‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 4)Chapitre 31 sur 251 · DALMATIQUE — DAMAS · texte numérisé non relu

DALMATIQUE — DAMAS

portent sous leur vêtement pendant les fonctions liturgiques une sorte de dalmatique à larges manches et sans ceinture, la ressemblance est tout à fait fortuite. Ce vêtement d'ailleurs n'a pas un caractère liturgique. Au contraire, le sakkos est une tunique de dc>sus, liturgique, employé dans le rite grec où il sert d'insigne aux patriarches et aux métropolites. Le sakkos, lui, est apparenté à la tunique latine, comme le pliclonion, il suit la couleur du jour en tant qu'elle existe dans le rite grec. Les manches sont larges et ordinairement fermées comme dans la dalmatique romaine. Il date du XI'' siècle.

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H. Leclercq.

DAMAS. — I. L'occupation romaine. II. Les Juifs à Damas. III. L'Ethnarque d'Arctas. IV. La domination romaine et byzantine. V. Monuments <lo Damas: 1° temple: 2° murailles. YI. Les souvenirs de saint Paul à Damas: l" le lieu de la conversion: 2" maison de Jude; 3" maison d'Anaiiie; 4» le lieu de l'évasion. VIL L'église Saint-Jean. VIII. Sa transformation en mosquée. IX. Les manuscrits de la Kubbch. X. Bibliographie.

ï. L'occup.vTioN ROMAINE. — L'histoire ancienne de Damas ' déborde le cadre du Dictionnaire. Ce n'est qu'à partir des débuts du christianisme dans cette ville qu'elle nous intéresse. Mais encore est-il opportun de remonter jusqu'à l'occupation romaine pour avoir en main les éléments de solution des prol)lèmes que posent les événements qui marquèrent le séjour de saint Paul à Damas.

' On en trouve de bons résumés dans les principales encyclopédies : Vigoureux, Diclinnnaire de la Bible; Ilastings, DicHonary o/ the Bible; Cheyne, Enciiclopœdia bihiica; Pauly-Wissowa, Realencyclopœdie ; TlicJennsh Encyclopedia, etc., etc. — ' .loséphe, Ant. jud., XIII, xv, 1; Bell, jiid., I, ;v, 7. — • Scliûrer, GiJichichIe des JUdischen Vnll<es, t. i, p. 732. Sur la dynastie nabatécnne voir, outre les omTages généraux, Sclnirir, op.cif., t. i, p. 726-744; Dussaud, Mission dans le.i réginns dé.iertiqnes de la .Syrie mo);pnne, p. G8-7.3; Journal f«iali>;iie, 1904, t. i, p. 189-238; A. Steinmann. dans Biblisrhe '/.eibiclirill. 1909, t. vu, p. 174-187. — ' Josèphe, AnI.iud., XIII, XV, 2; BelL/iid.. I, iv. 7-8. — • .1. Marqunrdt, Manuel des anilquilés romaines, vol. IX, l. Ii. p. 348-349. — • Th. Mommscn, Bômisrlic Gcschichie, l. v, p. 47fi-l77. — ' Josèplie, AnI. jud., XIII, xvi, 3; Bell. Ind., I, v, 3. —

Quand, en l'année 88 av. J.-C, Antiochus XII tomba, près de Cana, dans la bataille qu'il livTait à un roi des Arabes - dont le nom n'est pas mentionné dans les sources, mais qui semble bien avoir été Arétas III ^, Damas, capitale du petit royaume de Cœlé-S>Tie. passa sous la domination des princes nabatéens *. Bien que ilarquardt ' et Mommsen ' aient prétendu que Damas resta aux mains des Arabes jusqu'en 106 ap. J.-C, cette situation ne semble pas même s'être prolongée jusqu'à l'occupation romaine, car, lors de la campagne d'Arlstobule (vers 70 av. J.-C), il n'est plus question des Arabes à Damas '. D'ailleurs la controverse est tranchée par une monnaie autonome de Damas, frappée en l'année 243 des Séleucides (70-69 av. J.-C.) '. Ce n'est donc pas une dépendance des rois de Pétra, mais une ville autonome que Pompée fit occuper, en 66, par ses lieutenants Lollius et Metellus '. Il y parut lui-même en 63 '". A partir de cette date, quoi qu'en aient pensé Marquardt et Mommsen, Damas appartint à la province romaine de SjTie ". Fit-elle, dès cette date, partie de la Décapote " ? II est difficile de le décider; mais le fait est certain pour le premier siècle de notre ère '% et cela suffît donc pour ruiner la thèse de Marquardt et Jlommsen. Sous le gouvernement de C. Cassius Longinus en Syrie (44-42), nous trouvons à Damas un offîcier romain — iv Aa;iaîz(îJ 'ToaTrjojvTa — du nom de Fabius ". Quelques années plus tard, sous le gouvernement d'Antoine, en 36, 35 et 32, Damas frappe des monnaies à l'effigie de Cléopàtre ". Sous .•Xuguste et Tibère, la frappe impériale se rencontre concurremment avec le monnayage autonome "; puis, sous Caligula et Claude, la monnaie Impériale disparaît pour reparaître avec l'effigie de Néron. Simple hasard des trouvailles monétaires ou changement de situation politique de la ville ? C'est ce que l'histoire de saint Paul à Damas nous permettra de décider.

IL Les juifs a Damas. — Par l'agrément de sa situation, sa richesse, son commerce surtout ", Damas avait dû attirer les juifs. De fait, au début du i" siècle, la communauté juive y était assez importante pour avoir plusieurs synagogues ". L'importance de cette colonie ressort d'ailleurs des chiffres que Josèphe cite quand il dénombre les victimes de la grande insurrection : 10 000 juifs [10 500, Niese] ou " même 18 000=" auraient trouvé la mort à Damas. Il faut mettre ces chi lires en regard de ce que Josèphe nous apprend de l'influence du judaïsme dans la population féminine de Damas =' pour se faire une idée de la proportion que l'élément juif ou judaisant y avait atteinte. Dans ce milieu sans cesse en relations d'échanges avec la capitale du monde juif et avec les régions diverses — Judée, Galilée, Décapole, villes de la côte — où s'était fait entendre la prédication évangélique, des bribes de la bonne nouvelle avaient dû pénétrer de bonne heure et alimenter les discussions dans les synagogues. Puis ce fut l'histoire de la Passion, le récit des premiers mouvements populaires nés de la prédication des apôtres, l'arrestation de Pierre et de Jean, les miracles,

' Mionnet, Description, Suppl., t. vni, p. 193; de Saulcy, S'umismalique de la Terre Sainte, p. 31, n. 9. — • Josèphe, Ant. iud., XIV, 11, 3; Bell, jtid., I, vi, 2. — "AnI. jud., XIV, m, 1. ■ — " Schùrcr. (lescbichte des Judischen Volkes, t. I, p. 731, n. 10, où les arguments sont groupés. — " Pauly-Wissowa, Realcncyclopœdie, au mot nekapolis.

— " Pline, Ilist. nat., V, xvi (éd. DIdot); Ptoléméc. V, XV, 22. — ".losèphc. .AnI. jud., XIV, xi, 7 et xn, 1; Bell, iud., I, xii, 1-2. — "Les références sont citées dans ScliUrer, Geschiclile des Judisclien Volkes, t. n, p. 153, n. 226.

— '• Ibid., p. 153, n. 227. — " Damas est une étape des caravanes de l'almyro en route vers les ports d'embnrqucmcnl de Tyr et Sidon. — ''Actes, ix, 2. — "Josèphe. Bell. jud.. M. XX, 2.— "Bell, iud., VII, viii, 7. — "Bell, iud., II, XX, 2.

DAMAS

la persécution, le martyre d'Etienne, la prédication en Samarie qui vinrent provoquer un l'etentissement profond dans ce milieu sonore. Du reste, Damas semble avoir eu, dès la première heure, son apùtrc dans le disciple fx7.i)r-.7];) Ananias '. Un mouvement en faveur de la doctrine nouvelle semble s'être tout de suite produit, assez sérieux pour que la nouvelle en soit parvenue à Jérusalem, y ait provoqué des inquiétudes, fait entrevoir la nécessité d'une répression et détermine Saul à son expédition - et le grand-prêtre à la couvrir de son autorité.

Saul part donc. En route, il est terrassé, entend les paroles qui le convertissent, entre aveugle à Damas, descend dans la maison de Jude, dans la rue Droite (=-■. Tf,v ijar.v tf.v ■/■.ï/.oja=vr,v rJOiiav), y est guéri et baptisé par Ananias '. II reste quelques jours, ■xî-t. twv hi AifiasKû 'j-n'lT-iTy/ f|;j:£pi; t'.vj; *, prêche dans les synagogues, confond les juifs. Le temps passe, w; S'; £,-/.r|iojv:o f,uL£fa'. i/.xii:', un complot se trame contre Paul, et '.es juifs veillent aux portes de Damas pour lui faire un mauvais parti. C'est alors que les disciples le font évader nuitamment, en le descendant dans une corbeille au bas de la muraille '.

Un détail complémentaire est fourni par la seconde épître aux Corinthiens '. C'est là que nous voyons apparaître l'ethnarque d'Arétas : èv Aaa.a57.co 6 iévoip- '/r^i 'AçtTa TO'j ^aj'.Àsto; Èçpojosi tt;v ~ôX'.v Aaaa7/.r,vtt)v -■.i^i: 'XI. Enfin, il ne faut pas perdre de \ue l'autre récit, où Paul, parlant de sa conversion, déclaie ne s'être pas rendu tout d'abord auprès des apùtres, mais s'en être allé en Arabie, d'où il revint à Damas : à-v.6ov v.; '.Vpaôiav, /.al -à/.'.v j-is.oHja si; Aa;J.a3y.dv °. Ce n'est que trois ans après sa conversion qu'il vint à Jérusalem voir Pierre •.

III. L'Ethn'arque d'Arétas. — La question d'exégèse et, même pour un temps, le problème de clironologie mis de côté, reste une double diiriculté d'ordre archéologique et historique. Qu'était cet clhn.irque d'Arétas à Damas et de quel droit le roi nabatéen avait-il à intervenir dans les affaires de la ville ? Questions délicates qui ont toute une littérature '°. L'étude des textes révêle que le titre d'ethnarque était assez souvent dévolu au grand-prêtre : c'est ainsi que Simon ", Jean Hyrcan '- furent qualifiés d'ethnarques. De même, Auguste ayant refuse à .\rchélaiis le titre royal, accepte qu'il prenne celui d'ethnarque ". Dans le inUieu judaisant nous rencontrons encore le même titre, mais avec une valeur sensiblement diflérente. porté à .Mexandrie par un magistrat qui exerce dans la communauté juive le rôle ailleuis dévolu à l'archonte '*.

