‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 115 sur 303 · OtBtnOUt, luPSiytuB - P»«'S · texte numérisé non relu

OtBtnOUt, luPSiytuB - P»«'S

PORTRAI r DE L'APA JEREMIE

d'après .1. E. Quiiu:i.i., l'.xcavations at Saqqara, iQotî-igo;. pi

CHAQQARA

telées, fig. 2583. Peut-être avait-on décide ce sacrifice dans l'espoir de sauver le monument, car on constate que ce martelage fut un peu superficiel et probablement exécuté par des mains chrétiennes. Mais il fallut se résoudre à une destruction complète. Reconstruite à quelque temps de là, avant l'an SUO, la raine définitive commença vers le x« siècle.

La plus ancienne mention actuellement connue du monastère d'apa Jérémie dans le voisinage de Mempliis se lit dans V Itinerarium Tlieodosii, vers Ô20-530 : Item im jEgyplo est civilas Memphis... ibi siinl duo monasteria, unum est religioiiis Vcmdaloriim suncti Ilieremiœ, Romanorum sancli ApoUotiii in-nntœ^; par rcligio Vandaloriim l'auteur désignerait les ariens qu'il confond évidemment avec les inonophysites. Nous avons lu ce que dit Jean, évêque de Nikiou, vers 630, et, un siècle plus tard, Safi al- <lin Abd al-nuimin (f 739) mentionne également le monastère; ensuite ce sont Ibn Abdelliakem (f 8S1- 882) * et Abu Salih (vers 12IH1) ' qui coi)ie le précédent.

II. Le personnel. — Ce ne sont pas les seules attestations qui nous ont été conservées du mo-

vaux pour serv. à l'archéol. égypl. et assyr., t. v, p. 63, n. 3; Crum, n. 8319). — Phoebammon (Biondi, dans Annal, du Service, 1907, t. viii, p. 93, n. 23). — '?... (Biondi, t. viii,p. 93,n. 24). — Joseph Mena (Biondi, t. VIII, p.93, n. 25). — Nishteroou (Biondi,t. viii,p.94, n. 26). — ?... (Biondi, t. viii, p. 94, n. 27). — ?... (Biondi, t. viii, p. 94, n. 28).

Alexandrie. — 1... { lieu. Or. clirél., t. X, p. 252).

— lenCMIAC etneJRe(HeLKOr.chrét., t. x, p. 251).

— KAOYCANE (Mallon, Gramm. copie, p. 132). Vatican. — Elias ( Stern, dans Aeg. Zeit., 1S78,

t. XVI, p. 25; Revillout, dans Rcmie égyptol., 1885, t. IV, p. 10: O. Marucchi, iMuseo egiz. Vcdic, 1899, p. 314; Benigni, dans Bessarione, 1899, p. 107 a).

British Muséum. — Phoebammon (Hall, Coptic and gre.k Texts, p. 5). — Abeg (Hall, p. 9). — Apa Hor (Hall, p. 145).

Berlin — Abraham (Stern, dans Aeg. Zeit., 1878, t. XVI, p. 26; Berlin Ausfiihrl. Verz., p. 385, trad. seule).

Coll. Amherst. — Papa Anoup (Bircli, dans Aeg. Zeit., 1872, t. x, p. 121; Réviilout, dans Hev. égypt., t. IV, p. 9).— AI...? (Revillout, t. iv, p. 8, n. 12).

2583. — Bas-relief marlelé à l'époque arabe. D'après Quibell, Excavations at Saq'jara, (1901-P.I08), pi. 3'i.

nastère et de ses habitants. Divers musées d'Europe et celui du Caire conservent une trentaine environ de stèles funéraires des moines. En voici lénumération sommaire ' :

Bologne. — 2 stèles coptes, l'une au nom de reCOPre (Teza, Iscrizlonl cristiane di Egillo, Pisa, .1878, p. 5, cf. Benigni, dans Bessarione, 1899, p. 110 ft), l'autre du nom de MAKAPIOC (Teza, op. ci/., p. 6; Benigni, op. cit., p. 110 ;), toutes deux au Museo Civico (ancienne collection Palagi); en outre une stèle grecque de rEOOPriOC. Lmnbvoso, Rioisladifilologia, 1874, t. Il, p. 220, n. 1; Teza, op. cil., p. 6 = Anna// Univ. Tosc., 1879, t. xvi, p. 227; De Rossi, Bull, di arch. crist., 1875, p. 30; Heuser, dans F. X. Kraus, Heal-Encyktop., t. i, p. 380; S. de Ricci, dans Rcv. archéol., 1902, ii, ]). 148, note 1 ; Benigni, op. cit., 1899-1900, t. IV, p. 111 A-; G. Lefebvre, Inscr. gr. chr. d'Egypte, p. 128, n. 062.

