CHARPENTE
trouve ailleurs. Nous ne cilerons qu'un exemple, celui du comble de l'ancienne basilique Vaticane, dont M. A. Choisy, que nous ne pouvons mieux faire que citer, reproduit les détails en essayant d'interpréter un dessin, fort grossier d'ailleurs, de Carlo Fontana' (fig. 26C1).
Le fait le plus remarquable que ce dessin nous indique, c'est le groupement des fermes deux à deux avec un poinçon intermédiaire: et accessoirement on observera que les pièces obliques paraissent évitées à dessein : point de contre-fiches, point de liens de faîtage; un simple entrait, saisissant les arbalétriers vers leurs milieux, s'oppose à leurs flexions, et la large assiette que présentent les fermes jumelles dispense de recourir aux aisseliers pour les maintenir verticales. Si l'on en vient aux détails d'exécution, on voit que nulle part les assemblages n'aflament les pièces de la charpente; une broche en fer unit l'entrait à l'arbalétrier: l'aiguille pendante qui joue le rôle de poinçon n'entaille ni le tirant qu'elle supporte, ni l'entrait qu'elle rencontre. Il semble même que le constructeur ait mieux aimé recourir à des brides métalliques que de fixer les pièces par des assemblages complexes où le bois est privé d'air et s'échaufie;
se compose, la charpente offrait dans ses formes générales une extrême simplicité et une régularité parfaite : la direction horizontale des tirants et des entraits se dessinait franchement, sans confusion, sans désordre; et l'on peut dire, pour résumer l'impression de cette œuvre, évidemment inspirée des modèles ou des traditions antiques, qu'elle participait dignement à la sévérité de style que l'architecture romaine eut l'heureux privilège de conserver jusqu'au dernier terme de sa décadence ^.
Quand nous passons de la construction romaine à la construction byzantine, nous ne sommes pas mieux renseignés pour la seconde que pour la première. Ce n'est pas que les ouvTages en charpente lui soient inconnus ; on peut même dire que les architectes byzantins ont eu recours à la charpente dans des proportions plus vastes que leurs collègues romains. Si, en eftet, la couverture d'une basilique exige l'emploi des charpentes, le principe de celles-ci une fois connu et fixé, ce n'est presque plus désormais qu'une question de plus ou moins dans les dimensions. L'érection des cintrages et la construction des coupoles procède d'un art tout différent, pour lequel les charpentes sont indispensables. Mais si on ne veut pas empiler les
2661. — Comble de l'ancienne basilique du Vatican. D'après Choisy, L'art de làtir citez les Romains, p. 152, fig. 90.
en les réunissant par juxtaposition il évitait autant que possible ce danger, et la simplicité même de la construction était la principale garantie de sa durée. L'ne dernière question, relative à la charpente qui nous occupe, serait de savoir si elle devait rester apparente ou bien être dissimulée sous un plafond. La solution parait incertaine. Saint-Paul-hors-les-Murs, édifice de la même date que la basilique du Vatican, avait — nous le savons par Eusébe — un plafond horizontal à caissons; d'autres monuments plus anciens, tels que la basilique de Fano, présentaient un plafond convexe, ou tout au moins brisé, laissant apparents les thants et les membres inférieurs de la charpente : peut-être l'une ou l'autre de ces solutions fut-elle originairement admise au Vatican, mais du moins il ne restait vers la fin du moyen âge aucune trace de plafond. — Et je ne sais si sa présence eût ajouté à la beauté de l'édifice. Ce qu'on peut reproclier aux charpentes apparentes, c'est la complication de leurs lignes; or, cette comiilication nait surtout des pièces obliques qui s'enchevêtrent en tous sens et donnent aux combles un aspect à la fois incorrect et bizarre. Ici, rien de semblable; réduite aux éléments dont elle
'La charpente de l'ancien Saint-Pierre, que nous prenons pour exemple, nous est connue par l'ouvrage intitulé Il tempio Vaticano, p. <J9, et par une vue conservée dans l'église Saint-Martin-des-Monts, à Rome. Il ne faut pas d'ailleurs s'exagérer rauciennetc de cette charpente : je la cite comme un type, non comme un monument authentique. Tout le comble de Saint-Pierre fut refait sous Benoit XII, au début du .\iv= siècle, et il n'y a nulle raison de croire que cette forme remonte ;\ une époque plus reculée.
madriers d'une forêt entière, si on veut être rapide, h;u-di et économe, il est clair que l'armature en charpente d'une coupole comme celle de Sainte-Sophie offre des problèmes nouveaux, et non seulement des problèmes à résoudre, mais des problèmes à poser suivant leurs données rigoureuses. Mais les Byzantins ne font pas qu'élever des coupoles et des cintres: ils ont aussi à couvrir des combles de forme rectangulah-cet quel que soif le type — sur plan polygonal ou sur plan circulaire — toutes leurs charpentes peuvent se ranger sous deux séries principales. La première emploie le bois en grosses pièces maintenues par leur poids et presque sans assemblages; la seconde utilise des pièces légères et assemblées, dont l'équilibre dépend moins de leur poids individuel que de leur mutuelle liaison. L'un est le type asiatique, l'autre le type de la Grèce ou de la Thrace.
« Le premier, auquel se rapportent généralement les constructions en bois de l'Asie-lIineure, n'admet dans ses combinaisons qu'un simple jeu de pesanteurs : des pièces portantes et des pièces portées; point d'efforts obliques, rien que des charges verticales. C'est, avec d'autres matériaux, l'équiv-alent de la
J'aurais pu tout aussi bien emprunter un exemple à la basilique Saint-Paul, qui a duré presque jusqu'à nos jours, ou bien à l'ancien intérieur de Saint-Jean-de-Latran, qui nous est connu par les peintures deSaint-Martin-des-.Monts, ou même au comble de Sainte-Marie-Majeure, qui date du .xv^ siècle : tous ces exemples auraient donné lieu aux mêmes remarques, justifié les mêmes conclusions. — = .\. Choisy. 7.'(ir/ de hùlir chez les Romains, Paris, 1873,