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Cléopâtre VI, la dernière et la plus célèbre, celle dont les charmes séduisirent César et Antoine, et qui fut corégente, d'abord avec ses deux frères Ptolémée XIV et Ptolémée XV, puis avec son fils Ptolémée XVI, Césarion.
CLEPSYDRE. Clément d'Alexandrie, parlant des cérémonies sacrées, dit que l'horoscope 1enait à la main une clepsydre et une branche de palmier (Stromates, VI, 4). La branche de palmier, nous la connaissons, c'est { , l'hiéroglyphe de l'année. Quant à la clepsydre, on n'en a pas trouvé trace sur les monuments, mais j'ai lieu de croire que certains emplois du signe de l'eau ms en attestent l'usage. En effet, dans le cintre des stèles, à côté de w, exprimant l'étendue, et de © , exprimant l'infint renouvellement des années, on rencontre presque toujours ==, qui doit désigner l'écoulement du temps. En outre, j'ai déjà signalé (Revue archéolog. 1870 ) dans les imscriptions du sarcophage de Séti I les mots beaucoup d'eau "#1, employés en parallélisme avec deux expressions désignant des laps de temps considérables, d’où il est permis de supposer qu'on faisait usage de la clepsydre au commencement de la xix° dynastie.
COE 435 GNouPHIS. — Voyez Nous.
COCOTIER. M. Goodwin (dans Chabas, Mélanges égyptol. Il, 239) pense avoir retrouvé le cocotier dans un texte égyptien qui mentionne un palmier de 6o coudées portant des fruits nommés 2b4h° kuku, qui contenaient des amandes dans lesquelles il y avait de l'eau (le lait de coco). C’est donc la langue hiéroglyphique qui nous fournit l'étymologie, restée obscure jusqu'ici, du mot coco.
CŒUR. Le cœur était embaumé séparément dans un vase mis sous la garde du génie Duaoumautew (voyez Canores et GÉNIES FUNÉRAIRES), sans doute parce que cet organe, indispensable pour la résurrection, ne pouvait être replacé dans le corps de l’homme qu'après avoir figuré dans le plateau de la balance du jugement osirien (Todtenbuch, cxxv), où, représentant les actes du mort, il devait faire équilibre à la statue de la déesse Vérité $ (voyez les papyrus encadrés dans la Salle funéraire du Musée du Louvre). En effet, la sentence favorable est ainsi formulée: «Il est accordé que son cœur soit à sa place.» Il est dit à Séli Er, dans le temple d’Abydos : «Je
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t'apporte ton cœur dans ta poitrine, je le mets à sa place. » Le cœur, principe d'existence et de régénération, était symbolisé par Île scarabée; c'est pourquoi les textes qui lui élaient relatifs étaient inscrits sur les scarabées funéraires, qu à une certaine époque on introduisit dans le corps même de la momie pour remplacer l'organe absent. Les chapitres xxv: à xxx du Livre des Morts sont consacrés à la conservation du cœur de l’homme. (Voyez Th. Devéria, sur deux scarabées; Birch, Zertschr. für ägypt. sprache, 1 866, p. 89; 1867, p. 16, 54; P. Pierret, Dogme de
la résurrechon, p. 6.)
COFFRETS À FIGURINES FUNÉRAIRES. Affectant diverses formes (sarcophage, pylône, naos), ou simplement quadrangulaires, ils sont en bois peint, parfois divisés en plusieurs compartiments et ornés de représentations religieuses dans lesquelles figurent Osiris, Anubis, les quatre génies funéraires, Nout dans son sycomore, etc. On y lit aussi le chapitre vi du Livre des Morts relatif aux figurines funéraires.
COIFFURES. Les coiffures principales sont :
le bandeau reliant la perruque æ, la perruque
surmontée du eône, le klaft a, la couronne blanche 4, la couronne rouge Ÿ, le pschent Ÿ,
GS ' le casque de guerre &Ÿ et l'atew #, coiffure
divine. ( Voyez ces différents mots. )
COLCHYTES. Les colchytes, ou mieux coachytes (de yo, libation, et yUw, verser), étaient des prêtres subalternes préposés à la garde des hypogées et qui étaient chargés d'y effectuer les rites funéraires tels que libations (ainsi que leur nom l'indique), apports d'offrandes, etc. C'est toujours d'eux qu'il s’agit dans les contrats démotiques spécifiant des ventes de terrains funéraires.
COLLIER (Investiture du). Le collier était un insigne de virilité; 1 orne le cou d'Ammon pénérateur. On voit, à Karnak, Séti [= offrant à ce dieu le collier Ousekh & . Le collier d’or était une haute récompense accordée par le roi en retour de services éclatants. L'investiture du collier est souvent figurée sur les monuments (voyez Louvre, stèle G, 213), et nous trouvons dans la Bible, à l'histoire de Joseph, un écho de cœtte cérémonie. Cependant, je ne crois pas qu'il aille toujours attribuer à la représentation de l'investiture du collier le sens précis d'une dé-
coration dans l'acception moderne; peut-être n’a-t-elle parfois d'autre but que de peindre aux yeux, à titre d'huéroglyphe, l'ensemble des faveurs par lesquelles on récompensait des services exceptionnels. {Voir à ce sujet l’article que jai publié dans les Mélanges d'archéologie ur
tienne et assyrienne, |, 196.)
