‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 41 sur 303 · POTESTAS SEDIS APOSTOLICAE VOLVIT CONCEDERE · texte numérisé non relu

POTESTAS SEDIS APOSTOLICAE VOLVIT CONCEDERE

(HONOREM 5 ARCHIBIS FATEOR VOLVI NOVA CONDERE

(TECTA ADDERE PRAETEREA DEXTRA LAEVAQVE CO-

[LVMNAS QVAE DAMASI TENEANT PROPRIVM PER SAE-

[CVLA NOMEN

On a tiraillé en tous sens le mot archibis de la ligne 5'. Il marquait si clairement que le dépôt des archives pontificales était ici désigné et qu'il était situé à bonne distance du Latran où on suppose que,

' De Rossi, Bull di arcb. crisl., 1869, p. 18; llommsen, dans Xeiics Archiv, t. x, p. 584. — '• Solilia dignilatiim. Occident, iv, 27-29, édit. Seeck, p. 114. Sur les scrinia de la Prélecture urbaine ad œdem Telluris, cf. R. Lanciani, dans Bull, délia coinmissione archeolog. comunale, 1882. p. 162. — 'Thiel, Episl. ronumor. pontif., p. 447. — 'Liber ponlificalis, édit, Duchesne, t. i, p. 213; Hadrien I", Episl. ad Carol. Magnum, dans Mansi, op. cit., t. XIII, col. 801. Sylloge de Verdun, dans De Rossi, Inscr. christ., t. II, p. 143: M. Ihm, Drtmaii fpijromma/a, in-16, Lipsia-, i895, p. 57, n. 55; p. 5S, n. 37; F. Piper, dans Zeitschri/t fur Kirchengeschichle, 1877, t. i, p. 221 ; M. Rade, Damasus.Bischofvon Rom, in-S», Freiburg, 1882; .\rmellini, Le Chiese di Roma, p. 312. — ' Coustant, Episl. sum. ponlij..

depuis l'époque de Constantin, était situé le scrinium sanctum, qu'on imagina de lui faire dire autre chose. En réalité, archibum = (archivum) n'a qu'un seul sens, celui que nous lui donnons. Le poème de Damase nous apprend qu'en ces lieux où son propre père fut eiceptor et Icclor, ensuite lei'ita et sacerdos. le fils commença lui aussi sa carrière : /une... hinc, c'est-à-dire ex archivis; c'est là qu'il fut à son tour lector jusqu'à ce que, franchissant tous les degrés, il s'éleva jusqu'au pontificat : hinc mihi provecto. En ces mêmes lieux où son père avait fait ses débuts, c'est-à-dire avant le iv siècle, Damase condidit nova tecla archivis. Tout porte donc à croire qu'avant le pontificat de Damase, avant celui de Jules L"', avant la Paix de l'Église, la chancellerie pontificale s'élevait à l'endroit même où fut construite la basihque et les portiques de Saint- Laurent. Désormais, les services pouvaient s'y étendre à l'aise puisque les nova tecla comportaient des portiques : addilis dextra lœvaque columnis. L'ancienne basilique fut détruite en 1486; jusqu'alors elle avait gardé devant l'entrée un portique curieux : de chaque côté de la cour intérieure se voyaient deux rangées de colonnes. Quant à la cour avec des ailes de chaque côté, elle était située non devant l'entrée, mais derrière l'abside. Ainsi l'église se trouvait entre deux portiques, l'un avant, l'autre arrière, contenant les bibliothèques et les archives dans des chambres appuyées à ces portiques.

Nul doute que le pape Damase ne pensât que cette installation durerait per sœcula; on se souvenait encore des illustres fondateurs des grandes bibliothèques anciennes et le pape souhaitait que son nom fût conservé par la renommée qui l'attacherait au palais des archives qu'il avait fait construire. Sans doute, il veilla à l'installation et à l'aménagement. On voit qu'on prenait plaisir à faire mention de l'établissement nouveau, car on lit dans les actes du concile romain de 369 : simililer cl alii CXL VI orientales episcopi subscripserunt, quorum suhseriptio in authenlicum hodie in archivis romanœ licclesia: tenetur^. Saint Jérôme nous apprend quelque chose de l'activité de la chancellerie de Damase qui in chartis ecclcsiaslic's juvil et oiienli" algue ocridenlis synodicis consallationibus rcspondif'; il donne à la chancellerie le nom de charlarium Ecclesis: lomanœ et nous dit qu'on y communiquait à tout venant les lettres des papes '. Ce que nous appelons les regesla des papes a donc existé dés le temps du pontificat de Damase >. Boniface Isf, en 419, et Innocent I'', dès 412, se réfèrent à ces lettres '^ enfin le pape Sirice, successeur immédiat de Damase, commence la série des décrélales authentiques. Sirice, nous dit-on, fecit constilutum in omnem ecclesiam, qu'on devait conserver in omni Ecclesiœ archibo '°.

Au V siècle on préférait à l'expression charlariiim Ecclesise ronumœ, celle de scrinium ou scrinia Sedis aposloUcœ. Ce sont les termes qu'emploient Boniface I"', Célcstin I'', Léon le Grand et beaucoup d'autres. Probablement ce fut au v" siècle que les archives furent transférées de la demeure que leur avait assignée saint Damase pour être installées au

p. 500. Cf. Bethmann, dans Seues .irchir, t. xii, p. 201. Un contemporain de Damase, saint Basile, Epis/., Lxxxii, confirme rautoritc de cette note lorsqu'il écrit : îv -t, P»;it, f^-ja-

=o; e.;-;™. :,;«•)>. o;-:», ^>;: tv N'.x-y.Ja -{tteu; i-i^si-rat. • C'eSt le texte-

qu'a voulu interpréter au frontispice des Epist. rom. ponlif., le graveur de dom Coustant. — ' S. .Jérôme. .Apologia adtfers. Rufmum, 1. III, c. xx. P. 1... t. xxxiii. col. 412. — ' Rcgcsla = res gcstse. On donne ce nom lorsque dans une suite ciironologique des actes d'un pontificat on intercale des indications empruntées aux sources narratives. — 'Coustant,. op. cit., p. 817, 1019. — ^' Liber ponli/icalis, édit. Duchesne, t. i, p. 216. .\u concile romain de 531 on cita des lettres de Damase et le pape Boniface II ordonna de s'assurer de leur authenticité, ftdem apostolicœ .*icrinio rcquiri.-

