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... famulanda jussu beati Laarenli lecvitiv consccndiit (pour conscendil) in aula...
Bon nombre de pierres encastrées aujourd'luii dans les murs de la cathédrale de San Secondiano témoignent clairement qu'une église fut élevée par les ducs lombards de CIviusi sur le tombeau de sainte Mustiola. Les éditeurs et les commentateurs n'ont pas manqué à ces débris auxquels ils ont prêté beaucoup de ce qu'ils voulaient y voir. Liverani a donné ces trois inscriptions d'une manière plus correcte et plus exacte qu'aucun de ses prédécesseurs '.
V. BiBLioGR.\PHiE. — AI. Armellini, Gli anlichi cimiteri crisliani di Romac d'Ilalia, in-8°, Roma,1893, p. 653-6.59. — D. Bartolini, Le nuove catacombc di Chiusi rccentemenle scaperle nella contrada che appellasi S. Calerina illustrale ,dissertazionr , dans.Kï; deli Accad. romana di archeologia, 1853, t. xin, p. 1-60. — Boldetti, Osservaziani sopra i cimiteri crisliani, in-fol.,
' De Rdssi, Inscript, christ, itrb. Homœ, t. i, p. 400. n. 900; Caveduni, Optisc. di Modena, juill. 18G5. p. 20; Liverani, Ciitac, p. 180; Corp. inscr. lot., t. xi, n. 2585. — 'Corp. in.tcr. lut., t. xi, n. 2584, 2.5.SH. — ' IbUI., t. xi, n. 2586,2588. — 'Liverani, Catac, p. i;)2-198. — 'Gori,
mot. — Gerhard, dans Bullellino archeologico, 1830, p. 245. — A. Gori, Inscriptiones antiquic in Elrurix urbibus (-.estantes, in-4°, Florentiae, 1726, t. ii, p. 420.
— E. Lami, Xovelle litlcrarie Fiorcnzc. 1747, t. viii, p. 534-540. — Fr. Liverani, Le catacombc e anlichilù crisliane di Chiusi descritte, in-8'', Siena, 1872 :Sp!cilegium Libcrianum, in-fol.. Florentine, 1863, p. 769- 778 : Inscriptiones christicmœ cœmeteriorum Clusinorum in Elruria ab auctorc Spicilegii Liberiani in unum redactœ et perpétua commeniaiio inlustralœ. — .\. Lupi, Dissertatia ad super invenlum epilaphium S. Severa; martyris, in-4'', Panormi, 1734, p. 102. — J.-B. Pasquini. Brève ragguaglio di un anlica cimitero di crisliani in vicinanza délia città di Chiusi, dctlo le catacombc di santa Mustiola, in-8", Siena, 1831; Rehizionc di un antico cimitero di crisliani in vicinanza délia città di Chiusi con le iscrizioni ivi trovate, in-S", Montepulciano, 1833. — J.-B. De Rossi, Bullettino di archeol. crisliana. 1881, p. 73 sq. — A. Trama, Alcune osservaziani suite catacombe recenlemenle scaperle nclla città di Chiusi, in rapporta cdla studio dell' archeologia sacra, dans Scienza e fede, Xaples, 1856, t. xxxi, p. 40-59.
— Ughelli, Italia sacra, in-fol., Romœ, 1647, t. m, p. 665-754; 2" cdit., t. m, p. 586.
H. Lecleucq.
CHLAMYDE. Les Grecs faisaient usage d'un vêtement qu'ils disaient avoir emprunté aux Macédoniens, c'était la chlamyde. Plutarque, voulant décrire et faire entendre aux plus bornés le plan de la ville d'Alexandrie, cite la forme de la chlamyde; c'était une pièce d'ètolïe rectangulaire, ayant trois côtes droits et le quatrième arrondi : •/.■j/.>oTEpy) xo).-ov r;.:a-i, o'j -r'i èvTÔ; jTïpiîipe'.av tCSîîa! [îias:;, wffKEp i-b zpao- -éÔMv si; 5y.r,aa )(),a|x.'J5o;, 'JTtî/iuoavov ê; i^ffou i-jv àyo-j- 5a! 70 u.iYe6o; *; Pline ajoute un détail; le côté arrondi
Inscript. Elrtir, t. il, p 401, n 3; Cavedoni, Opitsc. di Modena, 1865, p. 7; Liverani, Catac, p. 210-220; Corp. inscr. lot., t xi, n. 2587. — ' Corp. inscr. lat., t. xi, n. 2.>8!).
