III. - il
CHEROUBICON
célébrant, à son tour : Mvy;(r63;'r, Kjp;o; o 0eo; tr,; Upooiaxovta^ <roO èv tti ^a<7:Aï:'a a-jToù x. t. a. *. En pratique, on ajoute à ces formules d'autres, pour le patriarche (chez les unis, pour le pape), le métropolitain, souvent pour les souverains, etc. En Russie, le diacre chante : « Que Dieu le Seigneur se souvienne du pieux souverain, protégé par Dieu, notre grand Seigneur, empereur de toute la Russie, Nicolas, fils d'Alexandre, dans son royaume, toujours, maintenant et dans les siècles des siècles. » Le célébrant prie dans la même forme pour l'impératrice, les princes, etc., enfin, pour les fidèles assistants. A la dernière de ces invocations, le chœur répond Amen, puis continue le chéroubicon à partir de to; tov ^a^f/ia jusqu'à la fin ^ On avait, jusqu'à récemment, coutume d'étendre les malades le long du chemin où passe la procession. Les autres se prosternaient à côté d'eux, pour que les oblats les sanctifient en passant et que le clergé prie pour eux'. Ce n'est que plus tard ' que le célébrant commença à accompagner le diacre dans cette procession. Le chant du citéroubicon est toujours très long, très mélisraatique ^
Le rit byzantin a trois variantes de ce chant. Le jeudi saint, à la liturgie de saint Basile, au lieu du chéroubicon ordinaire on chante : ToO Seinvou iroj toC |xu<my.'3C (jr^[j.ïpov 'jîè 0£O'j y.otvtovbv \it TZJLpi'f.aoz' o-j
fJLTl yôt? "OW ^'/J^Î^OX^ tjO-J 70 [J.-J<TtT^piOV îÎ'tTW. oO çO.Tiîxâ 1701
ûtôiTto y.aôâTïîp 6 'louSaç, à).).' w; 6 Xr^'7-T^^ ôp.o).OYttï (Tot. lJLVY|<76r)Ti (lou K-jpiE Èv Tr; paoïXEia <jo-j. A la même liturgie, le samedi saint, on chante : Sifrioiru îtàaa (jipS êpoTït'a, xal (m;-(i) fjLSTa oô^o-j xai "pôfjLou xa't ji.ï}6£v yr,ïov Èv sa-jfr, }.o'*'.^£ffOw, 6 ";àp ^a^t/sj; twv ^xn'.- XeuovTtov, Xp'.OTÔ; ô 0côç rtP-tiJv, ^polpyîrat ffsaytaaôrivai xa\ ooôîjva'. si; [5pà)<7iv xoïç îi'.dToi;. "j* 7rpor,-i'0'jv7a'. 63 TOÛTO-j oî xopo'; Tfûv àyY-'Xojv [Actà ^i<7r,ç i&X?,; xai ÈÇou-- <rta;. Ta Ko'A-jop.aata xspo'jê'iti xa'i ti UaKTsp-jvj; (rspaçlix Ta; o'iî'.ç xa/.'JTTTOvTa xa'i ^otîjvTa tov -julvov 'AÀXrjXoOta. A la liturgie des présanctifiés, on chante : NCv ai 5uvâjx£i; Ta>v oOpavwv <7'jv t.uïv àopiTto; ÀaTp£yû*j'7Lv- ISo'j yàp £Î(7"ope*j£Tai ô ^a<7:).£'j; Tr,; SôSr,;' i5où îl-jaia îiuoTixT, T£T£/-£;to[isv/; 5opo3opeîTat -^ :iî(rT£i xai ©oôw :ipo<7£X6w^£v "va u.ÉTO/ot ?(or,; a!wvio*j y'.vtijui£Ôa. '.Ay-Av;- "/.oO'.a. Les livres liturgiques appellent tous ces chants également ytç,o-jf,:y.i.
