IN PATRI DOMINI
DÉI QVI EST SÉRMONI DONATVS ET NAVIC IVS FÈCÈRVNT CÉDI 5 ÉNSÈS PÉCKATORÈS
In nomine Patri(s) Domini Dei, qui est sermoni (^Verbi), Donatus et Navigius fecerunt Cedienses peckotores.
En Espagne, le mur d'une église, près deGuarrazar, commémore le souvenir de -" :
CRISPINVS PRS¥t PECCATOR
lin Allemagne, à Trêves, une rondelle en argent grossièrement travaillée et portant au centre le chrisme : diamètre 0"'14, et, en légende, une inscription tracée au pointillé avec le nom de la donatrice " :
ELEVTHERA PECCATRIX POSVIT
Mais c'est dès l'époque mérovingienne et en France que nous pouvons commencer il noter à profusion le terme peccator. Au concile d'Orange, tenu le 3 juillet 5'20, sous la présidence de saint Césaire d'Arles, se trouve un évèque de Carpentras, Julianus peccator (que deux manuscrits nous donnent ./u/ianus amartolus) •», il est d'ailleurs seul sur quatorze évêques à prendre ce titre, tandis que le 5 novembre de la même année, au concile de Vaison, sur douze évêques présents huit se déclarent pecca/or ". Ensuite la formule disparait; à Orléans en 541, sur quarante-deux évêques, un seul: Vivenlius peccator, consensi cl subscripsi ^'; dans ceilv même ville en 549, aucun, tandis qu'ù Marseille, le 26 mai 533, saint Césaire, en tête, tous se proclament
Die Scbri/lcn des britischen Bi'.sc/io/.i l'aslidiits, dans Tlieologisehe Qiiarlahchrilt, 1900, t. LXXXII, p. 193-204; J. Haer, De operibus fastidii Brilcumorum episcopi, in-8'', Nûrnbcrg, 1902; G. Morin, Pelage ou /•'o.v/iViiH.s-? dans Revue d'hisl. ecclés., 1904, t. v, p. 258-264. — " .1. D. White, Libri .lancti Patricii, The latin writings o/ .S. Patrick, dans Procecdings 0/ Ihe liogal Irish .Uademy, 1905, t. xxv, p. 235. — " Ibid.. p. 254. — " Marchi, Monamenti délie arli crist, primit., m-i", Homa, 1844, t. i, p. 239,240, 262; F. Cal)rol el H. Lcclercq, Aforiiini. Eccl. lit., t. i, n. 3457. — " Dewult, dans lieciieil de la Soc. archéol. de la prov. de Constantine, t. xi, p. 218; De Rossi, Bull, di arch. crisi., 1879. p. 162. -■ " lluebner. Inscript, llispian. christ., n. 158. — " Le Blnnt, Kouvcau recueil des tnscr. de la Gaule, p. 50, n. 30-31 . — =' Maasscn, Concilia wui merovingici.t. i, p. 53. — •• Ibiri., p. 58. — " Ibid., p. 97.
DÉVOTION (Formules dk)
pùcheurs, saut un abbé et un évêque, mais les quatorze autres signent : A'... peccator >. A Tours, en 567, huit évêques présents, liait peccntor-; à Paris, en 556-57.'J, sur quinze évêques, dix peccator ': à Paris, en 573, sur trente-deux évêques, cinq qui signent ainsi : Laban, peccator eclesiœ Elosanœ cnnsensi; Germanus peccator etsi indignas in Christi nomine cpiscopus; Lucritius acsi peccator in Christi nomine episcopus; Félix, de même, Lcudobandis peccator ecclesix Sagensis '... et dans la lettre adressée au roi Sigebert, on retrouve neuf peccator; Laban. Germain, Leudobaude ont tenu bon, Lucritius est devenu : venerator vesler, Félix est devenu hamilis vesler, d'autres se disent peccator, peccator et hamilis '.
Dans le diplôme royal de Clovis I" en date du 22 juin 054, portant confirmation du privilège d'immunité de l'abbaye de Saint-Denis, nous Usons, parmi 49 signatures, les suivantes : Arctherius, Sicoaldus, Higo- Ijercthus évêque, Casladius évèque, Landericus évêque, Vulfobudus, Aunemundus, Rauracus, Palladius, Armentarius, Gratus qui insèrent le titre de peccator dans leur signature (voir Dictionn., t. iti, col. 931, pi. en regard) *. D'autres chartes présentent aussi cette mention : celle d'Emmon pour Sainte-Colombe en 660 ' et pour Saint-Pierre-le-'Vif ', celle de Berthctried d'Amiens pour Corbic. eu 601 ', celle de Drauscion pour Sainte-iMarie de Soissons, en 667 '°; le privilège d'Aigilbert, en 083 ", celui d'Agerad de Chartres en 690- 697 '-, la charte de saint Chrodegang pour le monastère de Gorze, en 757 ". On étendrait cette liste et on multiplierait les points de vue pour aboutir partout à un résultat identique. Dans quelques signatures des conciles mérovingiens nous avons signalé cette variante : acsi peccator, nous la retrouvons sur d'autres actes : dans le testament deBertram, évêque du Mans, en 010 : Bertrannus, elsi indignas peccator, episcopus siancts:) œccl. Cenomannicœ^*: dans le privilège de Gorze cité à l'instant : Chardobachius qaamvis peccator episc. subscr. ''; dans la charte de Bertœnd de Chàlons en 092-693 : Berloendus, licet indignas, in ordine tamen Cathalaunensiam episcopus, suplex in Domino mitto salutem-'; ici indignus a absorbé peccator, de même dans la Donatio d'Ansoald, en 078 : Homanus, tamen indignus, episc. subscr. ".
