CHRONIQUE ALEXANDRINE — CHRONIQUE PASCALE
ou lit encore ANNA et ce fragment de texte reconstitue :
[o £T0iiJ.à(ji; y.ari]
[tlQQGOillfi'J TravTfov]
[t(7)v ).oi(.j]N 4)000
\d; i-o/.a]AYYIN
[iOvwv /.z]! AOZAN
[).aoj tro^lJHA
Fragments d, e : la vierge Marie avec son Fils, sur les bras et sainte Elisabeth. H ATI A MARIA, et ce fragiuent de texte :
[iyÉvîTO r, çtovr, toO] [àfjTiao'iiO'j ffou £tç Ta w-] [;dc ixo'j £t<x!pr(;i7£v] [iv à-;aA).:âa5', to ] [3pJlct'OC CN TH KOI [>,i]A MO Y
H. Sur les douze fragments dont se compose cette page, sept sont indéchiffrables ou inutilisables aussi bien au recto qu'au verso, ce sont les fragments : <t, g. II, i, k, I, m.
Fragment ft : une sorte de piédestal dans un jardin, on lit encore AfTO AAA (ij.?);
Fragment b verso : ilcux bustes assez caractérisés, homme et femme;
Fragment c, une sorte de trait en forme ovale : |x7to t]OY aaam;
Fragment c verso, la moitié inférieure d'un personnage;
Fragment d : un jeune garçon en orant;
Fragment d verso : un personnage tenant un livre à la main, il reste de la poitrine aux genoux;
Fragment e : peut-être saint Jean-Baptiste ou Jésus, on voit les cuisses et les jambes nues d'un personnage vêtu d'une sorte de veste allant jusqu'à l'aine;
Fragment c verso : la tête de saint Jean-Baptiste sur un plat.
BiBUOGR.\PHiE. — A. Bauer et J. Strzygowski, Eine alexandrinische Wellchronik. Texl und Miniaturen eines griecluschen Papyrus der Sammlimg W. Goleni.iiei', dans Denkscliri/ien der kaiserlichen Akademic der- Philos. W. Iiisl. Klasse, 1906, t. Li.part. 2.
— Seymour de Ricci, Chronique (Uexandrinc sur papyrus, dans Rcimc archéologique. 1908, p. 108-116.
— J. Wilpert, Beilrâge zur chrisllichen Archaologie- XIII. Dus Biid des Patriarchcn Theophilos in einer alexandrinischen Wellchronik, dans Rômische Quartalschri/l, 1910, t. xxiv, p. 3-29. — J. Strzygowski, Wilpcrls Krilik meincr Alexandr' nischen Wellclvronik, dans Rômische Quartulschrifl, 1910, t. xxiv, p. 172- 17r).
H. Leclercq.
CHRONIQUE PASCALE. Sous le nom plus répandu de Chronique pascale et moins employé de Clironique d'Alexandrie, ou Chronique de Conslanlinople, ou encore Fasii Siculi, ou désigne un docuuicnt composé essentiellement d'une table chronologique enrichie de notices historiques s'étendaut depuis la
1 C. Du Gange, U'/,r7yv/.;ov seu Chronictui Paschale^ in-fol., Parisiis, KiSS, Pnef., c. x, p. vin. — = Clironicon Alexamlrinum idemque astronomicon et ecclesiasticum, cdit. Hader, Monachii, Ifil."). — ' H. Gelzer, Sexliis Julius A/ricamts und die hijzimlinisclw Citronographie, in-8°, Leipzig, 1885, part. II, p. 139 : Der Bcnrbeiter der Chronik tinter Ileraklcios soU ntir der Contimtator eines uiet àttern Werkes sein. Lucas Holstenin.^ qnnntnm conjicere lieet, wie Du Cange nttrsichtigerweise l>entfrk^ ivill einen Codex gesehen liaben, ivelcher aus Constantinopcl stanmit und, p. 511, I. 13, mit den Wortcn :tp'j •:î'jff'>-ouv î-;5.ô>> .AjyiJTToj bereïts tiufliorl. Utdstein hatle die Vcwianlen vermehrl dureh eigne Verbciserungen, ani Rande einer Riiderschen Ausgtilw angemerkt, p. 141 :... Icli gïunbe demnaclï, dass die tiltere Rédaction der Chronik
