‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 4)Chapitre 2 sur 251 · D — DACIE · texte numérisé non relu

D — DACIE

D P(osi7us), Corp. inscr. lat., t. v, n. 305, 4844, 6193, G202, 6217, 6221, 6242, 6400, 7772; Bull, di arch. crisl., 1882, p. 67, 173; 1883, p. 142; 1884, p. 96.

DP(osUus). Corp. inscr. lai., t. m, n. 9647, 9648, 10234, 12860, 13891; DP(osi7io) 9579, 12860; Bull, (li arch. crist., 1871, p. 109; 1873, p. 32, 113.

DPS. Corp. inscr. lai., t. v, n. 5214, 5219, 6210.

DEP. Bull, di arch. crist., 1872, p. 142; 1873, p. 25, 30; 1875, p. 89, 99, 106, 107; Corp. inscr. lat., t. m, n. 9504, 9529, 9684, 13126.

DEPS. Bull, di arch. crist.. 1882, p. 165.

DEPST. Corp. inscr. lat., t. m, n. 9686.

DEPOS. Bull, di arch. crist., 1883, p. 143.

A = depositio. Corp. inscr. lat., t. m, n. 13131.

D = decessil. Bull, di arch. crist., 1886, p. 46.

Quelques emplois plus rares, par exemple :

& = dominicum. Bull, di arch. crist., 1882, p. 112.

DD = dederunt. Bull, di arch. crist., 1886, p. 140.

D = décembres. Corp. inscr. lat., 1. xii, n. 5336.

D = diaconus. Corp. inscr. lat., t. xii, n. 5336, 6034 d.

DM = dormit. Bull, di arch. crist., 1883, p. 145.

DE = decimo ('?). E. Huebner, Itiscript. christ. Hisp., n. 101.

DECM = decimum. ibid.. n. 143.

DDON = de donis. Bull.di arch. crist., 1867, p. 79. DE D(.o/iis). DEl. Corp. inscr. lat., t. viii, n. 603.

Quelques inscriptions ont fait usage du à en lui donnant sa valeur numérale : quatre K

H nOAAA ArPYnNOYCA NYN EYAEIC AMCPI-

IMNOC KAPTEPIA rAYKYTATH CIPHNH MCN ETCO COI

leNK ACKAHniOAOTOC CYMBIOÛC AC neKGAeTON

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ANTinOAACON CYSPreCICON MNHMHC XAPIN

[ETPAYA K AWIH *eBPAPia) nPOANONNCON

« Toi qui as tant veillé, tu dors maintenant, très douce Carteria. A toi la paix dans le Seigneur. Asclcpiodole qui a vécu quinze ans avec toi. J'ai écrit cette épilaphe en souvenir des liicnfaits nombreux. Elle mourut le quatre des nones de février. »

D'autres s'en servent comme d'une unité ^ :

SABBAJO IN PAGE AAAAAKK DECEWIBRIS

Sabbato in pace, quinlo kidendas deccmbris.

Quelques-uns réduisent le A à une dimension minuscule et n'en font plus qu'un signe de ponctuation. H. Leclercq.

DACIE. Sous le nom de Uacie on désignait à l'époque romaine une vaste région de l'Europe centrale, sur la rive gauche du Danube inférieur, dans la portion comprise à peu près entre le Temes et le Prutli; vers le nord, du côté des monts Carpatlies, clic n'avait pas de limites précises. Aujourd'liui le plateau de Transylvanie, la plaine de Valachic, une portion de la Hongrie et de la Moldavie, correspond à la Dacic ancienne. Des tribus belliqueuses occupaient ces contrées et à partir d'Auguste, à peu prés, tous les empereurs furent

