‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 4)Chapitre 168 sur 251 · DIJON — DIMANCHE · texte numérisé non relu

DIJON — DIMANCHE

La forme du nom en isima est tout à fait mérovingienne, elle n'est guère postérieure au viii» siècle, tout au plus du vii=, tandis qu'au ix= on n'eût pas manqué d'orthographier Baudrisma.

En 1890, on trouva à Saint-Bcnignc, à l'angle extérieur sud-est de la chapelle souterraine, dite de Saint- Jean-Baptistc, la tombe brisée du moine Turpericus. Les ossements avaient été dispersés, mais les fragments de la dalle qui les recou\Taient jadis étaient complets. Cette dalle était un remploi puisqu'elle portait le D. M. païen, peut-être n'avait-elle jamais ser\-i quand on y grava cette épitaphe ' :

HIC lACET TVRPERICVS MONACO OET HOM NIB'AMABILIS OBIIT III ON IVLII IN SENEC TVTE BONA VIVAT DO

Cette épitaphe peut appartenir au vu" ou au viii= siècle.

La suivante a été trouvée au pied d'un pUier extérieur de l'église Saint- Jean; elle est conservée au musée ^ :

in ftoCTOMO lo REQISICIT bonE MEMORIAE ? FloreUJ\AE Q\ VIX 5 anNVS XVII ET

nuNSIS

Enfin, on conserve au Musée depuis 1850, une plaque de pierre d'origine inconnue avec ce seul nom ' :

VENVSTVS ^ I

XIV. Bibliographie. — Analecta Diuionensia. Documents inédits pour servir à l'histoire de France et particulièrement ù celle de Bourgogne, tirés des archires et de la bibliothèque de Dijon. 10 vol. in-S", Dijon, ISfiC)- 1876. — H. Beaune, De la mission de saint Bénigne et du martyre des saints Jumeaux à Langres, in-S", Langres, 1861. — E. Bougaud, Étude historique et critique sur la mission, les actes et le culte de saint Bénigne, apôtre de Bourgogne, et sur l'origine des Églises de Dijon, d'Autun et de Langres. in-S", Autun-Paris, 1859; L'église Saint-Jecm de Dijon, in-8°, Dijon, 1863. — Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques, 1889, t. V et Supplém. — L. Chomton, Histoire de l'église Saint-Bénigne de Dijon, in-fol., Dijon, 1900. — G" Creuly, Musées archéologiques et collections particulières. Musée de Dijon, dans Reinie archéologique, 1862, p. 109-121. — L. Delisle, Les bulles sur papyrus de l'abbaye de Saint-Bénigne conservées à Ashburnam- Place et à Dijon, dans Mélanges de paléographie et de

*Fétu, dans Mém. de la Commiss. des antiq. de laCôle-d'Or, t. XII, p. Lviii; R. Gagnât, dans Bull, de la Soc. nat. des antiq. de France. 1892, p. 161; Corp. inscr. lat., t. xiii. n. 5593. — - E. Le Blant, Becueil des inscript, chrét. de la Gaule, t. II, n. 659, pi. n. 52.3; P. Lejay, op. cit., n. 151; Catalogue du wusée archéologique, p. 156, n. 942; Corp. inscr. lat., t. xiii, n. 5592. — ' E. Vallot, dans Mém. de la Comm. de la Côte-d'Or, t. m, p. xxxii; P. Lejay, op. cit., n. 179; Catal. du musée, p. 157, u. 913; Corp. inscr. lat., t. XIII, n. 5591. — * Exode, xvi, 22, 23. Quatre titres de psaumes dans les Sept, attestent cet usage : Ps. xxiii, -f,: [ii5: fjXrjoi-O'j; XLVii, Ss-j-épa ça'-'iiTO'j; xciii, TîT&âo: >7xr,é«TO-j; Lxxx, 7t£|i.7tTr, (Tao6aT0j (Ms. cursif lS(i). Cf. Swete,

bibliographie, 'm-S", Paris, 1880, p. 37-52; Mémoire sur d'anciens sacramentaires, in-4"', Paris, 1886, p. 271, n. ex. — L. Duchesne, Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule, in-8", Paris, 1900, t. i, p. 49; Bulletin critique, 1888, t. IX, p. 207-210. — P. Gaflarel, Compte rendu critique sur les Analecta Divionensia, t. i-x, dans Revue historique, 1877, t. iv, p. 397-407. — Gamier, Sur la découverte du sarcophage de saint Bénigne, dans Mém. de la Comm. des antiq. de la Côte-d'Or, 1878-1884, t. x, p. xviii. — Cl.-X. Girault. Dissertation sur l'époque précise de la mort de saint Bénigne, dans Mém. de l'Acad. de Dijon, 1817. — G. van Hoolî, De saneto Benigno martyre, Divione in Gcdlia, comment., dans Acta sanct., 1887, nov.. t. i, p. 134-152. — E. Le Blant, Les sarcophages chrétiens de la Gaule, in-fol., Paris, 1886, p. 2, n. 2; Recueil des inscripl. de la Gaule, t. ii, n. 659: Xouveau recueil, 1892, n. 2. ■ — P. Lejay, Saint-Bénigne de Dijon, dans Revue d'histoire et de littérature religieuses, 1902, t. VII, p. 71-96. — A. L[eleux], Découverte du tombeau de saint Bénigne à Dijon, dans Revue archéologique, 1859, t. i, p. 32-36. — .\. Longnon, Géographie de la Gaule au vi" siècle, in-S", Paris, 1878, p. 210-212. — L. Maitre, L'église de Saint-Bénigne de Dijon et ses cryptes, dans Revue de l'art chrétien, 1904, p. 285-291. — J. Marion, Les actes de saint Bénigne, apôtre de la Bourgogne, dans Biblioth. de l'École des chartes, 1860, V^ série, t. i, p. 228-240. — L. Morillot, Durée du pagcmisme dans les campagnes bourguignonnes, d'après les découvertes archéologiques, dans Bulletin d'histoire et d'arcitcologie religieuse du diocèse de Dijon. 1883, t. I, p. 46 sq. — H. Omont, dans Bulletin de la Société de l'Histoire de Paris, 1882, p. 119-120. — Roget de Belloguet, Origines dijonnaises dégagées des fables et des erreurs qui les ont enveloppées jusqu'à ce jour, suivies d'une dissertation particulière sur les actes et la mission de saint Bénigne, l'apôtre de Dijon, in-8», Dijon, 1851. — Tillemont, Mém. pour servir à l'hisl. eeclés.. 1695, t. m, p. 38-43, 603-609. — E. Vacandard, Une histoire de l'église Saint-Benigne de Dijon, dans Revue des Questions historiques, 1902, t. lxxi, p. 595-

H. Leclercq.

DIMANCHE. — I. Les noms : 1. Le premier jour de la semaine; 2. Le jour « seigneurial «; 3. Le jour du soleil; 1. Le huitième jour; 5. Le jour de la résurrection. II. Les origines. III. Dimanche et culte du soleil.

