IV
DEVOTION (Formules de)
/.aXsîsOai à:t03ToÀoç, oioTi ÈSiuÇa xriv èzzÀrjaiav toj ÔeoS. I XàotTt 5c 0£oj ilii'. 0 eiai, zxl f, "/âpi; ojtoj f) Et; laÈ où Ztvf, sYsvrJÔT], àXXà "îQi^adrêû'jv auToiv ;Tavtwv s/.o~ia3a, oùz âyti) 5è àXXà f, y ipt; toj 0=oj cJv èiioi '. « Je suis le moindre d'entre les apôtres, indigne d'en porter le nom, car j'ai persécuté l'Église de Dieu. Par la grâce de Dieu, je suis tel que je suis et sa grâce n'a pas été vaine en moi, car j'ai travaillé plus que tous : non pas moi, mais la grâce de Dieu qui est avec moi. » Retenons ce Dei gralia que nous retrouverons. C'est aussi à saint Paul que remonte l'usage d'une expression que nous avons déjà rencontrée : serviteur, servante, esclave de Dieu ou du Christ (voir Dictionn., t. i, au mot Ancilla Dei). Dans la suscription des épitres nous Usons : llaj/.o; ooj/.o: Xp'.iToCI ' Ir;3oO, /Xr-.o: indsTOÀo;- : « Paul, esclave de Jésus-Christ, quaU fié apôtre; » llaùÀoç y.i: Tvx'jittoi oojXoi Xp'.sTOj 'Iï)3oj^. « Paul et Timothée, esclaves de Jésus-Christ ; » IlaùXo; oojÀo; 0£oj, i.T.o'jzo'i.o; 8k 'Ir,îoj Xp'.îTOj *. « Paul, esclave de Dieu, mais apôtre de Jésus-Christ. » Et les autres apôtres, eux aussi, recherchent ce titre : Si;; swv IlÉTpo; &o3Ào; •/.ai à;;dïTo).o; ' lr,'jOj Xç'.îTOj ^. i Simon Pierre, esclave et apôtre de Jésus-Christ; ■> ' li/.wîo; 0£o3 y.x: /.jpioj Ir,30j Xp'.iTo j ôojÀo; '. « Jacques, esclave de Jésus-Christ Dieu et Seigneur;» enfin, l'auteur de l'Apocalypse revendique aussi ce titre pour lui : ' A-o>.àÀji{/;ç iTjaoCi Xpioroj, i^v â'Sto/.îv aJT(i) 0 dioç. àil;a: toï; ooJÀo'.: ajTOj ". « Révélation de Jésus-Christ que Dieu l'a chargé de promulguer à ses serviteurs...» par l'intermédiaire de Jean son esclave : tw 5o jÀw a Jto j ' Itoivr,. Qu'il y ait dans ce terme une application forcée, saint Paul lui-même qui parle du privilège de la Loi nouvelle, supprimant hommes libres et esclaves, n'en disconviendrait pas; mais la servitude dont il se fait gloire est une servitude volontaire et presque toutes les formules que nous aurons à étudier nous transporteront ainsi dans l'interprétation symbolique ou mystique du terme employé.
Après ce sentiment de dépendance envers Dieu il n'en est guère de plus ancien et de plus souvent exprimé que celui de la tendresse mutuelle entre chrétiens. Cette fois encore on usera d'un terme qui dépasse en réalité le sens qu'on lui donne; la relation de fraternité est une relation naturelle, physique, on va la choisir pour e.Kprimer l'attachement profond, intime de ceux qui empruntant leur vie spirituelle d'un même Seigneur, jouissent; en un certain sens, d'une relation surnaturelle et mystique aussi profonde, aussi réelle, aussi intense que les enfants d'un même père. IlaJÀo; zX7)t6; à::dsToXo; XpisTOJ ' It^ioj O'.à ÛéXrjjiaTo; Ôio-j /.ai Scui- Oévri; CI àôjXço; xt] È/./.Xriata, toj 0£oj tt; ojdr; £v KopivOto *. Ici, c'est à Sostiiène que saint Paul donne le nom de " frère •, dans la deuxième lettre il conférera le même titre à Timothée ' que dans d'autres lettres, à lui adressées, il appellera «son hls »'°; enfin c'est à tous les fidèles qui composent les Églises de Galatie : ... /.ai oi tjv l\io': T.i-/-ti àosÀioi, ta?; è/./.Xiisia'.; tt,; FaXa-ia; ", à tous ceux de l'Église de Colosses : ... toï; h KoXoaaai^; i-jimi /.ai -'.iToC; àoù.fo'.i vi Xp'.îTijJ >-. Toutes ces suscriptions des épitres canoniques offrent ainsi les premiers linéaments de la titulalure que nous reverrons plus tard. Mais il s'y trouve encore une formule qui mérite d'être rappelée. A deux reprises, en s'adressant aux Thessaloniciens, l'apôtre leur souhaite : la grâce et la paix de la part de Dieu notre Père et de Jésus-Christ, notre Seigneur : Xipt; j;j.?v /.ai etprjvr, àr.6 0îoj ::aTp'J; /.ai zjpioj 'Ir-|30j XpioTOJ ".
Tout ceci n'est encore qu'un début, presque un bégaiement si on le compare aux suscriptions amples et magnifiques des épîtres de saint Ignace d'Antiochc
' iCor..x.v,'j-10. — 'Rom. ,1,1.
' I Pclr., 1, 1. — 'Jacob., i, l.-
'Pliil., i, 1. — 'TU.,1. 1.
