‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 18 sur 303 · G. K A I,. {'OR 1>U B · texte numérisé non relu

G. K A I,. {'OR 1>U B

1 !)ra

In iitsoestprepusituraCathedreS!iyvonisai'U!^totifqui dictas cit Pctriif. Pume'.

' Dom Kérotin, Le Liber Ordinum, t. V des Monuntenta litanjica, 19u4, p. 456, 457

du 22 février, et qui est caractérisé surtout par les ; oraisons suivantes :

Oraison : Dciis qui beato Pclm, cnlUilis cl(ii'il>us...

Secrète : Ecclcsiœ laie, Dne, jireccs el Iwstiiis, beati Pelri commendel oratio ..

Postcomm. : Lœlificel nos, Diie, imtiius ubtalum.

L'epitrc, comme dans le missel de Bobbio, est le début de la première épitre de saint Pierre; la pèricope de l'évangile est la même que dans le lectionnaire de Luxeuil, et dans le missel de Uobbio.

Ce qu'il faut noter, c'est que cette messe est, en substance, celle que l'on trouve dans la famille des ,!>élasiens des Gaules, dans ceux de Saint-Gall, de Rheinau, de Gellone, d'Angoulême, de Reims.

La première oraison en particulier Dcus qui bcato Peiro, est fort ancienne et a une longue histoire. C'est l'oraison employée en beaucoup de sacramentaires au 29 juin; c'est celle de la Missa romeusis cotidiana, dans les plus anciens documents liturgiques, notamment dans le missel de Bobbio, messe dans laquelle dom Cagin est tenté de voir la messe propre, ordinaire, quotidienne de la basilique de Saint-Pierre de Rome, au commencement du v° siècle, selon son hypothèse '. L'allusion que nous citions tout à l'heure à la Cathedra Pelri s'éclairerait donc du même coup, et désignerait la chaire transportée au Vatican par saint Damase. Cf. n' VIL

Nous parlerons au VI des homélies sur celte fête, notamment de celle qui est insérée au bréviaire romain pour le 22 février.

IV. Le témoig.xage des martyrologes, l>?;s calendriers ET DES LIVRES LITURGIQUES. — Nous donnerons ici les principaux et plus anciens textes des livres liturgiques, des martyrologes et des calendriers qui relatent la fête de la chaire. On comprend quelle est leur importance dans la question :

Le calendrier de Philocalus (en 3.31) ne fait pas mention de la fête du 18 janvier. Au 22 février il dit: VIII kl. marlias : Nalale Pelri de eathcdra.

En Gaule le calendrier de Polcmius Silvius au v« siècle, porte au 22 février : Dcposilio Pelri et Pauli.

Nous avons cité le Concile de Tours de .5(37 qui parle aussi de la fête du 22 février.

Le Martyrologe hiéronymien (mss. de Weissenburg) dit : xv kl. febr. Dedicalio cathedra' sci pelri apustuli qua primo Hume pctrtis apostolus sedit (— 18 janvier).

Le Cudex Eptenuiceusis a simplement : ealh. Pelri in roma.

La recension du ix' siècle donne une seconde fête de la chaire au 22 février sous cette forme (mss. de Berne) Vlll kal. mar. calhcdnc sci Pelri apustuli qua sedil upud anlioehiam.

(Mss. de Weissenburg) Xall {natale) sel Pelri apostoli calhedne ([ua sedil apud Antiociii.

Pour l'Espagne la fête de la chaire est indiquée dans le leclionnairc de Silos et dans le tnissale ini.rtuin, au 22 février. Les calendriers mozarabes publiés par

Les autres fragnu-nts de calendriers mozarabes publiés par le même auteur mettent toujours la fête au 22 février-. L'anliphonaire de Léon l'annonce à la même date^.

Elle est absente dans le calendrier de Naples (vii= siècle), ainsi ipie dans les calendriers cassiniens du viii= et du ix"^ siècle.

L'adoption d'une double fête remonte donc, nous l'avons dit, au moins jusqu'à la recension auxerroise du martyrologe liiéronymien (lin du vi<' siècle) et s'est de là répandue dans les calendriers el dans les abrégés martyrologiques.