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Latran, à proximité de la demeure pontificale '. Ce nom de scriniuni vient de l'usage établi de renfermer dans des scrinia, coffres fermés, les documents les plus importants. Les lettres des papes, les actes et documents de toute nature relatifs au gouvernement et à l'administration de l'Église avaient leur place marquée dans le scrinitim. Cruice conjecturait un classement géographique et logique : Duas in parles percomnwde illnil diuisum esse coniperio; qnariini altéra spirilualem universœ Ecclesiœ adminisiralioneiii dislinctis eurn diœresron sea Iraciuiim singulùrum nrniiinibiis prœ suis quornnwis pluteis, ul qaœrenti prn'sto essrl qiiidquid ferrcl oceasio, altéra vero, doeumcnta omnia donalionum seii palrimonioriim et quivcumque ad ea perlinebant, qiia: infinitum esset enumerare, tant multiplex prœceplorum, privilcgiorum aliarumque chartarum genus oecurril in pontifleiis litleris, quibus de eorum adminisirulione agilur'. Nul indice n'autorise à admettre ce classement géographique; au contraire, on est ' fondé à le rejeter, d'après ces mots de Boniface II, dans l'instruction de l'affaire d'Etienne de Larisse : quœ lecla snnt eeclesiaslicis indanlur annalibus'. Les documents en question ne se trouvaient donc plus ' classés sous la rubrique du « diocèse» d'IUyrie, mais I sous celle des » Annales ». \

Dans le dépôt olTiciel des archives et de la chancellerie, on enregistrait tous les actes émanés du Saint- j .Siège. Le prestige de l'Église de Rome au point de vue : dogmatique et disciplinaire allait grandissant, la correspondance et les décisions pontilicales prenaient, de , jour en jour, une importance plus considérable. Entre saint Sylvestre et saint Léon le Grand, on voit paraître des traités (traeloria'), des lettres (epistula'), des tomes (tonmi), des enmmonitoria qui jouissent d'une autorité trop grande et d'une dignité ofTicielle trop avérée pour qu'on puisse les exposer à être perdus, altérés, tronqués au gré de la passion de ceux que ces textes condamnent ou protègent. On les dépose donc au scr!/H'(;m apostolique; ainsi apparaissent les registres ofTiciels. Une pièce envoyée ou reçue n'a de valeur que par ce dépôt, et les copies ne sont réputées officielles que par leur conformité aux originaux romains *. Ces correspondances, ces consultations, ces réponses viennent de toutes ])arts et vont en tous pays. Parmi les hommes dont l'activité nous est connue avec quelque détail, il n'en est guère qui ne s'adressent à Home : évêques, docteurs, hérétiques, synodes, empereurs. « Et que serait-ce, si tout nous était parvenu'? .Mais des séries entières sont perdues; il en est qui n'existent que par un seul manuscrit. Dom Constant n'arrive au chiffre de 339 lettres qu'en tenant compte de 171 dont il n'existe qu'un souvenir. Jaffé, qui n'a pas enregistré les lettres des correspondants, s'arrête il 148. La nouvelle édition des Regesla s'étend à 22-1, englobant confusément les lettres apocryphes, les décrets suspects et tout le faux Isidore. Et voici que sur la foi d'un nouveau ms. de Turin, Pflugk-Harttung permettait d'ajouter à toutes ces sommes une nou-

'Diriioim., t. II, col. 867. — = Ms. conservé à l'académie «le Saint-Marcel de Pistoie, et intitulé : Canon seu codex amonam Ecclesiœ romanœ, fol. 49, cité par De Rossi, De origine, etc., p. XLVir. — ' .Mansi, Concil. umpUss. coll., t. VIII, col. 73',». — ' Pitra, Analecla novissima. t. i, p. 17. — ' Ibid., p. 18. Sauf un seul fragment du ms. Vatican 2S32. tout vient du seul ms. de la bibliollièque nationale de Turin, du xii= ou XIII» siècle, côté /;. V. 44. Une description très détaillée se trouve dans 7(cr llalicnni. nnicrnonuneii mit l nlerstûlzimgcn dcr l;<Jn. .ikad. , Stuttgart, 1SS3, p. 780. — •Ilcfcle, Jlisl. des conciles, édit. Leclercq, 1908, t. ii, part. 1, p. 190 sq. — ' Coustant, Episl. romanor. pontif., in-fol.. Parisiis. 1721, appendix, p. 58-81. — • Mansi, op. cit., t. ii, col. 1191, 1215, 1253. — " Photius, liiMiotliecu, cod. xxix, /'. G., t. cm, col. 64. — '» Coustant, op. cit., appcnd. 59 sq. — ".\. .\mclli, .S. Leone Magno c t'Oriente, 1883,'p.M8. Eu-

velle série de 29 pièces inconnues, en remontant jusqu'à saint Évariste '. •>

On ne laissait pas, malgré les précautions prises, d'être quelquefois surpris. Le gros incident provoque par l'affaire d'Apiarius, en 418, montra que les scribes de la chancellerie romaine n'étaient pas à l'abri du reproche de négligence. Ils copiaient sans discernement, bout à bout, des canons de conciles, sans distinguer la provenance, et les évêques d'Afrique ne furent pas fâchés de donner une verte leçon à ce scrinium impeccable en lui procurant la courte honte de reconnaître qu'il avait tort sans excuse possible en donnant les canons de Sardique pour canons de N'icée '.

