I- Colonne de la prollièse
lie Mur sépanuit le liiakouikon <te la ncl.
n Net centrale.
n' n ' Nefs latérales.
N Narthex.
P, Porte faisant communiquer le narthex
avec la basilique. ,, porte île couununication de net
P', P', Portes taisant communiquer le narthex avec les nets latérales.
S Abside intérieure.
V Vestibule.
V Entrée île la protlièse.
XX' YV Z Limites du presbyteriuni
. - la prothèse, fi' Porte de communication avec
l'extérieur, p' Porte de communication avec
la maison épiscopale.
: Couloir du catechumeneuni.
DALMATIE
exclusivement le pavement en mosaïque et en aucune façon la basilique elle-même que l'évoque Sympherius a fait commencer au début du vi" siècle et qui a été terminée sous son successeur et neveu Hesychius, par conséquent avant 426, il faut reculer l'érection de la basilique jusque vers le milieu du iV siècle peut-être, c'està-dire jusqu'à l'époque de l'histoire de l'architecture religieuse que l'on nomme l'époque constantinienne. « Or, pour plus d'une raison, on serait tenté de considérer la basilica urbana comme appartenant déjà plutôt à la période justinienne, ou du moins l'annonçant '. » Les raisons apportées en faveur de cette opinion sont des plus sérieuses, mais la découverte des restes d'une basilique plus ancienne que celle de Sympherius, d'un style et d'une technique meilleurs que ceux du V siècle et contemporains de Constantin ou de Constance ne pormot plu*, d'hésiter à admettre que
dentelle de marbre qui les ouvre et les tètes de priffons qui en décorent les angles, » ces chapiteaux sont de fort curieux spécimens de l'art de l'époque de Justinien; et, ce qu" en augmente encore l'intérêt, c'est ((u'on en rencontre d'un type tout semblable, dans un autre édifice du littoral adriatique qui. lui aussi, date du VI e siècle, dans la belle basilique, si peu connue et si digne de l'être, de Parenzo en Istric. Enfin, par une disposition fort rare et fort originale, une grande salle rectangulaire était adossée au baptistère : c'est là que les néophytes, au sortir du baptême, recevaient l'onction du saint Chrême. Comme dans beaucoup de constructions de ce temps, le sol est couvert d'un riche pavé de mosaïques, où l'on a représenté l'un des sujets les plus familiers de la symbolique chrétienne : panni des rinceaux et des fleurs, deux cerfs viennent se désaltérer à un grand vase en forme de calice, et.
3527. — Prothèse de la basilique urbaine. D'après Bull, ili i
s(<.ria dalwaln, 1ÏI03, t. xxvi, pi. ix.
la basilique urbaine de Sympherius n'est pas antérieure au v« siècle.
XXIII. Baptistère. — « Le baptistère Cf) était fort beau. Mais il est probable qu'il a été sensiblement modifié après sa construction première, car, d'une part, il ne semble pas douteux qu'il ait été élevé en même temps que la basilique, et d'autre part, tel qu'aujourd'hui ses restes nous permettent de le reconstituer, il a l'aspect d'un « monument du \i' siècle et de pur style byzantin '. » Il est de forme octogonale. «On a retrouvé au centre de l'édifice la grande vas((uc de marbre, tout étincelante de mosaïque d'or, où se plongeaient les catéchumènes, et, parmi les débris, les chapiteaux des colonnes qui formaient une galerie circulaire à l'intérieur du monument. .\vec la line
' J. Zeiller, op. cil., p. t26-127, donne les raisons. — = Ch. Diehl, En Méditerranée, p. 59. — » Ps. xi.i. 1 . — ' Ch. Diehl, En^ Méditerranée, p. 59-60; Carrara. Wiener Denksclirillen. t. II, pari. 2, p. A et 2 pi.; Archiv, 184H, 1. m, p. 1«5; Lnnza,
au-dessus, on lit le verset du Psalmiste ' : « Comme le cerf soupire après l'eau des fontaines,ainsi mon âme soupire après toi, mon Dieu *. » Au fond était placé le trône où s'asseyait l'évêque pour donner la confirmation. SIC"' ccr ITA ANIMA
VVS DESI DES! DEVS
DERAT AD FON DERAT MEVS
TES AQVARVM
•< Cette salle, destinée à la réception du sacrement qui achève l'œuvre du baptême, ou consitjmilorium, était à l'ouest du baptistère (en ■;). et un escalier, dont on a déjà parlé, la mettait en communication directe avec le narthex de la basilique \ De l'autre côté d» baptistère, à l'est, était une autre salle, de même déjà
dans Annali delVIstit., 1850, t. xxii, p. 140, et dans Wiener Denkschrlften, t. vu, p. 19, pi. ii ; MartlKny.diins Gazette areh., 1878, p. 130-131 ; Corp. (n.scr. lut., t. m, n. 2073.— ' F. .1. ndl- Rer.dans Romische Quarlalschrill. 190."), I. \ix. p. I sq.
