. I.,XVII, e.xiii.
i — ' Knsèhe, Histoire eeclésiastiiine 1. III. r. xvin. T.c fiiil
I <lc l'cxll de In seconde I-'InvIn Domililla, la nU\r. ^•^l
] conllrmé par le témoii^nuKC de la Clironiiiiic ilr Hiiilliiis
1 iiu'Eusèbe [iivnil pu lirx. l'.nsèbc, Clironicnn, ad Olunt-
i piiif/., 21S.