‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie (volume 4)Chapitre 96 sur 251 · Inscription de 1515 pour le cierge de l'église de Sens · texte numérisé non relu

Inscription de 1515 pour le cierge de l'église de Sens

5. Inscription de 1582 pour le cierge de l'église d'Amiens -*.

V. Croix d'absolution. Il a déchiffré les formules d'absolution gravées sur cinq croix de plomb trouvées dans un ancien cimetière à Bouteilles, près de Dieppe, et paraissant remonter au xii= siècle -'. Deux de ces formules (n. 1 et 4) sont complètes et donnent à peu de chose près le même texte : Dominas lesus Chrislus qui dixit... ad rcgna cdorum '"; une troisième, mutilée, devait avoir la même teneur (n. 2); une autre est identique à l'oraison bien connue : Absolve, Domine, animam jumuli lui ab omni vinciilo delittorum, etc. (n. 3) ; la dernière comprend un texte de « confession » : Confiteor Dco et onmibus sanctis cius... ut ores pro me ad Dominum Deum nostrum, et un Misereatur tibi (n. 5) ^'. Ces croix d'absolution devaient être placées dans les sépultures.

VI. Drames liturgiques. Qaalre morceaux latins ont été publiés par Delisle, tous tirés de livres Uturgiques et notés :

1. Un fragment du mystère des Rois mages, xi« siècle, conservé à la fin du Psautier de Charles le Chauve (ci-dessus VI, //, 3) ==;

2. Deux rédactions du texte complet du même mystère, dans les graduels de Nevers du xi'' siècle (B'ibl. nat., 9449, fol. 17 V-IS) et du xii" (BibL nat., Acq. 1235, fol. 198-199 V) ";

3. Lin fragment de l'Apparition à Emmaiis, dans un bréviaire de Saintes du commencement du xiv^ siècle (Bibl. nat., 16309, fol. 604-605) ".

Vil. Épreuves judiciaires. Lessacramentaires renferment quelquefois des prières pour les épreuves judiciaires. Delisle a publié seulement Vcxamcn aquœ Irigidœ du second sacramentaire de Saint-Thierry (Reims, 214, xi= siècle, foL 200) ". Il a trouvé d'autre part :

p. 286 sq. — " Ibid., septembre 1902, p. 469. — " Bibliothèque de l'École des chartes, 1895, t. lvi, p. 755 sq. f Lacombe, n. 1430). — '^Journal des savants, mai 1897, p. 298. — "Voirifcid. (Bibl. nat., 1S814, toi. 212 V). — =' Bibliothèque de l'École des chartes, 1903, t. lxiv, p. 216 sq. (Lacombe, n. 1915). — " A'od'ces et extraits, 1S91, t. xxxiv, 1" partie, p. 369 sq., 384 sq. — " Bulletin de la Société des antiquaires de France, 1857, p. 97-99 (Lacombe, n. 140). — " Cf. .Martène. De antiquis Ecclesine ritibus, I. I, c. vi, art. 7, ordo vi (2" oraison du sacramentaire de Gellone, sauf une légère dilléience), éd. de Bassano, p. 283. — " Ibid., p. 287 {Indulgeat). — " Bibliothèque de l'École des chartes, 1873, t. xxxiv, p. 057 sq. (Lacombe, n. 479). — " Romunia, 1875, t. IV, p. 1-6 (Lacomlïc, n. 52.S). — ** Bibliotlièque de l'École des chartes, 1873. I. xxxiv. p. 311 sq. Voir aussi Romania, 1873, t. Il, p. 91-95 (Lacombe, n. 467), pour l'analyse d'un manuscrit de Tours renfermant des drames liturgiques. — ^' Ménwire sur d'anciens sacrameutaires, p. 2.S5, note, p. 287. Voir aussi p. 160 (sacramentaire d'Amiens, fol. 165, addition du XII'' ou du xiii'' siècle); p. 247 (sacramentaire d'une éi lise du nord de la France, xi'' siècle, fol. 148-149 v); p. 279 (sacramentaire de Lyon du XI' siècle, en tête du recueil).

