‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 279 sur 303 · XIX. l)isr.\i<iTiON. — Le chorépiscopat acheva · texte numérisé non relu

XIX. l)isr.\i<iTiON. — Le chorépiscopat acheva

' Capitiil, VII, 187, dans Mon. Germ. hisl., t. ii, part. 2, app. 118. — • =Labbo, Concilia, t. vu, col. llG'J-1170. — 'IbicL, col. 1170.— 'Ibid., col. 1171. — - Ibiil. eu]. 1G17- 1618. —'Ibid., col. 1710. — 'Ibid., col. 18;î3-1S34. — • Ibid., t. viii, col. 1852, P. /,., t. ex, col. 1195-1200. —

' P. L., t. ex, col. 1205. — '• Flodoani, Eccles. Remens, hisl., 1. III, c. X, P. L., t. cxxx\, col. 131. — " Episl. i.xvi, />. /,., t. cxix, col. 883. — '- P. l... t. cxix, col. 884. — '^ Labbe, Concilia, t. Mil, col. lî2G; Flodoartl, op. cit., P. /.. t. cxxxv, col. lOU, 410. — " l.abbe. Concilia, l. ix, col. 415.

CHORÉVÈQUES — CHORISTES

lentement de disparaitre et s'obstina à durer en certains lieux, jusqu'au xi'^ et au xip siècle. De fausses lettres pontificales continuaient à surgir périodiquement contre cette institution poursuivie avec tant d'acharnement'. Kn France et en .\Ilcmagne on ne rencontre plus guère de chorévêques; cependant, vers 970, on trouve à Limoges un chorcvêque nommé Gauzebert. En 1040, Contran, chorévêque, souscrit la charte de Guy, archevêque de lieims, en faveur du monastère de Saint-Remi -. La même année, Haimon, archevêque de Bourges, tient un synode avec trois évêques : Rencon de Clermont, Hugues de Mevers et Durand, chorévêque dudit Haimon ^ En -Angleterre, à Saint-.Martin de Cantorbéry, le titulaire porte le titre de cliorévêque et administre le diocést jusqu'à l'arrivée de Lanfranc, qui abclit ce titre parce qu'il avait « entendu dire que les chorévêques avaient été abolis par tout l'univers '. ■> Dès le xi« siècle, le titre de chorepiscopus ou chori episcopn.'i désigne une dignité du chœur, inférieure à celle de priraicier ou doyen dans certaines collégiales d'.\llemagne *, sans relation avec l'ancien chorépiscopat. XX. Bibliographie. — H. Bergère, Étude liisl(^ Tique sur les chorévêques, thèsi; de doctorat, in-8", Paris, 1905. — F. Chamard, Les chorévêques dans te monde romain et dans les Gaules, dans Les Églises du monde romain, in-S", Paris, 1877, p. 167-270. — G, Chardon, Histoire des sacrements, 111-4°, Paris, 1745, t. III : De l'ordre, c. m. 4, réimprimé dans le Cursus Iheologiœ de Migne, t. xx, col. 917-931. — F. Fallc. Die Mainzcr Weihbischofe (Chorbischùje) des IX Juhrhundcrts, dans Historisehes Jahrbuch, 1907, 3« trimestre. — F. Gillmann, Das Institut dcr Chortjischofe im Oricnl-Historisch-Canonistischc Sludie. in-S", Munclicn, 1903. — H. Grisar, Archeologia. I vescopi di campagna neW (mtichiià cristiana, dans Civiltà caltolica, 15 oct. 1904, t. iv, p. '203-218; Vescovi di campagna c corepiscopi. I tempi anteriori a Costantino, dans même revue, 21 janvier 1905, t. i. p. 209-224; Vescovi di camj>agna e vescovi rnrdinali nelV antichila, dans même revue. 18 mars 1905, t. i, p. 728-743, — F. HaUier, De sacris electionibus et ordinationibus ex antiquo et novo Ecclesiie usu,ïi\-io\., Parisiis, 1636, part, Il,sect. v, ci, 2; c. ii, 7-9, 14, 19; réimprimé dans Cursus theologiee de Migne, t. xxiv, p. 898, 917, 942-961.— J. Havet, ŒuvresÀn-&'\ Paris. 1896, 1. 1, p.33G,n. 4. — M. Jugie.Les chorévêques. dans les Échos d'Orient, i904. t, vu, p. 263-267. — H. Leclercq, La législation conciliaire relative cuix chorévêques. dans Hefele-Leclercq. Histoire des conciles.in-S". Paris. 1908, t. II, part. 2, p. 1197-1237. — K. Liibeck, Reichsurleilung und kirchliche Hiérarchie des Orients bis zum IV Jahrh., 1903. — J. .Morin, De sacris Eeclcsiaordinationibus. i;i fol., Parisiis, 1655, part, III, exerc. IV : De chorcpiscopis, p. 51-73. — J. Parisot! Les chorévêques, dans la Revue de l'Orient chrétien. 1901, t. VI, p. 157-171, 419-443.— D. Petau, De m/tsiastica hierarehia, in-S", Parisiis, [1870], p. 225-237; De chorcpiscopis, appendice aux Œuvres de saint Épi-