— ' llùd., t. XI, n. 2590. — " Liverani, op. cit., p. 200-205.
— ' Plutarque, Ale.r., c. xxvi.
CIILAMVDF.
formait, dit-ii, dt-iix pans qui lombaicnt angulaircment à droite et à gauche : orbe gyrato laciniosaw. dexlrci lievaqiie angidoso procursii '. Ces chutes ou pointes ont été comparées à des ailes, et, en effet, certains monuments nous montrent la chlamyde un peu soulevée par le vent et offrant bien l'apparence de deux ailes.
La chlamyde obtint un succès général : cavaliers, chasseurs, soldats l'adoptèrent. A Athènes, les jeunes gens la revêtaient au moment où ils atteignaient l'âge de l'éphébie. Rien, en effet, de plus commode que ce vêtement qu'on peut agrafer au col et laisser flotter, ou bien ramener sur le dos, ou sur la poitrine ou sur un des côtés et qui. souple et léger, tombe jusqu'aux genoux, laisse les bras dégages, enfm même, au besoin, s'enroule autour du bras et peut servir d'arme défensive contre l'attaque d'un ennemi, d'une bête sauvage.
A Rome, on marqua d'abord de l'aversion pour la chlamyde. puisque ce n'était pas un vêtement natio-
2810. -- Daniel dans la fosse aux lions. Sarcophage du musée de Ravenne. D'après une photographie.
liai. Cependant, comme elle ressemblait beaucouj) au manteau militaire appelé scigum, abollu, paludamenlam, le vêtement étranger s'insinua et s'imposa. Au théâtre et déjà dans les comédies de Plante -. la chlamyde était caractéristique du soldat. Lorsque, sousl'empire, la langue elles usages de la Grèce furent entrés de plus en plus dans les habitudes des Romains, ceux-ci ne firent eux-mêmes plus de distinction entre la chlamyde et les vêtements qui avaient gardé distinct leur nom latin. Le paludamentum de pourpre de l'empereur s'appelait désormais clilarnijs. Voici en quels termes le Code théodosieii renouvelle, pour les sénateurs, l'ancienne défense de porter dans l'intérieur de la capitale l'habit militaire : Xullas senatonini habitum sibi vindicel mililarem. sed cMcimydis terroji' dcposilo quieta coloborum ac penulanim indiiat veslimenta ^ Le vieil esprit romain avait beau résister, le nom même des anciens vêtements se perdait : Paludamentum est veslis qiiœ mine cldamijs dieitur. écrit Nonnus. De même pour Vabollu, que Servius,pour la décrire, compare «à la chlamyde, c'est, comme elle, un manteau double. »
En somme, ces divers vêtements se ramènent à peu près à une coupe identique et rendent des services
analogues. C'est en substance un manteau d'épaisseur variable attaché devant le col ou sur l'épaule par une broche ou par un nœud, tombant droit autour du corps et pouvant être, sans effort, entrouvert ou rejeté sur le dos. Vers la fin de la république, l'usage de Vabolla se généralisa, on la fit plus légère, puis on délaissa la laine et on employa le lin et même la soie. Il V eut. avec le luxe naissant et croissant, des chla-
Cliaiiiljeiiaiis de Juaituiei! revclus de la chlamyde. Mosaïque de Saint-Vital, Ravenne.
mydes teintes en pourpre *, couvertes de dessins brodés ou peints et assez magnifiques pour être dignes du costume impérial ^.
