BRES
Quant aux calliculx ou galliculœ qu'on donnait comme des disques brodés appliqués sur la dalmatique,
cellin, XIV, ix,7. — 'Cassien, De cœnob. inxlitutione, l.I,c. v. — ' Wilpert, Le pitiure dette catacombe, pi. CCLVI. — • H. Grisar, Analecta romana, 1. 1, p. 538. Le clauus est tantôt simple, tantôt composé d'un double fliet de couleur rouge ou brune; les manches portent aussi un flIet, mais ici on prélère la couleur bleue. — " Ibid., pi. 75. — " Ibid.. p. 87, fie. 8. — " Rohaull de Fleur)', La messe, t. vu, pi. dxxxvii. — " Gorrucci, Storia delV arte crisliana, t. vi, pi. 482, n. 16; M;irucchl, I monumenti deV museo cristiano Pio Laleranense, lull, pi. XXV, n. 1.
DALMATIQUE
nous avons eu déjà l'occasion de nous écarter de cette Interprétation '.
Les textes et les monuments chrétiens ne permettent pas de déterminer la dilTusion de la dalmatiquc jusqu'à la fin du vi* siècle; tout au plus peut-on jalonner le sujet de quelques remarques. Nous avons vu la dalmatique à Carthage sur saini Cyprien, à une époque où la distinction n'existait pas encore entre vêtement ordinaire et vêtement liturgique; à Rome, vers la fin du iv« siècle, on en fait usage indubitablement; à Milan, au v« siècle, on voit la dalmatique sur les mosaïques de Saint-Satyre; à Ravenne, sur les mosaïques de Saint-Vital, au milieu du vi"^ siècle. Ce ne sont là, encore une fois, que des points de repère qui ne sauraient vouloir dire que la dalmatique fut inconnue auparavant dans ces villes et ailleurs que dans ces \ille5.
En Espagne et en Gaule, depuis le vi^ jusqu'au VIII* siècle, une tunique appelée aube, alba, correspondait au vêtement que nous nommons dalmatique. On la trouve fréquemment mentionnée dans les écrits de cette période, notamment chez Grégoire de Tours (t 594) qui nous apprend que l'archidiacre reçoit l'évêque à l'entrée de l'église et l'invite à monter à
3536. — Dalmatique de Moyen-Moutiers.
D'après Rohault de Fleury, La messe, t. vu, pi . dxxxviii.
l'autel le jour de Noël; pendant cette cérémonie, le diacre est revêtu d'une aube ". La Vila S. Aridii ' nous montre des diacres taisant une procession, revêtus de Yaube, pour obtenir le beau temps '. Le concile de Narbonnc, tenu en 589, défend à tout diacre ou lecteur de quitter Vaubc avant la fin de la messe; enfin les Statiita EcelcsiiE anliqua ' interdisent aux diacres le port de l'aube ailleurs qu'à la messe et pendant la lecture, c'est-à-dire en dehors des fonctions liturgiques. Le IV"' concile de Tolède nous apprend que la coutume était établie en Espagne de donner aux diacres, à leur ordination, un orarium et une auôe, et le concile ordonne de le leur donner à nouveau quand ils auront été destitués sans raison °. I-:nfin, la messe gallicane attribuée à saint Germain nous dit que Vaubc des diacres devait être de couleur blanche, en soie ou en laine, et sans ceinture.
Un concile romain tenu vers l'année 595 mentionne une coutume particulière ù Rome. A la mort d'un pape on conduisait le cadavre à sa sépulture, recouvert de dalmatiques dont on le dépouillait au moment de
' Mas5pl)ienu, La \anque nrlglnnle (tes Actes (tes saintes Perpétue el Ffticilf, (Jam ftetnte (te fltistnire des reli(iions, 1801, t. XXIV, p. 'J8; P. Franchi Cavullori. dans f'asslo SS. nerncliiir et l-rticlt<ills, nom», IS'.IG, p. 70: J. Wilpcrt, Je li'lliire 'lette cdt'irombe romane, \90:i, p. 88 sq., voir l)lctionn., au mot Chaussuhc, t. m, col. 1232. — • Grégoire de Tours, I. rV, t. xi.iv, P. /.., t. LXXI, col. 306. — • Vtta
l'inhumation pour en déchirer l'étoffe et la distribuer au peuple. Saint Grégoire le Grand interdit cette pratique : Pnvsenti decretn constituo, iil fereirum quo romani pontificis corpus ad scpcliendum dncilur, nullo Icçimine veletur. Suam dccreti mci curam gererc sedis Idijus presbijleros et diaconos censco. Si quis vero ex corum ordinc hœc curare neglexerit, analhema sil '. Le même usage existait pour les diacres, puisque au temps du pape Symmaque (498-514) un chrétien fut guéri d'une maladie par l'attouchement de la dalmatique du défunt diacre Paschasius ».
Les monuments ne permettent d'apercevoir aucune différence entre la dalmatique des évêques et celle des diacres. Peut-être l'étoffe différait-elle; les textes n'en disent rien et les monuments ne peuvent l'indiquer.
3537. — Dalmatique du vi" siècle.
D'après Rohault de Fleury, La messe, t. vu, p. 78.