DELISLE

1. A la fin (l'un manuscrit de Fécamp du xii« siècle (Bibl. nat., 2403), un index des formules d'une messe judiciaire avec rubriques en \ieux français : Chi certe cose deit enquerre ses junies doit faire...; c'est la messe pour l'Invention de la Croix (Nos aulem gloriari) qui est employée, leçons et antiennes comprises ; avant la comnmnion a lieu l'épreuve : Ore deit l'on prendre une rotele. avec une oraison particulière qui semble assez rare ' : Domine lesu Christe fili Dei vivi quia tu mundas manus posuistt in cruce... libéra innocrntcm et Iradc mulefaetorem in culpam';

2. Dans le recueil Bibl. nat., 1SS7, fol. 41 vM2, deux formules d'adjuration et de bénédiction, en caractères du xii" siècle : 1° Suscipe aqua benedicla hoc elemenhim terne... Aspice Domine de sede sancta tua et cogita de sortibus. Sannoij. Sansannoy. Sangas. Barachiel. Patasanon; — 2° Benedictio ad aquam et ad iudicium Dei: Deus iude.v iastus fortis et patiens'...

VI II. Importation des livres anglais. Delisle remarque dans une lettre : « L'importation des livTes liturgiques en France au xi"" et au xii^ siècle pourrait être l'objet d'observations intéressantes'. » 11 avait déjà touché hii-mcme à cette question, à propos du sacramentairc (le \Vinchcoml)C ^ et du missel de Winchester conservé au Havre '. Un travail du P. Blume relatif à son cher Orderic Vital lui fut une occasion d'entrer dans quelques détails '. 11 admet que les h\ nmes du manuscrit de Jumicges (Rouen, I3S5) en l'honneur des saints de Winchester sont démarquées par Orderic dans le manuscrit d'Alençon n. 14, du xii« siècle, provenant de Saint-EvTOult ; mais il se refuse à croire que le manuscrit de Jumièges, écrit en Angleterre au xi« siècle, soit passé en Normandie par la manœuvre d'un larron. Un courant réguUer existait alors d'Angleterre en France, et en Normandie tout d'abord, dont on a bien d'autres preuves; le sacramentairc de Jumièges (Rouen, 274), le bénédictionnaire de l'archevêque Robert (Rouen. 369), le missel du Ha^Te, le bénédictionnaire de Ramsey envoyé à Fleury ' sutTisent à montrer que ce commerce de livres se pratiquait honnêtement. Dclislc signale en outre un fragment de calendrier anglais du commencement du xn« siècle dans le manuscrit Bibl. nat.. 10062, fait voir par l'analyse du manuscrit d'Alençon qu'Orderic disposait de documents anglais, et note la présence en Angleterre de vies de saints français (Guingalois, Evroul), qui témoignent elles aussi de la régularité des échanges littéraires entre les deux pays; cette thèse n'est pas ilémentie par la curieuse histoire d'un prêtre qui avait importé en Normandie un missel de Barking et l'avait restitué huit ans plus tard à la suite d'un voeu '.

IX. Litanies. Delisle faisait presque autant de cas des htanies que des calendriers; il voyait justement dans ces prières un moyen d'établir l'origine ou même la date des livres Hturgiqucs dont elles font partie. Ses notices sur les manuscrits tiennent habituelle-

' .le ne l'ai pas retrouvé dans les ordines de .Marlène ni dans ceux de Zeumer ; voir le début dans Franz, Die kirchlichen Benedikiionen im Miitelaller, 1909, t. ii, p. 392. — ' Delisle rapporte cette formule : lîiblidthùque de l'École des Charles, 1857, t. xviii, p. 2'>3-2'>~ (Lacombe, n. 131). — • Ibid., 1895, t. Lvi, p. 598 sq. (Lacombe, n. 1438); la première pièce ne se présente pas dans Martènc ni dans Franz; Uclislc note lui-même que la seconde est une des formules de Zeumer, Momimenta (îcrmaniœ hislorica, Legum sectio V, 188<), p. (idS (cf. Franz, ib., t. II, p. 373). — ' Correspondance adressée à M. le ehan. U. Chevalier, p. 88 (n. 88, 18 septembre 1897). — ' Mémoire sur d'anciens sacramentaires, p. 211-216. — • Voir ci-dessus, III, 5. — ' .lournal des savants, août 1903, p. 128- 440 (Lacombe, n. 1947). Voir aussi Histoire littéraire de la France, 1893, t. xxxi, p. 203, 281, au sujet des psautiers. — •Voir ci-dessus, VI, VI H, 4. —«Cette histoire se lit dans une Vita sancloc jElhelbarun- qui fait partie il'un manuscrit

ment compte des particularités des litanies; il a publié à l'occasion le texte complet de plusieurs :

