‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 152 sur 303 · I.K CllHlST i:.N MA-ll-STi · texte numérisé non relu

I.K CllHlST i:.N MA-ll-STi

vniiiipliairc de Cliarlciiiniziic |iar (ioTESCAi.r.

15ibl. N'at. Lai. \iOS. nouv. acq.

CHARLEMAGNE

velours vert avec plaques et coins en argent niellé '.

En tête du volume, images de saint Matthieu (fol. 1), de saint Marc (fol. 1 v°), de saint Luc (fol. 2), de saint Jean (fol. 2 V), de Notre-Scigneur (fol. 3), et de la fontaine mj'stique (fol. 3 v»).

La partie principale du recueil se termine au fol. 106 par les mots : Expliciunt cvangelia anni circuli secundiim ordinem romanam (sic). Viennent ensuite les évangiles du commun et des messes précédés du titre : Incipiunl de nataliciis sanctorum. Deo yralias. Amen.

Les fol. 121 v"'-124 sont occupés par un calendrier, publié par F. Piper '.

Les fol. 124 vo-126. Table de comput pour la période comprise entre les années 779 et 816, reproduite par F. Piper. En regard de l'année 781, on lit : In isto anno fuit dominus rex Carolus ad sanclum Peirum e( baptizalus est filius eiiis Pippinus a domino aposlolico. Fol. 126 v»- 127, une pièce de vers nous apprend le nom du copiste et celui du destinataire, ainsi que nous l'avons dit déjà '.

Gotescalc représente une école de miniaturistes que Janiîschck a, sans r;iison suffisamment fondée, qualifiée " école de Metz » et son manuscrit pourrait à lui seul nous en donner l'idée la plus excellente. Tandis que les admirables miniatures de l'évangéliaire de Vienne (voir saint Matthieu, fig. 2033, saint Jean, fig. 2637) éveillent la réminiscence d'œu\Tes classiques et sculpturales, ici on se croirait en face du carton de quelque mosaïque. Le Christ en Majesté (fig. 2634) est apparenté aux figures raides et pompeuses des absides des basiliques romanes et byzantines. Le Clixist est imberbe, jeune, mais déjà le mannequin remplace le modèle vivant. La fontaine d'eau vive est l'illustration de la parole divine : Celui qui boit cette eau que je lui donne n'aura plus soif désormais. La fon-

taine est abritée sous un pavillon en forme de ciborhim, dans un jardin fleuri où sepromènent les animaux les plus variés, paons, coqs, faisans, canards, daims (fig. 2635), tout cela pimpant, vu de profil et àpeu près aussi vivant que peuvent l'être les animaux dégrossis, peinturlurés et vernis d'une arche de Noé. Ce motif reparait à quelques années de là (vers 827) sur l'évangéliaire de Saint-Médard de Soissons (Biblioth. nat., lat. n. '^iôO), qui mirque l'apogée de la technique des enlumineurs de l'école de Gotescalc. Le motif est le même, les architectures sont devenues plus majestueuses et guère plus réelles.

Xin. L'ÉCOLE DU PALAIS. — I^a restauration des études et la création des écoles sous l'impulsion de Charlemagne sera étudiée à l'occasion de ce sujet spécial. Voir Écoles. Ici, nous ne dirons que peu de mots de Vécole palatine '. L'empereur se proposait de former une sorte de séminaire quia curœ nobis est ut nostrarum ecclesianim ad mcliora semper proficiat status. Aussi, l'école du palais donnait par-dessus tout une éducation cléricale. On sait peu de ciiose sur l'organisation de l'école et les fonctions de moderator. L'aspect de cette école, pour autant qu'on en peut juger sur quelques maigres indications, est assez original.Vers la fin du viii^siècle, la barbarie avait presque tout submergé. Les efforts louables, mais isolés, de saint Grégoire le Grand, d'Isidore de Séville,de Bède, avaient pu retarder sur quelque pomt le progrès de l'ignorance, entretenir l'estime et une sorte de culture des belles-lettres, fonder une école locale de faible rayonnement; pour faire reculer la barbarie, il fallait concentrer ces efforts épars en une action commune, leur procurer des ressources et leur garantir une durée sans lesquelles on ne fait rien d'efficace.

