PAR
fu]CVNDIANVS[7i"' crcdidit i/î]CRiSTVWl-IESV[n! l'ivit in 5 pn/r]E-ET-FILIO-ET ISP[i>i'" sanclo
Celle-ci vient d'Aquilée ' :
IN NOMINE DEI PATRIS EllfiUi et splrilus SANCTI IN REQVIE EMELIA gÎ. . . .vixit ann. PL ML El POS ANN-IN REQVII NO-VICTORINVS INNOCVS
Les attributs de Dieu sont énumérés dant cette épitaphe ' :
DEO PATRI OMNIPOTEN Tl ET XPO EIVS E SANCTIS
et, dans celle-ci, la création ' :
0 nATHP TCON nANTCON-OYC EnOIHCHC KnAPGAABHC
Boldelti nous a conservé celle formule : O Dieu qui êtes assis à la droite du l'ère, écrivez la petite àme de Nectarcus dans la demeure des saints • :
* G. Marchi, T^lnniimenti cristiani primitii'i, IS'11, t. i, p. 1!)8. — • De Kossi, Bull, cli arcti. cri.^l., 1881, p. 66. — " II. Pais, Corp. in.icr. lai., Siippl. ilal., n. 110. — ' Nicolai, Basilica di S. Pnnlo. p. 17.'), 297. — 'De Rossi, Bull, di ardu crisl., 1888-1880, p. 31. — • Boldctti,
O eeoc o kaghivignoc
IC ACZIA TOY nATPOC IC TOnON AnCON COY NCKTAPCOY TO YYXA ri PINNerPA*E
Les inscriptions que nous venons de grouper sont capitales et on peut s'étonner que les théologiens n'y recourent pas plus fréquemment qu'ils ne font. L'étude des recueils épigrapliiques leur apporterait un contingent respectable d'alllrmations qui ont leur prix et peuvent servir de contre-épreuve à l'étude des ouvrages des Pères. Tandis que ceux-ci, par les traités et par les discours, annoncent les vérités, rectifient les points de doctrine menacés par l'hérésie, l'épigraphie montre la propagation, la direction des courants, le long retentissement de la parole épiscopale. On peut ainsi, à la fin du ive siècle, relever dans le bassin du Rhône un groupe d'inscriptions qui font écho à l'enseignement de .saint Irénée et à sa polémique contre les gnostiques.
Il n'est presque pas de sujet sur lequel l'épigraphie et les autres arts chrétiens n'apportent d'utiles indications. Au temps, qui nous paraît lointain, où les protestants prétendaient remonter à la source de la morale et de la doctrine chrétiennes, ces témoignages étaient écartés par eux parce que tardifs. L'Église du v" siècle était déjà dégénérée au regard de ces réformateurs dont les connaissances historiques et archéologiques nous semblent aujourd'hui si incomplètes et si insultisantes. Volontiers Jacques Spon et ses imitateurs mettaient au défi de produire les témoignages anténicéens de croyances qu'ils rencontraient au xvi» ou au xvn" siècle. Aujourd'hui ces témoignages sont si nombreux, si formels, si antiques que l'objection soulevée jadis paraît presque rîsible. Nous avons déjà montré le rôle des anges et la confiance des fidèles en ces messagers qui recueillaient l'âme chrétienne pour la porter devant son juge (voir Dictionn., 1. 1, au mot Anges).
Une inscription de l'année 310 se complète en s'inlerprétant par une autre un peu postérieure sur laquelle nous lisons : Accersilas ab angelis vu idiis ianua., ce qui permet de comprendre ce te.xte ' :
. . .ANGELIS QVI VI . . . . .ANN XXII MESIS Vllll DIEBV III IP PACE DEP IDI 'o BVS DEC MAXENT-IIICOSS
Une autre plus ancienne encore, provenant du cimetière de Calliste, offre une formule analogue: [XpjtuT'.va 7)E/ He'.> /.ai Xp'.aTw n',7T£'jaaa[a)...r:po]3 toi; av^ÊÀ'-iiç ". Une fois accomplie la mission des anges de transporter l'àme au seuil du paradis, celle-ci est accueillie et introduite par les saints. Ici, les monuments épigrai)hiqucs et autres deviennent innombrables. Us nous montrent les défunts encadrés par leurs prolecteurs et présentés au tribunal du souverain juge ', tandis que les survivants varient in<léfinimcnt leurs prières, leurs sup- ])liques : (l'aule)lc siiscipianl onwia ispiritasanctonini:
— Sdndi marlijrcs apiil Dmm et ^ erunt adi'ocati; — Corpus sanrlis cownicndavi, Jrcnc libi cttm .^anitis...; — Domina Jkisilla comniandamiis libi Crcsrentinus vt Micinafilianoslra..; — AccipHc snncti vobis Irntrrm ilignum mincslriim Tulliiim Ànaloliiini .\rlcniiiuii C. I'.:
— Dulcis Virginia Babusa relriyircl libi Deus cl Cliri-
OsseriiaUnni, 1720, p. 58. — ' De lUissi, Iiiscriiit. christ. iirb. ftomir, t. I, p. 31. — ' \oir Diclinim., t. i, nu mot AMPMor.KS, col. 1702, ng. ISS. — • Voir i;ii-(io/iM., t.. i, au mot Ad sanctos, col. li).'., (iK. 35; et au mot Ajm, col. 1509, lig. 350; col. 1517, lis. 3G2.