On en vint à garder la chlamyde pour diner et ce vêtement devint l'occasion d'un luxe effréné. Agrippine parut un jour avec une chlamyde toute d'or '. On s'étudiait à obtenir de beaux plis qui fissent valoir la souplesse et la richesse du tissu ". A l'époque du bas-empire, la chlamyde s'alourdit sous l'abondance des broderies. Dans ledit de Dioclétien. ce vêtement est mentionné parmi ceux qui étaient confiés aux bro deurs eu soie et en or. A côté de ces chlamydes de prix.
' Vlme^IIisl. nat,^ 1. ^■, c. ci. — ■ Plante, Miles gîorinsiis, V, IV, 30; Pseud., II, iv, 45; IV, vu. 40, 88; Riuî , II, ix, ".).^>Code Ihéodosien. I. XIV. tit. x. leg. 1 (ad ann. .3821. — * Martial, Epigr., vin, 4S; Prudence, Adi'. Stjinmachuin,
vs 557, P. /.., t. LX, col. IGO. — ' -Suétone, Calig , xxxv. — *Dion,Hi's/.,LX,33; Pline, i/iji/./iaf., XXXIII, m, 03. — -Ovide, Melam.. il, 733 :v, 51; Virgile, .Edoid, v, 250, 251; XI, 775.
CHLAMVDE CIKKUR
il y en avait de fort simples. Nous en rencontrons quelques exemples clans les catacombes, mais parmi les fresques d'époque relativement tardive, comme les ligures d'Abdou et Sennen, dans la catacombe de Poitiers; celle de Ruiinicn dans la crypte de Generosa. ou bien quelques représentations des Mages '. En général, qu'il s'agisse de fresques, de sarcophages ou de mosaïques, ce sont les empereurs, les soldats et les personnages appartenant à l'administration impériale qui portent la chlamyde. .\ Ravenno. en plein centre administratif, la chlamyde finit par tomber sur les épaules de DanieP(fig. 'iSlO). qui aurait mauvais goût à s'en plaindre puisque Justinien et ses chambellans consentent à s'en montrer revêtus sur l'admirable mosa'ique de Saint-VitaP ((ig. '2.S11), de même que saint Démétrius, à .Salonique': mais déjà alors la chlamyde unie se fait rare, on la charge d'ccus de -'x-j't.:-i ou labuhe carrées, signe de distinction (voir Dictionn., t. m, col. Il5, flg. 2383) qu'on rencontre déjà au iv" siècle =, sur une épitaphe conservée au
FILI0'DVL.mCI5Sî/vvO ?A R E NTI SJ4^ AX I P\0
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2812. — liiscriplion d'Aquiiée.
D'après Ephenieris Salonitana, ISO'j, p. 48, fig. II.
musée d'Aquilée, et où la lalnila est brodée de deux croix gammées (fig. 2Sr2).