C'est ce à quoi tendait l'œuxTe politique législative

' Barbet <le Jouy, Notice des antiquités, oï^jels du moyen âge. de h.i Renaissance et des temps modernes composant te musée des Souverains, in-12, Pari:^, 1.S66; Fiorillo, GesctiiclUe der zeichnenden Kiinste in Deufsc'tland nnd den Vereinigten Nicdertanden, in-8", ïïannovcr, 1815, t. i, p. 43; Arcliii\ fitr iiltere dentsche Gescl\ichtsliunde. t. vu, p. 999; liouquet, Uecucil des h.istoriens de ta France, t. v, p. 401 ; Waagon, Kunsttverlœ nnd Kiinstler in England und Paris, in-12, Berlin, 1837, t. m, p. 23,S; II. L. Curmcr, Les énangites des dimanclics et fêles fie t'ann'^e, in-S*', Paris, 1864, t. II, p. 97-102; t. III, p. 78; L. Delislc, Le cabinet des manuscrits, in-4'>, Paris, 1881, t. m p. 2.32, pi. xx, n. 1; J, W. Bradley, A diclionarn oj minialwisis, illuminators, calligraphers and copijists, in-8°, London, 1888, t. ii, p. 47-48; N. de Wailly, FAéments de paléographie, t. ii, p. 294 sq. Toutes ces notices sont éclipsées par la description minutieuse (lu manuscrit que donne F. Piper, Karts des Grossen Kalendariiim nnd Ostcr'a/eî, aus der Pariser Urscliri/t herausgegcben und ertdutcrt nebsl einer Abliandlung iiher die laleinischen und griechisdien Oslerc:i!;eln des Mittelallers, in-S», Berlin, 1858. On y trouve, p. 16-18, toute l'ancienne bibliographie relative à ce manuscrit : Catel, Histoire des comtes de Totosc, p. 170; -Millin.dans Icil/a^ajin em-jclopédique, 1811, t. III, p. 379; Dibdin, Bibtiograpliical aniiquarian and picturesque tour in France and Germon;;, London, 1821, t. ii, p. 372-37G; trad. franc.. Voyage bibliographique, archéologique et pittoresque en France, traduit par Crapelet, in-8», Paris. 1825, t. iv, p. 45-53; Pottier, texte des Monuments Irançais inédits, de Willemin, 1839; H. Pertz, dans .4rchit> /ùr a((prc dentsche GeschichIsUunde, t. vu, p. 999. Des reproductions fréquentes des miniatures dans Dibdin, Bibliogr. tour, l. ii, p. 373; Nodier Taylor et Cailleux, Voyages pittoresques et romantiques dans Vcmcienne France, Languedoc, au mot ï"oii/ouse; Willemin, op. cit., t. i, pi. m, et surtout dans de Baslard, Peintures et ornements des manuscrits, livr.l et 16. les sept premiers feuillets; Venturi, .Sloria deit' arlc italiana, in-S", Milano, 1902, t. ii, p. 285, 287; A. Michel, Histoire de l'art depuis les premiers temps chrétiens, 190:>, t. i, part. 1, p. 337. — = F. Piper, Karts des Grossen Kalendtu-iuni und Oslertnfel, in-8'', Berlin, 18.58. - ' Cette piOce est transcrite en entier dans L. Delisle, op. cit., t. III, p. 232-233, et les quatre premiers vers rcprodiiits.pl. xx ,

n.2. — 'J. Chr. Fred. Bœhr, De lilerarum studiis a Carolo Magno revocatis ac schola palatina instaurata, in-4°, Heidelbcrgœ, 1855; Bulœus (= du Boulaj'), liistoria universU. Parisiensis, 1665, t. i, p. 566-568; A. Ebert, Die literarische Bewegung zur Zeit Karts des Grossen, dons Deutsche Rundschau, 1877, t. xi, p. 400-108, et dans Gescliiclde d. Littéral, im MUtclatter, 1880, l. ii, p. 38-62, 311-312; F. Lorentz, Dissertatio de Carolo Magno littcrarum /aulore, in-S", Hala;, 1828; des Michiels, Les écoles publiques sous Charlemagne, dans Le lycée, 1829, t. v, p. 475 sq., 529 sq. ; S. B. Mullinger, The schools oj Charles t!ic Great and the restauration in the ninth century, in-S», London, 1877;. John Henry Kewnian, .Sctionls oj Ctiarlcmagne, dans Americ. journ. 0/ cdne., 1873, t. xxvi, p. 44; Œbeke, Df academia Cnroli Magni, in-S", .\achen, 1847; G. Phillipps, Kart der Grosse im Kreise der Gelclirten, dans .ilman. .lluid. Wissensc.'i., 1856, p. 173-221; J. Basclie, /Car/ der Grosse, gross durch seine Bemiihungen /iir die Schnlen der Teutsrhen, in-4», Jleiningen, 1760; W. F. C. Schmeildcr, Die Ho/schute nnd die Hoj-Akademic Karl's des Grossen, in-S», lena, 1872; The schools o/ Charles IheGreat, dans F.dinburgh renieiv, 1S.S0, t. CLi,p.3S0; Schulte, De Caroli Magni in littcrarum stiidia meritis. in-t", jMonasterii, 1826; J. M. Unold, tjratio de societate litteraria a Carolo M. instiiuta, in-4'', lente, 1752; G S. Wiesand, Commenlalio de Carolo Magno artium tiberalium reslauratore summo, in- 1°, 1756; E. Desjardins, L'Eglise et les écoles, ou étude historique sur une restauration au moyen âge. duns Éludes religieuses, 1872, série V, t. I, p. 364-407; Gatien-Arnoult, Note sur l'école du palais, au tcm.ps de Charlemagne, et sur la pièce inlilulée : Disputatio regalis et nobilissimi jurcnis Pippini cum Albino scholastico, dans les Mémoires de t'.icadéniie des sciences de Toulouse, 1856, série IV, t. vi, p. 218-261: J.-B. ;jaugey. Les clercs du palais de Charlemagne, dans Reuue du monde catholique, 1868, l. XXII, p. 582-596, 697-709; L'école du palais, dans même revue, t. xxiii, p. 62-89; J. Launoy, De scholis celebrioribus scu a Carolo Magno, seu post eundeni per Occidentem instaurons, in-8'', Lutetia". Parisiorum, 1672: L. Maître, Les écoles épiscopalcs et monastiques de VOccident, depuis Cluirlemagne jusqu'à Phitippe-.ïuguste (76S-lli!0), in-8', Paris, 1866; L. Havct, Que doivent à Cluirlemagne les classiques lulins?dansia Reuue bleue, 1906,t.i.xxvii, p. 129-133.

