XL . L • FAB • CIL • M ■ ANN • LIB ■ COS
Enfin, cette dernière conservée au musée du Capitole ' :
DMA ■ SACRVM ■ XL > LEOPARDVM • IN ■ PACEM #
CVM ■ SPIRITA ■ SANCTA • ACCEP TVIVl ■ EVIM ■ HABEATIS • INNOCENTEM 5 POSVER -PAR • Q-V-ANN-VII-IVIENVIJ
Les deux premières inscriptions mentionnent les consulats des années 107 et 2o4. P. E. Visconti en a fait la base d'un travail dans lequel il espérait démontrer que les mentions numérales qui se lisent sur certaines épitaphes des catacombes marquaient le nombre de corps ensevelis derrière la dalle portant cette mention. II appuyait sa démonstration d'une curieuse citation du poète Prudence, un familier des catacombes au iv^ siècle ' :
Innumeros cineres simctorum Romula in urbe,
Vidimus, o Chrisli Vdleriane sacer.
Incisos liimuUs liliths^ et singiila quœris
Xomina, difficile est ut repticare queam. Tantos iiistonini jxtpiilos fiiror impiiis Iiausil,
Qiium coleret ptilrios Troja Roma deos.
Pliirima lillenilis signata seputcra Icqmmtiir,
Martyi-is aut nnmen, aut epigramma aliquod. Sitnt cl nudta Iwnen Incitas claiidentia iiimbas
Marmara qaa' soliim significant niimerum. Qwmta virum faceani congestis corpora accrois
Scire licet quorum uomina uulla îegas.
Sexuginta iltic defossa mole sut una
Relliquias memini me didicisse hominum Quorum solus liabel comperta vocabula Chrislus.
II semblait difTicile d'apporter un texte plus expli- ■cite et plus satisfaisant; on se tint donc généralement pour satisfait =. Cependant les deux inscriptions des années 107 et 204 ne se trouvent pas expliquées, car d'autres tiluli qui en ont été rapprochés ou bien sont faux ou bien comportent une explication très différente de celle qui en avait été donnée. Si le loculus de l'inscription de l'an 107 est entaillé dans la paroi d'un ambulacre, ainsi que le sont ordinairement les tombes munies d'une inscription tracée sur la chaux =, on ne
' Boldetti, Osseruazioni sopra i cimiteri crisliani, in-fol., Roma, 1720, p. 79, 436; Muratori, \oii. thés, vêler, inscript., p. r.r.cxvii, n. 2; Lupi, Opérette, 1785, t. i, p. 66; Settele, Atti delta pontif. accad. di (o-cheol, t. ii, p. 58;RœsteU, Beschreibungdcr .Sladl Rom, 1. 1, p. 371 ; P.-E. Visconti, Sposizione d'cdcunc anticite i.<:cri:ioni cristiime, dans Dissertaxioni dell'Accad. romana di archcologia, t. ii, p. 612; De Rossi, Inscripliones chrisliamc iirhis Romœ, 1861, t. i, p. 3, n- -■ — 'Boldetti, op. cit, p. 83; Jluratori, op. cit., t. i, p. 350, n. 1; De Rossi, op. cit., t. i, p. 8, n. 4. — » Fabretti, Inscript, anliquar., quœ in œdibus paternis asservantur, expUcatio. in-fol,, Roma, 1702, p. 574, n. 61. — > Prudence, Péri Slephmôn, hym. xi, 1-15, P. L., t. lx, col. 530 sq. — ' ' Raoul Rochette, Mémoires sur les antiquités chrétiennes, dans les Mémoires de l'Acad. des inscripl., 1837, t. xiii, p. 183; X. Wiseman, Tmelf lectures on the conncrion belween science and reveated religion, in- 8», London, 1853, t. ii,
s'explique pas la possibilité de pratiquer le forage nécessaire au logement de trente cadavres, alors que la capacité des plus grands loculi ne dépasse pas quatre cadavres. On peut, sans doute, invoquer cette raison que c'étaient trente martyrs condamnés au feu et dont il ne restait que peu de chose '. Mais on n'en sait rien.
Tout d'abord il faudrait pouvoir dire ce que Boldetti n'a pas jugé bonde faire, si la chaux du loculus en question était intacte ou du moins si l'inscription telle que Boldetti l'a transcrite est entière, si le début, pour une raison quelconque, n'avait pas disparu. Dès lors, il est bien clair que le nom du défunt et son âge pouvaient s'y trouver tracés sous la forme concise alors en usage; on complète assez facilement la formule avec quelque diose dans ce genre : Titus (Iccessit an N.XXX, etc.
L'inscription de l'année 204 est dans un cas analogue. C'est encore une fois une inscription tracée sur le plâtre, c'est-à-dire dont on ne saurait dire si elle nous a été intégralement transmise. Ce nombre XL que ne précède même pas la lettre N, on ne peut cependant pas lui faire dire tout ce qui passera en tête, .\mati y découvre un classement des loculi, d'autres ne sont guère mieux inspirés quand ils interprètent du nombre de dix cad;ivres ou plus le chiffre lu sur la chaux des tombes à peine suffisantes pour contenir un seul défunt, par exemple au cimetière de Sainfe-Agnès où le Zociid/s d'un petit enfant est pourvu du chiffre LIX. En définitive, nous avons dans notre inscription un chiffre suivi de la mention des consuls de l'an 204. Lucius Fabius Cilo et Marcus Annius Libo.
Enfin l'inscription de Léopardus avec son chiffre XL a défié jusqu'ici tout essai d'interprétation. .\mati l'interprète ainsi : Dis manibus sacrum et le numéro de la tombe.
D'autres exemples ont été apportés par Visconti qui seraient irréfutables s'ils n'étaient apocryphes. C'est le cas pour une pierre publiée par Boldetti qui avait cependant assez de richesses de bon aloi entre les mains pour ne pas se laisser tenter par ces rébus*.