IV. Caractère essentiellement cultuel du dimanche chrétien : 1. Dimanche et sabbat; 2. Chômage et culte.

V. Coutumes anciennes. VI. Particularités liturgiques. VII. Les « bénédictions » du dimanche. VIII. Bibliographie.

I. Les noms. — 1. Z.e premier jour de la semaine. — Issue du judaïsme, la primitive Église conserva tout d'abord entièrement les désignations des jours de la semaine employées par les juifs. A l'exception du sabbat, le septième jour, ceux-ci se bornaient à numéroter les autres jours, de un à six'; le lendemain du sabbat s'appelait donc " le premier jour de la semaine ^. C'est ainsi que les quatre évangéUstes s'accordent ù désigner le jour de la résurrection du Christ '. Écrivant

Introd. (o the old test, in Greek, Cambridge, 1902, p. 250-251. Il s'agit évidemment de jours assignés par la liturgie juive au chant de ces psaumes (cf. Ps. xcii, heb. xci : Sept, et Vulg., au titre : in die sabbati). Ces données, du reste, concordent avec celles de la Jlischna (Traité Tamiri, vu, fin) indiquant le psaume que les lévites ont k chanter chaque jour de la semaine, après l'holocauste. Cf. E. Schûrer, Die siebentàgige Woclw ini Gchrauchc der cliristlichen Kirche der crsien Jahr- Inmderte, dans ZeilschriH fiir die ncideslawenlliche W'issenscliall, Giesscn, 1905, 6' année, p. 2 et 3. — ' Malt., xxviii, 1 ; Jlarc, XVI. 2, 9; Luc, xxiv, 1; Jean, xx, 1, 19. Soit : uia ITiov) fjxijôi-.tùv, sauf Marc, xvi, 9 : TipioTr, aaêoiTO-j. Le nom du septième jour (oioëa-rov ouaaêêaTa, pi.), en grec

DIMANCHE

d'Éphèse aux Corinthiens, saint Paul se sert de la même expression ' pour indiquer le jour où doivent se faire les collectes partielles dont il apportera le montant aux fidèles de Jénisalem. Quelques années plus tard, saint Luc, dans ses Actes -, détermine par la mOme formule le jour de la réunion de Troas, au cours de laquelle saint Paul rompit le pain et prit la parole. Cette désignation juive, dont le Nouveau Testament ne fournit pas d'autres mentions, devait bientôt tomber en désuétude, supplantée qu'elle fut par le titre chrétien de « jour du Seigneur • '. Néanmoins les Églises de langue syriaque l'ont retenue, dès la plus haute antiquité ', à l'exclusion de toute autre '. L'Église latine et l'Église grecque continuent de leur côté à s'inspirer du judaïsme pour dénommer les autres jours de la semaine '.

2. Le jour seigneurial. — L'expression qui a prévalu dans l'usage ecclésiastique pour désigner le premier jour de la semaine se rencontre pour la première fois, et une fois seulement dans le Nouveau Testament (Apocalypse) : <i Moi, Jean votre frère et compagnon dans la tribulation, la royauté et la persévérf^nce en Jésus, j'étais dans l'île appelée Patmos, à cause de la parole de Dieu et du témoignage de Jésus. Je fus ravi en esprit au jour seigneurial (Iv tt] ■/.■jp'.azr; f.aÉpa), et j'entendis derrière moi une voix forte comme le son d'une trompette, disant : ce que tu vois, écris-le dans un livre et envoie-le aux sept Églises '... » Quel est ce « jour seigneurial » ? L'adjectif zj,o'.a/.oç inconnu des Septante appartient, ainsi que l'a montré Deissmann, à la langue hellénistique comnmne ••. Il était courant au i'^' et au W siècles après Jésus-Christ, en Egypte et en Asie- Mineure, comme synon\ me d' « impérial », dans les documents ofTiciels '. Le préfet juif d'Egypte Tiberius Julius Alexandre s'en sert deux fois dans un édit de

