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plois civils et militaires, et celle des agrieulteurs, 1l existait une classe intermédiaire de travailleurs et de vendeurs dont l'importante fonction avait pour objet de satisfaire, par l'industrie et le commerce, aux besoins multiples d'une civilisation de vieille date.
«À ces besoins, l'industrie nationale était loin de suffire, et le commerce avait à se procurer au loin une foule d'objets devenus indispensables aux habitudes luxueuses des Égyptiens. Indépendamment de l'or, de l'argent, du bronze, du fer, du plomb, du lapis, des bois solides et précieux que diverses contrées leur fournissaient, 11s importaient de l'étranger beaucoup de produits fabriqués, parmi lesquels on peut citer :
« Les vases de Chypre ou de Crète;
« Les siéges marquetés de Kati;
« Les chars de Béryte, garnis de cristal, de lapis, d'argent et d'or, ayant des siéges du pays de Pehor et leurs timons du pays d'Aup;
« Les outres ou coffres garnis de peaux de Rehob ; .
« Les vins de Kanem et de Syrie, que ne remplaçaient pas les bons vins nationaux de Kakem, si propres à être mélangés avec le miel;
14h COM
«Le hak, espèce de boisson de grains fabriquée à Kati;
« Divers autres liquides fournis par les pays de Khéta, d'Assour, de Singar, d'Amor et de Naharain ;
« Des oiseaux et des poissons d'espèces multipliées, parmi lesquels on remarque le poisson séché de Tyr;
« Les collyres de Kaanma et de Syrie;
« Les fruits de la même provenance;
« Les chevaux de Singar;
e D’autresanimaux domestiques de Khéta , etc.
« Ces importations étaient effectuées soit par des caravanes étrangères, telles que celles des Galaadites, qui achetèrent le patriarche Joseph, soit par des expéditions parties de l'Égypte ellemême.
«+ Mises en œuvre par d'habiles artisans, les matières premières se transformaient en produits appropriés aux besoins de tous; les textes et Îles peintures monumentales nous font connaître les dénominations et quelques-uns dés procédés d'un assez grand nombre de métiers, tels que le maçon, le-sculpteur, le graveur, l'ouvrier en métaux, le doreur, le fondeur, Île charpen-
tier, etc.» (Chabas, Mélanges éryptolor. I, 1.)
COMPTABILITÉ (Registres de). Tracés en écriture hiératique ou démotique sur des papyrus ou des ostraca, ce sont des listes de distribution de numéraire et de denrées à des ouvriers, des entrées de céréales, des reçus d'impôts, etc. (Voyez Chabas, Mélanges épyptol. 1, 17; Pleyte, Les papyrus Rollin de la Bibliothèque nationale; Lieblein, Deux papyrus htératiques de Turin; T. Devéria, Catalogue des manuscrtis égypt. du Louvre, p. 179 et suiv.)
CÔNE. La perruque surmontée d’un cône était une coiffure très-usitée par les hommes et par les femmes sous la xvni et la x1ix° dynastie; c'était la marque distinctive des grands personnages dans les cérémonies. Dans la tombe de Kha-em-ha, un prêtre place un cône sur la tête de fonctionnaires qui vont se présenter devant le roi Aménophis III. Sur un autre monument, un cône, peint en jaune par en haut et se dégradant en blanc par en bas, est posé sur la tête d'un personnage qui fait un acte d’adoration au soleil, et dont la coiffure est ornée, en outre, d'une fleur de lotus. Quelquefois le cône est entouré de feuillages. .
CÔNES FUNÉRAIRES. Ces cônes de terre cuite,
qui sont quelquelois colorés d'ocre ou de blanc, furent longtemps pris pour des sceaux, mais la légende qu'ils portent sous leur base étant toujours en relief et se lisant le plus souvent de gauche à droite; on est obligé de Îes considérer plutôt comme des empreintes que comme des sceaux. Gette appréciation est confirmée par le double fait de la diversité de proportions de ces objets et de la fréquente identité de leurs légendes.
