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souvent tracées avec une grande habileté qui lémoigne d'une véritable science du dessin, malgré ‘ leur exécution parfois très-rapide; ces figures sont souvent coloriées de teintes plates, rarement fondues et jamais modelées. Elles sont quelquefois rehaussées d’or.
Les papyrus étaient ordinairement roulés de gauche à droite, de façon que, la fin du manuscrit se trouvant former le centre du volumen, ce fût le commencement du texte qui s'offrit aux yeux de la personne qui le déroulerait.
Un grand nombre de ces rouleaux ou volumens nous ont été conservés; quelques-uns, qui étaient des lettres avec suscription donnant les noms et titres du destinataire, ont été trouvés entourés d'un lien, et parfois scellés; mais ces volumens sont, pour la plupart, des manuscrits funéraires. On les plaçait sous les bandelettes qui enveloppent la momie, entre les mains, sur la poitrine, sous les bras, entre les jambes, ou bien encore on les renfermait dans des statuettes de divinités dont on avait creusé l'intérieur pour leur servir d’étui.
Par suite de son exposition prolongée pendant des siècles à la température haute et à peu près invariable des tombeaux, le papyrus est devenu
le plus souvent sec et cassant, et des fragments s'en détachent continuellement si le déroulement n'en est opéré avec une attention minutieuse et ‘ des soins tout spéciaux. Mais quelque difficulté qu'il y ait à dérouler un papyrus, on peut toujours y parvenir sans altérer le texte, et cette opération présente beaucoup moins d'obstacles pour les manuscrits égyptiens que pour Îles volumens carbonisés d'Herculanum. M. Jomard a donné à cette occasion les instructions suivantes : on humecte d'abord le papyrus en le couvrant de plusieurs enveloppes de toile humide; on tend sur un châssis une pièce de gaze fine un peu plus longue que le manuscrit, puis on étend” sur cette gaze et sur le revers du manuscrit une couche de gomme fine, bien dissoute, qu'une légère pression fait adhérer au papyrus. Tout ce travail doit être fait à l'ombre et continué sans interruption depuis le commencement. Ce procédé réussit dans les cas ordinaires, mais il est toujours préférable de coller directement le manuscrit sur des feuilles de carton bien laminé, quand l'état du papyrus le permet. Il arrive souvent que les différents tours d'un volumen sont, en tout ou en parlie, collés ensemble par les matières résineuses ou bitumineuses employées
pour la momification. On doit alors avoir recours à des dissolvants qui n'altèrent pas le noir de l'écriture. C'est ainsi que Th. Devéria est parvenu à ouvrir, au Louvre, un manuscrit replié un grand nombre de fois sur lui-même et imprégné d'un épais vernis jaunâtre. On plonge le papyrus d'abord dans un bain composé de parties égales d'éther et d'alcool, puis dans un bain d'alcool pur et bien rectifié, pendant toute une nuit. On ne doit employer que de l'alcool parfaitement rectifñé et ne s'en servir que quand on ne peut pas faire autrement, parce que la petite quantité d'eau qui y reste presque toujours peut attaquer les gommes de l'encre égyptienne et faire pälir l'éerrture. Dans la plupart des cas, l'essence de térébenthine est de beaucoup préférable. Lorsque le papyrus n'est pas enduit de bitume, le procédé le plus pratique et le plus expéditif, bien préférable à celui de M. Jomard, est l'emploi du ban d'éther simple; la grande difficulté est d'opérer le déroulement avec assez de rapidité pour que le liquide n'ait pas le temps de s'évaporer.
Voici une liste alphabétique des principaux papyrus publiés et étudiés :
Assotr (Pap.). (Select papyri of the British Museum.) Enquëte judiciaire au sujet d'une violation de sépultures.
(Voyez Birch, Revue archéol. xvi® année; Chabas, Mélanges, 1]; Maspero, Une enquête judiciaire à Thèbes.)
AmuursT (Pap.). Autre enquête judiciaire. (Voyez Chabas, Mélanges, II[, 2° partie.)
Anasrasi (Pap.). I-IX (Select papyri). Lettres, rapports, etc. Le premier de ces papyrus est le plus long et le plus important; il conüent une énumération des vicissitudes qui attendent l'officier égyptien dans les expéditions en Syrie et en Palestine. (Voyez Chabas, Voyage d'un Egyptien.)
Beruin (Pap. de). Lepsius, Denkmäler, VL (Voyez Chabas, Les papyrus de Berlin; Pierret, Un hymne à la Divinité, dans Études épyptol. 1.)