phane, Ha-res., lxix, P. G., t. xlii, col. 1045-1054.

-A. B. Petrovsliy. Tchin vozvedeniia v khorepiskopa (la cérémonie d'élévation au chorépiscopat), dans Khristianskce Tchtenie, Saint-Pétersbourg, 1908, t. i, p. 625-631, — A, Schrader, Ueber die Chorbischnfe der vni und l.\ .Jahrh., dans Zeitschri/t fiir kathol. Théologie, 1891, t. XV, p. 176-178. — L. Thomassin, Ancienne et nouvelle discipline de l'Église, t. i, 1. II, p. 447-480; Velus et nova Ecclesiœ disciplina, in-fol., Parisiis.

•Labbe, Concilia, t. ix, col. 593. — = .MabiUon, .4c/ii sancl. O. .S. B., t. vu, pari. 2, p. xtni; Annales, t. iv, p. 442. — 'Annules, t. iv, p. 441.— ' Oervais de Cantorbér>-, dans MabiUon, .Ula sancl. O. S. B., sa-c. vi, t. ii, p. 653, note ;

I 1686, part. I, I. II, c. i-vi, t. i, p. 215-221. — A. Varenius, De episcopis, presbyleris et chorcpiscopis, in-l", Rostochii, 1682. — Wandinger, dans Kirchenlexicon, t. III, p. 188-191. — J. Weizsacker, Der Kampf ijeiien den Chorepiskopat des Frànkischen Reichs imix .Jahrh., eine historische V ntersuchung , in-S", Tiibingen, 1859, — A. Zaccaria, Thésaurus theologicus, 1763, t. xii, p. 523-564. — J. Zeiller, Le chorévêque Eugraphus, dans la Revue d'histoire ecclésiastique, 1906. t. vu, p. 27-32; cf. p. 86-87.

H. Leclercq.

CHORISTES. — 1. Au iv siècle. IL Obligation. III. Fonctions. 1\". Vocable. V. Afrique. VI. Espagne. VII, Gaule. VI IL Rome. IX. Lecteur et chantre. X. Disparition et restauration.

I. Au iv« SIÈCLE. — De bonne heure, la sollicitude de ceux qui présidaient aux Églises se tourna vers l'enfance. .Si l'on voulait attirer celle-ci aux assemblées liturgiques, l'y retenir et l'y ramener, un moyen était tout indique : intéresser les enfants et leur confier un emploi. L'esprit de foi des parents, l'éveil de la piété des enfants, une petite pointe de vanité peutêtre chez les uns et les autres devaient concourir à recruter, d'une part, et à disciphner, d'autre part, ce petit peuple.