La destination des cônes funéraires est encore une énigme pour les archéologues. On n’en a jamais rencontré qu'à Thèbes. M. Mariette pense qu'ils servaient à y délimiter les sépultures, ou du moins à avertir de leur voisinage éeux qui, en l'absence d'autre marque extérieure, auraient été tentés de creuser un tombeau sur un terrain déjà occupé, et qu'ils pouvaient supposer vierge. Quoi qu’il en soit, ils affectent la forme d'un pain sacré et représentent bien l'offrande posée sur la main, qui figure dans lhiéroglyphe 4, # (donner). Îls portent sous leur base une empreinte en relief donnant le nom et les titres d'un défunt; on y voit quelquefois représentée une barque supportant le disque solaire :es ou l'astre émergeant de l'horizon «as au-dessus de
deux adorateurs agenouillés. La formule de ces légendes commence ordinairement par les mots A @11@ |—-7, Le dévat d'Osuis, que suivent un nom propre et des titres, La hauteur des cônes varie de 15 à 20 centimètres, et leur largeur de 6 à 9 centimètres.
CONJONGTIONS. Les principales conjonctions sont : Ê 7, Ana (avec), WT #Ÿ em-ro-pu (ou), @ kher (or, mais), @ “Z khewt (lorsque), der (depuis), W & » em-khet (après), ÿ "han (alors), Îfle ast (voici que), = W ka (certes, er), Ÿ 7 her-nt (parce que), {ma (comme),
en mer, &, en het (afin que).
CONJUGAISON. Ainsi que l’a dit M. Maspero dans un mémoire spécial (Des formes de la conjugaison en égyptien antique, en démotique et en copte), kh conjugaison s'effectue de trois manières différentes : 1° en. joignant au thème du verbe le sujet, quel qu'il soit; 2° en accolant au verbe une ou plusieurs autres racines verbales qui jouent le rôle d’auxiliaires; 3° en intercalant, entre l'auxiliaire et le verbe, une préposition qui marque la direction de l’action accomplie ou subie par le sujet. — Voyez Vers.
CONTRATS DÉMOTIQUES. Dans la classe de documents que l'on désigne ainsi, ces documents sont tracés en éeriture démotique et relatifs à la vente de terrains situés dans le quartier funéraire de Thèbes. Les acheteurs et vendeurs sont soigneusement désignés dans les contrats; ils appartiennent tous à la classe des colchytes (voyez ce mot), et sans doute à la même famille dans laquelle cette charge s'est transmise de père en fils et a mème été remplie par des filles. Les noms qui se rencontrent dans ces actes sont, en effet, toujours les mêmes, et il est à supposer que les exemplaires qu'en possèdent les divers musées proviennent tous de la même tombe. En même temps que les noms des parties contractantes, on y trouve aussi minutieusement énoncés l'emplacement et l'orientation des terrains cédés, avec désignation des propriétaires limitrophes.
Les plus anciens contrats remontent à la dv- . nastie persane; les plus nombreux sont ceux de l'époque ptolémaique; ces derniers débutent tous par un protocole du roi régnant qui ne remplit pas moins de trois à quatre lignes.
Le musée du Louvre possède une riche collection de contrats démotiques, malheureustment inédits; ceux du musée de Leyde ont été
publiés, mais d'une façon que je crois insuffisante pour le déchiffrement (Leemans, Monum.
du musée des Pays-Bas, pl. czxxxv à couv).
Aucun de ces textes n'a été soumis à une traduction complète. (Voyez Brugsch, Catal. du musée de Berlin; Lettre à M. de Rougé; Th. Devéria, Catal. des manuscrits égypt. du Louvre,
CONTREFACON DES MONUMENTS. J'emprunte à M. Prisse (Collechons d'anhiquités épypt. au Catre, p. 1) les indications suivantes, qu'il est utile de mettre sous les yeux des amateurs d'archéologie : « La plupart des fellahs qui habitent sur le sol de Memphis et de Thèbes ne vivaient que du produit des fouilles. Contraints de cesser leurs lucratives recherches, ïls sont réduits maintenant à contrefaire les figurines, les amulettes et tous les objets d'art qu'ilsarrachaient jadis à la terre et à l'oubli. La nécessité, cette mère de l'industrie, leur a fait faire en peu de temps de merveïlleux progrès. Sans aucune pratique des arts, avec de grossiers outils, quelques paysans égyptiens sont parvenus à sculpter des scarabées, de jolies statuettes, et à les orner de légendes hiéroglyphiques. Hs savent fort bien que
les cartouches ajoutent beaucoup de valeur aux antiquités; aussi ne manquent-ils jamais d’en copier, soit sur les grands monuments, soit sur des scarabées originaux. [ls emploient à ces contrefaçons un calcaire d'un grain fin et compacte, la pierre à savon, la serpentine ou l'albâtre. Les objets fabriqués en calcaire sont enduits d’une couche de bitume tiré des momies, ou de couleurs enlevées sur les peintures des hypogées, ou bien, enfin, uniformément recouvertes d’un brillant vernis de faïence qui rend, il est vrai, les formes baveuses et difficiles à saisir, mais qui ressemble d'une manière étonnante aux antiquités que l'action du feu ou des terres imprégnées de salpêtre a légèrement endommagées.