création du monde jusqu'à l'an G27 de notre ère. Le texte comporte en outre la computation par oljiiipiades et par dates consulaires, enfin par indictions. Le compilateur puise partout où il espère trouver quelque renseignement de nature à s'adapter à son dessein, c'est ainsi qu'on a pu constater parmi ses sources l'emploi de la Bible, de Sext. Jul. Africanus, d'Eusébe, d'Idatius, d'Épiphane, de pseudo-Callisthènes, de Jean Malala, enfin des Actes des martjTs. Le titre général dans le manuscrit le plus correct, Vulicanus gr. 1941, du x' Mécle est, 'E-'.T0[i7i ypà-JOiw Ttîi^i à-Kn *Aûà[A... É'w; v.' k'xou; t-î^ç paçtÀct'aç 'Hpa'/./.eiou toO eCrriêîfTrâTov "/.al [xEtà uîraTsiav k'-o-j; lô' xa'i i»i' ÏTQu; TT,; Jiïut/eia; 'Hpay.)£;'oo vio'j KMvaravTivou Toû a'JTo-j ■j'oû ivS'./.T'.ojvo; y'. D'après ce titre, la Chronique devrait s'étendre jusqu'à l'année 629, mais la mutilation du manuscrit l'arrête en 627.
Dans la Préface qu'il mit à son édition de la Chronique, Du Cange écrivait' :
Quoad igitur setatem auctoris Chronici, cum non unus exstiterit a quo elucubratiim fuerit, constat salteni illum, a quo ad Heraclium perductum est, non esse totius operis scriptorem, sed alterius qui in annuni Constantii XVII, qui est Christi 351, desicrit, c3ntinuatoreni et interpolatorem. Id doceniur prïesertim ex doctissimi Holstenii observationibus, quas codici suc Clironici Alexandrini édite subinde aflîxerat, hisce ad pra?dictum annunï Constantii, post ha?c verba i'.^^> Aj-^oJ^rroj, adscriplis : Hic desiit auctor Chronici Paschalis, cîetera sunt Continuatoris. Id certe subodoratus fuerat vir ad modum sagax Franciscus Pithœus, qui de hoc Chronico verba faciens, aicbat illud videri scriptimi ultinio Magni Constanlini anno, Feliciano et Taliano Coss. Inde crgo colligitur prinium auctorem Paschalii vixlsse circa tempora Constantii, quibus adliuc vigebant de Paschalis testixitatis die controversise : quae cum recruduissent sub Hcraclio, ut intra observamus, occasioneni alteri pra'buerint Paschale istud Clironicon pridem conscriptum, s:riptoris insistend'j coniputistica- rationi^ ad sua usque tempora perducendi, atque adeo priorem hanc editionem suliinde inLerpolandi, dum sua vel aliéna intermiscet. Prius istud Chronicon vidit Holstenius, et, quantum conjicere, ex codice nis. quem, ut ex v. c. Emerico Bigotio didicimus, abbas de Farina Siculus régi cathoUco ab Oratorio ConstantinopoU comparaverat, ipsique communicaverat. Illud dcinde cum édition? Raderiana = idem Holstenius contulit, variis ad margines adscriptis conjecturis : ubi qua? subinde erant inserta ab intcrpolatore, deerantque in eodem ms. exemplari diligcntcr adnotavit. Quin etiam in reliqua deinceps Clironici parte cincndationes ex ingenio adjecit. Qu;b quidem oninia in...
Xous apprenons ainsi que le manuscrit de Holsten contenait un texte plus ancien et moins étendu, s'arrêtant à l'année 354. Ce point serait d'une grande importance, car une Chronique compilée eu 354 ne peut qu'être l'une des sources ou un document parallèle aux sources utilistes par Jean .Malalas, Épiphane, etc. Malheureusement la bonne foi de Holsten a été mise en doute et l'existence du manuscrit utilisé par Du Cange dans les notes de son édition a été niée; Du Cange aurait été mystifié par Holsten", et ceci était passé presque à l'état de certitude à laquelle il ne fallait plus contredire, sous peine d'être indigne de demeurer in nostro dodo corpore'.