Dès l'époque des persécutions, il est possible qu'on ait songé à utiliser les voix fraîches et les humbles services des enfants, cependant nous n'en pouvons apporter aucune attestation certaine. C'est donc avec toutes les réserves possibles que nous songeons à indiquer un enfant de chœur, martyr sous Dioclétien. Dans les actes <les martyrs d'Abitine, en Afrique, en 304, nous lisons ceci : In civitatc Abilinensi in domo Occani Felicis, bellica cum canercl tuba, dominica signa gloriosi martyres ercierunt : ibique celebrcmtcs e.v more dominieum, a coloniœ magistralibus alquc ab ipso stationarid milite apprehcnduntur, Saturninus presbyter cum ftliis quatuor, id est .Saturnino juniorc et Felice lectoribus. Maria scmctimoniali, Hilariano infante ': Itemquc Dativus, etc., suit une liste de quarante-trois personnes arrêtées. Ainsi donc, un dimanche, pendant que les lidèles assistaient à la liturgie, on les met en état d'arrestation. Le prêtre célébrant est nommé d'abord, il avait quatre enfants dont deux tils remplissant la charge de lecteurs, une fille vierge consacrée et un plus jeune fils: i;i/ans,quele récit nommeraplusloinpuer. Ce derniern'aaucuntitre, cependant il se trouve nommé avant tous les fidèles. Est-ce parce qu'il vient d'être désigné sous cette forme ; cum ftliis quatuor, id est? c'est possible et même probable, mais nous avons peine à croire que cet enfant n'exerçait pas quelque petite fonction cléricale à la portée de son âge, étant fils du prêtre de l'église et ses frères e( sa sœur se trouvant faire partie du clergé. Ce n'est qu'une probabilité, sans doute, mais l'interrogatoire nous montre le petit garçon si ferme et si pieux qu'on doit bien reconnaitre cliez lui une formation clirétienne très solide. Le juge lui demanda : ' Étais-tu avec ton père et tes frères? i De sa petite voix, ('".r iuvenilis, l'enfant répondit : .le suis chrétien, c'est spontanément et volontairement que j'ai fait la Collecte avec mon père et mes frères, a Remarquons ce feci; il avait donc non seulement assisté mais participé à la cérémonie. » Je te couperai le nez. les oreilles et le cou, > dit le juge, — "Comme il vous plaira; je suis clirétien, ^et en rentrant dans la prison il dit simplement : Dco grattas ',

Dès le i\" siècle, après la paix de l'Église, l'éclat

Annales, t. I, p. 274; t. iv, p. 473. — » P. L., t. c.\i., col. 782; ilolanus. De canonicis. libri III, in-S", Coloniae, 1.5S7, t. II, p. 32. — ' Acia sancl., febr. t. ii, 3' édit., p. 515 : .\cla Satitrnini, Diilivi, n. 3. — ' Ibid.,n. 24, p. 519.

CHORISTES

<lonné aux céromoiiies, les vastes dimensions des locaux dans lesquels on célébrait le culte, réclamaient l'utilisation de ces jeunes bonnes volontés qui étaient, à leur manière, des forces très appréciables. On fit appel dés lors à ces voix pures, harmonieuses et per- Vantes qui donnaient aux lectures publiques et au ■chant quelque chose du radieux éclat et de l'irrésistible séduction de l'innocence. Sous les titres variés de lecteurs, acolytes, chantres, les enfants prennent une part active au culte divin. \ peine pouvons-nous faire plus que de constater leur existence, car leurs ■origines sont à peine entrevues.

II. Obligation". — C'est à Rome que nous relevons les premières traces de cette orsanisation. Les lecteurs (voir ce mot) sont principalement représentés. « La série de leurs épitaphes commence dés le ii' siè-

■cle, par des monuments iirobablement antérieurs à Tcrtullien, le premier auteur qui les mentionne'.» Le lectoral est alors par excellence l'ordre de début et de iirobation ; on y entre dés l'enfance et on y demeure jusqu'à l'à.^e adulte. Le pape Silvestre régla ceci : Hic constiliiil, ut, si r/uis ilrsideniirt in ecclrsia militare mit proficerc, ni esset tcctor annos xxx, exorcista dics XXX, acolutus aniKifi v, subdiaconus annos v, custos martijrum nnnoa r. diaranus <inn<i<i vu, presbyler annos m -. 11 fallait donc cinquante-cinq années de carrière avant d'atteindre l'épiscopat; on juge d'après cela qu'il était prudent d'y débuter dés l'enfance. L'incorporation au clergé dés le jeune âge, sous cette forme d'agrégation au corps des lecteurs, apparaît bien dès lors comme obligatoire. Le pape Sirice, en 38.5. décide que quiconque voudra se vouer au service de l'Église, devra avoir rempli les fonctions de lecteur ante annos pat>cilatis '. Et de fait, bon nombre de ceux que nous connaissons parmi les lecteurs ont débuté dans leurs fonctions dès la petite enfance ^ :

PARVVLVS VTQVE LOQVI CEPISTI DVLCIA VERBA MOX SCRIPTVRARVM LECTOR....