Comme, en dehors du judaïsme, nous ne rencontrons le titre d'ethnarque que chez les princes du Bosphore, nous sommes obUgés de chercher ailleurs la détermination de la valeur du titre donné au représentant d'Arétas à Damas. Ce n'était pas un gouverneur au sens propre : on eût dit ïnap/o; ou ■j-ç.x-r,-r'j;. Reste

* Une tradition, trop tardive pour avoir une valeur ; en fait un des soixante-douze disciples du Seigneur. Plus tard, il serait mort martyr. Cf. Hastings, Diclionary of Uie Bible, au mot Ananias. Le témoignage de Paul (Actes, xxii, 12) est à retenir : Ananias était, dit-il, àvT,p e-JÀaor,; v.x-x -vi vouov. u.apT".*p')Otx$/o: Ctto -ivTfnv Trov y.a-roîxoôvTwv 'Ifj-^ôaiuv. — ' Actes, ix, 2. — ' Actes, ix, 17-18. — • Actes, IX, 19. — ' .\ctes, IX, 23. — • Actes, ix, 25. — ' II Cor., XI, 32. — • Gai., I, 17. — • Gai., i, 18. — " On trouvera l'essentiel dans Schûrer, Gesctiichte des Jùdiscben Volkes, t. I, p. 726 737; t. 11, p. lOS, 153-151; dans un article du même des Tlieologische Sladien u. Kritiken, 1899, p. 95- 99, et, avec plus de détail, dans l'article d'.\. Stein-

mann, dans Bibtische Zeilschrift., 1909, t. vu, p. 312-341

" I Macc., XIV, 47; xv, 1-2; Josèplic, Ant. jud., XIII, vi, 6. — '* Textes cités dans Schiirer, Gesch. des Jiid. Volkes, t. I, p. 344-345. — " Josèphc, .ln(. jud.. XVII, xi, 4. —

l'hypothèse toute naturelle que le titre d'ethnarque corresponde à l'organisation particulière du royaume nabatéen, reposant non sur les « cités », maLs sur le groupement ethnique de la « tribu », ou plus exactement du peuple », du « clan ■>. Les chefs de ces unités, vassaux du roi de Pétra, auraient normalement porté le nom d'âOvâo/ai. Les inscriptions de la Batanée nous font justement connaître des z-ç.x-r^-^ol •/o'iiK'u-i •', l'sOvo; voaâSrov " et — exemjjle à souhait — un ÈOvâp- ■//,;, !jTpaT7,Y'J; voaao'ov". C'est donc un e/iei'Ar/i d'Arétas que nous rencontrons à Damas, ;'i l'époque de la fuite de saint Paul.

La présence de ce chef implique des droits d'Arétas sur la ville. Toutes les hypothèses, hasardées indépendamment des textes pour échapper à cette conclusion, sont condamnées d'avance. Imaginer à Damas, comme fait Schwartz '^ la population flottante arabe organisée en 'ÉOvo; NaïaTa'ojv ou '.Vpiï'o/, à la tête duquel le roi de Pétra aurait, à la requête du gouvernement romain, établi un iOvip/r,; responsable, n'est-ce pas entrer en plein dans l'arbitraire'? Si l'on veut, avec Zahn ", soutenir que les juifs seuls veillaient aux pertes de la ville, mais qu'ils avaient gagné à prix d'or l'ethnarque d'Arétas, pour qu'avec ses bédouins il entourât la \-ille et se saisît de Paul au cas où il viendrait à s'évader, on a le tort tout aussi grave de rayer d'un trait de plume le texte si clair de II Cor., xi, 3'2, qui met le chef arabe dans la ville elle-même.

Admis donc le fait qu'Arêtas possédait réellement Damas et j' exerçait ses droits de suzeraineté eu y maintenant un cheikh, reste à savoir comment les Arabes avaient bien pu redevenir maîtres de cette ville romaine =°.

Un premier système consistera à nier que jamais les Arabes se soient retirés de Damas du jour où .\rétas III, vainqueur d'Antiochus XII, j- pénétra. Ce système qui a eu cependant l'adhésion de savants de haute valeur comme Xoeldeke -', Marquardt --, Mommsen ", Blass -', est en contradiction avec toute une série de faits historiques bien établis qui mettent hors de doute l'occupation romaine -^ On ne lui donnera pas plus d'apparente vraisemblance en imaginant que les Romains, maîtres de Damas, se soient contentés d'une suzeraineté nominale sur la ville, laissée en fait aux mains des princes arabes. Sans doute on justifie par là II Cor., XI, 32; mais que devient le double témoignage de Josêphe qui nous montre un commandant romain à Damas -', puis la ville cédée par Antoine à Cléopàtre -' "? Que signifie le monnayage impérial de Damas sous Auguste et Tibère "?

Un autre fait, décisif celui-là, achève d'établir péremptoirement qu'avant 37 J.-C. Damas ne peut en aucune façon être considérée comme propriété des princes nabatéens. Dans sa campagne contre .\rétas, qui se place tout à la fin du règne de Tibère (mort en man 37), c'est contre Pétra que Vitellius marche -'. Or, c'est à Damas que le premier coup eût

" Scbûrer, op. cii., t. m, p. 76-7S. — '^ Waddington, inscriplions grecques et latines de la Syrie, n. 2196, 2212. — "Ibid., n. 2203. — "Ibid., n. 2196 = Dittenbergcr, Orienlts Gra-ci inscriptiones selectœ, n. 616 = Inscripliones Grœcœ ad res romanas pertinentes, t. m, n. 1247. — " Xaclirichten dcr Gôlting. Gesellschalt dcr Wlssemchallcn, 1906, p. 367-363. — " Neite Kirchliche Zeilschrift, 1904, t. xv, p. 34-41. — " Bibliographie très ilctailléc dans l'article de A. Steinraann, dans Bihlisclic Zeilschrift, t. vu, p. 322, n. 4. — =' .\rt. Damaskus, dans Bibellexikon de Sclicnkol, 1879, t. I, p. 562. — " Manuel des antiquités romaines, vol. ix, t. 11, p. 349. — " Rômischc Geschichte, t. v, p. 476, n. 3. — ='Ac(a apostolorum, p. 119. — " Stcinmann, p. 32;j-324; Scbûrer, Ge.sc/i. des Jiid. Volkes, t. i, p. 734, n. 16. — =• Ant. fud., XIV, XI, 7 et xii, 1; Bell, jud., I, xii, 1-2. — " .4n(. /iirf.. XV, 111,8. — " Josèphe, ^ln(. jud., XVIII, V, 13.

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dû être porté, si f-ette ville eût appartenu aux Arabes

Ainsi, puisqu'il est êlalili que. d'une part, Damas fut un temps soustraite à la domination des Nabatccns et que, d'autre part, nous les retrouvons un peu plus tard maîtres de la ville, le titre de cette nouvelle possession ne peut plus reposer que sur une occupation violente ou une cession gracieuse.

L'hypothèse de l'annexion, qui a eu pour elle d'anciens patrons, comme Tillemont et Baronius, a été assez en faveur ^ Mais ce coup de main contre Damas

qu'on le jupe antérieur à l'expédilion de V'itellius,

qu'on le place au cours de cette équipée ou qu'on en fasse une conséquence de la retraite du général romain — a contre lui toutes les vraisemblances : on n'imagine pas qu'une tentative de cette sorte, celte mainmise sur une des principales N-illes de la province, n'ait provoqué aucune mesure de répression, aucune tentative pour récupérer la ville usurpée.

Reste donc, comme uiiique solution plausible, l'hypothèse d'une cession gracieuse. Ce n'est qu'une hypothèse', car aucun texte n'en a gardé la trace; mois une hypothèse qui se justifie assez bien par les vraisemblances liistoriques, rend raison des lacunes du monnayage damasquin sous Caligula et Claude et rentre dans les lignes de la politi(|ue de Caligula en Orient. Q\n sait si Agrippa 1", qui reçut de Caligula les télrarchies de Phihppe et de Lysanias, ainsi que le litre de roi, ne se sera pas fait l'avocat d'Arétas et, dans le but de se venger de son beau-frère Antipas, n'aura pas provoqué l'oclroi de la ville de Damas au roi de l'étra ? Ce serait donc en 37 qu'il faudrait placer ce changement dans le régime politique de Damas. La situation, du reste, n'aurait pas duré, piMsquc nous voyons reparaître avec Néron la frappe impériale à Damas.

Contre cette solution 11 ne faudrait pas prendre avantage de l'expression ttiV r.olv/ Aa;j.5(ay.rivûv ' ei y voir la preuve de l'autonomie de la ville. La formule n'a pas d'antre portée (pie d'attester de la part de saint Paul une réminiscence de la situation antérieure de Damas, à moins qu'elle ne se doive expliquer en fonction de la situation de fait acquise à la ville peutêtre dcjft au temps où Paul écrivait.

Il ne faudrait pas non plus trop presser • l'opposition apparente qui semble exister entre II Cor., XI, 32, qui fait de Damas une ville nabaléenne, et Gai., I, 17 qui paraît mettre Damas hors de l'Arabie, puisque saint Paul s'enfuit de la ville sic 'A.^aôiav. L'opposilion est purement géographique et n'implique rien nécessairement au point de vue politique.

Il n'est pas inutile de constater l'accord de ces conclusions historiques avec les données des écrits apostoliques. P.ien qu'il régne encore assez d'incertitude sur la date exacte de la conversion de saint Paul, il semble qu'on ne puisse guère la placer avant le printemps de 3G ', d'aulant qu'il n'est guère croyable que la grande persécution, oOi lîtienne périt et qui eut entre autres conséquences la mission de Paul ù Damas,

' Voir In liste des auteurs qui s'y sont ralliés dans l'artirlc de Slcinmann, p. 326-32!). — " On notera qu'elle a la faveur de la innjorilé des histDi-iens et des critiques (énuméraliondons l'article de Steinmnnn, p. 330 sq.), y compris Schnrer ( Cexrn. des Jud. Vnllces, t. ii, p. 154, n. 2281 qui lui rcconnait plus de vraisemblance qu'au postulat d'une occupation \ioU'ntc. — 'II Cor., xi, ^2. — 'C'est, je crois, l'erreur de 1 loltzmann dans sa recenslon du travail de Slcinmann (Theolod. Literntfirzfitiing, lîïll, col. 41). — 'Voir les dllTérenls comnicntateurs et surtout la dernière étude chronologi<iiic du P. F. l'rnt, lierherchcs de science rellf/ieiisc, 1!I12, t. m, p. 38G sq. Stcinmann, op. cil., p. 340- 341, pl.icc la conversion de Paul entre 35 et 37; Hamack, Chronolugisclie I}erccliniing des • Tags vuii Uamaskus •, dans les SUmng^herichte de Berlin, 1912. p. «7.3-682, la fait même remonter jusqu'à 31. — • Gai. i, 17. - ' rCck-

puisso s'être produite du temps de Pilate (il quitta en 36 avant la pàque).

