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INFELIX AVTEM EGO SEDIS APOSTOLICAE

CVRAM AC BEATI OFFERO DE TVIS

TEMPORIBVS SCISS PER MARTVREM ET SCM

CLEMENTEM CVIVS MERITIS

ALIVS NAMQVE ARGENTVM. P QVIDAM VERO PILOS CAPRARVM 15 GREGORIVS PRIMVS PBR ALMAE P HVIVSQVE TITVLI GERENS C5 SVPPREMVS CLIENS CLEMENTIS P HAEC TIBI XPË THESAVRIS C5 ZACCHARIAE PRESVLIS SVMMI PARVA MVNVSCVLA TVVM (5 MEREAR DELICTIS CARERE 13

ATQVE AD BEATAM /ETERNAM INGREDI VITAM CS

AISTI QVANTVM HABES REGNVM VALET COELORVM C5

SVSCIPE HOS DOMINE VELVT MINVTA VIDVAE QVESO P VETERIS NOVIQVE TESTAMENTORVM DENIQVE LIBROS P

OCTATEVCHVM REGVM PSALTERIVM AC PRCFETARVM P SALOMONEM ESDRAM HISTORIARVM ILICO PLENOS P

REQVIRE SVLLABARVM LECTOR SEOVENTIAW HARVM

' Quant à ceux qui ont eu souci de faire mieux, vuiià ce qu'en dit J.-B.De Rossi, /nscrip/. chris(., t. ii,part.l,p. 20"J, n. 39 : .1 Puiili de Angetis. exempta parum diligcnter typis impresso, p. SI, pendent, qui partent deperditani exliibent; Janningus, .4i(«sa/irt., jun. t. vu, p. 48; Coquelines. Butlar. Boman.,t. i. p. 142, alii. Editor Bull, basil. Valic, i, p. 7, eodicem inspcxit, neque co rectesempor usus est. De Rossi, op. cit., p. 201, a collationné le texte conservé dans le ms. Vatic. 6 7-5 7 avec celui des deux dalles et, en outre, il a donné le texte entier de la charte tel que l'avait copié en 1192 le prêtre romain, ce qui nous vaut le complément correct. — =De Rossi, Inscript, clirist.. t. ii. part. 1. p. 209. n. 39. — ^ 7&id.,p. 411, n. 7. — * .\prés Pietro Sabino.la charte de Grégoire II fut copiée par Phil. de Winghe, ms. Bruxelles 17&72, I, fol. 37, et sur cette copie fut faite celle de CI. Menestrier; puis Doni, dans le ms. Vatic. 7113, fol. 74. Le texte, plus ou moins incorrect, se trouve imprimé dans Augelo Rocca, Opéra, t. il, p. 411: Doni, Inscripliones, p. .SI; Doni, De restituenda salubritale agri romani, in-4", Florentiae, 1667, p. 64; S. Grégoire 1", Opéra compléta, édit. des Mauristes, Parisiis, t. iv, p. 327; Anaslasii bibliothec. bistoria de vit. romanor. ponlif., édit. Bianchini, 1. 1, prasf.jC. XLV, P. L., t. cxxvii, col. 85; Galletti, Inscript.

Rom., t. i. p. 11; Marini, Inscript, christ., dans Mai, .Scriptveter, nova coll., t.v, p. 209, n. 1, etc. On lit tout à la tin du document : Dotnm idibus novembris imperanle piissimo Leone. .\u ix> siècle, Jean Diacre ne manque pas d'attribuer la charte à Grégoire le Grand : Super corpora beatorum Peiri et Pauli apostotorum {Gregorius) missarum solemnia cclebrari decrcvil, acquisitis numerosissimis oUretis, quorum summam in tabulis marmoreis prœ foribus cf'usdem basilicœ annoiavil. Vila -S. Gregorii, 1. II, c. xx. Cette erreur a été reproduite par le prêtre romain qui ajouta ses notes ;i celles de Petrus Mallius, puis Pictro Sabino; par Ph. de Winghe qui écrivit : c.r ortliograptiia et tatinitate uidetur esse Gregorii nmgni; puis encore par -\ug. Rocca, Baronius, .\nnales, ad ann. 604, n. 14, les éditeurs bénédictins de saint Grégoire, Bianchini, etc. Les auteurs du Bullairc romain s'inscrivirent contre l'erreur invétérée et revendiquèrent la charte pour Grégoire II. de préférence a Grégoire III. C'est d'ailleurs ce qu'indiquent assez clairement ces mots des lignes 5-6 : ab uverihus niatris meie... intro gremium ecclesiœ vestrœ aluistis, qui ne peuvent s'appliquer qu'à Grégoire II. a parva letale in patriarcliio nutritum, nous apprend le Liber pontiftcalis, t. i, p. 396, taudis que Grégoire III était S\Tien d'origine.

CHARTES

La dernière ligiie,ecrite en caractères plus petitsqiie qui contenait probablement l'énunu-raliou des livres le reste de Tniscription, pourrait, au premier abord, du Nouveau Testament et des livres liturgiques sembler une indication analogue à celle qui se lit Ici. nous avons la mention de l'Octateuque les

fDiÇNALICET NïpVA-E AM-TVISÔF?? R

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■2671. — Charte rpigi-aiihiciue de Sainle-Marie du Transtévtre. D'aprùs Bullet. di arch. crist-, 1870, j.\. ix.

sur plusieurs inscriptions acrostiches'; il est impossible, croyons-nous, de rien tirer d'une combinaison de syllabes et le sens le plus vraisemblalile de cet averlissemeiU doit être un renvoi à une autre dalle gravée

' (1. l'ontanini, Disciis anjcnleiis mliiiits vetenim r/irisliatwriiiii l'cnisiu' rc/ipr/i/.v c.r .Mti.U'i> Atbaiio ilei>roiiiplils et lommentiirii) illuslraliis, in-1". Honia-, 1727; E. de Vitriaco (= de Vilry). 7'/(i l'iiirii CIcnwnlis nii-i rmisularis et marlijris luiiiiiliis illiistniliis, in-4", Urbini, 1727; .inasta.sii bibliollwidrii hisluria de iritis ninuimirinii pon-

livres des Rois, le Psautier, les Prophètes, Salomon, Esdras, et les livres historiques. Sous ces titres résumés, il n'y a pas lieu de douter que le prêtre Grégoire comprenait les séries suivantes : Octateuque= Genèse,

tificiim, édit. Bianchini. dans P. L., t. cxxvni, col. 421-425; O. Maruechi, Eléments d'archéologie chrétienne, in-8», Rome. 1902, t. III. p. ;i06; O. Maruechi, Epigrapa crislianii. in-12. Mil.nno, 1010. p. 443, n. 487, pi. xxx, n. 1; L. Nolan, The l>wiilica ol SI. Clémente in Rome, 1910, p. S2; Grisar, Analecta romana, t. i, p. 123, 173, 687, pi. iv, n. 2

CHARTES

Exode, Lcvitique, Nombres, Deuléronomc, Josuo. Juges et Ruth; — Rois comprend probablement les Rois et les Paralipomènes; — pas d'hésitation pour le Psautier et les Prophètes: — pour Salomon = Proverbes. Ecclcsiaste, Cantique, Sagesse et Ecclésiastique; — Esdras et les livres historiques comprennent : Job, Tobie, Estlier, Judith, les deux livres d'Esdras, les deux livres des Machabées.

Un fragment de la deuxième inscription a été retrouvé; les caractères comme type et espacement sont identiques à ceux de la première dalle. Ce fragment est malheureusement minuscule, on v lit :

EhUorumC!)

X. Ch.\rte épigraphique de Sainte-Marie-du- Transtévère. — Des réparations faites au pavement de la basilique de Sainte-Maric-du-Transtévèrc amenèrent la découverte d'un texte épigraphique de donation faite à cette église. Ce texte avait été vu et transcrit au XYii^siècle par un anonyme espagnol qui séjourna à Rome sous le pontificat de Pie V et dont les copies se trouvent dans le ms. Chigi, /. V. 167. Au fol. 80 verso de ce ms., on lisait un fragment d'inscription transcrite à Sainte-^Iarie en cima del allure maior en una lab. de mar. Depuis lors, l'original avait disparu. Au xviii" siècle, Terribilini en prit copie et Marini le copia à son tour et donna ce fragment '; mais cette lecture peu satisfaisante n'a plus qu'un intérêt purement bibliographique depuis la découverte de quatre fragments du monument original ^. Les compléments sont restitués d'après la transcription du ms. Chigi, au moins pour les lettres tracées d'un double trait; quant aux lettres pointillées, elles avaient déjà péri lorsque l'anonyme espagnol vit et copia l'inscription. J.-B.De Rossi les a restituées; elles ne font d'ailleurs l'objet d'aucune hésitation (fig.2671).