obligés de réprimer et de refouler les Daces jusqu'au jour où Trajan résolut de planter les aigles romaines d'une manière définitive au nord du fleuve et dans la région des Carpatlies. La conquête achevée en 106, l'empereur constitua, entre 107 et 109, la province romaine de Dacic. Le pays fut proniptement colonisé, les mines exploitées depuis longtemps dans la légion montagneuse attirèrent de nombreux émigiants. La Dacie, qui avait été la première acquisition de l'empire, fut la première province à s'en séparer. Après plusieurs révoltes, elle parvint à s'affrancliir sous le règne de Gallien, vers 256; les Romains furent réduits alors à quelques postes fortifiés dans la région du Tenies et du Danube, jusqu'au jour où l'empereur .Vurélien, vers 271, réunit tous les colons et les soldats qui restaient encore au nord du Danube et les transporta sur la rive opposée, en deçà du fleuve, dans la région qui s'appelait alors la Moesie. Le nom de Dacie s'appliqua désormais à la région qui correspond à peu près aujourd'hui à une partie de la Serbie ou de la Bulgarie; plus tard, on distingua dans cette nouvelle province, la Dacia Ripensis, le long du fleuve, et la Dacia Mediterranea ou Dardania, dans la région montagneuse des Balkans. Au commencement du v» siècle, elle formait l'un des diocèses de la préfecture du prétoire d'Illyrie. La Dacie proprement dite, c'est-;V dire la Dacie transdanubienne, n'avait été occupée par les Romains que pendant cent soixante ans environ, de Trajan à Aurélicn; cependant la langue latine y avait été assez profondément implantée par les soldats et les marchands de Rome, pour que les habitants iictuels de la majeure partie de cette région parlent encore un dialecte latin et s'appellent eux-mêmes les Roumains. Voir au mot Dobroudja '.

Nous savons peu de chose des communautés chrétiennes établies dans ces parages, tout au plus pouvons-nous parler des quelques individus isolés que nous font connaître les inscriptions très rares. Une d'elles provenant de Kolosvâr {colonia Napoca) offre une formule bien connue chez les païens : Si7 Tibi 'Verra l.evis, mais unique chez les chrétiens. Le texte de l'épitaphe n'offre rien de spécifiquement païen que le D- M- qui n'aurait d'ailleurs rien de décisif*; le monogramme du Christ ne permet pas de douter de la croyance des fidèles qui, sans doute, n'auront pas vu malice à introduire une formule banale, d'autant plus qu'en Dacie ils pouvaient fort bien ignorer l'exclusion qu'on avait jetée ailleurs sur ces quatre mots ' :

D- M AVRELIA-muRHi A VIXANNXVIIAVR MARINIANVS • FIL ô EIVS- VIXANNO-I Mllll- AVR- BABVS VET ■ PATER ■ P

A Sofia on a trouvé quelques vestiges de chrislla nisme. En 1894, dans la rue l'ositano, deux épitaphcs gravées sur marbre : + HIC POSITVS EST DE !| ME- TRIVS DIACONVSsC, et -t- DECIVS HIC i EAMVLVS

' Cursini, Ntitœ {fncconim sivc vocuin et numeroriiin compcndia quœ in iireis ulque inarmoribui grœconuii tnbiilis observanlur, ln-4", l'Ioreiilhe, 17411 p. 8(1. -- ' Heinesius, Sunlagma inscri/il., Lipr>lie, cl. xx, p. !)8fl, n. ."iHl; Corsini.o/;. cit., p. 86. — ■ G. Lacour-Oayct, IJucir, dans La grande encgclopédie, 1801, t. xiii, p. 7ia. C Erhiccanu, Ocspre vccitiina CrestiniMiiului lu Hunumt, dunH Bi-

scrica urilwdoxa romuna, ISucarcst, 1U07, I. .wxi, p. 40.1- 414 (sur l'anti<|iiitè du clirislinnismc en nonniunie; les martyrs de lu Dacic sous Uioclétieii); .\. D. Xénopol, IJe Voriqinc du peuple roumain : cramen critique de quelques lliiiiries réccules, dans Jicrue liisliirique. 188;t, t. xxiil, p. '.18-121. — ' Voir /îirfiofiii.. I. i, nu mot Adréviations. — - Curp. i/iscr. lai., I. m, ii. 8t>6.

uAcii-:

iJAGOlJHirr i"'

(snncii) ANDRAE + Il Q. En 1896, on trouva entre les murailles de l'ancienne basilique de Sainte-Sophie, le palais (le la Sobranié et l'Imprimerie royale, trois tombes en maçonnerie coiilenaiil une bouteille de verre, des (ibules de bronze, des monnaies de Valens :'i Justin II. Dans une ialise voisine on découvrait en 18SS ce; trois inscriptions chrétiennes: + Jlic requ

Il iescit l'io II rencia pi !I rg i + et deux en langue grecque : + E/Oa y.aTai!'. || itô Slaj.'.a ^ |1 a^Oîvo; +; EvOa zx

Il tazitc A;a :I ;j.'>j//.; ano || i^-/.vojv || to; !, du v ou du vi« siècle '.