Nous avons déjà signalé la formule Deo propUio rencontrée dès l'année 500, elle reparaît dans un grand nombre de signatures épiscopales, mais nous ne pouvons songer à accorder à chacune de ces formules la
' Maassen, Concilia œvi merovingici, p. 61 . — ' Ibid., p. 135- 136. — ' Ibid., p. 145-146. - ' Ibid., p. 148-149. — ' Ibid., p. 150-151. — ' Lauer et Samaran, Diplômes orirj. des mérou., 190S, pi. vi, vi bis, p. 6. — ' Pardessus, Diplomala, rharta-. 1843, t. il. p. 110, n. 333; M. Quantin, CarliiUiire ijinéral de l'Yonne, in-.S", .\uxerre, 1854, p. 14, n. 7; P. Descliamps, Critique du priinUge épiscopal accordé par Emmoii, de Sens, à l'abbaiie de Sainte-Colombe (2G août 660), dans le Moyen ûge, 1912, t. xxv, p. 144-165 (seize peccator). — 'Quantin, op. cit., p. 10, n. 6; Pardessus, op. cit., t. il, p. 114, n. 335 (dix-sept peccator). — • Pardessus, op. cit. L. Lcvillain, Examen critique des chartes mérovingiennes et ccu^oUngiennes de l'abbaije de Corbie, dans Alémoires et documents publiés par la Soc. de l'École des chartes, 1902, t. v, p. 221, n. 4;B. Kruscli, dans Xeacs Archiu, t. xxxi, p. 371 sq. (onze peccator). — *" Pardessus, op. cit., t. il, p. 140 sq.. n. 355 (dix peccator). — '^ G. Busson et A. Ledru, Actus pontificam Cenomannis in arbe degentiam, dans Archiu. hist. du Maine, Le Mans, 1902, t. il, p. 210 (vingt-six peccator). — ^'Pardessus, op. cit., t. ii, p. 235, n. 435; Tardif, Monum. historiques, p. 30, n. 36 (neuf peccator). ■ — ■ *' .\. d'Herboinez, Cartalairc de l'abbaije de Gorze, dans Meltensia, Paris 1898-1901, t. il, p. 12, n. 4 (on?e pccca(or). — " l'ardessus, op. cit., t. il, p. 197, n. 230; K. Charles et S. Mt-njot d'F.Ibenne, Cartulaire de l'abbaye de Saint- Vincent du Mans, ln-8», Mamers, 1886, t. i, p. 10, n. 6; G. Busson et A. Ledru, Adiis pond'/., p. 102. — " A. d'Hcr-
documentation que nous avons donnée à peccator. Afin de déblayer nous mentionnerons un certain nombre de types sans nous v arrêter.
Saint Césaire d'Arles se qualilie episcopus minimus omnium seruorum Dei jamutus '"; Léon, de Sens : Léo Christi sernus "; Nicelius de Trêves : «icitius cum suis humilis scd misericordia Domini episcopus '°; Germanus peccator elsi indignus in Cliristi nomine episcopus F.cctcsiœ Parisiaae ■' ; In Christi nomine, quamvis peccator, Audomarus nomine, absque mcrito episcopus ", formule aussi fréquente que cet in Christi nomine et Peccator indignus Chrodobcrtus servus servorum Dei episcopus '■' que nous avons déjà rencontrée chez saint .\ugustin.
IX. Servus servorum Dei. — A plusieurs reprises nous avons déjà rencontré les formules servus, servulus, lannilus combinées dans des protestations d'humilité. Saint Augustin a fait usage de servus servorum Dei, mais c'est à Rome, dans la littérature pontificale, que nous allons pouvoir étudier ces formules de dévotion : Bealissimoram marlyrum cultor Damasus episcopus servus Dei -'; — Sumptu cl studio Christi jamuli Hilari episcopi"", — In honorem beati Johannis Baptistœ Hitarus episcopus Dei lamulus oHerf; ■ — Liberatori suo bcato Johanni evangclistœ Hilarus episcopus famulus Christi": — Domino juvante Félix episcopus Dei famulus jorum basilicœ beati martyris Stephani musivo et marmoribus decoravit-'; — Honorius episcopus Dei famulus -'; — Pelagius iun(ior) episcopus Dei famulus ". Grégoire II se dit : indignus servus " et, ce qui est notable, Jean VII se déclare : servus sanctœ Marix '" et Béate Dei genitricis servus Johannes indignus episcopus ".
C'est saint Grégoire le Grand qui adopte le premier, d'une façon protocolaire, la formule servus servorum Dei, à laquelle il n'y a pas lieu de s'arrêter quand on la rencontre dans les documents émanés de ses prédécesseurs ". Avec saint Grégoire, elle prend de suite sa place définitive.
En tête des homélies sur Ézéchiel : Dilectissimo fratri Mariniano episcopo Gregorius episcopus servus servorum Dei ''.
En tète des homélies sur l'Évangile ; Heverendissimo et sanctissimo fratri Secundino episcopo Gregorius servus servorum Dei ".
