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AIGO

2759. — Sarcophage à Chercliel. D'après Ravoisié, Exploration scientifique de l'Algérie, Beaux-Arts, t. ni. pi. 44, fig

donc été détruit, peut-être au cours d'une persécution. L'Église tint à honneur de le rétablir, en l'accompagnant d'une dédicace. Le synd)ole de l'a et d.' l'o) n'apparaissant pas sur les monuments chrétiens avatit le IV siècle, notre inscription ne doit pas être antérieure à l'ère de paix inaugurée par Constantin. Mais la donation de Severianus est plus ancienne.

L'autre inscription ', contemporaine de la précédente, à en juger par le type de la gravure, mentionne un acciibiloriiim.oii étaient ensevelis quatre chrétiens, entre autres la mère d'un prêtre, Victor, qui, dit-il, Imnc lociim ciinctis lratrib{tis) fcci.

Quelques fouilles ont été faites en ce lieu, sur l'ordre ducardinalLavigerie ^ On y aurait retrouvé des restes de murs, enfermant un espace de 30 mètres de long sur 1.5 de large, et, au milieu de cet enclos, deux édicules voûtés, l'un de 2 mètres de côté, l'autre plus petit ; mais il est très douteux que ces constructions aient ilé

■ De Rossi il fait observer que le titre clarissimus vir. indiquant des honneurs mondains, n'aurait pas été donné à un martyr. Mais cette objection tombe, si l'on admet que

le liliiliis primitif a été gravé du vivant de Severianus.

• M. Monceaux ne compte que cinq vers. Selon lui, le poème s'arrête à Spirilii. — J Pour M Monceaux, le litultis est le poème d'.-Vstcrius. — « Voir Dictionn., t. i, col. 2798, fig. 943; Corp. inscr. lat., t. viir, n. 9580: Doublet, Musée d'Alger, pi. ii, Fig 4. Pla<nie do marbre, mesurant (•"40

Peut-être s'agit-il, non d'un simple lidèle, mais de l'apôtre '.

VIII. Sculpture. — La sculpture est représentée par quelques sarcophages en marbre. L'un d'eux, aujourd'hui très mutilé, est conservé au musée de Cherchel; c'est celui qui a été trouvé dans la propriété Durand. La face antérieure offre une couronne, qui contient une épitaphe ' et que flanquent des cannelures :

TOPI DEI CONSeCVTVS EST d\E NON • DECEMB ■ QVIIIIE EX DIE CONSECVTIONIS IN SAECVLO FVIT AD VSQVE VII • IDVS DECEMdR • ET DECES SIT ^ VII

D I ONIVX

TTNON

NISI IPSIVS

sur 0»33. — >Voir Gsell, Mon. anliinics. i ii, p. 397-400. — «Corp. insc. lai, t. vin, n. 9587-959,') (9.593 = 20959; 9594 add. à la p. 974), 21420-21438. L'inscription 9593 est tracée sur une mosaïque. — ' Corp. in.srr. lai., t. viii, n. 9589. — ' ihi'd.n. 9590. Cf. Monceaux, Enquête sur répigraphie chrétienne d'Afrique, dans les Mémoires de CAcad. des inscriptions, t. xii, 1" part., p.311,n. 324. — • Corp. inscr. lat., t. viii, n. 9592. Cette inscription parait indiquer que le personnage reful le baptême deux jours avant de mourir.

CHERCIIEL

Sur l'une des faces latérales, on voit une image grossière du Bon Pasteur, tenant une breljis sur ses épaules, accompagné de deux autres brebis et flanqué de deux arbres ' (fig. 2759). — Un couvercle, recueilli dans la propriété Kaddour (voir plus haut) et donné au Louvre par M. Peytel, nous montre deux Amours ailés, soutenant un médaillon, qui est resté vide; à gauche, l'adoration des mages; à droite, les trois Hébreux dans la fournaise ^ Il parait dater du iv= siècle (fig. 27()0). — C'est aussi au Louvre qu'est conservé un autre couvercle, mutilé, rapporté par Ravoisio en 1845. Il est probablement de la même

deux petits fragments de sarcophages, de style chrétien : on voit, sur l'un, le haut de deux hommes drapés; sur l'autre, trois têtes, très frustes. — Un petit basrelief, envoyé au musée Lavigerie, à Carthage, représente leBon Pasteur, portant la brebis sur ses épaules et tenant un vase à lait ; cette figure grossière et en mauvais état est entourée d'un cadre à sommet cintré : je ne crois pas qu'elle ait appartenu à un sarcophage '.