Si maintenant nous admettons que la retraite de Paul en .\rabie, suivie d'un retour à Damas ', se place dans la série des événements racontés au chapitre ix des Actes entre ix, 19 et ix, 23 sq. (cf. II Cor., xi, 32), nous arrivons à situer approximativement la fuite de Damas et la visite à Jérusalem, trois ans après la conversion, dans l'automne de 38 ou de 39. Or ces détails chronologiques correspondent au mieux avec ce que nous avons établi et ce qui suit de II Cor., XI. 32. Ce serait apparemment en 37 que Damas aurait fait retour aux Arabes, comme don de joyeux avènement de CaUgula. D'autre part, la mention de l'ethnarque d'Arétas ne saurait se justifier après 10, dernière année du règne d'Arétas IV.

IV. La do.minatio.n romaine et byzantine. — Pour cette période de l'histoire de Damas, nous ne pouvons poser que quelques rares jalons : ù l'époque byzantine, il est rarement question de Damas; les couvres de ses historiens particuliers sont perdus.

Depuis Hadrien, elle porte le titre de ur,T,ir|-oXtç '. Il semble vraiseml>lal)le qu'il faille mettre cette faveur en relation avec le séjour qu'Hadrien fit à Damas ' lors de son grand voyage en Orient (130). A ce premier avantage vint bientôt s'adjoindre l'octroi de la « colonie » romaine sous Alexandre Sévère '. Dotée par Hérode d'un gymnase et d'un théâtre'", elle célèbre des jeux fameux, les Sebasmia ", dont la mention se retrouve sur son monnayage, de Caracalla à Gallien'%

La province de Syrie ayant été divisée à la fin du II» sièile (vers 195) par Septime-Sévère " et ayant donné naissance à la Syria Phrenice — formée par la Cnelé-Syrie, la Palmyrène et au moins la moitié méridionale de l'.\paméne — Damas se trouva dévolue ù la province nouvelle et en fut même la capitale, bien qu'Émèse eût comme elle le rang de métropole '*.

Le morcellement des provinces se poursuivit sous Dioctétien et ses successeui-s. Tandis que la liste de Nicée (325), .Annnien Marcellin (353 ?), la liste du concile de Constantinople (381), celle d'Autioche (431) attribuent encore Damas à la Phoenice, les souscriptions du concile de Chalcédoine (451), Iliéroclès (vers 535), Georges de Chypre (vers 575) la placent dans la Phœnice ad Libanum ".

Pour Damas, l'heure de la décadence n'avait pas encore sonné : elle demeure une cité florissante, adonnée au commerce et en relations incessantes avec l'Orient. Dioclétien y installe une manufacture d'armes et un arsenal " : c'est peut-être même de cette époque que daterait la renommée des aciers damasquins. Au temps de Julien ", c'est encore la plus belle ville de l'Orient : 'éSji vàp o![j.a'. Tr,v Aïo; -d/.iv iXrfiihi xïI tov Tfiç étoa? ôçOa/.|j.riv" tÎjv ispàv /.ai |i.£Y'-'rr|V Aa;jia3zov Xeyw toï; ts âXXot; aj|JL::a3iv xai Uptûv zalXXei zal veûv ^J.l'(éf)i^ y.al ûpùiv eùxaipia /.ai ;:riYûiv àyXaia xal roTaudiv TiXriOet /.ai jf^i cùf opia vixcîiTXV [iovr,v apa /.ai tù TO'.oJToi 9 JTio ;:poç Tr|V toj OaJiJiaTOç !ir.iao/r,\i àp/.iaai. L'estime

hcl, Doririna ntimmorum, t. iti, p. 331 ; de Saulcy, Numisnintiqtie de la Terre Sainte, p. 37, 1-5. — 'W. Webcr, IJntersitchtmgen ziir CeKChlchte des Kaisers llndrianus, p. 238, n. 802. — • Mionnct, Descriiillnn, t. v, p. 2020. I. l->kliel, Dnclrinn ntimnmnim, I. m. p. 331, qui plucc ccl événement sous Philippe, est dans l'erreur. — '" .loséplir, Bell, hid,, I, \xi, 1 1. — " Sur les Sehnsniln, cf. Corp. inscr. lai., l. xiv, n. 474: Corp. imcr. .-MI., t. m. n. 129. — " Kcklicl, Doclrina nnmmorum, l. m, p. 331 ; Mionnct, Description, I. v, p. 291- 297; Suppl., t. viii, p. 197-20G. — " Brûnnow, Die Prouincia Arabia, l. m, p. 250. 251. — ".\inmlcn Mnrccllln, XIV, 8, 9. — " Cl. les lahicaux établis par Urunnow, op. cit., t. ni, p. 260-2r>l. — " Malalus, Chronogr., xii, p. 307; S'otilia dignitatnni Orientis, éd. BfickInK. t. i, p. 38. — "Julien, Fpist. ad .Serap., éd. Ilrrtlcln, cp. xxiv, t. il, p. 506-507.

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que Julien professait pour Damas ne la mit pas à l'abri de la réaction violente qui alla atteindre jusque, là le christianisme. La colonie juive, qui y était encore puissante au iv siècle, ayant senti que le vent avait tourné, se retourna contre les chrétiens et mit le feu aux deux basiliques de la ville. Saint Ambroise ', qui nous raconte le fait, assure même qu'ils en avaient reçu l'autorisation.

Sous les Byzantins, Damas garda son importance. Elle le dut surtout à sa situation qui en faisait un poste avancé du côté du désert. C'est ainsi que nous trouvons un duc à Damas - qui a son rôle dans la ligne de couverture de l'empire renforcée par Justinien '.

Établi dès la première heure à Damas, le christianisme s'y développa rapidement et y devint prospère. T^a communauté y acquit bientôt une teUe importance que les destructions de temples, dont Théodose s'était fait l'ouvrier en Syrie, purejit s'étendre jusqu'à Damas : le grand temple de Jupiter damasquin fut transformé en église ♦. Cette église n'était du reste pas la seule : lors de la conquête arabe, le traité en garantit quinze aux tributaires '. Parmi elles s'en trouvait une dédiée à saint Léonce (olzov toj xyioj AsovTtoj), don de l'empereur Justinien '. L'évèque de Damas ' venait, dans la hiérarchie du patriarcat d"Antioche, immédiatement après le patriarche. A Damas, on rencontre un archipresbyte ', titre qui répond à ce que l'on nomme ailleurs àp/v-p£iÇJT£fo; ou -fwTo-pe^ôJTEpo;.

Exposée comme elle l'était en première ligne aux invasions orientales, Damas eut beaucoup à souffrir des luttes entre les Byzantins et les Perses. Une bataille où les Arabes eurent le dessous, fut aussi livrée dans son voisinage en 453 '. Sous Héraclius, en 614, eUe fut prise par les Perses et une bonne partie de ses habitants (Àao: -oÀJ:) furent déportés comme esclaves en Perse '". C'était le commencement de la déchéance, si l'on veut, ou le prélude d'une nouvelle ère de prospérité, celle que Damas allait connaître au i«' siècle de r Islam : ce fut de son histoire la page la plus brillante ' '.

Après la bataille du Yarmouk qui brisa défnùlivement la puissance des Bjzantins, Damas tomba au pouvoir d'Abou 'Obaida et de Khalid (635). Il ne semble pas que la viUe ait dû être enlevée de force; il est plus probable que le siège '" de plusieurs mois " se soit terminé par des négociations. Damas paraît bien avoir capitulé '* et ce serait le propre père " de Jean Damascène, Sergius, fils de Mansoùr, ou Mansoùr, fils de

■Episl., XL, 15, P. L., t. XVI, col. 1154. Il ajoute : quarwn una vix reparala est, sed Ecclesiœ, non synagogœ, impendiis; altéra basilica in/urmibus horret ruinis. — - Malalas, Chronogr., xviii, p. 441. — • Ch. Diehl, Justinien et la ciailisation byzantine, p. 230. — 'Malalas, Chronogr., xin, p. 344-345; Chronic. pose, i, n. 561. — » Voir la liste dans Ibn 'Asâkir, traduction Sauvaire, Journal asiatique, 1S96, t. I, p. 403. — • Procope, De œdiftciis, V, ix, éd. Bonn, t. III, p. 328. — ' Le Quien, Oriens chrislianus, t. II, p. 833-838, à compléter, pour les listes jacobites, par t. II, p. 1423-1428; Revue de l'Orient chrétien, 1901, t. VI, p. 194; Echos d'Orient, 1907, t. x, p. 95, 140; ^I- Machriq, 1909, t. xii, p. 912 sq. Voir aussi The calhnlic encgdopœdia, t. iv, p. 611-613. — * Vita Stephani Sab., n. 61, dans Acta sanctorum, julii, t. in, p. 528. — • Dexippi, Eunapii H istoriarum quœ supersunt, éd. Bonn, p. 159, 10. — "Cedrenus, éd. Bonn, t. i, p. 746; Theophane, Clu'nnogr., éd. Bonn, t. i, p. 463. — " A. v. Krenier, Culturgesehichte • 1,-s Orients unter den Chalilen, t. i, p. 114-158. — " Il vaut uiieux parler des sièges, car il y en aurait eu, non pas un, mais deux. Voir la discussion de ce problème historique dans Caetani, .4nnali deW lslam,t. m, p. 326-442. Le P. Lammen> a accepté les conclusions favorables au double siège. Mélanges de la Faculté orientale de BejTouth, t. iv. p. l. — "Quatre mois ou 70 jours (autre source); cf. G. Weil, Geschichte der Chalilen, p. 46-49. — "De Gœje, .Mémoire sur la conquête de la Syrie, p. 99. — "Comme saint Jean Daniascéne serait mort en 7 19 (faillie, dans Échos d'Orient,