CHARLEMAGNE

et sociale de Charlcmagtic. Toutes ses mesures concouraient à ce but par la stabilité des institutions, la reforme du clergé, la protection et l'encouragement officiel de la science. Sa volonté fut exprimée si clairement qu'on ne pouvait s'y tromper. Dans une lettre adressée à l'abbé de Fulda, Baugulf, le roi lui disait : « Sache qu'en ces dernières années, comme on nous écrivait de plusieurs monastères pour nous faire savoir que les frères priaient pour nous, nous nous sommes aperçu que, dans la plupart de ces écrits, les sentiments étaient bons et le discours inculte; car, ce qu'une pieuse dévotion dictait fidèlement au dedans, une langue malhabile était incapable de l'exprimer correctement au dehors, à cause de l'insufTisance des études. Alors nous avons commencé à craindre que, la science d'écrire étant faible, l'intelligence des saintes Écritures ne tût moindre qu'elle devait être; et nous savons tous cpie, si les erreurs de mots sont dangereuses, les erreurs de sens le sont beaucoup plus. C'est pourquoi nous vous exhortons, non seulelement à ne pas négliger l'étude des lettres, mais à les cultiver avec une humilité agréable à Dieu, afin que vous puissiez pénétrer plus facilement et plus justement les mystères des Écritures divines. Comme il y a dans les livres sacrés des figures, des tropes, et autres choses semblables, il n'est pas douteux que chacun, en les lisant, n'en pénètre d'autant plus vite le sens spirituel qu'il aura reçu auparavant une instruction littéraire complète...» « N'oublie pas de communiquer des exemplaires de cette lettre à tous ceux qui sont évêques avec toi et à tous les monastères, si lu veux jouir de notre grâce'. »

Devant la complète indigence d'hommes instruits qui caractérisait la nation franque, Charlemague n'hésita pas à s'adresser à des peuples plus favorisés. Il appela d'Italie Pierre de Pise, Paulin d'Aquilée. Paul Diacre; d'Espagne, Théodulfe et Claude de Turin; d'Angleterre, Alcuin. Cela formait un groupe un peu prétentieux, un cénacle si l'on veut, où chacun s'affublait du nom de son auteur favori, et ces classiques, qui ne maniaient qu'un idiome avarié, se saluaient sans rire des noms de David (Charlemague), d'Horace (Alcuin), d'Homérc (.•Vugilbert M), d'Ovide (Modoïn). Passe-temps inofîensif; ce qui vaut mieux, c'est le respect de ces élèves pour leurs maitres dont ils recueillaient les œuvres ; grâce à eux, de nouveaux manuscrits furent retrouvés, collationnès, corrigés des fautes les plus grossières qui les déparaient; des copies, relativement correctes, furent mises en circulation et sauvèrent bon nombre de textes qui, sans cette renaissance, eussent bientôt péri sans retour.

t Cette réunion de savants étrangers autour de Charlemague faisait de son palalium une véritable école pour la jeunesse franque, tant pour ses propres enfants tjue pour les enfants des grands fonctionnaires; et de cette école sortirent non seulement des clercs destinés an service de la chapelle royale et de la chancellerie, mais des Iniques non moins lettrés, tels que le poèteAngilbert.son fils l'historien Xitliard, et le célèbre biographe de Charlemagne, Einhard. Ainsi, la science cessa d'être le monopole des clercs, et bien que cette école palatine dût disparaître avant la fin du siècle, à la suite des désastres du temps, il faut savoir gré à Charlemagne de ses efforts pour répandre

