‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 116 sur 303 · i. — PI. xxvii, n · texte numérisé non relu

i. — PI. xxvii, n

2596. — PI. XXII, n. 1.

2584-2596. — Chapileaux pi-ovenanl des ruines au monastère. D'après Quibell, KxcavaUuns at Su(]qaya, t. m.

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ment du sol ayant fait retrouver le parement on constata qu'une très petite proportion de l'eaceinte subsistait seule au nord et au sud; le mur du fond, à l'est, a disparu ainsi que la moitié au moins du narthex. Mais ce sont des matériaux de construction dont les voisins vinrent faire provision, ils ne songèrent pas à s'embarrasser de pierres moulurées encore bien moins de chapiteaux qui sont restés au complet. Les pierres qui miirquent les extrémités de chaque côté n'ont pas été arrachées et permettent de déterminer les dimensions de la basilique; elle mesurait 20 mètres sur 40 de longueur. La largeur des bas-côtés était de 3" 30 et celle de la nef centrale 10"25 oubien 10"80 en mesurant du centre d'une colonne au centre de la colonne qui lui fait face. L'entrée principale était prise sous le narthex, c'était une porte à trois baies. Deux autres portes, une au nord donnant accès dans les bâtiments du monastère, l'autre au sud faisant communiquer la basiUque avec la colonnade couverte. Du côté nord les colonjies étaient régulièrement espacées, du côté sud elles étaient plus serrées ^. On avait employé la pierre calcaire -.

Sur divers points du sol on constate la présence de petites jetées en pierres sèches sur lesquelles, probableraent à une date tardive et lorsque la toiture de la basilique menaçait ruine, on dut sans doute élever des supports aussi grossiers que ces jetées et qui, tant bien que mal, soutenaient le plafond. On peut voir sur le plan, marqués par un pointillé, ces constructions misérables, trois dans le sens de la longueur de la nef, trois réparties entre les rangs de colonnes. Nous avons peine à admettre que ces maçonneries aient été élevées par les Arabes pour supporter leurs échafaudages lorsqu'ils travaillaient à la démolition de l'église; en Afrique, nous avons vu telle basilique recoupée dans le sens de la longueur lorsqu'on ne trouvait plus de matériaux d'une longueur sulTisante pour jeter sur la largeur de la nef; c'est ici une pénurie analogue servie par des moyens plus misérables encore.

Le pavement était des plus sommaires; une simple couche de dalles minces en pierre calcaire posées directement sur le sol sans aucun lit de maçonnerie par-dessous. Les cassures devaient être fréquentes; parfois une dalle manque remplacée par une mosaïque rudimentaire faite de fragments disparates d'autres dalles ou par des dalles funéraires rapportées du cimetière. La majeure partie du pavement est intacte. Dans la direction de l'axe et en se portant vers l'ouest on voit une excavation assez considérable qui, à l'époque de la destruction de la basilique, a été comblée à l'aide de moellons et de blocs de maçonnerie. Peutêtre était-ce en cet endroit que se trouvait le réservoir. Une autre excavation a été relevée à l'angle nord-est; mais à l'ouest du haikal; de là furent retirés deux beaux chapiteaux.

Malgré la disparition presque complète du mur d'enceinte dont il ne reste guère que les arasements et quelques parties très peu élevées, on peut encore étudier le pitoyable système de construction. La partie extérieure est assez régulièrement disposée au moyen de blocs alternativement petits et grands ayant l'apparence d'un appareil soigné dont les joints sont même Ués; mais entre ces deux faces on ne trouve guère la solide concrétion des maçonneries de la bonne époque. Ces deux parois d'une même muraille sont une sorte de trompe l'œil, quelque chose comme deux cloisons à peine reliées entre elles, lorsqu'elles le sont, par un amas de matériaux hétéroclites, briques et éclats de

> Deux colonnes au moins avaient été ajoutées du côté sud à la disposition primitive. — ' Pas partout cependant; par exen-ple, les deux pUiers situés à droiteet à gauche

pierre parcimonieusement trempés dans un mortier terreux. On voit quelle résistance médiocre et quelle durée limitée on pouvait attendre d'un système à ce point rudimentaire de construction.