unter Cm.'itantius sich in nicliis millisl. — ' C. Frick, dans Bgzantinische Zeitsclirift. 1832, t. i: G. Kruger, dans Realencgklopiidie fur protestantisclte Théologie und Kirche, 3" édit.. 1898, au mol Clironicon Pasclmle; K. Krumbacher, Bgzantinische I .itteralurge.tchiclite, in-8», Mûnchen, 1897, S 142; Die friilier verbrcitete Annahme einer alleren Rédaction iinlcr Kai.Her Constimtiits... ist durcit Gelzcr's tiefgeltende l'ntersitcliungen liin/allig gerorden; J.-B. lîur.v, dans l'édit. de Gibbon, London, 189S, t. v, p. 497; Th. Mommsen, airo- ;iica minora, dans Monumenta Ccrnianiie historica, m-i", Berlin, 1881, t. ix, p. 203 : Clironicon i'a.tcliale qtiod iiiipellari snlet... prodiil anno, ut titillas ait, p. Clir. 6:i0 ConstcuUinopoU, nam qtiœ fertitr jacta esse a. 3ôi editi) prior, eani ntillant esse vtri docti îtodie consentitinl.
CHRONIQTE PASCALE
CHROXOGRAPHE DE 354
Cependant il arriva qu'en préparant l'édition du Dialogue de Timothée et Aquilas, M. F. C. Conybearc fut amené à comparer ce qui s'y trouve toucliant l'apostasie d'Aquilas avec les passages parallèles d'Épiphane et de la Chronique pascale'. 11 put constater que ce dernier texte offre des variantes notables par rapport au texte d'Épii)hane, variantes qui reparaissent pour la plupart dans le texte du Dialogue. Le Dialogue et la Chronique dépendraient donc d'une source utilisée aussi par Épiphane, mais à sa manière. Bien que le nis. de Holsten n'ait pas été retrouve dans la bibliothèque Vaticane, une réaction comjncnça à se dessiner en faveur de l'honorabilité du vieux savant fort gratuitement mahnené ". La notice consacrée à ;on contemporain Bigot par L. Delisle devait achever la réhabilitation de Holsten; voici le passage relatif à la Chronique pascale^ :
■I Mais ce qui achève de peindre les goûts studieux et le désintéressement de Bigot, c'est la lettre dans laquelle il entretient Du Cange de ses travaux sur le Chronicon Alcnindriniim. Pendant les loisirs qu'il avait eus dans les hùtellcries d'Allemagne, il s'était amusé à corriger la version latine de cette Chronique dans un exemplaire qu'il avait spécialement fait relier pour ce travail. De son côté, Holstenius avait connnencé à revoir la même version et à coUationner le texte arec sur le manuscrit original qui lui appartenait. Quand Bigot vint à Rome, Holstenius ne se contenta pas de lui donner communication de son travail; il le chargea de le terminer et de l'emporter en France pour le comprendre dans la collection des historiens byzantins. De retour à Paris, Bigot confie à Thoiuard l'exemplaire du Chronicon Alexandrinum qu'il rapportait d'Italie et celui sur lequel il avait travaillé en Allemagne. Thoinard garda ces volumes pendant plusieurs années, différant d'en commencer l'impression et éludant les trop justes réclamations de Bigot. Ce dernier avait à peu près oublié cette affaire quand il apprend que Du Cange prépare une nouvelle édition du Chronicon Alexandrinum... Loin d'être contrarié par cette nouvelle. Bigot ne songe qu'aux moyens de faciliter la tâche de son ami : il ne pense pas un instant à l'édition dont il avait, de concert avec Holtenius, réuni tous les éléments. La singulière conduite de Thoinard ne lui arrache pas même un mot amer; il n'a qu'un désir, celui de recouvrer ses anciens travaux pour les mettre sans réserve à la disposition de Du Cange'. »
La question de la date de la Chronique jxiscale est donc rouverte et son importance se laisse entrevoir du premier coup d'œil pour l'étude de l'antiquité et de l'archéologie chrétienne. Le manuscrit de Holsten, son origine, ses sources, sa date, restent à déterminer.
li. Leclercq.