Voici ce texte :

+ DIGNA LICET NEQVAEAM • TVIS OFF[er- RE PRAEMIA DONIS ■ FAM VLIS(6)ED PROP[n'i VOTA QVAESO DOMINA LIBENS SVSCIPE ut

FVNDI PVLLIANI OMNEM PORTIO M M i/ii ge'NERALITER PERTINENTEM CVM M ineis el TERRIS ERGA SERIEM DOCVM >;,- /oJRVIVI EIVS VELLITERNO SITI TEfjvitov]\0 MILIAR XXV DOMVS HAEC SCAE [et sem- ?ie)-)QVE VIRGINIS ET DTGENETRICIIs nio]RIAE QVAE CALLISTI VOCATVR HAET[c)-na hereditate pos]S\DEtt,J QVAMQ [vis <;uis si ex eius clONDICIONE P[i-ivaveritaliq]VO [HioJDO IPSAM INVE [niet iillio]N\S [tempjORE VLTRICEM [sibi C0H<]RA [riam] + FENOITO + +

(monogramme) +

La paléographie est soignée et d'un aspect encore agréable; elle peut reporter l'inscription au vu? ou au VIII* siècle. Le donateur a placé son monogramme; ce serait s'engager en pleine fantaisie de prétendre l'interpréter en l'absence de tout indice imposant telle ou telle combinaison.

' Marini, Inscripliones christianœ. dans A. Mai, Scriptontm veleram noua collcctio, in-4'', Romae, 1S31, t. v, p. 224, n. 1 : e schedis abb. Terribilini, — ' De Rossi Bull' di arch. crisl., 1870, p. 113-115, pi. ix. — » Liber ponl'iftcalis édit. Duchesne, 1886, t. i, p. 230. — • De Rossi, Romà

On voit que l'ancien vocable de la basilique n'était pas encore hors d'usage. Nous en avons déjà parlé à l'occasion du pape Calliste (t. ii, col. 1657), qui avait dû fonder au Transtévère un titre qui. après sa inort. reçut son nom. Au iv= siècle, il lui fallut partager cet honneur avec un collègue, le pape Jules I",et au temps d'Alaric, vers 410, l'église eut assez à souffrir pour exiger une restauration posl iynem yelieum '. Au vu'' siècle, la Notilia ecclesianim quas inlus Romse haben- /ur, la désigne sous le nom de Basilica quse appellcitur S. Maria transtiberis* et notre titre de fondation mentionne encore, pour plus de siireté, les deux vocables : Domits hœc sanelœ et semperque virginis et Dei genetricis Maria: quœ CaUisli vocatur ^.

La formule finale •■i-ioi-o, qui doit s'interpréter ftat est assez remarquable. Nous citerons bientôt des chartes épigraphiques munies du visa ofTicicl; ce n'est pas autre chose que nous avons ici. L'emploi du grec montre que le monument reproduit la minute de la chancellerie byzantine. Pour assurer l'exécution de la donation, il a fallu recourir à l'enregistrement; celui-ci a mis son estampille : -évoiTo. C'est l'équivalent de àvivvw/ que nous lisons sur un papyrus du Louvre, ou des autres formules : /eji, su ftscn'psj, dont nous parlerons plus loin «.

XL Chartes épigraphiques postérieures. — Le recueil incomplet et peu correct de Gaëtano Marini comprend, outre les monuments que nous venons d'étudier et qui sont les plus anciens comme les plus intéressants de la série des chartes épigraphiques, quelques autres textes que nous allons mentionner rapidement :

1° Charte du vie-vii' siècle, transportée sur marbre sous Grégoire IV. Alarini, / papiri diplumaliei, p. 141, p. 299, revendique l'original pour les papyrus et juge avec toute vraisemblance, qu'en gravant ce texte au ix= siècle, on aura omis la mention chronologique qui devait se trouver au début. Il paraît clair que la charte originale, vers le milieu du vr' siècle, n'était pas épigraphique, c'est ce qu'insinue la mention: HOC EX

AVTHENTICIS SCRIPTIS RELEVATVM Scripta

ne peut guère viser un lilalus, mais seulement une pièce d'archivé.

Incip. : NOTO ROGATORIOQ- MEO SCRIBEN-

DAM HIS MARMORIBVS EXARATVM EST.

-Marini, Inscr. chrisl., dans liai. Vetcr. scripl. nova coll.. 1831, t. V. p. 222. n. 1; voir ci-dessus, § IIL

2° Charte du 2:1 janv. 604, à Saint-Paul. Incip. :

LICET OMNIA QVAE HAEC EXPERIENTIA TVA

RESTITVAT. Mai, op. cil.,t. v, p. 213. n. 1: voir cidessus, § IV.

3» Charte du vii'^ siècle, à l'église des Saints- Jean-et-

Paul. Incip. : TERRIT- BELT- MIL- IN INT-VBI

SVPRA.Mai.op.f;7.,t.v,p. 211. n. 2; voir ci-dessus, §V.

4» Charte de 676, à Saint-Érasme. Incip.: +YnO

OECOAOCIOY CTPOYMAKIANA. Mai, op. cil.,

t. V. p. 236, n. 2: voir ci-dessus. § VI.

5» Charte de 6,S7-701. à Sainte-Suzanne. Incip. :

+ DILECTISSIMO FILIO lOHANNI PRINCI[p/

aposlolorum]. Mai, op. cil., t. v, p. 226, n. 1: voir cidessus, § VII.

6° Charte de 715-731, à Saint-Pierre. Incip. :

QVOTIENS LAVDI VESTRAE VSIBVS impe-

ranle piissimo Leone. Mai, op. cil., t. v, p. 209, n. 1; voir ci-dessus, § VIII.

7° Charte de 741-752. à Saint-Clément. Incip. : + ISRAHELITICVS D(c)0 OFFEREBAT SE-

sotterranea. in-tol., Roma, 1864, t. i, p.l43. — 'O. Marucchi, Eléments d'archéologie chrétienne, in-8», Rome, 1902, t. m, p. 430. — • V. Gardthausen, Griecbische Palàographie, in-S", Leipzig. 1879, p. 368-372: A. Giry, Manuel de diplo matique, in-8<>, Paris, 1894, p. 20-26.

QVENTIAM HARVM. Mai, op. cit., t. v,p. 224, n. 2; voir ci-dessus, § IX.

S» Charte du vii''-viir' siècle, à Snintc-Mnric-du-

Transtévère. Incip. : DIGNA LICET NEQVAEAM

TENOITO. Mai, op. cil., l. v, p. 224, u. 1; voir cidessus, § X.

A la suite de ces monuments, prennent place des actes auxquels on peut attribuer à la rigueur le titre de « chartes »; ce sont, par exemple : pour Gréjjoire III, un fragment de discours (Mai, op. cit., t. v.

charte dans laquelle Léon III et Charlemagnc font figure sans parvenir à donner un instant d'illusion sur ce faux qu'Ughelli a cru véritable et que Muratori a rendu à l'oubli. Mai, p. 229, n. 1; Muratori, Antiquil. med. œvi, t. m, p. 10.

La seule charte cpigraphique du ix« siècle, à Rome, que nous puissions citer, vient de l'ancienne basilique de Saint-Valcntin. Le titre original a été transporté à Sainte-Maric-iii-Cosmedin et placé dans le petit musée local ' :

SVME VALENTINE MARTIR HEC DONA BEATEQVE TIBI FERT OPIFEX TEV

BALDVS CORDE BENIGNO • HEC ITAQ SVNT QVE TIBI BEATISSIME

MARTIR IDEM TEVBALDVS CONCESSIT • QVATINVS SINT IN VSV

SACERDOTV IN PERPETVV DO TIBIQ • HIC SERVIENTIVM

IDEST ■ DOMVS DVAS SOLARATAS IVNCTAS IN VICINO TVAE ECCLÂE

CELLÂ ■ IVXTA EAMDË ECCLÂM ■ ORTICELLV CV OLIVIS RETRO ECCLÂM SCI

NICOLAI ^mm VINËA IN ANTONIANO • MISSA

LE • I • ANTIFONARIA • Il • VNV DIVRNI ■ ALIVQ • NOCTVRNI OFFICII FERIALES II

LIBRV GENESEOS CV ISTORIIS CANONICIS • PASSIONARIV • DIALOGV CVM

SCINTILLARIO • IMNARIA ■ ■ Il LIBRV EX MORALIB • CALICE ARGENTEV EXAVRA

TVCVCALAMO ET S VA PATENA ■ TVRIBVLV ARGENTEV- MANVALË"- I

SI • QVIS VO BEATISSIME MARTIR EX • HIS QVE TIBI A l DICTO THEVBALDO CCËS

SA SVNT ET VEL AB ILLO AVT AB ALIIS CONCEDENTVR TEMERARIO AVSV ALIQVID

ABSTVLERIT • DISTRAXERIT • VENDIDERIT • VL FRAVDAVERIT • SIT SlPATVS A DÔ OMIV

Q . XPIANÔR • CSORTIO ■ QVIN • ET ■ PPTVO • PCVSSVS ANATHEMATE ATQ • CV DIABOLO ET

OTBVS IMPIIS ■ IVNCTVS • AETERNO INCENDIO EXVRATVR ■ TËPORE PONTIFICIS NO

NI SVMTQVE IOhTS • EST SACRATA DIE SVPPREMO HEC AVLA NOVEBRIS

D'y qvTta elabente indictio cvrreret annvm

p. 2111, n. 1), une décision relative aux oblaliones ad missom {ibid., p. 214, n.l);pour Léon IV, une menace d'anatlième sur quiconque détournera les offrandes et les biens donnés à la basiliquede Saint-Paul(ii/V/., p. 215, n. 1; Pitra, Anal, novissim., t. i, p. 82), sans parler d'une pièce notoirement fausse qui fait régner ensemble Léon IV et Charlemagne. Mai, op. cit., t. v, p. 221, n. 1. On peut mettre sur le même rang une charte de Saint-Anastase aux Eaux-Salviennes,