Sergius, — les auteurs arabes emploient les deu.x appellations — ou Sargoùn tout court, qui aurait mené les négociations ". Les conditions de la capitulation semblent avoir été assez douces. D'après certains témoignages, la ville aurait été partagée entre les habitants et les conquérants : ceux-ci occupant le quartier ouest, tandis que le quartier est, de part et d'autre de la " Voie Droite », demeurait aux chrétiens et aux juifs. Damas comptait alors plus de quinze églises : quatorze leur furent laissées " et la quinzième — - la grande basilique — aurait été partagée entre chrétiens et musulmans. Ce fait, analogue à celui qui se passa à Homs, en 666, n'était pas une vexation, mais s'inspirait simplement du besoin qu'avaient les Arabes d'un vaste local pour leurs assemblées politiques ". Nous verrons d'ailleurs qu'il est loin d'être certain. Des églises dont les chrétiens gardaient l'entière propriété, celle de Sainte-Marie paraît avoir été une des plus célèbres. EUe passait, au dire d'ibn Jubair, pour le premier monument chrétien de tout l'Orient après l'église du Saint-Sépulcre; elle ne fut détruite qu'en 1260 à l'annonce de la défaite des Mongols près de Tibériade. Les chrétiens d'ailleurs ne paraissent pas avoir été molestés par les conquérants '•. Les califes ne prirent pas ombrage de l'exercice du culte chrétien : jusque sous le califat de Hicham, une église, celle des monophysites, demeura contiguë au palais du caUfe ". On voit les fidèles s'empresser aux offices de nuit et, pour ne pas y manquer, passer, comme à Édesse, lu nuit dans les églises : ainsi, par exemple, dans l'église de Saint-Serge (h tù Upùi -où i-^{oj S^ovio-j vaû) ". Moâwia lui-même qui, dans sa vieillesse, soulTrait d'insomnies et était réveillé chaque nuit par le son des cloches de la cathédrale voisine de la Hadrà' n'ose pas les taire taire; il eut recours à une ruse, celle-ci n'ayant pas abouti, il s'en tint la ''. Peu soucieux de se dissimuler, les chrétiens portent presque tous à leur cou de petites croix, souvent de vrais reUquaires contenant des parcelles de la vraie croix -^. D'ailleurs, à quelques exceptions près ", les illustrations de Damas dans le domaine rehgieux datent de la période arabe : ainsi saint Sophrone, qui occupa le siège patriarcal de Jérusalem (634-638), et a laissé des traces honorables dans la poésie, l'hagiographie, l'hcmilélique, saint André de Crète (vers 650-720), saint Jean Damascène... De tout cela se dégage une impression singuUèrement favorable à la tolérance de ces Arabes qui avaient

1906, t. IX, p. 28-30), U semble plus vraisemblable de compter au moins deux générations entre le négociateur de la capitulation et son illustre descendant. .Analectit botlandiana, 1910, t. xxix, p. 214-216. — " Lammens, Etudes sur le régne du calife omaigade Mo'ûwia I^', p. 386-:J92 (.A/élanges de la Faculté orientale de Beyrouth, t. m, p. 250-256).

— '^Journal asiatique, 1896, t. i, p. 403; A. v. Kreiner, Mittelsyrien u. Damaskus, p. 21-22; D. S. Margolioulh, Cairo, Jérusalem, Damascus, p. 234-235. L'auteur de la liste ne cite que treize noms et, dans le nombre, il y a une synagogue; ses localisations ne sont qu'approximatives.

— *^ Lammens, Ftudes sur le règne du calife omaigade Mo'ûwia I", p. 8, n. 5. — " Des chrétiens se trouvent parmi les favoris de Mo'ftwia : son premier médecin, son ministre des finances, le précepteur de son frère, son poète favori Akhtal étaient chrétiens. Revue de l'Orient clirétien, 1903, t. VIII, p. 326. — '•Sevcrus Uen MoqalTa' (éd. Scybold, Corp. script. Orientalium, scr. .Xraliica, t. ix), p. 153 dernière ligne; Lammens, Le califat de Yazid /*"', dans Mélanges de la Faculté orientale, t. v, p. 630, n. 1. — '' Référence dans Pargoire, L'Église byzantine, p. 331. Voir spécialement, pour le dernier trait cité, Vita Stephani Sab., n. 61, .4c/a sanctorum, julii, t. m, p. 528. — *• Lammens, Études sur le régne du calife omaigade .Mo' àwia I", p. 54, n. 9. — " Parsoire, L' Église byzantine de y.'rà S47,p. 223, et les références citées: Syntagma, éd. Rliallés-Potlés, t. il, p. 474; iVar. rai. Anastas., n. 45, 53, dans Oriens c/u-isdonus, 1903, p. 65, 78.— " V. ç;. .Jean Mosohus (578-602), auteui du l'ré spirituel.

DAMAS

tendu tous leurs efforts pour conquérir cette Damas chantée par leurs poètes ' et pour laquelle ils se vantaient de combattre à Siffîn et de « sacrifier leur part de paradis -. » Le seul coup vraiment fatal qu'ils aient porté à la prospérité de Damas date du jour où les Abbasides (750) quittèrent Damas pour aller établir à Bagdad le siège de leur califat. Ce fut le déclin irrémédiable.

V. Monuments de D.\mas. — De la grande cité des Omaiyades il reste bien peu de chose '. La Hadrâ', le palais bâti par Mo'àwia quand il était gouverneur de Syrie, en arrière de la grande mosquée avec laquelle il communiquait par la porte sud, a été détruite par les .\bbassides *. Rien n'a survécu non plus des autres édifices en bois et en briques qui excitaient l'admiration

pour le transformer en éghse et que les travaux de construction de la grande mosquée des Omaiyades se soient faits en partie aux dépens de ce que le marteau des ouvriers byzantins avait épargné, on peut encore se faire une idée de la disposition et de l'aspect que devait présenter le temple damasquin '°.

2" Les murailles. — Les murailles de la ville ont été partiellement épargnées. Souvent rebâties, elles reposent, du moins en plusieurs points, sur des assises indubitablement romaines. Si l'on part de la porte orientale (Bàb Charki), dont la triple baie est encore visible et remonte à l'époque romaine, on rencontre, à 80 pas de là, à l'angle sud-est de la muraille, les vestiges d'une tout romaine qui fut démolie sous

• Plan de Damas.

de Mukaddasi '. Les anciens pèlerins ont décrit sa ceinture de murailles : amplo murorum ambitu et crebris munitaturribiis ", et c'est à peu près tout (fig. 3539).

Moins maltraitée par le temps, la Damas de saint Paul a laissé quelques vestiges qu'il est intéressant d'étudier. Si le gymnase et le théâtre d'Mérode ' ont totalement disparu, le temple du moins et les murailles ont laissé des traces appréciables.

1° Le temple. — Le temple superbe dédié à Jupiter Damascenus » était le plus vaste des temples de la SjTie : sa longueur atteignait 320 mètres. A l'entrée de chacune des ouvertures principales du péribole se dressait un arc monumental, haut de 20 mètres, large de 25. Seul celui du front ouest a survécu en partie (fig. 3540). Bien que Théodose' ait fait subir à ce monumental sanctuaire une destruction méthodique

' Citations dans Rittcr, Erdkundc, t. xvii, 2" part., p. 1344-1345. — = Lammcns, Éludes sur le régne du calife umaiuade Mo ' ûwia /", p. 240, n. 3. — 'La citadelle est d'une époque postérieure; elle a été achevée en 1184. — «Sources citées par le P. Lammcns, thiiis Revue de l'Orient elirélien, 1903, p. 325, n. 1. — ' l'alesline Pilgrinis, Texl Socielu, t. III, p. 16. — «Citations de Bédé et d'Arculf P. Gcycr, Ilinera Hierosolyntitana, dons Corpus scriptorum eccleslas-

Ibrahim Pacha. La muraihe court ensuite dans la direction du sud-ouest sur une longueur de près do 350 mètres et aboutit à une porte murée flanquée d'une tour, toutes deux d'époque arabe. On suit encore la muraille sur une longueur d'un peu jjIus de 200 mètres jusqu'en face de Bilâl el- llabilchî; ])uis, dans la direction de l'ouest et du nord-ouest, on retrouve encore, sous les superstructures arabes, les anciennes assises. A Bàb es-Saghir, la porte romaine subsiste encore. A partir de là, on rencontre d'importants segments de la muraille laissant entrevoir presque partout les fondations romaines ". La ville antique s'étendait donc à peu près exclusivement sur la rive méridionale du liarada et affectait la forme d'un rectangle allongé, don' la citadelle, élevée sur un soiiliasscnicnt antique, occupe l'angle nord-oiiesl.

iieoruin laliiwrum, I. xxxviii, p. 320, 2711.— ' Josèplie, Bell. jud.,i, XXI, 11. — ■ Pauly-Wlssowa, licalcncyclopœdle, mi mot /Jnmascemis;Pcrdrizet,dnnsRcimc(>(Mfi7i<p, H)lll),p.440- 441. — • Malaln», Chronogr., t. xiii, p. 344-345; Chronic. /Ki.vr., t. i, p. 561. — '«Voir les plans de l'ortcrs, Spler», Diekie, ilunaucr. — > "Description détaillée des murailles dan» Porter, Five years in Dama-icus, t. i, p. 40-55; PococUc, AdeicrtptionoftheEast.t- "..P- 118-119.

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A l'époque romaine une voie, analogue à celles que l'on rencontre encore à Palmyre et à. Gérasa, coupait la ville à peu près d'est en ouest, de Bàb Charki à Ijàb el-Jabiali '. Elle était formée d'une triple avenue divisée par des colonnes corinthiennes : on en trouve de nombreux tronçons à une profondeur de 10 pieds au-dessous du sol actuel. C'était, suivant l'avis de Porter ^ la « rue droite » — r, yJ\i.T, f, zaÀouaÉvr; vJ)i\7. — dont parlent les Actes, rue d'un superbe développement, d'un mille anglais de longueur et d'une largeur d'environ 100 pieds

l'identification Pococke proteste faiblement, s'étonnant que la route de Jérusalem à Damas ait pu aborder la ville par l'est et non par le sud.

Une autre tradition qui semble antique place le lieu de la conversion à deux milles de Damas. Voici les témoignages :

Antonin de Plaisance (?) (vers 570) écrit : Inde per Galilxam ascendimus et venimus Damascum. Ibi est monasterium a miliario secundo, ubi sanctus Paulus est conversas, vicus qui vocatur rcctus, in quo mulla: fiunt virtutes '. Mais l'autre rccension » porte : venimus

Ancien arc de triomphe, à Damas. D'après une photographie.

VI. Les souvenirs de s.\int Paul a Damas. — C'est dans le cadre circonscrit par les remparts qu'il faut situer les souvenirs de saint Paul. Mais auparavant, il importe de sortir de Damas pour se mettre à la recherche de l'endroit où la tradition place la conversion de l'apôtre.

1° Le lieu de la conversion. — Sur ce point la tradition n'est pas uniforme ^. Une tradition relativement récente, que Porter * ne croyait pas remonter au delà du xviii= siècle, mais qui est peut-être quelque peu plus ancienne, puisque Pococke ' la connaît et que Quaresmius ' y est favorable, désigne un point situé à un demi-mille à l'est de Damas, dans le voisinage du cimetière chrétien. On y montre des fondalions assez importantes, larges de 10 à 17 pieds, longues de 70 et hautes de 4. 11 est diflicile de déterminer ce que dut porter ce soubassement. Contre

' Cf. Andersen and Spicrs, The architecture ol Greece ami Rom, 2" édit., p. 197. Suivant ces auteurs, elle aurait eu une longueur de 1 550 pieds (chiffre trop faible); celle de Gérasa en a 1 880. — ' Porter, Five «ears m Damascus, 1. 1, p. 47-4S. — ' Quaresmius, Terne sanctœ elueidatio, t. n, p. 656-657, en connait quatre. — 'Porter, op. cit., t. i, p. 13. — ' .1 UlCl. D'AllCH. (..Hlllil .