Sur un disque en marbre, découvert dans la propriété Kaddour, sont sculptés, à léger relief, deux personnages de face, se tenant par une main et faisant de l'autre le geste de la prière; ils sont flanqués de

2760. — Sarcophage de Cherchel. Musûe du Louvre.

époque que le précédent. Les sujets représentés sont, de gauche à droite, les trois Hébreux dans la fournaise (il n'en reste plus que deux); deux Amours ailés, soutenant un cartouche quadrangulaire, qui est dépourvu d'inscription; deux autres Amours, tenant une draperie en arrière du buste de la morte, presque entièrement détruit ^ — Un fragment du Louvre, rapporté également par Ravoisié, a aussi appartenu à un couvercle, peut-Ctre à ce même couvercle. Eve, nue, est debout devant l'arbre, qu'enlace le serpent; derrière elle, s'avance Dieu le Père, tenant de la main gauche un objet qui semble être un vohimen et faisant,

l'a et de \'w '. Cet objet était peut-être une patène. IX. L.\MPEs. — On trouve souvent, à Cherchel et dans la région environnante, des lampes en terre jaunâtre ou grisâtre, qui ont dû être fabriquées à Csesarea. Le pourtour du disque porte des inscriptions tracées en relief à l'aide de timbres : Emile lucernas colalas ab fisse ; — Emile lucernas eolalas, icônes ; — Lueernas a\b] ass{e) cne (pour eme); — Lucernas colalas de oficina Donali; — Lucernas colalas de op{ei)na ass(e) eni (pour emile) ; etc. '. Sur une de ces lampes ', un chrisme, de la forme constantinienne, accompagne l'inscription Qui feceril vival el q{ui) emeril. Sur le

27G1. — Sarcophage de Cherchel. Musée du Louvre.

de l'autre niai:% un geste d'avertissement ■ (fig. 2761). Ces diverses sculptures sont d'un art lourd et assez gauche. — Ravoisié a aussi rapporté au Louvre un fragment qui est sans doute chrétien et qui paraît provenir de Cherchel. H représente, entre deux colonnes (l'une cannelée, l'autre torse), deux personnages vêtus d'une tunique et d'un manteau; l'un tient un volumen : ce sont peut-être des apôtres. Les têtes manquent '. — Notons encore, au musée de Cherchel,

ï Ravoisié, Ii.rpA»ra/fon, t. m, pi. 44, fig. i et ii:\Vaiile, dans Rev. a/ric, 1002, t. xi.vi, p. lS-19, pi. vi; ibid., 1904, t.xLViiï, p. 70; Monceaux, dans Bull, des anliqiiaires, 1902, p. 329. — "Waille, dans Bévue cirché(dugique, 1890, 1. 1, p. 214- 216 et fig. ; .-Vudollent, dans Mélanges de r École de Rome, 1890, t. X, p. 405-407 et fig.; Kraus, GeschicMe der chrisllichen Kunst, in-S», Frciburg, 1890, t. i, p. 151, fig. 96. — • Calalogue sommaire des marbres antiques du Louvre, n. 3008. Cf. un couvercle à peu prés semblable dans Garrucci, S(or. delVarle crist., t. v, pi. 384, fig. 1. — •Catalogue, n. 3009; Ravoisié, op. cit., t. m, pi 44, fig. m. — s Calalogue, n. 3007. — • Selon M. Gauckler, Musée de Clierchel, p. 40, ce bas-relief a été trouvé dans la propriété Kaddour.

fond d'une autre lampe, qui parait bien sortir de la même falirique, on a gravé à la pointe ini chrisme et l'inscription Eme bono lu. ./nr; ", qu'il faut peut-être interpréter" Eme boniim lutelurium (achète une bonne « veilleuse »)'=. Ces objets appartiennent donc à l'époque chrétienne : je pense qu'ils datent du i\' siècle.

X. St.\tuette. — L'une des inscriptions citées recommande aux acheteurs, outre les lucernx, des icônes, c'est-â-dire probablement des figurines. L^ne

— 'Schmitter, dans Bull épîgraphique, t. i\ . p. 234; Thédcnat, dans Bull, des antiquaires, 1885, p. 242; Gauckler, op. cit., p. 36. — ^ Gauckler, op. cit., p. 71-72; Corp. inscr. lat., t. VIII, p. 2211-2212. — 'Corp. inscr. lai, t. viii. n. 22642 (17), trouvée à .\rbal, dans le département d'Oran.

