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res dures et en émail, do pierresprofondément gravées et rehaussées de mastics colorés, tonnèrent une partie importante de la décoration intérieure des basiliques chrétiennes. Dans les premiers siècles de l'Eglise; les pavés étaient ordinairement établis de la môme manière que ceux des temples du paganisme; de larges tablettes de marbre composaient des compartiments étendus, qui s'alignaient avec les colonnes de la nef et les points principaux de l'édifice. Dans la partie ancienne de l'église de Saint-Laurent hors des murs, à Rome, une fouille exécutée en 1822 mit à découvert le pavement primitif, composé exactement comme ceux des temples antiques de la Concorde et de Jupiter- Tonnant, au pied du Capitole, du temple de Vénus et de Rome, auprès du Colisée.
A ce pavement simple et dont les réparations étaient faciles, succéda ïopus Alexandrinum, qui, selon quelques auteurs, fut importé de l'Egypte, et dont l'invention est attribuée par d'autres au règne d'Alexandre- Sévère. Il était composé de cercles ou de carrés en porphyre rouge et vert, encadrés de compartiments de très-petites dimensions, taillés en triangles, en losanges, ou en ovales, etc., le tout établi dans un mortier de chaux et de pouzzolane très-dur. Ces ligures géométriques découpées dans du marbre blanc ou jaune, et dans des brèches de toutes couleurs, se liaient aux porphyres qui formaient les combinaisons principales, et, par leur opposition, en relevaient les tons brillants, de manière à donner à tout l'ensemble du pavé l'aspect d'un riche tapis. La plupart des anciennes églises de l'Italie possèdent encore de ces belles mosaïques. Ce système de pavement se répandit dans toute la chrétienté: on en voit des restes à Constantinople et dans la Grèce, particulièrement àPatras; il se maintint jusqu'au xne siècle: quelques églises du Rhin en ont conservé des traces, ainsi que la chapelle primitive de Saint-Bertin, à Saint-Omer, découverte depuis peu d'années.
Ce genre de mosaïque n'excluait pas les représentations d'hommes ou d'animaux, d'attributs ou d'armoiries; le pavé de la grande nef ajoutée à l'église primitive de Saint- Laurent hors des Murs par Adrien Ier, "présente un guerrier à cheval et portant son étendard ; sur celui de la belle basilique de Sainte-Marie-Majeure, à Rome, sont figurées les armes des papes qui le firent établir ou restaurer.
Il est probable que la mosaïque de Sainte- Sophie, à Constantinople, avait été construite en opus Alexandrinum, pour que sa richesse répondît à celle du temple; Justinien y avait fait représenter les fleuves du paradis se dirigeant vers les quatre points cardinaux; des cerfs et des oiseaux venaient se désaltérer dans ces fleuves.
Une autre mosaïque, exécutée par les premiers chrétiens, était l'imitation exacte de celle que les Romains fabriquaient pour leurs maisons et pour quelques parties réservées de leurs édifices publics. Composée
de petits cubes en marbre de diverses couleurs et de la même dimension que ceux que l'on employait dans les peintures des murailles, elle n'offrait de différences avec ces dernières que par la matière, l'émail étant préféré pour les mosaïques au-dessus du sol. La plus ancienne mosaïque que l'on puisse citer est dans l'église souterraine de Saint-Martin des Monts, à Rome, qui est attribuée à Constantin. De petits cubes en marbre blanc, d'un centimètre de côté, forment des carrés de 32 centimètres environ. Ils sont séparés les uns des autres par de larges bandes noires composées de cubes de la même dimension que les premiers.
Jusqu'au xne siècle, on exécuta des pavés en mosaïque dans ce second système , et on ne se borna point à*la représentation de compartiments et de lignes. Des sujets de toute nature, puisés dans l'histoire sacrée, des zodiaques, des fleurs, des animaux furent reproduits par ce procédé. On voit, à Lyon et sur le Rhin, plus d'un exemple de ces mosaïques, dans lesquelles, au moyen âge, on introduisit des cubes en émail mêlés aux matières dures ; l'église de Saint- Denis possède encore un fragment de pavé dont les matières sont ainsi combinées.
Aux xne et xiii" siècles , les porphyres et les marbres devenant fort rares , on dut aviser au moyen de les remplacer ; le liais dur, taillé en larges tables, fut enrichi par la gravure. C'est alors qu'on représenta, sur le lieu même où ils avaient reçu la sépulture, les chevaliers et leurs dames, les moines et les religieuses , les évoques et les clercs ; des mastics de bitume coloré en rouge, en brun, en vert, furent coulés dans ces entailles de grandes dimensions, pour varier l'effet général du pavé et rappeler, autant que possible , les riches matières dont le fréquent emploi avait fait disparaître les carrières.
Indépendamment des personnages historiques, les nouveaux procédés présentèrent de belles combinaisons d'ornements, d'animaux, de fleurs; on en voit un beau reste à l'église cathédrale de Saint-Omer ; les magasins de l'église royale de Saint -Denis présentent encore quelques fragments d'un charmant pavé ainsi rehaussé par le mastic de couleur.
Les liais durs sont devenus fort rares, quelques localités présentent encore des matériaux qui pourraient leur être substitués avantageusement. A Creteil, il y a un banc de liais, dit banc de Frotin, propre au pavement. On vient de découvrir, aux environs de Fontainebleau, une pierre fine et compacte qu'on peut employer avec avantage.
Enfin, la terre cuite vernissée fut mise en œuvre dans le moyen âge pour l'exécution des pavés d'église. Dès le xne siècle on en fit usage. L'église de Saint-Denis, si riche en fragments et en souvenirs archéologiques, présentait des chapelles entièrement pavées par ce procédé ; on retrouve encore, dans les magasins, de nombreux compartiments eu