L'ne autre source de tracas était les officines de faussaires. L'n des exemples les plus notoires en fut offert par la secte des apollînaristes qui répandirent leur doctrine erronée sous le couvert de documents apocryphes, et les plus imposants furent mis sous le nom du pape saint Jules'. La supercherie était si bien tissée que les plus clairvoyants y furent trompés. Ni saint Cyrille, ni les Pères réunis à Éphèse et à Chalcédoine ne virent l'imposture '. L'n siècle plus tard, Eupheinius d'Antioche s'exténuait à interpréter, suivant l'orthodoxie, ce qui portait le nom de Jules '. Bien d'autres n'y virent pas plus clair jusqu'à ce que Léontius de Byzance dissipât presque tous les doutes'". Eutychés, s'emparant de ces faux textes, osa les présenter à Rome"; la secte des monophysites eut tout le temps d'en abuser et de les opposer aux plus vénérables autorités de l'Église. Ils ne cessèrent de les répéter, de les traduire en syriaque, en copte, en arabe et d'en appeler surtout ' au vénérable Père Jules, de Rome . Ainsi, à une époque récente, dans un manuscrit arabe, nous retrouvons ces mêmes textes, en partie réduits, en partie développés sous le nom de saint Hippolyte'-. Car, de préférence, par un singulier hommage, on recourait aux grands noms de Rome, pour masquer les impostures. Il y avait une lettre à un Prosdicius, lue à Éphèse et acceptée par saint Cyrille", une lettre à un Denys de Corinthe ou d'Alexandrie ",un traité sur 1'" union du corps du Christ avec la divinité»'*, une encyclique à tous les évêques'". un discours sur le mot « consubstantiel» ", et bien d'autres écrits encore".

A cette invasion d'apocryphes, on ne voit pas (pie le scrinium romain ait opposé un démenti catégorique. Mais eût-il été en état de le faire? La réorganisation parle pape Jules, l'installation spacieuse par le pape Damase ne nous apprennent pas si la chancellerie reconstituée pratiquait, dés lors, la coutume de tenir registre de tous les actes émanés du Saint-Siège. l'ne réfutation diplomatique des apocryphes eût été décisive, à condition qu'elle eût été possible; au lieu d'y recourir, la discussion taisait appel à des arguments où l'autorité des archives n'était pour rien. Saint Léon avait mis le doigt sur la fraude d'Eutychês, en taxant le moine d'ignorance". Gennade avait nettement nonuué Apollinaire -'. Sans tout éclaircir, Facumlus

tycliès présenta 13 témoignages, sept de Jules, l'élix, Damase et Célestin, un d'Athanase, un de Grégoire le Thaumaturge, et un de Grégoire de Xazianze. — '= Pitra, Analcclii sacru. t. n, p. xxxiii, cf. p. 049. — '» S. Cyrille d'AIexandrir, P. G., t. Lxxvi, col. 342: Mansi. op. cit., t. ii, col. 1215; Coustant, op. cit., append. 74. Dans son édition des Kegcsdi JafTc a omis de placer devant cette pièce le signe des apocryphes, p. 31, n. 189. — "Coustant, op. cit.. append., 02, 09. Cf. Pitra, .l;i«te/u sncni, t. il, p. xxxiii. — '' .Mai, IV- -tennit scriptoriim noua coltectio, in-l*, Roma", 1.831, t. \ ii, p. 108. — "Ibid., t. VIII, p. S70. — "Coustant, op. cit., append. 82. — " Pitra, Anal, sacra, proleg., t. ii, p. xxxiii, xxxiv. — i»S. Léon, Epist. ad Ftavianum. Cf. Amelli, S. Leone Magno e l'Oriente, liiS'.i.loc. cil. — '"Gennade, Uc scriptoribus eeclesiaslicis, ad Julium. Cf. Constant, op. cit., V- 58. . „ ,

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d'Hcrniiane, Éphrem, Évagre le Scolastiquc, Jean de Scythopolis avaient soulevé des doutes graves dans la conférence tenue à Constantinoplc, en 533, devant Justinien. Les monophysites sévériens ayant allégué ces textes, Hypace d'Éphése montra que pour tromper les simples, on avait substitué le nom des saints à celui d'Apollinaire 1. Enfin, Léonce de Byzance reprit à fond l'examen, confronta les doctrines, et poussa l'enquête jusqu'à exhumer des textes authentiques d'Apollinaire, qui, lui-même, réclamait la propriété de ces écrits -.

Il n'eût pas fallu, croyons-nous, déployer une érudition si minutieuse et si tardive si on avait recouru aux registres de la chancellerie ; mais pour une raison que nous ne connaissons pas, les pièces nécessaires étaient égarées ou détruites. En effet, les lettres pontificales étaient conservées et transcrites dans les registres, chacune d'elles pourvue de son numéro d'ordre ainsi que Maassen la pu constater dans quelques manuscrits d'anciennes collections canoniques, où ces annotations marginales sont déjà employées pour les lettres d'Innocent I"''' (402-417)'. Ainsi donc, dés lors il existait des regesla des lettres pontificales distribuées par tomes avec une numérotation par pièces; en sorte qu'une recherche y était chose aisée et rapide. Et ce n'était pas alors une innovation, puisque saint Jérôme pouvait écrire à Uufin: Si a me ficlam epislolam suspicaris, cur eam in romance Ecclcsiœ charlario non rcqiiiris •? et il s'agissait d'une lettre du pape Anastase I»' (400-401). Après ces papes, l'usage s'était maintenu de tenu- des rcgcsla. Nous savons, à n'en pouvoir douter, que l'on tenait ceux des papes Zosime (417-418) et Celestin L' (422-132) ^ On avait adopté une coutume de la chancellerie impériale d'après laquelle toute lettre du prince — ou du pape — dont on faisait plusieurs expéditions à différents destinataires, était transcrite dans les regesla une fois seulement, mais on faisait mention des noms de tous ceux qui avaient reçu copie, c'est ce qu'indiquait, en termes de chancellerie, la formule a pari qui se lit sur deux lettres de Zosime ". L'ne lettre du pape Celestin touchant l'hérésie de Xestorius, que nous possédons en latin, tirée des regesla avec cette mention : per Orienlern episcopis a pari, se retrouve traduite en grec dans les actes du concile d'Éphése, d'après l'exemplaire envoyé à Jean d'Antioche '.