DALMATIE
mentionnée, qu'on a appelée le calechumeneam (y.), et dont une porte donnait sur la nef gauclie de la basilique. La petite salle (S), située derrière le baptistère et communiquant avec lui, était sans doute celle où se déshabillaient les néophytes avant l'immersion.
« Si le baptistère, dans son état dèrniilif, ne dalt- que du XI" siècle, le plan de tout cet ensemble est évidemment contemporain de la basilique, comme le prouvent les trois portes servant de passage entre l'église cl respectivement le consignalorium, le baptistère proprement dit et le calechumeneam '. »
XXIV. Basilique d'Honorius II. — Les fouilles exécutées en 190f), 1907 et 1908, au sud de la basilique urbaine, ont amené la découverte d'une autre basilique en forme de croix grecque. Exception faite de l'abside, dont le rayon est de Q^IO, la basihque ollre même longueur et même largeur, environ 40 mètres. Détruite de fond en comble, au point qu'à certains endroits les fondations mêmes ont été arrachées, la disposition générale est cependant certaine. L'édifice est divisé en trois nefs par deux rangées de huit colonnes dont les antes sont adossées aux murs extérieurs, au milieu de la basilique se trouvent quatre piliers. Les nefs latérales mesurent 4 ""25 et 4'"50, la nef centrale 13'"50. Dans le sens de la largeur les bras de la croix sont également divisés en trois nefs par six colonnes, deux contreforts, deux piliers et les nefs latérales ont ici 3"40 et 4°'10 et la nef centrale lO^SO. Cette différence de mesure sur un plan qui eût dû être absolument régulier s'explique par l'utilisation de fondations anciennes dont les chrétiens voulurent tirer parti pour la nouvelle bâtisse. L'aspect d'ensemble du plan est celui que donnent cinq quadrilatères d'inégales dimensions et sur celui du centre, soutenue par quatre piliers, la coupole.
L'entrée se trouvait probablement dans le bras droit qui se terminait par trois portes correspondant à trois portes ménagées dans le bras gauche. Autre entrée dans le narthex, sorte de long corridor qui desservait ainsi les deux basiliques de Sympherius et d'Honorius. Du narthex trois portes donnaient accès dans l'église entièrement pavée en mosaïques de couleur formant des combinaisons géométriques, mais dont il ne subsiste que de |)etits fragments en avant de la nef gauche proclie la porte et le diakonikon, et aussi d'autres vestiges, mais encore plus insignifiants, dans la nef droite.
Le narthex, en face de la basilique, s'achevait en portique donnant accès sur un terrain rectangulaire, découvert, pavé en mosaïque, communiquant avec l'église par une porte à droite. Pas plus que celle de Sympherius la basilique d'Honorius n'avait d'a/num.
A hauteur des deux derniers piliers de la croisée, s'élevait un mur qui isolait le presbi/lerium du reste de la nef. La nef gauche tut destinée au diakonikon qui mesure environ 30 mètres carrés.
Le mobilier liturgique, autel, ambon, a disparu, brisé, concassé, répandu en fragments minuscules sur toute l'étendue de la basilique; chapiteaux, pilastres, colonnettes ont eu le même sort. Nul débris de la décoration primitive en marbre ou en stuc, mais il est probable qu'elle différait assez de celle de la basilique de Sympherius. La technique est moins avancée ou plutôt en décadence plus marquée que dans la basilique voisine; heureusement quelques fragments de marbre d'une balustrade ont montré la croix dessinée telle qu'on la trouve sur les sarcophages au vi" siècle et
' .J. Zciller, Les dernières /ouilles de Salone dans les Mélanges d'archéologie et d'histoire, 1904, t. xxiv, p. 128-129. — •■Bail, di arch. e slor. daim. 1903, pi. il. m; 1904, p. 17, 20; 1908, p. 177. —'Bail, di arch. e .s/or. daim., 1907, t. XXX, p. 101 sq., pi. vii-xin. — 'Bull, di arch. e slor. daim., 1906, t. xxix, p. 3-7, pi. i-iii. — ' Die chrislliclien Denkmaler Bosniens and Ilerzegouinas, dans Romische Qaar-
un triple monogramme d'Honorius qui ne pjut être qu'Honorius II (527-54ii).