.Vpoc.,1, 1. — 'I Cor., I,
adressées aux Églises de Smyrne, d'Éphèse, de Philadelphie, de Tralles et par-dessus tout à l'Église de Rome. Ici, le ton se hausse et la salutation s'élève jusqu'à la profession de loi. Mais auparavant, et comme pour marquer la transition entre la bienvenue de Paul et l'enthousiasme d'Ignace, nous trouvons cette formule de saint Clément, pape : « L'ÉgUse de Dieu qui séjourne à Rome, à l'église de Dieu qui séjourne à Corinthe, aux élus sanctifiés selon la volonté de Dieu par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Que la grâce et la paix vous viennent en abondance du Dieu tout-puissant par Jésus-Christ 1 » Le caractère est tout impersonnel, l'auteur ne se nomme pas et il semble que saint Polycarpe, moins lyrique que saint Ignace, se soit inspiré de cette adresse, lorsque lui-même écrivait aux Pliilippiens : « Polycarpe et ses presbytres à l'Église de Dieu qui séjourne à PhiUppe, que le Dieu tout-puissant et Jésus-Christ notre Sauveur répandent sur vous en abondance la miséricorde et la paix, j
Avec saint Ignace c'est un style tout nouveau, une ardeur digne de celui qui s'appelle non plus l'esclave, mais le <' froment du Christ • . Aux Éphésicns : o Ignace, appelé aussi Théophore, à la noble (Église) comblée de toutes les bénédictions par la pleine puissance de Dieu le Père, prédestinée avant les siècles à une gloire éternelle et à une inébranlable unité; élue, grâce à la passion réelle (du Sauveur), par la volonté du Père et de Jésus-Christ, notre Dieu; à la bienheureuse Église d'Èphèse en Asie : mille salutations et vœux de sainte allégresse en Jésus-Christ. »
Aux Matincsiens : « Ignace, appelé aussi Théophore, à l'Église de Magnésie du Méandre, bénie par la grâce de Dieu le Père en Jésus-Christ notre Sauveur, au nom duquel je salue cette Église, et leur souhaite, en Dieu le Père et en Jésus-Christ, toutes les prospérités. »
Aux Tralliens : « Ignace, appelé aussi Théophore, à la sainte Église de Tralles, en Asie; (à cette Église) chère à Dieu, le Père de .lésus-Christ, élue et digne de Dieu, jouissant de la paix temporelle et spirituelle grâce à la passion de Jésus-Christ, auquel nous espérons nous réunir par la résurrection : je salue cette Église à la manière des .\pôtres, dans la plénitude de la grâce divine, et je lui souhaite toutes les prospérités. • Aux Smyrniolf.s : « Ignace, appelé aussi Théophore, à l'Église de Dieu le Père et de notre bien-aimé Jésus- Christ, comblée de toutes les grâces par la miséricorde divine, remplie de foi et de charité, riche de tous les dons, vénérable, chargée des trésors divins; (à l'Église) de Smyrne en .^sie : mille fois salut dans un esprit irréprochable et dans la parole de Dieu.
Aux Philadclphiens : « Ignace, appelé aussi Théophore, à l'Église de Dieu le Père et du Seigneur Jésus- Christ établie à Philadelphie en .\sie; à (cette Église), objet de la miséricorde divine, alïermic dans une sainte union, remplie d'allégresse par son inébranlable toi en la passion de Notre-Seigneur, et pleinement convaincue, grâce â l'infinie miséricorde, (de la réalité) de sa résurrection; salut, dans le sang de Jésus-Christ, à cette Église qui sera à jamais ma consolation, surtout si ses fidèles restent bien unis â l'évèque, aux presbytres et aux diacres, ses collaborateurs, élus avec l'assentiment de Jésus-Christ, qui. de sa propre volonté, les a établis et confirmés par son Saint-Esprit. »
Aux Bomains: « Ignace, appelé aussi Théophore, à l'Église objet de la miséricorde et de la munificence du Père très haut et de Jésus-Christ, son fils unique; (à cette Église) aimée (de Dieu) et illuminée par la volonté de Celui qui a voulu tout ce qui existe, en vertu de la charité de Jésus-Christ, notre Dieu; (à l'Église) qui préside dans la capitale des Romains, sainte, véné-
1,2.~ 'I I Cor., 1, 1 ; Coloss., i, 1-2.- '• I Tiin. , i, 1-2; II Tim., i, 1-2. — " Gai., 1, 2. — " Coloss., i, 2. — " II Thess.. I, 2.