Bovucag (Pap. de). Deux livraisons de fac-sumile publiées par M. Mariette.
Caper (Pap.). Papyrus de la Bibliothèque nationale. C'est un exemplaire hiéroglyphique du Livre des Morts; il a été reproduit dans la Description de l'Egypte.
Casari (Pap.), manuscrit grec de la Bibliothèque nationale, dont l'original démotique a été retrouvé dans la collection de Berlin, par M. Brugsch, et lui a fourni le sujet de précieuses observations consignées dans sa Lettre à M. le vicomte E. de Rougé au sujet de la découverte d’un manuscrit bilingue, etc. 1850.
Conrrars. (Voyez supra, p. 148.)
Essas (Pap.), papyrus médical analysé, pour la première fois, par M. Ebers, et dont ce savant prépare la publication.
Harris (Pap.). Papyrus magique Harris, publié et traduit par M. Chabas, en 1860.
Harnis {Grand pap.), le plus long papyrus qui nous
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soit parvenu : il ne comprend pas moins de 116 pages; le Musée Britannique en a fait récemment l'acquisition. H traite de plusieurs sujets : enquêtes judiciaires, listes d'offrandes, etc.; la partie la plus importante est un discours de Ramsès IÏT à ses grands dignitaires, dans lequel se trouvent les notions les plus précieuses sur l’époque de troubles qui a précédé l'avénement de ce pharaon. Ce manuscrit, sur lequel il a été déjà beaucoup écrit, n’est pas encore publié. (Voyez Eisenlohr, Le grand pop. Harris; Chabas, Recherches sur la x1x° dynastie.)
Jupicraime pe Turin (Pap.). Instruction relative à une conspiration de harem découverte sous Ramsès IIT. (Voyez Th. Devéria, Le pap. judic. de Turin, 1868.)
Les (Pap.), acte d'accusation concernant un Égyptien qui avait tenté de suborner des gens du harem au moyen de formules magiques. -
Leyne (Pap. de). Cette collection a été publiée par M. Leemans dans les Monuments du Musde de Leyde, avec analyse due à M. Chabas.
Mépicaz (Pap.) de Berlin. Il a été publié et analysé par M. Brugsch dans le deuxième volume de ses Monuments. (Voyez aussi Chabas, Mélanges, I.)
Nes-çen (Pap. de), exemplaire hiéroglyphique du Livre des Morts de la collection du Louvre, publié ct . traduit par Th. Devéria et P. Pierret, 1872.
Onsiyex (Pap. d'). (Select papyri.) C'est le Roman des deux freres, analysé pour la première fois par M. E. de Rougé et traduit entièrement par M. Maspero, dans la Revue des cours littéraires du 28 février 1871.
Prisse (Pap.), manuscrit de la Bibliothèque nationale. Sorte de traité de morale rédigé, sinon écrit, sous l’ancien
empire. Publié en 1847, il a été étudié pour la première fois par M. Chabas, dans la Revue archéologique, xiv* année.
Rain (Pap.). Ces deux papyrus donnent da rédaction du même texte en écriture hiératique et démotique. (Birch, in-folio; Brugsch, in-4°.)
Rocuin (Pap.), manuscrits de la Bibliothèque nationale. L'un de ces papyrus se rapporte au procès du papyrus Lee; les autres sont des registres de comptabilité et des manuscrits funéraires.
Royaz (Pap.) de Turin, manuscrit horriblement mutilé, qui donnait les noms des souverains mythiques et historiques de l'Égypte, depuis les temps les plus reculés jusqu’à Ramsès IL. Le déplorable état dans lequel il se trouve n’a permis d'en tirer que fort peu de renseignements.
Sazuier I (Pap.). (Select papyri.) Fragment de récit historique relatif à la fin de la lutte contre les Pasteurs (voyez Chabas, Les Pasteurs en Erypte). Lettres de scribes.
Sauter JT (Pap.). (Select papyri.) Préceptes d'Amenemha [* à son fils Ousertesen [*. Autres instructions d'un père à son fils, dans lesquelles sont passés en revue les inconvéniénts des professions non libérales. Hymne au Nil, traduit par M. Maspero.
Sacurer II] (Pap.). (Select papyri.) Poëme de Pentaour, popularisé par l'étude de M. E. de Roupé.
SaLLIER |V (Pap.). (Select papyri.) Calendrier de jours fastes et néfastes, traduit par M. Chabas.
Sernaou (Pap. de), papyrus démotique de Boulaq, dont la traduction a été donnée par M. Brugsch dans la Revue archéologique, septembre 1867. C'est un conte mer-