XXV. Vestiges d'éulises, etc. — Le sol de la Dalmatie commence depuis quelques années à livrer les vestiges de quelques édifices chrétiens dont le nom importe plus à l'histoire du développement religieux dans la province que leurs ruines n'intéressent l'archéologie. Nous mentionnerons donc, sans entamer de description, les traces d'églises chrétiennes relevées en 1903 à Sinj et à Traù ^ toutes deu.x du v« ou vi» siècle; autre basilique à Crikvine ■'. A Spalato, une sépulture chrétienne isolée, près du palais de Dioclétien '.
Une série d'édifices chrétiens anciens ou supposés tels a été signalée et décrite par C. Truhelka \ mais il y aurait lieu de reprendre toute cette enquête avec une critique rigoureuse et déclasser les monuments et les vestiges d'après des caractères architectoniques constants.
XXVI. Organisation religieuse. — Nous avons pu nous rendre compte par la série ininterrompue de ses évèques, par cjuelques indices touchant ses relations avec les autres Églises et par les restes de ses édifices religieux que l'Église de Salone connut jusqu'au désastre final une certaine prospérité. Mais Salone n'était pas la seule ville chrétienne de la Dalmatie.
Un document daté de la seconde moitié du iv= siècle, vers 380, nous signale la présence d'une communauté et d'un évêque à Zara (Jader).
La Vie de saint Hilarion par saint Jérôme ' nous apprend que le saint vint en Dalmatie et délivra, dans les environs d'Épidaurus (banlieue de Raguse), la campagne des morsures d'un serpent. Hilarion aurait voulu, en abordant en Dalmatie, échapper à la curiosité de la foule, i nous dit-on; or c'était principalement une foule chré- ' tienne qui devait s'intéresser à lui '. Hilarion mourut en 372 à Chypre où il séjournait depuis sept années ayant renoncé à la Dalmatie où sa réputation de saint et de thaumaturge était trop répandue pour qu'il pût jouir de la tranquilUté. On peut admettre qu'il était arrivé dans les parages d'Épidaure vers 300.
En 340, était né à Strido, de parents chrétiens, celui qui devait être saint Jérôme. Oppidum Stridonis quod a Gothis eversum, Dalmatiœ quondam Pannoniseque confiniam fuil '. Ces déterminations géographiques sont chose délicate et ardue; saint Jérôme le Pannonien serait-il un Dalmate"? On a tour à tour proposé l'emplacement de Stridon à Sdrinja (doyenné de Portole, diocèse de Capod'Istria), aux environs deStrigovo (district de Knin) ou d'Almissa-Omis à Sedramiprès de Drnis, à Strigovo (dans l'ile formée par la Mué et la Drau) en Hongrie*. On en était là quand Alaèevir publia, en 1882, l'inscription suivante tirée des papiers de St. Petkovicde Knin, inscription trouvée sur la route do Grahovo à Glamoc (Bosnie), au delà du premier pont. Elle était gravée sur une colonne dont la partie supérieure était brisée " :
IVOEX^à^i^gAIVSAILA
VIOVAIFPIOCONS
lAVIIO PPOELM
nVIS VIEPSALV
lAlASEISIPIDO
VEVSESOEIEPM
IVAVII
... iii[d]cx ld]a[l\us a [F]hwi() Vallcr\io Cons[t]anl]io [d. c.\ pirœside) p(rovinci;v) [l)]clm{alie) |/[i[nc]s
lalschrift, 1895, t. ix, p. 197-235. — ' P. L., t. xxiii, col. 49.
— ' Duxit ilaqueeam ad Epidaurum Dalmatiœ oppidum, ubi paucis diebus in Dicino agello mansitans, non potuit abscondi,
— "S. Jérôme, De viris illuslribus, c. cxxxv. — • Fr. Bulic, Wolag Stridon, die Heimal des heil. Hicronijnuis, tiaiis Festschri/t liir Ollo BenndorI, in-8», Wicii, 1899, p. 276-280. — '° Corp. inscr. lat.. t. m, n. 9860.