comme en hébreu, sert à désigner la semaine; il en est, en cfTet, le jour principal et aussi conuiie le pivot : à ce dernier point de vue, il est loisible de traduire : • Le premier, le second jour... après le sabbat. - Sur ces difTérentes manières de parler, voir : Euscbe, ad i\farmiim, ii, 1, P. G., t. XXII, col. 941; Épiplî.nnc, Hœr., Lxx, 12, P. G., t. XLii, col. 364: Sozomcne, Hist., i, 8, P. G., t. lxvii, col. 881 : t,v (T,piipav) ' ESpaïoi 7:pùJTT,v tt,; iêôoiiiôo; àvoiiâ^ovtriv : S. Jérôme, Epist., cxx, 4, ad Hedibiam, P. /-., t. xxii, col. 987 : 6'iia sabbali dies dominica inlelligcnda rsl, quia omnis hebdomada in sahbatuw, cl in iirimam et sccundam... cl sextani sabbali dividitur; S. Augustin, £nor. in Ps. I.XXX, 2, P. Z.., t. xxxvii, col. 1034; in Ps. M 111,3, P. i,., i6id., col. 1192: Ps. .\ug., Serm., cxxx, 4, P. I.., t. xxxi.x, col. 2004; Ilésychius, dans S. Grégoire de Nysse, P. G., t. xlvi, col. 632 (1. 4, lire Ô£ov au lieu de Zi). Cf. P. G., t. xciii, col. 1451. — 'I Cor., XVI, 2 : y.a-à p.;av (raêSixo-j. — - .\c. xx, 7 : iv ôè |j.iâ Twv iraêêâTwv, — 'S. Justin ne fait usage de cette expression ((lia tûv uaSSitwv). dans son dialogue avec Tryphon, XLI, 4, que parce qu'il s'adresse aux juifs. Cf. Apolog., LXVII, 3. 7. ^ « 'Voir Bardcsajic (154-222), Je livre des lois des /ici/s.od.NV. Curcton : .Sinrileijiunisyriacuni, in-4°, London, 1 855, p. 20, 1. 6 et 7 du texte syriaque (p. 32 de la traduction) : Et au jour qui est le premic:- de la semaine nous Mes chrétiens) nous réunissons. • — La version philoxèniennc de l'Aporalyiise, éditée par J. Gwynn ( '1 lie .Ipuca/yp.'ic o/ SI. John, in a Syriac version liilltcrlo unlnoirn, Dublin, 1 897) traduit de la mime manière iv -f, x-jpiaxï) f.iiÉp ï de Aiioc, i, 1 o. Cette version en effet est idiomatique. Mais noter avec Gwvnn que la version commune et grécisante du ms. inédit du Bristish Muséum (I!. M. add. J71-'7. écrit vers 1088), à côté de la traduction littérale du grec, porte en marge, comme glose explicative, le terme syriaque courant (o/». cil., reconstitution du texte grec, p. 2. Cf. 2' piirlie, p. 40). — >Cf. n. Payne Smilb, Tliesaiinis syriacns, t. II, in-4". Oxford, 1901, col. 2210-2211 et 4048. Voir aussi dans le livre des gouverneurs de Tliomas de Marga (éd. E. .\. W. Budgc, in-S", London, 1893, t. i, p. 4, 41, 38"!) un nom de moine (narliad-beSabbû) qui signifie : flls du premier (jour) de la semaine. — Pour l'usage moderne cf. OlJlciuni jerinle juxla rilum Ecclesirr syrorum maronitarum, Beryti, 19U2, II. 1, etc. — ■ Dimanche >, en arabe, s'exprime d'une manière

l'an 68, qu'une inscription provenant du temple d'El- Khargêh, dans la Grande Oasis, nous a conservé'". 11 s'apphque là aux « finances » (1. 13 : Taîç zjp'.a/.aî; ■irjço'.;) et au « trésor « (1. 18 : tov /.-jpiazov Xoyov) de l'empereur. Dans le Nouveau Testament, cet adjectif ne se rencontre qu'une fois en dehors du passage cité de l'Apocalypse : dans I Cor. xi, 20, où il sert à désigner le repas eucharistique : zjp'.azov Oct-vov, le repas seigneurial ». Dans ce dernier cas /.jçiazo; s'applique certainement à Jésus-Christ. Or l'on sait que dans le Nouveau Testament Kùp'.o; est un des titres habituels de Jésus ". En fait, il lui est donné plusieurs fois dans l'Apocalypse '% tout en y demeurant ailleurs le simple équivalent de ^-^-oz ". Cependant, d'après quelques commentateurs, f, zjpa/f, 'r,\xir.7. de Apoc. I, 10, ne représenterait qu'une variante de f| 7;;j.£pa toj Kupioû, c'est-à-dire de l'expression de l'Ancien Testament qui a été ainsi traduite par les Septante et qui désigne le jour du jugement ". La formule de l'Apocalypse ne s'appliquerait donc pas nécessairement au Christ, et Jean aurait pu vouloir dire que sa vision le transporta au dernier jour du monde. Mais il reste à savoir si l'auteur de l'Apocalypse, qui cite si souvent l'Ancien Tertament, n'a pas voulu précisément, par l'emploi de /.jpia/.o'ç, éviter cette expression avec le sens qu'elle entraîne. D';iil- Icurs attribuer ici au Christ le rôle de Juge suprême, c'est introduire une pensée étrangère au contexte, car. dit fort bien H. B. S^vete. » celui qui est révélé n'est pas le Christ dans son avènement, mais le Christ avec l'ÉgUse sur la terre ■> '^ Aussi cette interprétation estclle généralement abandonnée ". Hort, qui est un des derniers à la favoriser, ne le fait qu'au prix de bien des nuances et non pas sans réserve ". A l'idée de jugement qui serait impliquée dans l'expression • au jour

analogue lAl'Aliad : le premier). Cf. E. W. Lanc, .'Iradic- Lnglisli Icxicon, in-4», London, 1863, t. i, 1, p. 28: de mfme en éthiopien classique, où l'adjectif 'élmd, dérivé de la racine 'InJ qui contient l'idée d'unité, signifie : feria prima ou prima sabbali. <.\insi est traduit Apoc. i, 10.) Il arrive d'ailleurs qu'on exprime le mot sabbat : 'éhùd siinbàt ou snnbàtà 'rhûd. On trouve quelquefois sônbàtâ kresty/in sabbat des chrétiens >, ou simplement sùnbàt (pii, de soi, désigne le samedi ou sabbat juif. Afais ces dernières expressions sont rares. Cf. C. 1-. A. Dillinann, Lc.ricon linguiv, irlMopicBJ, in-4», Leipzig, 1865, c. 723 et 369-370. — • i-crio secunda, terlia..., sabbalum. — As-jTipa, -çti-r^..., —apacxeur,, aàfjêcn-.'yj. — ' Apoc. I, 9-11. Vulg. (v 10) : l-'ni in spirilu in Dominica die. — 'G. A. Deissmann, Sriic nibeisludien, in-8», Marburg, 1S97, p. 44 sq., ou ISible .Sludics, 2» éd., in-S», Edinburgh, 1903, p. 217 sq.; l.ichl mn Oslen. in-S", Tûbingcn, 190S, i>. 258 sq., et trad. anglaise sur la 2' éd. (1909) : IJghl Irom Ihe ancient Easl, in-S», London, l'.HO, p. 361-366. A défaut de l'original, nous citons, dans la suite, cette traduction revue par l'auteur. — • Deissmann, i'l>i(/. — Voir aussi : /Egyplisclic Url<unden aus dem l<ôniglielten J\7i/.sc»;m ru Berlin, in-8», Berlin, 18tt5, n. 1, inscript de 266 ap. J.- C, et Corp. inscr. gra-c, m, 2846, 3470, 3919, 3953. — '" W. Dittcnberger, Orienlis gra-ci inscripliones selecUv. in-8», Leipzig, 1903 et 1905, n. 669; Corp. iii.sc. gr'-rr.,n. 4957 ". — " Cf. J. Lebreton, Les origines du dngmc de la 'l'rinilé, in-8°, Paris, 1910, p. 272 sq. — " Apoc. xi, 8; XVII, 1 1 (L'Agneau est ■ le Seigneur des seigneurs et le Boi des rois ■ ; xix, 16 (id).; xxii, 20 (■ Seigneur Jésus >), 21 (id). Dans vi, 14, le titre de xjpio; est donné ù un des vieillards. — ■• I, 8; IV, 8, 11 ; XI, 4, 15, 17; xiv, 13; xv. 3, 4; XVI, 7< .xviii, 8; XIX, 6; xxi, 22; xxii. 5. — " Voir, par exemple, Joël, m, 2, reproduit dans Act. ii, 20. Comp. Apoc. XVI, 14. — '• M. B. Swcte, Ï7ic Apocalypse o/ .SI. .Jnlm, in-8", London, 190t), p. 13. — '• En dehors des commentateurs catholiques, et de Swete, op. cit.; \'oir W. îîoussct. Die Oljenhurung Jo/ioimi.v,G<ittingcn, 1896, p. 221. Deissmann, cependant, regarde cette inlerpictalion eoiunic seulement probable :Li'g/i(... p. 361. Gwalkin (H. >«.). LorlyChurclihiitory, in-8', London, 1909, t. i, p. 260, récarlesousTinlluence de Hort. — " I". .1. A. IlorI, 7/ic Ai>ocnhjpse o/ St. .Iiihn, i-iii, in-S", London, 1908 (œuvre posthume), p. 11-16.