.\ Rome, ce sont <les enfants de dix ans à pcine;à Pavie, Épiphane est lecteur dès l'âge de huit ans"; à Noie, saint Félix primis lector srivii'it in annis '. Même usage à Milan, puisqu'un jour l'évêque Ambroise prend le texte de son sermon dans un passage que le Saint-Esprit, dit-il, venait de faire entendre par la voix du petit lecteur : jut voccin Ircloris pannili Spirilus Sanctus expressit '.

III. Fonctions. — Ces lecteurs sont, à l'occasion, de petits chanteurs. Celui dont vient de parler saint .\mbroise avait, non lu, mais chanté ou psalmodié le psaume xxiii, 4, 6. Formée en corporation. la sc/io/o Icctoiiim tint être le noyau de la scliola rantorum (voir au mot Chantres): car il n'est pas douteux que, de bonne heure, on sentit la nécessité d'une préparation prolongée et progressive si on tenait à posséder un personnel passable et à peu prés entraîné. Dés le iV siècle, saint .lérôme, parlant de la véritable manière de chanter dans l'église, se tourne vers la jeunesse : audiant lioc adolescentiili, imdianl lii quibus psallendi in ccclcsia oIJicium rst.

' L. Duchesne, Ortuiiics du culte du-ctien, i[i-8", Paris, 1889, p. 334. — - Liber finntilk-alis, Sihostre, édit. Monimsen, p. 51. — ^ S'ivicc, Epist. iid llinieriuin 'J arraconensem, dans Labbe, Concilia, t. ii, col. 1017; Constant, Efùsl. ro//i(în.po/i/i/.,in-foI., Parisiis, 1721, p. 633. — * De Rossi, Bull, di urcli. crist., 1883, p. 17. — ' Ennodius, \'ita S. Kiiipluuiii, dîuis Acta sanct-, jan. t. il (3*^ édit.), p. 728. — ' S. Paulin, S'atui. iv, v. 1», P. I.., t. lxi. col. 470. — 'J'. /.., l. XVI, col. I:îOO. De excessu Sulijri, 1. I, n. 61. — ' ViUi S. lùithuniii, dans Acla sanct., niaii t. in, p. 305. — • Rufin, Ilist. eccles., I. I, c. xiv, P. /.., t. xxi, col. 4S7 ; Socrate, Ilist. eccles., I. I, c. .\v, P. G., t. Lxvii, col. 771. — '• .S. Siluiœ peregrinalio, édit. Gamurrini, in-l". Renia', 1887, p. 78. — " Constit. apostol, 1. VIII, c. vi, P. G.,

Contunic analogue en Orient. .\ l'âge de trois ans Eutliyme est confié à l'évêque Otrée qui le baptise, le tonsure, lui confère le lectorat et l'élève chez lui; apparemment, il lui faisait exercer sa charge ^ Un des prêtres qui déposèrent Théodore de Mopsueste avait été clerc à cinq ans; saint Athanase serait dans un cas analogue '. A Jérusalem, nous possédons le précieux témoignage d'Éthéria.D.ans cette Église, où les cérémonies se faisaient avec grande pompe, il y avait des enfants qui, non seulement étudiaient les lettres et faisaient fonction de clercs, mais, de plus, prenaient part aux chants sacrés. On les nommait pusinni. « Ils sont nombreux, observe Éthéria, et à chacun des noms prononcés par le diacre, ils répondent Kyrie eleison, et leurs voies sont infinies '". »

Les fonctions auxquelles se livraient les pusinni sont mentionnées dans les Constitutions apostoliques eu ces termes : 'L^' k^-xn-iù Zï to-jtwv ùvj h Stàxovo; TrpoT^ïwvcr, wî ■;ïoo£[TTO[j.£v, >.evéto> h >.a6;* K-jpiz ÈXéyjao-/' •/ai itpô uivTMv xà 7ia;5ta. « .\ chacune des mentions que fait le diacre, le peuple répond : Kyrie eleison et auparavant les enfants ". <