I) i; \ Ol'IOlN (l'oKMULES DE)
sable, bienheureuse, digne d'éloges et de succès, très pure, qui préside à la charité et qui a reçu la loi du Christ et le nom du Père; salut, au nom de Jésus-Christ, fils du Père; aux (fidèles) attachés de corps et d'âme à tous ses commandements, remplis pour toujours de la grâce de Dieu, et purs de tout élément étranger, je souhaite une pleine et sainte allégresse en Jésus-Christ, notre Dieu. »
Ce lyrisme qu'on a appelé de l' « exaltation de cabinet » ne se retrouvera plus. Ni dans le martyrium Polycarpi, ni dans la Lettre de l'Église de Lyon- Vienne, rien de semblable ne reparaîtra; mais si l'ardente personnaUté d'Ignace a disparu, il n'en est que plus intéressant de constater que le formulaire paulinien s'est comme échauffé au contact de cette lave et les rédacteurs anonymes — bien qu'il soit possible et vraisemblable que cet anonymat cache saint Irénée — sont déjà en progrès sur la concision du style de l'apôtre : O'. £v B'.évvT) ■/.«■. AouySo'jvoi t% raXXiaç TiapoizoûviEc rio'jXo: Xv.cTO'j TOÏ; zatà Tr,'/ ' Aaîav zai ^puyioiv Tf|V «■jtJjv t^; à;:oÀuTp(o7:w; f|ULÎv -ia-iv zai âXziSa ïyyjivi àôïÀooïç" EÎptjvT) /.al /ip'.; ■/.«'- So'Ça à::o ©soû -aTpo; /.a; Xp'.JTOj ' Ir;50j Toj /.jpioj fiUKôv. « Lcs csclaves du Christ qui habitent à Vienne et à Lyon aux frères établis en Asie et en Phrygie, qui partagent notre foi et notre espérance de rédemption: paix et grâce et gloire de la part de Dieu le Père et de Jésus-Christ notre Seigneur '. » On peut dès lors considérer certaines formes comme généralement adoptées: ooJXo;, ào£Xoo?,font désormais partie du formulaire chrétien. Nous les retrouvons avec persis- I ance et on n'a guère que l'embarras de choisir : Melito, ■mérous Christi, episcopus Ecclesiœ Sardensis, venerabilihus in Domino jratribusLaodiceœconstilutis in pacesahilem ', lisons-nous dans un texte apocryphe, ce qui nous prouve qu'un faussaire qui se soucie de donner à ses ouvrages l'apparence de l'authenticité ne trouve rien de plus efficace que l'emploi de ces locutions. Dans la Pass/o s. Joannis aposloli et evangelistse, le début est : Melitus serons Christi episcopus Laudociœ univcrsis cpiscopis ecclesiarum cotholir.arum in Domino trtcrnam salutem '; de même dans la Passio s. Barnatjiv apostoli, mise au compte de Jean Marc : Joannes qui ci Marcus, /amulus domini Jesu Christi, discipulus vero sanctorum aposlolorum Pauli et Bcirnabie '. Cette pièce est loin d'être ancienne, peut-être ne remonte-t-elle pas avant la fin du VI'' siècle'; peu importe à notre point de vue, elle montre l'immobilité du type.
II. iii'siÊCLK. — Dans la première moitié du iii« siècle, nous avons à noter deux formules intéressantes. rerluUien prend pour la première fois ce titre de « pécheur » qui sera celui de tant de chrélicns célèbres ou inconnus dans les documents paléograpliiques, principalement au moyen âge : Tantum oro, ut, cum pctilis, eliam Tcrtulliani pcccatoris memineritis '; moins d'un demi-siècle plus tard, dans la correspondance qui accompagne celle de saint Cyprien de Carthage nous rencontrons une lettre de Luciaims qui commence ainsi : Lucianus Celcrino domino, si dignus fuero vocari, collega, in Christo salutem '.
III. Co.Ni:iLES. — Avec le iv° siècle et les premières réunions conciliaires solennelles on s'attendrait à rencontrer des locutions sinon nouvelles, du moins un peu oniphaliqucs pour désigner ces assemblées et l'autorité
' Eusèbe, Hisl. eccl., 1. V, c. i, P. U.. l. xx, col. 408; édit. Schwartz, Leipzig, 1903, t. i, p. 402. — = Ps.-Melilo, Liber de Iransilu Mariœ, P. G., t. v, col. 1231. — 'P. G., t. V, col. 1239; Bibliotbeca Casinensis, t. ii, Florilegiuin, p. 66; sur cet écrit et le précédent, cf. A. Harnack, Geschichte der allcbrisilicben Liieratur, 1893, t. i, part. 1. p. 252; O. Bardcnhcwer, Gcachicbte der altcjiristlichen I.itcratur, in-S». Freiburg, 1902, t. i, p. 555 sq. — * Bibliotheca Casinensis, t. III, Florilegium, p. 3.55. — '^ R. A. Lipsius, Die iipokrgphen Apnsieltjeschiclilen und Apnstcllegenden. in-S»,
qui s'attache à leurs décisions. Il faut reconnaitfe qu'on ne laisse pas d'être un peu déçu. En voici un exemple : ' Il âyia zai \xiii/.r, oJvoôo; zf; âvia /.a; ijievi/.r, BïoS y «p'-Ti ' AÀcÇavSpÉtuv £X.zX7|5ia /.ai toî; /.azi Tf,v A: "fJnTOv /.a: IlEVTâTroXiv zat A'.5ût,v zaî tO''; zaTa T>iv (it.'ojpavov àYa;:r|TOt; àSïXçoï;, zXrîpot; -£ zaî Xaoï; ipOooôîo'.;, oi iv Nizaia a-jvoôov sJYzpOTiiaavTî: ir.h/.ozo: v/ zjpio) ■/aipEiv'. Et encore : 'H i-f'a sJvoSo; f, èv 'l£po3oXj|xo'.; WîOJ yàp'.tt TJvayOsTîa tt; èzzXr,sia to3 ©toi tij Iv 'AXe- EavSpïia. .. £v zjpio) yaipeiv (en 335); — ' M iy'" ^JvoSo;, r, yàpiTi 0£o3 TjyzpoTr/jHÎsa • Èv ' EsÉa'D zati To ■•^A'iixa TôivsùaEÔEaTâTùjvzeri çtXoyp'.3-(i)v f,|j.(ûv ïaa'.XÉwv '", en 431. On est même un peu surpris de voirim concile adopter le ton humble dont ses membres individuellement font usage, mais qui ne s'accorde pas avec le respect que l'assemblée doit inculquer en.vers elle-même : Parva et humilis synodus congregata in metropoli Sardianorum ".