8til

DlMyVNCME

du Seiyiieur », il demande qu'on ajoulc, comme aussi essentielle, celle de révélation, car, pensc-t-il, si le jugement du inonde et la révélation de Jésus-Christ font tout le sujet du livre de l'Apocalypse, la révélation du Christ en est pourtant l'objet premier et le thème initial. Traduire /.jo'.azVj f,;x£,oa par « dimanche ■ convient mieux, dit-il, à la forme de la phrase, surtout par comparaison avec iv, 2; mais l'autre traduction s'adapte mieux au contexte. Et s'il y a un motif à situer le fait à Patmos, il n'y en a pas ;i préciser le jour où il eut lieu. Au contraiiC, « le jour du Seigneur» au sens de jour du jugement fournit la clef du livre. « Aussi, conclut Hort, je préfère celte interprétation, bien qu'avec quelque doute.» Le célèbre critique a tort, croyons-nous, de se défier ici de l'influence du sens technique que l'ancienne Église a donné à zjpiazr) 7)(i£pa. Pourquoi, en ell'et, ce sens n'aurait-il pu être déjà consacré à l'époque où fut composée l'Apocalypse — celle-ci fut-elle du temps de Néron comme le croit Hort ? Le fait que saint Paul et saint Luc écrivent : « le premier jour de la semaine » n'est pas une raison suffisante pour le contester, d'autant que l'apôtre en parlant du /.joiazov oiîr.'/o'/ nous montre que l'adjectif x.jpia/.o'ç appliqué au Christ était en voie de devenir courant. Saint Paul, du reste, comme on l'a vu, empruntait ce mot à la langue commune; il ne le créait point. Si Hort avait connu co fait, il eût, pour le moins, accentué sa réserve. On sait, d'autre part, par plusieurs monuments (ostraka, inscriptions) de la langue commune, datés des i<'' et ii" siècles ap. J.-C, que l'on donnait, en Egypte et en Asie-Mineure, le nom de ïîoas-rj à un jour du mois, — le premier jour sans doute ', — qui était celui du paiement de l'impôt ". SsâaaTo;, « Auguste », étant depuis Octave le titre de l'empereur, le jour ainsi nommé devenait par conséquent « le jour de l'empereur ». On n'en doutera pas en lisant la fin de ce reçu sur ostrakon publié en entier par Dcissmann '. C'est un ostrakon de Thèbes, de l'an 33 de l'ère chrétienne :

L K TiSsoiou Kai'îaoo;

SîSacTTÎt. n£TîaE(vo)CS[ç) nix{ù)TOç).

« En l'an 20 de Tibère César Auguste, le mois d'août '', le jour auguste. Petemenophis fds de Picos. »

Dans uncinscrii)tion de Pergame du règne d'Hadrien, l'expression SsôaaTfj est supposée si connue qu'elle est écrite trois fois en abrégé : i):? (2 fois) et i:o =. Il s'agit, aux trois endroits où se trouve cette abréviation, de paiements que deux hymnodcs du culte impérial doivent faire en ce jour. 'Hiôd'j-fi est encore une date de paiement dans une inscription d'Iasos publiée par Th. Rcinach °; et tous les ostraka qui portent cette date sont des quittances. Était-ce donc un jour ofiiciel d'échéance dans l'orient méditerranéen'? Deissmann, qui pose la question, évoque aussitôt les collectes du premier jour de la semaine que saint Paul recommande

■ Cf. G. Kaibel (d'ap.Boeckli), Inscripliones Onccx, Sicilic, cl Italiae, in-!o\., Berlin, ISilo, n. 701, p. 188; Deissmann. Bible Sludies, p. 21S-219; I.ishttoot, AposloUc Fathers. part. II, vol. I, p. 695 sq., est indécis sur ce point. lOans Lighl Iront thc ancient East. p. 363, Deissmann s'abstient de trancher la question : d'après V. Chapot, I.a prunince romaine pro~ consulaire d'Asie, Paris, 1904, p. 391, i^ErvauTr, désigne le premier jour du mois t{uanrl il n est pas joint ù un chiffre; le chilTrc niarnue une date moljile relative au souverain régnant, mais actuellement impossible îi préciser. — - Deissmann, Light. [>. 365-366. — " Ibid. p. 364. — ' Scbastos = Augnstu-^. Le mois de Sebastos est !e mois égyptien cie Thoth (29 août-27 septembre). — 'M. Frânkel. Die Inschrillen von Pcrgamon, Berlin, 1890, n. 371, B, 1. 4 et S; D, 1. 10 (i^eS). I"ac-similé dans Deissmann, op. cil., en regard

