PAX D M
CVM FAVSTINATTICO
Pa.i- D[o]m[ini] et Ch[r[isli] ciim Fau.ttin\o\ Atlico; et cette autre » (fig. 2827) :
VINCENTIA IN ^ PETAS PRO PHOE BE ET PRO VIR GINIO E 5 IVS
Vincentia in Clir[i.<;io], pelas pro Phœbe et pro Virginia ejiix.
Nul doute possible sur la date de ces épitaphes qui remontent au iii« siècle. La présence du monogramme, dont on a voulu abaisser la date jusqu'après l'avènement de Constantin, ne saurait être prise en considération. .\u reste, nous possédons une inscription
' Ces dissertations et remarques des anciens auteurs n'ont guère plus aujourd'hui qti'un intérêt bibliographifjue, par exemple : Bosio, Roma xolternmca, 1632, p. 633; Aringhi, Borna siiblerranea, 1649, t. i, p. .566; J. Mencken, De monogrammale Chrisli, in-4», Lipsiœ, 1696; D. Giorgi, De monogrammale Christi Domini disserlalio, in-J", Romœ, 1738; Vettori, Dissertatio de iietu.slate et forma monogrammatis SS. nominis Jesii, iii-l», Romae, 17 U ; J. Allegranza, De monoiirammale D. A'. ./. C. et usilatis ejus effingendi modis, in-1", Mt'diolani, 1773; Ph. Herbart(= P. Lazeri),
De Chrisli monogrammale conslanliniano disquisilio^ in-4*', Romae, 1776; G.-B. Bartoli, Dissert., sopra un monumento cristitmo col sacra monogramma, dans Societd Colomb. Fior., t. I, p. 127; M- A. Ginanni, Intorno a un monogramma, à piedi di un crocifïsso, dans Calogera, Raccolta, t. XI.V, p. 353; Mamaclii, Primitii}i cristiani, t. i, p. 186; Ci. a. Angiiissola, dans Sacre cfemeridi di Piacenza, 1804 sq. — - De Rossi, Roma solterranea, t. il, p. 276, pi. xi.vii-xr.vm, n. .')2. — ' Ihid., t. ii, p. 277, pi. xi.viixi.viii, n 53.
CHRISME
datée de l'année 269 qui résout la question et suffît à tout; la voici (fig. 2828)» :
PASTO/- c/ /ITIANA E( MARCIANA ET CHReSTe?ma/-CIANO FILIO BENEMERENTI in
;)(DNFECcraNT QVIVIXITANNVSXIIMIIET Dies... QVI GRA/àiM ACCEPIT D.N DIE XII KA/oCTOBRES
D .VIOPATERNO-IICOSSET REDE(Z(7XI KAUas- PVIBAS INTER SANCTIS IHA [dem
Lig. 2-3 : in Clirislo Jesii domino noslro; ligne 3 : anns, copie de Oderici citée par Marini; lign. 5 : no Paterno |[ Cosset, même copie; ligne 4 : Corsini et Danzetta ont lu : qui crucem accepit et interprété du martyre ou du baptême. De Rossi eût préféré l'entendre de la confirmation, mais il se rallie pleinement à l'interprétation de Marini : qui graiiam, formule connue, faisant allusion au baptême. Le symbole de la colombe est distinct; au contraire, celui qui est placé
Si l'on rapproche ce texte de celui de Faustinus Atticus, il paraît évident que Dominas indique Dieu le Père; la conjonction el entre Dominus et Clirislus marque une date antérieure à celle de la formule consacrée à Nicée qui attribue spécialement et d'une façon caractéristique le titre dominus au nom Jésus Chrislus '.
Peut-être a-t-on parfois songé à décliner le mot abrégé, c'est du moins ce que donne lieu de croire un petit débris trouvé sous un lucernaire et qui porte une croix surchargée du X et du P avec la lettre O accostée de façon à lire i;i Chrislo* (fig. 2830).