DOGME
stus et domni nostri Adeodatus et Félix... Certains préfèrent adresser leurs supplications à Dieu, sans recourir au secours des saints (fig. 3811) ' :
Lucifere. conivgi. dulcissime. omnem. dulcitudinem. cum. luctum. Maxime, marito. reliquisset. meruit. litalum. inscribi. ut. quisqiie. de. fratribus. legerit. roget. Deu. ut. saneto. et. innoccnli. spirilo. ad. Deam. suscipiatur.
Ces prières qu'on prodigue pour les défunts, on les adresse aussi à eux ^, on sollicite leur protection auprès de Dieu, dont ils sont les élus : Pete pro Celsinianu
souhaité aux âmes, c'est la prompte sortie du purgatoire et l'admission dans le paradis (fig. 3S12) :
POSVIT /ppRECHIVS COIVGI ALBINVLE BE N EM E RE NTI SIC VT SPIRITVM TVVM DE 3 VS REFRIGERET
Spiritus tuus in refrigerio; — Privata dulcis in refrigerio et in pace; — Antonio, anima dulcis, in pace libi Deus refrigeret; — Secunda, eslo in refrigerio; — Au-
WClfEMCO iV
3S11. — Epitaphe d'un cimetière de Rome. D'après O. Marucchi, op. cit., pi. Lii, n. 10.
coniugem; — Pete pro parentibus tuis matronata Matrona; — Sabbati, dulcis anima pete et roga pro jratres et sodales tuos, etc.
ANATOLIVS FILIO BENEMERENTI FECIT QVI VIXIT ANNIS VII MENSIS VII DIE BVS XX ISPIRITVS TVVS BENEREQVIES CAT IN DEO PETAS PRO SORORE TVA
Nous avons déjà donné dans le Dictionnaire un si grand nombre de textes de ce genre qu'il est superllu d'en ajouter.
Le jugement de l'âme est représenté sur des fresques (voir t. I, fig. 356) et sur des épitaphes (voir t. i, fig. 354); la plus remarquable est celle qui se voit sur un marbre du cimetière des Saints-Marc-et-Marcellien. Le défunt Théodule est en présence du juge : AEC- TTOTHC HMCùN, et on lui souhaite d'être admis au banquet céleste (voir t. ii, fig. 1S33). Ce ne sont pas les seuls textes et les seuls monuments, mais ceuxci peuvent compter parmi les plus caractéristiques, et tous ceux qu'on peut ajouter ne changent rien à ce point acquis.
A l'issue du jugement, l'âme va prendre sa place soit dans le paradis, soit dans le purgatoire : il va sans dire que les épitaphes ne supposent pas le châtiment éternel des défunts.
La mention fréquente du refrigcriam, locum refrigerii, in refrigerio est très claire, c'est la béatitude céleste, à l'issue des reprises exercées en purgatoire pour la purification complète de l'âme : Ad refrigcriam justi vocantur, ad supplicium rapiuntur injusti, écrit saint Cyprien dans le De morlalitate. Plus clairement encore TertuUien, dans le traité De monogamia: Enim vero et pro anima ejus orat et rcfrigerium ad postulat et in prima rcsurrectione consortium. Ce n'est pas seulement le repos, la paix, c'est le rafraîchissement au sortir d'une période de souflrance ou de malaise. Les actes de sainte Perpétue nous permettent de saisir la pensée des fidèles du m^^ siècle sur ce point. La martyre voit son jeune frère Dinocrate, mort à l'âge de sept ans, douloureux, blême, haletant, et voici que la prière lui ouvre le ciel et alors video Dinocraten, mundo corpore, bene vestitum, refrigerantem. Le rcfrigerium
* O. ^îa^uccbi. / montimenii deî museo Pia I.ateranense, pi. LU, n. 10. — = Voir Diciionn., t. m, au mot CoM-
gaste, in bono réfrigères dulcis; — ■ Bono ispirito Mariant Deus refrigeret.
Une fois l'âme dans la béatitude, elle réalise ce souhait, dont on ne peut songer à citer un seul texte, tant Us sont nombreux, elle est in pace. Une epitaphe du musée Saint-Louis à Carthage donne ce bref commen-
LFCHIV5
coWGiAitïmijE
■Vf S P 1^1 wMÎVV^L^H i^ --■■- J
3812. — Epitaphe romaine.
D'après Rômisclie Quartalschrilt, 1906.
taire : dans la paix et le paradis (voir Dictionn., t. ii, col. 2319, fig. 2164) :