aux chrétiens de Galalie et de Corinlhe (I Cor. xvi, 1, 2). Mais l'induction est forcée, car le DîoasTr, f,>jL£oa proprement dit ne se présentait qu'une fois par mois, de même que le <' jour du roi . du calendrier égyptien de l'époque des Ptolémées, dont Deissmann a pensé aussi pouvoir faire état pour expliquer l'origine, du dimanche •. Reconnaissons du moins qu'il existe une analogie frappante entre le mot zjf.'.azr|, que nous allons voir bientôt employé substantivement pour désigner un jour délerndné, et le i^JÔaiTr; des inscriptions et des ostraka des deux premiers siècles de notre ère. Saint Jean qui écrit à la fin du i" siècle, et en Asie- Mineure, a pu dater sa vision d'une façon similaire. Ajoutons enfin, contre Hort, que dans le contexte de .\poc. I, 10, ce qui mérite le plus d'être pris en considération c'est la vision de Patmos elle-même, introduite par ce verset. Or, dans cette vision, le Fils de l'homme apparaît au prophète avec un visage resplendissant comme le soleil (f. IC); puis, pour le rassurer, il lui déclare l'empire souverain qu'il a sur la mort : <- Ne crains pas; je suis le premier et le dernier et le vivant; j'étais mort, et voici que je vis aux siècles des siècles, et j'ai les clefs de la mort et de l'Hadès » {f. 17 et 18). C'est une allusion claire ;i la résurrection du Christ, à cette résurrection que les quatre cvangéhstes placent au premier jour de la semaine, et saint Jean avec plus d'insistance que les trois autres. Avouons cependant que sans le sens précis donné par la tradition à f, zj- P'.a/.f| Ti;j.Épa, il serait difTicile de prouver que cette expression, dans Apoc. i, 10, désigne bien le premier jour de la semaine.

Le plus ancien écrit où l'on trouve faite directement l'identification du «jour seigneurial» et du premier jour de la semaine est l'Evangile de Pierre (c. 150). On admet (jue l'auteur de cet apocryphe a utilisé nos quatre évangiles canoniques '. Or il est clair que dans les deux passages où il emploie le terme zjp'.azr| pour designer le jour de la résurrection du Christ il sul stitue ce mot à l'expression des cvangéhstes : « Le premier jour de la semaine », qui eût été moins claire ou moins frappante pour les chrétiens de la région d'Antioche auxquels l'évangile est destiné. T^ Se vuzti r\ j;;£Ç(oaz£v f, zjfiazT) (n. 35), rappelle Matt. xxvm, 1 (voir aussi Luc, XXIII, 54) ; de même que : "OpOpou oÈ Trjç zupiazfj; (n. 50), rappelle Luc, xxiv, 1 (cf. Marc, xvi, 2; Jean, xx, 1). L'identification est évidente. Le jour du Seigneur est le jour de sa résurrection, le premier jour de la semaine; et cela est si clair qu'il ne sera plus même nécessaire dans la désignation chrétienne, d'exprimer le mot « jour » (f,;j:£pa) : f, zjpiazrj, pris substantivcmcnl. sullira pour se faire comprendre ".

De l'avis des meilleurs interprètes (Zahn, Lightfool. Funk), on trouve une attestation du même usa,s;c, à une date sensiblement plus ancienne (c. 110), dans l'épître de saint Ignace d'Antioche aux Magnésiens (cb. ix). Nous citons la traduction du passage en question, à cause de ses difTicultés d'interprétation, d'après l'anciemie version latine des épitres '". Cette version du

tle lu p. 365. — * I^ettiie des éludes grecques, IS'.':;. t. \ i. p. 159, lig. 25. — ' Enegclopivdia biblica, t. lit, 1902, col. 2S15-2S16. D'après une inscription de Ptolémaïs en Hgypte (Bulletin de correspondance hellénique, 1897, t. xxi, p. 187, 193, le 25 de chaque mois, sous Ptolèmée l^vorgèle, était appelé " le jour du roi », parce que Ptolcméc succéda îI son père le 25 de Dios. Notons que le mois macédonien de Dios correspond au mois égyptien de Thoth, appelé Sebastos à l'époque impériale. — ' Cf. O. Bardenliewer, Geschichle dcr aÛkirchliehcn Litcralur, t. i, 2'' éd., 1913, p. 526. — • Cf. A. Harnack, Bruelistûcke des Erangeliun\s und dcr ApoUahjpse des Petrus, in-S**, Leipzig, 1893, p. 67. — '" Hcproduite dans I.iglitfoot, TUe Apostolic Falhers, Part. II, vol. n, soct. 2, in-S", London, 18,S5, p. 589 sq.

DIMANCHE

xiii' siècle, représente un texte grec perdu du meilleur type. Si igitar in velcribus rébus conversati in novitalem spei vencrunt, non aniplius sabbatizantes, sed secunduni dominicam inventes, in qua et vita nostra orta est per ipsum et mortem ipsius, quod quidam negnnl (... 'xr^yJ-: îaôSocTtÇovTë;, àXXà xaTa /fjp'.ay.Tjv Çùjvteç, Iv T, zaï 7] rtoTj fjaiôv àv£T£'.Àsv Oi' aÙTOu /.aï toj OavaTou aÙTOu, 0 T'.vî; àsvrjuvTi'.) ; per quod nvjslerium (o;' ou [j.-j3TTip;oj) accepimus crcderc, et proptcr hoc sustinemus, ut inveniamur discipuli Jcsu Cbristi, solius doctoris nostri: quoniodo nos poterimus vivere sine ipso 1 Quelques lignes plus loin, au chapitre suivant, l'évèque d'Antioche poursuivant la même idée, ajoute : Discipuli dus effecti discamus secundum Chrislianismum vivere ([iâôojasv zatà Xp'.aTiavi3[j.(iv Çtjv)... Inconveniens^ est Jesum Christum profari, et Judaizare '. Ainsi sainti Ignace, combattant le judéo-christianisme chez les Magnésiens, paraît vouloir dire : si les juifs convertis ont cessé d'observer le sabbat, s'ils ont. au contraire, conformé leur vie aux enseignements du jour de la résurrection du Seigneur, résurrection qui est le principe de la nôtre, comment, nous, païens convertis, pourrons-nous vivre en chrétiens et mériter ce titre si nous pactisons avec le judaïsme ? — .\ vrai dire, le manuscrit grec unique de l'épitre authentique, le l.aurcntianus, a iÇior]'/ après zupiazrjv •. Mais cette leçon propre, inconnue de la version latine, de la version arménienne, de l'édition interpolée de l'épitre, n'est sans doute pas originale; Lightfoot la rejette catégoriquement en raison des autorités textuelles qui viennent d'être indiquées, et aussi à cause du contexte (âv r-, etc.). Néanmoins, comme mot sous-entendu, r<or|V est rendu possible, par les deux membres de phrase voisins : sJ)5a'. ■/wolç xùxo'j (ix, 2) et xità yf.iaT'.av.<j|jLOv Ç^v (x, 1). Il faudra comprendre alors simplement que les juifs convertis ont conformé leur vie à celle du Sauveur ressuscité; mais on ne sera pas empêché pour autant de voir dans le mot zjp'.azr//, en tant qu'il est rapproché de aiSSaTi'ïovTi;, une allusion au dimanche. Nous croyons qu'il faut s'en tenir tout le moins à cette dernière interprétation.