DALMATIE
i[nl]e[r] Salvialt]as e[(] S[lr]ido[n\eln]ses [d]e[t]e[r]miln]ain[l].
On aurait ainsi retrouve sur place la borne qui délimitait les territoires de Stridon et de Salviœ. Les objections soulevées ne pouvaient prévaloir contre un texte authentique et une formule intéressante. Or, une inscription du musée de Spalato (2322A), trouvée à Glamoc, permet de fixer, avec beaucoup de probabilité, la localité voisine de Stridon: D(is)m(cinibas) || AelÇius) Capito dec(urio) mimicip(io) Sahtio 11 nains Slaruc qui H vix(il) un(nis) xlv, Ael{ius) || Victor flliiis ipsi \\ us pcitri karissim{o) b{ene) m{erenli) pos{uit). La supposition la plus vraisemblable, c'est que Salviae est l'endroit même où l'inscription a été découverte, donc près de Glamoc. La borne terminale a été trouvée sur la route entre Glamoc et Grahovo, c'est près de cette dernière localité qu'il faut placer Stridon ', dans la Bosnie actuelle, en terre dalmate.
Quelques souvenirs archéologiques peuvent encore être rapportés aux comnmnautés dalmates du iv" siècle, notamment une pierre gravée conservée à la cathédrale de Raguse. Cette pierre représente Constantin à cheval avec deux croix au-dessus de sa tète (ou à côté) et au-dessous le soleil et la lune =. La provenance de celte pierre est-elle locale ? Ce point est invérifiable.
A Hagusc également on conserve un anneau, vraisemblablement chrétien, mais de date incertaine avec cette devise ^ : VIVA IN VITA. et à Rhisinium (Caltaro) un petit émail et une pierre gravée chrétienne *; enfin, à Traù, une amulette en plomb aujourd'hui conservée au musée de Zagabria '.
Indubitablement, Salone éclipsait les autres villes de la province au point qu'on peut se demander à quelle date les communautés y furent pourvues d'un évèque. A Rhisinium nous ne connaissons un évèque que vers la deuxième moitié du vi^ siècle; à Delminium, qui continua à faire bonne figure malgré la prépondérance de Salone, nous savons qu'il existait un évèché et le nom d'aucun de ses titulaires ne nous est parvenu.
Ainsi nous sommes presque réduits aux conjectures pour l'histoire de l'organisation ecclésiastique de la province dalmate pendant la période antique. « Le premier concile de Spalato du x= siècle, réglementant l'organisation épiscopale de la Dalmatie, décide que l'on créera des évèchés là où il y en avait eu avant l'invasion avaro-slave et où il n'y en a plus depuis cette invasion : or, au moment du concile, il n'existait que ceux de Spalato, Zara, Raguse, Caltaro, des prédécesseurs desquels (Salone, .ladcr, Epidaurus, Rhisinium) on vient de parler, et Traù, Vcgiia, Arbe, Osserva dans les îles du Quarnero, et sur lesquels nous n'avons pas de renseignements sûrs relatifs à la période antique; et, d'autre part, le second concile de Spalato parle de l'ancien diocèse de Delminium. On a dit i)lus haut les réserves qu'il importait de faire sur les actes des conciles de Spalato du x'- siècle; mais on doit reconnaître que les données qu'ils nous fournissent correspondent assez bien pour les divisions épiscopales à ce que nous savons par ailleurs de l'histoire du pays et le renseignement concernant Delminium peut parfaitement être accueilli '. »
' La patrie de .saint Jérôme, dans Anal, bail., 1W)(», t. XVIII, p. 2<)l)-2tU ; Fr. I3uli(-, Doue giaceva SlriJone la palria di S. Girolamo, dans Bull, di urcb. e slor. daim., 189U, t. xxii, p. 1.37-144; Stridone palria ili .S. Girolamo, Una dissertazione inedita del Kandler, dans Atli c memorie délia .Sucielà tslriana di arclwalof/ia e sturia palria, l'.tl)(l, 1. .xvi, p. IHU- 211. — ' .\. J. livaiis, .lii(iV/iiuri«M researelm, iii-S", Westminster, 1883, p. 2ti; J. Zcillcr, op. cit., p. 'J7. — ' livuns, op. ci/., p. 26; .1. Zcillcr, op. ci(., p. 97; voir Diclioiin., t. I, nu. 704. — ' Evans, op. cit., p. 4il ; J. Zcillcr, op. cil., p. !17. L'évêcliè de Cattnru représente aiijoiird'liul celui de
D'ailleurs, à partir du iv; siècle, les renseignements sur l'organisation et l'histoire religieuse de la Dalmatie se font moins rares. Nous savons que Félix, évèque de Jader, siégea au concile d'Aquilée en 381 et au synode de Milan en 390. Sa déclaration au concile d'Aquilée le montre fervent orthodoxe, très éloigné des ariens '.