Les chapiteaux étaient tous tombés, en sorte qu'(m ne peut calculer avec certitude la hauteur des colonnes et de la basilique. Tous reposaient sur une couche assez épaisse de sable, s'élevant parfois à un mètre environ, ce qui semble indiquer que l'église a été abandonnée et que l'ensablement a commencé un certain temps avant qu'on ait songé à exploiter les ruines pour les constructions avoisinantes. Ces chapiteaux constituent avec les fresques l'apport le plus sérieux à l'art copte (fig. 2584-2596). La variété des types ne permet pas de douter de l'utilisation qui fut faite de morceaux appartenant à une construction ancienne dans une restauration postérieure. Ceux qui sont décorés suiv. nt le type de l'acanthe appartiennent tous à un type bien déterminé, quoique leurs dimensions varient assez de l'un à l'autre. Ils sonttaiUésau ciseau sans qu'on aperçoive nulle part l'usage du foret qui, au contraire, a joué son rôle presque inévitable dans le découpage des chapiteaux du type à feuilles de vigne. Quoi qu'il en soit, nous savons qu'ils sont l'ouxTage d'artisans recrutés sur place ou aux en\irons puisque la pierre employée est le calcaire qui s'extrait des carrières de Toura. On n'a rencontré aucun chapiteau en marbre: peut-être, s'il en a existé quelquesuns, auront ils été emportés ou débités, ceci est cependant douteux. Du côté sud de l'église la décoration des chapiteaux est traitée avec plus de variété, mais le plus grand nombre ne fait guère usage que de la feuille de vigne. La répartition des chapiteaux corinthiens et byzantins semble avoir été faite sans dessein prémédité de symétrie, l'un à l'est, l'autre à l'ouest. Plusieurs portent la trace d'une profonde entaille faite sans égard pour la décoration, évidemment dans le but de loger l'extrémité d'un linteau de pierre ou d'une poutre.

Cette riche moisson de chapiteaux ne nous apprend, somme toute, rien de nouveau. Si on se reporte à l'étude que nous avons consacrée à ce membre d'architecture (voirCHAPiTEAC), on s'apercevra que la basilique d'apa Jérémie o0re simplement les stades successifs de l'évolution ornementale qu'on rencontre dans les édifices chrétiens. L'n type corinthien à deux rangs d'acanthe épineuse, d'un travail roide mais encore énergique de haut relief, puis des acanthes fantaisistes, anguleuses à plaisir mais coUées à la masse, variant le motif décoratif, visant au trompel'oeil mais d'une facture timide. Car, dès lors, le ciseau n'ose plus dégager des masses, les faire saillir; on abandonne au trépan le soin de fouiller les nervures et d'accuser les vides, tout cela n'est que décadence. Et la feuille d'eau largement plaquée suit bientôt, simple modelé superficiel sans grâce, parfois sans régularité. Le chapiteau byzantin remplace ces morceaux misérables parfois à peine dégrossis. Il ne nous réserve pas grande surprise. Le pampre est l'unique motif employé et non sans monotonie. Ln cep généralement robuste circule, s'enroule, se déroule au sortir d'un petit vase à anses. Le feuillage est passablement conventionnel, c'est l'idée de la feuille de vigne mais allongée, mais distendue, mais étiolée, ou bien devenue large, nerveuse, fibreuse et comptant cinq, sept ou même huit pétales très détachées et ressemblant assez à des feuilles de marronnier. Les grappes de raisin sont plus rares et peu fournies. L'n des motifs préférés consiste à tresser deux ceps de façon à présenter six ou huit

de la porte ouest étaient de granit et, sur ce point, on a rencontré trois colonnes de marbre qui pourraient avoir appartenu à l'église la plus ancienne.