4° De saint Léon à sainl Grégoire (4iû-604). — Dès le pontificat de Léon le Grand (440-461), le style des lettres expédiées par la chancellerie pontificale fut assujetti à certaines règles qui se sont maintenues jusqu'au temps de Grégoire I" (590-604). C'est un agencement euphonique de mots, fondé sur la quantité et

'Coustant, Epiilolœ romanorum ponliflcum, in-fol., Paris, 1721, appendix, p. 61. — - Mai, op. cit., t. viii. — 'F. Maassen, Bibliolheca juris canonici, dans Sitxungsherichte der phil liist. Cl. der kais. Akad. der Wissenso/in'77. Wien. t. lui, p. 373 sq. ; t. liv, p. 157 sq. ; t. Lvr, p. 157 sq. ; Maassen, L'eber eine Sanunlung Cregor's I non Sdireiben imd Verordnitngcn der Kaiser und Pupste, dans le même recueil, t. lxxv, p. 227 sq. ; Maassen, Geschichle der Quellen imd der Lileralur des canon. Rechts im Abendlande, in-S", Gratz, 1S71. — 'S. .Jérôme, .Apolog. adi'. Ruflnum, 1. III, c. XX, P. L., t. xxin, col. 414. — ' H. Bresslau, dans Zeitsclirift der Savigng-Slijlung fiir Rechtsgescinchte, Rômische Abllieilung, 18SS, t. vi, p. 242-260. — 'Constant, op. cit., p. 955, 959. — • Mansi, Cono. ampliss. coll., t. iv, col. 1047. — K\. Giry, Manuel de diplomatique, in-S»! Paris. 1S04.P.454. — » /fcid.. p. 667. Nous rappellerons plus loin, d'après Pitra, Analecta novissima, t. i, p. 55, 74, ce qui a trait à l'origine et au développement du formulaire grégorien des glandes bulles. — "> E. de Rozicre. Liber diiirmis, introd., p. xxviii. — " Pitra, Anulecla novissima, t. i, p. 351, note 1, et il ajoute : » Mais il sulllt de renvoyer aux Ballcrini qui ont indiqué 22 collections et en particulier celles qui sont conservées à la Vaticane. ■ — '•' Ce manuscrit

emprunté à des règles plus anciennes, dont on voit déjà l'application un siècle auparavant, dans les lettres de Symmaque. Les règles de cette prose métrique disparurent et s'oublièrent dès le début du vu" siècle. Le formulaire de la chancellerie romaine, connu sous le nom de Liber diurnus, dont la rédaction remonte au vii« siècle, n'en conserve aucun vestige '. Sous le pontificat de Grégoire le Grand, le formulaire avait acquis assez de fixité pour que les clercs, chargés de l'enregistrement, aient pu remplacer parfois dans les registres la transcription intégrale de certains passages par les mots : secundum morem ou de more solito. C'est dans ces lettres, d'autre part, que l'on voit apparaître, au moins en germe, beaucoup des formules qui, développées et fixées plus tard, se retrouveront dans les bulles ".Les compilateurs qui,auvii«et au viii" siècle, composeront le Liber diurnas puiseront, en effet, à pleines mains dans les registres grégoriens".

Entre les deux pontificats de saint Léon et de saint Grégoire que subsiste-t-il de l'activité de la chancellerie pontificale? « Nous [pourrions] remonter à saint Léon, écrit Pitra, car il existe certainement à Rome comme ailleurs des fragments de son registre ". » Quoi qu'on puisse penser de cette assertion, le fameux Manuscrit Grimani'^ parait venir de l'ancienne bibliothèque du Latran ".

Il s'est conservé, transcrits dans des collections postérieures, des fragments, plus ou moins remaniés, de registres primitifs. L'n seul manuscrit du British Muséum a rendu au jour des lettres de Gélase I'^' (492- 49G) et de Pelage P' (555-560), tirées des Regesla de ces papes". Le regesium de Gélase a, d'ailleurs, été cité par le compilateur Deusdedit ".

A la période intermédiaire entre les deux célèbres pontificats appartiennent d'insignes documents historiques relatifs au concile de Chalcédoine, au schisme de Dioscore sous Boniface II en 510, à la controverse résolue par Jean II, en 534, relative au de uno ex Triniiate passa et conservée dans un manuscrit de Novare, d'après les actes authentiques et les originaux conservés au scriniuni apostolique. Cette copie fut nécessairement faite avant l'année 535 où, sur l'ordre du pape Agapet, l'original fut retiré des archives pontificales et brûlé publiquement'*. L'auteur du manuscrit de Novare pourrait être Denys le Petit, un habitué de la chancellerie pontificale où il mit à profit pour des traductions sa science, alors rare, du latin et du grec. Nous allons le retrouver dans un instant; mais auparavant, remarquons que r'ceu\Te de Denys, dans les archives pontificales, se rattache à un ordre de préoccupations qu'il avait dû partager avant son voyage à Home. Il existe un certain nombre d'an-

fut légué à l'Oratoire par le cardinal Grimani. — " Mansi, Conc. ampliss. coll., t. vi, col. 315. La correspondance de saint Léon le Grand ne nous olTre qu'un seul exemple de lettres a pari. — "P. Ewald, Die Pàpslbriefe der hrittischen Sfinimlimg, dans Xeiics Archiif, 18S0, t. v, p. 505 sq., 526^ 561 ; Lôwenfeld, Epist. Romanor. ponlif. inédits', in-l», Lipsiœ, 1885. — '• Coll. can., II, 40. Pour Gélase, le ms. du British Muséum a fourni 28 pièces nouvelles. D. Coustant avait recueilli 29 morceaux, simples billets, provenant sans doute en grand nombre d'un ms. de Josaphat, contemporain d'Yves de Chartres qui en a silrement profité et qui a peut-être inspiré et dirigé la rédaction. C'est l'unique ms. qui parle expressément d'un registre de Gélase et qui nous donne la première et la plus ancienne mention de ces recueils pontificaux. Cems. du monastère de Josapliat semble perdu. — " G.AmcUi, S. Leone Magno e rOriente, dans Dissertazioni Jette neir accadcmia di religione callolica, 18S2-1SS5; le même, Docnmenti inediti relativi al ponti/icato di Felice IV e di Boni/accio II, dans Scuola caltolica. Milan, 1883, t. xxi, lasc. 122, L. Duclicsne, dans Mélanges d'arcliéol. et d'Iiistoire, 1883, t. m, p. 245 sq. ; P. Ewald, dans Keiics .irchiu, t. X, p. 412 sq. ; Monimsen.dans \etiesArcliii', t. x, p. 581 sq.; t. XI, p. 363 sq.