Caire. — Sarapion (Gayet, dans Miss, archéol. Franc, au Caire, t. m, p. 26, n. 3; W. E. Crum, Coptic mointm., n. 8324). — Apollo (Gayet, t. m, p. 27, 6; Crum, n. 8547). — ?...(Gayet, t. iii, n. 41). — Macarios le jardinier (Gayet, t. m, p. 30, 45; Crum, 8326). — Jeremias Pesoou (Gayet, t. m, p. 30, 49). — Apa Zacharias (Gayet, t. iii, p. 30, 50; Crum. n. 8320). — Apa Jeremias (U. Bouriant, dans Recueil de Ira-

* Krall, Corp. Papgror. liaitwri, t. il. p. T'J. — ■ Slern,

dans £gijplisclie /.eilschri/t, ISS.î, t. xxiu.p. 14S. — ' Tlie

cliarclies and ninriasleries oj Eijript and somc nciijhhmiring

couniries, trad. B. T. .V. Eveltsi Oxtord, IS'Jf), fol. GSa. —

J'emprunte cette nomenclature, sauf queWjues additions.

?... — Dioscoros '? (Winstedt, dans Pruceedings of Ihe Soc. Bibl. Archéol., t. xxix, p. 322).

Un texte gravé sur bois et qui a dû faire partie d'une litanie incrustée dans la décoration d'une église mentionne notre Apa Jérétuie : [', i-,'.|OC MIXAHA H AriA MAPIA O AriOC TABRIHA ARA lePEIMIAC An[A...5; longueur 0"'62, conservé au musée de Périgueux.

Dans les souterrains est de la pyramide d'Ounas, parmi les papyrus recueillis, il se trouve une lettre écrite en copte et adressée à un certain Paphnuce. On lit au verso l'adresse :

Te>*>cjL«.n*,cou n«v niioffc

Olfll.

Il est probable que les mots séparés de l'adresse par une sorte de guillochage tracé à l'encre sur le papyrus, représentent la fin du document écrit au recto. Celui-ci est trop fragmentaire pour qu'il y ait utilité à le reproduire ici. « L'encre est pâle et jaune, le type de l'écriture est celui du vi= ou du vu" siècle. Il est dilTicile de dire ce qui manque de chaque coté de la partie conservée, mais, en complétant les mois mutilés, on arrive presque forcément à cette conclusion qu'un quart environ de la page a pu disparaître de

à l'ouvrage de J. E. Quibell, Excavations al Saqqara, 1907- 190S, in-fol., Le Caire, 1900, p. iv-v. — ' J. Clédat, dans le Bulletin de l'Instilnl t"'nçais du Caire, 1902, t. il, p. 70; G. LcfcbvTe, Inscriptions grecques clu-àliennes d'Egypte, p. 14, n. 228.

CHAQQARA

chacpie côté. L'intérêt de ce morceau c'est que nous devons y reconnaître probablement la trace du passage de l'un des coptes qui pillèrent les tombeaux de la galerie d'Ounas. L'expression HACON, qui rexient à plusieurs reprises dans le texte ainsi que sur l'adresse, montre que c'était un religieux et, en ce cas, il appartenait probablement au monastère de saint Jérémie'» dont l'emplacement se trouve non loin de là.

Parmi le personnel du monastère, abbés, dignitaires et officiers ou simples moines, nous rencontrons quelques Indications qui ont leur prix.

Apa Alexandre, archimandrite et abbé ', deux titres que nous voj'ons portés également par l'abbé David ».