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médaillons s'clevant les uns par-dessus les autres et ornés de rosaces, de croisillons, de lleurs d'eau liirgement ouvertes. Parfois une sorte de tresse (jui rappelle les corbeilles et une applique de feuilles dentelées disposées régulièrement suivant la direction horizontale.

Les colonnes sont presque toutes taillées dans la pierre calcaire, cependant deux d'entre elles, qui se dressent de chaque côté de la porte de l'ouest, sont en granit; trois autres sont en marbre, elles proviennent

ration d'assez bon goût : à la partie inférieure une draperie, au-dessus quelques rangées superposées de médaillons contenant chacun des volatiles, à la partie supérieure un ou plusieurs saints côte à côte (fig. 2598). Toutes les colonnes en pierre calcaire sont brisées; plusieurs d'entre elles portent des gralliles sans intérêt.

La plupart des piédestaux étaient eux aussi en pierre calcaire, de forme assez simple, on peut en voir quelques spécimens encore en place dans la vue géné-

2597. - Ruines de l'église. Vue prise du portique S.-E. D'après Quibell, Excavations at Saqqara 0007-1 MU), pi. lu.

évidemment de l'église primitive. Deux colonnes restées intactes mesurent S""!? et 3"i2.''), en leur superposant les chapiteaux, on peut estimer approximativement la hauteur de l'église, cependant aucun élément ne nous permet de dire si les poutres de la toiture reposaient directement sur les chapiteaux. Bien qu'on n'ait pas trouvé de coussinets ou de corbeaux, il n'est pas impossible qu'on en ait fait usage et leur taille régulière les aura évidemment fait choisir de préférence par ceux qui vinrent s'approvisionner de matériaux tout équarris parmi les ruines. Toutes les colonnes ont été taillées suivant une même épure, elles sont légèrement fuselées vers le haut et terminées par un bourrelet :\ la partie supérieure. Quelques-unes offrent une grossière décoration tracée au ciseau, d'autres ont été recouvertes d'un plâtras et peinturlurées; dans le nombre il s'en trouve qui sont à peu près polies et sur'cette surface on a applique une déco-

raie des ruines (fig. 2597). Quelques-uns posaient sur un bloc de bois. Pour les piédestaux comme pour les colonnes, trois étaient en marbre dont deux octogones et un carré d'un travail bien plus soigné que les piédestaux de calcaire. Pauvreté et maladresse marchaient de pair; au contraire, lorsque avait été construite l'église primitive dont ces rares débris de marbre proviennent très probablement, on avait pu faire venir d'Asie -Mineure des matériaux solides et d'un beau grain.

\ en juger par la grande quantilé de matériaux courbes qui ont été dédaignés à l'époque arabe et laissés sur place, une suite d'arcs devait surmonter les colonnes, allant d'un chapiteau au chapiteau suivant. Il est fort possible que les constructeurs passablement inexpérimentés de l'église n'aient pas eu grande confiance dans la solidité de ces arcs, et c'est ce qui les aura détermines à jeter d'un chapiteau ;\ l'autre

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ces poutres de bois dont nous avons signalé l'encastrement parmi les pampres; un grossier croquis qui s'en est conservé sur une pierre ne laisse guère de doute à ce sujet.

Parmi les matériaux épars sur le sol on a relevé de petits chapiteaux qui ne peuvent provenir que des fenêtres, c'est le seul indice qui nous reste de celles-ci; nous savons qu'à l'est se trouvait une fenêtre fermée avec du verre. Des briques, au nombre de 0 000 environ — et on ne peut rien dire du chiflre de celles qui ont dû être emportées — donnent lieu de croire que la partie supérieure des murailles était élevée avec des briques.

De la toiture il ne subsiste rien, mais la distance qui sépare les deux rangées de colonnes traçant la nef centrale ne permet pas de supposer qu'on ait pu

Le pavement du hailcal a été entièrement bouleversé, mais on a retrouvé une multitude de fragment? de marbre de 0"05 d'épaisseur; ce pavement reposait sur une couche de plâtre.