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cicnncs collections canoniques; telle remonte à Horniisdas, comme le ms. Vatican 199T; au pape Vigile, comme le ms. Paris 12097 (= Corbeiensis) et le Paris ÎSS7 (= Colbcrlinus) qui ne dépasse pas l'époque de Symmaque, comme le ms. de Saint-Paul en Carinthie ', le Qi(fsnc//i((n(js; toutes collections formées loin de Rome. C'est qu'à Rome on avait sous la main les originaux, au delà des monts on recueillait de son mieux les diplômes parvenus de l'archive pontificale aux Églises locales et ces répertoires se ressentent des conditions défavorables dans lesquelles ils ont été formés. A Rome, à la même époque, on avait aussi des collections, des canonistes et des controverses, mais avec plus d'ordre, plus de compétence et plus de matériaux.

Sur ces entrefaites arriva Dcnys le Petit qui s'employa d'abord à des traductions. Bientôt les évêques Etienne et Pétrone dirigèrent son activité vers les canons ecclésiastiqu' s et Denys, pour leur complaire, l entreprit une collection de canons. Plus tard, Julien, prêtre du titre de Saint-Anastase, élève du pape Géiase^ lui inspira son ituvre capitale, une collection | des décrétales des papes, accompagnée de toute la série précédente avec les canons apostoliques, les canons de Sardique et ceux du concile d'Afrique de 419.

Denis avait dû, par ses amis, avoir accès à l'archive pontificale', pour y puiser un recueil choisi de quarante lettres des papes Sirice, Innocent, Zosime. Boniface, Célestin, Gétase et .Vnastase. Autant ce recueil est précieux par la sincérité des documents, autant il est difficile d'expliquer pourquoi il se réduit à quarante lettres, parmi quatre cent soixante que nous connaissons; et pourtant Denys assure qu'il a mis le plus grand soin à recueillir ce qu'il nous donne. On peut l'en croire; il s'était fait la main dans les collections destinées à Pétrone, et à Etienne de Salone; cependant son nouveau recueil fut mal reçu et le pape Ilormisdas, pour couper court aux réclamations, commanda à Dcnys une quatrième collection '. Enfin, Deiiys aura dû profiter de son accès aux archives pontificales pour former une cinquième collection, celle du ms. de Xovare qui contient les pièces capitales contre Xestorius.

On a encore été tenté d'attribuer à Denys le Petit un autre travail accompli au cours de son exploration des archives pontificales et qu'Anastase le bibliothécaire décrit ainsi : Nolandum, quod nonnulla qiuv latine fuerunl édita, latinitas funditus mole obliviojiis obruta deplorasset, nisi ex Grœconim post fonte libroriim hœc hausla sitibundo pcctore resiimpsisset, siciit epislolam beali papx Felicis in Pctrum sentenliam proferenti'm Anliochenuni damnationis ', mais Fr. Maassen a montré que ce passage vise un fait plus ancien et une seule lettre, de Félix III à Pierre le Foulon ".

Le meilleur de l'œuvre du moine Denys c'était sa compilation canonique dont la vogue fut générale et

'F. Maassen, BibliolHeca latina juris canonici, ms., p. 381. — ' P. L., t. Lxvn, col. 230. — » Les Balleiini, écrit Pitra, sont d'un avis contraire. Ils ne connaissaient pas la lettre de Dcnys au pape Ilomiistlas, laquelle ne permet pas de croire ([u'unc collection de décrétales se soit faite à I\oine stms les auspices tfuii pape, sans profiter du dépôt ties originaux subsistants. Denys luimême nous apprend que le pape s'intéressa à ses rcclierches. — ' l'itra, Juris ecclesiaslici Griecoriwi historia et moniimenta, iu-i", Uonia, 18G4, t. i, p. xi-i, xlii; .4na(ei'(« noi}issim(f, t. i. p. :i7-3S. — ^ Aiiustasii bibliolh. Colledanconim, préf., édit. Siiniond, dans ses Opéra, Vcncliis, t. I, p. 294. — ' F. Maassen, dans Silxungsberichte, Wien, t. Lxxxv, p. 244, 242; cette lettre est d'ailleurs apocryphe. — ' Pitra, .4nafcc(a iwi'issima, t. i, p. 40. Le plus considérable de ces recueils concernant Ncstorius et Eutychôs a donné lieu à une curieuse suite d'entreprises, que nous avons racontées dans //isfoire des conciles, in-S", Paris, 1908,

durable. Il avait tracé un modèle longtemps suivi. Même à Rome, dans l'encombrement chaque jour croissant des documents originaux et complets, on appréciait ces collections partielles, sur un sujet spécial, formant des dossiers maniables et portatifs. En ce genre, le ms. de Novare était un modèle du genre, et l'exemple donné parait avoir été suivi '. L'auteur de la collectio Avellana (milieu du vi" siècle) appartenait à la chancellerie apostolique et puisait au seriniam à pleines mains, parfois il se contentait d'y renvoyer le lecteur : Gcsta in causa Abundantii episcopi Trajanopolitani in scrinio habemus '? Heureuses gens!