Les conciles mérovingiens sont, en particulier, d'un laconisme remarquable : Epaone, 517 : Deo propitio ad Epaunensem Ecclesiam congregati "...; Lyon 516- 523 : In nomine Trlnilatis congregati "....; Arles, 524 : Cum in voluntatc Dei ad "... ; Carpentras, 527 : ...in Carpenloratensi synodo congregati '^: Orange, 529: Cum ad... Deo propitiante et ipso invitante convenissemus".... Quelques autres assemblées se montrent encore plus concises dans l'expression de leurs sentiments : à Orléans, en 611 : Cum auctorc Deo ex evocatione gtoriosissimi régis Clothovcchi in Auriliancnsi urbe fuissct concilium sammorum antestitum congregaium ". Parfois cependant, on est heureux de rencontrer une indication moins sèche, par exemple, le concile d'Auvergne en 535 : Cum in nomine Domini congreganle Spirilu sancto, consenticnte domino nostro gloriosissimo piissimove régi Theudcberto in Arverna urbe sancla synodus convenisset, ibique flexis in terrain genibus pro regno ejus, pro lonyevitate, pro populo Dominum depra'caremur, ut, qui nobis congrcyationis tribuerat potestatem, regnum eius Dominus noster felicitatcm attolleret, imperio regcrct, justiliam gubernaret, in cccksiani consedentes ex more inspcctisque canonibus id nobis rationabile visum est "... Mais une formule si développée est déjà exceptionnelle.
IV. Noms propres. — Si la suscription des lettres synodales nous déroute par sa sobriété, les signatures épiscopales qui les terminent ne sont guère moins surprenantes et les chartes, les épitaphes ajoutent encore à la démonstration qu'on en peut tirer. Non contents de se prodiguer les titres de servus, A'ancilla qui, dans une société aussi fortement hiérarchisée et encore mal habituée à ces licences d'expressions, devaient surprendre et être sévèrement appréciés par beaucoup d'esprits païens mal préparés à ces rallincments, les chrétiens s'efforçaient d'exprimer le sentiment intime qu'ils avaient ou souhaitaient avoir de leur propre bassesse en s'allublant de noms ridicules ou repoussants. On trouve des fidèles qui se nomment Fœdulus, Contumeliosus, Pecus, Pnrieclus, Importunus. Malitiosus, Exiliosus, Injuriosus "; mais il y a plus surprenant : Stercorius, Fuscus. Nigrinus, Flavus, Glaucus et toute la série des noms d'animaux : Asclla, Asellus, .\scllius, Asellianus, Asellicus, AselUcete, Asinia, tant il semble qu'on ne puisse se lasser de varier ce nom
Briiunschweig, 1884, 1. il, part. 2, p. 279. — • TertuUieu, De bnplismo, dans Corp. scripl. lai. eccles., t. xx, p. 218. — ' S. Cyprien, Opéra, dans Curp. scripl. eccles. lai., t. m, p. .533! — ' Mnnsi, Conc. ampliss. coll., t. 11, col. 900. — 'Ibid., t. II. col. 1160. — " Ibid., t. iv, col. 1268. — " Ibid., t. VII, col. 571 . — "Masscn, Conc. ,i'ui meroving., p. 19. — " Ibid., p. 32. — " Ibid., p. 36. — " Ibid., p. 42. — " Ibid., p. 40. — " Ihid., p. 2. — " Ibid., p. 66. — " lî. Le Hlant, liecbcrches snr quelques noms bizarres adoptés par les premiers rhrilicns, dans Hcvtie arcltéol.. 1S6I. p. (-11.
DÉVOTION (Formules de)
d'âne ou d'ànesse; Capra, Capriola, Aper, Onager, Peciis, Pecoriiis, Forças, Porcia, Porcella, Porcaria, Ltsus, Ursa, Ursacius, l'rsicinus, L'rsulas. Ursula. Évidemment ces noms, dont nous pourrions tolérer quelques-uns à peine tout au plus comme sobriquets, ne froissaient personne, mais on peut se demander s'ils édifiaient quelqu'un. Celui ou celle qui promène dans le monde les prénom; de < pourceau >, d' « ordure » ou tous autres, surprend comme un original plutôt que comme un saint et, assurément, ce n'est pas à l'aide de cet aspect bizarre et de cette imagination maladive que les fidèles se seront rendus en leur temps respectables ou sympathiques à leurs adversaires et aux indifférents. Mais enlin, l'étrange procédé aura paru à quelques-uns témoignage d'humilité et acte de dévotion; c'est à ce double titre qu'il en faut garder le souvenir.
D'autres, dans le même ordre d'idées, trouvèrent mieux. Si des noms tels que Servus Dei, Serbulus. Ancilla Dei, sentent toujours leur nom composé, il en est plusieurs qui, à force d'usage, se sont fondus en un seul mot, comme Deodalus, Doroiheus, Deogratias et même le rude Qaodvulldeus , dont les Africains firent : Cobuldeus.
Ces excentricités n'ont eu d'ailleurs qu'un succès relativement limité.