IV. Vocable. — Ce sobriquet de pusinni donné aux enfants de chœur est expliqué \>dr Éthéria ellemême qui, à propos d'un moine élevé depuis son enfance dans un monastère, écrit : nom a pisinno in monaslerii) nutrilus est ■-. C'était un nouveau degré de déformation du mot pnsillus qui s'écrivait primitivement pusilus et s'entend d'un jeune enfant " comme dans le texte connu : Qui scandalizaverit unum de pusillis /.s-(i.s". Nous trouvons piism/uis sur une inscription d'.\friquc. C'est peut-être un nom propre, c'est plus probablement le sobriquet qui s'était attaché à l'individu au point d'être devenu son nom, celui sous lequel il était connu. C'est une inscription en mosaïque t rouvée dans le pavement d'une basilique à Medînet el- Kedima, l'ancienne Thelepte, et conservée au musée -Maoui, à Tunis '^

EXAVDI DEVS ORA TIGNE-IVI WIEAIVl AV[W BVS PERCIPE BERB[iW!

o]RIS MEI SANTO R|L ML

La deuxième partie a été transportée à Feriana, au camp '" :

.-. ijANVAR! ET COIVIITVM

■s-JANCTIS DEVOTVS

JL- AN • PVSINNVS

cjviVl SVIS VOTVIVl

c|ONPLEVIT P ■ Ek.

Ligne 7 : Mommsen a propose lubcns) a(nimo) parce que l'usage des trois noms est chose exceptionnelle pour un enfant. C'est là. croyons-nous, la véritable interprélation, et pusinnus pourrait être moins un nom pro|ue que le sobriquet alîectueux sous letpiel

t. I, col. 1077 Cotelier hésite et se demande si ce sont tous les enfants qui sont dans Téglise ou seulement ceux de la schola; le premier cas ne fournirait qu'une cacophonie. — ^- Ihid.y p. 50. — " Pour expliquer d'un mot que Zachée le publicain était une sorte d'avorton, l'évangile nous dit : statnra pusillus. — " Mattli , xviii, fi. — " Corp. inscr. lat., t. viii, n. 11269; cf. I.avoignat et Pouydrasiiin, dans Btill. arcixéol. du Comité des Iran, hisl., 1S8,S, p. 17S. — - " Curp. inscr. lat., t. viii, n. 11270 Cf. I.avoignat et Pouydraguiu, of). cit., 1888. p. 178 : " Le socle (de l'autel) reposant sur un lit de sable lin... couvrait une mosaïque encadrée de torsades polychromes. Sous cette mosaïque, le sépulcre laillé dans le roc renfermait des ossements d'adultes et d'enfants. ^

CHORISTES

on (U'sigiKiil le petit garçon dans sa famille '. Ligne 'J : Moinmsen propose : P(,usinmis) li{oreal).

A Rome, on a trouvé répilai)lio d'une lillette. une inisinnci:... DEP.PITZINNAIN PAGE =, peut-être quelque petite oblate de monastère aux jours de sou enfance.

V. Afiuqie. — En Afrique, nous avons montré l'existenee d'une sorte de ■ petit séminaire» à Hippone. Saint Augustin y élevait une jeunesse dans laquelle il comptait trouver un jour des clercs et des prélats. A propos d'Antoine, évêque de Fussala. il disait:«.rai présenté à cetteÉglisequi ne le demandait pas un adolescent nommé Antoine, lequel vivait alors avec moi. Je l'avais fait élever des son bas âge, dans un monastère, mais, en dehors de l'ofTice de lecteur, il n'avait aucun ordre ni aucun ministère clérical ■'. • Les pusinni d'Hippone étaient aussi étourdis que les ' petits clercs .ont gardé la réputation de l'être encore : il leur arrivait de se tromper de psaume. Saint .Augustin en prenait son parti sur-le-champ, sauf peut-être une gronderie après l'oflice. In jour qu'un de ces enfants s'est trompé, il se contente de dire : <■ Voici que Dieu m'invite à vous parler de la pénitence. Je n'avais pas désigné au lecteur le' chant de ce psaume : Dieu a jugé bon de nous le faire entendre et nous Ta imposé par la bouche de cet enfant '." Et une autre fois : c J'avais préparé un psaume court et j'avais dit au lecteur de nous le chanter, mais il s'est troublé et en a pris un autre;rien de mieuxà faire que de ratifier son choix, pour erroné qu'il soit.