La Didaché (au plus tard vers l'année 90) se sert aussi du ternie zjo.azr; pris substantivement, mais avec l'addition anormale et pléonastique du mot zjç.:oj Did. XIV, 1 : KaTa zjp'.azf,v &= x-jy.o-j ajvï/OivTc; zXisaT: aoTov zal Ej/ap'.aTrJaatê. « Mais au jour seigneurial du Seigneur vous étant réunis, rompez le pain et rendez grâces. » Le pléonasme peut n'exister que pour l'eurythmie; il peut être aussi une explication ou une précision : le dimanche, qui est le jour qui appartient spécialement au Seigneur, offrez le sacrilice du Seigneur. C'est en etiet le Seigneur lui-même, est-il fait remarquer tout aussitôt, qui a prédit par son prophète que ce sacrifice pur serait offert en to Jt lieu {ibid. 3). « Ainsi donc, conclut l'auteur (xv, 1), élisez-vous des évoques et des

'Lighifoot, op. cit., p. filfi. — ' Lighttool, o/i. cil., scct. 1, p. 12'.*. — ' Hist. ecclcs., I. IV, c. xxvi, n. 2. — * Tlte Apocaliipse..., p. 13. — ' Ilisl. eccles., 1. IV, c. xxiii n. 11. — ' Stronmles, 1. V, o. xiv, P. G., t. i.x, col. 161 (TrjV te x-jpt»- XT|V r,[iÉ?av); liirf., 1. VII,c. xii, P. G., iftii/., col. .504(K\)pia- XTiv èztîvTiv Trjv T,[X£pav TTOiet). Ed. O. Stillilin, Clemens Alexandrimis,t. ii, in-8°, Leipzig, 1906, p. 397, 1. 8; t. m, 1009, p. 54, 1. 18-19. — ' Contra Celsiim, I. VIII, n. 22. P. G., t. .\i, coj. 1549; Ed. P. Kcctschau, Urigenes Werl;r, t. ii, in-S", I.eip/ig, 1809, p. 230, 1. 10. Cf. 1. 12-13. Cepcnd«iit voir In /î.rodum, lioni. VII, ii. ^ où Von tnnivc côte à côl',- Dnntinica et (lies Dominiea. P. G., t. mi, col. 34.V316; et In Isalam, liom. v, n. 2, /•. G., t. xiii, col. 236 {in Dominiea die), — " Statue d'IIippolyle au nuiséc du Latran : c6lé droit, lig.6 et côté gauche, lig. 3. Voir OiVIionn., art. llii-po- LVTK.Cf. P. G.,t. X, col. 875-884; O. Marucchi, A/onii;iifii/i del Miisen crisliano, Pio-I.aternnrnxe, Romn, 1911, pi. xi.i. — • Can. 1,5, P. G., t. xviii, col. 508. — "Const. apost., éd. F. X. Funk, in-8», 1. 1, Padcrboni, 1905, 1. II, c. xi.vii, ii. 1 ;

diacres dignes du Seigneur (à;;o'j; toS zup'ou). » La conjOKction oûv et le rappel du mot zjpio; indiquent que ces évèques et ces diacres sont élus avant tout pour le ministère liturgique qui vient d'être décrit.

Au témoignage d'Eusèbe ', Méliton, évêque de Sardes dans la seconde moitié du ii'" siècle, écrivit plusieurs ouvrages maintenant perdus, parmi lesquels un traité Sur le dimanche (IIsp; zjpiazf,; Âofo;). La disparition totale de ce traité est irréparable.

Tous les témoins du terme zupiazrj qui viennent d'être cités proviennent d'Asie-Mineure ou de Syrie; il n'est donc pas improbable, comme le fait remarquer Swete ', que ce vocable ait pris naissance dans les milieux asiatiques. Il dut se répandre assez vite en dehors de ceux-ci.

A peu près à la même époque que MéUton, Dcnys, évêque de Corinthe, répondant à une lettre du pape Soter, dit à celui-ci, dans un passage de sa lettre conservé par Eusèbe "^ : « Aujourd'hui nous avons donc célébré le saint jour dominical (tv' cjr|;j.-pov ouv z-jpiazTjv àyiav f,;j.£pav O'.ri-^ifO'xi-i). pendant lequel (âv rj) nous avons lu votre lettre. » Il faut noter l'adjonction de fi^ipa. On retrouve la même manière de parler chez Clément d'.Mcxandrie ' et chez Origène '. M.iis Hippolyte de Rome et Pierre d'Alexandrie emploient sans adjonction l'adjectif zupiazr;, pris substantivement. Dans le canon pascal du premier, vers '2'24, on trouve KYPIAKH et Al KYPIAKAI TOY RACXA *: le second, écrit en 306 : Tr,v rap zjp izf|V, yapiJ.oa'Jvr,; r.aîpav âf'JiJ-^'' ; " Nous faisons du dimanche un jour d allégresse °. » De même au concile de Nicée (canon 20). et généralement dans les Constitutions apostoliques '". Après un temps où l'on crut utile d'exprimer le substantif, le vocable abrégé des Asiates a fini par triompher d'une façon presque générale, du moins dans l'usage proprement ecclésiastique ou oITiciel ".