Ainsi donc, deux maisons à terrasse, un jardin planté d'oliviers et une vigne; puis un missel, deux antiphonaires, deux fériaux, les saintes Écritures, un passionnaire, les « Morales » de saint Grégoire, deux hymnaires, un scinlillarium ou recueil de sentences des Pères. Un calice de vermeil, son chalumeau et sa patène, et un encensoir d'argent.

Hors de Rome, nous citerons encore cette inscription de Ravenne remontant à l'année 731 " :

IN N • PAT RIS ET FILII ET SPS SCI IMP- PIISSIMIS DD NN LEONE ET CONSTAN

TINO a DEO CORONAT • PACIFIC ■ MAGNIS IMPB • LEONE

OVIDEM CLEMENTISS • IMP • ANNO XV ■ CONSTANTINO VERO A DEO CORONATO IMP •

ANNO XI • GVVERNANTEM ITALIA DN EVTYCHIO EXCELL • PATRICIO

•"' ET EXARCH • Mil KAL FEBRVARIAS IND • Xllll ■ HIC TITVLVS MONSTRAT OPVS LAVDABILE FACTVM QVOD PIO CONSILIO CONCEPIT MENTE PSVL lOHANNES ALMVS PONTIFEX IVNIOR IN NOMINE QVINTVS ■ QVI CVRA PER VIGILI AETERNI PRAEMIA REGNI FIDVS VT POSSIDEAT AEGENORVM AGMINA PRAECANTVR LVMINIBVS SACRIS HOC SIBI MONVMENTVM LOCAVIT APOLLENARI SCÔ

10 COMMENDANS PVLVEREA MEMBRA QVAE SVRRECTVRA CREDIT

GARNIS RESVMPTO VIGORE- CONTVLITET DONVM QVOD SERVIS DNÎ PROSIT QVI LAVDES ADSIDVAS MARTYRllCLIBANT- FVNDVM GAMMILLARIA CASALIBVS VNDIQVE VALLATVM CVM SVIS TERMINIBVS SICVT TEXTVS DONATIONIS DESIGNAT APTVM SERVIS DNI RAVENNATI TËRR • SITVM FERTILEM FECVNDVM IGNIS

15 AD VSVM LIGNAMEN • ET SVEST QVOD PABVLENT SILVARVM GLANDIFERA

POMA DANS SCÂË ECCL • COMMVTATA AD INVICEM LOCA FVNDVM TREGINTVLA FAVENTIN ■ TERR • CONSTITVTO ATQVE FVNDVM PITVLIS CORNIL ■ TERRE REIACEN TEM ■ SIMVLQVE ARGENTI QVATERDENA PVNDERA MVNDVM QVOD SIBI LEGITIME GENITORVM CONTVLIT IVRA QVOD SIT INLIVATVM NEC REVOCETVR VNQVAM

20 QVOD VHIC COLLEGIO MONACHORVM STIPENDIIS AD VICEM CESSIT EX CVIVS

* Crescinii>i'ni. .Storiii dclla busilifa ili S.Miwia in (U^smcdin, in-4, Rimiii, 1715, p. 82; Muratori, -Voii. thes<iur. veter. inscripl., in-Iol., Mediolani, 173U, p. mcmxi.vi, n. 1; Bianchini, Anaslus., t. i, praef., n. 49, P. L., t. cx.wii, col. 91; t. cx.wiii, col. 424; Muratori, Antiy. mcd. œui, t. iii,p. 839; Galletti, Inscr. in), a'ui, t. i, p. 420; TorriKio,

I.c sacre grollc Valicaiic, iii-S, Roma. 1639, p. 320; Mai, op. cit., t. V, p. :>18, n. 2 ; O. Marucchi, // ciinilcro e la basilica di S. Valcnlinn. in-12, Roma, 1890, p. 120. Colle inscription est (le l'année 902. — '.Mai, op. cU., t. v, p. 228, n. 1. Pour la formule d'anathème qui teniiine la charte, voir Dictimtn., t. il, col. 1054, au mot Bonusa.

CHARTES

REDDITIBVS PRAEPARENTVR AFFAVILES DAPES • HISQVE IVS NOMINI ANNVAE COLV

ERINT DIEM QVO IVSSV DOMINANTIS MIGRAVERIT

AD CAELESTIA REGNA • HOC QVGRAM CONCILIO STATVIT ATQVE FIRMAVIT VT SI QVIS

SVCCESSOR SEDIS ECCLESIEQVE ACTOR VEL ABBA

PRAEPOSITVS HVIVS VENERAVILIS TEWIPLI PRAENOMINAT ■ FVNDVM ■ GAMWIILLARIA

EX PARTEM VEL TOTVM PER QVOVIS INGENIO AB VSVM SERVORVM ÏÏnI

HIC DESERVIENTVM ALIENARE PRAESVMPSERIT VEL COMMVTARE AVT

PER ENFYTEVSEOS CHARTVLA LARGIRE AETERNAM CONDEMNATIONEM [TRICTVS

SVSTINEAT CVM TRADITORE IVDA- ET HIS QVI PETIERIT ET OVI LARGIRE TEMTAVERIT CONS-

ANATHEMATIS VINCVL[..] SANCTORVM TRECENTORVM DECEM ET OCTO PATRVM +

L'épigraphie nous offre quelques chartes d'une fausseté manifeste: nous ne nous y arrêterons pas, ce sont des élucubrations dénuées de toute valeur. La seule pièce que nous rappellerons est une inscription de Trêves qui prétend attester l'authenticité d'un diplôme de Dagobert. C'est jouer de malheur, car on peut dire que l'inscription est deux fois fausse. Au xvii* siècle, Daniel van Papenbroeck, pendant un séjour forcé à Luxembourg, y avait étudié lo prétendu diplôme de Dagobert I" provenant du chartrier de Sainte- Irmine de Trêves (S. Irmina ad Hor-

tel qu'il a été rétabli et suppléé par M. Cli. Dielil » (fig. 2672) :

eNTeseTHOCNONLiccReec

lOABBATeMAVTPReSBVTCRV

NTEh MONACHI ABBATCM SIBI

SITA DATIONC Sancimu^ CNI

5 ORCeSSeiNIQVITATIBVS ALICNVMV

ARVM MINISTRIS ADSOLCNT FICRII

INCODCM SANCTI MARTVRIS STCPHAN

CRINT DeLCCTATI IN SVPCRVeRO CXPRA

NASTERIO CONSTITVTAC VCL IPSIS

l'^iy#i///j-^^n.^V;^|T(:^

/'/\i ii

2672. — Charte épigraphique confirmée. D'après Comptes rendus de VAcad. des Inscript, et belles-lettres, 1894, p. 384, pi. n.

reum ') et l'avait comparé à quelques pièces de l'abbaye de Saint-Maximin. De cette étude, le diplôme de Dagobert, malgré son attestation épigraphique, sortit en piteux état; on sait, d'ailleurs, que cette étude provoqua un Propylœum aniiquariiim circa veii ac falsi discrimen in vetiislis memhranis, ouvrage hâtif qui fut l'occasion d'une réfutation péremptoire et d'une exposition scientifique irréfutable de dom Mabillon : De re diplomaiica libri VI. La science des diplômes et des chartes était fondée désormais.