Damascum, ubi est monasterium, ubi sanctus Paulus conversus est in vicum qui vocatur reclus... Il ne faut donc pas abuser de cette autorité.

Le témoignage de Willibald se présente aussi sous une double forme (rédaction de la nonne d'Heydenheim) : Et inde (Damasco) sunl duo milita, ubi fuit ecclesia et in illo loco primum conversus est Paulus '. La rédaction de l'anonyme porte seulement : fusa oratione in illa ecclesia, quee nunc in loco conversionis sancti Pauli emicat, venerunt in Galilœam in vicum Nazareth.

Même indication du deuxième mille chez Fretellus (xii» siècle) : secundo miliario a Damasco locus est in quo Sauli Christus apparuit... '°.

La Descriptio Terrœ Sanctse de Jean de Wiirzb urg (xii« siècle) place également la conversion secundo milliario a Damasco ", mais sans indiquer l'orientatioQ.

description o/ the E ist, t. ii, p. 119. — • ï'errœ sanctœ elueidatio, t. il, p. 756. — ' G. Peyrc, Ilincra Hierosolymitana, p. 190. — ' Ibid., p. 217. — • Tobler, Descripliones Terrse sanctœ, p. 25, et Tobler et Molinier, ili'ncro Hierosolymitana, p. 260. — " P. /-., t. CLv, col. 1042. — " Tobler, op. cit., p. 184.

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Enfin, au xiv» siècle, Antoine de Crémone ' ne parle plus que d'un mille : prope Damascum per milliare est locus ubi apparuit Christus.

Plus sûre, croyons-nous, et. en tout cas, plus généralement attestée est la tradition qui situe à Kaukab, à environ 15 Uilomètres au sud-ouest de Damas, sur la route de Jérusalem, le lieu de la conversion. C'était la localisation admise au temps des croisades -. On la

même, deux sites ' mis tous deux en relation avec saint Paul, la colline de mar Boulos et le village de Kauliab, situé à 1 kilomètre plus à l'ouest sur une colline plus basse que celle de mar Boulos.

Or, mar Boulos est tout simplement un petit cratère volcanique tout autour duquel se trouvent les restes d'un petit sanctuaire païen, simple haut-lieu délimité par des murs en blocs de basalte bruts ou à peine dégros -

Tour de Damas du haut de laiiuclle saint Paul fut descendu dans une corbeille. D'après une pliotographio.

retrouve cliez le chevalier d'Arvieux ', Tiicvenot S Pococke ^ Les modernes ' l'admettent sans restriction. .\ vouons cependant que seule la tradition donne (fuclque vraisemblance à cette localisation, car les restes archéologiques sont vraiment trop pauvres et trop peu significatifs pour fournir un argument de quelque poids. 11 y a lieu de distinguer, à Kaukab

' Zcilscltri/t des deuLtcben Paldslina-Vercins, 1S90, t. xiii, p. 155. — ' Jacques de Vitry, llistor. Jerux., dans Gcsta Dci per FrancoStp. 1073. — • Mémoires du clieualier d'Aruieux, t. II, p. 457. — ' Voyages de M. Théuenot tant en Europe qu'en Asie et en Afrique, t. il, p. 687. — ' A description o/ tite East, t. II, p. 128, qui signale, au village de Deirout-Cnucab, une grotte où Paul se serait caché le premier jour (|ui suivit sii luite (le Damas. Voir aussi Nouueaux mémoires des missions de lit Compagnie de Jésus dans le Levant, \T21, t. vi, p. 109-171. — • Ainsi Porter, Fiue years in Dainascus, t. i, p. ■13;Guérin, Description de la Palestine. III. La Galilée, t. i.

sis. Un téménos en contre-bas semble avgir enveloppé le sanctuaire. Plus bas encore, ù une vingtaine de mètres au-dessous du sommet, dans la direction nord-ouest, une grotte naturelle s'ouvre dans le liane du cùne '. Tout porte à croire qu'il n'y eut jamais là ([u'un petit sanctuaire païen, remontant tout au moins à l'époque romaine. Comme tant d'autres, il fut désalïeclc et on

p. 409; les guides de Terre Sainte (sauf lo P. Barnabe Melstcrniann). — ' Je dois ces renseignoinents si précis au P. S. Honzcvalle qui a bien voulu étudier sur les lieux les traces archéologiques que la tradition peut revendiquer comme appui. — ' Le Mémoire sur la ville de Damcui et ses dehors, dans Nouveaux mémoires des missions de la Compagnie de Jésus dans le Levant, t. vi, p. 170, note à ce propos : ■ Vers le milieu de cette montagne, 11 y a un vieux monastère ù demi détruit, qui n'a conservé d'entier qu'une grotte, dans laquelle ù peine un homme pcut-ll se tenir debout. ■ Visiblement Us restus (lu téménos ont été pris pour l'enceinte du monastère.

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l'aura mis en relation avec saint Paul à cause de son caractère sacré et comme pour mieux l'exorciser.

C'est dans le voisinage de Kaukab, à 30 ou 40 mètres plus bas que le hameau, au sud-ouest et presque au ras de la plaine, (|u'auraient eu lieu la chute et la conversion de Paul. L'emplacement que l'on montre est aujourd'hui occupé par un cimetière musulman. On y trouve quelques débris : une base de colonne d'époque chrétienne portant sur deux faces opposées du bandeau les deux lettres MA et sur le dé un T; un tronçon de fût de colonne d'un diamètre supérieur à celui de la base précitée, un fragment d'architrave à trois fasces et quelques beaux blocs. Ces matériaux semblent avoir appartenu à une église qui aurait été élevée sur l'emplacement que la tradition désignait alors comme

i trouve une petite mosquée qui passe pour marquer l'emplacement de la tombe d'Ananie. Il est difficile de décider si la tradition n'a pas émigré depuis le xvn« siècle et si celle que nous trouvons attestée à cette époque n'était pas conventionnelle. La maison de Jude que l'on visite aujourd'hui est une vulgaire médressé musulmane qui n'ollre plus rien d'antique.

3" Maison d'Ananie. — La maison d'Ananie se visitait au même titre que celle de Jude. Nous avons sur elle les mêmes témoignages ', plus celui de Pococke : Tous s'accordent à la situer entre Bûb Charki et Bàb ïouma et signalent sa chambre souterraine qui aurait communiqué par un tunnel avec la maison de Jude. Thévenot prétend que cette « cave » était autrefois une église et qu'on y voit encore quelques restes du pavé

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3542. — Inscription de la porti' méridionale (haie centrale) de la basilique de Saint-Jcaii. — D'après une photographie.

étant celui où Paul aurait trouvé la foi. Bien maigre témoignage que celui de ces ruines : il n'y aurait même pas à en faire état, si nous n'avions en faveur de Kaukab les attestations du moyen âge. Les paysans ont, en effet, continué de montrer, sur un des blocs équarris assez dégradé, des lusiis nalurw qui simulent vaguement un cavalier. Ils désignent le cavalier : ce serait saint Paul I Et l'on serait tenté de croire que la tradition n'a pas d'autre origine, si nous ne la trouvions attestée bien des siècles sans doute avant qu'on eût donné un sens aux dégradations d'un bloc de calcaire à demi désagrégé.

2" Maison de Jude. — C'est dans la maison de Jude, dans la « rue Droite » ' que Paul reçut l'hospitalité. De bonne heure, on montra à Damas une maison de Jude -. Pietro délia "Valle ■' la vit au milieu du xviio siècle et la décrit comme « un petit réduit » au niveau d'une cour. Thévenot la signale deux fois : il la place près de Bàb Charki et y admira « une gronde porte de fer avec de grands clous *. » .V peu de distance au delà de Bâb Charki, il y aurait eu une grande égUse dédiée à saint Paul dont les Turcs firent un khan '. Les Nouveaux mémoires des missions de la Compagnie de Jésus dans le Levant « signalent aussi, et près de Bâb Charki, dans la maison qu'on dit être celle de Jude, « un petit cabinet qui n'a que quatre pieds de large et deux de long. »A quarante pas de la maison, se

' Actes, IX, 11. — = Qiiaresmius, Terra; sancte eZucidado, t. II, p. 660-661 ; B. Meistermann, Nouveau guide de Terre Sainte, p. 456-457. — » Les fameux voyages de Pielro délia Valle, t. I, p. 372. — « Voyages de M. de Thévenot tant en Europe qu'en Asie et en Afrique, t. ii, p. 691 ; t. m, p. 50. Même remarque de d'Arvieux, Mémoires, t. il, p. 454. — • Thévenot, op. ci(., t. ii, p. 691.— • Tome vi, p. 121.— ' Quaresmius, Terra- sancta: elucidatio, t. ii, p. 659-660 (où il en donne un plan); Les fameux voyages de Pielro délia Valle. t. i, p. 372; Voyages de M. de Thévenot..., t. il, p. 692; t. m, p. 47; Mémoires du chevalier d'Arvieux, t. H, p. 455- 456; Nouveaux mémoires des missions de la Compagnie de Jésus dans le Levant, t. vi, p. 122-123: B. Meistermann, Nouveau guide de Terre Sainte, p. 457. — " A description

en mosaïque; on en aurait fait une mosquée'. D'Arvieux au contraire et le mémoire du jésuite attestent la vénération des musulmans pour cet endroit, mais nient qu'ils aient pu arriver ;i le transformer en mosquée. Rien d'antique non plus à signaler dans la maison d'Ananie que l'on visite actuellement : petite église avec une crypte appartenant aux Latins '".Tout près sont les ruines de l'église de la Croix mentionnée par Ibn 'Asàkir.

Le tombeau d'Ananie " est aussi problématique.

On ne manqua pas de montrer à Damas la fontaine où Paul aurait recouvré la vue el aurait été baptisé '=; c'est un souvenir qui s'est perdu.

4° Le lieu de l'évasion. — La locahsation du récit de la fuite " a pour elle plus de VTaisemblance. Si on laisse de côté la fenêtre, certainement moderne, il n'est pas impossible que ce soit près de la porte murée de Bâb Kîsàn •* qui est d'époque arabe, mais il semble sûr qu'elle ait succédé à une porte plus ancienne (lig. 3541).

L'histoire de la fuite de Paul est agrémentée d'une légende. On y assigne un rôle au portier Georges qui aurait été soupçonné d'avoir aidé Paul et lapidé par les juifs. Son tombeau se trouve hors des murs près de l'emplacement de la fuite '^

Inutile d'insister sur la maison de Naaman qui semble avoir dû à une léproserie qui y fut installée ce patronage biblique. Il suffira aussi de signaler d'un

o/ the East, t. Il, p. 119. — ' Même attestation dans Pococke. — "' Porter, Five years in Damascus, t. I, p. 56; B. Meistermann, Nouveau guide de Terre Sainte, p. 457. — " Voyages de M. de Thévenot..., t. m, p. 50; Nouveaux mémoires..., t. VI, p. 122. — " Les fameux voyages de Pietro delta Valle, t. 1, p. 372; Voyages de M. de Thévenot..., t. il, p. 690-691 ; Pococke, A description of the East, t. Il, p. 119. — "Actes, IX, 25; II Cor., XI, 33. — "Témoignages concordants de Pietro délia Valle, t. i, p. 372; Thévenot, t. ii, p. 69J ; t. m, p.49;d'Arvieux, t. II, p. 455;.\'oiiu. mém..., t. vi,p. 123;Porter, t. I, p. 42. 'Voir aussi la discussion de Quaresmius, Terrœ .<ianctœ elucidatio, t. Ii, p. 061-662 et les 6"mdes de Palestine. — "Thévenot, t. ii,p. 691; t. m, p. 48-49; Pococke, t. ii, p. 119) d'Arvieux, t. ii, p. 455; Nouv. Mém vi, p. 123-125.