Nous avons déjà fait connaître le coflret trouvé à Sofia (voir Diclionn., t. ii, col. 2:UT, fig. "2175) et les lingots d'or poinçonnés au chrisme trouvés à Téglàs (voir Diclionn., t. m, col. l^'il, fig. 2872).

Citons encore deux inscriptions chrétiennes lues sur des colonnes à Aboba, aujourd'hui à Sumen ^

+ KACTPON B5PAIZ5

■hnOACMOC THC CePAC

On conser\c à Belgrade un sarcophage chrétien qui n'ofTrc ritn d'intéressant que de se trouver dans ces parages où les souvenirs du christianisme sont rares. Sur la face principale de la cuve, on voit le Bon l'asteur et l'épisode de Jonas. D'un navire, le propliéte est jeté dans la gueule du monstre marin et un peu plus loin il est rejeté à terre à l'ombre d'un arbre. Dans l'intervalle un dauphin navigue portant un homme assis à califourchon sur la croupe '.

H. Leci.erco.

DAGOBERT 1". — I. Dagobert I". H. Chartes. III. Sceaux. IV. Numismatique. V. Trône de Dagobert. VI. Bibliographie.

I. D.vGOBF.KT I"'. — • « J'ai souvent pensé, nous dit Sainte-Beuve, qu'il y aurait un chapitre à écrire : De (fux qui ont une. mauvaise réinilalion et qui ne la méritent pas. Montaigne a oublié de le faire. Que de noms en appel contre le hasard y trouveraient place 1 II faudrait conniicnccr par .\ugias, au nom duquel cette locution d'étuble.'i d'Augias a rattaché une idée odieuse et presque infecte, et (jui était le plus riche et le plus royal patriarche des pasteurs, tel que nous l'a représenté l'antique idylle. On n'y oublierait pas surtout Dagobert, le bon Dagobert, qui a laissé une réputation débonnaire et assez ridicule, et qui fut peut-être un grand roi, énergique, le ^unsi-Charlemagne de sa race, mort à la fleur de l'âge — à trente-trois ans — et dans la vigueur de ses hauts projets *. »

Dagobert pourrait bien n'avoir pas été d'humeur aussi joviale «lue le représente la chanson qui est | devenue l'authenticiue véhicule de son souvenir auprès ' de tous les petits enfants de France ', mais son histoire I ne nous intéresse que par (ii.el(|uei détails louchant à l'archéologie.

Dagobert s'inspira de l.i cmuluile de Hrunehaut, refusa de partager le royaume avec son frère qu'il expédia guerroyer et surveiller une population fort remuante du c<Hé de Toulouse et des Pyrénéen. A la mort de ce frère, il remit sous sa domination directe

tous CCS pays du sud : Toulouse, Caliors, Agcn, l'érigucux, Saintes et jusqu'au pays des Basques. Pénétré des vieilles maximes de la royauté germanique, conseillé par saint Tiloi et par Dadon, très ferme personnellement de caractère, il combattit cl contint la ligue aristocratique et épiscopale. Les inonaslercs de l'école de Colomban étant, par un revirement assez naturel, devenus hostiles à l'intérêt des évèques, il les favorisa contre ceu.x-ci, rallia les populations, et rendit à l'ensemble de la souveraineté franque un reste de si)lendeur et une apparente consistance qui ne se ^outinrent pas après lui.

L'unité du royaume rétablie, Dagobert ordonna une enquête sur les bienc retirés au fisc pour être distribués aux églises et aux monastères et en reprit un grand nombre. Pour empêcher le développement des biens de mainmorte, il confisqua une série de domaine^ légués par des particuliers aux évêchés et aux abbayes. Le fisc s'enrichit, le luxe s'étendit et Dagobert protégea les arts. Administrateur rigide, il faisait des choix excellents pour les grandes charges de l'État. Éloi, son argentier, devint évêque de Noyon, le référendaire Ouen occupa le siège de Rouen, le trésorier Didier, celui de Cahors. Des monastères nouveaux étaient créés et dotés de biens-fonds ou d'oeuvres d'art. Dagobert fonde Saint-Denis, appelé à tant d'illustration, saint Ouen fonde Rebais. .\don fonde Jouarre, 1-Zloi crée le monastère de Solignac, ailleurs s'élèvent Remircmont, Stavelot, Malmédy. Les mœurs de Dagobert étaient peu sévères, nous le verrons plus loin.

