‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 100 sur 276 · M EU · texte numérisé non relu

M EU

étendu, sous le litre suivant : Rapport entre les monuments celtiques et ceux des anciens peuples de l'Asie.

MENSOLE. — Terme d'architecture employé quelquefois pour désigner la pierre qui est au milieu d'une voûte, qui la ferme, qui l'arrête. On l'appelle ordinairement la clef. L'expression de mensole nous vient des italiens, qui désignent sous le nom de mensola la clef d'une voûte ou d'un arceau.

MENUISERIE.— L'art de travailler le bois et d'en faire des assemblages de diverses espèces, constitue la menuiserie proprement dite. Quand l'art de la sculpture s'exerce sur le bois, ce n'est plus de la menuiserie à proprement parler. La menuiserie a produit de beaux ouvrages au moyen âge. U y a des portes, des clôtures de chœur, des stalles, des bancs, des armoires, des coffres» des bahuts, etc., qui sont travaillés avec un goût extraordinaire. Les sculptures qui les embellissent sont dessinées et exécutées avec une rare perfection. La profession de menuisier ou de bahutier était alors fort distinguée. On appelait encore huchiers les bahutiers ou menuisiers. Voy. Stalles, Panneau, etc., et tous les mots relatifs aux ouvrages en bois.

MERLON. — Le merlon est la partie saillante d'un parapet, qui se trouve entre les créneaux. On confond vulgairement les mer- Ions et les créneaux proprement dits. Voy. Créneau. Nous avons expliqué à l'article Créneau la distinction qu'il fallait faire entre ces différentes parties et la véritable signification de ces deux mots.

Les merlons sont généralement carrés ; mais il y en a de formes variées. On en trouve dont le sommet est circulaire, ou ogival, ou à redents, ou à découpures ; quelques-uns sont couronnés par une tablette ou une petite pyramide.

Le mot merlon vient de merulum ou de merla, qu'on a employé dans la basse latinité pour signifier un créneau ou le haut d'une muraille entrecoupé par des espaces égaux. Les Italiens l'appellent encore merla.

Le merlon se nomme aussi trémeau.

MÉROVINGIEN.— Childebert et son frère Clotaire poursuivirent en Espagne les guerres et les conquêtes déjà commencées par leur père. Childebert accepta pour la rançon de Sarragosse (Aimoin dit de Tolède ),°un fragment de la vraie croix et la tunique ou l'étole de saint Vincent. De retour, il consacra cette pieuse conquête, comme fit depuis saint Louis, par la fondation d'une église, in qua, dit le moine Aimoin, non minimum vasorum partem, quœ eo a Toleto apportasse supra memoravimus , cum capsis Evangeliorum, cruces quoque mirifici operis, aliuque devotus excellentissima contulit munera.

Puisque, selon l'interpolateur d'Aimoin, Ultrogothe et ses filles assistèrent à la dédicace qu'en lit saint Germain, on doit croire que cette sol-mnité n'eut pas lieu, comme ou le prétend, le jour moine de la mort de Childebert, mais quelque temps après, et,

selon ce que dit Aimoin, par les soins de Ciotaire. Gislemart , écrivain du ix° siècle, auteur de la Vie de sainte Doctrovce, donne dans cet ouvrage de curieux détails sur cette église, encore intéressante pour nous, même depuis sa rééditication par l'abbé Morard, à la fin du xe siècle, et malgré ses diverses transformations ultérieures. (Vila, etc., tom. III, pag. 437.) D'après cet écrivain , le vaisseau avait été construit en forme de croix, et son dôme, couvert de cuivre doré, lui aurait donné le nom qu'elle porta longtemps de Saint-Germain-le-Doré, après qu 'on eut substitué au nom de Sainte-Croix et Saint- Vincent le nom de l'évêque qui l'avait dédiée. (Adrien de Valois, de Bas., cap. 5, 9, 3k.) On peut voir sur le même sujet saint Grégoire de Tours (Hist., lib. iv, cap. 20), et saint Fortunat de Poitiers (Vita S. German. tom. I, pag. 240).

En parlant de la construction de l'église de Saint-Denis par Dagobert, le moine Aimoin donne une idée des ressources que l'on trouvait dans notre pays pour l'ornementation des édifices sacrés : Nullum impensis statuens modum, marmorcis illud columnis, sinalique venustavit pavimento, immenso œdificandi sumptu et exquisito fabricalum décore. Nec minor illi in altis quoque ornatibus intentio : nam vestibus auro lextis et palliis holosericis tolum interiorem circumdedit templi ambilum. (Aim. lib. iv, cap. 33.) voy. romano-byzantin, eglise , byzantin, Classification, Age des édifices.

MÉTATOME. — Espace évidé entre deux denticules

MÉTOCHE. — Même signification que niétatome : c'est l'espace entre les denticules.

MÉTOPE.— On appelle métope, dans l'architecture classique, l'espace carré qui existe, dans la frise dorique, entre les tri— glyphes. On croit que dans l'origine les métopes restaient vides. Depuis elles ont été ornées de sculptures.

L'architecture a quelquefois, mais rarement, essayé d'imiter cette disposition.

MEUBLÉS. Voy. Ameublement. — I.Sous ce titre nous avons placé des réflexions générales touchant le mobilier des églises, sur lesquelles nous ne reviendrons pas.

De tous les monuments du moyen Age, les meubles à l'usage des églises et des habitations privées sont les [il us rares : c'est à peine si quelques-uns ont survécu. Dans les miniatures des manuscrits et dans quelques bas-reliefs sculptés, on peut prendre une idée assez exacte de la forme donnée aux meubles ecclésiastiques ou civils jusqu'au xve siècle, ainsi que de l'ornementation qui leur était propre. Il faut ajouter cependant (jue les manuscrits à miniatures eux-mêmes sont d'un assez faible secours avant l'application de la perspective à la peinture. Avant cette époque, en effet, les peintures étaient ordinairement sur fond d'or ou sur fond de mosaïque.

Si l'on s'en rapporte aux manuscrits grecs des i\° et x1-' siècles, la décoration des meubles dans l'empire d'Orient aurait été d'une

Page 1