A Ravenne, les officiers de la suite de Justinien portent la chlamyde blanche; de même sur une mosaïque décorant l'oratoire de Saint-Venanee. au Latran. quatre soldats martyrs portent la chlamyde blanche. Il y a ici sans doute la pensée de rendre honneur à ces personnages en leur attribuant le vêlement des /j.i/k- ;//((■; en outre, la couleur blanche (voir ce mot) était ancieiniement celle des martyrs. Sur ces mosaïques on peut constater qu'à répo(|ue byzantine, la chlamyde s'est considérablement allongée: elle tombe jusqu'aux pieds. Mais désormais, une chlamyde d'apparat n'évite plus la pièce rapijortée de tissu pourpre appliquée à peu prés à la hauteur de la moitié du corps. .\ Ravenne, la Uibula des olTiriers est de pourpre, également celle de saint Sébastien à Saint-Pierre-ès-liens, taudis que Justinien, dont la chlamyde de pourpre exige une distinction qui rende la tabula visible, a
' Wilpert, Le piUtive délie caUicutiibc romane, 1903, pi. Lx ; LXiv, 3, 4; cxvi, 1; r.xi,v, 1, 3; cLXXxv, 1; ccxxiv, 2: ccx.xxvii, 2. — • Venturi, Storia dell'arle italicma, in-8", Mlano, 1901, I. i, p. 207, fig. 194. — » J. Hodgin, Ilali; tuid hcr iiwaders, in-S", Oxford, 1H9G. t. iv, frontispice. — * Cil. Diehl, I^anitel d'arclKUtloi/ie bijzanline, in-8*', Paris, 1910, p. 193-190, fig. 93,94. — !■ Wilpert, Die nllchrisllidien Insdui/tcn Aiinilejii's, dans Ephemevis Sidimilann, 1894, p. 18; H. Grisar, Analei-la romana, iii-S", Huma. 1899. p. .'ï2S. Pour ce m()t tnbnltt, Tao/.:ov, TaSÂ:-, cf. Mmxiuardl-Moniniscn. Vie privée des Homains, trad. Humberl, t. i, p. 1.S9. — •^ Reprndiiclion en couleurs (iatis Ilefuer-.vileneck . 'rracliten des clirislliclien Millebtllcrs, iu-4', Mannheim. 1810, t. I, pi. 91-92; Hcvue «ri/iéoior/iVyijc, 18.')U, l. vn, pi. H.')- 1 IG; H. Grisar, Dus rbmi$ehe Palliunt laid die idieslen liliii-
celle-ci brodée '. Nous trouvons encore la chlamyde avec tabula aux sairtts Prime et Félicien sur la mosaïque de Saint-Étienne-le-Rond ', saint Théodore sur la mosaïque de l'église des Saints-Côme-et-Damien ' et le vkarius Rufinien sur la fresque déjà mentionnée du cimetière de Generosa '. A Rome, les artistes n'étaient pas toujours très familiers ;ivec ce vêtement et le figuraient avec une inexactitude qui ne s'exphque que par l'ignorance, par exemple sur une des fresques de la maison des saints Jean et Paul au Celius ". Voir ce mot.
Un des plus beaux spécimens de chlamyde est celle que porte l'armateur Dedalius " (voir Dictionn., t. i, col. 2918, fig. 984); cette chlamyde est garnie d'une frange, détail qui a pu être omis ou échapper, vu l'exécution peu soignée de diverses fresques ".
II est assez notable que l'ancienne iconographie chrétienne ait négligé un détail fourni par les évangiles. Le récit de la passion nous apprend que le Sauveur fut exposé à la moquerie des soldats qui le vêtirent d'un manteau de jiourpre chlanujs coccinea ", c'était en effet la chlamyde des soldats et ceux-ci avaient pu se la procurer dans leur vestiaire; quant à l;i couleur pourpre que Matthieu. Marc et Jean mentionnent expressément, elle s'accordait à merv-eille ;ivec le titre de roi revendiqué par .Jésus; quant à s;ivoir comment ce vêtement réservé à l'empereur se trouvait dans un corps de garde, c'est plus difficile à dire, mais entre pouriue et les tons divers de la teinte rouge, il y a tout l'écart souhaitable pour loger cette chlamyde ". La fresque de la catacombe de Prétextât dans laquelle on croit voir le couronnement d'épines — ce qui est très douteux — montre le Christ vêtu du pallium et non de la chlamyde.
H. Leclei'.cj.
CHŒUR. — 1. Cu-VNTUEs. — Chorus vient du grec yo;joç, dont le sens est identique à celui de y.'jy.'/.o:, cercle, et pour lequel on em,)loie aussi parfois <j7i;pivo;. C'est ainsi qu'Isidore de Séville nous donne cette définition : Diclus chorus quod initio in modum coronie circum ora^ slarenl, et ita psallercnt. Alii chorum dixerunl a concordia ". 11 va sans dire qu'Isidore, une fois de plus, fait bon marché de l'étymologie.
