CHRONIQUE ALEXANDRINE
temps (Ir CU'iiieiit (l'AIexaiulric, peut-être iiiêine jusqu'à l'époque de s;iint Justin martyr. C'est ici un nouveau témoignage et que l'illustration qui l'accompagne rend unique en son genre.
Fol. 4. Les rois de Rome. Recto. Une figure d'homme debout, vêtu de la chlamyde rouge-violacé, le bras nu posé .sur la poitrine en un geste oratoire. Dans l'angle inférieur de la page, un groupe de six personnages, imberbes, vêtus de la chlamyde; tous semblent porter le bandeau royal, on lit encore : CePO[J]IOC et TA(f.]KYNI[rj;|.
Verso. Les rois de Sparte. Trois bustes, deux imberbes, un barbu, tous trois ])ortent le bandeau.
Les inscriptions qui accompagnent ces figures sont sans intérêt pour nos études.
Fol. ô. Les rois de Macédoine. Recto. Trois bustes imberbes, avec le bandeau.
Verso. Les rois de Lydie, quatre bustes.
Toutes ces listes ne paraissent présenter aucune particularité nouvelle, du moins dans les portions minimes ainsi conservées.
Fol. 6. Annales de 3S.3 à 392 après Jésus-Christ '. C'est le folio le micu.x conservé du manuscrit et c'est aussi celui qui nous fournit les renseignements historiques les plus curieux. Il a été reconstitué et complété par yi. A. Bauer dont nous reproduisons le travail en regard de la planche '2909, avec le résumé qu'en donne M. Scymour de Ricci : « Cette partie du papyrus contient, comme on le voit, une chronique 'annuelle des événements les ])his importants des années 383 à 392 de notre ère; cha<|ue année est désignée, d'abord, par l'indication marginale de l'année selon l'ère des martyrs -, ensuite i)ar les consuls, en troisième lieu par le nom du préfet d'Egypte (pra^ieclus augustalis, augustalis et même aiirinslalis Ale.randriiv). Les dates particulières de chaque événement sont données en mois et en jours, suivant le calendrier romain, mais toujours avec l'indication du jour et du mois correspondant de l'année égyptienne. Cela seul suffirait, si c'était un instant nécessaire, à prouver l'origine alexandrinc à la fois de notre chronique sur papyrus et des E.i'cerpla Barbari dans lesquels, à l'exception de la concordance (d'ailleurs inexacte) avec l'ère des martyrs, on relève identiquement les mêmes particularités chronologiques. L'emploi comme èponymes des noms des préfets ne se rencontre pas seulement chez nos deux chronographes; il se retrouve également dans un recueil syriaque d'une importance capitale qui, malheureusement, n'est accessible jusqu'ici à la majorité des travailleurs que dans une traduction allemande et dans une traduction latine dont ce serait faire un grand éloge de dire qu'elles sont médiocres : je veux parler des Épitres feslales de saint .\thanase '. L'intitulé de chaque lettre nous donne, il la vérité, la date complète avec les noms des consuls, de l'augustal, etc. ; mais nous retrouvons ces renseignements plus détaillés encore dans un curieux index placé en tête du recueil et qui est une véritable chronique alexandrine des années 328 à 373, empruntée, non, comme le croit E. Schwartz, aux Épliémèrides du patriarcat d'Alexandrie, mais à l'oeuvre classique de quelque chronographe alexandrin, œuvre analogue, sinon identique aux E.xcerpta Barbari et à notre papyrus.
» Circonstance heureuse et digne de remarque :
' M. Bauer, ttp. cil., p. .35, remarque que le chronographe s'est trompé de deux ans dans son èqiii\'alence, et que. si l'an 102 correspondait à 384 après J.-C , l'ère des martyrs daterait non de 284, mais de 282. L'erreur n'est, au contraire, que d'une année, car l'ère n'a pas débuté par une année zéro. L'an 102 des martyrs commença véritablement le 29 août 285 et non 286, comme parait le croire M. lîauer. — M. Bauer aurait pu renvoyer à l'inscription de l'église
la ])ortion conservée par les Exeerpla Barbari (367- 384) remplit exactement la lacune entre les zEii/aia des Épîtres festales (328-373) et le feuillet du papyru,s Golenischefï (383-392). Grâce à la triple bonne fortune qui nous a rendu par des chemins si divers ces trois textes précieux, c'est pour une période de plus de soixante ans (328-392) que nous possédons maintenant la ■ Chronique alexandrine ».
" Revenons au papyrus Golenischefï. Pour l'année 383, il nous signale la mort de Gratien et la naissance d'Honorius: nous retrouvons ces événements dans les E.vcerpta Barbari (fol. 63 v») racontés en termes presque identiques à ceux du papyrus : Eo anno occisus eslGratianus \\ imperator sub M(nimo Tiiranno |] in Leudana viii kl. septembris \\ et plus loin : eo anno nalLis est || Honorius in Constant inopolim \\ v idiis sep.
« Il serait trop long de poursuivre ainsi ligne par ligne l'analyse de cette page du papyrus Golenischelï; nous nous contenterons donc de ce spécimen et, pour plus de détails, nous renverrons au commentaire si copieux de M. Adolf Bauer *. .11 faut cependant signaler l'intérêt que présente la lisle des préfets d'Egypte et aussi les obscurités qu'on y rencontre, les contradictions apparentes ou certaines qu'on relève entre les indications du papyrus, celles des E.xcerpta Barbari et celles, si précises cependant, des constitutions du Code théodosien, sans parler des renseignements donnés par les sources secondaires. Lea Excerpta Barbari sont, par endroits, inintelligibles et des paragraphes entiers sont transposés. Les dates des constitutions du Code théodosien ne présentent pas toujours des garanties sullisantes; enfin, le papyrus Golenischelï n'est pas infaillible, comme nous l'avons vu pour la concordance avec l'ère des martyrs. »
Recto. j
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Sancta Maria Antiqua du Forum, dans \iiiwo buît. di areh. erisl., 1900, t. vi, p. 296-297, rééditée par Rushforth, Papers 0/ llte Britisli .Vr/ioo/ al Rome, 1902, t . i, p . 59-61 . — - Pulilic;-s en 1848 par Cureton, traduites en allemand par Larsow en latin par Aug.Mai.Lcs intitulés et les dates sont reprodui'.s. traduits et discutés de main <ie maître par E. Schwartz, Z(ir Gescliiclde des Allianasius, dans .\acltrichten, Gottingen, 1 90 1 p. 333-356. — 'Eine alexandrinisdie Weltclironilx, p. 49-75
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