CHRONOGRAPHE DE 354. L'art de la miniature originaire d'Égyiite, développé à Alexandrie, acclimaté à Constantinople, ne produisit à Rome qu'un nombre probablement très restreint d'ouvrages. Le seul spécimen qui nous en ait été conservé est le calendrier illustré connu sous le nom de Chronoyraphe de 354, d'après l'année où il fut exécuté. Nous avons parlé déjà de ce monument sur lequel nous ne revenons ici que pour le représenter sous un des noms qui servent à le désigner. \'oiv Biclionn., t. ii, col. 1586, fig. 1862,
' F. C. Conybeare, On ihe date o) composition o/ llie I'a\chal Chronicle, dans The journal 0/ Iheolouical slitdies, 1901, t. II, p. 288-298. — = M.Seyniour de Ricci, le P. Elirle partageaient dès lors la manière de voir de AI. Conybeare. — ' L. Delisle, Bibliolheca Bigoliana manuscripta, in-8°, Rouen, 1877, p. xiu. — ' Ceci n'est qu'un résumé de la lettre de Bigot à Du Cange, dans Delisle, op. cit.; F. Conybeare, loc. cit., p. 292-293. — s Grœ\ius, Tltesuunis anliquitatum ronum.rnm, in-lol., Trajecti ad Rhenuni, 1698, t. viii.
Voici l'inventaire et la description des miniatures qui nous ont été conservées grâce aux copies prises au xviic siècle'.
1° Feuille de titre. — • Strzygowski, Die Kalenderbilder, p. 23-24, pi. m; Grœvius, fol. 95: Diclionn.,
2" La ville de Rome. Une femme assise sur un fauteuil à dossier carré, tenant dans la main droite la statue de la Victoire, dans la main gauche une lance: au fond, un rideau relevé à ses pieds, un amour portant sur l'épaule un sac d'où les pièces de monnaie tombent à terre. — Strzygowski, p. 24-29, pi. iv.
3° La ville d'Alexandrie. Une femme debout, drapée, tenant dans la main droite l'olivier, dans la
2910. — La Victoire.
D'après Slrzygowslii, Die Kalenderbilder des Chrotwgraphen von 55i, dans Jahrbiick des kaisertichen deutschen arcltiiologischen Instituts, 1888, t. i, pi. vin.
gauche les épis et les fruits; des épis ornent sa chevelure, elle repose sur un socle, ce qui montre que nous avons ici la copicd'une statue. A ses pieds,deu.x amours nus portant chacun un chandelier alliuné. Dans la perspective, deux bateaux à voiles. — Strzygowski, p. 29-30, pi. v; Diclionn., fig. 2010.
4" La ville de Constantinople. L'ne femme debout tenant de la main droite une couronne à Icmnisque llottant, appuyée de la main gauche sur une lance. Déjà couronnée d'une couronne obsidionale. deux amours au vol lui apprêtent une couronne de lauriers. A ses pieds, trois amours, l'un porte son camarade sur le dos afin d'approcher une torche à portée de la main de la femme, l'autre court, son finnbeau à la main. — .Strzygowski, p. 30-31, pi. vi.
5° Trêves personnifiée. L'ne guerrière debout, portant la lance, le bouclier et le casque, pose lourdement la main droite sur la tête d'un barbare, aux mains liées, qui flécliit. En haut, le butin, une corne, un
p. 95-104; l'autre e.xeniplaire est reproduit par Strzygowski, Die Kalenderbilder des Clironographen l'om Jahre 354, dans Jcdirbuch des kais^rliclien deiUschen archuologischen Jns/idih, Berlin, 1888, t. 1; G. Millet, L'art byzantin, dans .\. Michel, Histoire de l'art depuis les premiers temps chrétiens, in-8°, Paris, 1905, t. i, part. 1, p. 207-208; R. Gagnât, Une mosaïque de Cartilage, dans les Mémoires de ta Société nationale des antiquaires de France, 1898, t. 1.VII,
CHRONOGRAPHE DE 354
l'alicc t't un verre à boire gcinniés, une coupe; on bas, le bouclier, l'arc, le carquois du barbare. — Strzygowski, p. 31-32, pi. vu.
6° La Victoire, debout, ailée, traçant sur un disque gemmé les mots (fig. 21110) ;
SALViS AVGVSTIS