Cliorus, I choeur», a pris deux sens dans la littérature c rétienne; il a servi à désigner le groupe des chantres dans les offices liturgiques et la partie de l'église correspondant au sanctuaire.
Une inscription romaine du m* siècle nous offre la mention du chœur des bienheureux » :
CNGAAE nAYAeiNA KeiTAI MAKAPGÛN CNI XCOPCO
HN KHeevce hakata 5 eHN ©penieiPAN
rAYKCPHN AriAN eN XPCO
'EvOiSe naj);ïva /.eîtx! jjx/.afwv èvl ywpii, f,v /.rfivjdi riay.îra, 'viv OpéitTSipav -j'i.-j/.îÇiriV. 'Ayi'av tv Xf(i'7T)oi.
gisclien Svharpen, dans Feslscbrifl des dciiischen Campo- Sanlo, 1897, p 86. — ' De Rossi, Miisaici cristiani, fasc. 15. — ''//>i(/.,fasc. 5. — ^ De Rossi, /to/7ï« so//crranc«, t.ni, pi. i.i, p. 048; Bull, di arch. crist., 181)9, p. 5. — " P. Germfuio di S. Stanislas, La casa eelinwnlana dei .SS. Marliri Giouarini Paolo, in-8'', Ronia, 1894, p. 422 st], — " L. l'eiret, / es calaeond>es de Kome, in-fcil., Paris, 1S.')2, t iv, pi. .xxii; Garrucei, Storia dell'arte eristiana, t. m, pi. 202, n. 3. — "Wilpert, Le pillare délie catueoinbe ronuiiie, 1903, pi. lx, i.xiv, n. 3, 4; pi. cxvi, n. 1 ; pi. clxxxv, ni. — " M,ittli , x xvii, 27: Jlarc, xv, 10; Luc, xxn, 03; Joa., xix, 2. — "Cf. Gagnai, au mol Paliidainentiint. dani^ Saglio-Potticr, Dictionn. des antiq r/r. et rom. — " S. Isiilore de Séville, littmmlogiœ , 1 VI, e. MX, n. .'i, P. /. , t. Lxxxii, ciil. 252. Cf. S. .\ugustin, ïra<(. in psalm. LS\vn,P. /. , 1. xxxvi, col. 982.
CHŒUR
« Ici repose dans le chœur des bienlicureux, Paulina qu'a ensevelie sa chère nourrice Pacata. — Sainte dans le Clirist '. »
Chez les classiques, chorus a exactement ce sens : ordo nexusqae hominuin sallantiunt et canenlium; on rencontre à tout propos : indicere choros, inslaurare choros, agcrc choros, etc. Le terme est même étendu aux individus qui composent le chœur et y remplissent divers emplois : SuUatoies, citharislas, ioium denique comissationis Anlonianœ chorum ', mais c'est spécialement au théâtre que ce mot est réservé ' :
Actorîs partes cïionts offïciumque virile De/endat.
C'est le même sens qui s'étend jusqu'aux chantres dans les cérémonies liturgiques considérées comme un drame accompagné de chants. Dans les Apophtegma, nous voyons la distinction entre différents chœurs : iytvôuESa xo?°'' '/."f'^' '• Dans Théodoret, le chœur s'entend des chantres : -.'n (jjmy,[ia tmv é/ Ta:; è/.x/.r,- (Ti'ai; àSovTiiiv ', et VHorologion précise et distingue : i ôc£iô; -/opo; le chœur de droite; 6 î-Jùvv)u.o: yopô;, le chœur de gauche.
Chez les latins, même signification : Chorus quid significet, mulli norunl... chorus est conscssio canlanlium, dit saint .\ugustin'. Le Liber ordinum mozarabe nous montre, à l'occasion d'un exorcisme solennel, deux chœurs, celui des clercs et celui des prêtres : prscparant se clerici cl diacones seii presbileres in duos choros, sicut consueludo est in effetatione in diem Ramos palmarum'. En Gaule, les textes des conciles mérovingiens mentionnent l'existence des chœurs : Tours, 567 : Ut laici secus allure, quo sancta niisteria celebrantur, inler clericos tant ad vigilias quam ad misses stare penitus non prœsaniant , sed pars illa, tjuœ a cancellis versus allure dividilur, choris lanlum psallenlium paleal clericorum'; .\uxerre, 573-603: \on licel in ecclesia chorus sxciilarium vel puellarum cantica excrcere '.