Les hiéroglyphes simulent, à s'y méprendre, ceux dont le travail a été négligé. Leurs statuettes rappellent les figurines de pacotille que les anciens Égyptiens plaçaient en si grand nombre dans leurs tombeaux. L'ensemble est d'une ressemblance trompeuse, mais les détails de la tête sont toujours fort imparfaits; les yeux sont anguleux et cernés de minces paupières; le nez est étroit et pointu; la bouche est pincée et grimaçante; enfin les mains sont assez incorrectes. Malgré ces imperfections, les fellahs ont
parfaitement réussi à tromper la plupart des voyageurs, généralement fort.ignorants en antiquités.
«Les pierres dures, telles que le basalte, le jaspe vert, la serpentime brûlée, le spath vert, la calcédoine, la cornaline, etc., sur lesquelles les mauvais outils des fellahs n’avaient point de prise, étaient devenues, pour les amateurs d’antiquités égyptiennes; les seules pièces dont l'origme fût authentique, mais les Juifs du Caire, aussi avides et plus habiles que les Arabes, se sont mis à graver au touret les scarabées et les amulettes dénués de légendes, puis enfin à les contrefaire entièrement, de sorte que tous ces petés objets sont maintenant très-suspects, et que leur appréciation exige aujourd'hui lmtelligence du texie autant que la connaissance de l'art égyptien.
«Non-seulement les touristes, les désœuvrés d'Europe, qui rapportent de toute terré classique des antiquailles au lieu d'observations et d'études qui ne se vendent pas, achètent de ces aitiquités falsifiées, mais encore les gens qui se piquent de science, d'archéologie, en font souvent eraplette. La plupart des collections et des musées d'Europe contiennent plus ou moins
de ces objets fabriqués de nos jours en Égypte. « Lougsèr, dit M. Mariette, est un centre de fabriques où les scarabées, les statuettes, les stèles mêmes, sont imités avec une adresse qui déroute souvent l'antiquaire le plus exercé. »
J'ajouterai qu'une fraude des Arabes, grossière, Mais souvent couronnée de succès, consiste aussi à faire passer pour de petits papyrus de simples morceaux de bois plus ou moins teints de bitume, semés çà et là de bribes de vrais papyrus et entourés d'un morceau de toile de momie, le tout simulant assez bien un rouleau de formules talismaniques.
CoPTE. L'article qu'on va lire est dû à la plume de M. E. Revillout, qui fait de la langue et de la littérature copte une étude toute spéciale.
On a beaucoup disserté sur l'origine du mot cople. Quelques savants ont cru qu'il venait de la ville de Coptos, en Thébaïde: d’autres l'ont décomposé en plusieurs éléments. En réalité, ce n'est qu'un abrégé de l'ancien mot Égyptien, Ai yvilas. On trouve déjà, dans le poëme de Paul l'architecte, l'appellation -120nE 207 Kentzion, la langue de la Cophoté ou langue
COP 158 copte, au lieu de 2sesnu"r2sttrt ion. Îl en est de même dans plusieurs papyrus du cartulaire de Djeme. wenvzoin est ensuite devenu LS en arabe, et, comme le dhamma se prononce u et 0, Lx a été transcrit cop par les Occidentaux :
mais on aurait mieux fait de traduire éypüen. En copte même, on désigne souvent la langue de l'Égypte chrétienne : "TSCNE HNPAINKHASE, langue des habitants d'Égypte. Ét en effet, comme le dit Champollion (Gram. p. xvu) : « La langue égyptienne antique ne différait en rien de la langue appelée vulgairement copte ou cophte... les mots égyptiens écrits en caractères hiéroglyphiques sur les monuments les plus anciens de Thèbes, et en caractères grecs dans les livres coptes, ne diffèrent en général que par l'absence de certaines voyelles médiales, omises, selon la méthode orientale, dans l’orthographe prinutive.»