' CapiluL reg. Francor.. étlit. Boretius, t. i, p. 79 sq. — ^ i\Iansi, Conc. ampl. coll., t. xiv, col. .^99; concile de Paris, en 829, propose l'érection de trois écoles publiques sur différents points de la Gaule. — ' Mansi, op. cit., t. xrv, col. 7J ; conc. de ]\î.iyence,81.î, can. 45. Cf. Cli. Môllcr. Histoire du moyen âge, 1910, t ii, p. 619. — * Textes relatifs à la renaissance artistique carolingienne dans F. Piper, Einkitiing in die monumentale Théologie, in-S", Gotlia. 1S67, p. 267 sq. ; G. Schlosseï, Sehrii't'iiiellen ziir Geschichte der Knro-

la haute culture intellectuelle dans le monde laïque. 11 fut d'ailleurs secondé par le clergé de son empire^. Il y avait alors dans toute ville une école capitulaire destinée au recrutement du clergé, mais qui n'était pas fermée aux laïques. Il en était de même des écoles monastiques. Enfin, on constate que des évêques recommandaient aux prêtres des campagnes d'ouvrir à leur tour des écoles gratuites, accessibles à tous, sans distinction de naissance. Il s'agit toutefois non d'écoles populaires, mais d'écoles latines, puisqu'il n'y avait alors de livres et de littérature qu'en latin. Ceux cjui ignoraient le latin demeuraient illettrés et devaient se contenter d'un enseignement oral, religieux avant tout; et c'est ce dernier qui était obligatoire pour tous en vertu des canons des conciles '. »

XIV. Renaiss.\nce des arts sous Charlemagne. — La renaissance artisticjue fut aussi éphémère, parce qu'elle fut aussi superficielle, que la renaissance littéraire. Les manifestations de l'art carolingien qui nous sont parvenues permettent de porter sur lui un jugement autorisé par un nombre suffisant de faits. Cet art est essentiellement religieux et dépourvu d'originalité '.

Cependant, tout n'est pas à dédaigner dans cette entreprise officielle secondée sur bien des points par l'initiative privée; mais les grandes traditions sont perdues, la science technique fait défaut, partout les meilleures intentions sont entravées par la maladresse et la timidité. Les anciens édifices sont, pour la plupart, dans un état pitoyable, les constructions antiques sont exploitées comme carrières de matériaux pour élever de misérables demeures appropriées à la seule nécessité du moment, les églises ne sont guère épargnées. Outre l'emploi considérable qui est fait du bois et les incendies qui en résultent, les toitures sont enlevées, les plombs arrachés, les tuiles détachées; des prêtres profitent d'un coin encore abrité pour engranger leur récolte et insinuer discrètement leur étable ou même leur basse-cour. De nombreux capitulaires montrent l'empereur obligé de faire évacuer, nettoyer, approprier les églises en vue de leur destination, il lui faut veiller à tout : que la toiture soit réparée et entretenue, cjue les portes ferment, que les lampes soient allumées, les offices liturgiques régulièrement célébrés. Beaucoup de bâtisses tombent en ruine, on en construira de nouvelles. Dans la seule ville de Lyon, sousl'épiscopat de Leidrade, on restaure les églises de Saint-Étienne, de Saint-Xizier, de Sainte- Marie, de Saint- Jean. S'il faut bâtir, on a recours à la corvée sous la surveillance et la responsabilité du comte et de l'èvêque, chacun suivant sa sphère d'action.

Cette activité finit par porter ses fruits; on ne se contente plus d'élever des murailles, on essaie d'aborder cpielques difficultés d'ordre architectonique; tout en recherchant la solidité, on ne se désintéresse plus absolument de la beauté. Celui qui donne le branle est une sorte de nain qui a appris son métier à l'abbaye de Fulda et qui, arrivé à la cour d'Aix-la-Chapelle entre 791 et 796, s'y assure la faveur de l'empereur. Einhard, tout juste haut « comme une table >', sera l'architecte et, plus tard, le biographe de Charlemagne. .assisté par Anségise, abbé de Fontenelle, il entreprend et fait exécuter de nombreux travaux; aussi, dans la pénurie presque complète de son temps,

lingischen Kitnxt. in-S', Wicn, 1896; pour les études, et. C. lînlart. Manuel d'arehéologie jrançaise. in-S", Paris, 1902, t. I, p. 1.^1-198. Courajod, I eçons pro/essées à iéeole du Louvre, in-8°, Paris, 1899; t. ijBodman.Die P/alzen der Iranldsehen Kônige in Deulschland, 1890; Ctemen, Mcrovingische und CaroUngische Plastik, 1892: Leitschuh. GesehiclUe der Karolingisehen Malerei, 1891; Rahn, Gexcliiehic derKaroUngiselienMiniaturmalerei. 1878 .\joutons lesillustrations duprésont travail et de celui sur CharlcsleCliauve.