XII. Chartes confiiimées. — Nous exposerons plus loin ce que la diplomatique entend par confirmation des Charles; ici nous donnons simplement deux monuments épigraphiques portant l'estampille de confirmation. l"ne plaque de marbre engagée dans le dallage de l'escalier du minaret de la grande mosquée de Kairouan nous est parvenue gravement mutilée, rognée sur ses quatre côtés et néanmoins présentant encore ce qui en faille principal intérêt. Voici le texte,

' Gruter, Inscripl.. p. 1056, n. 3; Brower, Annal Treiiir., t. I, p. 353; Fletwood, Inscripl., p. 446; Jlai, Script, vêler, nova coll., t. v, p. 217. n. 1 ; F.-X. Kraus, Die .■Xllchristlichen der Rheinkmdc. in-S°. Frciburg. 1890. t. n. p. 323. n.8. — =Ch.DiehI, Une charte lapidaire du vr- siècle, dans les Comptes rendus de lAcad. des inscripl.. 1894, t. xxii, p. 383 sq. Cf. Delattre. dans le Cosmos, 15 avril 1893. p. 74; dans les Missions callmliques, 1894; H. Leclereq, L'Afrique chré-

...enles, et hoc non licere e g...

in monasler]io abhatem aui presbuleru[m ordinari, sed

omnes melioris opinionis exislr\nles monachi abbalem sibi

[eliganl sine gralia

aul pecuniantm propo]sita rfa/io;ie SANCIMUS £n[

...]ore esse iniquitatibus alienum i'[ el sacrilegiis quse

ab Arianorum

vel Donutisl]arum ministris adsolenl fieri,i[

..]in eodem sancii marliiris Stephan[i monasterio ...fii]erinl deicctali. Insaper vero e.v pr]œceptis régules nio]naslcrio constilula' i<el ipsis[...

La paléographie de l'inscription et les faits qu'elle mentionne concordent à faire attribuer ce marbre au vi' siècle. .\ cette époque, en effet, l'institution monastique avait eu en Afrique beaucoup à souffrir de l'ingérence abusive de certains évêques; c'est contre cet abus que la charte est libellée, spécialement en faveur du monastère de Saint-Étienne. Les évêques préten-

tienne, in-12, Paris, 1904, t. i, p. 426-429. Pour la restitutioa du texte des lignes 2-3, la formule est empruntée à la novelle CXXII1.34:pour les lignes 3-4, à la novelle VI, 14; pour les lignes 5-6. où la restitution est très hypothétique, cf. novelle XXXVIl;pour les lignes 8-9: Labbe, .4 srego/io ad solam et liberam abbalis proprii quem sibi ipsa elegeril ordinationem dispositionenique perlineal, régula, quîe a fundatione monasterii dudum conslitula est, in omnibus custodita.

CHARTES

diiient exercer un droit sur les moines et leur imposer redevances et corvées ', ou bien, ils se faisaient attribuer la nomination du supérieur lors de la vacance du siège abbatiale Un concile tenu à Cartilage, en 525, donna raison aux moinei^dans leurs revendications contre le primat de la Byzacéne'. Un autre concile tenu, en 534 ou 536, dans la ville, statue « que les moines doivent être en [la puissance de leurs abbés. Et si l'abbé vient h mourir, son successeur sera élu par le choix (le la communauté, sans que l'évêque revendique le droit de diriger l'élection ou y intervienne en quoi que ce soit '. « Cet état de chose peut à lui seul fournir le commentaire de la charte que nous venons de transcrire et dont les clauses se trouvent être confirmées par les dispositions législatives insérées au code Juslinien et dans les Xovelles. en ce qui a trait à la simonie'. Une autre disposition non moins importante est relative à l'orthodoxie avérée du nouvel élu "• Un autre fragment de la même inscription ou d'une inscription contemporaine a été trouvé dans la cour

■2ii7;.î. — <;harte épigraphique conlii'im-o.

D'après Comptes rendus de l'Acixd. des InscripC. et bell.-lett..

Is04, p. 3S'i.

de la grande mosquée de Kairouan; il est ainsi conçu (fig. 2G73) :

ANieDICI firmamtis I SOLVIVIINT

Ce qui peut être comiilrlé de la f içon suivante :

. . . .ani edicl[uin CONIFIRMAMVS / [. . .

.... ■]soliim in ( [. . .

Ces formules sdiicimiis. confirnidinus, évoquent invinciblement le souvenir des formules de la chancellerie byzantine. Une lettre grecque nous laisse lire au bas du papyrus la formule leginius '; c'est là, évidemment, le l'isd impérial. Vers le vi» siècle, on rencontre legi au bas de certains actes "; toutefois, on peut discuter touchant la qualité de celui qui donne ainsi son approbation. Danscertains cas, c'est le questeur';dans

' Labbe, Concilia, t. iv, col. 1242, 1243, 1646. — 'Ibid., t. IV, col. 1785. —'Ibid.A- iv.col. 1242-1249. — </hid., t. iv, col.1785. — 'NovelleVI,!, 4:CXXIII,1,CXXXVII, 2;code Juslinien, leg. I, tit. m, 1. 41. — 'Novelle CXXIII, 34; CXXXII,2. — 'H. Oinont , I. élire grecque sur papyrus émanée de la chancellerie de Consicuilinople, dans la Reutie arcliéol., 1892, t. XIX. — " Novelles XXI I, ('.\', Zacharic von Lingenthal. Jus f/rieco-romanum. t. m, p. 10,14,31,40. — ^Jus tjr.-

d'autres, il n'est guère douteux que ce soit l'empereur"'. .'\ucun acte émanant de la chancellerie de Constantinople ne nous a jusqu'ici présenté la formule sancimus, ce qui peut s'expliquer par la pénurie de renseignements dans laquelle nous nous trouvons relativement aux souscriptions oflicielles destinées à authentiquer les actes ", quelques-unes peut-être ont échappé à l'attention comme le visa rGNOITO que nous «avons lu sur une charte de Rome (col. 902, fig. 2671); cependant, nous savons que dans le style de la chancellerie byzantine, au vi» siècle, le mot sancimus était d'un usage constant. On le rencontre presque à chaque page dans les novelles de Justinien et l'empereur parle quelque part expressément des mesures quœ nostra sanxil œternilas '^ Bien plus, parmi les actes éinanant de l'initiative impériale, à côté des lois générales, à côté du rescript {rescriptum ou àvTt- •;-pa5ri),de la jussio(v.i'/.s-j'!'.;), la chancellerie byzantine connaît une catégorie d'actes spéciaux désignés sous le nom particulier de sanctio (Ôeîo; ou 7tpayp.aTix6; TJTTfj;) ". Il n'est donc point surprenant qu'on ait employé ce terme comme signe de validation dans un acte soumis à la signature impériale, et, d'ailleurs, on comprendrait mal le soin qu'a mis le graveur à reproduire, comme en une sorte de fac-similé, ces formules, si elles n'avaient eu, pour authentiquer l'acte, une valeur particulière". La place donnée à la souscription ne saurait soulever de véritables difficultés, car l'empereur pouvait l'apposer où bon lui semblait, ainsi que nous le voyons dans un rescrit de l'empereur Léon ler, en date de 470. Sacri adfatiis, quoscumque nostrœ mansuetadinis in qtiacuniqiie parle paginaruni scripseril auctoritas. Il est possible que l'état fragmentaire de la pierre ne nous permette jamais de décider I si nous avons à faire à deux inscriptions ou à une j seule: dans ce dernier cas, il est aisé de voir, dans la sanction et la confirmalion dont serait revêtu un même document, des indications relatives à une série de dispositions concernant les privilèges ou peut-être la fondation et le régime intérieur du monastère de .Saint-Étiennc.

XI II. Ch.\RTES sur P.\PYRVS et sur P.\RCnEMIN.

— Les chartes èpigraphiques dont nous venons d'énumérer les exemplaires les plus anciens sont, somme toute, exceptionnelles. En réalité, les inscriptions de cette espèce ne sont que des copies, souvent abrégées, dont les originaux étaient écrits sur papyrus ou sur parchemin. C'est à cette catégorie que s'applique de préférence la désignation de charte, charla, charlula, et dans le vieux français, charte. Dès l'antiquité classique, ce terme fut emprunté au grec (ycipTï);) et servit à désigner non plus simplement la matière subjective de l'acte, mais l'acte lui-même, le document écrit; mais ce ne fut guère qu'au moyen âge que ce terme prit son acception générale d'un écrit authentique et officiel destiné à consigner des droits et à régler des intérêts. Un mot servait à déterminer la nature des différentes sortes de chartes relativement à leur origine ou à leur destination et cette longue nomenclature de désignations rébarbatives contribua à donner au mot « charte », à partir du xvi" siècle, un sens exclusif dans les habitudes et le langage des érudits. Certains d'entre eux n'ont pu empêcher, par leurs distinctions superflues, l'adoption générale de la signification étendue qu'.avail eue le

rom.,t. III, p. 14, 31 Cf. Bruns, Die l'nlerschriflen in den rôm. Urkunden, dans Abhandl. der Akad, d. Wissensch., Berlin. 187. p. 8485 — " Gardthausen. Griechische Paliiograplue, p. 367, 369-370. — " //>i((., p. 367. Cf. Bruns, op. cil., p. .SO-81, sur les causes de cette incertitude. — '= Novellc XXXV. — " Xovelles I.XM, l'.XIII, CXXII, CLXII.