En tête des morales : Heverendissimo et sanctissimo fratri Leandro (Hispalensi) coepiscopo Gregorius servus servorum Dei ". et bien que le doute ne soit pas permi-s sur ces pièces, nous avons les transcriptions sur mar-
bomez, op. cit., p. 13, n. 4. — " Pardessus, op. cit., t. ii, p. 221, n. 423; Lalore, Collection des principaux ccwtulaires du diocèse de Troyei, 1878, t. iv, p. 116. — " E. J. TardiL Les chartes mérovingiennes de l'abbaye de Xoirmoutiers, in-8', Paris, 1899, p. 28, n. 2. — " P. L., t. Lxvii, col. 1128. — " Epist. rcvi meroving., p. 438, n. 3. — " Epist. ad Justinianum imp., dans A^on.Germ. bist., Epist. Austrasiacp.WS, n. 7. — -^ Conc. Paris. IV, ôT3, dans Maassen, Conc. a'vi merov,, t. i, p. 148. — " Pardessus, op. cit., t. ii, p. 125, n. 344. — ■-' Epist. icvi merov., dans Monum. Germ. hist., t. m, p. 464, n. 16. — "DcRossi, Inscript, christ, urb. liomn-, 1888, t. H, p. 103, n. 34. — " Ibid., p. 147, n. 12. — "H.Grisar, .4na/cc(a romana, in-S", Ronia,1899, t. i,p. 149, pi. I, n. 4. — ''DeRossi, op. ci/.. Lu, p. 424, n. 48. — " Ibid.. p. 152, n. 32. — " Ibid., p. 24, n. 28; p. L56, n. 5. — " /bi</., p.21,n.lla. — " 76irf.,p.209,411,413;Kchr, Rcgcsiaponli/. roman. Ital. pontif., 1. 1, p. 136, ii. S. — '-IL Grisar, op. cit., t. I, p. 127-167, pi. Il, n. 7; cf. K. Brandi, Dor by:antiniselie Kaiser, BriefausS. Denis und die Schrift der friibmittelalterlichen Kanzleien, 1907, dans Archiv fiir Urkundenforschung.X. i, p. 77. — " De Rossi.op. ci(., p.41S,n. 15. — '* F. Homes Dudden, Greqory tbe Grcat, his place in history and thnuqht, London, 1905, p. 280, n. 3; De Rossi, op. cil., p. 423. n. 40. — "P. L., t. Lxxvi, col. 785; iîC9e.<(e, 1. .KII, n. 16 a. — " P. L.. t. Lxxvi, col. 1075; Regeste, 1. IV, n. 17 a. — " P. L., t. Lxxv. col. 509 ; Pegesle. I. V, n. 53 a.
DÉVOTION (Formules de)
bre contemporaines de saint Grégoire \ par exemple celle du 25 janvier 604 - :
GREGORIVS Ë^S SERVVS SERVOR DEI FELICI SVBDIAC-ET RECTORI PATRl MONII APPIAE.
Le même titre reparaît dans cinq écrits du même particulièrement signalés : deux lettres à l'évèque de Séville, saint Léandre, une au roi Reccarède, une au diacre Pierre, une à un certain Claudius ^, une lettre aussi à la reine Brunehaut '. En tout, la correspondance du pape olïre dix-huit fois cette formule, et voici ce que nou^ en apprend Jean Diacre, biographe du pape : Siquidem mox iil summum ponlificium lelicissimx Romanx urbis, Christn mortalibus consutenlc, sortitas est, saperslitiosum Universalis imcabulum, qaod Joannes Constantinopolitanas episcopus insolcnter sibi tune temporis usarpabat, more anleccssorum suorum ponlificum sub districlissimx inlerminationis sententia refutavit, cl primas omnium ei in principio epistolaram suaram servant servorum Dei seribi satis hamiliter definivit, cunciisque suis suecessoribas documentum suie humilitatis tam in hoc qaam in mediocribus pontifiealibas indumenlis. qaod videlicet tmetenus in sancta Romana ecclesia conservatar, hcrcditarium reliquit *.
On voit par d'autres lettres que saint Grégoire s'était acheminé progressivement vers cette formule. En 595, il écrivait à l'empereur Maurice ; Ego enim cunctorum servus sum ' et, en 601, à la patrice Rusticiana : Ego enim qui pcr episcopatas opéra serinis sam omnium factus, qaa ratione mihi se illa ancillam dieit, cujus susceptus anle episcopalum proprius lui '. Ces tâtonnements le conduisirent non à imaginer sans doute, mais à adopter la formule lapidaire devenue depuis le titre de tous les papes. Si le pape Grégoire n'avait pas lu le Liber III de peccaloram merilis et remissione ad Marcellinum dans lequel il eût trouvé la formule : Aagustinas episcopus servas Cliristi servorumqac Christi ', il n'est guère possible de croire qu'aucun des documents antérieurs au vii-^ siècle et qui présentent le servus servorum Dei ne lui ait tombé sous les yeux ; ce sont :
Csesarias [Arelatensis] episcopus minimas omnium servorum Dei jamulus Cxsarix sanctx sorori abbatissavel omni congregationi suœ in Christo wternam salutem '•'.
Dominas merito vencrabili et fructu sacrœ virginitatis in Christi gratia semper inlustri ac per omnin Probam Eagippius omnium servorum Dei famulas in Domino salutem dieit '".
Domino beatissimo et apostolieis infalis decorato, patri spiritali, Aanario episcopo (Aulissiodorensi), SIephnnus omnium servorum Christi famatus ".
Dès que saint Grégoire eut adopté la formule, elle paraît s'être propagée assez vite.
