‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 84 sur 303 · JUS · texte numérisé non relu

JUS

facJa est subtn-bu

« Dans le récitatif de Job, le chant évolue dans l'intervalle de quinte au-dessus de la finale. Les repos de phrase ont lieu sur cette dernière et sur sa tierce; les coupures intermédiaires peuvent tomber sur le deuxième degré. En l'absence du degré audessous de la finale, qui caractériserait ici le mode, notre mélodie se trouve assimilée à plusieurs pièces, grégoriennes, que l'on peut, à cause de la même particularité, rattacher indifféremment aux deux tonalités de sol ou d'ul (fa par transposition).

CHANTRES

« Sous cette deuxièmo forme, le récitatif juif est bien un récitatif oriental antique, conforme à l'ancienne modalité ambrosienne et gallicane '.

« Selon la première teneur, c'est-à-dire avec la finale sol et la prédominance du si, c'est encore une des plus anciennes tonalités ecclésiastiques, dont le type se rencontre dans le chant du Gloria pascal, un mode de sol, etc., d'il/, avec si (mi) et ré {sol) comme notes importantes, les repos sur la finale, sa tierce ou parfois sa seconde.

ôhârë ken pâ-tah iyob et pi.hu wayyo mar.

» Ces rapprochements prouvent une chose : c'est que le mode est bien le même de part et d'autre, et possède une construction identique. La tonalité ainsi constituée produit une nouvelle forme modale, ayant pour finale la tierce (si) de la fondamentale (hol). Ces chants appartiennent au mode iastien intense, dont la formation, expliquée par M. Gevaërt se constate dans beaucoup de très anciennes pièces grégoriennes ^.

<' Le dernier de nos spécimens ofïre de cette modalité un remarquable exemple, où le degré de si est la corde de récitation en même temps que la note finale, autour de laquelle se déroule la mélodie syllabique dans l'inlervalle d'une quinte, ainsi établie :

cadences intermédiaires teneur et finale accentuations

« La récitation sur la corde haute (tierce) et l'emploi de la quinte dans les accentuations mélodiques est très caractéristique dans les récitatifs fort anciens représentés ci-après *.

set

ha

mi

jrim .

sa

Ky n

£ n eu u

Ky ri e

' Cf. A. Gastouè, Grecs et laliits. dans la Tribune de Saint- Cervais, 1897, p. (i. — = F.-.\. GeVaërt, La mélopée antique dans le chant de V liglise latine, in-S", Gand, 1S9,5, p. 100. — ' lissai sur les tonalités du chant gréijoricn, dans

mippe-nr mm mi

hrâh.

bâ - tah bah.

Ky . ri ^ e e - le - I - son

J(y ^ n - e e ^ te - i - son Chns.te ex au di nos

wal.tit-tèn tè réf lé bë tâh w hô

le - I . son

11 Comme il est facile d'en faire la remarque, les chants accommodés parle christianisme primitif aux types mélodiques en usage dans les synagogues ne reproduisent pas dans tous ses détails la contexture des chants Israélites. L'application de textes latins ou grecs explique la nature des modifications nécessaires. D'un autre côté, les longues suites de notes par intervalles conjoint ssont une manifestation du goût oriental, qu'on retrouve dans les chants du rite gallican et mozarabe, mais qui n'apparait dans le répertoire médiéval qu'à une époque postérieure.

Il Terminons par un dernier exemple qui nous montre la mélodie juive apparentée à une pièce archaïque de l'hymnaire milanais °.

, don 'ô làm

Ste-pha-ni pri ■ mi mar - tj - ns can- lé-

ser ma lâh ; bë - tè - èm

no vum can - ti - cum. o - pem

a Tribune d- Sainl-Geruais, 1898, p. 17G, 177. — 'Les lorniules grecques de la Synapti sont prises dans l'étude citée, Grecs .■( latins, p. 42. — * Paléographie musicale, t. v. p. 74.

CHANTRES

On ne pourrait, croyons-nous, donner un commentaire plus décisif au texte d'Eusèbe.

A ces indices sur le répertoire nous pouvons en joindre d'autres sur le recrutement des chantres. Vers le milieu du iv= siècle commence une longue et précieuse chaîne de témoignages épigraphiques.

Avant tout il faut écarter un texte indûment apporté au dossier des chantres, ce n'était pas d'ailleurs le moins intéressant; il provient du cimetière de Sainte-CjTiaque ' :

niOAMAlC • A • I • MNH

leN oecû

nAPGENOC • ETWNIE MHTHP TYXAPIN ANGGEKIA

nTO/[£]:JaU if;]i!i'/r[7To](;) h 0£<i> -apbhoi hûiv : î. Mr.T-r,? T'j/Jïjf.v iviOîiy.a. Boldetti et Muratori donnaient l'interprétation suivante : Plolnmis a. i. çuœ hymnos Deo personabat, virgo annorum quindecim... Cnrsini a rétabli avec raison toute la leçon AeiMNHCTH sempermemoranda, au lieu de A Y M N H C A ©EOl) conjecture qui confine à la fantaisie '.

Xous aljordons maintenant un terrain plus solide. Les premières inscriptions romaines relatives à des chantres sont deux épitaphes composées par saint Damase avant son pontificat; elles appartiennent encore au règne du pape Libère (352-366) et ne sont pas tracées en caractères philocaliens. La première commémore l'évêque Léon, enterré dans VAgro Verano, près de Saint-Laurent. Le défunt nous apprend lai-même qu'il fut longtemps païen; une fois converti, il ne rechercha plus que les trésors célestes, employa ses revenus à secourir les pau\Tes, rehaussa le culte par son chant, fut élevé à l'épiscopat et réussit à maintenir son troupeau dans l'orthodoxie dont la victoire définitive mit fin aux persécutions que les ariens lui suscitaient. Il mourut âgé de quatrevingts ans' :

OMNIA QVAEQVE VIDES PROPRIO QVAESITA

fLABORE CVM MIHIGENTILIS lAMDVDVMVITAMANERET INSTITVI "CVPIENS CENSVM COGNOSCERE

[MVNDI

IVDICIO POST MVLTA DEI MELICRA SECVTVS

5 CONTEMPTIS OPIBVS MALVI COGNOSCERE

[CHRISTVM HAEC MIHI CVRA FVIT NVDOS VESTIRE PE-

[TENTES FVNDERE PAVPERIBVS QVIDQVID CONCESSE-

[RAT ANNVS PSALLERE ET IN POPVLIS VOLVI MODVLANTE

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