— '« Diehl, dans les Comptes rendus de l'Acad. des inscripl., 1891. t. XXII. p. 389 sq.

CHARTES

mot pendant la première partie du moyen âge et qui est celle qui s'est conservée jusqu'à ce jour.

Nous n'avons pas à nous occuper des chartes sur papier, trop récentes pour rentrer dans les limites chronologiques de nos études', mais seulement des chartes sur papyrus et sur parchemin.

Les plus anciens actes dont les originaux nous sont parvenus, ce sont quelques chartes privées de la fin du v« et du VI" siècle, rédigées pour la plupart à Ravenne, connues sous le nom de chartes de liavenne, et aujourd'hui dispersées dans un grand nombre de collections. Beaucoup d'églises conservèrent longtemps des lots respectables de chartes sur papyrus; au xiv siècle, la seule église de Sainte-Agathe à Rome possédait trente-cinq actes; au xiiii" siècle, l'église cathédrale de Porto, une dizaine au moins. Quant à Ravenne, elle était la plus riche de toutes. Paciaudi écrivait à Caylus : Tous les papes jusqu'à Grégoire VII ont fait écrire leurs bulles sur le papyrus, et il ne nous en reste que cinq ou six, tandis que la seule église de Ravenne possède plus de cent de ces papyrus répandus dans l'Italie ', puis il ajoute : " On ne dira point qu'elle fut plus riche, ni plus puissante que l'Église romaine : il faut donc trouver d'autres motifs de cette différence. «Maffei n'en voyait d'autre raison que délia quantilùdi lai caria che veniva per mare alla sede delV Esarccdo ^; raison assez pauvre puisque, suivant la remarque de JMarini, les papyrus se répandaient partout et que, d'ailleurs, ce ne sont pas que des pièces rédigées dans les bureaux officiels qui nous sont parvenues, mais des actes publics de toute origine. La raison plus vraisemblable c'est que, Ravenne étant le siège de l'administration impériale, on s'y procurait le papyrus de la meilleure qualité et on en faisait le même usage que nous appelons le • papier timbré»: deux conditions qui favorisaient la conservation par le choix de la matière subjective et le soin apporté à conserver des actes dont le texte faisait foi.

Un autre nid de chartes anciennes fut Saint-Denis en France. Dom Doublet, historien de l'abbaye, avait publié, en 1625, une série de pièces tirées des archives du monastère^; Mabillon signala seize diplômes mérovingiens nouveaux, en 1681, et le jésuite Germon insinua qu'ils avaient été forgés entre 1625 et 1681 ^ Le R. P. en fut pour son fiel; en 1706, Mabillon justifiait les chartes de Saint-Denis ' dont, au ix^ siècle déjà, l'auteur des Gesla Dagoberli tirait parti dans la composition de son ou\Tage ".

Plusieurs bibliothèques de l'Europe conservent des

' A. Giry. :\lanucl de diplomalique, in-S", Paris. 1894, p. 497-500; H. Omont, La plus ancienne charte sur papier (de l'année 1109), publiée par G. La Mantia, dans la Biblio- Ihèque de TÉcole des chartes, 1910. t. Lxxi. p. 238. On avait imaginé l'existence d'un papier fabriqué très anciennement avec l'écorce d'arbre; il n'a jamais existé rien de semblable, le papier en question est du papyrus. J. Wiessner. Siudien liber angeblictie BaumbasI Papiere, dans Sti^ungsbericlile des Aiiadem. d. Wisscnsch., phil.-hist. dasse, 1892, t. cxxvi, p. VIII. Pour le papier-coton, autre imagination, cl. C.-M. Briquet, La légende paléographique du papier-coton, in-S», Genève, 1884; Le même, Becherches sur les premiers papiers employés en Occident et en Orient du v* au T/i-f siècle, dans les Mcm. de la Soc. des antiq. de France, 1886, t. XLVI; J. Wiessner, Die mikrosl;opische Untersuchung des Papiers mit besonderer Beriicksiclitigung der iiUesten orientalischen undeuropaischen, dans Mitiheilungen aus der Sammlung der Papyrus Erziierzog-Bainer, in-4°, Wien. 1887. — 'G. Marini, / papiri diplomatici raccolii ed illastrati, in-lol., Roma, 1805, p. XIII ; Lettres de Paciaudi à M. de Caylus, Paris, 1802, p. 16. — ' G. Maffei, Isloria diplomatica, in-4'', Slantova, 1727, p. 75. — « Doublet, Histoire de Fabbaye de Saint-Denys, en France, in-l», Paris, 1625. — ^P. Germon, De veleribas regum Frcuicorum diplomalibus et arte secernendi antiqua diplomnta a falsis a R. P. J. Mabillonio dis-

fragments de rescrits impériaux du iv'ou du v< siècle; ils sont tous sur papyrus. C'était une tradition invétérée dans la chancellerie impériale, tradition que reprit à son compte la chancellerie pontificale, qui employa le papyrus jusqu'au xi' siècle. La chancellerie mérovingienne apporta moins d'obstination, mais, jusqu'à la fin du vin"^siècle, on vit des particuliers en France faire usage du papyrus; en 787, Maginaire, abbé de Saint-Denis, écrivait sur papyrus un rapport relatif à une mission en Italie qu'il adressait à Charlemagne*.

Les diplômes des rois mérovingiens nous sont parvenus dans les originaux au nombre de trente-huit ', écrits les uns sur papyrus, les autres sur parchemin. En vertu de la distinction factice introduite entre chartes et diplômes, ces documents d'origine royale sont classés sous le nom de diplôme; nous en aborderons la description et l'étude un peu plus loin. Voir Ch.\rtes roy.\les. col. 915. Pour l'instant, nous nous bornerons à quelques indications sommaires.

Le plus ancien de ces documents a été donné par Clotaire II, entre le 14 juin et le 15 juillet 625; le plus récent ne remonte qu'à Cliildéric II.il fut délivré le 28 février 717. Jusqu'à Clotaire II I inclusivement, tous les actes sont sur papjTUs; à partir de Thierrj', tous sont sur parchemin; ce qui permet de corriger l'affirmation inexacte d'après laquelle, à partir du vii= siècle, la chancellerie mérovingienne aurait employé concurremment les deux matières '°. C'est donc entre 659 et 677 qu'a eu lieu dans cette chancellerie la substitution du parchemin au papyrus. La date est à retenir parce qu'il est clair que, pour les actes d'origine plus humble, chartes privées, on aura procédé à une substitution semblable vers le même temps. Au point de vue de l'écriture, « la cursive diplomatique mérovingienne n'offre pas toujours exactement les mêmes caractères; elle avarié de l'année 625 à l'année 717 — à plus forte raison jusqu'à l'année 814. — .\u début, elle est d'aspect plus gros, et la matière subjective employée, le papyrus, en est évidemment la cause, empêchant de distinguer suffisamment les pleins des déliés. A partir du dernier quart du vu' siècle — avec l'apparition du parchemin — la cursive devient de plus en plus élégante ou du moins plus contournée et ornée, mais il faut encore en distinguer deux espèces, la grosse large et la fine allongée et serrée ". »

La matière subjective des chartes sur papyrus provenait d'Egypte. L'ne bulle du pape Jean VIII, de l'année 876, pour Tournus, a conser\'é l'estampille arabe du directeur des finances, qui en indique à la

ceptatio, in-12, Paris. 1703. — * ;MabiUon. Librorum de re diplomatica supplementum, in-fol., Parisiis, 1704. — ' Monuni. tierm. histor,, Scriptor. rer. ."Merouing. ,édit. Br. Kruscli, 1888, t. II, p. 396-425; Giry, Manuel de diplomatique, p. 874. — * Ces. Paoli. Del papiro specialmente considerato corne materia che ha seruito alla scrittura, in-8°, Firenze, 1878. — • Trente-sept sont conservés aux Arctiives nationales, un seul A la Bibliothèque nationale. — '» \V. Erben, Papyrus und Pergament in der Kanzlei der Meroannger, dans \Httlteilungen des Jahrb. fiir œsterr. Gesch. /., 1905, t. xxxvj^ p. 123-127, avait montré que cet emploi avait été successif; M. Prou, dans P. Lauer et Samaran, Les diplômes originaux des Mérui>ingiens, in-fol., Paris, 1908, préf., p. ii, montre que, sur ce point, l'erreur commise pro\-ient d'une fausse indication donnée par J. Tardif, Cartons des rois, p. 24, n.30, lequel déclare que le jugement de Clovis III du 5 mai 692 est écrit sur papyrus, tandis qu'il est sur un parchemin. Le plus ancien acte sur parchemin est un précepte de Ttiierry III, du 12 septembre 677 (Prou) ou du 12 septembre 679 (Erben 1, l'avènement de ce prince se rapporte au 10 mars 673 H. Bresslau, Papyrus und Pergament in der pàpstlichen Kanzlei bis zur Mitte des .\r Jahrhunderts, dans Mittheil. des Instit. fur œsterr. Geschichts/orschung, 1888, t. IX, p. 1-33. — " Ph. Lauer, Les diplômes originaux des Mérovingiens, p. 2.

