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richesse incroyable. (Biblioth.Nat., ms.lat., n"5; ms. grec, n' 510, exécuté pour Basile le Macédonien; ins. fonds Coisliri, n" 79.) Les Irônes, les sièges et les lits figurés dans ces manuscrits sont enrichis de dorures et d'incrustations; et les brillantes étoiles qui les revêtent en partie, sont elles-mêmes rehaussées de pierreries. Quelle qu'ait été la magnificence des empereurs d'Orient à cette époque, il faut faire probablement une large part à l'imagination des peintres qui ont représenté ces meubles. Du reste, les formes sont lourdes et sans grâce; la pureté du goût est entièrement sacrifiée à la richesse de l'ornementation.
En Occident, jusqu'au xne siècle, la forme des meubles est massive. Les trônes et les sièges affectent des dispositions architecturales. On en rencontre souvent qui sont décorés de plusieurs étages d'arcatures.(Biblioth. Nat., ms. fonds Saint-Germain, n° 30.) Les sièges, jusqu'au xne siècle et souvent même plus tard, sont presque toujours garnis d'une espèce de coussin cylindrique en étoffe.
Au xue siècle, la fabrication des meubles se ressent naturellement des progrès qui commencent à se faire sentir dans les arts du dessin. Les sièges et les autres meubles, tout en conservant encore souvent quelque chose des décorations empruntées à l'architecture, commencent à prendre des formes plus élégantes et plus variées. (Willemin, Mon. franc, inéd., pi. lxxiv et lxxvii.J Les bois façonnés au tour entrent généralement dans la* composition des sièges. Dès cette époque reculée, les meubles de luxe sont ornés tout à la fois de peintures et de sculptures. Le moine Théophile nous apprend, dans le chapitre 22 du livre i" de sa Diversarum artium schedula, qu'on ne se contentait pas de décorer les parties lisses des meubles sculptés d'une application de couleur, mais qu'on y peignait des figures, des animaux, des feuillages, des ornements de toute sorte, et que ces peintures se faisaient quelquefois sur fond d'or.
Ce système de décoration se perpétua longtemps, surtout en Italie, où la peinture, vers le xme siècle, jouissait d'une haute estime et voyait s'ouvrir pour elle l'ère de la Renaissance. Au xivc siècle, il était plus en vogue qu'il n'avait jamais été. A cette époque, on plaçait à l'intérieur des habitations de grands coffres enrichis de sculptures, dont l'intérieur était garni en étoile de soie, et qui servaient à renfermer les vêtements et les objets précieux. Sur les panneaux de ces espèces de bahuts, on faisait peindre des armoiries et des sujets tirés de l'Ecriture sainte, de l'histoire, de la légende et de la fable. Les lits, les sièges, recevaient des peintures semblables. (Vasari, Vie de Deth; Lsnzi, IlLst. de la peinture en Italie, tom. l,pag. 84.) Les artisans qui fabriquaient ces meubles étaient comptés au nombre des artistes.
En France, au xivc siècle, la principale décoration des meubles de luxe consistait eu étoffes brodées de soie. Dès le xic siècle,
la France s'était signalée dans l'industrie par la fabrication des tapisseries : en 1025,
il existait a Poitiers uni! manufacture de tapisserie, où les prélats de l'Italie eux-mêmes adressaient des demandes. (Lettre de Guillaume V, comte «le Poitou, h l'évèquo de.Verceil, dans D. Bouquet, tom. X, pag. kSï.) Au \ne siècle, les fabriques de Saint- Florent de Saumur (Du Sommerard, Les arts au moyen âge, t. III, pag. 311), et celles do l'Aquitaine avaient déjà obtenu un grand développement; enfin, au xiv% les beaux tissus de l'Artois et des Flandres s'étaient acquis une grande réputation. On conçoit que les succès de ces brillantes industries durent engager à remplacer alors les peintures, dont parle Théophile, par de riches étoiles.
L'inventaire de Charles V constate que le garde-meuble de ce prince renfermait des tentures brodées et historiées, qui étaient destinées à recouvrir les meubles de sa chapelle et de ses appartements. (Ms. Biblioth. Nat. ii° 835G.) Ainsi, entre autres objets appartenant à sa chapelle, on trouve décrite, au folio 110 : « La grand chapelle, qui est de camocas d'outre-mer, brodée à yuiages de plusieurs ystoires et sont les yinages et les orfroiz pourfillez de perles; en laquelle, à frontis, dossier, couverture de chayère à. prélat, etc. »
Au commencement du xv* siècle, la sculpture en bois avait pris en France et en Allemagne un immense développement. L'ornementation des meubles se ressentit du goût prédominant. La sculpture fut substituée à toute autre sorte d'embellissement. 11 subsiste encore un certain nombre de meubles du xve siècle.
Les parties sculptées des meubles du xv* siècle reproduisent presque constamment les dispositions les plus élégantes et les plus compliquées des décorations architecturales de cette époque.
Le goût pour les meubles en bois sculpté s'est maintenu en France pendant toute la durée du xvr' siècle. Les meubles se couvrent alors de bas-reliefs et même de figures de haut-relief -et de ronde-bosse. Dans le dernier quart du xvr siècle, la manie de faire du luxe et le désir de déployer une grande magnificence firent tomber les sculpteurs en meubles dans toute sorte d'exagérations. Les ornements furent prodigués sans mesure; les mascarons, les gaines, les figures hybrides, les arabesques couvrirent tous les panneaux et laissèrent à peine un champ pour faire ressortir les détails exagéiés de ces compositions.
Le chef-d'œuvre des meubles de ce genre, sinon pour la pureté du style, du moins pour la richesse des ornements et la complication du travail, se trouve dans hiKuiits- Kammer de Berlin, ("est un meuble fait à Augsbourg, en 1010, pour Philippe 11, duc de Poméranîe. L'artiste Philippe Hainhofer (1578-1647), peintre et architecte, grand collecteur d'objets d'art, et qui eut une grande influence sur les artistes de son temps, a
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