‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 262 sur 303 · INSCRIPTION SYRO-CHINOISE DE SI-NGNAN-FOU · texte numérisé non relu

INSCRIPTION SYRO-CHINOISE DE SI-NGNAN-FOU

Irap G. IVl^rqne

CHINE

■nos pères auprès du roi des Chinois. :) Koumdan est Je nom que les écrivains arabes et syriens donnent à Si-ngan-fou 1. Le fils du chorévêque, le diacre Adam, est ensuite mentionné.

XX. Le reviseur. — Après la mention du chor- ■évêque Mar-Serghis, nous lisons eu chinois celle-ci : « le reviseur et correcteur ayant concouru à l'érection de la pierre monumentale, le moine Hing- Thoung. »

XXL Tr.^^duction". — Nous empruntons la traduction de l'inscription au P. H. Havret. La mort n'a pas permis à ce savant religieux de conduire jusqu'au bout Ja traduction française qui ne s'étend que jusqu'à l'arrivée d'Olopen. A partir de cet endroit, force nous sera ■donc de citer la traduction latine.

En-lêle. — Monument (rappelant) la propagation à travers l'empire du Milieu de l'illustre religion de Ta-t sin.

Titre. — Éloge et dissertation (gravés sur la) stèle (rappelant la) propagation de l'illustre religion dans remjjire du Milieu.

Rédacleiir. — Composé par King-tsing, prêtre du monastère des grands Ts in.

Dieu. — En vérité, immuable en son mode ot souverainement paisible, devançant toute origine, lui-même ■sans principe; inaccessible et pur esprit, survivant à toute fin, dans son admirable essence. Détenant en ses mains une mystérieuse puissance, et auteur de la création; admirable dans ses saints, lui le premier digne d'hommages; il n'est autre que l'admirable substance de notre Trinité une, que le vrai Seigneur sans principe.

Création. — Séparant en forme de croix, pour les déterminer, les quatre points cardinaux, il mit en iHiouveraent l'éther primitif et ainsi produisit le double principe. Les ténèbres et le vide furent transformés, et dès lors le ciel et la terre apparurent; Je soleil et la lune accomplirent leur révolution, et dès lors les jours et les nuits commencèrent. P.ir son travail ayant accompli toutes choses, il façonna et <lressa le premier homme, puis, lui donnant l'intégrité et l'harmonie (des facultés), il lui conféra la domination sur l'immensité des créatures. Dans sa pureté primitive, cette nature était humble et sans enflure; dans sa simplicité et sa grandeur, cette âme à l'origine n'avait point les appétits de la concupis- -cence.

Péché. — Il arriva que Satan, disséminant ses fraudes, se para de l'ornement emprunté d'une pure essence, et qu'ouvrant une brèche dans cette grandeur ■morale, au milieu de cet heureux état, il y introduisit Ja ressemblance de la confusion.

.Ses suites. — De là, des sectes aussi nombreuses que les jours de l'année, qui se suivirent pressées, et tracèrent à la suite leur sillon, tissant à l'envi les filets de leurs lois. Les uns, désignant les créatures, s'appuyaient sur elles comme sur leur principe; les autres, ■supprimant la réalité de l'Être, se plongeaient dans la superstition; d'autres adressèrent des prières et des sacrifices pour attirer le bonheur; d'autres enfin firent parade de vertu pour en imposer aux hommes. Les pensées de la sagesse (humaine) étant en travail incessant, les passions du cœur (des partis) sans cesse en mouvement, dans cette activité fébrile, qui restait sans effet, poussé à bout par ces soucis dévorants, et même consumé, on accumulait les ténèbres dans cette voie de la perdition, et l'on éternisait cet éloignenient du retour vers le bien.

Inciinuitioii. — Cependant notre Trinité s'est con)nie

' Rcinaud, Rchttion des l'oijages^ t. r, Disc, prêlim., p. 110; î.oggc, Chrislidiiilij in China, London. ISSS, p. 31, 35; l.anîy, op. cit., p. lUO-101.