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mot le nom de Bàb Tourna, qui viendrait à cette porte d'une église dédiée à • l'apôtre que Thévenot vit en ruines ». Noter encore l'église de Saint-Nicolas transformée en mosquée, au dire du même voyageur -.

Enfin c'est par une confusion bien explicable que

tuelle, reconstruite elle-même plusieurs fois '. Au temple, du moins, appartiennent les inscriptions dispersées un peu partout dans les murailles plus récentes ">. L'église eut, elle aussi, ses inscriptions et, comme celles qui ont survécu sont encore in silii, elles permettent de reconnaître dans la triple baie du sud — qui appartint

Inscription de la porte méridionale (baie latérale de gauche) de la basilique Saint-Jean. D'après les SoiweUes archives des missions scientifiques, t. x, Paris, 1903, p. 702.

VAger Uamascenus ', lieu prétendu de la création d'Adam, a été transporté, du voisinage d'Hébron ', au midan de Damas '.

VII. L'ÉGLISE Saint-Jean. — L'église Saint-Jean " était un des plus beaux monuments religieux de Damas. Née d'une transformation du temple de Jupiter Damascenus sous Théodose ', elle aurait été restaurée par Arcadius ». A son tour, elle fut en partie démolie, en partie transformée en mosquée sous le califat de Walid 1='. Ces reconstructions successives, faites du reste par des architectes détalent, rendent très ardu le départ des différentes époques dans la mosquée ac-

' Voyages de M. de Tliivenot, t. m, p. 45, 60. — ' Ibid., t. III, p. 66. — ' Voir la discussion très curieuse de Quarcsniius. Terrai sanclœ eluciJatio, t. ii, p. 582-586. Il se prononce pour un troisième agcr Damascenus, situé en Mésopotamie. — ' Lutz et Pcrdrizct, Spéculum Itumanie Saliiaiionis, t. I, p. 182-183. — ' Témoignage de Thévenot, t. m, p. 67 ; de Wansleben et Carcavy, dans Oinunt, Missions archéologiques Ircuiçaises en Orient aux \ vil' cl A !•///• siccles,t. i, p. 88. — ' C'est par une double erreur ciuc Tliévcnot (t. il, p. 690) en lait une église de saint Zacliaric cl l'attribue à Héraclius. .Même erreur de Pococlic, t. ii, p. 121, et de Quaresmius, t. ii, p. 658. — ' Malalas, Clironngr., xiii, p. 344- 345; Ctiron. pose., i, p. 561. — • C'est du moins ce dont semble témoigner une inscription, découverte près de Bàb .li'iriiun, au début du xix" siècle, imnièdiatemcntdétruitc et dont l'unique copie s'esi perdue. Elle n'est connue que par

d'abord au temple — une des entrées de la basilique théodosienne.

Sur l'ouverture centrale" on lit (figure 3543) :

t ' Il ^xaûJ.-x co'j, XfoiSTÉ), ^cfSÙJ.y. :retvT<i)v tûv aioivwv xai r, oiÇTtoT!» cou sv Triavi ffjîî xai Ysveqi.

Le linteau de la baie latérale de gauche, obstruée par le grand mihrab, portait aussi une inscription qui fut découverte par .M. Dussaud (lig. 35 12) '= :

t '0 ©(cb); ÈvBoçaîoij.Evo? èv p&uÀy, àyùov, i^ÉYaç ■/.•j.'. ooêsoèç tTÛ -ivTai; to'jç zeptxùxXio aÛToO.

une transcription arabe que Porter (Fiue years in Damascus, 1. 1, p. 72) traduit ainsi : This church o/ the Blesscd John tlie Baptisl was reslurcd by Arcadius, ihe son ol king Theodossiu. • Il ne laut pas exagérer la conllancc que mérilcul In reconstitution et la description de Pococke, A description o/ the Lust, t. II, p. 120-112.— " Jalabcrl, dans Palestine exploration fund, Quarlerly slatemeni, 1912, p. 150-153. — " Corpus inscript. Grœcar., u. 8920 (d'après Ucrggron); Porter, l'ivc years in Damascus, 1. 1, p. 05 ; Waddlngton, Inscriptions grecques et latines delà Syrie,a. 2551 c; libers u. Guthe, l'alwslina in liitd II. WorI, 1. 1, p.417 ; Guèrln, Archives des Missions scicnti/iques et littéraires, 111» série, t. iv,p. 95; Description delà Palestine: Galilée, t. il, p. 304. — " Compte:, rendus de l'Académie des inscr. et belles-lettres, 1902,p. ■<Î63; Dussaud cl Macler, Mission dans les régions désertiques de la Syrie moyenne, p. 29U, n. 178.

DAMAS

Ces textes sont tous deux empruntés aux Psaumes >. Le Père et le Fils étant nommés sur deux des ouvertures de la grande porte, il semble cert;iin que la baie de droite partait elle aussi une invocation, sans doute au Saint-Esprit, et qu'ainsi la triple porte était consacrée à la sainte Trinité.

Une découverte récente (1909) ^ a établi que la basilique chrétienne avait hérité de tous les privilèges des anciens temples en recevant le bénéfice du droit il'asile '. On a trouvé, en effet, à 380 métrés environ de la porte est de la mosquée des Omaiyades, nommée Bâb Gel- | roùn. un fragment de colonne en granit jaunâtre, mesurant 0">92 de hauteur et 0"'()') de diamètre, qui semble avoir appartenu à une colonne composée de plusieurs tambours. Cette colonne délimitait sans doute de ce côté (actuellement elle n'est plus m si7u) le territoire de la basilique qui bénéficiait de l'immunité asiliaire.

La lecture n'offre pas de difficulté spéciale (fig. 3544):

3544. — Inscription de la borne limitant le droit d'asile de la basilique. — D'après l'estampage de M. Giron.

+ "Opo! 7rpo<r[(p]uy!Ou Tupo^TeOivTOç xoîç £xaT£coj6£v â[Y]!oti; o'poiç ■ TOÏi; asv ■KDO(si^s[û]you<Siv v^ xai tov tôit- [ov] xaxaXaaêâvouciv ïy o[v]Teç -rb àcoaXéç' toïç Se aTiayojAÉvoii; &'(-' oùv 3taYû|/.évGtç ÈvteuOsv oùy. 'éyovrsç à(7'iiX£iav, O'.x TÔ ouTQ) aÙToO È[v]Tu~ioO'^va'. ûto tî ToO àytcoTiTOu r,[|ji.]<ôv apy te7:t(j[zo7:ou...

Le sens est incertain sur un point relativement important.Quelles sont, en effet, les conditions nécessaires pour bénéficier de l'immunité garantie par le droit d'asile?

' I-.e premier reproduit le v. 13 du ps. CXLIV, avec l'insertion du nom du Christ, tandis que le second est une transcription du ps. Lxxxvni,8. ■ — ^ Giron, dans Al-Machriq, 1910, t. xiii, p.71sq.; Mélanges de la Faculté orientale de Beyrouth, 1911, t. V, p. 71-75; cf. Hanauer, dans Palestine exploration fund, Qiiarterlii statement, 1910. p. 5; 1911, p. 42, 206-209.— > Sur la dévolution du droit d'asile, apanage des anciens temples, aux églises, cf. Mommsen, Stralrecbt, p. 461 ; Zacharia v. Lingcnthal, Geschichte des griech.-roni. Beclits^ 1892, p. 326 sq. Antres exemples ; Comptes rendus de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, 1901 , p. 453-455 (Cumont) ; Mélanges de la Faculté orjcn(a/c lie Beyrouth, t. v, p. 72, n. 3 (Giron). — *Jerésume ici une communication privée et veux garder au savant professeur l'honneur de son intéressante explication. — ^ Daremberg et Sagllo, Diction, des antiquités à ce mot. — 'Lib. IX,tit. xLv, Icx 4. — ' I.ili. 1, lit. xii, icx 3. — ' Cette loi a passé dans les 'fioiTÙ.u.-x, compilation du ix' siècle. Ct. le i;j/Ta-|'(ia -wv

L'éditeur traduisait : « Limites du refuge attaché aux saintes limites des deux côtés. Ceux qui s'y réfugient ou mêmeoccupent les lieux sont en sûreté, ceux qui s'en éloignent ou qui, par conséquent, ne font que traverser (l'enceinte) ne sont pas en sûreté... «Ainsi les ré/ujiésnesont considérés comme tels qu'en tant qu'ils occupent effectivement l'enceinte protectrice ; on est censé s'éloigner, du fait qu'on s'est borné à /raycrscrl'asile ;on a droit à l'inviolabilité, dans le premier cas ; on la perd, dans le second.

Cette traduction a été contestée par M. Haussoullier • qui propose d'entendre ainsi les prescriptions :

Art. l'!^ « Sont en sûreté (dans lesdits terrains) ceux qui s'y réfugient ou encore ceux qui les occupent. »

Art. 2. « Ne sont pas en sûreté ceux qu'on arrête et puis qu'on entraîne à travers lesdits terrains. »

Il y aurait là une allusion à l'à-ayorfr; '. Il s'agirait de délinquants au collet desquels la police aurait mis la main (à.r.ciYJ[J-^''oi) et qu'on emmènerait devant le magistrat. Ce n'est pas parce qu'on leur ferait traverser (otaYfj'acvo!) lesdits terrains qu'ils seraient en sécurité.

Quoi qu'il en soit de cette double interprétation, l'inscription délimitait jusqu'où s'étendait la zone de protection du sanctuaire. Cette question fut réglée par la loi de 431, insérée au Code Théodosien « et au Code Justinien ', qui spécifie que, non seulement les autels et le temple où l'on prie, mais encore tout l'intervalle compris entre le temple et les premières portes de l'église qui viennent après les lieux publics — que cet espace soit occupé par des maisons, des jardins, des cours, des bains ou des portiques — doit protéger les réfugiés qui y pénètrent à l'égal du sanctuaire ».