C'est aussi un orthodoxe pleinement en règle avec l'Église et qui a dû édifier ses compatriotes que le prêtre Anastase dont l'épitaphe a été rencontrée avec cinq autres, dont quatre sarcophages, près du village de Slano, district de Raguse, ancien diocèse d'Épidaure. Voici cette épitaphe ' :
DP es ET REQVIES Sti A C VENERA ANASTASI es PRB CS D-V-IDMAR^CS INDICTXVPOST es SEVERINI-VC-
*Dep{osiUo) et régules s(on)c(/)i' ne venera(ndi) Anastasi pr(es)b(ijteri) d(ic) v id{us) mart(i<is), indicl(ione) XV, posl c(on)s(ulatum) Severini v(iri) c(larissimi).
Les épithètes samlus et reiuTundiis montrent qu'il ne s'agit pas d'un saint mais d'un personnage respecté qui, quoique prêtre, a été jugé digne de ce titre de scinctus réservé aux cvèques. Le prêtre Anastase mourut en 4(52, il devait appartenir en son vivant à la ville de Pardua, cité de moiiuire inii)(>rtaiue que Salone, Epidaure ou Jader.
lue trouvaille de ce genre peut d'autant moins être négligée que des villes épiscopales comme Epidaure n'ont conservé le nom d'aucun de leurs évêques ; les autres diocèses de Dalmatie sont dans le même cas, sauf Salone et Senia dont nous connaissons un titulaire, Laurent, à qui le pape Innocent I'"' écrivait, en 417, pour le prier de défendre son diocèse contre les doctrines des hérétiques photiniens, qui, sous la conduite d'un certain Marc, s'y étaient retirés après la condamnation définitive de leur doctrine '. Et tandis que certaines villes laissaient tomber en oubli leur ancienne liste épiscopale, d'autres, comme Epetium (aujourd'hui Stobrei) s'arrogeaient un titre qu'elles n'avaient jamais possédé, car nous avons déjà dit que c'est indûment que le litre d'évêque d'Epetium est donné au martyr Félix ">. Peul-èlre des revendications de cette nature pourraient-elles s'expliquer par le passage d'évêques nomades ayant fait un séjour plus ou moins prolongé dans telle ou telle ville. Nous savons par l'épitaphe d'Eugraphus, que la Dalmatie possédait, au \' siècle, au moins un chorévêque dont le ministère s'exerçait sans doute, comme celui de ses confrères, dans les jiaroisscs rurales, notamment celles du diocèse de Salone plus ])opuleux, i)eul-élre plus étendu que les autres et dont l'évêquc était reconnu comme métropolitain de la Dalmatie.
C'est, en elïet. ce qui ressort d'un passage d'une lettre adressée en 118 à l'évêquc llesychius de Salone par le pajie Zoziine " : l'erinde ims, ne quid merilis dileclionis tuu- derojitirtnms, ad le iiolissinmm scripta direximus, quiv in omnium jndrum el eoepiscoporum noslrnm /acies in nolilitim, non lontiim eorum qui 1(1 c(i prooimia sunl, sed eliiim qui in uicinis dileclionis luir provinciis adjunguntur. « 11 ressort notte-
niiisiniuin. — - Voir Dictionn., l. i, col. 181»:). — • .1. Zcillcr, op. cit., p. 98, n. 1. — ' Cf. Kaullnuinn. .\us der Schiile des WiilJiUis, p. 01 ; Gesta Aquileia, on y trouve IVli.r ep. Jadertinus: Mansi, Cour, ainpliss. iiill.. 1. m. col. 51)!!.