• IL Chevet. — a Chœur », pris au sens du sanctuaire, ne peut se réclamer d'attestations aussi anciennes, mais ce qui n'est pas douteux, c'est que, dans la distribution primitive de l'église chrétienne, une place distincte et isolée est réservée au clergé. Nous avons exposé ce point en étudiant la basilique (voir ce mot),
* Bosio, Ronia sotterruneci, in-fol., Roma, 1632, p. 513; .Vringhi, Borna subterranea, in-fol., Romïe, 1659, t. ii, p. 267; Bottari, ScuUure e pîtture, in-fol., Roma, 1737, t. m, pi. CLXiTi; Doni, Inscriptiones antiquœ cum notis, édit. Gori, in-tol., Florentis", 1731, cl. xx, p. 535, n. 54; Muratori, \ovus thesuiirtis vetenim inscriptionum, in-fol., Mediolani, 1739, p. aiCM.xxi, n. 7; Mamachi, Origines cliristianœ, in-4", Romae, 1749, t. m, p. 238; Kirchhoft, dans Corp. inscr. greec, t. iv, n. 9696; Cabrol et Leclercq, Monum. Ecctes. liturgica, t. i, n. 3019. — • Cicéron, V Phil., 6. — ^ Horace, Ars poet., vs. 193. — * Apoplitegmata Painim, P. G., t. lxv, col. 301. — ' Théodoret, dans P. G., t. lxxx, col. 1060. ■Cf. Jean Moschus,P. G , t. lxxxvii, col. 3096. — 'S. .\u- ^stin. Tract in psalni. - v/./.v, P. L., t. x.xxvii, col. 1949 — ' M. Férotin, Le Liber ordinum, dans Monuni. Ecclesiœ liturgica, 1904, p. 73. — *' F. Maassen, Concilia 3evi merovingici,p. 123; Conc. Tiironense, can. 4 et p. 128, canon 20 : ut inter lectores in psallentium choro coUigatur. — * F. Maas- ■sen, op. cit-, p. 180; Conc. Autissiodorense, can. 9. Cf. Concil. Cabillonense, ann. 639-654, p. 212, can. 19. — '" R. de LastejTie, La déviation de Faxe des églises est-elle ^gmbolique? dans les Méni. de VAcud. des inscript., 1904, t. xxxvn, p. 277-308. — ".loa., xix, 30. — '= R. de Lastey- Tie,op.ci7., p. 277-278. — "VioUet-le-Duc, DiVdonn. raisomié iTarchitectnrct. u,p. 58; Quicherat et A. de Caumont ne s'expliquent pas; de Saulcy, Séance générale de la Société jranc. (Tcwchéol., tenue à Blois, le 16 sept. 1S36, cf. Bulletin monumental, t. xxxrx, p. 41; Crosnicr, Iconographie chrétienne, dans le Bull monnm., t. xiv, p. 93; .\nat de Barthélémy, Rapport sur la cathédrale de Lyon, dans le Bull, monum., t. vit, p. 623; de Chergé, Mémoire lu au congrès
ici nous nous attacherons seulement à une question de détail quo nous avions pensé devoir écarter parce qu'elle concerne principalement une époque postérieure à celle de nos recherches, mais l'insistance avec laquelle on a souhaité la trouver traitée nous engage à dépasser notablement le cadre ordinaire de nos recherches. A vrai dire, nous ne ferons que citer et résumer un travail capital de M. R. de Lasteyrie ".