La première allusion au chéroubicon, dans l'homélie d'Eutychius de Constantinople ( 582) : De puschale et S. eucharistia, qui en blâme l'usage, suppose peut-être cette dernière forme (NCv ai 5'jva(i£;;). Il dit : « Ceux-là se trompent qui enseignent au peuple à chanter une hymne pendant que le rit liturgique amène le pain de l'olïrande et le calice qui vient d'être préparé « au saint autel, supposant que le Roi de gloire est porté, et saluant les oblats, quoiqu'ils ne soient aucunement consacrés par l'invocation sacerdotale '. » Ce texte, premier exemple d'une controverse qui a duré bien des siècles, a un autre intérêt en tant que la formule « Roi de gloire » ne se trouve ni dans le (héroubicon usuel, ni dans les deux premières variantes citées, mais bien dans le NOv ai ô-jvàu.;;; de la liturgie des présanctifiés. C'est pourquoi on a supposé que celle-ci est la forme la plus ancienne, employée au conimen-
■ Euchologion. p.bS. — ' Maltzew , Die I.iliirgien derorthkalli. Kirche des Morgenlandes, Berlin, 1S94, p. 72-73. — 3 Cf. SjTneon Thessalon. (7 1430), Expositio de diuino tempîo, p. 76, 77, P. G., t. CI.V, col. 728-729. — ' .\u .xin« ou xiv» siècle ? De Meester, loc. cil., p. 332. Même encore, les hauts dignitaires (évéques, etc.) souvent restent au sanctuaire et reçoivent les oblats (apportés par les prêtres assistants) à la porte royale. — = On trouvera un exemple de mélodie dans J. Rebours, Traité de psnllique, Paris-Leipzig, 1906, p. 156-164. — • T,. .^sfoiîiU »;-:..; --.-cp-.v,. Il - parait donc que la préparation des oblats se faisait encore immédiatement avant la Grande Entrée. — =P. G, t.Lx.xxvi.col. 2400. — 'Cf. Brightman, Eastern lilnrgies, O.xtord, 1896, p. 573.
cément, à toutes les occasions '. En tout cas, on remarquera une protestation contre la vénération des oblats non consacrés, faite, supposant que la date de Cedrenus soit exacte, aussitôt après l'introduction du chéroubicon. La cérémonie de la Grande Entrée, avec son chant, a été adoptée par les liturgies grecques d'Alexandrie et d'Antioche. Elle n'existe pas dans les versions coptes et syriaques, ce qui prouve que c'est une des infiltrations byzantines faites peu à peu chez les orthodoxes d'Egypte et de Syrie, avant le remplacement de leurs rits parla pure liturgie de Constantinople au xiii« siècle '. Dans la liturgie d'Alexandrie, on chante le chéroubicon selon la forme usuelle (Oi twv 7£pojSiu). Ceci est attesté déjà par le codex Rossanensis du xiii" siècle '". Le manuscrit de Messine " donne le chant O! tcAv yspo-^Siu. comme accompagnant la Grande Entrée dans la liturgie grecque d'Antioche ". Plus tard, il fut remplacé par l'alternative ïiyr.^jaTw -iix nift. Les manuscrits de Rossano et la Barberine de Rome ^' donnent les deux. Celui de la Bibliothèque nationale ", imprimé par Brightman '^ et toutes les sources postérieures ne donnent plus que le yiiYr.Tiiio. Le rit arménien, qui n'est qu'une ancienne variante de celui de Byzance. a la Grande Entrée. Le célébrant reste à l'autel, récitant la prière du chéroubicon, le diacre seul apporte les oblats de la prothèse. Pendant la procession, le chœur chante l'i/ag'/o/o^ie ", qui correspond au chéroubicon byzantin. Cette hymne varie selon le jour. Aux grandes fêtes c'est une version arménienne de Oi Tiôv ■/£po'jSiu, les autres jours, on chante un cantique semblable. Brightman donne comme exemple l'hagiologie pour le dimanche des Rameaux, Pentecôte, etc. '".Voici un autre exemple(ponr Pâques) : n Qui ressemble au Seigneur notre Dieu, qui pour nous fut crucifié, enseveli, et, étant ressuscité, fut reconnu par le monde et s'éleva dans la gloire'? Venez, ô peuples, chantons-lui avec les anges, disant : < Saint, saint, u saint êtes-vous, Seigneur notre Dieu '*. »