— "Corp. inscr. lai., t. viii, n. 22643 (1). — "Cf. Waille, dans Bull.archéol.dn comité, 1893, p. 134. — »> Vi\e inscription, gravée sur une autre lampe {Corp. inscr. /a/., 22643, 2), pourrait être aussi chrétienne, si l'on admet la lecture et l'interprétation de Waillc, dans Bull arcli. du Comité, 1895, p. 59 : Oonalo cor magistro vita(e). Il ne serait pas impossible de lire : Donas cor. Cette lampe est au musée d'.\lger.

CIIERCHEL

CITEROLBICON

statuette en terre cuite, découverte à Chcrchel, représente une Vierge nimbée, assise et tenant l'enfant Jésus; sur le dos du siège, un chrisme constantinien est tracé à la pointe ' (fig. 2702). Il n'est pas sûr d'ailleurs que cette image ait été fabriquée à Cœsarea: on a recueilli à Carthage des figurines assez analogues, qui se rattachent peut-être, par une filiation lointaine, à des groupes d'Isis et d'Horus.

XI. Menus objets. — Parmi les menus objets chrétiens,nous signalerons de nombreux fragments de plats rouges, dont la décoration consiste en motifs estampés en creux : palmes, rosaces, cœurs, croix latines ou grecques, poissons, colombes, personnage tenant une fleur dans chaque main, personnage tenant un grande croix, etc. -. Ravoisié ^ reproduit deux de ces plats, où l'on voit une croix, flanquée soit d'oiseaux, soit de

27tî2, — statuette en terre cuite.

D'après P. Gauckler, Musée de Cherchel. p. 78.

moutons. Cette vaisselle à bon marché, qui date probablement de l'époque byzantine, abonde dans les ruines de Carthage * et se retrouve dans d'autres lieux d'Afrique ' : rien ne prouve que Cœsarea ait été un •des centres de fabrication.

Une bague de bronze porte le souhait : Arxile, in Deo viims ! précédé d'un monogramme constantinien^; un manche en ivoire, une inscription analogue : In Deo vivas ' !

Stéphane Gsell.

CHEROUBICON (/spo'jor/.bv, ■/epo'jéixo; 'j[xvo:), chant qui accompagne la procession des oblats à la «Grande Entrée» (ii.z-;7.l-n daoio;)) de la liturgie byzantine. Voici le texte : 0! xà x^P'J'jêi.u. irjaTixMÇ sixwviîovTî; y.a; ta, ^MoroKÔ TpiiS; tbv Tpt<Tc(-fiov \j(ri'j'i -poniôo'/Tî;, TtSiav Tr|V fl'WTizr;-/ i7:o6oj!Ji£6a nÉpiiivav f di; xbv [3«or/£a T<5v o),wv ûito5£5ip.£voi Taî; àYi'E/cxotî; iopâxw;

' Gauckler, op. cit., p. 78-79 et fig. Des fragments de statuettes semblables ont été trouvés ù Cherchel. Héron de Villefosse, dans Bull. archM. du Comité, 1891, p. 157. Musée d'.\lger : tète; bas de statuette, avec le chrisme. — • Gauckler, dans Bull, archéol. du Coinilé, 1892, p. 118- 119; Waille, dans Rev a/ric, 1902, t. xlvi, p. 37-38. Musée d'Alger. — » Exploration, t. m, pi. 41, fig. vii-ix. — « Voir, par ex., Delattre, Musée Lauigerie, p. 19, pi. xi. — ' Cf., d'une manière générale, H. Leclercc], Manuel d'archéologie cla-étienne, t. il, p. 530 sq. — • Corp. insrr. /«/., t. vin, p. 2277, n. 22653 (8) — ' Muséed' Alger (touilles de Waillc).