A Hippone. conune à Home, existait une schola: c'est encore saint Augustin ([ui nous l'apprend à l'occasion de ces enfants qui, « dans le degré de lecteurs, étudient les lettres d'une manière encore enfantine ^.'>

A Cartilage, les petits choristes eurent pendant la persécution vandale, vers 484. leur jour d'héro'isme suivi d'une longue célébrité. < Lorsque l'évêque Eugène eut été exilé, raconte \ ictorde Vite, tout le clergé deCarthage fut décimé par le meurtre et par la misère. Parmi eux, on remarquai surtout les enfants lecteurs qui, tandis qu'on les traînait au loin en exil, se réjouissaient dans le Seigneur. Pendant la marche, un lecteur renégat, nommé Theucaire, suggéra la l)ensée de séparer de la multitude des confesseurs, c'est-à-dire des clercs de Cartilage, une douzaine de ces enfants, qu'il savait doués (h- belles et fortes voix et très habiles aux mélodies musicales. Il les désigna luimême, pour les avoir eus autrefois comme élèves, du temps qu'il était catholique. On accéda aussitôt à son projet et on les remit, mais ou fut obligé de recourir à une violence barbare pour les séparer de leurs compagnons de route. On les sépara de corps, mais non de cœur, de la troupe des saints. Ceux-ci, craignant l'apostasie pour ces enfants, suppliaient avec soupirs et larmes qu'on ne les éloignât point d'eux, et retenaient si fortement leurs petits compagnons que j les hérétiques durent les menacer de leurs épées. l En lin, le renégat parvint à les ramener à Carthage. '

' (leci n'est pas très extraordinaire; il suffît de faire appel cliaciui pour soi au.\ souvenirs d'enfance. Toutefois j'indiquerai une source de vêrificatiou qui m'a suggéré cette explication, c'est une source épigraphique ; encore que ce soit l'épigraphie d'iui sanctuaire de pèlerinage où j'ai lu ceci : A Marie, noire bonne Mérc. J. P. son enfaiil de chœur. 1853. — • = De Rossi. Inscript, christ, itrb. Honiie, ISeï, t. i, p. 177, n. 404, ad ann. 392. — ' S. Augastin, Epist., ccrx, P. L., t. xx.xiii, col. 953- — * S. Au- 1 gustin, Serm., cccLii, P. L., t. xxxix, col. 1550. — ' S. Augustin, De consensu Evangelior , 1. I, c. x, n. 13, P. L., j t. xxxn-, col. 1049. — ' Victor de Vite, Hisior. persec. i Vandalicse, I. IV, c. x, P. L., t. lviit, col. 24S. On le voit i par ce texte, lecteurs et chantres étaient confondus. Cf. Tonmiasi, Opéra, édit. Vezzosi, t. iv, p. .xxn; Giorgi, De liturgia romani pond'/îcis, in-4% Roma», 1743, t. ii, '

Là, il croyait triompher de leur enfance par des flatteries et des caresses. Mais, eux, furent plus forts que leur âge et de peur de s'endormir dans la mort, tinrent fortement allumée la lampe de l'èvangélique lumière. Les ariens s'indignèrent furieusement et. rougirent de se voir vaincus par des enfants. Enflammés de colère, ils ordonnèrent de les fouetter, bien que peu de jours auparavant ils eussent été déjà roués de coups. Les blessures s'ajoutèrent aux blessures et la souffrance ravivée redoubla. Et pourtant il arriva, avec le secours de Dieu, que cet âge fragile ne succomba point sous la douleur;aucontraire, son courage, fortifié par la foi. ne cessa de croître ". «

Mais ceux-là étaient déjà presque de grands garçons et qui devaient regarder de haut leurs petits camarades, vrais bambins ceux-ci, comme ce lecteur africain dont l'épitaphe appartient au début du vi" siècle ' :

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