En se reportant au plan, on voit que la disposition et la courbe des deux absides nous est révélée par deux pierres demeurées en place. L'abside la moins ancienne avait les fondations les plus grossières faites d'un lit de briques non cuites. Un peu en arrière se trouve l'abside contemporaine de la construction de l'église, marquée par les fondations et une pierre taillée suivant une ligne courbe. De chaque côté de cette abside placée dans l'axe de la nef devaient, suivant un plan que nous avons souvent rencontré, se trouver deux chapelles ou sacristies dans le prolongement des bas-

2598. — Colonnes peintes. D'après Quibell, op. cit., pi. xt.

faire usage de pierre; on n'eût pu trouver des matériaux de dimensions suffisantes.

Dans le sanctuaire on a rencontré une sorte de banquette formée de gros blocs d'albâtre qui. du côté de la nef, ne s'élèvent qu'àO^l.T au-dessus duniveau du sol et, du côté du sanctuaire, se trouvent à0°53 audessus du sol. C'était sans doute la séparation de la nef et du haiUal. mais il est bizarre et à peine croyable que le sanctuaire se trouvât en contre-bas de la nef, une teUe disposition exigerait, pour être admise, un état des lieux autrement conservé que celui que nous avons sous les yeux. Quoi qu'il en soit, cette banquette formait certainement la limite du sanctuaire et devait servir de support à la barrière de bois sculpté, sorte d'iconostase dont on a retrouvé quelques fragments minuscules et d'un travail assez grossier; par contre, on n'a rencontré aucun vestige de ces incrustations d'ivoire que nous avons signalées dans les églises du Caire.

L'unique fenêtre dont on relève les débris semble avoir offert un treillis de plâtre dans lequel étaient sertis des morceaux de verre de couleur, de forme irrégulière; la technique est absolument identique à celle des fenêtres des mosquées d'époque postérieiu-e, ce qui montre que, sur ce point, les Arabes ont été tributaires des Coptes.

côtés. L'abside ne ressortait pas sur le mur extérieur du fond, suivant un tj^pe général en Ég>TJte. De chaque côté elle était flanquée de deux escaliers de trois degrés chacun. Sur cet emplacement on retrouve quelques pierres dont la courbe indique qu'elles ont fait partie de la conque de l'abside. Des débris peu intéressants ont été relevés, clous, chaînette, cuiller, etc.» en bronze et un certain nombre de cubes de verre ayant servi à une mosaïque. Autant qu'on en peut juger par la disposition de quelques cubes encore liés entre eux, cette mosaïque aurait tapissé la conque et non pas la muraille.

Après lavage et pesage des cubes on a pu établir pour chaque couleur le poids de ce qui reste, un indice du moins ressort de là, c'est que la mosaïque était sur fond d'or, il y avait probablement le sol figurant l'herbe verte.

gra-nmes.

Cubes opaques, soufre et jaune verdâtre. . . 4r2

Cubes opaques, blanc laiteux et teintes claires. 583

Cubes opaques, vert émeraude et bleu clair . 1150

Cubes opaques, rouge et rose 890

Cubes opaques, teintes sombres et vagues . 150

Cubes transp.arents, bleu indigo 511

Cubes transparents, or 1710

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Les cubes mesurent entre O^OOô etO"°010 de côté; ils sont souvent de taille irrégulière; les cubes d'or sont plus réguliers, ils sont fabriqués du verre blond et du verre vert-bouteille couverts d'une feuille d'or fixé au moyen d'une feuille de verre recouvrante épaisse d'un tiers de millimètre.

Comme si la rudesse de la construction et l'avidité d'en retirer des matériaux n'avaient pas dû sulFire à consommer la ruine de l'église, on peut constater que le feu y a eu sa part; c'est ainsi qu'on en a relevé les traces sur quelques pierres du mur d'ouest et également sur les bases des deux colonnes de granit.