CHARTES

fois la provenance et la date de fabrication'. On voit, d'après cela, que le papyrus, bien qu'en décadence, n'a pas laissé d'être en usage pendant la durée entière de l'époque qui fait l'objet de nos études. C'est donc le papyrus qui est désigné pendant le haut moyen âge sous les termes de charlii, lomiis, charlanim tomi ^, tomus chuiiciicus, charlinacius, etc.

Nous venons de voir, par les diplômes datés, qu'en France le parchemin ne fait pas son apparition pour les actes ofTiciels avant la seconde moitié du vi« siècle. Notre plus ancienne charte sur parchemin est une charte de fondation par une dame du nom de Chlotildc, du monastère de Bruyères, en G7U ou 671 =, antérieure de six ou huit années environ au plus ancien diplôme royal sur parchemin. Dans les pays germaniques, on n'a pas signalé d'acte original sur parchemin antérieur au second quart du viii« siècle; le plus ancien document sur parchemin tenu pour original serait de 731 ou 736, il fait partie des archives de Saint-Gall ^ En Italie, on connaît un acte notarié sur parchemin écrit à Plaisance en 716; les plus anciennes pièces sur parchemin des archives de Turin et de Florence sont d'une dizaine d'années postérieures '. A partir de cette époque, le parchemin tendit à remplacer partout le papyrus, dont l'emploi fut exceptionnel depuis le milieu du vin' siècle, sauf à la chancellerie pontificale. Depuis le ix'' siècle et pendant tout le moyen âge, la presque totalité des chartes fut écrite sur pareheniin '. »

Les documents sur papyrus sont de dimensions très variables, généralement considérables et beaucoup plus longues que larges. La bulle de Jean VIII pour Tournus mesure S^go. celle de Benoît III pour Corbie mesure 6™50'; généralement, la largeur varie entre OinSO et 0m75 centimètres. Pour le parchemin, on est limité par la mesure de la peau et la rognure indispensable; tantôt une charte mesure presque 1 mètre, tantôt elle ne déborde guère la paume de la main. On avait la ressource de coudre des peaux bout à bout, et on ne s'en privait pas. Le procès-verbal de l'interrogatoire des Templiers se compose de 45 peaux se développant sur ■22™'jn 5. Ou désignait le parchemin des chartes sous les noms de membruna, pcnjamenum et caria pergamena.

XIV. Ch.\rtes diverses. — Le mot clmrle a servi à désigner toute espèce d'actes. On le trouve donc

employé en combinaison avec bon nombre de qualificatifs dont il ne sera pas superllu de déterminer le sens précis.

Charla apennis ou relalionis, destinée à tenir lien des titres détruits par accident. La confirmation de ces sortes de pièces fit. dès le ix" siècle, l'objet de diplômes royaux de confirmation appelés pancharlss ou panlocharlœ. Ce n'est pas, d'ailleurs, le seul sens du mot " pancarte». Nous traiterons avec plus de détail, dans un instant, la question de la réfection des chartes détruites. Voir Chartes perdues.

Charla conjerloria, conftrmalionis, elcemosynaria:, alimonio', Iradilionis, Iransfusionis, refusionis, ofjersionis, Iransfersionis, pcrpelualis Iransaclionis, slabililalis et encore corroboramenlum désignent une charte de fondation et plus fréquemment de donation. On rencontre souvent dans les donations les mois ambasciarc, ambasciator, servant à désigner ceux qui en avaient obtenu l'expédition. De là, les formules... amhasciaoU et oblinuit Meginphridus '' ou encore Boso cornes ainbascialor.

Charla cijroyraphala ou chartes-pariies ". Lorstiu'on dressait un contrat synallagmatique, on rédigeait autant d'actes semblables qu'il y avait de parties contractantes; ces expéditions se nommaient charla" parieur, puricola'. pariculœ. Par surcroît de précaution, on prit l'habitude d'écrire ces divers originaux sur une même feuille de parchemin au milieu de laquelle on traça des caractères ou des mots ou une devise que l'on coupait en ligne droite, ondulée ou dentelée, en séparant les exemplaires. Les chartes ainsi établies étaient dites parlila', unduhdœ et idenlulso. Le rapprochement des originau.x pouvait éventuellement justifier leur authenticité respective". C'est, en général, le mot cyrographum qu'on trouve inscrit sur la souche des plus anciennes « chartes-parties » : il était quelquefois suivi de traits irréguliers qui achevaient de remplir la ligne, des adjectifs memorialc ou commune, du nom des parties contractantes, ou de quelques mots qui spécifiaient la nature de l'acte'^. Il est difficile de déterminer l'époque à laquelle on commença à faire usage de ce procédé. Il existe bien, écrit A. Giry, et dès l'époque mérovingienne, des mentions nombreuses d'originaux multiples, de chartes d'une même teneur (charUv paricnlœ eodem Icnore conscriplœ), d'exemplaires remis à cha-

' J. V.Karabacek, 2>as arabische Papier, dans Mitthettiingen aits der Sammiung der Papyrus Erziierzori Rainer, in- 1", Wien, 18S7, p. l'.l du tirage ù part; l'original de cette bulle est à la Bibl. nation., ms. lat., SS6, reproduite dans Champollion-Figeac, Charie latine sur papyrus d'ÉgypIe, 1 fasc. Ph. JafTè, Regesla, 2' édit., n. 3052. — » L. DeUsle, Recherehes sur rancienne bibliothèguc de Corbie, dans Biblioth. de l'École des rharles, 1859-1860, p. 102, et Th. von Sickkel. Die Urkanden der Karolinger, t. i, p. 288, ont interprété cette expression à tort au sens de parchemin dans un diplôme de Childéric II en 710, attribuant ù Corbie caria tomi !.. Pardessus, Diptomata, t. il, p. .309. — " Archives nationales, K 2, n. 10. — ' Wartmann, Vrkandenbuclt der Abtei S. Gullen. in-8", Zurich, 1803, p. 0, n. 0. Cf. II.Bresslau Handbueh der l'rkuiulcnlelire, t. i, p. 890. — =^ C. Paoli, Sopra lu pin antica pergamena delV archivio centrale di Stato in Firenze, dans Arehiuio s/or. ilal, 1873, t. xvii, p. 225-2.39. — • A. Giry, Manuel de diplomatique, in-8°, Paris, 1894, p. 495-496. — ' Original conservé à la bibliothèque d'Amiens, cf. Ph. Jalé, Regesla ponlif. ronuaior., 2" édit, n. 26()3. — ' .-Vrchives nationales, ./, (.i !, n" 18. — " Pour obtenir une concession du souverain, il fut de règle, jusqu'au déclin du xi*^ siècle, de s'adresser :\ un grand personnage, laïque ou clerc, influent ù la cour, par l'intermédiaire duquel la requête était appuyée et la charte expédiée par la chancellerie, (^etle intcr\'ention était exprimée, du viii» au .\* siècle, par le verbe d'origine germanique ambasciarc, et l'intermédiaire lui-même était qualifié ambasciator, d'où l'on a tiré plus tard : ambassadeur. La

mention de cette intercession figure souvent dans les chartes royales et autres, d'abord après la souscription du chancelier et le plus snment eu notes tironicnnes. Dans la ruche du précepte de Cliarlemagne, en date du 31 mars 797 (Album paléogrnpliiqac de V École des chartes, pi. 16; Bohmer-Mûhlbacher, Regesla, n. 327), on lit en note la mention Meginphridus ambasciauit(et non pas Meginardus). Ci. ,J. lïavet, dans la Bibliothèque de l'École des chartes, 1887, t. xi.viii. p. 509. Ce .Meginfred. qui n'est pas autrement connu, ne peut être identifié en aucune façon avec Ménard, abbé de Saint-Denis, ainsi que l'avait d'abord proposé .\. Giry, Manuel de diplomatique, p. 549, note 2, qui y a renoncé depuis, p. 891. — '» H. Lcpage, Sur des cijrographes conscri>és aux architics de la Meurthe (.\ii« et xiii' siècles), dans le Journal de la Société d'archéologie et du comité du musée lorrain. 1872, t. .xxi, p. 165; 1879, t. xxviii, p. 165. — " Recueil de lac-similés à tusage de l'École des chartes, n. 128, reproduit une concession faite en 1178, au temple de Lormcteau (Indre), rédigée sur une même feuille de parchemin en quatre exemplaires, réunis par des devises communes, et dont deux n'ont pas été séparés. — " On traçait aussi sur la souche soit îles images, soit des formules pieuses, telles que m nomine Domini, ave Maria, sanctus Dionysius, etc., ou les mots charla cyrographata ou indenlata, endenture, indenlure, endenl. t:f. .\. Giry, Manuel de diplomatique, p. 511-512; H. Giaril, .\"o/c sur une ancienne ■ charte-partie - con.wrvée aux Archives nationales, dans Bibl. Ecole des chartes, 1900, t. i.x, p. 201-

CHARTES

cune des parties inlércssccs. Toutefois, pour rencontrer l'attestation d'un cyiographum biparliliim, il faut attendre jusqu'en 989 ' et le plus ancien document portant la trace de cette disposition est un diplôme sans date, du roi Henri V'. pour l'abbaye de Sainte- Geneviève ^ La plus ancienne endenture que Mabillon ait découverte en France n'est que de l'année 1106 '. Charln denarialis désigne une sorte de manuniission dans laquelle on faisait tomber un denier des mains de l'esclave.