La richesse et l'ampleur de ce vaste monument devaient être une tentation pour les conquérants, désireux de se procurer un local pour leurs réunions politiques, car la prière du vendredi n'existait pas encore. Songèrent-ils à la confisquer ou bien étendirent-ils à la basilique le partage réaUsé dans les quartiers de la ville » ? C'est là un gros problème historique. De nombreux témoignages affirment le partage et ajoutent même qu'il aurait duré de 14 à 86 de l'hégire (635-705). Aussi la majorité des historiens l'ont-ils accepté sans discussion. Cependant à ce partage tpii attribuait aux musulmans la moitié orientale de l'église ", — celle précisément qui contenait l'autel, — tandis que les chrétiens étaient relégués dans la partie occidentale, le prince Caetani a trouvé bien des difficultés. Conduit à une revision des témoignages de la tradition, il y a bientôt démêlé des incohérences, des contradictions. Le classement des sources a montré que les documents les plus anciens et les plus dignes de foi ne connaissent point ce prétendu partage. Le pèlerin Arculf, qui visite Damas 30 ans après la conquête, prouve bien par sa description " qu'alors les chrétiens étaient seuls à user de la basilique. La légende qui devait avoir une si extraordinaire fortune n'apparaît que six siècles plus tard. Depuis la démonstration du prince Caetani '-, il faut y renoncer •'.

Oîu.iv y.al tEpàiv Kavôvi.iv de Mathieu Blastarés, éd. Rhallès- Potlés, t. V!, p. 264, ou P. G., t. cxLiv, col. 1289. —'La cathédrale de Homs fut partagée lors de l'occupation arabe, Lamn^ens. Études sur le règne du calite omaiyade Mo'ûwia I" p. 8, n. 5. Même partage de l'église Saint-Vincent de Cordouc. — '° Voir par ex. G. Weil, Geschichte der Chaliten, 1. 1, p. 46-49; V. Kremer, Miltelsyrien u. Damascus, p. 21 ; Ritter, Erdkunde, t. XVII, 2' part., p. 1343-1344, etc. — " Itinera H ierosolymilana, éd.Tobler ct Molinier. p. 1S6 ; éd. Gcyer, p. 270. — " Présentée en résumé au Congrès d'Oxford (Transactions o/ ijie flnrd internat, congrcss /or tlic hislory o/ religions, t. n, p. 333), elle forme un chapitre des Annali delV Islam, t. m, p. 314-352; ct. p. 389-391.— "C'est ce qu'a fait le P. Lammens (dans Mélanges de la Faculté orientale, t. n-, p. l, et t. V, p. 630, n. 1) qui avait précédemment adopté In thèse contraire. ï.ludes sur le régne du cali/e onuiiyade Mo'àwia I", p. S, n. 5.

DAMAS

L'église Saint-Jean ne resta d'ailleurs pas aux chrétiens. Les Omaiyades sentaient le besoin d'une mosquée en rapport avec la grandeur de leur capitale. Ils l'avaient presque sous la main. Une première tentative eut lieu sous Mo'àwia, dans le but d'amener les chrétiens à une cession amiable; elle n'aboutit pas. Walid unit les nienaces aux prières » et dès lors put réaliser le rêve de la dynastie "; mais les historiens

tudes. La mosquée de Walid (fig. 3545), ébranlée par un tremblement de terre en 598 H. (1201) qui compromit la solidité des murs, des minarets et de la coupole S fut dévastée par le feu à trois reprises, en 1069 ', 1401 ' et 1893 '. Cependant les restaurations successives ne semblent pas en avoir modifié la disposition générale. Notre étude pourra d'ailleurs s'aider des descriptions anciennes. Les plus importantes et les

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3545. — Plan de la grande mosquée de Damas, avec indication des restes du temple de Jupiter Damasquin et la basilique Saint-Jean. D'après PaUsline exploration fimd, 1897, pi. 1.

arabes se rendent bien compte que le calife fit violence à la lettre du traité '.

VIII. Transformatidn de la basilique en mosquée. — Là devrait s'arrêter notre élude, si la mosquée de Walid ne relevait, pour une large part, de l'art de bâtir et de la décoration des Byzantins. Cet examen serait du plus haut intérêt, si l'on pouvait arriver i\ des résultats précis, mais il reste encore bien des incerti-

' 11 promettait en compensation de leur rendre quatre églises que la capitulation ne leur avait pas laissées. — ' Caetani, Annali delV Islam, t. ni, p. 352. — • Cf. Margoliouth, Cairo, Jérusalem, Damasriis, p. 235. — ' Van Berciiem, Inscriplions arabes de Syrie, dans Mémoires pnsentes â l'Institut (gypiien, t. m, p. 433. — ' L'incendie de 469 H. aurait eu pour cause une émeute populaire : les quatre murs seuls subsistèrent, cf. Van Berciiem, op. ci(., p. 432, n. 2; H. C. Kay, Journal o/ the royal Asialic Society. 1,S97, p. 335-345. — ' Kn 803 H. la mosquée fut brOK-L-

plus précises sont dues à des musulmans cl celles de Mukaddasl (985) » et de Ibn Jubair (1184) • donnent l'état antérieur aux deux premiers incendies. Ce n'est pas que les voyageurs chrétiens aient négligé ce monument de premier ordre, mais pas plus Belon du Mans (1548), que Pietro délia Vallc (1616), Thévenot (1689), MaundreU (1697), Pococke (17.37), Niehbur (1766), Seetzen, Burckhardt, v. Schubert, v. Richter... ne

par Tamerlan; suivant quelques auteurs, elle aurait été consumée jusqu'au ras du sol. Van Berciiem, op. cit., p. 433, n. 4. — ' Van Bcrchcm, op. cit., p. 428-429. — ' lîdltion du texte arabe par de Goejc, dans Biltliotlicca qcoqr. Arabie, 2" éd., 190G, t. m; traductiiins : anglaise, I.c Strange, Palestine Pilgrinis' lixt .viciety, t. m, p. 17-23; allemande, ZeiLichrilt des deuttclwn Patœsliua-Vcrcins, t. vu, p. 149- 153. — 'Texte arabe : The Travets »/ Ihn .lubayr, éd. W. Wright, 1907; traduction italienne. .Schiapaiclli, Ibn Cuimyr Vinggin..., 1900. p. 2.52-264.

DAMAS

purent pénétrer dans la mosquée '. Tous, à la réserve de Buckingham ', ont dû se contenter de la voir du dehors el de rapporter ce qu'ils en apprirent.

Sur beaucoup de points les sources anciennes ne concordent point et les études des architectes modernes ' n'ont pas encore été conduites avec assez de rigueur pour que l'on puisse enregistrer des conclusions hors de conteste.

Une fois consommée l'expropriation de la basilique chrétienne, l'oeuvre de destruction commença. Walid V mit la main lui-même. 11 monta sur la partie la plus élevée de l'église au-dessus du grand autel et, à coups de hache, abattit la pierre la plus élevée de l'église et la précipita en bas *. 11 s'agit sans doute d'une coupole ou de quelque domus arse dont la disposition nous échappe. Jusqu'où fut poussée l'œuvre de démolition ? Sur ce point il est encore bien difficile de se prononcer. Se sera-t-on contenté de supprimer l'autel et tout ce qui concernait le culte et de faire disparaître

additions architecturales musulmanes se réduiraient à l'insertion du grand transept et à la superposition de la coupole à l'intersection du transept et de la triple nef. L'examen de l'appareil ne serait pas défavorable à cette hypothèse : le mur sud et les deux tours * qui le butent à l'angle est et à l'angle ouest sont sûrement antérieurs à l'islam. Sont-ce des restes du temple ou une construction au moins partiellement chrétienne ? là est la controverse. Mais il n'en reste pas moins acquis que nous avons là une partie notable de l'ancienne basilique Saint-Jean. Le mur occidental et quelques mètres du mur nord semblent par leur appareil remonter à l'époque pré-chrétienne, tandis que les murs est et nord (majeure partie) seraient arabes. 11 ne faut pas trop insister sur ce départ.

Quoi qu'il en soit, un mur au moins — le mur sud — et deux tours » sont communs à l'ancienne église et à la mosquée. Ces tours ont pour nous un intérêt spécial, car ce sont elles qui ont donné naissance au minaret

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3546. — Fragment de mosaïque de la mosquée de Damas. D'après de Beylié, L'habitation byzantine, p. 57.

les annexes, demeures du personnel ecclésiastique, dépôts divers des objets de culte ' ? Ou bien le marteau des maçons de 'VV'alid n'aura-t-il laissé subsister que le gros oeuvTe des quatre murs ? La tradition est toute dans ce dernier sens ■. L'examen de la construction y contredirait plutôt : autant qu'on peut en juger, il y aurait, semble-t-il, identité de plan entre la construction attribuée à 'VN'alid et l'église chrétienne telle qu'on suppose qu'elle dut être. La disposition des rangées de colonnes ' d'est en ouest est également réglée sur le type chrétien. Resterait donc que les

' Bitter, Erhunde, t. xvii, 2' part., p. 1374. — ' Travels nmnng Ihe Arab tribes, p. 307-308. — ' Ph. Spiers, The Omegyad masque, Daniasciix, dans The builder, 1894, t. lxvi, p. 136, 249-250, 330-331; 'VN". R. Lethaby, The church o/ St. John al Damasctis. ibid., p. 210-211; Ph. Spiers, The (ireal mosque o/ the Omeiyades, Damascus, dans Journal o/ royal Instilute o/ Brilish archilects, 1896-1897, TU' sér., t. IV, p. 25-40, 56-61, cf. p. 61-65; du même, The architectural reiiiew, 1900, t. viii, p. 80-88, 103-114, 158-169 (réimprimé dans son ou\Tage Architecture east and west,

1905, p. 213-244); J. Fergusson, A history o/ architecture m ail countries, 3' édit. par Ph. Spiers, 1893, t. ii, p. 522- 525; A. C. Dickie, The great mosque o/ the Omeiyades, Damascus, dans Palestine exploration fund, Quartcrly statement, 1897, p. 268-282, et Ph. Spiers, The grcat mosque o) Damascus, ibid., p. 282-299; H. Thiersch, P/iaro.ç, p. 99- 106, 215-216; R. Dussaud. Compte rendus de VAcadi-mir des inscriptions et belles-lettres, 1902, p. 262-263; G. Marçais, La mosquée d'El-Walid à Damas et son influence sur l'architecture musulmane d'Occident, dans la Revue africaine.

1906, p. 37-56. .^ ' Quatremérp. Histoire des sultans mam-

arabe ". Il procède en droite ligne de la tour carrée syrienne, tour indépendante — tombeau, habitation ou tour de guet — ou tour de flanquement (par exemple : propylées de Baalbek).