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CHARLEMAGNE

on lui fait lionneur gratuitement de tous les grands ouvrages de l'époque, comme le pont de Mayence, le palais et la chapelle d'Aix, le palais d'Ingelheim, etc.

Homme de métier, Einhard ne pouvait cependant suppléer à l'ignorance des maîtres d'œuvre par la bonne volonté des ouvriers; il fut obligé de continuer le procédé des constructions en bois, toujours eiduques, €t c'est ce qui a entraîné la ruine et la disparition de la plupart des travaux exécutés par ses ordres. Quelques constructions de pierre ont cependant survécu. L'intérêt véritable de cette période consiste dans son caractère de transition. « Elle ne nous a pas laissé d'œuvre architecturale qui mérite d'être admirée : on peut cependant regretter la rareté des vestiges de l'architecture carolingienne, car elle représente l'élaboration de l'art roman, c'est-à-dire d'une des évolutions les plus curieuses et les plus fécondes de l'histoire de l'art ^ »

A l'heure où Charlemagne entreprend d'imprimer Je mouvement à l'art monumental, celui-ci est dans un état de stagnation et de décadence qui peut paraître sans remède. La main-d'œuvre est arrivée au dernier degré de la maladresse et de la grossièreté, sans que la lourdeur des formes mal équarries donne aucune garantie au point de vue de la solidité. On bâtit encore, on ne décore plus; les générations précédentes ne se sont pas contentées de dépouiller les édifices antiques de leurs matériaux ouvres et précieux. Maladroites parce qu'ignorantes des procédés de la maçonnerie romaine, elles ont brisé, gâché sans mesure avant de réussir A détacher et à transporter sain et sauf tel fragment convoité. Pour s'approvisionner de marbres, il faudra aller jusqu'en Italie; l'invasion y a beaucoup détruit, mais la matière était plus abondante que partout ailleurs et il subsiste encore de quoi fournir aux décorations des édifices carolingiens. Cependant, l'exploitation est trop lointaine et trop coûteuse pour fournir aux moindres édilices. Pourceuxci, on continue de recourir aux procédés introduits et enseignés par les constructeurs francs, à leur exemple, on utilise le bois et le fer, mais cette architecture n'a pas laissé de traces sur le sol. L'ornementation est médiocre. De sculpture, il n'est plus question; si on s'essaie encore parfois à façonner quelques figures, on aboutit à d'affreux magots, dont les siècles suivants feront des moellons. Le dessin étant presque complètement oublié, l'étude de la nature et du modèle vivant abandonnée, on se confine dans les pau\Tetés minutieuses du dessin géométrique, les devinettes de l'entrelacs; si quelques modèles romains surnagent, ils ne nous parviennent plus que sous la trahison des interprètes barbares, en méplat. Alors, c'est un déluge de lignes droites, courbes, croisées, coupées, brisées, enchevêtrées, divisées, sectionnées, parmi lesquelles des oiseaux, des roses, des palmes — et quels oiseaux, quelles roses, quelles palmes ! — sont tombés plus ou moins de travers, au petit bonheur. Tout l'art des ornemanistes se réduit à tracer un trait et, pour les plus habiles, à évider un champ comme dans le travail de cloisonnage. Sous l'influence des charpentiers et des orfèvres, les tailleurs de pierre se sodt réduits à ne plus faire que des ravalements.

C'est de cette croupissante déchéance qu'il s'agi-

* C. Enlart, l^Ianueî d'archéologie française, in-S", Paris, 1902, t. I, p. 151. Cf. D. Ruméc, Ilislnire générale i!e l'archileclarc, in-8", Paris, 1862, l. ii, D. Ramée, De l'élal de nos connaissances sur les édifices anlcrieiirs à l'an mil, in-8°, Paris, 1882; G. von Schlosscr. Qucllenbiicli ziir Kanstgeschichle des abendliindisc/icn MitlelalUrs, in-S", VVien, 1806. Cf. A. Vidier, dans .le Moyen-âge, 1897, p. 25G-27r). — 'II. Leclercq, Manael d'archéologie chrétienne, in-H^, Paris, 1007, 1. ii, p. lll-ll'.). -- ' Boiiet, L'église de Germignij, dans le Bullclin monunicnlal, 186S, IV série, t. iv,

rait de secouer et de sortir les artisans occidentaux, et, loin de s'y employer, l'inlluence orientale concourt à la rendre plus profonde, plus entichée d'elle-même. Ce qu'on connaît et ce qu'on reçoit ou ce qu'on rapporte de l'Orient par le commerce et par les pèlerinages précipite la décadence. En effet, « le style des œuvres byzantines ne cesse de s'éloigner des traditions romaines, par l'assimilation d'éléments orientaux : l'architecture byzantine à coupoles n'offre plus que des modèles tout à fait différents des basiliques; l'ornementation, très stylisée, très géométrique, toute en traits et en méplats, est de même source ' et de même caractère que celle des barbares francs, et les deux influences se confondent souvent.