Le fait de la déviation du chœur des églises est trop frappant et trop énigmatique pour ne pas provoquer l'attention et les explications. Cette déviation se porte tantôt à droite, tantôt à gauche, parfois imperceptible, parfois choquante comme une brisure. On s'est demaridé si elle était le résultat de la maladresse ou la conséquence d'un plan arrêté, et les deux explications, cela va de soi, ont eu leurs partisans. « L'opinion de la grande majorité des archéologues français est qu'il faut voir dans cette particularité un fait parfaitement voulu et correspondant aux idées symboliques dont nos pères étaient si profondément imbus. L'église, avec sa nef allongée, le transept qui la traverse et le chœur qui s'étend au delà, est incontestablement l'image de la croix sur laquelle mourut le Rédempteur des hommes. Or on lit dans l'évangile de saint Jean que le Christ en mourant inclina la tête ; et inclinato capilc tradidit spiritiini ". S'appuyant sur ce texte, on admet généralement en France qu'en inclinant le chevet de leurs églises, les constructeurs du moyen âge ont voulu symboliser l'attitude du Christ mourant sur lacroix'^ » Cette explication a paru si satisfaisante qu'on l'a adoptée généralement et colportée partout. Ceux qui eussent été en mesure de la discuter n'en ont rien fait, et, jusqu'à nos jours, des antiquaires très compétents ont semblé s'en accommoder ". En France comme en -•Angleterre '*, l'interprétation symbolique de la déviation du chœur est donc admise comme évidente; en -\Ilemagne, où on ne s'en occupe guère, les rares archéologues qui savent ce fait ne se montrent guère favorables à son explication symbolique ", qu'ils écartent sans explication.
En somme, sauf chez un archéologue de médiocre consistance, X. Barbier", la question n'a point soulevé de contradiction. L'argument qui semble avoir impressionné et entraîné ce dernier est qu'aucun liturgiste du moyen âge ne parle de la déviation du chœur.
de Poitiers en 1S43, dans le Bull, monum., t. i\, p. 545, 549; Scliniit, Manuel d'architecture religieuse, 1845, au mot Église; Auber, Histoire et théorie du symbolisme religieux, t. m, p. 170, cf. Bull, monum., t. xxxrx, p. 38; Marion, dans Bull, monum., t. x. p. 148; Manceau, dans Bull, monum., t. IV, p. 295; Godard Saint-Jean, Essai sur le symbolisme architectiu-al des églises, dans le Bull, monum., t. xiii, p. 321 sq. ; Gareiso, L'archéologue chrétien ou cours élémentaire d'archéologie à Fusage du clergé, 1867, t. ii, p. ISS; de Cougny, dans le Bull, monum., t. xxxt\', p. 281 ; F. d'Ayzac, dans la Bévue de Cart chrétien, t. rv, p. 594; t. v, p. 30; J. Durand, Monographie de la cathédrale de Chcwtres, explication des planches, in-t", 1886, p. 16; V. llortet. Étude historique et archéologique sur la cathédrale de Paris, in-8'*, Paris, 1888, p. 47; Brutails, L'archéologie du moyen âge, in-8", Paris, 1900. p. 19; E- Mâle, L'art religieux du .vu;' siècle en France, 2" édit., p. 36-37; .\nth>Tne Saint-Paul, dans la Bévue de Fart chrétien, 1905, p. 150; C. Enlart, ^lanuel d'archéologie française, in-S'», Paris, 1902, t. i, p. 59, ce dernier se montre un peu hésitant. — ** N'oide et Webb, The symbolisai of churches and church ormunents, in-S", Leeds, 1843; trad. franc., Tours, 1874 : «Je crois, écrit M. de Lasteyrie, qu'elle est encore' actuellement admise par la majorité des archéologues anglais. •> — *^F.-X. Kraus, Ccschichie der christlichen Kunst, in-S°, Frciburg, 1897, t. II, p. 372; J. Sauer, Symbolik des Kirchengcbdudes, 1902, p. 293; Otte, Handbuch der kirchlichcn Ktmst- Archdologie, 5' édit., t. i, p 39. — " Outre X Barbier (de Montaultl, notons encore Buhot de Kersers, qui, dans sa Statistique monumentale du département du Cher, partage cette manière de voir, sansMire pourquoi.