1. Litanies du sacramentaire de Saint-Denis (Bibl. nat., 2290), milieu du ix' siècle ";

2. Litanies des sacramentaires de Saint-Amand (Stockholm, et Bibl. nat., 2291), milieu et fin du ix'' siècle ";

3. Litanies du sacramentaire de Senlis (Bibliothèque Sainte-Geneviève, 111), vers 880 >-;

4. Litanies du sacramentaire d'Amiens (Bibl. nat., 9432), seconde moitié du ix" siècle";

5. Litanies du sacramentaire de Winchcombe (Orléans, lOô). fin du x* siècle";

6. Litanies du second sacramentaire de Saint- Thierry (Reims, 214), xi« siècle "■.

7. Litanies du psautier de Beauvais (voir ci-dessus VI, II, 5), xi« siècle ";

8. Litanies du psautier anglo-saxon du duc de Berry (V, V, 2), XI 8 siècle".

On peut citer aussi les séries d'invocations que Delisle a extraites du sacramentaire de \'erdun ", du sacramentaire de Lyon ", du missel de Troyes ■", du psautier d'Ingeburge (V, /, 1), des psautiers de Leyde et de l'Arsenal (/, 2, 3), des Heures de Blanche de France (///, 8), des Heures de sainte Osithe (IV, 9). Enfin Delisle a appelé l'attention sur les litanies des deux psautiers de Charlcmagne (VI, //, 2). du psautier de Charles le Chauve (il, 3), du pontifical de Sherbouine (V//, 1).

X. Manuel de Dbuoda. En faisant part au monde savant de la découverte de fragments anciens de ce précieux écrit, DeUsle montra la valeur de la copie du xvii« siècle conservée à Paris (Bibl. nat., 12293), établit que Dhuoda ne pouvait être la fille de Charlemagne, comme on l'a pensé jadis, — mais seulement la femme de Bernard de Septimanie, filleul de Louis le Pieux, — et fit connaître la prière de Dhuoda pour son fils : Deus summe lucis conditor poli'^...

XI. Oblations d'en/ants. Delisle a retrouvé et pubUé deux fragments du registre de Saint-Rcmi de Reims dans letpiel étaient consignées les offrandes d'enfants (Bibl. nat., 13090, fol. 72-73, et 74-77 b) : en tout trente-huit actes, la plupart de la seconde moitié du ixe siècle, plus une pctitio de novice (fol. 72) '-.

XII. Prière contre les Normands. L'antiphonaire de Compiègne, copié à la fin du ix« siècle ou au commencement du x', et « destiné primitivement à une église dans laquelle un culte particulier était rendu à saint Médard et à saint Vaast », renferme «une prière pour obtenir la grâce d'être délivré des invasions normandes » : Snmma pia gratia noslra conscrvando corpora... sit,laus pnx et gloria Trinituti quam maxima cuncta per siecula, amen (Bibl. nat., 17436, fol. 24, avec notation neumatique) ".

XIII. lieliques. J'ai relevé six notes cle Delisle sur ce sujet, outre celle mentionnée précédemment (III, 1)":

de Barking du xn' siècle appartenant A sir George Wombwell (cf. [W. D. MacrayJ, /Jc/)or(s on maniiscrii>ls in varions collections, Londres, 1903, t. il, p. 25 sq.). — "Mémoire sur d'anciens sacramentaires, p. 360 sq. — ^* Ibid., p. 361 sq. — "Ibid., p. 362-366 (lelania romana). — "Ibid., p. 366 sq. — " Ibid., p. 367-369. — " Ibid., p. 369-371. — '• Notices ri extraits, t. xxxii, 1" partie, p. 31 sq. — " Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 1856, t. .wii, p. 148-151. — '• Mémoire sur d'anciens sacramentaires, p. 251. — '• Ibid., p. 279. — " Jbid., p. 299. — '* Comptes rendus de l'Académie des inscriptions, 10 juillet 1885, t. xxix, p. 236-239 (Lacombe, n. 949). Voir l'édition du Manuel par Uondurand, parue en 1887, mais qui sans doute devrait être refaite. • — " Lillerature latine et histoire du niof/en 0{ic, p. '.t-I7 (n. v). — ■■' Ibid., p. 17 sq. (n. vi); le texte est rapporté. — " l.a brève référence a l'authcntitiue écrite sur le feuillet de Tlte-Livo (l.aconil)e, n. 2003) n'a plus de valeur depuis la publication lie .M. ViiltnsBo, dnn» .Sdirf/ e Testi, n. 18, Itiinie, 1906.

DELISLE ~ DELOr.HF.