Charta jurata ou sucramentalis désigne un acte de serment ou de fidélité, ou une promesse garantie par le serment.

Charta legataria, c'est un testament.

Charta de nmndeburde désigne une charte de protection appelée également de salvitate.

Charta roijata, c'est celle que, dans les pays de droit écrit, on priait les témoins de signer.

Charta de sanyiiinolenlo, par laquelle un homme recevait à titre d'esclave un enfant exposé. VoirDi(/(o;î;i., au mot Alv.mni. t. i. col. 1288.

On peut classer toutes les chartes sous cette triple division : chartes royale.s, nous les abordons à l'instant; chartes ecclésiastiriaes, dont nous allons parler ensuite; chartes seigneuriales, étrangères à notre étude, puisque l'acte original le plus ancien qu'on connaisse actuellement ne remonte qu'à l'année 851 ; c'est une charte de donation faite à l'Église de Rodez par Rainaud I", comte de Toulouse ■■.

XV. Ch.^rtes roy.\les .mérovingiennes. — Parmi les souverains dont la domination a succédé en Gaule à celle de l'empire romain, les Mérovingiens seuls nous ont laissé des diplômes; nous n'en possédons plus ni des rois wisigoths, ni des monarques burgondes. Les diplômes des rois mérovingiens qui nous sont parvenus, ceux du moins que l'on peut considérer comme authentiques, sont au nombre de quatrevingt-dix ou environ, et, sur ce nombre, le temps a épargné trente-huit originaux. Ils ne remontent pas au delà du second quart du vu' siècle. Il faut ajouter que les recueils de formules nous ont conservé quelques autres de ces documents. Enfin, pour réunir tous les actes des rois francs que l'on possède aux diplômes, il faudrait ajouter les actes législatifs connus sous le nom générique de Capitulaires; mais, comme ils nous sont parvenus dépouillés de toutes les formules dans lesquelles ils devaient être primitivement encadrés, ils échappent presque complètement ! à la critique diplomatique. I

« Tous ces textes ont été souvent publiés et reproduits, soit isolément, soit dans des recueils; ils ont été à bien des reprises l'objet de recherches et d'études, et cependant nous ne possédons pas encore d'édition qu'on puisse considérer comme définitive de la plupart des diplômes royaux mérovingiens '. «

Ce souhait de A. Giry est aujourd'hui accompli, : grâce à l'édition de MM. Lauer et Samaran : Les di- ; plômes originaux des Mérovingiens. Fac-similés photolypiques avec notices et trcmscriptions, in-fol., Paris, 1908. '

Toutes ces chartes royales sont sur papyrus ou sur parchemin: les unes sont des préceptes, les autres des jugements. Toutes se placent entre un précepte de

'Richer, Historiari/m. 1. IV, c. ,xxi.\. à l'occasion de l'élévation d'Arnoul sur le siège de Reims. — ' Recueil de jacsimilés à l'usage de l'Ecole des chartes, n. 39. Cl. A. Gir>', op. cil., p. 510. — ' X. de Wailly, Elémenls de paléographie. ia-4°, Paris, 1838, t. i, p. 171-172; t. ii.p. 5, note 1, p. 208. — * Musée des archioes dépoj'lenienlales. n. S, pi. xv. — ' A. Girj', Manuel de diplomatique. 1894. — « W. Erben. Papyrus und Pergameni in der Kan:lei der Merowinger. dans Mitlheilungen des Jahrh. fiir Oeslerr. Geschichtsjorschung, 1905, t. xxvi. p. 123-127; M. Prou. Préface dans Lauer, Les diplômes originau.T. p. ii. — ' Jugement du 30 juin 679, dans P. Lauer, op. ci/., n. 16.

Clotaire II donné entre le 14 juin et le 1.5 juillet C25, et un précepte de Chilpéricll donné le 28 février 717.' Xous avons parlé déjà de la succession du parchemin au papyrus, lequel fut exclusivement employé jusque sous Clotaire III et définitivement délaissé à partir de Thierry III'; la substitution d'une matière à l'autre se place donc entre 659 et 677.

A la suite du chrismon initial, on lit lasuscription et l'adresse, c'est-à-dire le nom du roi, son titre et l'indication des destinataires. Le nom du roi est d'une écriture plus grosse, ou en caractères allongés; il j n'y a pas de règle fixe pour le titre re.v Francorum et le nom des destinataires; tantôt ces éléments sont de la même écriture que le nom du roi, tantôt du même corps que le reste de la charte. L'ne fois même, sur un diplôme de Thierry III, les noms et titres du roi ne se distinguent en rien du reste ".

« D'ordinaire, les syllabes des mots de la première ligne, au moins depuis Clovis II. ont été séparées et espacées de façon à remplir la ligne; ce à quoi on n'est pas toujours arrivé, de telle sorte que souvent il reste un long espace blanc à la fin de la ligne. C'était un usage si constant des scribes de réserver la première ligne à la souscription et à l'adresse que, sur un précepte de Thierry III, du 15 septembre 677% où l'adresse était très longue : viris inllustre]bus Audoberctho et Rocconi patriciis et omnebus ducis scu comitcbus vel aclorebus publicis, au lieu de séparer les syllabes, le scribe a serré les mots et les lettres; et comme, malgré ses efforts, il n'a pu faire tenir toute l'adresse à la première ligne, il a rejeté la dernière syllabe (cis), non pas à la seconde ligne, mais au-dessous de publi, entre la première et la deuxième ligne, de façon que le texte commençât avec la deuxième ligne '. Il n'y a qu'une exception à cette règle " : le précepte de Thierry III, où la dernière syllabe (res) du dernier mot de l'adresse futures (pour futuris) est rejetée en tête de la deuxième ligne ". »

Au bas des chartes royales figure la signature du roi, mais sur les préceptes seulement. La souscription d'un référendaire suffit à valider les jugements. Même pour les préceptes, la signature royale n'est pas rigoureusement nécessaire. Elle fait défaut sur un précepte de Clotaire IIP% lequel est. d'ailleurs, peutêtre mutilé, et sur trois préceptes de Thierry III, de Clovis IlI.deChilpéric II ", tous trois intacts. Ces actes ne comportaient pas de souscription et elle n'y est pas annoncée. " Le premier se termine par les mots : et ibidem perpetualeter vcdiat proficere in augmentes : le second et le troisième, par une invitation aux fonctionnaires à se conformer au.x ordres du roi : vidite ut aliud ob hoc non faciatis se gratia noslra optatis habirc propicia. Ces actes sont des exemptions de tonlieux en faveur des moines de l'abbaye de Saint- Denis, ou plutôt des mandements aux agents du roi, leur ordonnant de respecter et d'exécuter le privilège accordé à Saint-Denis ". Nous en conclurons que les préceptes qui avaient pour objet d'assurer à des établissements religieux, peut-être même à d'autres personnes, la jouissance de privilège d'exemption de tonlieux, ne recevaient pas la souscription royale. La signature du référendaire suflTisait à les authentiquer'^»

* P. Lauer, op. cit.. n. 15. — " Erben. i'rkundenlehre, p. 130, n. 1. — "P. Lauer, op. cit., n. 18. — "M. Prou, Préface, p. m. — "P. Lauer, op. cit., n. 12. — " Ibid., n. 18, 22, 35. — '* Un lien étroit unit d'ailleurs ces trois documents, et le n. 35 n'est pour les passages essentiels que la reproduction du n. 22. En outre, le caractère du mandement y est très fortement marqué. — " Rapprocher ces sortes de préceptes des tractoria mentionnés par Marculfe, Formul.,1. 1,n. 11, édit. Zeumer. p. 49. La liste de référendaires dressée par Slunipf. Veher die Merouingcr Diplôme. p. 363 sq., reproduite par .Mas-Latrie. Trésor de chronologie. col.2167,a ètéaméliorée par Rresslau, Handbuch.t. i,p.268.

