‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 53 sur 303 · CHANCELLERIE — CHANDELEUR · texte numérisé non relu

CHANCELLERIE — CHANDELEUR

chancellerie romaine. Le Liber diurnus — qui n'était peut-être, par sa destination première, qu'un manuel destiné à faciliter l'apprentissage des jeunes employés de la chancellerie pontificale — devint au x'^ et au xi"^ siècle le formulaire suivi par cette chancellerie pour la rédaction des actes. L'argument capital dont Th. de Sickcl appuie cette opinion est déduit de l'usage que fit, au xi"" siècle, le cardinal Deusdedit de textes empruntés au Liber diurnus. Quoi qu'il en soit de l'autorité qu'en son temps Deusdedit attribuait au texte du formulaire, il est aujourd'hui hors de contestation que le Liber diurnus est un formulaire régulièrement suivi dans la chancellerie pontificale pendant une certaine période du moyen âge'.

H. LtCLERCQ.

1. CHANDELEUR. L'ancien art chrétienne nous offre guère de rf]iresentations monumentales de la présentation de Jésus au Temple. Avant la paix de l'Église nous n'en connaissons aucun exemple; après cette date, la mosaïque de l'arc triomphal de Sainte- Marie-Majeurc nous montre une scène qui, malgré sa noblesse et le talent avec lequel elle est traitée,

chape, les autres en tunique qui paraissent trop étrangers à la scène. Tout ce clergé vient de sortir du Temple dont on voit l'entrée et le fronton. Nous sommes devant le Temple et les portiques de Salomon, sujet auquel les artistes chrétiens se sont rarement attaqués'. La façade de l'édifice est composée de quatre colonnes soutenant un fronton triangulaire qui est orné de l'image du Sauveur assis entre les bustes nimbés des princes des apôtres. L'artiste a, évidemment, imité la façade d'une église chrétienne et a fait comme l'auteur des portes de Sainte-Sabine qui, dans la scène de Zacharie, a mis dans le fond une église surmontée d'une croix gemmée à la place du temple de Jérusalem *. Ce sont des anachronismes dont les artistes chrétiens sont coutumiers et dont ils ne s'embarrassent guère. Dans le cas présent, nous devons nous en féliciter p'uisque l'anachronisme nous met en possession d'un document positif de la manière dont le fronton extérieur des basiliques chrétiennes était orné dans la première moitié du \' siècle.

A l'extrémité de la scène que nous venons de décrire, vers le point de contact de l'arc avec la paroi

2iG0. — Présenlation au temple. Mosaïque de Sainte-Marie-Majeure. D'après une photographie.

ne semble avoir exercé aucune influence. Ce sujet est demeuré unique - (fig. 2466).

Au sommet de l'arc, à droite du spectateur, un registre offre la scène de la présentation. Devant un portique à colonnes qui sert de fond au tableau, la vierge Marie s'avance tenant son fils dans ses bras. La Vierge porte un riche vêtement byzantin, et son fils, déjà grand, vêtu d'une tunique talaire, a la tête ornée de l'auréole au sommet de laquelle se dresse une croix. Trois anges, adultes, les escortent, celui qui est en tête du cortège et qui montre le chemin a dû être entaille et réduit à l'époque de la Renaissance ou même plus tard, lorsqu'on s'avisa d'introduire saint Joseph, dont l'attitude empruntée dépare l'ensemble. A la rencontre de Marie et de son Fils, viennent la prophétesse Anne et le vieillard Simèon. Celui-ci est le morceau magistral du tableau. On peut apprécier par la planche que nous donnons, la vie et l'éclat de ce visage vigoureux ; l'attitude du corps est d'une vérité et d'une perfection auxquelles les monuments du \" siècle ne nous ont guère habitués (fig. 2467). Derrière Siméon, une troupe de prêtres, les uns en

— ' Liher diiirntis, édit. de Rozière, 1869; Liber diurnus, édit. Th. de Sickel,lS.S<l.et PrrAïKjemena zum Liber diurnus, dans Silzungsbericblc de l'Acad. de Vienne, 1888, t. cxvn; P. Fournier, dans Mélanges d'iireb. et d'hisl., 1880, t. ix, p. 438-447; L. Duchesne. dans Bulletin eritique. 1889, p. 201-205, 238. — = Rohaiilt de Fleury. J.'Émmgile, in-4». Tours, 1874, t. i, pi. xiv; De Rossi, / miisaiei eristiani di Roma, in-tol., atlas, Ronia, 1899, non paginé, fascicule musaieo delV areo trionfale e dellc pareil dl S. Maria Mag~ giore, p. 4; A. Taylor et J. P. Bichter, The golden Age of

latérale, la mosa'ique a disparu presque complètement. Au point où nous vo^'ons la façade du Temple, la scène changeait évidemment. Garrucci a cru voir, là où commence la lacune, la trace des extrémités du vêtement de la Vierge richement tissé d'or. Il pense, par conséquent, que cette scène mutilée figurait la fuite en Egypte protégée par un ange ; celui-ci est encore visible.