V. ÉvÈQUES. — Les hommes de sens rassis ne confondent pas ce qui est sain avec ce qui est morbide et les grands évèques ne s'écartent pas plus du bon goût que du bon sens. En tète de son De synodis seu de fide orienlalium, saint Hilaire écrit cette adresse : Dilectissimis et beatissimis fratribus et coepiscopis provinciiv Germanix primie et Germanise secundo: et primse Belgicss, etc. Hilarius servus Chrisli in Deo et Domino nostro leternam salutem ' ; et ailleurs : Dilectissimis fratribus in ftde palerna manentibus et Arianam hœresim detestantibus episcopis et omnibus plebibus Hilarius conservas vester in Domino seternam saluleni '. Saint lîusèlse de Verceil : Servus Dei Eusebius cum conservis suis qui mecum jldei causa laborant, Patrophilo cuslodi cum suis ■' ; et à ce même Eusèbe, saint Ambroise écrit : Ambrosius servus Christi vocatus episcopas Verceliensi Ecclesias et iis qui invocant nomen Domini noslri Jesu Chrisli. Gratia vobis a Deo Pâtre et unigenilo Filio ejas adimplealar in Spirila sancto *; enfin saint Paulin de Noie : Puulinus servus Chrisli Jesu Severo carissimo fratri sccundum communcm fuiem in Deo pâtre cl Christo Jcsa salalari nostro salatem '. Saint Paulin dont la modestie est le trait distinctif du caractère reprend pour lui le titre de peccator que s'infligeait Tertullieu en qui la modestie n'a jamais été fort impérieuse, et le contraste entre le même titre revendiqué par deux hommes si dissemblaljles est instructif. Paulin rivalise avec sa femme Therasia et tous deux se déclarent : servi Jesu Cliristi et peccutores '. lOnfin saint Paulin écrit à Alypius : Et lu quiilem super monlem icdificata civilas es vel accensa super candelabrum lucerna in sepliformi claritate conluces, nos sabmodio peccatorum delitescimas '; et encore : Sam enim laboriosus etiam nunc sub mayno onere peccator, veteranus in numéro peccatorum, sed œterno régi novus incorporex lira militiie *.
Avec saint .\ugustin, passe un souflle nouveau : Auqusius episcopas servus Christi servorumque Christi ', formule destinée à une haute consccrafion. .\ sa propre
' P. L., t. X, cof. 179. — ' P. L.. t. X, col. 009. — " P. /,., 1. XII, col. 950. — * /'. /,., t. XVI, col. 1 189. — = P. L.. t. Lxi, col. 153. — ' Cnrj}. script, ecclcs. lai., t. xxix, epistula; m, IV, VI, .XXIV, XXX, XLIII, XLIV, XLv. — ' liitlsl., III, n. 5, p. 17. — • Epist., IV, n. 2, p. 20. — • S. .\uBUSt., Episl., cxxx, ad Probam, P. /.., t. xxx, col. 494; Liber tll de peccatorum meritisetremhsionead Mnrccllimim, P. /.., t. xLiv. col. 185. - - "Epis(.,i.xxviii, /'./.., t. x\Mii,i-ol.2(j7. --" 2i/)i.v(.,ccLXViii,
Église d'Hippone : Dilectissimis fratribus, clero senioribus et universse plebi Ecclesiœ Hipponensis, cui servio. in dilectione Christi Auguslinus in Domino salalem^"; ou bien : Dominis dilectissimis cl dcsidcrantissimis, sanctse plebi, cal minislro, membris Chrisli, Auguslinus in Domino salutem ". Mais c'est surtout la formule servus Chrisli cl servoram Christi qui semble lui agréer le mieux : Auguslinus, servus Christi membrorumque Chrisli, Dario filio membro Chrisli, in ipso salutem '^; • — .iugustinas episcopas servus Chrisli servorumque Chrisli religiosx famulœ Dei Probœ in Domino dominorum salutem " ; — • Auguslus episcopus servus Chrisli et per ipsum servus servoram ipsius, Vilali fratri in ipso salutem ".
Non moins remarquable cette lettre adressée à saint Augustin : Domino vere sancto ac nobis venerabiliter super omnia prœferendo et pia exultalione colendo bealissimo papœ Augustino Yalenlinus servus tuœ sanclilalis et onmis congregalio, quœ lais oralionibus mecam sperat, in Domino salutem ^*.
VI. Clercs et laïques. — Mais ce sont Ij de grands personnages; d'autres se contentent de moins comme ce moine scythe, si savant en son temps — il savait le latin et le grec — et qui portait gaillardement, en esprit d'humilité, le nom que l'exiguité de sa taille lui avait valu, il se parait du sobriquet comme d'un titre, et c'est avec le sobriquet qu'il est encore reconnaissable aujourd'hui parmi beaucoup d'homonymes; il signait : Diontjsias cxigaus; un autre moine, le Gaulois Leporius. se parait du même titre : Dominis beatissimis cl veneralissimis Dei saccrdotibas Proculo cl Quillenio Leporius exiguus "; un simple laïque. Marins Mercator, signe : Chrisli servus lectori conserva suo ". Dans cette voie, c'est à chacun de renchérir. Le biographe de saint Augustin, Possidius, évêque de Calaina (= Guelma), se déclare dispcnscdorum omnium minimus "; .Salvien de Marseille se dit : Timolheus minimus servorum Dei Ecclesise catholicas loto orbe diffus^' " et l'évèque d'.\pt. Castor, écrivant à l'abbé Cassien de Marseille : Domno sanclilatis speciali gloria dccorulo alque per omnia memorando sed cl scicntiarum décore polknli, palri scilicel Cassiano Castor in mundo degentium jicripsema, quse possamus servitutis humillima •".
Vil. Dei gbati\. - Une autre formule commence à apparaître de bonne he\ire : Dei gralia et divina gratia, suivie du titre de la charge, épiscopat, plus tard royauté. Mais ici il est nécessaire de s'attarder un peu, parce que cette lormule a été discutée et sa date chronologiquement abaissée beaucoup au-dessous de la limite ù laquelle il faut revenir d'après le témoignage certain des textes.