Mais ces quelques noms de supérieurs, qu'on ne sait à quelle date rapporter, sont moins intéressants que les mentions des multiples oflices remplis par les moines. Outre l'apa, abbé, archimandrite ', higoumène' et l'évêque ', nous rencontrons deux prieurs ', l'économe ^, gros personnage dans les monastères égyptiens, les diacres», sous-diacre'", lecteurs", chantre 'S harpiste ", enfin deux'défunts qui ne peuvent se parer du souvenir d'aucune fonction, d'auc-ine capacité et qui se qualifient simplement : moines ".

Les charges sont multiples, ainsi qu'il con\'ient dans une agglomération qui a surtout à compter sur ellemême. L'infirmerie semble organisée avec soin sous un moine qui y est préposé avec le titre de père " et qui a sous ses ordres des serviteurs ".

Les corps de métiers sont représentés par de nombreux charpentiers '• et peut-être un contremaître chargé de veiller à l'état des ch;irpentes dans tout le monastère '*. Les jardiniers ont dû être nombreux, mais nous n'en connaissons que deux " et les fossoyeurs ^^ qui auront dû leur donner parfois un coup de main. Des maçons ", des bûcherons ", des peintres"», nous verrons de quoi ils étaient capables, copistes ", professeurs ", notaires " c'est-à-dire sécrétâmes de l'abbé, gens capables de tenir une plume entre les doigts; puis la corporation des veilleurs de nuit ", les potiers »', les constructeurs, peutêtre des architectes -', foulons »», vendeurs ", vendeurs de sel '^, vendeurs de fourrage ", et puis ceux qui n'ont été rien sans s'y résigner jamais, ceux qu'on désignait par quelque tic, quelque bizarrerie, un sobriquet plus ou moins bien trouvé, plus ou moins patiemment supporté et qui, comme une étiquette, a suivi le défunt dans la tombe : Un tel le chauve ", un tel le soldat »% un tel le vieux ", tel autre le svelte ", tel autre l'eunuque»'; enfin il est tout un groupe qu'on désigne sous le nom de " moindre», un terme un peu vague et intraduisible, qu'on peut tirer à soi pour lui faire dire, selon le cas, le modeste ou le propre à rien ".

Tout ce monde est sous la garde d'un portier '».

III. L'emplacement. — Une série de papyrus coptes que nous citerons et étudierons plus loin ne permet aucune hésitation sur le site du monastère

'Maspero, \olc sur les objets reeueillis sous la pgramide d'Ounas, dans les Annales du service des antiquités de rÊguple, 1902, t. m, p. 185-186. — ' J. E. QuibeU, Excavations al Saqqara. 1907- 190S, n. 1, 150, cf. n. 5. — 'Voir plus loin : Cartulaire. et .1. E. QuibeU. op. cit., n. 15, 20. — 'J. E. QuibeU, op. Ci/., n. 1, 15, 20,69, 150. — ^Ibid.,n. 63. — Ibid. n. 15,110? — ' /fcid., n.l5. 150. — ' 76id., n. 73, 117?— >Ibid,. n. 6, 13, 24, 124, 14G. ~ " Id., n. 122. — " IMd., n. 122,143. — '= Ibid., n. 119. — "ifcid., n. 94. — " Ibid.,D. 133, 143. — "/6i<i.,n. 2,69,113, 117. — "liiid., n. 2, cf. n.l3, 64, 113, 116, 123.— " Ibid., n. 6, 67, 78, 89, 145,146,157. — '•/frid.,n. 13. — ••/6id.,n. 8, 81. — ''Ibid., n.8'J.— "Ibid.,n. 13, 106.— ■= /(>id., n. 134. — ^ Ibid., n. 92. — ^ Ibid., n. 13. — " Ibid., n. 13, 16, 25, 34, 78, 94. — •■' Ibid., n. 10, 11, 13, 16, 96, 117. 133, 137, 149, 150,

d'apa Jérémie. Tous ces textes nous le montrent situé sur une hauteur appelée le " Mont de Memphis . Serait-ce la hauteur sur laquelle s'élevait le Sérapeum, situé hors de la ville, sur une hauteur"? On sait que dès le temps de Strabon" l'allée du sphinx" qui conduisait du Sérapeum grec au tombeau d'Apis " était en partie ensablée, mais naturellement « l'affluence des sables est encore plus grande aujourd'hui qu'ils ne trouvent aucune barrière, et ils enseveUssent déplus en plus le site de Memphis"? » Dés lors, nous nous trouvons en présence de deux « Mont de Memphis ». D'une part, la chaîne Ubyque, ^ur les flancs de laquelle se trouvait le tombeau d'Apis et d'autres ruines fort anciennes; d'autre part, le mont probablement peu élevé sur lequel était situé le Sérapeum grec. Sur laquelle de ces deux hauteurs se trouvait ce monastère d'apa Jérémie?