Pour rencontrer d'autres représentations du sujet que nous avons rencontré exceptionnellement au v^ siècle, il faut attendre le viii'= siècle; nous le retrouvons alors sur une mosaïque de Saint-Pierre; au ix" siècle, dans une miniature d'un manuscrit grec de la Bibliothèque nationale, n" 150, au x« siècle, dans un ms. latin du même dépôt, n" aJJS, le « Graduel de l^riim » et, depuis lors, sur divers monuments qui cessent d'appartenir à nos recherches '.

Toutefois, nous voulons faire une place à un monument certainement ancien, mais dont la date ne peut être déterminée avec beaucoup de précision; il s'agit d'un chapiteau de marbre blanc, dans un des niinaretsdeHaram-esh-Sherîf, à Jérusalem (fig. 2468).

elassic ehristian Art, in-S^, London, 1904, pi. 35, 36, 37, 3S, 39. — 'De Rossi, Bullettino di areh. erisL, 1882, p. 151, a compare le temple de notre mosaïque avec un fond de coupe juif. Cf. H. Lcclercq, Manuel d'arehéol. ehrit., t. i, fig. 349, p. 108. — 'De Rossi, Bull, di arch. erisl., 1882, p. 140; 1887, p. 89; Berthier, La por/e de Sainte-Sabine, in-8<', Frihourg, 1892, p. 54. — 'L. Guéncbault.DïcL iconographique, 1843, t. ii, p. 278 ; Rohault de l'ieury, L'Évangile, t. i,p. 53-55, pi. XIV, XV ; Grimouard de .Saint-Laurent, Guide de l'art chrétien, in-8», Paris, 1872, t. iv, p. 150-152.

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CHANDELEUR

CHANDELIER

Quoique très mutilé, ce morceau de sculpture est sufilsamment conservé pour que l'on y puisse reconnaître la scène de la présentation de Jésus au Temple '.Les musulmans se sont surtout attachés à briser les visages <lont il ne subsiste nul vestige. Cependant à la suite (l'un examen minutieux on reconnaît à l'extrémité de ijauche la présence d'une figure portant un vêtement long, serré à la taille par une ceinture dont les extrémités tombent naturellement. Le personnage est debout, les jambes légèrement courbées. les b.-as tendus

2468. — La présentation au temple. Chapiteau

du Hai-am-esh-Scliérif.

D'après Clermont-Ganneau, Archa^ological researcliCS

in Palestine, 1899, 1. 1, p. -144.

en avant, et sur les bras une pièce d'étoffe à grands plis formant une sorte de cavité entre les bras. L'attllude est celle de l'homme qui se prépare à recevoir un objet dans ses mains tendues et, suivant l'usage ancien, drapées par respect pour ce qu'on va recevoir. Ce geste est en fonclion d'un autre personnage, également drapé, assis à l'extrémité de droite. Ici encore, la tête, la main et le bras droit ont été lirisés, il ne reste que le bras gauche et la main gauche ouverte. En martelant la tête, on a oublié de détruire un large nimbe crucifère orné de points; d'après la position de ce nimbe on peut induire que la tête placée

* Ch. Clermont-Ganneau. Archa'oUnjii-dl researchcs în Pahsline, in-4», Loncliin, I8i)!), t. i, p. 1 14-1G5. — = De Rossi, Il niiiseo epiijrafico cfisliano Pio Lateranense, in-4'', Roma, 1877, pi. .\iv; Roma sotlerranea, t. il, p. 235; Gar-

dcvant ne regardait pas de face, mais était tournée à gauche. Entre ces deux personnages s'en trouvait un troisième, debout, drapé, le coin de son vêtement jeté sur l'épaule gauche; le bras gauche est brisé, le bras droit semble s'emploj^er à rempUr une place intermédiaire entre les deux personnages extrêmes de la scène. Celle-ci représente — avec quelque gaucherie sans doute, qui peut tenir à la science de l'artiste et à la forme du cliapiteau peu favorable à un hautrelief — la présentitiori de Jésus. Il est probabit que -Marie était assise, luiant son enfant dans ses bras et faisant le geste de le tendre à Siméon qui s'apprêtait à le recevoir; entre eux, la prophètcsse .\nne tendait instinctivement les bras, afin de ne pas laisser choir l'enfant. Xul vestige du temple, des colombes, etc.; mais outre que l'état du chapiteau ne permet pas de dire avec certitude ce qui s'y voyait et ce qui ne s'y \ oyait pas. ses dimensions ont pu engager le sculpteur à simplifier le plus possible son sujet. La présence d'une aile permet toutefois de reconnaître la présence d'un ange qui a complètement disparu. .M. Clermont- Ganneau croit voir saint Joseph dans le personnage que nous appelons la prophétesse Anne; le geste de son bras replié serait celui d'un homme qui retient les deux colombes du sacrifice sur sa poitrine : le personnage de saint Joseph est trop exceptionnel dans l'ancien art chrétien pour que nous ne !uî préférions pas la prophétesse; au reste, c'est là pure affaire de préférence.

L'emploi du nimbe crucifère pour la Vierge est exc ptionnel dans l'art chrétien; on peut supposer qu'Ici M.irie a reçu cet attribut parce que le visage de Jésus touchait le sien et qu'on aura confondu leurs deux nimbes en un seul.

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