« C'est dans ces circonstances que Charlemagne reconstitue un moment l'empire d'Occident, y assure une éphémère sécurité, y provoque une activité intellectuelle et artistique trop courte et trop officielle pour avoir des effets immédiats appréciables sur la masse populaire, encore profondément barbare. Toutefois, Charlemagne détermine une véritable renaissance. Les germes semés sous son règne furent féconds : la Lombardie et rAllemagne conservèrent et développèrent le style carolingien, qui aboutit de bonne heure au style roman propre à ces régions; en Gaule, les invasions normandes arrêtèrent l'évolution intellectuelle et artistique laborieusement commencée; mais, la tourmente apaisée, les germes déposés dans le sol toujours fertile fructifièrent merveilleusement.

« Les édifices élevés sous l'influence directe de la cour carolingienne sont l'œuvre de savants qui ont cherché au loin, et fort péniblement, leurs inspirations et même leurs matériaux; ils vont de pair avec cette littérature classique cultivée par le même petit groupe de clercs familiers du grand empereur. Leurs chefsd'œuvre, tout artificiels, ne furent que des pastiches et des assemblages de centons. Cet art adventice était lettre morte pour le peuple, qui conservait dans l'architecture, comme dans la langue, l'usage latin de plus en plus corrompu par l'ignorance, la routine et l'apport d'éléments barbares; aucun de ces deux éléments ne pouvait prospérer par lui-même, mais c'est de la fusion de ces traditions et de ces apports que devaient naître en des jours meilleurs une langue et un art romans, car les matériaux qui les composent et l'esprit d'ordre qui les a organisés sont surtout l'héritage des Romains. Pour infuser une vie intellectuelle et artistique à l'empire d'Occident qu'il voulait ressusciter, Charlemagne ne pouvait puiser ses ressources que dans l'empire d'Orient, la seule branche encore vivante du tronc bifurqué. Ravenne, la capitale des possessions byzantines d'Italie, lui fournit le modèle et les ornements antiques de sa chapelle palatine qui fit école, et c'est un pastiche complet d'édifice byzantin que 'Théodulfe, évêque d'Orléans, a voulu faire à Germigny-les-Prés '. Ces monuments ne sont originaux que par l'impuissance de leurs auteurs à copier leurs modèles. La célèbre chapelle d'Aix est bien le produit d'une époque qui avait restreint son idéal à pasticher le moins mal possible les œuvres antérieures, et la construction d'Einhard ressemble à son histoire composée de phrases découpées dans les auteurs classiques ; le plan (flg. 251, 252) est pris à Saint-Vital de

p. 569-588; Crosnier, dans même revue, 1S56, III" série, t. II, p. 134-138; Bulletin de la Soc. nivcrn., 1855, t. it, p. 71 ; Desnoyers, V isitc au.r églises de Cermignij et de Saint-Benoil, dans le Bnllctin de la Société d'archéologie orléanaisc, 1876, j t. v, p. 128: A.;. Jacob, Rapport sur l'église de Germignij-des- I Prés, dans les Mém. de la Soc. scient. d'Orléans, 1846, l. vu, I p. 1 30 : C.-F. Vergnaud - Romajmesi , dans la licvue archéologique, 1847, I" série, t. iv, p. 33-39; Prévost, I.a basilique de Théodulje et la paroisse de Germigny-des-Prés, iu-S», 1 Orléans, 1889.