On connaît le texte de saint Paul : Gratia Dei sum id quod sum, cl gratia cjus in me vacua non fuit, serf abundanlius illis omnibus laboravi: non ego aulem, sed gratia Dei mecum-'. Nous citerons plus loin un texte de saint Gyprieii et un autre de saint Grégoire de Nysse qui ne nous semblent pas de nature ù être contestés. Dès le concile de Nicéc, en 3'25, nous voyons aitparaitre dans les protocoles : Dei gratia congregalum -^. L'ne série de lettres papales nous le montre d'un usage courant :
540. Le pape Vigile au patriarche de Conslanlinople, Menas : Deo juvante per ipsius gratiam Vigilius r/w ".
r).Tl, \if;i!r ;i l'Iiéodosc ilc Ccsaréc et Menas de
P. L., t. xxxiii, col. 1091. —"£;)/.<(., c.cxxxi, P. L., t. xxxiii, col. 1023. — '» EpIst., cxxx, P. /..„ t. xxxiii cof. 494. — " Episl., r.cxvii, P, L., t. xxxiii, col. 97.S. — '" Episl., ccxvi, P. L., t. xxxili, col. 974. — " P. L., 1. xxxi, cof.l"221.^" P. L., l. XLViii,col. 213. — "P. /... t. xxxili, cof. ;}3. — " P. /,., t. i.iii, col. 173. — " P. /... t. XLix, cof. .53. ~ =' I Cor.. XV. 10. — " I,. Sclimllz, np. cit., p. 45, 14 a. — " Maiisi, np. cit., p. ix, cof. 4(t.
DÉVOTION (Formules de)
ri4
(lonstantinople : Deo jurante et i[)sius gratin Vigiliuf;
556. Le pape Pelage au roi Childebert : Pelagius misericordia Dei eps -.
595. Le pape Grtgoirc I'' au synode de Rome : Gregorius gratia Dei episcopus his decrctis subscripsi ^.
G03. Le pape Grégoire I'' aux Romains : Gregorius gratia Dei episeopus '...
049. Le pape Martin I" à l'Église de Cartilage : Martinus servus servorum Dei, cjus gratia episcopus '.
Ii49. Concile de Latran : Martinus gratia Dei episeopus '...
732. Synode de Rome sous Grégoire III : Gregorius gratia Dei episcopus '.
748. Lettre du pape Zacharle à l'évêque Regenfried de Rouen : Zacharias divina gratia preeditus apostolicse scdis pontifcx '.
Le Liber diurnus des pontifes de Rome nous offre 1er, deux formules suivantes : Form. 83 : Ego qui supra illi indignas diaconus et Dei gratia eleclus hujus apostolice scdis Romane ecclesiœ hanc'...; Form. 84 : III. gratia Dei episcopus sanctœ eatljoticœ et apostoticœ licclcsiœ urbis Rome buic '°...
Ln Gaule, nous rencontrons la formule dès l'année 5 10 où. au concile d'Orléans, on lit : Nicccius gratia Domini Triverice civitatis consinsum nostrum vel domnorum meorum religi et subscripsi", et même au concile d'.VgUc, en 506, on rencontre quelque cliose d'approcliant avec Xicctius propilio Deo episcopus de Aaseiis '-. Jean, évêque d'.\rles (660-668), écrit aux nonnes du monastère Sainte-Marie : Sanctis ac venerandis in Christo sororibus... Johannes gratia Domini ac Dei nos- Iri Jesu Cliristi episcopus " et Aunacharius d',\uxerre (561-605) au prêtre Etienne... fralri Stepttano presbitero Aunarius gratia Dei episcopus "... Longtemps on avait dit et répété que Pépin le Bref avait été le premier à faire usage de la formule Dei gratia, on voit ce (|u'on en doit croire. Si on la rencontre dans les diplômes de ce prince, c'est seulement dans les copies où elle a été ajoutée et non dans les originaux >^. Que Charlemagne ait été le premier à adopter cette formule pour sa chancellerie, encore une afTirmation à reviser puisqu'il existe un sceau du viii' siècle encore appendu à une charte de l'évêque Widegern de Strasbourg, n. 728, sur lequel on peut lire " :
VIDGERNVS DEI GRATIA ARGENTINENSIS
On voit ce qu'il faut penser de l'opinion qui faisait venir la formule Dei gratia des Anglo-Saxons chez qui on la rencontre, en effet, au vii^ et au viii<î siècle. Sur un diplôme de l'année C67, dont l'original est perdu, on lit ce début : Childericus rex Francorum. Emneliildis et Bilihildis gratia Dei régime; à la fin : Signum Emnehildis reginte. Signum BiUhildis gratia Dei reginse ". Les mots gratia Dei sont-ils ici une addition postérieure lors de la réfection de l'acte ? En vérité, on n'a aucun moyen d'en juger. Y voir l'expression d'une piété féminine " est peu concluant, nous venons de
'Mansi.op. ci(., t. ix, col. 61. — -Mon. Germ.liist., Epist., t. III, p. 71. — 'Mon. Cerm.hisi.,Epist.,t. i, p. 305. — 'Ibid., t. II. p. 367. — 'Mansi. op. cit.. t. x, col. 798. — • Ibid., t. x, col. 1162;col. 1170. — 'DeRossi, /ns.c/irisl. urb. Rom., t. il, p. r.x VI, n. 9. — " 'VermingholT, Conc. œv. carnl.. p. 48. — ' Édit. DeRozière, p. 174; édit.Sickel, p. 90. — "Édit. De Rozière, p. 182;édit. Sickel,p. 93. — "Maassen, Conc. /ruimeroi»., 1. 1, p. 109. — " Mansi, op. cit., t. vin, col. 336. — " P. L., t. Lxxii, col. 859. • — " Mon. Cerm. hisi., Epist., t. m, p. 447. — '* Th. von Sickel, .4c(a reg. et imper. Karot.,p. 241 ; Beitràge zur Diplomatil;, 1864, t. m, p. 182 sq. — " W. Wic- {Zand, dans Strassbiirger L'rkitndenbuch, in-8°, Strassburg, 1879, t. I, p. 4; P. Wcntzkc, Begetlen der Bisctiô/e von .Strassburg. in-S", Innsbnick, 1908, t. i, part. 2, p. 220; O. Rcdlich. ÎJrkiindcntelire, m. dans Bclow et Mrincckc,
voir la piété masculine prendre des accents tout a fait semblables.