Pour réduire les travaux au minimum, les architectes de Walid avaient à adapter le gros ceu^Te des quatre murs à un plan nouveau, à y ajouter le transept nordsud, à ériger la vaste coupole et à décorer l'édifice transformé. Ils y mirent sept ou même huit ans (705-713). Cette tâche exigeait des ouvriers habiles tels que les Arabes n'en possédaient pas encore. Aussi

loiilis, t. u, p. 264 (d'après Ibn Asâkir); Journal asiatique, 1896, t. I, p. 191, 189 (Une s'agirait que de l'autel); variante de Yaqoût dans Le Strange, Palestine under the Moslems, p. 260. — ' Caetani (Annali delV Islam, t. m, p. 391) qui le pense, s'appuie sur le texte cité par Quatremère, op. cit., t. n, p. 265. — " Journal asiatique, 1896, t. i, p. 18G, et les sources citées par Marçais, Hevue africaine, 1906, p. 40, n. 3. . — ' Sans doute beaucoup des colonnes de la basilique furent utilisées sur place; d'autres furent empruntées à des édiflces chrétiens, notamment à l'église Sainte-JIarie d'Antloche. Cf. Maçoudi, Les prairies d'or, édit. Barbier de Mej-uard, t. m, p. 408; Le Strange, Palestine under tlie Moslems, p. 368. — * L'église Saint-Jean semble a\'oir eu quatre tours angulaires. Quatremère, op. cit., t. ii, p. 273. Deux furent démolies, Journal asiatique, 1S96, t. i, p. 215. Le minaret du nord est purement arabe. . — * M. Dussaud a bien \'oulu me signaler qu'il a remarqué sur les murs intérieurs du minaret sud-ouest, sur les assises antérieures aux remaniements arabes, de nombreuses marques de tailleurs de pierre. — "Voir la thèse développée par II.^Thiersch,' Pharos. p. 99 sq.

DAMAS

WaHd requit-il, avec menace à l'appui, lempereur de Bvzance de lui envoyer des tailleurs de pierre : il en aurait emplové 12 000 ■. Ce furent donc des artistes byzantins = qui érigèrent ce monument de la grandeur musulmane. Il n'est donc pas surprenant que beaucoup de détails dans la mosquée des Omaiyades rappeUent Byzance'. Cette inHuence se faisait surtout sentudans l'ornementaUon qui était dune teUe richesse, avec ses revêtements de marbres précieux, ses mosaïques, ses chapiteaux dorés, que WaUd y dépensa les revenus de sept ans de la Syrie et dix-huit cargaisons d'or et d'argent venues de Chypre, sans parler de tous les matériaux de prix reçus de Bvzance et des émirs '. 11 y engloutit des sommes énormes : 11 200 000 dinars suivant Ibn Jubair », 5 600 000 d'après Ibn 'Asâkir ».

Les mosaïques de diverses couleurs et or, au témoignage de Mukaddasi ', représentaient des arbres et des villes : « rares sont les arbres et peu nombreuses les villes bien connues qui ne sont pas figurés sur ces murs. » Pour les exécuter, Walid avait fait venir de Perse, des Indes, de l'Afrique occidentale et de Byzance des ouvriers habiles '.

Ces chefs-d'œuvre ont en partie disparu. En 1879, M. Saladin « vit encore les mosaïques du transept. Leur tonahtc était verte et brune, sur fond or. Les cheikhs de la mosquée prétendaient qu'elles représentaient la Mecque et Médine. C'étaient des arbres et des édifices. .\u témoignage de van Berchem "', celles de la paroi nord-sud subsistaient encore sous le badigeon avant l'incendie de 189:^. Toutes ne périrent pas, bien qu'aux ravages du feu se soient ajoutés de malencontreux travaux de réfection. Dickie " signale, en effet, les mosaïques qui existaient encore sur les quatre premières arches de Bâb el-Bérid (entrée ouest dans la cour de la mosquée). On a dégagé depuis '= celles qui se trouvent à l'intérieur et à l'extérieur, autour de deux rangs de trois fenêtres cintrées qui s'ouvTcnt au-dessus de la porte centrale. Elles représentent encore des arbres de diverses essences — arbre chargé de fruits ronds, palmier, cj'près — et des édifices à coupoles. Elles ressemblent au fragment (fig. 3516) pubUé par le général de Beylié ", où l'on voit, entre deux arbres, des maisons à toit à double pente ou à coupoles, et vérifient l'exactitude de la description de Mukaddasi. M. Reinach, qui les a examinées de près, trouve qu'elles valent les plus belles mosaïques de Constantinople ou de Salonique. Sur le fond d'or, les verts variés des arbres, les beiges, rouges et bruns des édifices font encore un grand effet; le dessin des architectures et des ramures est des plus heureux '*.

IX. Les manuscrits de la Kubbeh. — Une tradition locale prétendait que, lors de la prise de Damas, les musulmans avaient emmuré dans un des édicules qui se trouvent actuellement dans la cour de la

'Journal asialiqae, 1896, t. i, p. 186; ailleurs (p. 193) il n'est parlé que de 200 ouvriers grecs. — = Quatremère, op. cit., t. II, p. 265; Le Straiigc, Palcsdnc under the Moslems, p. 228, 241; Ibn Khaldoun, Prolégomènes, trad. de Slane, t. II, p. 375. — ' Choisy, L'arl de bâtir cliez les Byzantins, p. 185, 166; Cil. Dichl, Manuel d'art byzantin, p. 319-320. Tliiersch, Pliaros, p. 215, pense même que la mosquée copie, dans ses éléments essentiels, le plan de l'Augusleion et de la Chalke. Strzygowskl, d'accord avec sa théorie générale, substitue au "terme « byzantin • celui de • syrien- , Byzantinische Zeitsctirifl, t. xviii, p. 668. — • Mukaddasi, p. 158, traduit : Palestine pilgrims' Text Society, t. m, p. 18, et ZeiLtcliri/t des deutsclien Palaslina-Vcreins, t. vu, p. 150. — 'Page 263; trad. Schlaparelli, p. 252. — •Quatremère, op. cit., t. II, p. 269. — ' Palestine pilgrims' Text Society, t. m, p. 17; Zcitschrilt des deutschen Paliistina-Vereins, t. VII, p. 150; Le Strangc, Palestine tindcr the Moslems, p. 263. — • .Mukaddasi, p. 158. Il est question de réfections partielles des mosaïques en 668 H. (Journal asiatique, 1890, t. I, p. 225) et 730 H., ibld., p. 216-217. — • Manuel

Mosquée — la Kubbeh el-Kliazne — les manuscrits chrétiens dont ils s'étaient emparés. Dans le but de vérifier le bien-fondé de cette tradition, un iradc fut obtenu, ordonnant d'ou\Tir la Kubbeh et de dresser le catalogue des manuscrits qu'elle contiendrait. MM. H. von Soden et B. 'Violet reçurent mission d'exécuter ce travail ". A l'ouverture du réduit, les explorateurs se trouvèrent en présence de cent cinquante sacs, bourrés de manuscrits et de paperasses. Si l'on se flattait de l'espoir de mettre la main sur un rival du Vaticamts ou du Sinallicus, de découvrir Hégésippe, le Ditttessaron ou Papias, la désillusion fut araère. Le triage qui dura cinq mois et demi ne laissa subsister qu'un demi pour cent de tout ce fatras : tout le reste n'était que paperasse turque ou arabe de nulle valeur.

Les pièces réservées pour l'examen ne ménagèrent pas grande surprise : au bout de quatre mois consacrés au déchiffrement, on constata que, si les pièces de second ordre étaient assez nombreuses, il n'y avait \Taiment pas un morceau de premier rang.

Le butin comprenait quelques pièces de l'époque des croisades en latin ou en vieux français, une assez riche série de fragments de littérature hébraïque, des fragments samaritains, arméniens, géorgiens, coptes. La majorité se composait de textes grecs et syriaques. Les reliques de la langue araméenne de Palestine ont été publiées par Fr. Scliulthess >*. Il faut aussi signaler un curieux fragment biUngue, grec et arabe (transcrit en caractères grecs) de la fin du viii« siècle ou du début du ix"' qui reproduit le ps. lxxviii (lxxvii) ".

X. BiBLiOGR.\PHiE. — Cette nomenclature, qui pourrait être très étendue, est réduite aux ou\Tages les plus utiles et les plus souvent cités. On n'y fait figurer ni les ouNTages généraux, ni les articles de revues, ni les travaux qui n'ont été l'objet que d'une mention occasionnelle.

D'-\rvieux, Mémoires du chevalier d'Arvieax, 6 in-12, Paris, 1735. — Van Berchem, Inscriptions arabes de Stjrie, dans les Mémoires présentés à l'Institut égyptien. Le Caire, 1897, t. m. — R. E. Briinnow u. À. von Domaszewski, Die Provincia Arabia, in-4'', Strassburg, 1909, t. m. — • J. S. Buckingham, Travels among the Arab tribes, in-4», Londres, 1825. — L. Caetani, Annali dclV Islam, in-4». Milan, 1910, vol. m. ■ — I^ietro Délia Valle, Les fameux voyage sde Pietro délia Valle, 4 vol. in-4°, Paris, 1601-1663. — Ch. Diehl, Justinien et la civilisation byzantine, in-4", Paris, 1901. — R. Dussaud et F. Macler, .1/ïssion dans les régions désertiques de la Syrie moyenne [Nouvelles Archives des Missions scientifiques, t. x], in-8°, Paris, 1903. — G. Ebers u. H. Guthe, Palâstina in Bild u. in Wort, 2 in-fol., Stuttgart u. Leipzig, 1883-1884. — P. Geyer, Itinera H ierosolymitana [Corpus scriptorum ecclesiasticorum latinorum, t. xxxviiii], in-8°, 'Vienne, 1898. —

d'art musulman, 1. 1, p. 85. — "■ Marçais, dans Revue africaine, 1906, p. 54; Journal des savants, 1909, p. 309, n. 1 (van Berchem). — " Palestine exploration fund, Quarterly statement, 1897, p. 273. — " Ad. J. Reinach, dans Revue archéologique, 1911, t. I, p. 453-454. — " L'habitation byzantine p. 57. — " lievue archéologique. 1911, t. i, p. 454. J'ai eu l'occiision de les examiner en 1913 : elles méritent vraiment (l'être relevées ou photographiées, mais la gran<lc liauteur à laquelle elles se trouvent rend la tftchc didlcilc. — " H. von Soden, Beric/i/ iiber die in der Kubbeh in Damascus gefundcncn Ilandschriltcnlragmente, clans les Silziingshcrichte, do Berlin, 1903, p. 825-830. — " Christlich-Palastinische l-ragmente ans der Omajjaden Mosrhce :ii Damascus, bearbcitct u. Iicrausgcgcbcn von Fricd. Schulthcss (.Xhhandlungen der k. Oesellschaft der Wissenscliaflcn :u Gultingen, philol.histor. Kla.tse, N. F., t. viii, n. 3, p. 17-1.33). — " B. Violet, Ein zu)eispriichlges Psalm/ragment ans Damascus, dans Orientalistisclie LIteraturzeitung, 1901, t. iv. col. 384- 403, 425-441, 475-488 (paru en tiré A p:irl augmenté en 1902).

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