CHŒUR
Or, » s'il y avait eu symbolisme dans cette inclinaison, comment aurait-il échappé à Hugues de Saint-Victor, Sicard, Guillaume Durand et autres ' ? » Auber a voulu répondre, mais, malgré sa bonne volonté, il n'a pu découvrir un texte, un mot, favorable à l'opinion qui attache un sens symbolique à la déviation de l'axe ^ et les auteurs liturgistes des xii«, xiii'-' et xiv= siècles, qu'il fait comparaître pour les besoins de sa cause, sont assurément en parfait accord pour ne pas faire la moindre allusion à l'orientation des églises; ou plutôt, car ce n'est pas assez dire, ni Durand ni ses congénères
nous occupe est Pierre le Chantre. Or c'est bien à tort qu'on a invoqué son témoignage ', car ce qu'il prétend expliquer, ce n'est pas pourquoi les chevets (capita) de certaines églises sont inclinés à droite ou à gauche, mais pourquoi ils sont moins élevés (Immilinra) que le corps de l'église ^ 11 est donc constant qu'on ne connaît, à l'appui de la thèse que nous discutons, aucun texte remontant au moyen âge. Je doute, écrit M. R. de Lasteyrie, qu'on en découvre jamais, mais si le hasard en faisait sortir quelqu'un des arcanes de nos bibliothèques, je ne crois pas qu'on dût y prêter grande
281Ô. — Plan des Saints-Serge et Bacchusi Constantinople.
Plan de Sainl-Savin en Poitou.
2811. — Plan de Notre-Damela-Grande à Poitiers.
2816. -La Chapelle de Chanibon, PuyKie-Dùine.
D'après les Mémoires de l'Acad. des inscriptions et belles-lettres, t. xxxvn, p. 281, 237. 288.
n'ont songé un seul instant à attacher une signilication symbolique à la déviation du chœur, ils y ont même si peu songé que Durand dit formellement que les églises doivent être bâties de telle sorte que le chevet regarde droit vers l'Orient : recte inspicial versus Orienlcm, videlicct versus orlum solis œquinoclialem^. 0 Voilà soixante ans et plus qu'on discute la question, une foule de prêtres instruits s'y sont intéresses, ils ont dépouillé à loisir les écrivains du moj-en âge, et le seul dans lequel, à ma connaissance, on ait cru trouver une allusion à la particularité architecturale qui
attention, car il serait assez isolé pour qu'on pijt hardiment en contester la valeur. Il faudrait sûrement le classer dans la catégorie de ces interprétations fantaisistes, inventées après coup par certains écrivains pour expliquer des choses dans lesquelles il est manifeste que le symbolisme n'a jamais eu la moindre part ". »
Au lieu de s'égarer dans des combinaisons phu bizarres que l'anomalie qu'elles ont en vue d'expliquer, mieux vaut rechercher les nécessités d'ordre purement matériel qui ont imposé tel ou tel détail de
'X. Barbier (de Jlontault), dans le Bull, monum., t. XXXVIII, p. -172, note 4. — = Auber, De l'axe des églises et de sa déniai ion sumbolique^ dans le Bull, monuni.^t. xxxix, p. 38 sq. — ' Durand, de Mcride, Rationale, 1. I, c. i, n. S. — 'V. Mortel, Étude liistorique et archéol. sur la cathédrale
DICT. d'aRCII. CHRÉT.
de Paris, p. 47. — = Pierre le Chantre, Verbunt abbrevialum, c. I.XXXVI, P. I ., t. ccv, col. 25S : Cum enim capita eorani humiliora esse debereut corporibus ipsorum pro nujsterio, quia caput nostrum, Chrislus scilicet humilior est ecclesia sua, alliora non erigimtnr. — 'R.de Lastc>Tie,op.ci<.,p.282-283'