'H. Grisar, Aniil. rom., t. i, pi. iii, n. 12; .1. von Plhi[»k- Harttung, Papsturkitnden auf Marmor, <lans Qucllen und Forschungen aus italieniachen Archweri und Bibliotlielsen, Rome, 1901, t. V, p. 178. — = De Rossi, op. cit.. t. il, p. 423, n. 38. — 'Gonzalez, Collectin cimonum Ecclesia: Hixpnnie, 1821, n. 97, 98, 100, 102; liegislre, 1. I, n. 39 a, 41 ; 1. IX, n. 227, 228, 230. — ' .M. Tangl, .Sclirilttafetn ziir F.rlcrnung der laleini.ichen Palàograpliic de Arndt, 4' édit., Rcrlin, 1906, part. II, II. 3.'> b. — '.Ican Diacre, Vi7a Gregorii Magni, I. II, c. I. P. L., 1. Lxxv, col. 87; cf. H. Grisar, Œkiinwnisclier Patriarch und Diener der Diener Gotles, dans Zeitscliri/l fur katholisclie Tlieologie, Innsliruck, 1880, t. iv, p. 47G; H. Gelzer, Der Streit iiber den Titcl des ôkumenisclteii Patriarclien, clans Jahrbuch /ùr prolestuntinche Théologie, Leipzig, 1887, t. XIII, p. 549-584; L. Schmilz, op. cit., p. 128-129. —
• negislre. 1. V, n. 37, édit. Ewald, t. i, p. 323. — ' Registre, 1. XI, n.26,t. II, p.287. — • P. L., i. xi.iv, col. 185.
• P. /.., t. Lxvii, col. 1128. — " P. L., t. i.xii, col. 559. — " Mon. Germ. Itist., Epist., t. m, Episl. ivvi merov., p. 447, n. 8. — " Pardessus, Diplomata, chartiv.t. il, p. 11, n.254. —
Diplôme de saint Éloi, de Noyon, pour l'église de Solignac : Ego, Eligias, servus omnium servorum Clu-isti, domina' sacrosanctse Ecclesiie. quam in honorem sanctorum Pclri et Pauli... constra.vi : et la souscription : In Christ inomineEligius servus servorumDei...subscripsi^-.
Diplôme du moine Ausbald pour saint Vi'illibrord : In Christi nomine domino sanctissimo et beatissimo patri Willibrordo Ausbrddus servorum Dei famulas ".
Lettre de Maur, évèque de Ravenne, au concile de Rome en 649 »*; Lettre de Jean de Grado au pape Etienne lit (768-772)". Privilège de Sigvalt d'Aquilée pour le monastère Saint-Sauveur de Brescia ".
Dominis carissimis fratribus episcopis vel abbatibus per universam Scotliam Laurcntius, Mcllitus et Justus episcopi, servi servorum Dei '".
Comme on peut s'y attendre, une abbesse de Whitby arrange la formule à son usage : Dominœ sanctœ atquc a Deo honornbili Adolanœ abbatissœ .ElUled, eeclesiastice famula: famala, sempiternœ sospitalis in Domino ". Un évêque, Daniel, fait de même : Daniel Dei famulorum famulas ".
Les Grecs ont usé de la même formule. Jean l'Aumônier, patriarche d'Alexandrie (t 616) : 'loiâvvTjç Tar.tnài zaî ÈJvCtyisTo; SoùXoç tûv ocjXtov Tou zup{ou f|ULù)V ' Ir;aoC! XptsTOj '". Cosmas : ooOÀo; twv ooJXtov t^'ç 3^5 âyiwuJvr;;; lettre synodale de Sophrone de Jérusalem à Serge de Constantinople : S'oopdv.o; àpyeilo; Bo'jXo; Tr;ç à-flot; XoiaToD toû 0£O'j r,[Ji(ov -dXsioç -'.
X. ' E).iy '.570;. — En Orient, une des formules de dévotion qui obtiennent la vogue la plus large est : ô s'.ai/iaToç iniay.or.'jç . Au concile d'Éphèse, en 431, Cyr d'Aphrodisias et une quinzaine de ses collègues font usage de ce terme, de même que saint Épiphane dans ses ouvrages: 'Eztcpivio; ô èXix/i^to; twv ir.:'!y.o-.txi'i -''. Autres exemples à Éphèse, 449, à Chalcédoine, 451 ; d'ailleurs on trouve aussi ô ÈXày loroç :ipEo6ÛT6po; " et 6 ÈXàyt3T0; Xo'.aTtavo; -'.
XI. 'Avâ?to;. — Le terme àvà|io; ne fait son apparition que tardivement, au vii= siècle. Nous le rencontrons pour la première fois en Orient en 646 dans une lettre de Paul de Constantinople au pape Théodore I""' (642-649) qui commence ainsi : Tw à-^'.wzi-zM zai |j.azaf'.wTstTi;) àSîXçtjj z»'. soXXs'.-ojpYoi zupio) 0£o- Si.jpi.) naûXo; àvij'.o; Ir.i^y.OT.'j; yaioî'.v ''et même un peu plus tôt, au commencement de ce \W siècle, dans l'envoi que fait Leontius de Naples de la vie de saint Jean l'Aumônier : hi 'AXEÇavBpsia :;apaYEV«[iEvoç Èyto ô àvoiÇio; -'
XII ' A[j.apT(oXo;. — AiJiapTwXd; fait concurrence ù àvàÇio; et à ses partisans. Cosmas Indicoplcustes, l'auteur de la « Topographie chrétienne », s'en pare : o àjiaip- TwXo; zai ToéXaç iyu'> ", de même que saint Jean Damascène '% Jean abbé de Raitha : o âiiapTi.iXd; tr,; ' PaïOoj r)YOij|j.=voç " et bien d'autres. On le fait même
" Ihid., t. II, p. 291, II. 1S3.- " Mansi, Conc. ampliss. coll., t. X, col. 883;/'. L., t. i.xxxvii.col. 103.— '• A/on. Germ. /lis/., Epist., t. m, p. 712, Epist. I.angob. n. 19; C. Troya, Corfioc diplomatico Langobardo, Napoli, 1852, n. 945. — " Troyn, op. cil., p. 9(17. — " Bcda.His/. ceci., I. II. c. iv, édit. Pliimnier. — " Mon. Germ. /lis/., Episl., t. m, p. 248, n. 8. — " Ihid., p. 2.07, n. 11. — " 11. Gclzcr, Lcontios von Neapnlis Lebeii des ht. Jnhannes des Bannherzigen, Zirr/n'sc/jo/s von Alexandrien, p. 9, — " Mansi, op. ci/., t. xi, col. Kil. — " I^^piplianc, Adv. hures.. 1. III, liaîr. 77, P. G., t. xi.ii. col. 700; t. XLiii, col. 17. — ■' Mansi, Conc. ampliss. coll., l. xiii, col. 137. — " Mansi, op. cil., t. xii, col. 1014 ; K. Scliniitz, Ursprung und Gcschichic der nevolionsformeln bis ni ihrer .\ufnahmetn die Iriinkische Kônigsiirkiindc, in-8», Sliittw'rt, 1013, p. 69, 71. • — "Mansi, op. n'/., t. X, col. 1020. — ■" II. Gelzcr, Leon//os' von Seapolis Leben des ht. Johannes der lidcndierzigen, Erzbtschnfs von ."ïlexandrien, Leipzig, 1893, p. 4. - " /'. G., t. i.xxxviii, col. 52; E. O. Winstcdt, The Christian lopography of Cosmas Indicopleusies, ln-8°, CanibridRc, 1909, p. 37. — "P. G., t. xr.v, col. 100. — " P. G., t, i.xxxviii, col. 624.