— ■ Corpii» inscriptioniini latii<aniiii, 1. m, ii. ll(>2;t; et. Bull, di urch. e slor. daim., l'.Hil. 1. \\i\, p. '.U: /Viiono *ii//. di (U-ch. erisl., I'j01,l. vii,|). I'.l7:.l. /.ciller, op. cit., p. IW.
— •.Jallc-liwald, Hcy. pont. Honmii., n. :tl8; I.nijbc, Comilia, t. II, col. 1270-1271. — " Analeita Imllattdiana. 1897, t. xvi. p. 49.5 ; 1904, l. xxiii, p. Hl. — " JulTé-liwuld, Hegesia ponliflcum romanorum, n. 339.
ment de ce texte que l'évcque de Salone était alors reconnu comme métropolitain de la Dalmatie, et que celle-ci par conséquent comprenait plusieurs diocèses : on a déjà signalé celui de Jader à la fin du iv« siècle et celui de Senia au commencement du siècle suivant; après ce qu'on connaît de la chrétienté d'Épidaure, on ne saurait douter que cette cité correspondît aussi à un cvêché, et il est permis de supposer qu'il en existait également à Rhisînîum et à Delminlum, toutes villes de quelque importance, qui en possédaient certainement au vie siècle, et vraisemblablement encore à Narona et à Scardona.
•> Quant au titre métropolitain de l'évêque de Salone, on a dit qu'il datait de 418 et lui avait été conféré par le pape Zczîme, qui aurait accompagné sa lettre à Hesychius de l'envoi du pallium. Ce rang de métropolitain était en réalité pour l'évêque de Salone le résultat d'une situation de fait : elle fut ratifiée par le pape et les successeurs d'Hesychius furent régulièrement honorés du pallium. Mais la lettre de 418 semble signifier encore plus même que la confirmation de l'autorité métropolitaine au chef de l'Église de Salone : par la mission que lui confiait Zozime, Hesychius devenait, sinon définitivement, en tout cas pour l'occasion dont il s'agissait, une sorte d'intermédiaire entre le pape et les évêques d'une partie au moins de la région illjrico-danubienne. Et si l'on se rappelle que c'est Zozime qui fit de l'évêque d'Arles le vicaire du Saint-Siège en Gaule, on est porté à se demander s'il ne songea pas à établir officiellement l'évêque de Salone dans la même fonction pour l'Illyricum occidental, ainsi que l'évêque de Thessalonique l'était déjà d'ailleurs pour rillyricum oriental et la Grèce. Mais, si le pape Zozime eut cette pensée et si même il la mit à exécution, on ne voit pas que dans la suite les évêques de Salone, métropolitains de Dalmatie, aîent exercé habituellement les prérogatives de vicaires du Saint-Siège '. ■
A partir du vi" siècle, nous voyons se multiplier les communautés. A quelque distance de Salone, mais sans doute encore dans la limite de son diocèse, à Pituntium, on a rencontré l'épitaphe chrétienne d'un cordonnier - :
ARCA HONORATO CALEGARIO
Autre épilaphe à Siculi, locaUté située entre Tragurium (Traù) et Salone; et un sarcophage à Santa Marta, petite église moderne qui s'élève à l'ouest du village actuel de StafiUc ' :
t ARCA IVLIANO PANDVRIO
Celui-ci était luthier ou cithariste.
