PAVLINE VIVAS SEMPER SEDAS
H. Leclercq.
' Rohault de Flcury,7..a messe, tS83, t. il, p. 171, pi. cxix. — 'Nouvelles archives des missions scientifiques et littéraires, 1892, p. 139. I
aclucl compte deux fêtes de saint Pierre, l'une au 18 janvier, avec cette rubrique Cathedra sancti Pétri qua Romx primuin sedil, l'autre au 22 février : in cathedra sancti Pelri Anliochiœ. La liturgie romaine, fidèle à cette rubrique, célèbre à la première de ces dates la fête de la chaire de saint Pierre à Rome, et à la seconde, la fête de la chaire de saint Pierre à Antioche, en souvenir de l'épiscopat de l'apôtre dans cette ville. Mais en réalité, comme on va le voir, il ne s'agit pas de deux fêtes différentes, ni même des deux chaires de Pierre.
Il semble qu'il n'y ait eu à l'origine qu'une seule fête, celle du 22 février, où l'on solennisail le souvenir de l'épiscopat ou de l'apostolat de saint Pierre à Rome. L'addition d'Antioche est due en réalité au rédacteur de l'édition auxerroise du martyrologe hiéronymien et n'a pas de valeur historique.
Celle fêle romaine du 22 février était, d'après
CHAIRE DE SAINT PIERRE A ROME (FÊTE DE LA
M'j' Duchesne, ranniversaire correspondant au Xcilcilis; consécration épiscopale. ou prise de possession de cliaque évéquo, et dont ou voit des exemples déjà dans la première moitié du iv*^ siècle'.
Saint Léon a ainsi trois sermons sur l'anniversaire de sa promotion, XuUilis calhedrœ. Saint Augustin a aussi un traité De nalali cpiscopi, tractaliis iiniis, et deux sermons pour l'anniversaire de son ordination. L'anniversaire de l'ordination de l'èvêque est appelé Nalalilia. Diem nalalis noslri, nalalis mei fexlu'ilas, disent les papes Anastase et Hilaire-. Les plus anciens sacramentaires ont des messes in natale cpiscoporum. Le Léonien notamment en a plusieurs, dont le formulaire serait intéressant à étudier'.
Il semble donc que la fête de la calhedra saiiiii l'clri ait été instituée pour célébrer un anniversaire de même genre. Mais quelle raison fit choisir le 2'2 février? il parait bien que ce fut le désir de remplacer par une fête chrétienne le souvenir d'une solennité païenne qui se célébrait à ce même jour par des festins et d'autres manifestations profanes en l'honneur des défunts de chaque famille. C'était la cara coynatio ou charistia. célèbre dans les annales de la liturgie païenne''.
.\ ces pratiques païennes, que le culte chrétien s'cfforvait d'abroger et de remplacer par d'autres cérémonies, font allusion les homélies dont le texte nous a été conservé^. On en retrouve aussi un écho dans ce canon du concile de Tours dejl'année 567 (c. 22) : Siint eliam qui in jestivilale cathedra; donmi Pelri Apusloli cibos morluis ojjerunl, et post niissas redcunles ad donios pruprias ad (lentilium reuertnnlur cnores, et post corpus Doinini sacralas dœmoni escas accipiunl.
Beleth au xii= siècle parle encore de ces banquets en des termes qu'il faut rappeler :
Hoc item tcmpore {se. sepluagcsimœ) celcbrari solet Cathedra sancti Pelri, tant (/uœ Roniœ fuit, (juieque lempore posterior est quani illa quœ fuit Antiochiœ. Verum illa quœ fuit Antiochiœ, solenmior profeclo est alla, ut rel hufus diei collecta quie est de incathedratiiine Anliuchix facla, abundc testatnr, dicilurque fesUun B. Pelri cpularum. Fuit enim consucludo veterum ethnicorum ut sinyulis annis niense Februurii certo quopiam die epulas ad parentum suoruni tnmulos apponerenl, quas nocte dœmones consumebant, cum inde non minus falsn quani ridicule animœ refici credebantur. Putabanl enim Inifusmodi epulas ab animabus circa tumulos crrantibus absuini. Hœc autem cnnsueludo alque hn/usmodi falsie opinionis crror a christianis vi.v exslirpari poluit. Quod quidcm cum viri sancli animailoerlisscnl, ac penilus illcun consueludineni exsUni/ucre voluissenl, instituerunt festuni de Cathedra S. Pelri, tant de illa quœ fuit Romœ, quam quœ Anliochix, idque illo eodem die quo ubominanda illa ab ethnieis fiebant, ut solemnihoc fcsto prauœ istius consueludinis festum omnino exstingueretur. Unde eliam ab illis epulis festuni hoc appellatam est beali Pelri epularum •.