Il ne peut être question de la chaîne Ubyque trop éloignée de la ville et qui devait être déjà ensablée et abandonnée au iv' siècle de notre ère. Au contraire le Sérapeum grec ne s'ensabla que lentement et tardivement. « C'est pour cela, pensait E. RéviUout, que les Arabes pouvaient encore y atteindre au xix« siècle par des fouilles superficielles et en extraire les papjTus dits du Sérapeum bien avant la découverte de Mariette. Nous tendons donc à croire que « le mont » où était situé le Sérapeum grec est bien le même que « le mont de Memphis » dont parlent nos papyrus coptes. Il est extrêmement probable que ces papyrus coptes ont été trouvés dans le même lieu que les papyrus grecs d'époque Ptolémaïque, et qu'un autre papyrus grec d'époque chrétienne provenant également de Memphis et dont nous parlerons dans la suite de ce travail ". »

C'étaient là d'ingénieuses conjectures. Cependant depuis des années un point en particulier attirait l'attention. Au village de Ras-el-Gisr existait une vaste superficie couverte de ruines, pans de murs écroulés dont les briques demeuraient négligées, fragments de chapiteau de travail copte, bouchons d'amphores, des blocs plus ou moins difformes, un sarcophage de granit. L'espace ainsi obstrué par les ruines pouvait occuper environ 200 mètres carrés et on avait pris l'habitude de la désigner sous le nom de 'i village romain »; ce fut là que M. Maspéro marqua le site probable du monastère d'apa Jérémie, c'est là que les fouilles ont rendu un ensemble de constructions et de décorations du plus grand prix. Un premier couij d'œil jeté sur le plan général attire d'abord l'attention sur l'église (fig. 260U).

IV. La basilique. — Malgré l'amoncellement desruines, quelques tronçons de colonnes demeurés debout ou couchés sur place indiquent la direction générale de l'édifice. Beaucoup de débris, sable, blocs brisés, briques ont été emportés, mais on n'a pas touché aux pierres portant des inscriptions ou de simples graffites, ou aux fragments sculptés dont la présence peut aider à reconstituer le plan et, jusqu'à un certain pomt, les détails de l'édifice. Le déblaie-

151. — " Id., a. 61, 106, 138, 147, 148, 149, 156. — " Ibid., n. 108. — "i;ii'd.,n.89 —"Ibid.,n. 16.— " Ibid., n.l29.

— " Ibid., n. 158. - "Ibid., n. 13. — " Ibid., n. 138. — M Ibid.,n. 159. — " Ibid.. 89, 92. — "Ibid., n. 161 . — " Ibid., n. 33. — "Ibid., n. 9, 19, 34, 79, etc. —"Ibid., n. 147. — " Brunet de Presles, Mémoires sur le Sérapeum de Memphis, in-S°, Paris, 1852, p. 26. — " Strabon, Géogr.. 1. XVII, c. i.

— " A. Mariette, Choix de monuments du Sérapeum de Memphis, in-8», Paris, 1856, p. 6, 7. — " Découvert par Mariette. — '^ Jomard, Description de Memphis, p. 38. — " E. Revillout, Huit papyrus coptes du musée égyptien du Louvre, provenant du monastère de Saint-Jérémie de Memphis et relatifs aux impôts de Vempire byzantin, dans Congrès international des orientalistes. Compte rendu de la première session, Paris, 1S7 3, 10-8°, Paris, 1876, p. 477

CHAQQAR.V

£ f Jr ••\T!r-'-^^ 11''"

■2586. — PI. XX, n. 3.

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2587. — PI. xxiii, n. 2.

2588. — PI. .xxii, n. 4.

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