COLLIERS. Ils étaient en verroterie et formés d'amulettes de toute espèce ou de grains et d'olives en jaspe, en spath, en cornaline, en lapis, etc. Quelques-uns sont composés d'amulettes, de grains et d'olives en argent ou en or. Des gorgerins à plusieurs rangs étaient munis d'un fermoir clos par un petit verrou. Un contrepoids ç nommé menal les retenait sur l'épaule; une tête d'épervier remplissait parfois le même office. (Voyez Louvre, Salle civile, vitr. P, R.)
COLLYRE (Étuis à). On donne ce nom à des vases en terre émaillée de la forme 5 @ w, isolés ou soutenus sur l'épaule d'un esclave, à de petits coffrets quadrangulaires en faïence ou en bois, à des étuis cylindriques en bois à un ou plusieurs compartiments. Ces divers récipients contenaient du noir d'antimoine, avec lequel les
Égyptiennes s’allongeaient les yeux, et autres collyres de toilette et onguents, dont un étui du Louvre donne une idée par cette quadruple inscriplion : 1° pour arrêter le sang; 2° pour arrêter la douleur; 3° bon suhbium; 4° bon pour la vue.
Quelques buires sont tournées en colonne Î ou en dieu Bès # et munies d’un style en bois, en pierre ou en ivoire, terminé en massue pour étendre le stibium sans blesser les yeux. Il y a, au Louvre, salle civile, armoire D, un étui double, à collyre, en bronze, d'une forme rare; il est muni d'une figure d’esclave nue, mobile, destinée à retenir, par des chaînettes qui étaient attachées à ses mains, les opercules des deux tubes. La figure se meut sur une goupille, comme une charnière.
COLONNE. La colonne fait son apparition à la xn° dynastie par la transformation du pilier en colonne prismatique à huit ou seize facettes; cest la colonne dite proto-dorique des hypogées de Beni-Hassan. A celle-ci succède la colonne lasciculée comportant base, fût, chapiteau et dé. La base est large, peu élevée et cylindrique; le fût va se rétrécissant de la base au chapiteau; le chapiteau, qui représente un faisceau de
lotus, se rétrécit dans sa partie supérieure; le dé est quadrangulaire et uni. Les colonnes sont peintes; elles sont divisées en bandes horizontales alternantes, |
Sous le nouvel empire, le chapiteau s’épanouit en fleur de lotus (chapiteau à eampane). Sous les Ptolémées, il se complique de feuilles ou de plantes aquatiques. Les temples dédiés à Hathor sont ornés d'un’ chapiteau spécial à quatre faces, dont chacune est ornée d’une figure de femme à oreilles de vache.
COLONNETTE. Un talisman en forme de colonnette s'épanouissant en fleur de lotus F, et recouvert d'inscriptions empruntées au . texte spécial des chapitres cuix et czx du Livre des Morts, était, suivant la prescription de ce livre même, placé au cou des momies. Cette colonnette est toujours en pierre verte (feldspath) ou en pâte de verre de même couleur, ear elle reproduit l'hiéroglyphe exprimant l'état de ce qui est vert, verdoyant et par suite florissant et prospère. Le sens de l'amulette s'explique de lur mème.
COLOSSES. Les principaux colosses sont ceux
d'AÂménophis III, à Thèbes (dont l'un est la statue vocale de Memnon, haute de 19 mètres); de Ramsès Il, à Memphis (Mit-Rahyneh}, à Lougsor, au Ramesséum, à Tbsamboul; de Ramsès IT, à Medinet-Abou. Le Louvre possède une statue colossale (A, 16) au nom de Sebek-hotep IT (x dynastie) et la base d’un colosse en granit rose (À, 18) usurpé par Aménophis III et qui est très-probablement de la x1° ou xt dynastie. Ces deux morceaux sont du plus grand prix.
Un fonctionnaire de la xn° dynastie raconte, d'une mamière pompeuse, le transport d'un colosse hors de la carrière, transpert dont la directon lui fut confiée. Cette inscription, traduite par M. Chabas (Mélanges, LIT, 2° partie, 119), commence ainsi : « Transport d'une statue de 13 condées en pierre de la localité [#]. Or le chemin sur lequel elle devait aller était plus difficle qe toute autre chose, et 1 était difficile d'amener des hommes de traction assez nombreux pour cela à cause de la pierre... Je fis partir des compagnies de jeunes recrues pour lire le chemin, ainsi que des corporations d’ouvriers sacrés et d'ouvriers tailleurs de pierre, leurs maîtres avec eux. Je dis: Que des hommes au bras fort aillent pour l'amener! Mon cœur se