DÉVOTION (Formules de)
entrer dans des combinaisons destinées vraisemblablement à le renforcer : Màçiao; Ta-£ivo; /.ai âu.aç.T"i- 5,05 àvctÇ'.oç SoOXo; (/.a! [j.aOr)Tïj;) ' et il est à l'usage de tous, évêques, abbés, clercs, moines : 'O âiiao-wXo; ifih zal -avTtov èXa/ioTo; 'AyaÔtuv àvaÇio; oià/.ovo; >:«'. yaproçj).».? '; — 'E~i<pàvio; â[j.aoTwXdç, oioczovo; tj); âY""'^""!; èy.i'.Xr;a''a; KaTavr); Trj; Hiz-ÉXàiv STiapyta;';
— rprjYcipio; â[iapTu>X6; TtpsoS'jTîpo; et ' Itooivvr]; raXai- 7;opoç y.ai âiAapTwXo; [xo'vayo; *; — • ' Iwav/r,; à|xapT(i)Xo; È3;ia/.. IloXeio; xoS 'Ptjyiou zai XeYatoç'Tîaor); x^ç auvooou TO'j «Y'-Ou za! à;:03ToXtzoCf Opôvou 7:tiX6co; ' P(ô[xriç ', en 692.
XIII. Ta;x£ivos. — Pour renchérir sur âXiyiaTo; on lui associe Ta-£ivo; '. Voici une formule de Jean l'Aumônier ; ' Iwàvvï]; -ar'ivo; ■/.a.': ÈXctyijTo; SoûXo; xwv oojXaiv TO'J zupîou fj[j,o)V ' lï^froj XpiŒTOJ :;aatv toi; 0;:ô Tïjv 7)[jiET€'pav ::T<j)y£{av û~o toj aù-oû zyoiou zai Wioû rjjjLwv 7:oi|jLa'!v£aOai Xayoj5tv tcÎoc'; une autre de saint Jean Damascène dans son homélie sur la mort de la Vierge : 'lojiwo'j -ar.moi zal ÈXaytTToy [iovayoCi zai ~pïa6uTépoj TOJ Aajj.aazrjV0j 'EYZojjjitov eÎç ttjv zoijjirjatv T^; ::avu;j.VTJTOu zat 6;:£p£vSdfou £ÙXoYT)|JiÉvr|; A£3::oivr;; fj|j.wv 0£OTdzou zai ' AîiTiapSivoj Mapia; '.
Les latins devant cette profusion de termes plus humbles les uns que les autres semblent avoir parfois hésité lorsqu'il s'a.«issail de passer des protestations qu'on Ut d'un œil distrait aux traductions qu'il faut bien réduire à un mot. Pour rendre ÈXàyiaTo; les traducteurs se tiennent de préférence à humilis, humillimus ', mais parfois, ils préfèrent : exiguus '" ou bien nltimus ", ou encore pusillas ''^, manifestement ils y vont un peu au hasard et donnent leur langue au chat. Dans quelques textes dont nous ne conservons qu'une traduction latine, on voit clairement l'intention de traduire TaTiEivdç zai ÈXàyiGTo; : Posl Denm domino tolius orbis piissimo et christianissimo nostri principi Leoni in domino salutem humilis et iiltimus Sebastianus episcopus '^. — • Domino piissimo Chrisliquc amantissimo imperatori noslro Leoni perpétua Auf/usto parva et humilis synodus congregnta in melropoli Snrdianorum veslrie Lydiie ". Dans le texte suivant c'est à[j.apT'jjXo; zai i\iyiîTo; qu'on a voulu rendre: Mennas peccator et humilis episeopus Carpathioram insularum ".
Dans une lettre de ce Lucien, qui eut un rôle dans l'histoire de l'invention des reliques de saint Etienne (voir ce mot) nous lisons : Lucianus, misericordia D i indigcns et omnium hominum minimus, presbyler Ecclesiœ Dei, quœ est in villa Cophargamata, in terriiorio Jerosolymoram, sanetse Ecclesise et omnibus sanctis qui sunt in Christo Jesu in unim:rso mundo, in Domino salulcm"; dans la suscription d'une lettre à Hymésius, il reprend ce titre d'omnium minimus, visiblement inspiré de saint Paul : Domino sancto et venerubili Hymesio episcopo Inimillimus et omnium infimus Lucianus presbyter de villa... perpetuam in Christo Jesu satutem; titre que nous retrouvons à peine modifié en Occident, à .Vlinorque : Sanctissimis ne beatissimis dominis
•P. G., t. xci, col. 112, 103. — "Mnnsi.op. ci(., t. xii., col. 189. — 'Ibid., t. xni,col.l36. — *Ibid.,t. xiii.col. 137.
