DIRECTION — DISCESSIT
Face : 1 Nigrx Uini(s)ia{s)
2 (■? Gralia) dni Ihcv Xti el luis. Marili
3 ailia Uinisia {memn)ravil
t Simili Vili. (? Tu unie in iBcii el)ôni ui
5 (? tva i conlra). Ni iastix arenis
6 (? vita abundius invidias)
Revers : 1 Inimicus Xti
2 Bilicoaum Viriconio niisit ul
3 sumalis ovili etsi canem
4 Arii. Ta lacem ora Xpm
5 xPs
6 Gerit A{p)ulicas has lânas
Face: (1) Vinisius à Nigra. (2) (? Que la grâce) du Seigneur Jésus-Christ soit avec les tiens. De ton mari (3) Vinisia a raconté les fautes (4) à Similis (fils) de Vilius. Sois forte en Jésus et de toute ton énergie (5) lutte contre toi-même. Si ce n'est dans les justes combats (de l'amphithéâtre) (6) Évite les jalousies avec plus de soin (qu'à l'ordinaire).
Revers: (t) L'ennemi du Christ (2) a envoyé Biliconus de Viriconium pour que (3) vous le receviez dans la bergerie, bien qu'il soit un chien (4) d'Arius. Prie le Christ qu'il l'éclairé (.')) xPs (6) Apulicus porte ces tablettes '.
Les documents relatifs à la période romaine du christianisme en Angleterre sont si rares et si insignifiants pour la plupart (voir Diclionn., t. u, col. 1158) que celui-ci y trouve un nouvel intérêt, outre celui qui s'attache aux quelques indications qu'il contient.
Les correspondants sont inconnus. On a conjecturé que Vinisius était évèque ou prêtre et on n'a eu d'autre argument à faire valoir que le ton de la lettre. Son nom ne nous apprend rien. Était-ce quelque descendant d'un Celte dont le nom avait été latinisé, comme tels de ses homonymes appelés Vinusius ou Vinisius et Vin(n)esius ont été retrouvés aux environs d'Aquilée ? On n'a pas plus de raison pour admettre que pour repousser cette explication. Vinisius et sa correspondante sont en rapports avec une certaine Vinisia dont on fait la femme de Vinisius. Tout ceci reste dans l'ordre des choses possibles. Ce qui paraît probable, c'est que Vinisius vivait à Viriconium, aujourd'hui Wroxeter (Shropshire), ville romaine bien fortifiée, ou bien dans une des villes intermédiaires entre Viriconium et Bath, comme Kenchester (Magnœ), Abergavenny {Gobanium), Cjerleon (/.sca Silurum) ou Crsewent {Venta Silurum).
Celle à qui s'adresse le billet a nom Nigra, elle est mariée et de son mari on s'entretient, puisque voici un autre personnage mêlé à l'affaire, Similis, fils de Vilius, qui a reçu les confidences de Vinisia, soit à Bath, soit iûlleurs. Enfin, voici un nommé Biloconus, qui paraît être quelque fonctionnaire arien qui va prendre les eaux à Bath et que Nigra et son mari ne peuvent éviter. La mention d'Arius a semblé autoriser à placer la rédaction de ce billet avant la mort de l'hérésiarque, survenue en 330. Ce qui est certain, c'est que l'île de Bretagne fut à peine ellleurce par l'arianisme.
Quant au reste de la lettre, les conseils de direction qu'elle contient, ils sont beaucoup moins obscurs et
' André Baudrillart, Vinisius à Nigra, L'original d'une
leUre de direction écrite il y a seize cents ans, dans la Quinzaine, ]
1905, t. XII, p. 243-246; Bulletin critique, 1905, p. 232-234; I
G. Ficker, dans Zeiischrijt fiir kirchliclte Geschichte, 1906, t
t. xxvi.p. 419; 7?™ucd'/ii.s(oireecd^sia.v/iijiie, 1905, p. 691-692. i — •Brounlow, The saxon cross /ound in Bath, dans A tti del
II' eongresso internazionale di nrcheologia cristlana, Uoma, j 1902, p. 301-304. — • A. Aiidollcnt, Sur un oroiiped'i'nscrip-
tions de Pomaria (Tlemcen) en Mauritanie Césarienne, dan» 1
n'ont que faire d être commentés. A signaler un chrisme.
Dans la même localité, à une certaine profondeur sous le niveau du sol actuel, dans l'hypocauste des thermes, fut trouvée en 189S une croix saxonne en plomb se rapportant à la reine Eadgjfu, femme d'Edouard l'Ancien (x" siècle)'.
H. LECLEnco.
DISCESSIT- — Les chrétiens ont fait usage du mot discessit dans un sens resté inconnu aux païens. Le verbe discessit avait un sens de mouvement actif, d'éloignement voulu ; dès lors il se prêtait bien à la signification qu'on voulait lui donner d'action de départ pour le ciel. Bon nombre d'épitaphes chrétiennes nous en offrent l'usage, principalement en Afrique.
Le mot discessit, sur une inscription d'Afrique, est-il à lui seul un signe de christianité ? On peut, ce senible, le conclure à bon droit en comparant les textes de ce genre avec ceux où ce mot figure également accompagné d'autres formules chrétiennes '.
AAltava(= Hadjar-er-Roum = Lamoricière), nous trouvons cette inscription ' :
D M S PETRONIVS RAM RILVS VICSITAN ISX DISCE XV KL NOVE 5 RR CCCCXIII P INFDEB
D{is) M(anibus) S(acrum). Petronius Pampilus i'i[i]i7 a/i[n]is decem disce{ssi{) quintum dccimum k{a)l{endas) Noveimbres) [anno] p{rovinciiv) 413 (= 432 après J.-C), £ in /[i]de b[eatus] '?
L'emploi de discessit, sans rien qui le détermine, est plus fréquent ;i .\ltava que partout ailleui's.
A Lamoricière, ferme de M. Courtot, iX plat sur le couronnement d'un parapet en pierres sèches bordant le canal qui alimente le moulin de la banque d'Algérie. Grès: dimensions, 0">8ô haut., 0'"4S larg., O-^IO épaisseur K
M E M L E R I E VI es I T DIST V