CHARTES

Tous les autres préceptes originaux et intacts sont pourvus de la signature royale à la suite du texte, sans place déterminée. Cette signature est autographe'. Pour le roi Glovis II, une de ses deux signatures n'est pas autographe et le texte nous en avertit : [[j]iopria siibscriptione inserere non possumiis =, le roi était enfant et sous la tutelle de sa mère Nanthilde, dont la signature suivra le signum du petit prince.

La signature royale comprend essentiellement le nom du roi, son titre de rex et le mot siibscripsi ou subscripsil, ce qu'on ne peut décider, puisque, surtous les originaux, ce verbe est abrégé par suspension et n'est représenté que par la première syllabe siih. A partir de Thierry III, la signature royale est précédée soit d'une croix, soit d'une invocation tachygraphique. Quelques signatures royales présentent l'invocation verbale In Christi nomine; dans les plus anciennes, on intercale un monogramme, qui disparait à partir de Thierry III, mais alors la syllabe sub est suivie d'un paraphe ou même enclavée dans ce paraphe.

Le référendaire n'a pas de place fixe, il place sa signature à sa fantaisie, avant, après, sous celle du roi. Ici encore, 11 s'agit d'un autographe ' qu'il farcit de paraphes et notes tironiennes et fait précéder d'un chrismon. Le référendaire use de deux formules : obtulil (= oplolil) et recognovit. Le mot obtulil marque la présentation k la signature royale, ce qui n'a donc pas lieu pour les jugements, où on lit en effet le mot recognovit*. Ce dernier mot se rencontre sur quatre préceptes ', parmi lesquels trois sont ces exemptions de tonlieux dépourvues de signature royale dont il vient d'être question; le quatrième'' présente la signature de Thierry III, et cependant le référendaire a signé Aghliberlns recognovil. Cette anomalie s'explique peut-être « parce que ce document participe du précepte et du jugement, c'est-àdire qu'il a été expédié i'i la suite d'un jugement rendu par un concile, jugement dont l'acte fait mention '. » Il faut noter encore qu'entre les noms du référendaire et le verbe obtulil ou rrcognoiut, on intercale parfois le participe jiissus '. Enfin, deux jugements ' ont été reconnus par un personnage agissant à la place d'un autre : ad l'iccm. ■ <

Également, dans le bas des chartes royales, se trouve régulièrement le souhait : Bcnc vale, hene valeas, bene valetc^", tracé, en bas, à droite, à côté de l'incision destinée à recevoir le sceau, qui parfois recouvre presque entièrement le souhait. Ce groupe de lettres consiste en deux hélices ou enroulements superposés, qui se terminent l'un et l'autre en une ligne montant vers la droite: à droite d.' l'hélice supérieure, et se rattachant plus ou moins au trait ascendant, sont écrites les lettres cne; l'hélice inférieure est suivie des lettres al". On a donc généralement Benc val.; on a cru pouvoir lire une fois l'.rne valint '-. mieux vaut lire Benc oalile ".

La date est écrite sur une seule ligne en bas de l'acte, elle ne nian(|ue (juLuie fois". .\ la suite du mot

1 Comparer entre elles deux signal tires deCIotaire H dans Lauer, op. cil., n. 1, '2; deux signaliires de Dagobert I*', n. 3, 4; trois de Thierry III, n. 14, l.î, 17;trois de Childebert III, n. 24, 26, 28: trois de ChUpéric, n. 54, 37, 38. — 'PLauer.o/). ri7.,n.7. — "l 'ne même main a tracé les signatures d'.-U'/u/ia.s sur un jugement de t^liildebert III et deux préceptes de Childéric II. op. cî/.,n. 31.34, 37. — *Op.cit., n. 7, 16, 19, 20, 21, 23, 25, 27, 29, 30, 31, 32, 3G. — - Op. cit., n. 15, 18, 22. 35. — 'Op. cil., n. 15. — ' M. Prou, op. cit., p. vn,et même le début de ce diplôme n'est pas sans analogie avec celui des actes de jugcnu-nt royal iDuiii et episeoims de rigna nostra... ad nostro palacio Mastuco villa fiissemus aduenire. — ' Lauer, op. cit., n. 14, 17, 22, 24, 31, 33, 34, 37. — ' Ibid., n. 27, 32. — "W. Erben, Urlitmdenlelire, t. I, p. 158. Le bene val. est invisible surn. I, mutilé et très clTacé: sur le n. 2, ù peine déchiffrable; n. 21. omis ou dis-

Dalum ", le quantième du mois, l'année du règne, le lieu et l'apprécation : leliciler ou in Dei nomine féliciter ". Le quantième du mois est exprimé d'après le calendrier romain, pour le premier jour " et la seconde partie du mois correspondant aux nones, aux ides, et dans les mois où les ides co'incident avec le l'i' jour, pour les deux derniers jours des calendes ". La formule employée pour indiquer le jour avec les calendes est : sub die tanlo kalendas, tandis que, pour indiquer le jour de la première moitié du i mois, on dit : quod ftcit minsis Odi.c dics loi. Voir ta- : bleaux. col. 919-930.

! XVII. Transcription d'une ch.\rte royale. —

1 Le document que nous avons choisi est, parmi les

i papyrus simihiires, le mieux conserve au point que,

sauf d'insignifiantes lacunes, on peut le dire intact

■ (fig.2674;. Il est daté du 22juin 654, expédié deClichy-

j la-Garenne et se trouve en outre olïrir pour nos études

j un intérêt particulier. Par cet acte, le roi Clovis II

I confirme le privilège d'immunité accordé par Landry,

! évêque de Paris, à l'abbaye de Saint-Denis. La

I transcription est celle du recueil de MM. Lauer et

[ Samaran : les lettres abrégées sont en italiques ou

en petites capitales. Les lettres ou les mots dont on ne

' distingue plus que certaines parties ont été imprimés

entre crochets; les lettres ou mots restitués par

conjecture ou d'après d'anciennes transcriptions,

également compris dans les crochets, sont, de plus,

en italique ou en petite capitale ".

(l)(Chrismon)[Benevalete]=».CHLO-DO-VI-US,REX FRANCoRUM, VIris INLvstribvs 1| ("2) Oportit climenciiE princepali, inter c[i]teras peticiones, illud qua> pro sainte adscribetur, vel pro timoré divini nomenis postolatur, placabeli audito suscipere et ad eflectum perducere, ut fiât in mercidc conjunccio.dum pro quietfm servorimi Di'i vel congruencia locis vencrabilebus inpertitur peticio. Igetur dum et onuiipotens Pater, qui dixit de tenebris |1 (3) lumen splendiscerc, per incarnacionis [mjistirium unigeniti fili sui DoHimi noslri Ihesum Xpisti, vel inlustracionem Spirila^ Sancti, in luxit in corda sanclorum Xprisli [a]norum, pro cujus amore et desiderio, inter citerus gloriosos triunipho[s) marlerum, beatus Dionisius. Leutherius et Ruslecus merucrunt palmam victuriœ et coronam percipere gloriosam, ubi per multa tempora in eorimi basilica, in qua requiescere v[ide]ntur |1 (4) non minema miracola Xpistus per ipsos vid[e]tur operare; in quo eciam loco genetores nostri, domnus Dagusro bce htetdomna Nantechildis, vide[nltur requiescere, ut per intercessionem sanclorum illornm, in celesti regno cum onmebus sanc- //[s] mereant particepari et vitam aeternam percipere et quia ab ipsis principebus, vel a citeris priscis regebus vel seciam a Deo timentebus Xii/sHanis hominebus, ipse [s]r/;icfas lociis |1 (5) in rébus propter amorem Dei et vita aet[er|na videtur esse ditatus et nostra Integra devocio et peticio fuit ut apostolicu.s vir, Landericus, Parisiaci aeclcsic Qpiscopus, privilégie ad ipsum sunctimi locum, abbnd vel fratrebus ibidem

paru. — " Si l'on rapproche ce type du l>ene ivil. du n. 2, on voit bien que l'hélice supérieure est sortie d'un b cursif ; quant à l'hélice inférieure, on se rend facilement compte, par exemple, aux n. 14 et 31. qu'elle n'est que la déformation d'un II. — " Lauer, op. cit.. n. 20, précepte de Cliildclieil III: \V. Krben, Urkimdenlelire. p. 158, note 1. — " M. Prou, Préf., p. vu. — ■' Lauer. op. cit., n. 18. — "Écrit en entier une fois seulement, n. 20, Clovis lli, 1»' novembre 691. Toujours on abrège en Dut. — "Ibid.. n. 2 : Slirpitïiaco féliciter in Domino ad ueta.'; patatiuni', n. 3, unnii decemo reijni noslri in Dei nomine Clipiaco leliciler. — " Ibid.,n. 20: Dutiim sub die kalendas novembris... — " Ibid., n. 32 : Dot. quod jicit minsis december dies xnn: n. \h : medio minse seplember. — "La séparation des lignes est indiquée par | et le chiffre de la ligne. — ■' Les mots Bene valcle.en notes tironiennes.

CHARTES

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