1. Sur (les authentiques de reliques de l'époque mérovingienne découvertes à Vergy (Côte-d'Or) : sept petites bandelettes de parchemin provenant de vieux reliquaires du monastère de Saint- Vivant de Vergy, et porlxint des textes en écriture cursive de la fin du vir ou du commencement du vni'^ siècle : Hic sunt reliquise (ou rcliquics)..., Hic sunt piynora.... Hic sunt ptitrocina (sic)...; les saints auxquels ces textes se réfèrent sont saint \icturus (1" septembre, c'est-àdire l'évêque du Mans du v= siècle), saint Jacques apôtre, saint Hippolyte (rcliquix sancti Ibolito), saint Trojanus, évèque (de Saintes), saint Médard, évêque (de Soissons), saint Martin, saints Pierre et Paul; on peut supposer que trois des reliques en question étaient des souvenirs d'un pèlerinage à Rome';

2. Sur des authentiques de reliques provenant de l'abbaye de Baumc-les-Messieurs : une seule, en caractères cursifs de la fin du vii<! siècle, est spécifiée : sancti Nazari marlcris mediol[ancnsis] -;

3. Sur une petite liste des reliques conservées dans l'église, par ailleurs indéterminée, à laquelle appartenait le sacramentaire de Zurich (Rheinau, -13): cette Hste a été ajoutée, p. 16 du sacramentaire, au-dessous du Te igitur, par une main du x'^ ou du xi« siècle^;

4. Sur trois dédicaces d'autels faites dans l'abbaye de Prum au xi^ siècle (deux n. 1047 en 1098) : les reliques employées pour ces cérémonies sont énumérées dans des inscriptions commémoratives dont le texte a été consigné à la fin du xii= siècle sur le livre des évangiles de Prum ';

5. Sur un manuscrit de l'abbaye Saint-Éloi de Xoyon, du xiv siècle, qui renferme entre autres textes relatifs à cette abbaye et à son patron la relation d'une invention de reliques qui avait eu lieu en 1183, et une pièce de vers inscrite sur une croix qu'on attribuait à saint Éloi : Bis furtim sublala fui bis ecce relata, etc. ';

6. Sur les reliques des saints conservées à Saint- Denis au XIII 0 siècle : de sanctis marlyribus quorum corpora hic sunt..., de sanctis con/essoribus hic quieseentibus... (Bibl. nat., Acq. franc. 109S, fol. G5); Delisle commente ces textes, et pubUe d'autre part les consecrationes altarium bcati Dyonisii (Bibl. nat., 976, fol. 157, x]ii« siècle) — « l'un des documents les plus importants que nous possédions sur l'histoire du culte rendu aux saints dans l'abbaye de Saint-Denis » — ainsi que plusieurs extraits de la chronique de 1317 '.

On peut rattacher à ce dernier article la pubUcation du bref des objets précieux que le roi Eudes avait pris dans le trésor de Saint-Denis : Hoc accepit Odo rex de tlwsauro sancti Dyonisii... (Bibl. nat., 7230, addition du commencement du x» siècle) '.

A. WiLMART.

DELOCHE (Maximrn). — Né à Tulle, le 27 octobre 1S17 ", il nt son droit à Toulouse, soutint sa thèse en 1836 et fut inscrit au barreau de Bordeaux. En 1839, il entrait à la direction des Mines, sous-chef en février 1844, démissionnaire le 8 mai 1846. Trois jours plus tôt il venait d'être nommé chef du bureau des Ponts et Chaussées et des Mines en Algérie, regagnait son poste et s'y installait; à ce moment le poste fut supprimé et

' Mélanges d'archéologie cl d'iiisloire, 1884, t. iv, p. 1-8, avec héliogra\-ure (Lacombe, n. 854-856). • — ' Bibliothèque de l'École des chartes, 1898, t. Lix, p. 496 (Lacombe, n. 1616). — ' ^lèmoire sur d'anciens sacranientaires, p. 169. — • Journal des savants, septembre 1902, p. 473.^' Bibliothèque de l'École des chartes, 1886, t. XLvu, p. 695 sq. (Lacombe, n. 998). — ' Ibid., 1877, t. xxxviii, p. 444-476 (Lacombe, n. 592), et Mélanges de paléographie, p. 239- 255 (n. IX), avec lacs. (n. 6 de l'atlas); sur la compilation de 1317, œu\Tedu moine Yves (Bibl. r\ai.,5:iS(i),\oir Notices et extraits, 1865, t. xxi, 2' partie, p. 249-265 (Lacombe, n. 230). — = Littérature latine et liistoire du moyen âge, p. 79 fn. IV ; Delisle donne p. 7 un autre morceau du même man\iF-