CHARLEMAGXE

Ravenne; il est alourdi et simplifié pour reudre l'exécution plus facile. Quant à la décoration, elle provient aussi de Ravenne, mais elle n'est même pas une copie. Enfin, pour comble d'impuissance, les auteurs de ce monument si péniblement bâti n'ont pas su ajuster convenablement ces débris; on y constatait de grossières interpolations qu'une restauration très radicale a fait de nos jours disparaître i. » (Fig. 2636.) Une foîs accompli l'efïort qui donnait des édifices nouveaux, il s'agissait d'en procurer la décoration. Aix-la-Chapelle avait soulevé un véritable enthousiasme et quand, après dix-huit années, les travaux dirigés par un certain Otton furent achevés, Einhard se trouva satisfait ! L'empereur, la cour, le peuple n'avaient d'yeux que pour la toiture de plomb doré, les luminaires d'or et d'argent, les chancels et les portes de bronze -. Le rôle et l'action de Charlemagne, dans le domaine spécial de la décoration des édifices religieux, offrent un intérêt particulier. « Ce rude guerrier, a-t-on dit avec une remarquable justesse =, dont la main lourde savait à peine écrire, eut l'intelligence la plus fine et la plus haute de l'importance sociale des lettres et des arts, guidé sans doute en cela par de sages conseillers, mais inspiré aussi par la raison supérieure et le sens pratique des affaires qui sont sa marque propre. La position, toute de sagesse et de mesure, qu'il prend dans la fameuse querelle des Iconoclastes et que résument ces paroles souvent citées des Libri Carolini : Nec frangimus, nec adoramus, n'allait pas sans arrière-pensée d'antagonisme, sans désir secret de pouvoir représenter aux yeux du pape la dévotion byzantine, revenue aux images par la volonté d'Irène et de son fils ', comme suspecte d'idolâtrie *. C'est dans le même but, évidemment, que, devançant, à plus de trois siècles de distance, le zèle pieux d'un saint Bernard, il blâme et proscrit déjà comme contraires à la sainte Écriture toutes les représentations d'allégories pa'iennes : Terre, Fleuves, Vents, Saisons, Soleil et Lune, monstres composites, personnages légendaires (BeUérophon et la Chimère, Centaures, Sirènes, Tantale, Hercule, Orphée, etc.), motifs classiques de tout genre particulièrement familiers à l'esprit grec, et qui, malgré lui, par la porte même qu'il leur ou\Tait en restaurant la culture antique, allaient pénétrer dans l'art occidental '. Mais, s'il retenait d'une main, il excitait et encourageait de l'autre. Les Libri Carolini, tout en protestant violemment contre le culte impie des images, en permettent

et recommandent pourtant l'usage, soit pour orner les murs des basiliques, soit pour rappeler le souvenir des événements passés.

« Quand on en vient au détail, on ne laisse pas d'être embarrassé, car il ne reste aucune œu\Te qui nous permette de juger de l'état de la peinture murale ou de la mosaïque, à ces débuts de la renaissance caroUngienne. Les Libri Carolini font sans doute mention fréquente de labulœ, labcllse, piciiira in tabula sive in parieie, il y avait aussi des antependia; tout cela a disparu sans retour, mais du moins savons-nous qu'ils ont existé et en grand nombre. Ce que valaient ces travaux, on peut le présumer. A en juger par les procédés en honneur dans le groupe des architectes, on pense bien que les peintres étaient des copistes plus ou moins exercés et que les ouvTages se ressentaient du manque d'étude directe et de pratique. Au dire du moine de Saint-Gall ', l'empereur avait surtout fait appel à des artistes étrangers pour la construction et la décoration des édifices d'Aix-la-Chapelle; cependant, plusieurs des noms qui se sont conservés indiquent une origine indigène. Nous avons parlé déjà et décrit la mosaïque du Dôme et mentionné le cycle de peintures exécuté au Dôme et au palais impérial ^

0 II faut arriver à l'époque de Louis le Débonnaire pour trouver sûrement de grands cycles de ce genre. C'est une perte à jamais regrettable, notamment, que celle des peintures de la chapelle et du palais d'IugeUieim-sur-le-Rhin, près de Mayence, qui semblent avoir mauguré brillamment le nouveau régne. On en peut suivre l'ordonnance à travers la description très précise que nous en a laissée ErmoUl le Noir (Ermoldus Nigellus), dans un poème intitulé -.Degestis Ludovici Ciesaris, adressé à Louis le Débonnaire, vers 826 % pour essayer de reconquérir sa faveur. Peu d'œuvTes ont dû pouvoir rivaUser plus noblement avec les'grands ensembles italiens. Dans l'égUse, à gauche, étaient figurées des scènes de l'Ancien Testament (Adam et Eve au paradis terrestre, Tentation et Chute, Meurtre d'Abel, Déluge, Noé dans l'arche. Histoire d'Abraham, de Joseph, de Moïse, Juges et Rois, David, Salomon); à droite, des scènes du Nouveau Testament (Aimonciation, Nativité, Adoration des bergers et des mages, Massacre des Innocents, Fuite en Égj'pte, Baptême et Tentation du Christ, Miracles, Trahison de Judas, Résurrection et Ascension). C'est, à peu de chose près, le cycle ordinaire des bibles en parallélisme. Mais