Le peu de soin des anciens explorateurs des catacombes à noter le lieu exact de leurs découvertes et l'accumulation de débris sous les lucernaires ne permettent pas d'attribuer avec assurance tel débris à telle région et, partant, ù telle date. Dans les galeries primitives de la première area, J.-B. De Rossi n'a
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Inscription romaine de l'année 269. D'après De Rossi, Inscript. christ, urb, Ronite, 166], t. i, p. 16, n. 10.
à hauteur de la première ligne défie l'interprétation : serait-ce un poisson? Nous pouvons donc lire : Paslor et Titiana et Marciana el Chresle Marciano filio benemerenli in Christo Jcsu Domino nostro fecerunt, qui vixil annos diiodecim, menses duo el dies..., qui gratiam (baplismi) accepit domini noslri die duodecimo kal. octobris Avio Paterno II Coss. et reddidit (debitum) undecimo l;al. easdeni. Vibas inter sanctis...
Cette inscription datée nous donne un point de repère qui nous autorise à remonter plus haut avec une des plus anciennes épitaphes de la première area, du cimetière de Calliste' (fig. 2S20) :
AVGVRINE IN DOM ET yf.
* Boldelti, Osseruazioni sopra i sacri cimiteri dei crisliani, in-tol., Roma, 1720, p. 80, donne le croquis que nous j reproduisons; Muratori, Koims thesaiir. veter. inscript., t in-tol., Mediolani, 1739, t. i, p. 365, n. 2; Georgi, Notas ad Baroniiim, t. m, p. 163; Corsini, -Vote Grœcorum, in-fol., Florentise, 1549, p. xxxviii; De Rossi, Inscr. christ, iirb. ' Komss, in-fol., Rornse, 1861, p. 16, n. 10, qui se contente de la date approximative 268 ou 279, de même dans Roma i sollerranea, t. ii, p. 320, tandis que, Roma sotlerr., t. n, p. 277, il donne la date 209; d'après Rossi, p. 320, cette inscription a dû être trouvée entre la 1" et la 2' area du cimetière de Galliste. — • De Rossi, Roma sotterranea, t. ii, p. 30, pi. .xxxix-XL, n. 30. Cette pierre appartient certainement à la première moitié du m*' siècle. — =* Ibid., t. i, ]>. 277. Au reste, il importe de se rappeler que le clirismon avait servi, avant d'être élevé fi la dignité de symbole, à i
rencontré ° qu'une épitapbe presque entière avec un chrisme de grandes dimensions ' (fig. 2831), et donc la présence sur ce point serait décisive en faveur de l'antiquité du monogramme qui trouverait ainsi une attestation dans l'area primitive, si inallieureusement on n'avait rencontré dans cet ambulacre C des épitaphes apportées d'ailleurs; néanmoins, remarque J.-B. De Rossi, le dimensioni pero délia cilata pietra bene si adattano a quelle dei loculi anlichi di colesla via, ed io incliino a credcre quelV epita/Jio non cssere qua trasmigrato ma indigeno.
Dans la crypte Q ' du même cimetière de Galliste. aux environs de la communication entre l'area primitive et la deuxième area, nous rencontrons la sépulture de Flavius Cartilius Cornelianus ornée de deux
l'emploi plus modeste de ligature, non seulement parmi les clirétiens, mais même parmi les païens. Il suffit d'ou\Tir un de ces recueils qu'on nommait notanun latcrculi pour voir que l'abrévation en question avait le sens de e.ris/imare, et si on la surmontait ou si on l'accostait à droite d'un o, on lisait : existimatio. — ' De Rossi, Roma sollerranea, t. II, p. 291, 320, pi. LVii-Lvui, n. 22. Voir la note précédente — 'De Rossi, op. cit., t. il, p. 320, écarte nn miniilo briciolo rinvenulo nella via .1, qui, dit-il, pcr lu ragione composta delta sua esignita e dei silo poco o nulla voie : poiendo essere rotolato da chi sa quale parle dei cenielero con le niacerie che precipitarono nel sotlerraneo. — " Ibid., t. II, p. 320, et, dans la 3» pagination, p. 95, art. C 53, cette inscription fut trouvée dans l'ambulacre C où on signale un fâcheux mélange de pierres apportées de diverses parties du cimetière.