Évidemment, c'est un sentiment de piété qui inspire ces évêques et les papes quand ils commencent à faire usage de la formule, avant que celle-ci soit devenue protocolaire, c'est le même sentiment qui inspire les rois et dont on retrouve l'écho lorsque, en 829, le concile de Paris s'exprime en ces termes : Aucun roi ne doit dire qu'il tient son royaume de ses ancêtres, mais il doit croire humblement qu'il le tient en vérité de ce Dieu qui a dit : C'est de moi que viennent le conseil et l'équité; c'est de moi que viennent la prudence et la force: par moi régnent les rois: par moi. les législateurs font des lois justes; par moi les princes gouvernent et les puissants rendent la justice". ■ Le prophète Daniel atteste que les royaumes de ce monde sont donnés non par les hommes, mais par Dieu, quand il dit : " C'est ce qui a été ordonné par ceux qui veillent, c'est la parole et la demande des saints, jusqu'à ce que les vivants connaissent que c'est le Très-Haut qui a la domination sur les royaumes des hommes, qui les donne à qui il lui plaît et qui établit roi, quand il veut, le dernier d'entre les hommes -°. » Quant à ceux qui croient que les royaumes de ce monde leur viennent de leurs ancêtres et non pas de Dieu, ils sont semblables à ceux que Dieu réprouve en ces termes, par la voix du prophète : « Ils ont régné par eux-mêmes et non par moi; ils ont été princes et je ne l'ai point su -'. »
Mais si telle est l'inspiration religieuse du texte, la formule n'en est pas moins beaucoup plus ancienne. Nous possédons une vie de Grégoire le Thaumaturge par Grégoire, évêque de Nysse, laquelle doit avoir été écrite avant l'année 410 et cpii débute par ces mots : Gregorius divina gratia Nisenœ sedis episcopus ■-. <• La formule par laquelle débute le Prologue, écrit un critique, peut paraître extraordinaire, je n'oserai pas néanmoins la regarder comme inadmissible sous la plume d'un traducteur latin, même de la fin du iv« siècle ". » On pourrait même remonter plus haut encore si l'on tenait compte de ce texte de saint Cyprien : Quamquam scio, jrater carissime, episcopos plurimos ecctcsiis dominicis in toto mundo divina dignalione prœpositos evangelicie veritatis ad dominicœ traditionis tenere rationem "'.
Mais cette formule n'est pas confinée en Occident. En 431, au concile d'Éphèse, nous trouvons dans la liste des évêques signataires de la lettre synodale ù la suite d'Acace : A/.àxio; Èziaxoro; eXsei ©eoj Me5 '.TT|vr,;... ■j-i-;p3ci7., quelques autres noms parmi lesquels on lit dans la version latine : Palladius Dei gratia .Amosiœ episcopus... subscripsi, et ensuite Cyr, évêque d'Aphrodisias : Kioo; È).»/ t5To;È-ii/.o-o; ' Aïfoo'.iiioo; jnsyjaia: enfin : ToriYoptoç zari Oîoij yiy.'' £~t3/.or:o; KïcajoiTo;. puis reviennent d'autres D.iy.izo'.lr.iT/.o-ri:-'. On semble en droit de conclure que les souscriptions épiscopales des conciles ne sont donc pas des listes transcrites machinalement par un copiste, mais la reproduction littérale de la formule dont chaque évêque a fait suivre son nom. .Mnsi au concile de Constantinople,
Handbuch d<.r mittelalterîichen und neiieren Geschiclite, in-8'', Mûncheii, 1911, p. 109, n. 1 ; H. Steinackcr, dans Meisters' Gnindri^s der Gcschicittswissensclia/t. in-S*, Leipzig, 1906, t. i, p. 1, n. 252. — " K. Pertz, Diplomata, t. I. p. 28-29, n. 29. — " P. Viollet, Histoire i/cs instilulions poliliques et administratincs de la France, in-8", Paris, 1890, t. I, p. 272. — " Boretius. Capitularia reg. Francortim, t. I, p. 11. — " Prov., VIII, 14-16. — ='Dan., IV, 14;Oséc, viii.4; Jonns d'Orléans, Inslilutio rcgia, P. L., t. rvi, col. 295, 296. — " Bibliolheca Cassincnsis. t. m, Flori/esiuni, p. 168. — " \. Poncelt't, La vie latine de saint Grégoire le Thaumaturge, dans Recherches de science religieuse. 1910, t. i, p. 132- 160. — "S. Cyprien, fipi.'il., Lxiii, P. L., t. m, col. .373; Corp. script, eccl. lai., t. m, p. 701. — " Mansi, Conc. ampliss. cntl., t. IV, col. 1212 sq.