— ' /biJ., t. XI, col. 689. — 'P. G., t. xc, col. 244; t. xci, col. 514 (TaitE^vô;) ; t. xci. col. 112; t. xci.col. 10.32 iraTieivôc zai à|AapTw"Ao;, àvilioc ôoj/o:!; t. xcvi, col. 589, 601, 661 (TaiTsivo;), 700 (T«7tetvô; zai é/i/iito;): t. xciv, col. 521 ; t xcv, col. 64 (éVà/iTTO:); t. xcv, col. 100. — ' H. Gelzer, Leontios' uon Neapolis Leben des ht. Johannes des Barmherzigen, p. 9. — ' P. G., t. xcvi, col. 700. — • Mansi, op. cit., t. VI, col. 583; t. x, col. 913; t. xi, col. 559, .561, 571. — " Ibid., l. VI, col. 7.53; t. xii, col. 103. — " Ibid., t. X, col. 1003. — " Ibid., t. vu, col. 294; t. xi, col. 508.
— " Mansi, op. cit., t. vu, col. 543. — " Mnnsi, op. cit., t. VII, col. 571. — " Mansi, op. cil., t. ix, col. 395. — ■ "P. L.. t. XLi, col. 807. — "P. L., t. XX, col. 731. — " Pardessus, op. cit., t. ii, p. 88, n. 312; B. Guérard, Cartulaire de l'abbaye de Saint-13erlin, in-8», Paris, 1840, p. 18.
rpiscopis, presbijteris, diaconibus et universx Iralernilali tûtius orbis terrarum, Severus episeopus misericordia Dei indigens et omnium ultimus, in Christo redemptore noslro xternam salutem ".
XIV. Non merito. — Les formules elles-mêmes, par l'effort évident de ralTiner, sont plus instructives dans leur rapprochement que la glose qu'on en pourrait faire. L'évêque Omer est évidemment mécontent de ses trouvailles, il les retouche sans cesse : Peccator Audomarus, nomine absgue opère episeopus, pro teslimonio^'' ; quelques années plus tard il a trouvé autre chose sinon mieux : In Christi nomine quamvis peccator Audomarus nomine. absque merito episeopus hanc epistulam voluntarius dictavi et recensere audivi et qui subterius scriberenl rogavi ". Saint Chrodegang n'a rien trouvé de meilleur pour sa part : Ego Chrodegangus ac si indignus, si non opère vel nomine gratia Dei episeopus"". Un autre : Ursus nomine, non opère presbyter subscripsi, prête à un plaisant jeu de mots dont il ne parait pas se douter"; un diacre : Lui indignus diaconus,sine prserogativa meritorum diaconatus ofjicio lungens";\m abbé : Althehmus [Malmesburicnsisl sine meritorum prerogaliva abbatis officio functus'^; une abbesse : Eangyth indigna ancilla ancillarum Dei et nomine abbatissie sine merito juncta^*; enfin, tout le monde s'en mêle, de simples moines : Sigerandus etsi indignus solo nomine vocatus monachus, et son confrère : Johannes indignus, humilis et peccator solo de nomine monachas''. Finissons sur une protestation de Jean Cassien, toujours dans le même goût : Unde ego quoque ipsc, humilis atque obscurus nomine sicut merito, licetmihi inter eximios Conslantinopolitanœ urbis antislites locum magistri usurpare non possim. studium tamen discipuli afjectumque prsesumo ", et sur celle de saint Boniface qui atteint à une sorte de majestueuse beauté : Universis revcrentissimis coepiscopis, vcnernbilibus presbileralus candidatis gratia diaconibus... de stirpe et prosapia Anglorum procrealis ejusdem generis vernaculus, universalis ecclesiœ legatus Germanicus et servus sedis apostolicœ Bonifaeius, qui et Wyniretus, sine prœrogativa meritorum nominatus archicpiscopus, humillimœ communionis cl sincerissimœ in Christo caritatis salutem ".
XV. In nomine. — Nous avons déjà insinué à l'occasion des signatures du concile de Paris en 573 que les évèques ne s'attachent pas à une formule irrévocablement; voici par exemple le cas de saint Césaire d'Arles ^' :
en 506, concile d'Agde : in Christi nomine episeopus. en 524, concile d'Arles : in Christi nomine episeopus. en 527, concile à Carpentras : in Christi nomine episeopus.
en 529, concile d'Orange. : i'n Cliristi nomine episeopus. en 529, concile de Vaison : i'n Christi nomine episeopus. en 533, concile de Marseille : Cn'sarius peccator.
Lettre à sa sœur : Caesarius episeopus minimus omnium servorum Dei /amulus ''.
Testament : Ego Cœsarius peccator'".
—" Pardessus, op. cit., t. ii, p. 125, n. 344; B. Guérard, op. cit., p. 23. — " Pardessus, op. cit., t. ii, p. 397, n. 586; A. d'Herbomez, Cart. de Gorze, p. 1, n. 1. — "Pardessus, op. cit., t. II, p. 255, n. 451 ; Busson et Ledni, op. cit., p. 203.
— ^* Epist. S. Bonîfacii et Lulli, dans Mnn. Germ. hist., Epist., t. III, p. 338, n. 71. — " Ibid., p. 231. n. 1 ; lladdan et Stubhs. Councils, Oxford, 1871, t.iii, p. 2ri.S. — "EpixI. S. BtmilMii et l.idli. p. 261, n. 14. — " J. Giorai et l'. Balzani. Il rcgesto di Farfa di Grigorio di Catino, in-S*, Borna, 1879, p. 48, n. 45, doc. 40. — -'Jean Cassien, Contra Nestorium, 1. VIII, dans Corp. script, eccles. lat., t. xvil, p. 389.