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monogrammes; mais, par une sorte de malchance persistante, cette sépulture ne peut se réclamer d'une clironoloi<ie certaine '. Dans la deuxième area, aucun exemple de monogramme employé comme sjTiiboIe; au premier plan, dans la troisième area, un sculchrismc trouvé sur un fragment en langue grecque peut, avec grande vraisemblance, non avec certitude, être tenu
de préférence comme abréviation plutôt que comme symbole.
L'cpigraphie du cimetière de Calliste n'est d'ailleurs pas seule à nous fournir de remarques. Marangoni avait recueilli aux environs du cimetière de Sainte-Sotère une belle série d'inscriptions, parmi lesquelles nous trouvons, notamment, sur une épi-
•2829. — Inscription de la première area du cimetière de Calliste. D'après De Rossi, Boina sotter., t. n, pi. xxxix. n. 3Ù.
pour appartenir aux loculi de la galerie m = (fig. 28,32); quant à l'épitaphe de Siluester, trouvée sous un lucernaire, elle n'a guère d'apparence d'appartenir à la famille épigraphique de cette galerie; elle a dû tomber des sépultures à ciel ouverte Enfin, au plan inférieur de cette area, une tombe entaillée à une époque incertaine dans l'enduit d'un arcosolium porte une sorte de monogramme imparfait ' :
Ainsi nousavons pu remonter jusqu'au dernier quart du iii« siècle par une épitaphe datée et jusqu'à la première moitié de ce siècle par une épitaphe, au moins, sans date. Le contraire eût été d'ailleurs invraisem-
2830. — Inwription au cimetière de Calliste. D'après De Rossi, liuina sutler., t. n, pi. Lvn, n. 22.
blable, eu égard à l'usage bien constaté dès le iii° et le V siècle, dans l'épigraphie chrétienne, d'employer des monogrammes pour les noms propres '; il y eut même un monograimue de la croix, nous en reparlerons. Voir Croix. Quoi qu'il en soit, si l'usage de l'abréviation est incontestable, il faut recoiinaitre, eu égard au nombre d'inscriptions, que cet usage a été peu répandu pendant le iii'î siècle et qu'on l'a adopté
* De Rossi, Roma sotlerninea crisliann ilcst-rithi ni illiis- Irala. i i-fol.. R jiiia, 1.m;7 t.ii, p. 320, pi. xxxv, n. 14, 15; et. p. 107, 108. — •- Ibid., t. n, p. ,321, pi. i.vii, n. 28; cf. p. 291. — » Ihut.. t II, p. :i21, pi. XLix, n. 24; cl. 3" pagination, p. no. — ' Ibid . t. 11, p. 321. — ' Ibid., pi. xxxix.
CONIVC i
2831. — Inscription dans la première area
du cimetière de Calliste.
D'après De Ro,ssi, Royna sotlerranea. t. n, pi. XLV, n. 3.
taphe du iii!^ siècle, l'emploi du monogramme comme sigle d'abréviation ' :
FL CRISPINVS AVRELIAE ANIA NEII BEN-M-COIVGE QVE VIXIT AN XXVIII OVEM COIVGE HABVI AN Vllll KARITATESINEVLAANIMEAAEI 5 LESIONE VALE MICHI KARA IM PAGE
CVWI SPIRITA XANTA VALE IN;^-
Fl{avius) Crispinus Aurdise Anianeli ben(e) m(erenli) coiuge (= conjugi) qu{a)e vixit an(nos) XXVIII
2832. ~ Inscription au 1" plan de la troisième area. D'après De Rossi, Ruina sotlerranea, t. Il, pi. i.vii, n. 28.
quem (= quam) coiii/)e{m) liuhiii an{nos) VIIII Icarilale sine ul(l)a anime (= animi) met lesitme : Vtile milti kara im (= in) pare cum .•ipirila xtinla ( ciim spiritibus sanctis) tuile in Cbristo.
Il 17; pi. XLIII, n. 43, 4."); pi. xi.v, ii. M: pi. xi.ix. n. 19; Hnd. di arcli. crist., 1803, p. 3.">. — * Marangoili, Aftti .S'. Victorini, lecture inexacte; rorigiiKil est à Anagiii, dan^ l'église des Saints-Cônie-ot-Dainien. Cf. De Hussi, Hoiim soUerranea cristiana, p. 132.