M. Deloche transféré à Constantine comme chef du bureau des Travaux publics, de l'Agriculture et de la Colonisation. Il s'y rendit, on l'expédia sur-le-champ à Bône comme sous-directeur de quelque chose d'assez peu défini. Tandis qu'il se renseignait sur sa destination, on le rappela à Constantine en quaUté de secrétaire général à la Direction des affaires civiles, 26 mai 1848. A la fin de l'année, on fit de lui un conseiller de Direction, deux mois plus tard, 8 fé\Tier 1849, un conseiller de Préfecture et le 25 juin 1850, secrétaire général de Préfecture à Oran. Entre temps, M. Deloche allait au théâtre, faisait de la musique et se battait en duel avec Bourbaki.

Il démissionna une deuxième fois, revint à Tulle et se passionna pour sa province limousine, n avait des loisirs qu'il rempUt en étudiant l'histoire locale, en visitant les monuments, puis, quand sa bourse fut presque vide, il regagna Paris et, pour vivre, se résigna à une place de simple rédacteur au ministère de l'.\griculturc, du Commerce et des Travaux publics (1" août 1853). Six mois plus tard, le voici sous-chef au deu.xième bureau des Chemins de fer et, dès lors, la carrière administrative se développe régulière, honorable et insignifiante, jalonnée de décorations. Le 28 fé\Tier 188011 fut, sur sa demande, mis à la retraite. Il avait soixante-trois ans et, pour se distraire, se fit archéologue.

II s'y essayait depuis longtemps, rédigeait des mémoires, gagnait des médailles, remportait des prix et prenait place à l'Académie des inscriptions, le 22 décembre 1871. C'était un sourire .le la Fortune, d'autant plus flatteur que Deloche n'était ni duc, ni milhonnaire, ni afiihé dès sa jeunesse à aucune de ces coteries qui recrutent les académies. Ses recherches crudités se tournèrent de préférence vers le Limousin et les sources de son histoire locale. Ces travaux restent étrangers à nos études, nous ne faisons que les signaler. Mais Deloche nous appartient par ses t-tudes sur la numismalique mérovingienne; quclque>-unes sont encore dispersées, mais toutes les principales ont été réunies dans deux recueils en 1863 et 1890. Quelques points sont contestables et ces travaux ne doivent être utilisés qu'après révision ». Ensuite M. Deloche étudia La trusiis et t'autrustion royal sous les deux premières races.

Sa véritable originalité en archéologie s'afTirma dans l'étude des anneaux, cachets et monogrammes. De telles recherches réclament non seulement beaucoup de science et beaucoup d'obstination, mais une soudaine clarté qui en révèle l'intérêt et l'utilité historiques. A ces objets estimés jusqu'alors au seul p.iint de vue artistique, il fit accorder une importance comparable à celle que Gaetano Marini avait su découvrir dans les estampilles de briques romaines. L'étude consacrée aux anneaux dans ce Dictionnaire lui doit tout ce qu'elle a d'utile. Certains résultats peuvent être contestés et ils l'ont été, notamment la lecture de divers monogrammes. Mais avec ses deux volumes intitulés : Le port des anneaux dans l'antiquité romaine et dans tes premiers siècles du moyen âge, 1896, et Étude historique et archéologique sur les anneaux sigillnires et autres des premiers siècles du moyen âge, 1900. M. Deloche faisait oeuvTe d'initiateur. 11 apportait l'idée, le

ont, dans lequel est décrite ■ une sorte d'édicule qui s'élevait sur le grand autel de l'abbaye ■ : In gipsa super altare sunt arcus XI 1, etc. — • H. Dercnhours;, .N olice sur la nie e(/e.5 (ravauxde M. Maximin Deloche, lue C\ l'Institut, séance du 29 novembre 1901 : dans Comptes rendus de t'Ac. des inscr., 1901, p. 871-903. P. Monceaux, S'otice nécrologique sur Maximin IJcloche, dans Bulletin de la Soc. nat. des aniiq. de France, 1902,t.Lxiii, p. 61-88:11. SIcin, Bibliographie des opuvres de M. Deloclie, dans môme recueil, 1902. p. 88-101. Funérailles de M. Deloche. Discours de M. de Bartliélemy et de M. Edm. Perrier. — • M. Prou, Introduction au catalogue des monnaies mérovingiennes de la Bibliothèque nationale. in-S" Paris, 1892.

Page 1