— " i'. Boni/acii et Lidli epislolœ, dans Monum. Germ. /lis/., Epislol., t. III, p. 295, n. 46. — " Mansi, op. cit., t. VIII, col. 336; M.iassen, op. cit., p. 37, 41, 53, 57, 61. — " P. L., l. Lxvii, col. 1128. — " G. Morin, Le testament de S. Césaire d'.irtes et la critique M. Bruno Krusch, dans Reuiie bénédictine, 1899, t. xvi, p. 97-112.
DÉVOTION (Formules de)
De même pour ses collègues : Nicetius de Trêves, en 535 : Nicetius Deo propitio (ms. Paris, lat. 12097) et Nicetius in Christi nomine (deux autres ms.) ; en 540 : Xicecius gratia Domini : lettre à Chlodoswinde : iVicetius peccator; lettre à Juslinien : Nicetius cum suis humilis, sed misericordia Domini episcopus'.
Aunacharius d'Auxerre, en 573 : Aunaarius in Dei nomine episc; en 583 : Aunacharius in Christi nomine episc; en 573-603 : Unacl^arius in Dei nomine episc. Lettre à Etienne : Aunarius gratia Dei episc; lettre du concile de Paris à Sigebert, en 573 : Aunaarius humilis vcster -.
XVI. Pauper. — Quelques-uns adoptent la formule pauper, sauf à l'agrémenter un peu : Dominus papa in Cliristi nomine pauper cpiscopus ' ; — Tenœ marisque^ et totius generis humani domino, orbis terrarum victori et piissimo Augusto Lconi imperatori pauper V aradatus in Domino salatem * ; Ealdbeorcth, pauperculus Christi = ; ce même titre de pauperculus sert à saint Columban dans sa cinquième lettre au pape Boniface IV '.
XVII. Varia. — Nous avons déjà montré à l'aide de l'épigraphie et des textes littéraires pour le mot peccator que ces formules ont joui de la plus large expansion et il semble peu conforme à la réalité de leur assigner une formule trop rigoureusement déterminée. Ainsi pour cette épithète de peccator nous la retrouvons en Espagne aussi fréquente qu'en Gaule : Jean de Biclar s'intitule : Johannes peccator de Gerunda in his constitiitionihus annuens subscripsi ' ; — Domino meo Braulioni episeopo Jimilianus peccator'; ^Dum olim ego indignissimus peccator Asturiensis provinciœ indigena '. Et puis c'est toute la variété innombrable des Dei miseratione, Deo miserantc '°, Dei gratia ", Deo jubente '=, indignas ", immerito >♦ episcopus. Hydate, évéque de Chaves (Aquse Flavix), se déclare ignarus, indignissimus omnium servorum Dei >' ; Martin de Braga se contente d'humilis episcopus " ; Braulion de Saragosse est tour à tour : servus inuiilis sanclorum Dei. servus humilis sanclorum Dei, servorum Dei inuiilis servus, servus inutilis sanclorum Dei et vester, servorum Dei inuiilis servus et vester '". C'est à profusion aussi qu'on rencontre servus Domini. servulus vester ". Eugène de Tolède est dans une lettre à Chindaswinth : vestrorum fidelium servulus ", dans une lettre à Braulion, servulus vester-"; Tajon de Saragosse : ultimus servus servorum Dei -', et il est impossible de récolter tous les servulus vester, les famulus vester.
Partout on récolte, mais la récolte est partout identique. Voici par exemple dans l'Italie du vi« siècle; à
' .Maassen, Conc. nvi merovingici, t. i, p. 70, p. 109; Monurn. Germ. Iiist., Epistol, t. m, p. 119, p. 118. — = Maassen, op. cit., p. 149, p. 161, p. 184; Mon. Germ., Epist., t. III, p. 447; .^laassen, op. cit., t. i, p. 151. — •Monurn. Germ.hist., .-lucf. aniiç., t.vi, p. 186; E. I cBlant, Rec. des in.ieript. chrét. de ta Gaule, in-l", Paris, 1865, t. Il, p. 56, n. 405; Pardessus, op. cit., t. n, p. 87, n. 312; Concile de MScon, 583, dans Maassen, op. cit., t. i, p. 155.
— * Mansi, Conc. ampliss. coll., t. vu, col. 623. — • ' i\/on. Germ. Iiist., Epist.. t. m, p. 260. — • Ibid., p. 115, note 2. — ' Gonzalez, Cotlectio canonum Ecclesiœ Hispanœ, Matriti, 1808, p. 660. — ' P. L., t. Lxxx, col. 674. — ' /'. /.., t. Lxxxvii, col. 439. — " Gonzalez, op. cit., p. 398, 410. 418, 678; K. Dahn, Die Kônige der Germanen, in-S", Leipzig, 1885, t. vi, p. 619. — " Gonzalez, op. cil., p. 418, 502, 679. — " Mansi, Conc. ampliss. coll., t. xi, col. 159.
— " Gonzalez, op. cit., p. 410, 419, 464, 468, 502, 525, 583, GSO; Dahn, op. cit. — "Gonzalez, op. cit., p. 410.
— "P. L., t. LI, col. 873; Mon. Germ. Inst., Aiicl. uni., t. XI, p. 13. — " P. L., t. Lxxii, col. 17. — " P. L., t. i.xxx, col. 649, 675. 679, 687, 692, 685, 686. — •• P. L., t. I-xxx. col. 651, 68-1. — " P. L., t. LX, col. 604, t. LXXXVII, col. 369.