Du mobilier liturgique, il ne reste rien, sauf, peutêtre, quelques débris informes; toutefois contre la porte du mur ouest on a trouvé une de ces banquettes de pierre, si communes en Egypte à l'époque copte, destinées à porter deux jarres (fig. 2599); longueur ImOO, liauteur O^SO; à gauche, sont ménagées deux petites cavités pour poser des coupes; de ce même côté on lit ces mots : CTè^YP^ AoHeicon. Généralement au centre est figuré un mulle de lion, ici, il semble qu'on ait voulu représenter une plante aquatique.

V. Le nartiiex. — Le nartliex n'offre aucune particularité par rapport au plan primitif; toutefois la

îâr

2599. — Banquette porte-jarre.

D'après Quibell, oj). cit., pi. xxxvni.

présence d'un mur de refend en pierre dont les fondations semblent analogues à la technique du reste de l'église permet de supposer qu'on avait ménagé un petit appartement h droite de l'entrée, sans doute quelque installation faite en vue d'une plus grande commodité et dont il serait vain de conjecturer la destination précise. Une autre nuirette en briques, élevée du côté gauche de l'entrée, est probablement postérieure. La partie nord du narthex s'est mieux conservée que la partie sud qui a disparu. Quelques dalles du pavement, en très petit nombre, se sont conservées. Le seuil de la porte d'entrée était fait d'un bloc de granit resté en place et qui nous donne la largeur de cette porte, 1 "30.

Dans la partie nord de ce narthex on a trouvé un chapiteau au type de l'acanthe; en face de l'entrée, un tube cylindrique en pierre calcaire dont le diamètre est de O^g?, l'épaisseur O^IO et la hauteur 0"°97. IHovëtu de plâtre cet objet était certainement entré dans une maçonnerie. Près de là, une colonnette de marbre haute de l^GS, sorte de pilier carré dont les angles avaient été arrondis.

VI. Le portique. — Au sud de l'église et à son niveau se trouvait un portique composé d'une plateforme plus élevée que le sol de la cour dans laquelle on descendait par quelques degrés, randis que dans l'église toutes les colonnes ont été renversées, dans le portique neuf sont restées debout, sans doute la toiture légère qu'elles supportaient ne les aura pas entraînées en s'abattant. Oc portique se i)rolonge jusqu'à la hauteur du mur ouest de la basilique, 1;\ il se dirige à angle droit vers le sud dans la direction d'un pilier de maçonnerie de grandes dimensions. Sur la face nord on lit une invocation aux saints gravée avec soin sur

une pierre de 1 "SO sur 0" .30, au-dessus une niche avec une lampe. L'inscription offre une simple énumération : Apa Jeremias, Apa Elnjoch, Apa Ambrosios, Apa Hor, Apa Pshoi, Apa Panisneu, Michel, Gabriel XMr, Mena, Apa Sarmate, notre mère Marie, notre mère la Sibylle, le Papa Jean, le Papa Pierre son frère.

Le pavement du portique ne différait pas de celui de l'église, mais on a pris plus grand soin d'y faire des réparations; faute de mieux on a employé pour cet usage des pierres funéraires datées du niiUeu du viii« et du commencement du ix= siècle, ce qui permet de supposer que ces tombes furent violées vers le milieu du ix!^ siècle au plus tôt. Le portique est ainsi une des parties les mieux conservées sans qu'on puisse deviner ce qui lui a valu ce traitement avantageux. Une sorte de petite stèle surmontée d'une croix inscrite dans un cercle ornait le degré et il est probable que ce même motif ornemental se retrouvait en pendant. Sur une pierre du mur, un peu au-dessus de cet insigne chrétien, on lit un graffitc arabe des environs de l'an 1000, c'est une profession de foi musulmane tracée en guise de protestation contre le symbole chrétien par un ce tain Abu el-Abbas ibn Ahmed ibn Mohammed ibii el-Walîd; on en peut induire que vers cette date le monastère d'apa Jércmie était complètement délaissé par les moines.