La chancellerie pontificale du vi° siècle avait d'autres travaux à poursuivre. Le pape Gélase avait ordonné la rédaction du polyptyque des biens et cens de l'Église romaine. On développa évidemment dans la suite, à mesure de l'extension du patrimoine, le recueil primitif, mais on ne le délaissa pas et, sous le pontificat de saint Grégoire, on s'employa à dresser la liste des pensions à payer omnibus oïdinibus ecclesiasticis vel palatinis,monasteriis,ecclesiis, eoemeleriis, diaconiis, xenodochiis urbanis vcl suburbanis. Il est assez probable qu'on avait développé le type, mais sans altérer le plan; ainsi le polyptyque grégorien reproduisait le polyptyque gélasien et c'était celui-ci qui continuait pendant des siècles à faire bon usage, Ijuisque Jean Diacre écrivait au ix<= siècle : Extat usiiue hodie, in sacratissimo Lateranensis palalii scrinio, luijus(Gregori) confectum temporibus cinirta cum piâ'yrande volumen, in quo comnuinis sexus cunctarunt œtatuni ac professiunum nomina lam Romœ quam per suburbana civitatesijue vicinas, necnon longinqaas maritimas wbes degentium, eum suis cognominibus, temporibus et remuneraliunibus continentur ». Cette administration du patrimoine pontifical obligeait la chancellerie non seulement à tenir état des propriétés, mais à se mettre en rapport avec les administrateurs. Les biens étaient placés sous la responsabihté de représentants ofïiciels qui, après avoir déposé un cautionnement, recevaient a scrinio brève patrimonii, contenant la description des biens-fonds à eux confiés". Les biens qui n'étaient pas afl'ermés de la sorte étaient attribués à des basihques et à des égUses urbaines dont les préposés, prêtres ou diacres, étaient chargés au point de vue économique; au cas où un bien quelconque sortait du patrimoine de l'Église romaine pour entrer dans le patrimoine privé d'une basilique ou d'une église, on procédait à sa radiation sur les registres du polyptyque et on l'inscrivait sur les registres particuliers de cette basilique ou de cette église".

La rédaction et la mise à jour du polyptyque général de l'Église romaine, les brevia relatifs à chaque patrimoine, les cautionnements des administrateurs, leurs rapports, ont suffi à occuper un bureau des archives, distinct en tout cas du bureau des ammles et de la cor-

t. Il, part. 2, p. 1309-1320. — ' Pitra, op. cit., t. i, p. 43. Cette cotleclio Avellana reproduit 24l> documents, dont 200 n'existeraient plus pour nous sans elle. Quant aux gesla d'Abundanlius que le collecteur a négligé de transcrire, ils sont perdus pour nous. — «Jean Diacre, Vila S. Gregorii Magni, 1. II, c. xxiv, P. L., t. i-xxvii, col. 560. — "Deusdedit, Colleclio canomim, 111,111, édit. Martinucci.p. 291 ; A. Zaccaria, Disscrtalio de rébus ad ecclesiam perlinenlibus, in-4°, Fulginia-, 17S1, t. i, p. 68 sq.; De Rossi, Bii«. di archeol. crisl., 1870, p. 103. — ■' Voir par exemple la donation faite par saint Grégoire le Grand à la basilique de Saint-Paul, Epis(.,l. XIV, n. 14, P. I... t. lxxvii, col. 1318, et conservée sur un texte épisraphiquc, .Margarini, Inscripl. basilicie saiteli Pauti, in-Iol., Rom:p, 1654, n. 245; Mai, Scriplor. vcl. nova coll., t.v, p. 212-213; Pitra, op. cit., t. I, p. 460-468; la donation de Serge / ', à l'église Sainte- ■ Suzanne, De Rossi, Bull, di archeol. crist, 1870, p. 92 sq. Voir Diclionn., au mot Ch.vrtes.

CHANCELLERIE

respondance pontiflcale relative aux gouvernements et aux alTaircs des diverses Églises.

Le Liber ponlificalis mentionne fréquemment les dons faits aux églises, les uns faits au moment de la fondation, les autres plus tard, alors que le culte était déjà célébré. Ces dernières n'offrent ni ordre ni uniformité: le choix y est évidemment déterminé par les besoins accidentels de l'église ou par les préférences et les ressources du donateur. Les donations faites au moment delà fondation offrent des particularités notables et qui ne se retrouvent plus postérieurement. Elles se rencontrent dans la vie des papes Silvestre, Marc, Damase, Innocent, Boniface, Célcstin et Si.xte III qui appartiennent tous au iv» siècle ou à la première moitié du v. Toutes ces donations, au nombre de dixneuf, sont faites aux églises suivantes : la basilique Constantinienne, — le baptistère Constantinien. — Saint- Pierre, — Saint-Paul, — la basilique Sessorienne, — Sainte-Agnès, — Saint-Laurent, — Saint >-Pierre-et Marcellin, — l'église d'Ostie, — l'église d'Albano, — l'église de Capoue, — l'église de Kaples, — le tilulus Etjtiitii ou Silvesiri, -. — le iiiulus Marci, — le tilulus Damasi, — le Ululas Veslinœ, — l'oratoire de Sainte- Félicité, — la basilique de Sainte-Marie, — la basilique de Saint-Laurent. Pour chacune <le ces églises, on trouve régulièrement deux catalogues, l'un de vases liturgiques et lampadaires, l'autre de biens immobiliers affectés à l'entretien du luminaire '. Le premier catalogue présente toujours les mêmes objets - et généralement énumérésdans le même ordre, les différences ne concernent que le nombre des pièces, leur poids et leur richesse. Le second énumère le revenu des fonds de terre, maisons, édifices divers spécialement affectés à l'entretien du luminaire. Les ressources ainsi cataloguées avec une minutieuse description ne peuvent être connues par la tradition, pas plus que par la notoriété publique, mais seulement par des documents écrits. Parmi ceux-ci nous devons écarter les inscriptions. Les basiliques de Saint-Pierre, de Saint-Paul, des Saints-Jean-et-Paul, de Sainte-Suzanne possèdent encore des chartes gravées sur marbre ou sur bronze, mentionnant des donations. « Mais, d'abord, aucune de ces quatre inscriptions les plus anciennes que l'on connaisse, ne remonte au temps où le Liber ponlificalis a été écrit; ensuite il semble que l'usage de l'épigraphie, pour des pièces de ce genre, ne soit pas primitif ^ Ceci, sans doute, n'exclut pas absolument la possibilité qu'il y ait eu à Rome, dès le commencement du VI'' siècle, des inscriptions de ce genre, d'où l'auteur ilu Liber pontiftealis aurait pu tirer ses informations. Mais on a pu constater, en divers passages, qu'il ne parait pas avoir accordé une grande attention aux inscriptions, même les plus monumentales et les plus solennelles. Il est donc peu probable que les renseignements qu'il nous donne sur les dotations immobilières soient le fruit de recherches épigraphiqucs. Celles-ci, du reste, ne lui auraient rien ou presque rien fourni pour ses énumérations d'objets mobiliers. Ce qui est plus probable et même certain, c'est qu'il aura tiré toutes ces indications de documents d'archives, de chartes de fondation et de donation où se trouvaient indiqués à la fois les biens-fonds et le mobilier liturgique *.