DICT. D'aRCU. CHRÉT.

multipliée, l'illustre et vénérable Messie, voilant et cachant son auguste majesté, se rendant tout semblable aux hommes, est venu en ce monde. Les puissances angéliques publièrent la bonne nouvelle; une femme vierge enfanta le saint dans la grande Ts in. Une étoile lumineuse annonça... et la Perse, apercevant son éclat, vint lui faire hommage de ses présents.

Rédemption. — II accomplit les lois anciennes qu'avaient écrites les vingt-quatre saints, direction des empires dans les conseils. II fonda la nouvelle religion que la Trine unité, Esprit très pur. n'exprime pas au moyen de paroles, formant à la pratique des vertus par la vraie foi. Il institua les règles des huit fins, pour purifier les facultés et perfectionner les saints; il ouvrit la porte des trois principes, la vie et supprimant la mort. Il suspendit le soleil lumineux pour triompher de l'empire des ténèbres et dès tors les ruses du démon furent toutes... Conduisant à la rame la barque de la miséricorde, il s'éleva aux demeures lumineuses; dès lors, quiconque possède une âme a trouvé son salut. L'œuvre de la toute-puissance étant ainsi consommée, il monta en plein midi, homme déifié. Il laissait les vingt-sept livTes de l'Écriture, où est expliquée la grande réforme pour l'ouverture des...

Biles. — Le baptême de la loi, par l'eau et par l'esprit, rend (l'âme) nette des vaines pompes (du monde) et lui donne la pureté d'une blancheur sans nu-lange. Le signe de la croix que l'on tient comme sceau, éclaire les quatre ])oints cardinaux qui sont ainsi unis sans exception. Le bois que l'on frappe rend un son de miséricorde et de bienfaisance; les rites aux<iuels on se soumet font courir les voies de la vie et de la gloire ; ils laissent croître la barbe, parce qu'ils conservent les relations au dehors; ils se rasent le sommet de la tête, parce qu'ils n'ont point les passions intérieures. Ils n'entretiennent pas d'esclaves ni de captifs, faisant le même cas de la noblesse et de... parmi les hommes; ils n'amassent ni trésors ni richesses, montrant en eux-mêmes l'exemple du dévouement et de la générosité. La purification s'obtient par la retraite et le recueillement, la circonspection tire sa fermeté du silence et de la vigilance. Les sept heures de la louange canoniale viennent grandement au secours des vivants et des défunts; le sacrifice du septième fait recouvrer aux cœurs purifiés leur candeur.

Éloge de la religion. — La doctrine vraie et constante est admirable, et dès lors difficile à définir; ses mérites resplendissant par sa pratique, nous sommes contraints de la nomm?r la religion illustre. Mais la doctrine, sans un sage, ne se développera pas; un sage, sans la doctrine, ne grandira pas. Si la doctrine et le sage sont étroitement unis, l'empire | l'uni versj sera dans l'éclat de la beauté.

Arrivée des missionnaires. — Tsai-tsong l'empereur... inaugurait avec gloire et... la fortune (impériale): plein de lumière et de sagesse, il gouvern.ait sonpeuple..\u royaume de la grande Ts in, il se trouva un iionuiic de grande vertu, appelé O-lo-pen, qui, attiré par la nuée brillante, apporta les saints livres; et percevant l'harmonie des zéphirs, afïronta les dillicultés et les périls (du voyage). La neuvième des années Tcheng-koan, il arriva à Tchang-ngan. L'empereur envoya le grand ministre, le seigneur Fang Iluicnling, à la tête d'une escorte, au faubourg de l'ouest, pour accueillir le visiteur et l'introduire. On traduisit les livres dans les salles de la bibliothèque; on examina la doctrine dans l'enceinte réservée; ou en comprit à fond la rectitude et la vérité, et un édit spécial donna la faculté de la prêcher cl de la livrer. Décret impérial. — Tcheng-koan ilecimo et secundo anno, autuiuno, septima luna, nuuidalum aicns :

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