VII. Le monastère. — Les habitations, les communs, les ctables et écuries forment un engrenage de constructions dans lesquelles il semble impossible de retrouver un plan conçu d'avance et exécuté méthodiquement. Au fur et à mesure des nécessités quotidiennes, on paraît avoir levé des murailles minces ou épaisses, appuyé les unes contre les autres des constructions grossières chevauchant les unes directement, les autres de guingois dans un enchevêtrement aussi déplaisant à regarder qu'il a dû être mal commode à utiliser. Les murailles ne semblent être que des amas de matériaux entassés sans qu'on ait même pris la peine de veiller à leur direction verticale, les angles n'ont guère droit à recevoir des désignations géométriques tant ils sont biscornus, on n'y a guère songé et lorsque les murs sont venus à se rencontrer on a tant bien que mal rejoint les briques. Ces murs ne sont guère que des cloisons si frêles et si mal levées qu'elles semblent souvent tenir en équilibre; quand l'une ou l'autre se lézardait et menaçait ruine, loin de prendre soin de la reconstruire on l'étayait d'un contrefort et tout était dit. A la longue, les contreforts se sont multipliés et forment une véritable curiosité dans ce misérable ensemble plus instructif à sa manière que tant de solides et majestueuses abbayes. On entrevoit, à côté d'une grande maladresse et d'une égale misère, une profonde lassitude chez ces moines attachés obstinément à des lieux vénérés et dont l'incommodité paraît dépasser l'imagination. Les murs sont toujours en brique; souvent, pour les affermir un peu, on a employé la pierre aux extrémités ainsi que pour les jambages des portes; mais beaucoup de logis ! parmi les plus misérables n'ont pas obtenu ce traite- ' ment, on s'est contenté de renforcer le cadre de la ' porte par la présence d'un ou deux blocs de pierre calcaire destinés à recevoir les gonds et le verrou. Les appartements de quelque étendue ont une couverture en briques formant cylindre, les chambres de petite dimension ont pour toit des poutrelles de palmier supportées par un seul pilier, l'resque partout on constate des modifications apportées à la disposition ' primitive, le sol a été relevé par l'accumulation des décombres qu'on écrasait pour ne pas se donner la peine de les enlever et de les transporter à quelque distance. Lorsqu'on adoi)tait ainsi une destination ■ nouvelle, on se contentait d'aveugler la porte et les

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fenêtres et c'était tout. A mesure que le nombre des moines diminuait, ceux qui vivaient dans le monastère, ne voulant i)as entretenir des locaux abandonnés et craignant peut-être que toutes ces issues attirassent des rôdeurs ou invitassent des indigents à s'v installer, bouchèrent portes et fenêtres, rassurés de cette façon contre les pilleries et l'envahissement. Ainsi ramassés de plus en plus dans un étroit espace, les rares occupants avaient délaissé des appartements jadis habités et décorés; c'est sans doute à cette circonstance que nous devons leur conservation. Quelques cellules ont gardé dans leur mur une niche peinte et des phicards pris dans l'épaisseur des murailles La cellule illustrée jadis par l'apa Jérémie était sans doute devenue un oratoire, une inscription signalait le souvenir qui s'y attachait. Quelques locaux peuvent être identifiés, tels sont le cellier, la boulangerie l'étable; d'autres auront dû servir de magasins, leurs dimensions les rendent inhabitables; peut-être une chambre de dimensions assez vastes aura-t-elle servi d'infirmerie.

Nous parcourrons d'abord l'ensemble de logements enveloppant l'église au nord et à l'ouest, mais sans s'y adosser et en laissant autour de la basilique une sorte de chemin de ronde, pavé du côté nord. Ce ce côté nord, la porte percée dans le mur de l'église communi. quail avec le monastère par un passageàciel ouvert(l) et une ouverture prise dans le vestibule (4).

VIII. Cellules et officines. — La description qui va suivre se présente dans l'ordre des numéros du plan (fig. 26C0).

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