En voici quelques exemples : Calendrier de saint Vaast (2'-' moitié du x" s. Delisle, Mémoire sur d'anciens sacramentaires, p. 345), calendrier du Bosivorlh Psaller (lin .x", représentant l'usage de Cantorbéry: Bishop, p. 76, 80). C'est sans doute grâce aux calendriers que la fête du 18 janvier s'étendit dans la liturgie. .Mais encore faut-il noter que la grande nuijorité des calendriers, surtout des anciens, ne porte que la mention du 22 février, ordinairement avec l'indication in Anliochia, par exemple les calendriers de Rheinau (viii" s.), de saint Denys (ix'^ s.), d'Amiens (i.x^ s.l cf. Delisle, Mémoire, etc., et plus tard, celui du Leo/rie Missal(x'^ s.), celui de Travaglia (xi' s., éd. Magistretti).

La fête de la Cathedra est absente dans le Gélasien primitif (Regin. 316); dans plusieurs recensions du Grégorien (sacramentaires carolingiens); dans l'ancien Cornes romain (vi'" s.?) de Wiirzbourg, dans le Capitulare evanijelioTiun de WUrzbourg {\W s.'?), dans l'évangéliaire de Burchard (vers 7tl()), dans l'évangéliaire carolingien, dans l'homéliaire de Paul diacre, dans le Comcs d'Alcuin; dans l'ancien cornes ambrosien du vii« s. (Regin. 9), ainsi que dans les livres ambrosieus (sacramentaires, missels, manuels, évangéliaires) du ix'' au xi= siècle, avec la seule exception du ms. du Tesoro (x" siècle) où elle a dû être introduite sous une influence étrangère. CL Ebner, p. 91.

Elle est donc absente en général de l'usage romain, italien et ambrosien pendant une longue période de siècles (vi^ au x''), et les quelques exceptions s'expliqueront facilement par des influences étrangères.

On la trouve au contraire en pays franc au yw^ et au VIII* siècle : Icctionnaire de Luxeuil (entre l'Epiphanie et le carême);

Missale golhieum, entre la conversion de saint Paul et le carême;

Missel de Bobbio. entre l'Epiphanie et la fête de la sainte Vierge (au 18 janvier).

A ces représentants une noie de dom Wilmart nous permet d'ajouter un autre témoin, un document gallican qui parait provenir de l'abbaye de la nouvelle Corbie en Saxe, l'Ambrosian. .1/. 12 supr., dont Mai et Poyron ont publié chacun de leur côté quelques frag-

' Palioijr., lac. cit., p. 128, KiO, 133. /oc. cit., p. 494, 405. — ' hoc. cit., p. 520.

^ Dom Férotin,

r.llAIl'.K DE SAINT PIF.RRE A ROME (FETE DE LA]

ments. Ce siicraiiienlaire a un ordo missœ complet ni cathedra sel Pétri aposloli, composé d'une formule de préface, d'un posl nomina, d'un ad pacem et d'une conteslatio, toutes pièces dont le grand intérêt est de reparaître d'autre part dans la messe mozarabe du Missale mUliini. L'un des fragments publiés par Peyron', mm/s/m! siisceplor, etc.. intercessionis sme sliidio, est à rapprocher de son contexte naturel. Missale Mixtuni, l'l\. Dans ce sacramentaire pour lequel dom Wilmart prépare une notice, la Cathedra Pclii est la seule fête pour cette partie de l'année entre l'Epiphanie et le carême.

Toujours d'après la note de dom Wilmart, on trouve la fête du 22 février dans trois sacramentaires de Fulda : Vercelli, Bibl. capit., ISl (Ebner. p. 283); Vatican, 3«0«(Ebner, p. 213 et 342); Vatican. 35:^4 (Ebner, p,209); Missel plénterdeBobbio, Ambras. D. 84 infr. (x-xi«s.).Ebner,p.82;Missel plénier de Lucques, C(/pitol. 606, XI' s. (Ebner. p. 65); Missel de saint Augustin de Cantorbèry, éd. Rule; additions (xi-xii« s.) au sacramentaire ambrosien de Biasca (Ebner, p. 80); Missel de Camaldoli (Ebner. p. 39) ; Évangéliaires de Ratisbonne, de Cracovie, de Siisstern (Beissel).

La date de ces manuscrits, dont on pourrait compléter rénumération, prouverait toujours qu'à partir du xi=s. surtout, la fête de la chaire au 22 février, se répand partout, avec le même formulaire que la revision gélasienne.

A partir aussi de ce moment, quelques missels adoptent une seconde fête de la chaire au 18 janvier-.

Page 1