■ C. Enlart, op. cil., t. i, p. 153-151. Cf. C. Enlart, L'architecture chrétienne en Occident, dans A. Michel, Histoire de l'art depuis les premiers temps chrétiens, in-S", Paris, 1905, 1. 1, p. 115 : « Cet édifice est simplement une lourde copie de Saint-Vital de Ravenne, où les principales difficultés ont été supprimées et les proportions perverties, au srand préjudice de l'efTet de l'oeuvre. L'architecte de Saint- Vital avait fait exécuter des colonnes par des ouvriers byzantins; celui d'.\ix prit à Ravenne des colonnes romaines qu'il transporta et dont on raccorda plus ou moins maladroitement les tronçons. II n'en eut pas assez pour en aligner entre les piliers du bas de la rotonde qui furent reliés par de simples arcades. En revanclie, il en aligna trois ordres superposés dans le vide des arcades des tribunes et, naturellement, il fut au-dessus de ses moyens de donner à ce remplissage la courbe des élégantes absides à jour de Saint-Vital. De même, ne sachant pas établir les voiites du bas-côté et des tribunes sur plan trapézoîde, il entoura l'octogone qui porte la coupole de deux étages de collatéraux formant seize côtés, avec des tracés de voûtes décomposées eu carrés et en triangles. Ce monument fut imité i'i Mettlach, dans une église monastique dont on n'osa pas voûterla partie centrale, et dans la chapelle du palais de Ximègiie.et il fit longtemps école en Allemagne.» — - On se pique d'émulation poiu- égaler Aix-la-Chapelle; on construit Saint-Michel de Fulda, de Wimplen et Otmarssheim en Alsace. Nous avons déjà mentionné Germigny .

Ce qu'il y a de plus intéressant d;ins le cas d'Einhard et de ses commis-architecti^s, c'est qu'ils ont lu Vitruvc; il se pourrait faire qu'ils s'en soient tenus là, mais c'est im commencement méritoire. L'abbé de Fontenelle, l'évcque d'Orléans ont le goiit des bâtiments; l'abbé de FiUda, Ratgar, en a-la passion. Après sa mort, les moines soufflent enfin et sur le nécrologe mentionnent le déhmt avec cette épigramme : il fut « savant architecte». Saint-Gall, FonteneUe, Saint-Riquier ont la fièvre des constructions.' — ' P. Leprieur, L'art de l'époque mérovingienne et caroîingieruie, dans A. Michel, Histoire de l'art depuis les premiers temps clwéliens, 1005, 1. 1, p 322. — • Au II" concile de Xicée, en 787. — ' Sur cette question, cf. Hefele-Leclercq, Histoire des concile.'', in-S", P.aris, 1910, t. m, part. 2, p. 1061-1092. — ' Tous n'avaient pas attendu ce moment, voir Dictionn., aux mots Bacc!ian\ies, t. ii, col. 27, Centaures, t. it, col. 3248. — ' Op. cit.. 1. I, c. xxvii. — ' Le témoignage d'un moine de Saint-Jacques de Liège a conduit à attribuer la mosaïque du Dôme au régne d' Otton III, sous prétexte que jusqu'à ce prince necdum enim coîor alicufus picturœ eamdem deccrabat. Puisqu'on récuse les témoignages tardifs, c'est assurément le cas pour celui-ci. Il est à peine vraisemblable que le Dôme soit demeuré sans décoration sous Charlemagne. — » Par cette date, on voit assez que le cycle décrit — par conséquent, achevé alors — procède de l'impulsion donnée par Charlemagne. qui d'ailleurs continue à influencer souverainement.

CIIAULEMAGXE

plus curieuse encore dut être la décoration de la grande salle du palais, avec la suite de ses peintures historiques, inspirées en partie de l'ouvrage populaire de Paul Orose, et évoquant sur une des parois le monde païen, représenté par Ninus, Cyrus, Phalaris, Roniulus et Remus, Hannibal, Alexandre, en diverses circonstances de leur vie; sur l'autre, le monde chrétien depuis Constantin et Théodose, revendiqués

Les palais impériaux ne sont pas seuls décorés. Dans les églises, principalement dans les riches abbayes, on marche sur les mêmes traces artistiques et, si la barbarie du temps ne permet guère de lui attribuer des œuvres d'un goût et d'un travail irréprochables, il faut se garder d'être trop sévère, car, à en juger par le spécimen que nous a conservé l'église de Germignydes-Prés, une disposition architectonique assez heu-

2030. — Intérieur Je la cluii>dlc du palais do Charlemagne à Ai.-i-la-Chapelle. D'après une phologiapliie .

comme ancêtres de la dynastie carolingienne, jusqu'aux victoires de Charles Martel sur les Frisons, de Pépin sur l'Aquitaine et do Charlemagne sur les Saxons. 11 faut remonter, soit aux mosaïciues du palais de Juslinien il Constantinople, dont les deux majestueuses processions de Saint- Vital de Uavcnne nous sont le rellet, soit aux célèbres peintures vouées aux faits et gestes des Lombards par la reine ïliéodelinde en son palais de Monza, pour trouver pareilles représentations d'événements contemporains. Il n'est pas impossible que de tels modèles aient même plus ou moins agi sur l'esprit de Louis le Débonnaire et de ses décorateurs germains ou francs '.

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