La cérémonie de la Grande Entrée, les prostrations devant les oblats, surtout les phrases du chéroubicon, qui ont l'air de supposer la présence réelle sous les espèces avant la consécration, ont occasionné de longues controverses qui durent encore. Ce n'est pas simplement une question de grecs et latins. Il y a eu des grecs qui s'en sont scandalisés et beaucoup de latins (par exemple Goar) qui en cherchent une explication correcte. Il est vrai que la plupart des orthodoxes défendent la pratique de leur Église, ainsi qu'on devrait s'y attendre. Pour ce qui regarde les latins, il ne faut pas oublier que nos unis font exactement de même que les schismatiques. Le texte cité d'Eutychius montre que la dilficulté s'est soulevée aussitôt que l'usage du chéroubicon avait commencé. Parmi les opposants, il faut citer en premier lieu .\rcudius, qui dénonce la cérémonie comme. étant idolâtrique '». Parmi les grecs, saint Germain de Constantinople (715-730) se contente de dire que la procession signifie (iuiaivE'.) l'entrée des saints, des anges accompagnant le Christ qui s'approche pour accomplir son sacrifice. » L'hymne chérubique, chantée à ce moment, rappelle à tout le monde d'être plus attentif d'ici jusqu'à la fin du saint
— » Cependant, Renaudot note une procession semblable autrefois chez les coptes, les .\byssins et les jacobites. Liturg.uricitt. collectio.t- i, p. 169-171.— '» .\u Vatican, gr. 1S70. Cf. Batiffol, L'abbaye de Rossano, Paris, 1891. — " Bibl. de rUniversité, gr. 177; Brightman, p. xLix (xi' s.). 11 Swainson. The greek liturgies, Cambridge, 1SS4, p. 240.
— " XVI» ou XVII» siècle. Ms. VI, 10, Brightman, p. L. — " XV» siècle. Suppl. gr. i."6. — " Eastern liturgies, p. 41. — '• Srbasathsouthiun. — ■' /ftid., p. 430-431. — >' On trouvera toutes les formules dans le Tagharan (li\Te de chants) officiel, Constantinople, 1850. Cf. Brightman, p. xcvii. — "De concordia Eccles. occidentalis et orientalis, Paris, 1619,
t. III, c. XIX.
CHÉROUJilCON - CHEVAL
ollicf, d'oublier tout souci pour les clioses terrestres, (Je se préparer à recevoir le grand Roi dans leur communion '. » Syméon de Thessalonique (14S(i) comprend mieux la difTicultc. On se prosterne devant la procession simplement pour implorer les prières des ofTiciants; on honore les espèces parce que.» quoique pas encore sacrifiées, cependant. elles furent dédiées à Dieu à la protlièse; le prêtre les a déjà ollertes à Dieu, il a déjà prié qu'elles soient portées et acceptées à l'autel céleste. » « Ce sont les types du corps et du sang. » 0 Nous n'adorons pas idolâtriquement les dons divins, à Dieu ne plaise 1 mais nous lionorons (Tr,v Tiu./-,-/ àTiovîijou.Ev) les olïrandes présentées à Dieu par prière, quoique pas encore consacrées, parce qu'elles sont sanctifiées par l'entrée, bénies par les très divines prières, étant les antitypes du corps et du sang du Christ, n Et il compare cette vénération relative à celle qu'on donne aux saintes images -. Nicholas Cabasilas, au .\iv" siècle, décrit la Grande Entrée comme elle se faisait de son temps. La procession parcourt toute l'église, très lentement, à cause du peuple. Il distingue fort bien entre la liturgie des présanctifiés, où les oblats sont déjà consacrés et doivent être adorés, et les autres occasions, où on les salue et les honore sans adoration : AOir, lAsv yâp £v Ta-JTV", Tyj zliÔGio a6*jra ïyii Ta ^r.)oa v.a\ O'juw TâTî>.îTu.iva. è/tscvr, o£ T-');'.a y.ot't r^YtaTij-sva zac Tiùij.a ■/.«''. (x'ii.x XpiiTTO'j '. Gabriel Severus (i^sÔTipo;) titulaire de Philadelphie (f 1616. à Venise), consacra un traité entier : KaTi tmv /syovxwv to'j; opOo^oÇo-j; tri; àvaroXf/.-/,; ixx) v^ntaç uîoùç y-axw; 7£ xai 7TaGavo[j.to; Tiotcvv, zùt Tijiàv xa't Ttpooxuverv -za âyia 5wpa. r,v;7.a ù yspo'jêty.oç ■xoi-ai O[j.voç, y.ac ri tïpe'jç stpto'j -aura t'.GnZfjzi eEç to ô"tov 3T,(jia CVenise, 1604), à la défense de cet usage '.