' Le catalogue des biens immobiliers ne fait défaut que pour l'oratoire de Sainte-Félicité et pour la basilique de Saint-Laurent- Majeur. — = Ceci, on le conçoit, ne s'applique pas au baptistère constantinien; le mobilier liturgique d'un

baptistère ne peut être le même que celui d'une église.

' En elTet, nous trouvons à Sainte-Marie- Majeure une charte de donation sans date, mais dont la nomenclature et la terminologie appartiennent à la fin du \i' siècle, ou au siècle suivant. Or, il est expressément marqué que le texte en a été relevé sur les documents authentiques et transporté sur

« 11 est dilllcile de croire qu'il n'y ait pas eu dans les bureaux du siège apostolique, un registre des ordinations : ces actes étaient trop importants pour que l'on ne cherchât point à en garderie souvenir par une écriture officielle ^. ■ Comment et par qui était tenu ce registre, nous n'en savons rien. «Du reste, il n'est guère probable que ce registre, s'il existait, remontât bien haut; la série des lettres pontificales provenant des archives du Saint-Siège commence assez tard; on n'est nullement autorisé à affirmer que des documents aussi précieux aient été conservés avec moins de succès que les procès-verbaux d'ordination'. »

Un texte un peu obscur a été quelquefois interprété comme s'il y était question des ordinations. On lit dans la correspondance de saint Grégoire : De ordincitionibus vero apostoUcœ scdis pontificum, ulrum posl healissimum Hormisdam aliqua siiil addita, vcslra charilas rcquiril. Scd usque ad Vigilii papœ lempora exposilas ordinaliunes pra;suluni esse cognoseas '. D'après M. Duchesne, ce texte se rapporterait à une catégorie de décrets pontificaux qui auraient été l'objet d'une publication spéciale. On ne voit pas, en eflet, s'il s'agissait des lettres pontificales en général ou de leurs registres, pourquoi Grégoire aurait parlé d'une prolongation arrêtée à Vigile. On a beaucoup de lettres et de fragments de registres postérieurs à ce pape; même s'il s'agissait des ordinations, ce qui paraît inadmissible, il n'y aurait pas eu lieu d'indiquer ce terme '.

5° Saint Grégoire le Grcuul. — Jusqu'ici nous n'avons relevé que des fragments plus ou moins dispersés, plus ou moins remaniés, des registres transcrits dans des collections postérieures. Avec saint Grégoire 1" (590-G02), les fragments de registres s'offrent à nous assez nombreux et assez étendus pour autoriser une ingénieuse tentative de restitution'. Un texte célèbre de Jean Diacre, biographe de saint Grégoire, mentionnait toi charlieios libros epistolcu-um ejusdem Patris, quoi annos et assurait que ces registres s'étaient conservés au moins jusqu'au ix« siècle'". Il appartenait à M. Paul Ewald d'entreprendre la reconstitution de ce registre pontifical. spécimen de ce qui se faisait dans le bureau le plus important de la chancellerie". « Nul mieux que lui n'était préparé à dépouiller cette vaste correspondance, dont il a confronté par toute l'Europe 93 manuscrits et 87 éditions. Le premier, il a reconnu trois familles de manuscrits dont les plus anciens montent jusqu'au viii'- siècle; un premier groupe provient des deux volumes que fit extraire Hadrien L' du registre original en papyrus, alors déposé aux archives du Latran. Ces parchemins copiés, plus facilement communicables au public, sont comme une première édition comprenant environ (iSG lettres. Une autre édition plus portative de 200 lettres donna lieu à un second groupe de manuscrits. Paul diacre, à la même époque, provoqué par son ami, Adalhard de Corbic, lui envoya un recueil de .53 lettres, difiérentes des précédentes, nouveau noyau d'une troisième série de manuscrits, parfois combinés avec ceux du second groupe. C'est sur cette triple base que M. Ewald conçut le projet hardi de reconstruire le grand registre original en papyrus. C? que nous possédons n'est qu'un e.xtrait;chaque famillede mss. en porte lapreuveen son

marbre bien longtemps après sous le pape Grégoire IV (827- 844). — 'Liber pontif.. édit. Duchesne, t. i, p. cxliv-cxlvi. — s Ibid.. p. CLiv. — « Ibid., p. cliv. — ' S. Grégoire. EpisL, 1. IX, epist. LU, t. Lxxvii, col. 982. — ' Liber pontif., t. i, p. cLiv. — » P. Ewald, Sludien :ur Ausgabe des Regislers Grcgors I, dans Seues Archio, 1878, t. m, p. 429-625. — " .Jean Diacre. fi/<i 5. Gregorii, préf., et 1. IV. c. lxxi, P. L., t. Lxxv, col. 37, 223. —i' P. Ewald et L. M. Hartmann, S. Gregorii 1 papa? regislrtimepisliilarum, 1. 1-VII, Hannover*, 1892, dans Mnnum. Germ. hislor., Epist., t. I.