IL -Chartes. — • Il existe une copieuse collection de faux mis sous le nom de Dagobert. C'est d'abord une immunité concédée au monastère de Saint-Denis (29 juillet G31-G:J2) dont on peut suivre le texte à travers une série instructive de confirmaiions rovales de Chilpéric II (29 février 716). de Pépin le "Bref (23 septembre 768), de Carloman (janvier 769), de C.harlemagne ( 14 mars 775). de Louis le Pieux (12 décembre 814). de Lothaire (21 octobre 843), de Charles K- Chauve (25 avril 860) •. Voir Diclionn.. t. m. col. 947-950. — Autre faux diplôme de Dagobert V (633) pour la fondation du monastère de Croix-Sainl- Ouen, successivement vidimé par Charles IV (novembre 1325) et par Charies VI (20 août 1382)".— Faux diplôme provenant du charlrier de Sainte-Innine de Trêves (S. Irmina ad Ilorreum) étudié à Luxembourg par Daniel van Papenbroeck qui en tira occasion d'écrire son Propijlxum aniiquarium circa veri ac faisi (liserimen in vetustis membranis. ' Faux diplôme relatif à un privilège accordé à la foire de Saint-Denis (voir Diclionn.. t. m, col. 2384) ». Saint-Denis, qui devait ;\ Dagobert sa fondation et de nombreuses libéralités, voulait lui en attribuer davantage et ne fabriqua pas moins de quatorze ou quinze diplômes de ce prince, refaits pour la plupart sur la foi des Gesta Dagoberti. Voir Diclionn.. t. iv, au mol De.sis.

Le plus intéressant de ces documents, parce qu'il peut nous donner une idée de la manière dont on s'y prenait pour confectionner les chartes qu'on souhaitait posséder, c'est le prétendu oriainal d'immunité en

• li. LoUt;uit, ilaiis(;.»ii;)/r.v mi./iiw/c /'.loi./. Jes iiisir.. 1890, juillet; HcDuc cri/ii/iic, 1896, n. ;t3-34; Anurican journal o/ arcliœology, 1890. l. xi, p. 508-509. .V la dernière ligne on lit : +:/>;♦ — ' .lirecoli, Allbtilgarische Insdiri/tt-n, ilans Arcluvologisch-epigrtiiiliisclw Milllicilungcn ans Œslerreicli-Ungarn, Wien. 1890, l. xix, p. 237, n. I, 2. — • W. l'clUowlc, l'n iiiieien stircophage chrétien à Belgrade, dans Travaux ite t'acailémie de Serbie (eii russe 1, llelgrade, 1907, t. I.xii, p. 186-'219. — ' Sainle-Beiive, Por/rm7.< eonicmporains, 1889, t. iv, p. 18. — ' Sainte-Beuve rcniarquait Ace propos que la tradition popiiluirc tend A hifliiier un certain carnctèrcdcdébonnuireté cl delïonhorni? A ce qu'elle louelie

de longue muiii funiiliéreinenl. CliuileinaiJinc ui Atlilu n'y ont échappé, il faut ajouter ipie le type ainsi Ir.ulitiunalisé — en France du moins — èeluippe dilDcilement A une pointe do fumilinritv, Charlenuigne ilevient un burtran, Mnrllrarougli, l.a Palice ct.dansune eertiiino mesure. Henri IVhii-mfme, ont quelque cliose de trop jovial. — • Turtlif, Cartons des rois, n. 8, 40, 01, O.'i, 73, 105, 143, 174. — ' l'artlessus; /)i;>Ioni(ilii, c/i<irl«-, e(iis(o/.r, in-fol., Paris. 1843-1819. n. '2\M\. cf. Prolég.. p. 01. — ■ Dans .\cla .vaneloriiin. april. 1. u, (1075). — 'A. .laeobs, N'oie sur le commerce en Haute, dans Rcime nrehcoloqiqur, ISOl. U" série, l. iv, p. tS7-

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