Goar le tient pour innocent en soi. mais dangereux, à moins que le peuple ne soit bien instruit ^. .-X vrai dire, Une semble pas que cette adoration apparente des oblats à la Grande Entrée soit bien surprenante. Ce n'est qu'un cas de plus des dislocations, ou anticipations dramatiques, qui se retrouvent dans tous les rits. Au fond, l'inlention se rapporte à un moment déterminé (dans ce cas, à un moment ultérieur), mais puisque tout ne peut pas s'exprimer au même instant, forcément on sépare les expressions de son intention en les échelonnant à travers l'ofllce. La liturgie arménienne a des cas encore plus surprenants de ces anticipations. De même, dans le rit latin, au baptême et à l'ordination. Et à la messe, nous parlons de /i;cr- inniiaiiiliild hostia à l'olïertoire, longtemps avant la consécration. Cette considération n'explique-t-elle pas également l'épidése'?
Une phrase de la prière du citéroubicon : i^-j i-ip si à ■jipo(795ptov y.a't 7:pû'79£prj!J.£vo; xa't ô'.aot&ô|j.£vo; Xp-TTï ''i Web: r,!/.(.)v", souleva une controverse à Constantinople au xii'' siècle. Un certain diacre et, avec lui, Soterichos Hanteugenos, patriarche élu d'.\ntiochc, s'opposèrent à ces termes, parce que. disaient-ils, le sacrifice est oll'ert, non pas au Christ, mais seulement au l'ère et au Saint-Esprit. L'n synode, tenu en janvier 11.56, sous Luc Chrysoberges de Constantinoi)le (ll.")6-1169), condamna cette nouvelle hérésie el annula l'élection de Soterichos.
nim.ioGHAPUu;. — F. E. Brightman, huslcnt liliir- Hics, Oxford, 18'J6. — J. Goar, Eucltologion xii'c riliiale
i Rerum eccl. cunleniiikilin, P. G, t. xcvm, col. 120-421.
— = Expos, de divino templo, p. 76-77, P. G., t. clv, col. 287- 729. — 'S.liliiryiii' inlerprelaiio,p.2i. P. G, t. cl, col. 420: r.i.v, col. 72S. — « l^Mité par Richard Simon, Fides Ecclesiir orientatis, Parisiis, 1071. — ^ Eucholvjiinj. 2'" édit., ^'enetiis, 1730, p. IKi-lKï. — • liriglilman, Ens/em liliiriUcx, p. :!7,S: dans le ins. Grottafonat r, B, V/ (I.v ou x" siècle), les dernières ïorniiiles sont : iyiwîlw- y.at âvta^ûjjtî-..):, ibid.y p. 318.