Le copte se compose de deux dialectes-: le memphitique et le thébain, ou sahidique. Quant au basmurique, ce n’est qu'un patois de l'époque musulmane qui a une certaine tendance vers la vocalisation arabe et vers la prédominance du son &, remplaçant souvent o, etc., mais qui ne possède absolument aucune règle fixe. Le memphi-
tique et le thébain forment, au contraire, deux langues parfaitement régulières, dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Les transcriptions données par les Grecs nous prouvent que ces dialectes existaient déjà sous les dernières dynasties égyptiennes et au temps des Ptolémées; mais la plupart des mots cités par eux appartiennent naturellement au langage de la basse Egypte, nommé memphitique; nous l'avons démontré récemment pour tous les noms des mois et en particulier pour PauevwO (en memphitique zen et en thébain nzprs s2T).
On peut citer bien d'autres exemples analogues, comme œfpœus (Hérodote), memphitique nspures; oœpe (Plutarque), xapuwoüvn, memphitique Aj21p1; oifes (nx), mesure, thébain ONE, memphitique eus — o1ch1? oùpaios , Baoiicxos (Horap.), memphitique 0%xpo, roi, thébain ppo, etc. Il en est de mème pour les roms propres (voir cet article) et pour une multitude d'autres mots; car la plupart des expressions que nous rencontrons chez les anciens sont en copte complétement pur et classique. Exemples : a6w, enseignement (Horap.) — CBet; éoms, vin (Eustath.) — Hp; oùs, pasteur (Josèphe) — wjuic:
#r, cœur (Horap.) — SH%-KT (in compos.);
auérôns, enfer (Plutarque) = BeEnT: ydu- Vu, crocodile (Hérodote) ELC2S; voÿr, Neikou dndéaois — non; m@, eau (Josèphe, Phion, ete.) — 2x0 ; Voÿs, sauvé (Josèphe) = 0%x21: (voir article lettres); 6s, beaucoup (Plutarque) — ww; x, œil (vision) (Plutarque)= EXEPS,, vtdére, EXKIPS , visio, DPS , puplla ; lors, &akœd (Diod. de Sic.), thébain zc, memphitique 105? Buvé, dpyavdr 5 rplyowvor évappémoy (Joseph.), memphitique oveuint, cithare : thébain BOINR, nablium; xwuarC0a, xdopos EiAnBouolos (Ératost.) — K3S 22:
BE S ; xévwÉos , ypuooëv SPados (Arist.) =K8S NNO$ ; et dans la Bible : ny5 roi — nppo- NO%PO (Papa), 1nx (jonc) — ZY1 2KE; nivp (la vie?) =nzsns, nous : Septante, dvyyos (Lepsius et Brugsch); sx (Nil) — 12p0; 5x (courbez la tête?) — ane pek (Rossi); ww (byssus = QJENC ; ny2n (cachet) = "TRRE, "Tu C (voir, pour ces deux nouvelles étymologies, Harkavy, Journal asiatique, t. XV. Les mots cités par les Grecs ont été extraits de Jablonski par Parthey, à la fin de son dictionnaire).