CHANCELLERIE

titre : ex registro. Certains manuscrits d'origine normande ajoutent des lettres c/use de superioribiis indictionibus desidcranlar, ce qui est plus décisif. Saint Grégoire lui-même mentionne expressément 77 lettres dont il faut regretter la perte '.

«Mais, outre les lettres émanées du Saint-Siège, ce registre, sans aucun doute, contenait, comme documents inséparables, les pièces auxquelles répondait la chancellerie romaine, et qui constituaient le dossier des consultations et des litiges soumis au tribunal suprême. La réponse ou la sentence le plus souvent mentionne la réception de ces lettres d'appel et parfois les déclare annexées à la missive pontificale ^ Et si ces documents font défaut, on les réclame, pour les enregistrer aux scrinia'. On vérifie sévèrement les instances, pour voir si elles sont en désaccord avec les enquêtes reçues et conservées. Grégoire, régisseur scrupuleux de tout le patrimoine, surveille toutes les administrations temporelles. Il veut que même les livTes de compte soient en partie double, pour être déposés à la fois aux archives épiscopales et pontificales '. Les lettres privées, même celles de pieuses dames ^, ne sont point négligées, bien que, pour y répondre, le pape, fatigué et souffrant, doive les chercher longtemps". Enfin, même dans l'édition d'Hadrien !"■, évidem- ■ ment choisie et réservée aux seules lettres de Grégoire, plusieurs pièces étrangères reparaissent dans les divers exemplaires '..\insi, le registre original ne se composait pas seulement des volumes eu i)apyrus correspondant aux quatorze indictions du pontificat. Si on veut le reconstituer, il faut tenir compte de l'accessoire non moins considérable des correspondants et des ayantscause '. »

On ne peut mieux se taire une idée de tout ce qui arrivait à la chancellerie que par la liste suivante qui ne renferme, cependant, que les documents transmis par écrit; on omet les très nombreuses instances, même venues de personnes éloignées, (jui ont pu être présentées de vive voix par des intermédiaires sous ces diverses désignations : insinuatio, petilio, querelos, suggestio, etc. On pourra ainsi entrevoir quelque chose de ce que présentait dans son ensemble, parmi les papyrus du Latran, le grand registre de la correspondance pontificale '.

Registre, îii>re I.

1 Scripla .JusHni pra'toris Sieiliœ (epist. il).

2 Narsœ scriptum de solitudine et de fratribus(ep. vi).

3 Anastasii Antioeheni -usi.ylr.a;; (ep. vu).

4 Bacaudîe Xeiiodochi testanientum (ep. ix).

5 Clementinre patricire epistola (ep. xi).

6 Gesla synodi Salonitanse, a Xatali episcopo missa

(ep. XIX).

7 Honorât! scripta simul missa (ep. xx). S Nova Katalis scripta (ep. .\xi).

9 Nonnosi petitio (ep. xxii).

10 Scripta Anastasii Antioeheni (ep. xxvi).

11 Anastasii Corinthi vota (cp. xxvii).

12 Capitulare Joannis episcopi Surrentini (ep. XLii).

13 Leandri epi. Hispalensis epist. de convers. Recaredi

(ep. XLiii).

14 Scriptum de causa Salpingi Judsei (ep. xliv ).

15 Jobini pra*positi in lllyrico scripta (ep. XLV).

'Jaffén'en signalait que 2; Ewald 21 ; D. Constant 3S; Pitra 77. — 'S. Grégoire, Epist., 1. VHI, ep. xxiv, P. L., t. Lxxvii, col. 926. — » Epist., I. VI, ep. xxxiv, P. L., t. LXxvii, col. 825. — 'Epist., m, 50; ix, 72; xiii, 44. Il recommande instamment, Epist., xiii, 6, 7, de déposer les privilèges des monastères d'Autun dans les archives des rois francs, pour la sauvegarde des propriétés de ces royales donations. Chilpéric, à l'instar du pape et de l'empereur, avait son scrinium et son registre. Grégoire de Tours, Hist. Franronim, 1. X, c. xix, P. L., t. L.XXI, col. 551. — ' Voir plus loin la mention des lettres de l'abbesse Bona, des patriciennes Italiea, Rusticiana,

UICT. o'arch. CHRÉT.

16 Symmachi defcnsoris scriptum (ep. lu).

17 Epistola Severi episcopi (ep. Lvii).

18 Ariminensium relationis textus (ep. LViii).

19 Episcoporum Numidiîe relatio (ep. lxxvii).

20 Laurentii Mediolanensis scripta (ep. LXXxii).

21 Januarii Caralitani scripta (ep. LX-Xxiii).

22 Felicissimi et Vincentii diaconor. petitio adnexa

(ep. Lxxxiv).

Liurc II.

23 Velocis militum raagistri epistola (ep. m).

24 Januarii subdiaconi petitio subdita (ep. v).

25 Xeapolitanoriiin relatio (ep. ix ).

26 Pelagii III epist. de Honorato ad NatiUcm Salonit.

(ep. xviii, XIX, XX).

27 Episcopor. Illyriei relatio de Joanne epise. Primœ

Justinianse (ep. xxn, xxni, xxxm).

28 Rusticianae patrieiae epistola (ep. xxvii).

29 Maurili et Vitaliani militise magistror. epistola

ep. xxix).

30 Ariulphi Longobardi epistola (ep.xxx).

31 Relatio .\ntonini defensoris de legatis recuperand's

(ep. xx.xii).

32 Relalio de obitu epi. Crotoniensis (ep. xxxviii).

33 Joannis Ravennatis inulta scripta (ep. XLVi).

34 Dominici Carthaginiensis epistula (ep. XLVii).

35 Episcopor. scripta de tribus capitulis (ep. Li).

36 Pelagii liber transmissus (ep. Li).

37 Natalis Salonitani scripta (ep. lu).

38 * Liciiiiani Carthaginiensis epistula (ep. Liv).

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