— =Thess., v,10;cf.Rom.,xn,t2: xiv,17;etc. — • I Cor., ix, 24; et. 1 Cor., i.v, 54-57. — • Il ïim, iv, 7, S. Celle cila-
l/necorum. 2' édit., Venetiis, 1730. — E. Renaudot, Lilurgiurum orienlalium colledio, 2« édit., Franco- , furti, 1847. — Eutychius Const., De paschate et S. I eucharislid, P. G., t. lxxxvi. — Georgius Cedrenus, Hisloridrum compendiam, P. G., t. cxxi. — Germanus Const.. Rerum ecclesiaslicarum conlemplado, P. G., t. xcviii. — Xicolaus Cabasilas, S. lilurgise inlerpreliitio. P. G., t. CL. — Symeon Thessalon., Exposilio de dioino lernplo. P. G., t. clv. — Petrus Arcudius, De concordia Eccl. occid. et orient., Parisiis, 1619. — Richard Simon, Fides Ecclesiœ orientatis seu Gabrietis Metr. Phitadelpli.opuscula. Parisiis, 1671. — J. M. j Neale, History of tl>e holy eastern Churcti, Londoii, I 1850, t. I. — Steitz, Abendmiitstehre der griecliiscbeii Kirche. dans Jalirbîiclier fiir deutsche Théologie, 186S, p. 682 sq. — P. de .Meester, O. S. B., Les origines et les développements du texte grec de la liturgie de S. Jean Chrysostome, dans Chrysostomika, Roma, 1908, p. 24,ï- 357. — C. Charon, Le rite byzantin et la liturgie chrysosiomienne dans les patriarcats melkiles, ibid., p. 473-718. .\drien Fortescue.
CHEVAL. — I. Symbolisme. II. Lampes. III. Mosaïques. IV. Os. V. Brique estampée. VL Terre cuite. ; VII. Papyrus. VIII. Fresques. IX. Épigraphie. X. Verre. XL Gemme. XII. Bronze. XIII. Haut-relief. XIV. Scènes diverses. XV. Le cheval en .\frique, XVI. En Gaule. XVII. En Ecosse.
I I. Sv.MBOLis.ME. — Toute l'ancienne symbolique chrétienne concourt à nous convaincre qu'une immense et débordante joie était la caractéristique des premières générations. Les noms choisis sonnent clairs et gais: Gaudentius, Gaudiosus, Hilaris, Hilaritas; parfois il y a dans cette joie une petite note claironnante : Victor, Vincentius. Être dans la joie, dans la lutte, dans le triomphe sont trois idées inséparables alors. Saint Paul reconmiande à ses Églises : « Soyez I toujours dans la joie '. » A plus forte raison celte joie s'imposera-t-elle au chrétien à l'heure du grand triomphe. lorsque la mort l'aura mis en possession de l'éternité bienheureuse. La vie a pris fin et aussi le combat, la course vient de s'achever; toutes idées empruntées à la vie antique. Voir Dif/fonn.. t. i, au mot .\tiilète. Pour les figurer, c'est également les images quotidiennes, comprises de tous, qu'on pre- I fère. Saint Paul compare la vie à une course de i cirque où la couronne attend le vainqueur : .Sic currite ut comprehendatis '. et : Bonum certamen certain, fldem servavi. In reliquo reposita est mihi corona iustiliœ quam reddet mihi Dominas in illa die justus jude.r '; et c'est ainsi que les chrétiens sont amenés à représenter le cheval seul ou avec la palme pour figurer cette lutte, cette course, et ce triomphe final. La représentation du cheval est ainsi une des mani- [ festations de ces idées de joie et de victoire dont , témoignent d'autres symboles ">. Lupi dit que ce j sont spécialement les sépultures de martyrs qui j sont ornées de ce symbole et il rapporte la découverte, en 17"26, dans le cimetière de Basilla, d'une fresque représentant des chevaux paissant en liberté ". La sépulture du martyr saint Valentin , évêque de Terni, portait l'image de deux chevaux. Aussi Raoul-Rochette remarque ingénieusement que sur deux monuments les noms de VINCENTIVS et
lion ornera le tombeau de saint Martin à Tours. Cf. E. Le Blanl, Recueil des inscriptions cttréticnnes de la Gaule, t. i, 1 p. 240, n. 170. — "Ibid., t. i, p. 402; A. Lupi,£>is,ttT(a:io;ie soprn i cauutli sovenle scolpili o dipinli negli tuUiclu monumenti crisliani, dans Uisserluzioni, lellerc ed allre opérette, in-4', Faenza, 1783, t. i, p. 257-259. P. Sixlus, Xolioncs arclicologiœ clirisliuiiH', t. n, pari. 2, in-8^, Roma*, 1910, p. 7, dit à propos de ce symbole : tioc (juani rarissime incenilur. — • "Bianchini, .Id .iiuislasium, Prolegom.,t. m, on lit Priscillse pour liusillœ.