En ce qui touche le mécanisme de la langue, nous devons remarquer qu'il est d'autant plus compliqué, la phrase d'autant plus syntaxisée,
156 GOP si je puis mexprimer ainsi, que l'on remonte plus haut. Dans les documents des in et 1v° siècles, par exemple, la construction est véritablement artistique et rigoureuse, et d'une précision telle, qu'elle ne permet presque jamais deux imterprétations. Les nuances les plus délicates de la pensée, les raffinements les plus subtils de la grammaire se trouvent exprimés avec une admirable netteté. Ceci est d'autant moins étrange qu'il est maintenant généralement reconnu par tous les savants que les langues commencent d’abord par une période de grammaire très-subtile et très-recherchée. L'arabe littéraire a ainsi précédé l'arabe vulgaire, le sanscrit, les autres langues arvennes, etc. Ce n'est guère qu'à une époque de décadence, à partir de- la conquête musulmane, que la grammaire finit par se déhier légèrement en copte, comme ces rochers séculaires que le frottement de l'eau use à la longue. | Le copte comprend environ quarante temps ou modes, dont aucun n'est pleinement l'équivalent de l'autre, soit comme emploi, soit comme valeur. Le jeu des prépositions est aussi trèscompliqué ; elles servent généralement soit à la déclinaison du nom, soit à compléter, d’une ma-
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nière vive et parlante, le sens du verbe. L’adjectit est la seule des parties du discours qui n'ait pas donné heu, en égyptien, à une forme grammaticale spéciale. On le rerid seulement par la racine du verbe qualificatif analogue. Si l'adjectif précède alors ce substantif, il reçoit l’article qui convient à celui-c1, et le nom y est joint par un « de relation. Si le substantif vient d’abord. c'est lui qui prend l'article, et la racine qualificative suivante le “ de relation. Les adjectifs restent, du reste, à deux ou trois exceptions près, invariables, tandis qu'un certain nombre de noms, ne se contentant pas de l'article pluriel, marquent encore le nombre par la finale ou, qu'on rencontre également à la troisième personne du pluriel des auxiliaires coptes, comme des verbes sémitiques. Quelques noms, plus rares encore, se modifient aussi au féminin singulier, mais la plupart des substantifs distinguent seulement le genre par l'article, et, dans les verbes, ce sont des pronoms aflixes spéciaux qui désignent toujours le genre, le nombre et la personne. Les mêmes pronoms se joignant à l’article (nE-t) indiquent aussi la possession d'une manière bien supérieure à celle de nos langues : le hvre de lui, le livre d'elle, la 1h
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table de lui, la table d'elle, au lieu de son livre, sa table, expressions qui ne nous renseignent que sur l'objet attribué et non sur le propriétaire.
La syntaxe a, surtout en thébain, toute sa perfection et sa souplesse; celle du memphitique est notablement différente et beaucoup plus vague. La forme moins précise et moins grammaticale de ce dialecte tient sans doute à l'âge relativement moderne des documents que nous possédons. Les plus anciens manuscrits qu'on ait en memphitique sont du dixième siècle. À cetle époque, le sahidique lui-même était bien déchu, comme on le voit dans les papyrus de Boulaq et de Londres. En thébain, au contraire, nous avons de nombreux manuscrits des 1v°, v, vr et vi siècles. Ge sont même de beaucoup les plus communs, le memphitique étant devenu la langue officielle des patriarches et de la fiturgie sous la‘ domination musulmane. Espérons qu'on finira par découvrir quelque document memphrtique plus ancien. Ü serait curieux surtout de trouver des inscriptions en ce dialecte; car, jusqu'à présent, tous les monuments épigraphiques, très-nombreux, que j'ai vus sont en thébain.
Nous ne pouvons donner ici une idée, mênie
sommaire, de la littérature très-riche du copte. Ce ne serait, du reste, pas le lieu. Mais nous devons faire observer que le style des Égyptiens est généralement très-clair, assez sobre, et qu'il semble aspirer surtout à la précision et à F'énerge. On sent qu'on est plutôt en Oceident qu'en Orient; et, en effét, dans l'empire romain ou grec on a toujours opposé les Égyptiens aux Orientaux. Eunape nous vante beaucoup. l'éloquence de ce peuple et sa verve satirique. Ses tendances remuantes étaient alors proverbiales. On le comparait, sous ce rapport, aux Gaulois, comme le prouve ce passage de Flavius Vopiscus sur Saturninus : «Saturninus oriundus fuit Gallis ex gente hominum inquietissima et avida semper vel faciendi principis vel imperüi. Huic inter ceteros duces, qui vere summus videretur, Aurelianus limitis Orientalis ducatum dedit, sapienter præcipiens ne unquam Aegyptum videret. Cogitabat enim, quantum videmus, vir prudentissimus , Gallorum naturam; et verebatur ne a perturbidam civitatem vidisset, quo eum natura ducebat, societate quoque hominum duceretur.
Sunt enim Aegypti (ut satis nosti) viri ventosi, luribundi, jactantes, injuriosi, atque adeo vani, hberi, novarum rerum usque ad quantilenas pu-