Il est également possible qu'on ait fait usage de plusieurs dalmatiques superposées, puisqu'au viii' siècle, nous trouvons dans VOrdo 1 romanus » l'indication d'une dalmatica linea, celle de dessous que recouvTait sans doute une dalmatiquc de laine ou de soie. 11 semble que l'usage des franges qu'on voit sur les dalmatiques de BcUicia (fig. .35.'55), du pape Jean W et de saint Domnio (à la chapelle Saint-Vcnancc au Latran) ail été réservé pour les dalmatiques luxueuses, mais il n'est guère possible d'en dire plus sur les dalmatiques de saint Septimius (même chapelle du Latran) et sur celles que portent, sous la chasuble, les saints Corneille, Cyprien, Sixte et Optât (fresques de la calacombe de câllistc,Z)/c/i'o/in.,t. iii,col. 1189,2389, fig. 2718, :«27).
Aredii, P. /.., I. lxxi, col. 1124. — 'Conc. Narbonn., cnn. 12, clans llnrdouin, Conc. cntl., t. m, col. 493. — ' Staliita Eecleslœ antiqua. can. 41, dans Ilarilotiin. Conc. coll., t. m, col. 941. — 'Conc. Tnlet. IV, can. 28, dans Conc. coll., t. ui, col. r>8r>. — ' Conc. coll., t. m, col. 407. — ' S. Grégoire, Dia- (op.,l.lV,c.xL,KL., XXVII, col. 397. —• Ordo i.n.O, P. L., t. Lxxviii, col. 940; Ordo 111,6; P. /-., t. Lxxviii, col. 978.
DALMATIQUE
Un des monuments les mieux conservés qui nous montrent la dalmatique est un sarcophage de la Gaule, celui du Mas d'Aire (\oiT Diclionn.,t. ii, col. 357, fi.a. 1292) appelé aussi sarcophafie de sainte Quilterie. sur lequel nous voyons Daniel vêtu dune dalmatique à grandes manches.
Un témoignage plus décisif que celui des textes et des monuments serait le témoignage des originaux, malheureusement réduits à fort peu de chose. Cependant on conserve deux vêtements incontestablement anciens, dont l'un fut trouvé à Moyen-Moutiers, dans la châsse de saint Hydulphe (t707), et comme si cette antiquité ne leur suffisait pas, quelques-uns croient y voir la dalmatique de saint Léger d'Autun (t 678). Dom Alliot reconnut les reliques en 1701 et trouva un antique vêtement avec cette inscription : hnc litnica
reconstituer l'ensemble. C'est une ample chemise de toile ornée d'appliques brodées ou coloriées. Les claoi ont fait place à une sorte de large galon, les manches et le bord inférieur sont ornés aussi d'un galon, les épaules et les genoux timbrés d'un large dessin rond on ovale, offrant quelque composition : adoration des mages, etc. (fig. 35137, 3.-..3S) ~-.
La dalmatique n'a jamais changé de nom. elle offrait beaucoup d'analogie avec la tunique plus anciennement employée, ce qui explique sans peine la persistance qu'Ammien Marcellin et quelques autres mettent à lui donner le nom de tunica; ce nom persistera d'ailleurs jusqu'en plein moyen Age. Ce qui la distingue de la tunique, c'est moins l'ampleur et la longueur des manches que l'absence de ceinture. Les sénateurs portaient la tunique laliclave, la classe aisée se
3538. Broderie de dalmatique copte.
D'après O. Dalton, Catalogue o/ Oie Christian antiquilies ot ilie British Muséum, p. 169.
iiwolulum luit corpus sancti Hydulphi; à cela on opposa que Jean de Bayon écrivait en 1326 : Ego vcro in ipso scrinio vidi, cum pluribus aliis ipsorum martyrum irliqiiiis, de saxo quo lapidalus est sanctus Slephanus. cl carbones sanguincos sancti Laarentii Icviise cl dalmaticam sancti Leodegarii '. En réalité il ne semble pas que ce vêtement soit antérieur au ix» siècle. Les dimensions sont marquées sur la figure (3536), les clavi sont d'une bande rouge entre deux fdets; sur les manches, entre les filets on voit de petites rosaces.
Les vêtements liturgiques coptes conservés grâce au procédé de sépulture des Égyptiens nous offrent quelques dalraatiques assez intactes pour qu'on en puisse
' Déblaye, Dissertation sur une dalmatique, 1854, p. 101. . — 'Rohault de Fleury, La messe, t. vu, p. 78; O. Dalton,
donna la satisfaction de porter la dalmatique laticlave dont la mode détermina la longueur et l'ampleur des manches. Avec le temps, ce vêtement liturgique eut à subir de graves modifications et. de relouche en retouche, il est arrivé dans le vestiaire liturgique moderne à être moins un vêtement qu'un ornement plus ou moins gracieux. Une double fente a transformé le vêtement en deux bandes d'étolTe, tandis que les manches se sont alrophiées pour devenir de simples épaulières; â partir du xir siècle, la dalmatique est devenue méconnaissable.
En Orient, le saickos rappelle la tunique lalinc: mais c'est pure coïncidence et si les diacres et scus-diacres
Catalogue o/ the early cliristian antiquities o/ the British Muséum, in-4», London, 1901, p. 169.