IN— CI~VI— FIT
Elle est entourée d'une couronne de feuillage qui la sépare de la légende suivante :
+ DOMNVS DAGOBERTHVS REX FRANCORVM
Entre les mots domniix et Dngnberlhus, on remarque un ornement représentant un support, dont la partie supérieure se divise en deux volutes supportant la base et le grènetis sur lesquels repose la croix. Le tout est enfermé, comme au droit, dans un triple grènetis.
Nous avons ici un sou royal de Dagobert I"', dont le règne en Aquitaine donne une date à notre monnaie (631-638): ce sou a été frappé à Limoges, comme le disent foriuellcment : 1° l'inscription placée au centre du revers : in civi fit; 2" la légende circulaire du droit : Lemmovix Agustoredo.
Ces derniers mots sont tout ù fait remareiuables et précieux, car ils nous fournissent la première mention <|uc nous possédions, sur une monnaie, des deux noms qu'a portés la ville épiseopale de Limoges (voir ce mot) '.
V. TnôNE ni; Dagobekt. — Kn 1817, (Charles Lenormant accordait un brevet d'authenticité :\ un meuble célèbre, provenant de l'abbaye de Saint- Denis et " connu sous le nom de trône ou fauteuil de Dagobert. .\vant une restauration ou plutôt une modification — l'addition d'un bras et d'un dossier, vraisemblablement opérée au xn" siècle, à l'abbaye de Saint-Denis, à l'époque de l'abbé Suger — addition sur laquelle tout le monde est d'accord, le fauteuil de
' Le lombeaii de Cliildiric /•", in-8», Paris, 1839, p. :137. — • Douët d'Arcq, Archives de l'Empire; inventaires ; collections de sceaux, t. i, p. 267, n. 2. — ' \V. de Gniy- Hirch, Catalofjiie o/ seals in tlie Dfitiirlment o/ manuscripts in tlie Britisli Muséum, V. I.undnn. IS'.tS, p. 109, n. 180.V2. — * P. Lauer cl ('.. Snninraii. I.rs i/i;i/(î;iies i>rJi;inaiij; des Mérovingiens, in-tol., Paris, 1908, p. 28. pi. xi.iii, n. 2; dans In prétncc, M. Prou, p. vm-ix. ii'adnu-t pas raiilhcnticité du
Dagobert était un siège pliant, analogue par son mécanisme ix beaucoup île sièges antiques. Le siège en rpiestion n'a rien à voir avec Dagobert et le mobilier lie la couronne au vir siècle, à moins qu'on ne supfKise ^ans preuve qu'il a fait parlie du Irésor des rois mérovingiens. Cependant, lien dans sa forme, pas plus e|uc dans sa technique, ne peut nous autoriser j le considérer < omme un travail de l'artiste fameux nommé saint iïloi, dont nous aurons bientôt a discuter l'oeuvre véritable et l'œuvre supposée. Il est plus que probable que nous ne possédons plus aucune des pièces menlionnées par saint Ouen dans la Vita Etiijii ; mais les monuments créés dans notre pays au vii' siècle sont assez nombreux pour que nous soyons assurt-s que quand saint Iïloi fabriqua des sièges pour Dagobert, il ne fit rien de semblable au monument qui lui a été attribué en s'appuyant sur des arguments plus spécieux que probants. U. Molinier disait avec raison : t Je regrette d'avoir à émettre des doutes au sujet d'une tradition très ancienne; mais je ferai observer que si cette tradition était délinitivement admise il faudrait, en saine logique, faire table rase et considérer comme non avenues les découvertes opérées, depuis cinquante ans et plus, dans le donvaine de l'archéologie mérovingienne. Dagobert a pu s'asseoir sur le siège que possède le Cabinet des Médailles, à la Bibliothèque nationale; mais Dagobert s'asseyait simplement sur un siège appartenant à une période très classique de l'art, non sur un fauteuil fait spécialement pour lui par un orfèvre de son entourage. Les textes qu'on a invoqués ;\ l'appui de la thèse soutenue par Lenormant ont pu produire une sorte de mirage; mais le monument examiné de près et en lui-même dément toute hypothèse de ce genre '. ■
V. BiDLioGRAi'HiE. — Albcrs, Kiinig Dagobert in Geschichte, Legend itnd Sage. 111-8", Kaiserslautern, 1881. — A. de Barthélémy, Xutice sur un sceau mérovingien, dans Keinir numismatique, 1811, t. vi, p. 177- ISO: Xotc sur iautijenlicité d'un sceau en bronze du roi Dagobert, dans Bull, de la Soc. nid. des aniiq. de France, ISdl. p. 100. — H. Brosien, Kristische Vntersuctiungen zur Gcscttichte des /rânlcischen Kônigs Dagobert 1", 622-63S, in-8°, Gotlingen. 1868. — P.-F. Chimet, Dissertatio de annis Dagoberti Francorum régis co nomine 1° : ace. appcndix de S. Dionysio Areopagita et S. Genovcja, Parisiorum palronis, in-l", Paris, 1681. — J. Coccius, Dagobcrtus rcr, Argcnlincnsis episcopatus fundator prœvius..., in-l", Molshemii, 1623. — M. Delochc, -Sur un sou d'or trouvé en Angleterre et frappé à Limoges au nom de Dagobert, dans Comptes rendus de l'Acad. des inscriptions et belles-lettres, 1878-1879, IV» sériel. VI, p. 155-158: .\'nmismii/iijiic, dans Bull. de la Société scienlil. de la Corrèzc, 1881, t. vi. p. 297- 3(14. — ■ L. Double, Le roi Dagobert, étude historique, in-18, Paris, 1879. — N. Gaillard, Dissertation sur le pillage et la destruction de Poitiers attribués à Dagobert 1", dans Bulletin de la Soc. des antiq. de l'Ouest, 18C1, t. I. p. 225-212. — .\. Gasquct, Dagobert et Ileraclius, dans L'empire bqzantin et la monareliic franque, in-8», Paris, 1888, p." 201-'209 — Cl.-Xav. Girault, Voyage du roi Dagobert en Bourgogne, dans Magasin encye]opédique, 1812, t. m, p. 377-398. — lluguenin, Chiotcr II et Dagobert, dans Soc. lett. de .Met:, 1836, t. XVII. p. 273-286; liégnes de CIdoler II et de Dagobert, Deuxième étude sur l'histoire d' Austrasie, in-8", .Melz. 1836. — A. Jacobs, Note sur le commerce en Gaule au
sceau de Dngolicrt, raisons peu convaincantes. — ' M. Dclochc. Sur un sou d'or trouvé en .Uigleterre et frappé à Limoges au nom de Dagot*ert, dans Comptes rendus de r.lciirf. des inscripl., 1878. p. 155-157. — • C. Lonornmnl, Le fauteuil de liagohert, dans Oiliicr et Martin. Mêlangrs d'archéologie, 1. 1, p. 159 sq. — ' lî. Molinier, Histoire générale des arts upplii/m's il l'industrie du v il lu fin du xviii' siècle, in-fol., Paris. 1897, t. n, p. I; cf. I. iv. p. 19.