DÉVOTION (Formules de)
en 553, sur 104 évêques il s'en trouve 117 qui prennent la formule : misericordia Dei cpiscopns et six seulement : ijratia Dei episcopns; six : laimilis episcopus, puis un humillimus episc, un pcdientia Dei episc. un peccator et bumilis episcopus >. Au concile de Constantinople, en 680, 134 évêques signent avec IXito t-i;oj i-iczo-oç, 3 avec ■/.»='■■:■. 0£o3 (X;>iîtoj) s-i-jzo-o;, 16 avec sÀï/itto: L-ia/.o-o;, 6 avec àvà^'.o; Ir.n/.ur.o; '. Quand moines et abbés sont appelés à souscrire, ils s'en tiennent à Drii» 03oCi '. Au deuxième concile œcuménique de Nicce, en 787, sur 300 évêques signataires, aucun ne retient la formule gralia Dei, mais 266 se déclarent àvàÇio'., 3 V/Am 0£O'j, 4 iijLJtcTtoXo'., un seul IXàyi^iToç *. La formule 0=oO /âf.Ti npsaôJTEço; se rencontre la première fois en Orient, c'est au concile de Constantinople de 536. Dans la Supplicatio dericornm et monachorum Antiocbiœ ad Joanncm patriarcham et synodum congregatam coiitni fieventm, on rencontre un Mojsf,; W^oCi /xy.-.'. tzçhKj-iooç £-;ô'.)/.5.=. Postérieurement on trouve encore : Theodorus gratta Dei abba presbylcr nmnaslerii vencrandse laiirie sancti Sabba; ' et Aétuv /àpiti XoistoO — pE^S'jTspo; -7J; âyim-i'Tii -zoO 0eo5 y.aOoXiz^ç [iEfâXrjÇ iy.xXr^'jiai /.ai ap/MV tûv |j.ovaaTr;p!ojv zai szS'./.oç Trj; x-^iM-i-riÇ TO'j 0;o3 £zz/.7;t'ï; '.
VIII. Pecc.\tor. — En Occident, la variété n'est guère moindre qu'en Orient, mais de bonne heure un mot attire à lui le succès, c'est peccator. En 461, au concile de Tours, siège l'évèque d'Angers Talasius qui reprend la formule chère à saint Paulin de Noie : Talasius peccator hanc definitionem dominorum nworuni cpiscoporum, ab ipsis ad me transmissam, in civitatiila mea rclegi, subsCripsi et conscnsi '. Vers 480, Constantius de Lyon, le biographe de saint Germain d'Auxerre, écrit lui aussi : Domino bentissimo apostolico et milii in œternum patrono l'alienli Consiantius peccator, et Domino beatissimo cl mihi apostolico honore venerabili Censuario papa; Constanlins peccator '. Vers le même temps, on voit en circulation la formule Dco propilio episcopus dès l'année 506, au concile d'Agde '", mais rien ne peut contrebalancer la vogue de peccator. Nous trouvons presque simultanément ce mot partout en Occident, Benediclo in Christo fratri, omni mihi fidc et dilectione venerabili Januario Bachiarius peccator sal ". — Venerabili diacono Eulijchiano peccator Christi servus Esychius presbyter in Christo salutem'-. — Domino cl venerabili et beatissimo in Christo jamalo Dei, domino nostro Caprcolo,Vitaliset Consiantius peccatores "; nous venons de passer d'Espagne à Carthage, et avant de sortir d'Afrique citons encore cette suscription de l'évèque Evodius d'Uzalis : Dominis sanctis honorabilibus, dilectissimis et desiderantissimis fratribus Valenlino et sancte congregationi Evodius peccator et omnes mecum conservi in Domino salulem ".
Même vogue chez les Bretons et les Celtes. Le De vita christiana attribué à tort à saint Augustin : Ut ego peccator et ullimus, insipientior cœteris et imperitior universis le ul. sanrtitatis et justili.i: viam pergas.
Mansi, Conc. ampliss. coll., t. ix, cul. 387 sq. — = Ibid., t. XI, col. 640 sq. — • Jbid., t. viii, col. 984 sq.jlOOS sq.- 'Ibid., t. xiii,col. 380 sq. — ^ Ibid., 1. viii. col. 1042. - 'Ibid., t. X, col. 909. — ' Ibid.,t. xiii, col. 130. —' Mansi. Conc. ampliss. coll. t. vu, col. 947. Sur le personnage, voir C. Port, Dictionn. hist. géogr. et biogr. dt- \Ininc-ct-Loirc, 1878, t. m, p. 554. — ' W. Lcvison, liisrlmt Gernmnus von Auxerre und die Quellen zii seiner Ccscliichte, dans .\'eues Archiv, 1904, p. 111. — "Mansi, op. cit., t. viii, col. 336. — "P. /.., t. XX, col. 1038. - '= /'. L., t. xciii, col. 787. — "P. L., t. LUI, col. 847.— "II. O. Coxe, Calalogiis codicum manuscriptorum bibliothecw Bodleianie, t. ii, part. 1, Oxonli, 1858, p. 133. —"P. L., t. i„ col. 383; cf. XL, col. 1031 ; cf. G. Mori n. Le • De vita christiana • de l'évfqne breton Faslidius et le Hure de Pelage « Ad viduaiii, » dons RpiMie bénédictine. 1898, t. xv, p. 481 sq. ; K. Kûnstlc,
crebrioribus audeam litleris admonere, non me propriie justitiiB fiducia, non sapientiœ peritia. non scientia: gloria, sed sola, quam secundum Deum animo ac mente concept, caritatis tua: causa compellit, qux me pcccatorem et ignarum ad dicendum ita horlalur et provocat, ut cum loqui nesciam, lacère non possim ". Dans la Confessio fidci de saint Patrice, voici le début : Ego Patricius peccator, rusticissimus et minimus omnium ftdclium et conlemptibilis sum apud plurimos "; dans VEpistola du même : Patricius peccator indoclus scilicet 1'.
L'épigraphie n'est pas sans apporter son contingent; à Rome l'épitaphe d'im sous-diarre " :
AGATIO SVBD
PECCATORI MISERERE DS-
En Afrique, à Henchir-Argoub (= Cédia, en Numidie), près des ruines d'une église chrétienne " :