CHRISME
La partie primitive <lu cimetière de Sainte-Sotère est d'ailleurs contemporaine de la paix de l'Église, et c'est ce qui exp ique que, dès qu'on y pénètre, on rencontre les monogrammes formant une série à peu près ininterrompue perdant sa valeur de sigleabréviatif pour s'affirmer isolément, en manière de symbole, parifois enferme dans un cercle ou dans une couronne '.
Mais c'est au cimetière de Priscille, dans l'hypogée des Acilii et les galeries voisines, que nous rencontrons les exemples les plus remarquables et les plus démonstratifs. Une inscription échappée à la rapacité des anciens explorateurs et demeurée en place nous donne ce texte ^ :
O nATHP TGùN nANTOON-OYC enOIHCHC-K-
nAPeAABHC-eiPHNHN-ZOHN-R-MAPKeAAON
COI AOZA • CN ■ :](
p!i>,ciaéavî) E'pr,vïiv, 'A&qy /.al Mipvt-'/.Xov. Aô?a 50; Èv Xp!(rTiTi. — O paler omnium, r/i;os creasli et assiimp.iisti ((issiime teciim) Irenen. Zùen et Marcellum. Gloria tibi inChristo.i PéTe de l'univers, reçois chez toi Irène, Zoé et Marcel, car ils sont tes créatures; à toi soit honneur dans le Christ, notre espérance'. » L'inscription date, au plus tard, du iir' siècle, et nous trouvons dans les Conslilutions apostoliques une raison semblable donnée de la recommandation des défunts : « Dans ta miséricorde,tu ne l'as pas méprisé (l'homme) bien qu'il eût mérité de périr, étant ta créature '. ■•
Cet exemple n'est pas le seul que nous rencontrons dans ce cimetière. Dans la galerie qui s'étend immédiatement à droite de la grande salle de l'hvTJOgée des Acilii, un loculus de la période primitive encore fermé complètement porte l'épitaphe suivante en belle épigraphie du type priscillien le plus ancien ' :
il-H:fKAPnOC AOY AOC GY
(èv) 'ïr,<srj'j Xp:<7Tiri Kdcp-o; îoi)-o: OïoO. " Kn .Tésns- Christ, Carpus, serviteur <le Dieu. »
.\utre exemplaire sur un marbre provenant de la partie primitive, le noyau du même cimetière' : FILVMENVS • VARRONIAE FOTINE . FILIAE • SVAE FECIT
AOY W$, AH
Kntin, sur une pierre funéraire du ni- siècle mise à jour pendant des démolitions faites à Home ' : T-ô -,v.-j7.}YTATH CYMBIOÛ
SeiAPvYXAPIC v.',:ii.r,'jxn\i CN I TÏÏ XP
' De Rossi, Roma sollerr., t. m, p. 180. — ' Comptes rendus de VAcadémie des inscriptions, ISSS, p. 227; De Rossi, Bull di oTcli. crisl.. 1888-18S9, p. .11. — «L'ancre doitelle être liée au texte el continuer la plirase, c'est douteux. Voir Diclionn., t. i, au mot .\ncre, col. 2027. — * Cf. Bickell, Die neiienldekte « Lelire des Apostets " und die Liturgie, dans Zeilsdtrill fUr kalliolisclie Tlieologie, 1884, p. 460; J. Wilpert, Fractio punis. La plus ancienne représentation eucliarislique, in-4°, Paris, 1896, p. 46-47. — ■ De Rossi, Bull, di tu-clieol. crisl., 1888-1889, p. 34. — ' Lupi, Dissert, et animadu. ad nuper inventum .Seiierœ nuirtijris epilaphiiun, in-t», Panormi, 1735, p. 137. — ' Gatti, dans Bullellino délia commiss. urcheol. comnnale, 1889, p. 210. — > Marangoni, Acta S. Viciorini, in-J", Riimœ, 1740, p. 115; Vettori, De vetustate et forma monogrammniis
RENATV