Au contraire, dans les inscriptions funéraires, documents de caractère privé, i^^i-içi semble avoir été le plus souvent exprimé. C'est du moins ce que l'on constate dans quelques inscriptions de Sicile. La i)lus remarquable est une inscription de Syracuse ", celle de Cyriaca, saisie par la maladie un di)nanche, le jour que rappelle son nom (Kjp'izrî), et délivrée de la vie également le dimanche :

HMêPA- KYPIAKHA€C1V1€Y0€ICA ■ AAYTOIC ■ KAMA-

TOIC- eni ■ KOITHC

HCKAITOYNOM A- KYPIAKH • H Me PA- KYPIAKH • nAN-

TOC • BIOY ■ AYCIN

€CX€ ■ THN ■ HTHCE-nPO • nPQTHC- KAAANAON •

[MAinN ■ )^

' 1 lu-Épa z-jp-.az^ 3-5jj.:-jO£Îa« àX-JTO'.; zaïiiTOi; £-■. zoiTriç,|| tJ; zai Toj'voaa KupiizrJ, f,ij.;pa zjp'axîj nav-o; pîoa XJT.-i II ïiy;, TT]'/ 7;Tr|3i, -po TipoiTr,; za).av8ù)v Maiwv.

c. i.ix, n. 3; 1. III, c. VI. n. 5; 1. V, c. xvii. n. 3; c. xix, n. 3, 0; c. XX. n. 2. 4, 19; I. VIT, c. xxiii, n. 3; c. xxx, n. 1; c. xxxvi.n. 2, 6;I. VIII, c. xxxiii,'n. 2. — Exceptions ; I. V, c. X, n. 1; l.VIII, c. iv, n. 3: c. XLVii, n. 64. Cf. Sacramciitaire de Sérapion i, titre : L'>/t, 7tpi.'>Tr| y.-jpiaxf|;. — " II est dinicile de savoir si le fragment de saint Irénéc cité par le pseudo-Justin représente la^leneur du texte de ri'>vëquc de l.yon. On y lit i'.t/; r,|j.Epâ Tf,; x-jpiixr,;. P. G., t. vu, c. 1233. ; rag. vu ; Eiisébe'écrit : xuptaxaî; T||ji£pai;, Ilisl. ccclAi., I.III, c. xxvii,n. 5; Tf,; xupiaxf,; T,|X£pa. ibid., I. V, c. xxiii, n. 2; c. XXIV, n. 1 1 ; mais dans son coniiiientoirc sur le Ps. xri : jv -f, xupcaxr,. P. G.,t.xxm,col.ll72. Cf. il)irf.,col. 1160;surlr Ps. xci, 4,' ibid., col. 1 172 : xa:à tV' x'jptaxT,v r,|j,épav. Sailli lïpiphano emploie indifTéremmcnt les deux lormules dans //ht. i.xx, II. /'. G., t. xi.li, col. 361, cf. 305.— "C.. Kalhcl. fnvcn/ilirmcN Gra-cir. Sicilia- cl //.i/i.c. in-fol., Hcrllii. 1800. n. 140; KirchholT, Corpus inscripl. grrc, t. iv, n. 0452. Peut-être faut-il lire i\ la 3' ligne 1 1 l'O.V ^ r.fh |itâ; (Kalbel).

DIMANCHE

« Le dimanche saisie sur sa couclic de soulTrauces inguérissables, elle qui avait pour nom Cyriaca reçut, le dimanche, la déhvrance de la vie, qu'elle demanda la veille des calendes de mai '. '

Le dimanche était peut-être mentionné sous la même forme dans l'inscription suivante de Catane ^ :

+ EN0AAEKI

CACETHZ

THTflGKAA

KENBPICON 5 KH 1^ +

Kirchhofi la restitue ainsi : 'EvOiô; ■/.■.[zi ...ïr|]3i; ËTr, Ç'... (T£À£jTi] T?; -p(o)0' zaÀ[av6tôv A£]/.£v6p:<ov[f|jjL£0ï

Et sous la forme r.iiî'pa K-jo-ou, dans cette autre, aussi de Catane ' :

AMEMnOI AKTEAEYTA -f, "M...

NONQNXE— éuiîpiwv l^,;JL£p? ?1 * KYPIOY

Une dernière inscription de Catane ', pour la tombe d'un enfant de dix mois, combine curieusement le vocable du dimanche dont nous parlerons plus loin, f,;jLJsi 'lI/.-oj, avec le vocable qui nous occupe. Nous donnons simplement la transcription de ses quatre dernières lignes : ÈYSvrJÔT, ô zàp;; 'X-^Mwj no(o) u | xaXavotBv Nosv6p;ojv T|,iispi Kpo(vou), ( îZri U7,(va;) •.', ir.iflavt j:ç(Ô) t' /.aXavûôiv 'ili--f/Zç,{iw) 'r,ii.ioi ' H'/.i'jj ■/.■jç,:'x{y.f,). "AyiOt) £!pr|vr| -Î5t. « Il naquit, ô Seigneur des bons, le treizième jour avant les calendes de novembre, le jour de Saturne; il vécut dix mois; il mourut le dixième jour avant les calendes de septembre, le jour seigneurial du soleil. Paix excellente à tous. » A noter que Kp'Jvoj est écrit par abréviation KPO et que /.jp'.azi;, abrégé en KYPIA a été transcrit KIPIA par l'orreniuzza qui a pubUé le premier cette inscription *.

.\ucune de ces inscriptions ne peut être datée avec certitude. En voici, au contraire, une autre plus ancienne, qui porte sa date, mais qui, par suite de difF.cullés de lecture, est très contestée comme témoignage relatif au dimanche. Lue au xvi« siècle derrière l'autel de l'église de Saint-Paulin de Trêves, cette inscription est aujourd'hui disparue. Nous la publions d'après les éditions de Edm. Le Blant ', F. X. Kraus • et G. Kaibel':

EN-OA,- KEITEEYCEBIA- EN • EIP INI • OYCA • lEPOOKMITI • AHO • K QMHC • AAAANDN ■ ZHCAC MIKPO • nPOC ETQN ■ I ■ EYIYHAT ô lA-ONfiPlOYO H • KAI • KOCTiOWI NOYTO ■ A- MHNI nANHMOY Ib-HMEPA Kl BENEIPINH " EvOa xv.-zi E'JasSt'a âv sip- || t'v. outia 'Isfoxcoui- (;) àr.i'o X- Il (ûar,: 'AoSivwv, urlai5(3[) || ijL'.zpo(v) -poi i'(â> '..