CHEVAL
«le VICTOR sont accompagnes des symboles du cheval et de la palme '.
La présence d'un cheval sur des monuments chrétiens n'avait rien de si énigmatique en appa-
C6N5T;^AnTJ
BftRBA,5>^ GfPMAJ^l/^
chevaux portant les noms de BARBARVS (ou BAR- BATVS)et GERMANVS. Dans le cimetière de Saint-
\ 2763. — Épitaphe romaine.
D'après Perret, Les catacombes, t. v. pi. Lxxni, n. 10.
rence qu'on ne pût y découvrir une allusion à la profession du défunt, cocher, muletier, courrier, maquignon, etc. '. C'est, en effet, un sens très naturel et qui, dans certains cas, peut être le véritable, comme c'est le cas pour une pierre cèmétériale encastrée dans le cortile du palazzo Guglielmi à Rome '
2764. — Cbeval. Dalle au cimetière de Sainte-.\gnês. D'après le Bulletin d'archéologie, 1873, pi. XI, n. 2.
Alexandre, sur la voie Xomentana (voir Dictionn., t. I, col. 1092), on voit une représentation analogue peinte sur un loculus; enfin, et c'est probablement
2765. — Cheval avec cbiisme. Épitaphe de ThaiTos. D'après Bulletlino di arcli. crist., 1873, pi. xi.
(fig. 2763). On y voit un homme vêtu de la pxnula et nommé CONSTANTIus et, à sa gauche, deux
' Raoul Rochette, ^lémoires sur les antiquités chrétiennes, dans les litémoires de VAcadémie des inscriptions, t. xin, p. 231. — ' Spano, Scoperte archeologiche /attesi in Snrdegna in tutto ranno 1S73, in-S", Cagliari, 1S73, p. 39. —
la plus excellente de toutes les représentations chevalines sur les monuments clirétiens, une pierre du
' « Edita dal Blondi nel volume dei monumenti Amaranziani, » De Rossi, Bulletlino di archeologia cristiana, 1873, p. 135; L. Perret, Les catacombes de Rome, in-Iol., Paris. 1855, t. V, pi. Lxxni, n. 10
CHEVAL
cimetière de Saint-Agnès (voir Diclionn., t. i, col. OIS), simple fragment de la tablette d'un /oai/i!s'(ng- 2764). Par contre, le sens qui donne au clieval sa valeur symbolique est bien marqué par l'èpitaphe d'un chrétien qui fut cursor et dont l'éloge nous dit : QVI CVCVRRIT OPERE MAXIME; voici un fidèle qui avait pratiqué la maxime de l'apôtre et dont la vie s'était écoulée dans les bonnes œuvres et l'accomplissement des préceptes. Une épitaphe trouvée en Sardaigne (fig. 27fi.ô), à Tliarros, et tracée sur un disque de O^VO de diamètre mentionne ceci : Spirilo requiescenli carissimi amiconim omnium pr(a)eslatori bono paiiperum mandalis serriens (ou servientis) vil(a)e in onmibus Chrisli. Clcmenlia benc ctmjuge (ou conjux) libi de mets [Icci]. Bixsil an{n)is LXV mensibus III, dirhus XII ; recessit in pace -. Un cheval marqué du chrisme. Ce défunt, dont on ne nous dit pas le nom, a été un véritable serviteur du Christ, m<//j(ta//sseri'i>ns uilse in omnibus Chrisli; aussi il s'avance courant, marqué de l'estampille de son
27G6. — Cheval sur une lampe africaine. D'après Ballet, di archeol. crisr., 1891. pi. i.
maître, non vers la palme de la victoire, mais vers le symbole du Clirist lui-même.