— "P. L., t. LXXXVII, col. 403. — "P. L., t. Lxxxvii, col. 413. — " De Bubcis, Moniimenla Ecclexiir Aquileiensia,
Parenzo : Nos quidem Dei gratia Eufrasius Parentintc ecclesiœ prœsul (en 543); Servus Christi Maximianus per gratiam Dei episcopus s. Ecclcsia; catholicœ Ravenn. inclitœ urbis (en 547)°-; ;i Capoue : Victor famulus Christi et ejus gratia episcopus Copiia- (en 546-547) " : en lUyrie : Paulus humilis gratia Dei episcopus eccles. Vlpianensis, et Sabinianus gratia Dei episc. Zapparenx civitatis (en 553) '*, et la série continue. On la retrouve analogue en Afrique : Dei gratia plurimum ampliclendis sanctis fratribus, Joanni prcsbytcro cl archimandritœ et Venerio diacono... Datianus Fortunatus... famuli Christi in Domino salutem ". Fulgencc de Ruspe est servorum Christi famulus -''■. Fulgence Ferrand est exiguus -', de même que les diacres, ses collègues, Licianus et Severus : Domino sancto fratri Epiphanio diacono JAcinianus et Severus exigui *'. Mcme monotonie dans les textes de la Bretagne. Le gratia Dei s'y rencontre fréquemment mais tardivement " et aussi servus servorum Dei, famulus famulorum Dei, plebi Dei famulus ". Il faut encore citer la salutation de saint Colomban au pape Boniface IV (612-615) en se rappelant celle de saint Ignace d'Antioche au début du II* siècle, on mesurera le chemin parcouru : Pulcherrimo omnium totius Europœ ecclesiarum capili. papse prœdulci, prœcelso prsesuli, pastorum pastori, reverendissimo speculatori : humillimus celsissimo, minimus maximo, agrestis urbano, micrologus eloquentissimo, extremus primo, peregrinus indignœ, pauperculus prœpotenti, — mirum diclu, nova res ! — rara avis scribere audet Bonifacio patri Palumbus ='. C'est du pur gongorisme, et pareille profusion d'antithèse rend d'autant plus appréciable la concision de cette formule qui se lisait sur le tombeau de l'abbé Mellebaude ;i Poitiers " :
mt'IVlORIa- MELLEBAVDI ABBÏ- REVM XPI HIC DEVOTI VENIVN( VNrfiQVE AD IPSV PRODIIT
iVllS QVIA . REMIANT N
et le même personnage sur une autre inscription " :
+ IN m NOMINE EGO + HIC MELLEBAVDIS REVS-ETSERVVS TÎHM XPO....
J'arrête ici cette énumcration, elle est sullisammenl copieuse pour montrer que si quelques formules ont été négligées, on peut considérer néanmoins comme bien connu l'état d'esprit dont s'inspire cette littérature originale.
1740, p. 192. — » E. Banke, Codex Fuldensis, Dos Perilinpensyslem, Marburg, 1808, p. 398, 462. — " Cotlectio Avellana, édit. Gunther, dans Corp. script, eccl. lat., t. xxxv, p. 319, n. 83. — »P. /.., t. XLV, col. 1779; Mansi, op. cil., t. VIII, col. 592. — " P. /-., t. LXV, col 303. — " P. L., t. Lxvii, col. 908,921 ; Bibliotheca Cassinensis, i, Florilegium, p. 194 sq.; .\. Reiftcrscheid, .4nec<lo(a Casinensia, p. 5. — "P. /.., t. Lxxii, col. 691. — "Beda, Hisl. eccl., édIt. l'iumincr, 1. V, c. v, p. 215; 1. V, c. xv, p. 239; ftticnnc, Vila ^Viltridi, c. XLiii, dans Haddon et Stubbs, Coiincih. t. m, p. 171. Diplôme du roi Osric pour l'abbessc Bertnna, en 676, Kemble, Codex diplomaliciis œvi saxonici, I.ondon. 1S39, n. 12; dans celui du roi Eadric pour l'abbaye Saint- Pierre dans le Kent, en 680. Kemble, op. cit., n. 27; Vila Wilfriili, dans .A/on. Germ. Iiist., .Script, rer. mcrov., t. vi, c. xxii. XXVI, XI.III, i.vi, i.MV, p. 217, 220, 236, 251, 259. — •• K. Schmitz. L'rspnmg iinrf Geschiclite der Demlions/ormeln, 1913, p. 114; et. W. Levison, Vila- Banifacii, 1905. p. 19, note 1. — " Monum. Germ. Iiisl., Episl., t. m, p. 170. — " R. Le Blant, S'ouveau recueil des inscript, de la Gaule, 1892, p. 256, n. 246; L. Lcvlllaln, La • Memoria - de l'abbr MfUebaude, dans Bulletin de la Société des antiquaires de l'Ouesl, 1911, in-8°, Poitiers, 1911, p. 18. — " F. Le Blnnt. op. cit.. p. 2.59, n. 247; L. Lcvlllaln, op. cit., p. 24.
DÉVOTION (Formules dk) — DIACONESSE
Ltb luiiiuu-s, f.^l-il besoin de le dire, ne sont pas en reste de protestations : Ctesaria exigua', Radeguntis peccalrix -, Btnidonivia hamilis omnium, Irmina in Chrisli nominc Deo sacrata acsi indigmi grntia Domini abbalissa. Eugenia acsi indiijnd iibhalissii, vel si indigna Anstruald Deo copolalti (celle-ci était veuve). .Etfjled ecclesiastice familiie famula, Egburg ullimn discipuloruni seu discipiilanini liiunim et cela continue longtemps encore.