■ Le nom propre de K^piazii; (Cyriaque), ou Kjpiaxr, (Cyriaca), signiTie proprement : qui appartient au Seigneur. Il n'implique pas nécessairement que celui ou celle qui le porte est né le dimanche. De même pour les formes latines : Cgriacus, Cyriaca (— DominicuSy Dominica). Du moins n'avons-nous trouvé aucune indication de ce genre dans les Actes de saints ou de saintes de ce nom. — = Kirchhoff, op. cit., n. 9495; Kaibcl, op. cit., n. 557. — • Ivirchhod, n. 9499 ; Kaibel, n. 556. — ' Conjecture de Kaibcl, op. cit., p. 7G6. — ' Kirchhoff, dans Corpus inscript, grœc, t. IV, n. 9475; Kaibel, op. cil., n. 525. Diction, art. Catanf., t. Il, col. 2521. — • Castello di Torrcrauz/.a, .Sicilitv... inscriptiones, in-fol., Panormi, 1769, p. 278, n. 85. — ' Inscriptions chrétiennes de la Gaule antérieures au ^'l II-' siècle, t. I, n. 248, in-4», Paris, 1856, p. 353-357; cf. Nouveau recueil des inscriptions chrétiennes de la Gaule, in-4<', Paris,

DICT. d'aRCH. CHRËr.

j[v j]-»- Il t'a 'Ovwçi'oj [t]o r, z»t K j)îtojvt:'- || voj to i [jLr,vl IlavTÎ^jirju 11 '.j3 f,;ji£f.a /.: ;î h i'.y.'ir^.

L. 2, Ufozoj^iT'.ç, probablement l'ethnique de Hiérakomé ( ' hiazolur,) • — ville de Lydie qui prit le nom de 1 liérocésarêe après l'an 17 — d 'après une conjecture de C.avedoni '° et de Salomon Reinach ". — L. 3, zwar,; '.V'îoâvwv : peut-être Adana en Cilicie, à l'est de Tarse. — L. 4, Itûv i : Kraus, Kaibel; i-ôyi '.i : Le Blant. • — L. 7, y.:p = xjp'.azrj : Le Blant, Kraus; '.iJ-Épa Tf; fj' ; Kirchholî; T,u.Épï iv sip. : Koibel.

« Ici repose en paix Eusébia, d'une famille d'Hiérakomé. du bourg des Adaniens, qui vécut un peu au delà de dix années. Elle est morte sous le huitième consulat d'Honorius et sous le premier de Constantin, le douze du mois de panémos, le jour dominical, en paix. •

Kirchhorf traduit, avec la leçon conjecturale signalée ci-dessus : < le douzième jour du mois de panémos, le deuxième (jour de la semaine). » L'inscription est de 409 (Scaliger '-, Le Blant, Mommscn "); or, en cette année, dit Kirchhoff'*, le douzième jour de pancmos, c'est-à-dire de juillet, tombait un lundi. Mais il faudrait être assuré que l'auteur de l'inscription se servait du calendrier macédonien, dans lequel, en elîet, panémos correspond à notre mois de juillet, la place du mois de panémos variant de mai à septembre dans les divers calendriers asiatiques. Dans le calendrier de Lycie sur lequel s'appuie Edmond Le Blant, parce que cette contrée est la plus voisine du pays d'Eusébia (Adana), le mois de panémos correspond exactement au mois de septembre : or le 12 septembre de l'année 409 était un dimanche. Quoi qu'il en soit de cette question de chronologie, il reste que la lecture de Ed. Le Blant a, par elle-même, plus de probabilités. Ainsi que celui-ci le fait remarquer '% le mot HMEPA étant séparé du chiffre IB par le nom du mois, ne doit pas se rapporter à ce chiffre, mais bien à un nom de jour; or les cas d'inscriplions où HMEPA est suivi d'un nom de jour sont très nombreux. - Autorisé par ces exemples, dit Le Blant, et certain d'ailleurs que les trois lettres KIB ne présentent qu'une abréviation, puisqu'elles sont surmontées d'une barre transversale, je proposerai d'y voir les initiales du nom grec du dhiianche, et je lirai HMEPA KIPIAKH (pour KY- PIAKH), en substituant au B, tracé selon moi par erreur, le P grec, qu'il a été si facile de confondre avec lui. » Remarquons en outre que la conjecture de Kirchhoff ne tient pas compte de la graphie Kl avec son signe d'abréviation, si l'on admet, avec la plupart de ceux qui ont lu cette inscription, que ces deux lettres sont séparées par un intervalle du B suivant; elles pourraient à la rigueur suffire comme abréviation de Kjpiaz^.

Le vocable ecclésiastique du premier jour de la semaine s'introduisit de bonne heure dans le monde latin, sous la forme d'une traduction littérale, soit de

1892, p. 461. — • Die cliristlichen Inschri/ten der Bheinlande, t. I, p. 82-83, n. 163, in-4», Freiburg i. Br., 1890. — • Inscrip. Siciliee, etc. Appendix, Pars quarta, Inscriptiones Germanix, n. 2559, p. 674; KirchhofT, Corpus inscript. grac, n. 9891. — '• Cf. Le Blant, Soureau recueil..., loc. cit. Le Blant avait d'abord conjecturé : lEPOKOlMHTH, .^oncla quiescens. — " Revue archéologique, III' série, t. vi, Paris, 1885, p. 92, n. 2. Scaliger, De cmendatione tcrnporum, Genève, 1629, p. 516, est le premier à avoir conjecturé l-poziojifiT;; (Upoy.toaïTi;); Kirchhoff lit, et Kaibel ù sa suite : èv eiptvt, 1'j]'j[i]î[t]îp •■.i-M. ... La juxtaposition d'un nom de ^illc de Lydie et d'un nom de ville de Cilicie est, en eflet, assez difficile i\ expliquer auprès d'un niOnie nom de personne.— '- Loc. cit. — "Dans Kaibel, loc. cit. — ^* Corpus inscript, gra-c, n. 9891. — " Inscriptions chrétiennes, t. I, p. 355-35(>.

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