Dans les diverses villes épiscopales dont nous avons parlé, à de rares intervalles surgit un indice, le nom d'un évéque et parfois même ce nom est douteux. A Jader, on ne rencontre après Félix qu'un certain .\ndré. évèque de .530 à .533. qui siégea à un concile de Salone, personnage insuffisamment attesté; plus tard Sabinianus, entre 597 et 599, qui nous est connu par une lettre de saint Grégoire le Grand. C'est à cette même source que nous devons de connaître l'évêque Florentins d'Épidaure, exilé vers .592 et dont les diocésains réclamaient le retour en 597 ', et l'évêque Sebaslianus de Rhisinium, réfugié depuis 591 à Gons-
' .J. Zeillcr, op. ci(., p. 134-135. — ' Corp. inscr. lai., t. iii, n. 14239; J. Zeiller, op. cit.. p. 170. — » Bull, rii iirch. c stor. daim., 1904, t. xxvii, p. 65; J. Zeiller, op. cit., p. 17U. — «Jaflé-Ewald, Reg. pont. rom.. n. 1212, 1213, 1498. — » Ibid., n. 1096, 1353. — • Séries episcoporum, p. 406. — ' J. Zeiller, op. cit., p. 172. — ' Bull, di arch. e stor. daim., 1905, t. XXVIII, p. -19 sq. — • J. Zeiller, op. cit., p. 172-173. —
tantinople '. Saint Grégoire fait également mention d'un évêque Malchus qu'il désigne sous le titre d'episcopus Dalmaliu'. Gams'en a fait Malchus, episcopus Delmitanits et l'a regardé comme un évéque de Delminium. Il Étant donné que nous savons par des règlements relatifs à la réorganisation ecclésiastique de la Dalmatie au x' siècle que l'évêché de Delminlum, plus tard Damno, avait existé à l'époque romaine ou au moins byzantine, il ne semble pas douteux que l'interprétation de Gains soit parfaitement légitime '. »
Les Actes des conciles tenus à Salone en 530 et 532 nous font connaître plusieurs noms de sièges épiscopaux : Arbe, Scardona, Macurrum, Narona, Sarsentero, Ludro. Martari, Bestfe, Sarniti. Quelques-uns de ces noms sont accompagnés de titulaires, mais tout ceci manque de certitude historique et ne vaut pas plus que les actes de ces conciles fabriqués à une date relativement récente. <■■ Ce qu'il est seulement permis de dire, c'est que, outre Salone, Jader, Épidaure, Rhisinium et Delminium, Scardona et Narona, qui étaient également des villes importantes, durent être chacune le siège d'un évêché;on connaît une inscription chrétienne trouvée à Sebenico et provenant probablement de Rider, l'ancien municipium Rcditarum, qui témoigne de l'existence d'une des chrétientés qui devaient ressortir de l'évéché de Scardona, c'est l'épitaphe d'un ex-tabularius civilalis Salonicœ, dois Salviata, nommé Super '. Mais nous n'en sommes pas mieux renseignés sur le siège épiscopal lui-même. Nous ne pouvons que regarder son existence comme très probable, c'est cet évêché de Scardona qui serait devenu au moyen âge celui de Sebenico comme l'évêché de Narona celui de Macarska. L'existence d'un siège épiscopal â Arbe n'est pas non plus invraisemblable. Mais pour ce qui est de Sarsentero, Ludro, Martari, Bestse, Sarniti, en l'absence de tout autre document que leur mention dans les Actes des conciles de Salone, il faut confesser notre ignorance absolue de la place que ces villes ont pu tenir dans l'histoire du christianisme en Dalmatie jusqu'au vi' siècle ».
« Ajoutons que pendant la période byzantine plusieurs évêques africains fuyant la persécution vandale vinrent chercher un refuge sur le littoral illyrien '". »
XXVIL Épigraphie. -- La moisson épigraphique faite à Salone depuis les fouilles méthodiques entreprises à Manastîrine et à Marusinac est si abondante que nous ne pouvons songer qu'à indiquer quelquesunes des conséquences archéologiques qui en résultent. Nous avons déjà montré, en dressant la hste épiscopale, ce qu'on peut retirer et attendre au point de vue historique.
Quelques banalités de l'ancien répertoire se rencontrent encore, par exemjile sur cette épitaphc connue depuis longtemps " :
AyRIAE • lANVARlAE ■ DEF ■ ANNIS XXXXI((Ï ■ VERGINiAE • ET • CONIVGI INCOMPARABILI CVM- QVA CONCORDI TEREGITSINEQVERELAPERANNOSXXVI 5 M- iVL- FELIX ■ AB • RATIONEFISCI
VIVVS POSVITVIVASQVIDIXERISViVITELYSIIS
formules que nous retrouvons à Salone et ailleurs '=et qui ne méritent pas de nous arrêter.
La plus ancienne inscription datée de S;ilone est celle d'un diacre enterré avec sa femme, 2 novembre
"■ S. Grégoire le Grand, Dial., 1. III, c. xxxii ; < Les ailles (lu littoral de l'Ulyrie et de la Grèce étaient remplies d'cvêqucs africains et tous les récils lurivés de Carthage y étaient reçus avec une curiosité empressée et enthousiaste. • — " Corp. inscr. lai., t. m, n. 1992 : in cœmelerio S. Doimi (sic). — " Voir Diclionnaire, au mot Champs