DICT. D'ARCH. CHRÉT

ôopvfofoJ|j,£v'/v -ili'î:-/. i>.>,7|/,'>'jiot. C'est une addition au rit faite au vi» siècle; ainsi le manuscrit Barberini cité par Goar ne connaît ni le chant ni la prière du chéroubicon récitée par le célébrant '. En effet, à la première étape du développement de la liturgie byzantine, la procession de la Grande Entrée n'existait pas encore. Cette procession suppose la préparation des ofirandes à la prothèse (TTooT/.oii'.ôr,) avant le commencement de la liturgie des catéchumènes. Or, la ProsA'omH/en'aété introduite qu'après la disparition du catéchuménat. .\vant cela, les fidèles apportaient leurs offrandes au moment de l'offertoire, après le renvoi des catéchumènes, les diacres les recevaient et toute la préparation, se confondant avec l'offertoire, se faisait alors '. Donc, aucune procession de la prothèse à l'autel. Ce ne fut que peu à peu, après que la disparition de la classe des catéchumènes et des pénitents acheva d'effacer la distinction entre les deux parties de la liturgie, que la préparation des oblats, devenue alors une interruption dérangeant la suite continue du rit, fut remise au commencement. Ainsi, la procession des oblats préparés d'avance prit la place de l'ancienne offrande'". Le chant du chéroubicon, qui rehausse la splendeur de cette procession, de même que les rlupidia, les flambeaux, etc., a dû être introduit bientôt après. Georges Gedrenus donne comme date le règne de Justin II (.56.5-578) : « Il ordonna qu'on chante l'hymne chéroubique". » Les auteurs plus récents ne font que répéter la même notice. On ne connaît pas l'auteur de rh\inne. Neale observe avec raison que c'est la moins belle des quatre hymnes liturgiques du rit byzantin'-.

Le chœur commence le chant du chéroubicon avant que le célébrant ne quitte l'autel pour se rendre à la prothèse avec les ministres. Il le continue (très lentement) " jusqu'aux mots : àTi'/JwacOï aif luvav. Pendant ce temps, le célébrant à l'autel récite à voix basse la magnifique '< prière du chéroubicon" (îOyr, toO y^^ç^^'^è'.y.o-j ■jj/.vo-j), qui commence : 0-Jî=U iSto; -mv cuvôe- E£p.ÉVMVTa:: Taf.v.'.v.a;; iv.t'i-jii.ia.'.i xai T,ô'>''ï-î T:?o'jép/iT- Hx: ■/.. T. >.. C'est une longue prière, bien supérieure au chant, qui doit dater d'environ la même époque ".

Alors lui et le diacre répètent le chéroubicon à voix basse; le célébrant encense l'autel, le sanctuaire, les images et le peuple. Puis, la procession va chercher les oblats à la prothèse. En y allant, l'on dit queL;Ues tropaires "tant que l'on veut'^ > Ils reviennent, apportant, le diacre la patène, le célébrant le calice. En théorie, le chœur devrait continuer le chant du chéroubicon dès que la procession est en vue. Cependant, à ce point, il y a une interruption considérable. Autrefois, au moment de recevoir les offrandes des fidèles, on priait pour eux. Cette idée de faire une petite intercession, plus ou moins générale, à ce moment, s'est maintenue. La ferme varie dans les dilïérentes églises. L'£uc/jolorjion orthodoxe donne trois prières. En traversant l'église, le célébrant et le diacre chantent plusieurs fois : TZïvtovj T,ii.C,y/ ]j,vr,<r'n;r, K-Jpio; i Heoî Iv t/, fi»'7i- ).e;a aÙTo-J' vjv /.ïi iù xsti î't; '0\ii ïiwva; Twv ai(ovt.)V. A l'entrée de la porte royale du sanctuaire, le diacre prie pour le célébrant : -MvriuOeîri Ivjpto; 6 0£Ô; tt;

issdjo'-vr,; GO'j

[ia.'jùv.i a'jTo-j x.

Puis,

«Goar, Euchologion, 2' édit., Venetiis, 1730, p. 113,

n. 109;Brightman,Kas/fr;i;i(Hrgics, Oxford, 1896, p. 318; P. de Meester, Origines du texte grec de la liturgie de S. Jean Chrys., dans Chrijsoslomika, in-8°, Rome, 1908, p. 261, n. 1. — •Ct.de Meester, /oc. cit., p. 302-MU. — " Ihid.,p. 301.

11 ■i.;-^-.„5, s; Wi.,.1'7'11^: x'A -; /!-,-. jï!-..;.: >».o;. llistoriarum

compendium, P. G., t. cxxi. col. 748.— " Scil. : Monogenes, Trisagion, Chéroubicon, Sanctus. Ilist. of the Itoly eastern Clnirch, t. i, p. 372. — >' Les mélodies sont longues et très fleuries : voir plus bas. — "Euchologion, éd. de Venise, 1898, p. 57. 15 jhid., p. 58. Quelquefois, ils récitent le Miserere.

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