Il suffira de mentionner quelques interprétations symboliques des Pères qui s'écartent complètement de l'explication primitive. Pour saint .\ugustin, le clieval lève haut la tête pour exprimer l'orgueil '; saint Jérôme prétend que equi slalim ut mulicres uiderint, adhinniunt •, et saint Grégoire découvre que l'Écriture symbolise par le cheval la luxure, l'orgueil, le monde, les bonnes intentions et les bons prédicateurs ^
II. Lampes. — Une nombreuse série de lampes en terre cuite à Carthage offre la représentation d'un cheval (lig. "2760); ces empreintes sont généralement fort grossières et comme particularités relatives à la race et au harnachement, la technique de ces petits objets ne nous apprend rien qui vaille ^ pas plus d'ailleurs qu'une lampe de la catacombe Fiihrer à Syracuse', une lampe de la collection du Campo Sanlo tedesco à Rome qui montre le cheval avec un cavalier;
' De Hossi, Bull, di archeol. crist., 1873, p. 133; .AmicUini, // cimitero di S. Agnese siilla via Somenlana, Ronia, ISSU. p. 20G, pi. XIV, n. 1, en marge de l'épitaphe de Mclior, du m' siècle. — "De Rossi, Bull, di arch. crisl., 1873, p. i:;-)- 131, pi. XI, n. 1. — » S. Augustin, Enarra/. in psalm. (:.\l\i, 111, P. I.., t. XXXVII, col. 1912. Cf. lùiarrat. in psalm. .v.v.v;, 22; m psalm. .vvv;/, 24; P. L., t. xxxvi, col. 272, 297. — « S. Jérôme, .idverstts Joi'inianum, I. II, c. xx.wii, P. 1... t. XXIII, col. 336. — ' S. Grégoire, Moralia in Job, 1. XXXI. c. XXIV, P. L., t. i.xxvi, col. 596. Enfin S. Basile, llomilia in psalm. \vv/;, 17, P. G., t. xxxii, col. 346, dit que les saints ne font pas usage du cheval, qu'on réserve à Scnnacherib, à Pharaon, qui s'en trouvent d'ailleurs assez mal. — • Delattre, Lampes cliréliennes de Cartilage, dans Revue de Vart elirétien, 1891, IV' série, t. Il, p. 39, n. 97-118. —
l'animal porte une marque crucifère sur la cuisse » (fig. '2767).
III. Mos.ViQUES. — ■ Une tombe en mosa'ique de Thabraca, recouvrant les restes de LoUianus, offre un cheval passant; la grossièreté de ces mosa'iques ne permet pas d'espérer ici un dessin passable '. Voir Didionn., t. i, col. 718, fig. 1.54. Plusieurs mosaïques africaines, trouvées à Cherchel, à l'Oued Atmenia, à Sousse. dans l'ile de Méiiinx, représentent des chevaux de course accompagnés de leurs noms ">. On sait combien les chevaux de N'umidie étaient estimés
■2Tt'.7. — Cheval avec cav;ilier.
D'après BHuiische Quartalsclirift, 1898, I. xn, pi. viii.
dans l'antiquité. Ces monuments n'ont rien de spécifiquement chrétien.
IV. Os. — • Probablement un jouet d'enfant trouvé dans la catacombe de Saint-Sébastien et dont il ne reste que la tête et le corps, sans les jambes (fig. 2768).
V. Brique est.\jipéf.. — Provenant de Sfax (= Taparura): le fond du champ est refoulé et comme estampé av.mt cuisson sur la galette de terre cuite". L'original est entré dans les collections du Louvre.
VI. Terre cuite. — Une jolie tête de cheval provient de Kôm Eschkaw en Egypte ; elle peut dater des
' P. Orsi, La cataeomba di Fiilirer net predio .4rforno- .4uo;io in Siracusa, dans Rômisclw Quartalschri/t, 1S9.Ï, t. IX, p. 477, n. VI. — • .\. do Waal, Kleincre Miltheilungen, dans Rômische Quarlalschrift, 1S98, t. .vu, p. 399, pi. vm. C'est probablement la lanii)e signalée par E. Le Blant, Souv. rec. des inscr. de la Gaule, 1S92, p. 204, note 2. Enfin, J.-B. De Rossi, Bull, di arch. crisl., 1891, pi. i, p. 17, a publié une belle lampe aTric.Tine avec le cheval timbré sur la cuisse de la croix gammée (fig. 2766). — • R. de la Blancliére. Tombes en mosaïque de Thabraca, in-S", Paris, 1S97, pi. H, n. 12. — '" S.Gsell, Ruines romaines au nord de VAurès, dans Met. d'arch. et d'hist., 1894, p. 58.— " H. de Villefosse Brique antique trouvée ri S/a.r, dans Bulletin de la .Soc. nal. des antiq. de France, 1884, t. XLV, p. 170-173; Revue archéologique, 18.88, p. 311, fig. 32; Didionn., t. Ii, col. 2183.
