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Ce feuillet 6 est curieusement illustre. Au rcclo, deux groupes d • figures. En haut, à gauche, un tout jeune enfant entièrement nu, son identification semble certaine; ce petit garçon, assis sur une peau de panthère, est le jeune Honorius dont la Clironique relate la naissance à l'année 383; à côté, gisant sur le sol, un objet peu distinct et qu'on pourrait prendre pour la paitie inférieure du corps de Gratien assassiné et encore teint de sang.
Plus bas, une momie dans ses bandelettes avec la mentionTIMO GCOC; c'est le patriarche d'.-\lexandrie dont la Clironique rappelle la mort en 387.
Au-dessous, un vieillard barbu, assis; c'est le propre successeur de Timothée O AriO[i] ]! eeOctJf'.] H A0[;]. Le patriarche tient un livre dans la main gauche et gesticule de la main droite.
.\u verso. Un personnage vêtu de la chlaniyde rouge-violacé; à ses pieds un personnage agenouillé. Si cette miniature est l'illustration du texte voisin, nous avons ici l'empereur Théodose et peut-être, à ses côtés, son fils Honorius.
.\u-dessous, un évêque, vêtu de la chasuble, tenant un livre dans la main gauche, la main droite levée, barbu, les cheveux clairsemés; à ses pieds, des palmes. C'est AnOC |0£]O<t>ll'o:]. Il est placé sur un piédestal orné, où l'on peut voir avec quelque bonne volonté une figure de Sérapis, ce qui s'explique par la part prise dans la destruction du Sérapeum par Théophile d'Alexandrie. Cet épisode du Sérapeum était alors généralement considéré comme une action d'éclat et un service éminent, aussi le miniaturiste a pris
soin de figurer le Sérapeum avec ces mots : [ÎCa]- PAnijiON T0;1[I ePON, et au-dessus de l'édifice : TAKAPION.
A droite du feuillet et au-dessus du Sérapeimi, la mort de l'empereur Valentinien à Vienne; en légende on lit encore: BAAE|/T!avo;]; au-dessous, la mort de l'usurpateur eYrEN[-.o;].
L'intérêt de ces illustrations est multiple. .\u point de vue historique et iconographique, il est possible que Théophile soit un portrait, nous avons déjà eu l'occasion de commenter son vêtement. Voir Chasuble, col. 1193. Mais c'est surtout au point de vue artistique que nous nous plaçons. Les miniatures sont ici en corrélation avec le texte et il semble qu'au fur et à mesure que le copiste transcrit, il réserve une petite place selon que lui vient l'idée d'un croquis à jeter en marge. C'est ainsi que les croquis s'enchâssent dans le texte, le chevauchent même parfois, l'encadrent, le coupent, semblent partout le faire reculer devant eux. Les couleurs sont variées : bleu, rouge, vert, jaune, brun, violet, puis d'autres tons moins francs ou trop altérés par le temps. Autant qu'on en peut juger, il s'agit de véritables peintures et non de dessins coloriés; ouvrages de premier jet, nulle part on ne relève trace d'un trait de plume ou de pinceau antérieur à la peinture.
Dan> le manuscrit de Paris des Excerpla Barbari, Schœne avait conjecturé que les places vides laissées dans les pages, : oit en haut, en bas ou au milieu, comme autant d'îlots respectés par l'écriture, étaient réservés aux miniatures. C. Frick s'associait à cette conjecture et écrivait : Fuil igitur archelypus Gnecus liber splendidissimus onuii arte et magnificentia inslructus. Le papyrus Golenischeff est venu démontrer l'exactitude de la conjecture, mais il s'en faut que les miniatures de l'archétype fussent de délicats chefs-d'oeuvre.
Fol. 7 et 8. Ces deux feuillets ne se composent que de fragments sans liaison auxquels une découverte future, si elle se produisait, imposerait sans doute une distribution nouvelle. Jusque-là on n'a pas de raison de s'écarter de la répartition admise par les éditeurs.
7. Recto : fragment a : une partie d'une figure masculine drapée avec la main bénissante et une figure féminine tracée avec plus de fermeté qu'aucune autre du livre, à côté de la tête de cette dernière on lit : ANNA :
Fragment b : deu.x lignes d'écriture contenant quatre lettres chacune;
Fragment c : une figure masculine vue jusqu'aux genoux, barbue, tient un UvTe, c'est ZAX[ip:]AC;
Fragments d, e : un ange nimbé, imberbe, oint le petit saint Jean dans les bras de son père Zacharie (Zïy]API[a]C). L'ange a, semble-t-il, des ailes; saint
Jean est nimbé et désigné par le sigle O XC. La légende paraît être celle-ci :
£:::?i-] [va: Toï; ev tr/.ciTci] (xai <r/.'.i ôavdtTou] [x a 6 r, ijt I V 0 i ; t o 0] [/.aT£"j90vat to'jc]
{T.6'.-xi Y,u]cùN eic
[ôSbv EJIPHNHC
Verso : fragment n : une figure assise; à sa gauche, trois figures masculines, plus bas et de plus grande taille, un orant. Est-ce Samuel parmi les frères de David et David couronné, priant?
Fragment b : deux hgnes d'écriture contenant quatre lettres chacune;
Fragment c ; une fenune, dont il reste la tête,
DicT. d'Archéoldci
Letouzev et Ané, éditeurs
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