C>^EVAL
environs de l'an 600. Cette pièce est entrée au musée du Caire '.
VII. Papyrus. — Papyrus orné de peintures servant d'illustrations à une Chronique '. Voir ce mot.
VIII. Fresques. — Les catacombes sont particulièrement pauvres en fait d'images de chevaux. Au cimetière de Calliste, une fresque (fig. 2769) dans une lunette d'arcosolium montre deux chevaux de taille
'2TL18. — Jouet eii us icipit;>eijtint nu ciieval. D'nprès L. Perret, Les catacombes de Rome, t. iv. [.l. vni. n.3.
dilTérente dessinés avec quelque souci d'observation; c'est probablement une jument et son poulain, celuici disposé à folâtrer, qu'on a voulu représenter '. Au cimetière des Saints-Pierre-et-Marcellin, une tête de cheval, informel Au cimetière de Domitille. une des fresques du cubiculo do l'annone Cvoir ce niol'i
2769. — Jument et ;^on poulain. Peinture au cimetière
de Calliste.
D'après Wilpeil. T.e piUure délie catacombe, pi. 136, n. 1.
montre un cheval assez correctement dessine ' (fis. 2770).
IX. Épigrapiiie. — C'est l'épigraphie qui nous offre la moisson la plus abondante de monuments portant le symbole du cheval. A Arles, un fragment découvert en 1863 par H. Revoit dans les fouilles pra-
' .1. Strzygowski, Koptische Kunst, in-fol., Wien, 1904, p. 246, n. 7134, fig. 301 : H. Leclercq, .A/nniie/ d'archéol. chrét., 1907, t. Il, p. 541, fig. 361. — = J. Strzygowski, Eine alexandrinische ^Ve^lchronik, dans Denkschri/len der Kaiserl. Akad. der Wissensch., Philos, liist. Classe, 1906, t. Li. — ■ .1. Wilpert, Le pillure délie catacombe romane, in-fol., Roma, 1903, pi. 136, ni. — •/6irf.,pl. 136, n. 2; voir aussi pi. 139, n. 2. — ^ Ihid., pi. 195, n. 1; cf. Uirtionji , 1. 1, col. 2274, fig. 775. — s E. Le Blant, Souveau reciteil des inscriptions chrétiennes de la Gaule antérieures au vin" siècle, in-4», Paris, 1892, p. 203, n. 203. — ' Schmidt, Die Kirche des heil Paulinus, in-S», Trier, 1853, p. 385; E. Le Blant, Recueil des inscript, chrét. de la Gaule, in-4">, Paris, 1856,
tiquées au théâtre antique. Au-dessous de quelques caractères sans suite, on voit une colombe tenant une palme dans son bec. A droite, le monogramme duChrist ;plusbas,ce même monogramme inscrit dans une couronne près de laquelle est gravée l'image d'un cheval courant vers une palme. C'est le symbole de victoire bien connu. L'animal semble timbré d'un signe sur la cuisse « (fig. 2771).
A Trêves, une inscription tracée sur une table de marbre encastrée dans une pierre calcaire a été trouvée à Saint-Matthias. L^ne simple inspection de la pierre montre que le lapidaire avait commis une erreur en gravant le nom de Germanio: il a donc enlevé la surface du marbre et tracé sa correction dans une sorte de rainure. La formule pro caritaiem est ca-
2770. — Cavalier. Peinture au cimetière de Domitille. D'après Wilpert, Le pitture délie catacombe, pi. 195. n. 1.
ractéristique de la résion rhénane. Trêves. Mavence ' (fig. 2772) :