‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 163 sur 276 · TO.M · texte numérisé non relu

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exemple de celte venté dans les sépulcres des rois.

En sortant de Jérusalem par la porte d'Ephraïm, on marche pendant un demi-mille sur le plateau d'un rocher rouge&tre où croissent quelques oliviers. On rencontre ensuite, au milieu d'un champ, une excavation assez semblable aux travaux abandonnés d'une ancienne carrière. Un chemin large et en pente douce vous conduit au fond de cette excavation, où l'on entre par une arcade. On se trouve alors au milieu d'une salle découverte taillée dans le roc. Cette vallée a 30 pieds de long sur 30 pieds de large, et les parois du rocher peuvent avoir 12 à 15 pieds d'élévation.

Au centre de la muraille du midi vous apercevez une grand porte carrée, d'ordre dorique, creusée de plusieurs pieds de profondeur dans le roc. Une frise un peu capricieuse, mais d'une délicatesse exquise, est sculptée au-dessus de la porte. C'est d'abord un triglyphe suivi d'une métope ornée d'un simple anneau ; ensuite vient une grappe de raisin entre deux couronnes et deux palmes. Le triglyphe se représente, et la ligne se reproduisait sans doute de la même manière le long du rocher ; mais elle est actuellement effacée. A dix-huit pouces de cette frise règne un feuillage de pommes de pin et d'un autre fruit que je n'ai pu reconnaître, mais qui ressemble à un petit citron d'Egypte. Cette dernière décoration suivait parallèlement la frise, et descendait ensuite perpendiculairement le long des deux côtés de la porte.

Dans l'enfoncement et dans l'angle à gauche do cette grande porte s'ouvre un canal où l'on marchait autrefois debout, mais où l'on se glisse aujourd'hui en rampant. 11 aboutit par une pente assez roide, ainsi que dans la grande pyramide, à une chambre carrée, creusée dans le roc avec le marteau et le ciseau. Des trous de 6 pieds de long sur 3 pie !s de large sont pratiqués dans les murailles, ou plutôt dans les parois de cette chambre, pour y placer des cercueils. Trois portes voûtées conduisent de cette première chambre dans sept autres demeures sépulcrales d'inégale grandeur, toutes formées dans le roc vif, et dont il est difficile de comprendre le dessin, surtout à la lueur des flambeaux. Une de ces grottes plus basses que les autres, et où l'on descend par 6 degrés, semble avoir renfermé les principaux cercueils. Ceux-ci paraissent généralement disposés de la manière suivante : le plus considérable était au fond de la grotte, en face de la porte d'entrée, dans la niche ou dans l'étui qu'on lui avait préparé ; des deux côtés de la porte deux petites voûtes étaient réservées pour les morts les moins illustres, et comme pour les gardes de ces rois qui n'avaient plus besoin de secours. Les cercueils dont on ne voit que des fragments étaient de pierre et ornés d'élégantes arabesques.

Ce qu'on admire le plus dans ces tombeaux, ce sont les pertes des chambres

sépulcrales ; elles sont de la môme pierre que la grotte, ainsi que les gonds et les pivots sur lesquels elles tournent. Presque tous les voyageurs ont cru qu'elles avaient été taillées dans le roc même ; mais cela est visiblement impossible, comme le prouve très-bien le P. «au. Thévenot assure qu'en grattant un peu la poussière on aperçoit la jointure des pierres, qui y ont été* mises après que les portes ont été posées avec leurs pivots dans les trous.

J'ai cependant gratté la poussière, et je n'ai point vu ces marques au bas de la seule porte qui reste debout ; toutes les autres sont brisées et jetées en dedans des grottes.

En entrant dans ces palais de la mort, je fus tenté de les prendre pour des bains d'architecture romaine, tels que ceux de l'antre de la Sibylle, près du lac Averne. Je ne parle ici que de l'effet général pour me faire comprendre; car je savais très-bien que j'étais dans des tombeaux. Arculfe (apud Adamnum), qui les a décrits avec une grande exactitude (Sepulcra sunt in naturali collis rupe, etc.), avait vu des ossements dans les cercueils. Plusieurs siècles après Villamont y trouva pareillement des cendres qu'on y cherche vainement aujourd'hui. Ce monument souterrain était annoncé au dehors par trois pyramides, dont une existait encore du temps de Vilalpandus. Je ne sais ce qu'il faut croire de Zuellard et d'Appart, qui décrivent des ouvrages extérieurs et des péristyles.

Une question s'élève sur ces sépulcres nommés sépulcres des rois. De quels rois s'agit-il ? D'après un passage des Paralipomônes et d'après quelques autres endroits de l'Ecriture, on voit que les tombeaux des ros de Juda étaient dans la ville de Jérusalem : Dormiitque cum patribus suis, et sepelierunt eum in civitate Jérusalem. David avait son sépulcre sur la montagne de Sion : d'ailleurs, le ciseau grec se fait reconnaît e dans les ornements des sépulcres des rois.

Josèphe, auquel il faut avoir recours, cite trois mausolées fameux.

Le premier était le tombeau des Machabées, élevé par Simon leur frère : «11 était, dit Josèphe, de marbre blanc et poli, si élevé qu'on le peut voir de fort loin. Il y a tout à

I entour des voûtes en forme de portiques, dont chacune des colonnes qui le soutiennent est d'une seule pierre. Et pour marquer ces sept personnes, il y ajouta sept pyramides d'une très-grande hauteur et d'une merveilleuse beauté. »

Le premier livre des Machabées donne à peu près les mêmes détails sur ce tombeau.

II ajoute qu'on l'avait construit à Modin, et qu'on le voyait en naviguant sur la mer. Ab omnibus navigantibus mare. Modin était une ville bâtie près de Diospolis, sur une montagne de la tribu de Juda. Du temps d'Eusèbe, et même du temps de saint Jérôme, .le monument des Machabées existait encore.

Les sépulcies des rois, à la porte de Jérusa-

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leiu, malgré leurs sept chambres funèbres et les pyramides qui les couronnent , ne peuvent donc avoir appartenu aux princes Asmonéens.

Josèphe nous apprend ensuite [Antiq. Jud.) qu'Hélène, reine d'Adiabène, avait t'ait élever, à deux stades de Jérusalem, trois pyramides funèbres, et que ses os et ceux de son (ils Izate v furent enfermés par les soins de Manabaze. Le môme historien, dans un autre ouvrage, en traçant les limites de la cité sainte, dit que les murs passaient au septentrion vis-a-vis le sépulcre d'Hélène. Tout cela convient parfaitement aux sépulcres des rois, qui, selon Vilalpandus, étaient ornés de trois pyramides, et qui se trouvent encore au nord de Jérusalem, à la distance marquée par Josèpbe. Saint Jérôme parle aussi de ce sépulcre. Les savants qui se sont occupés du monument que j'examine ont laissé échapper un passage curieux de Pausanias; il est vrai qu'on ne pense guère à Pausanias à propos de Jérusalem. Quoi qu'il en soit, voici le passage : la version latine et le texte de Gedoyn sont fidèles :

« Le second tombeau était à Jérusalem.... C'était la sépulture d'une femme juive nommée Hélène. La porte du tombeau, qui était de marbre comme tout le reste, s'ouvrait d'elle-même, à certain jour de l'année et à certaine heure, par le moyen d'une machine, et se refermait peu de temps après. En tout autre temps si vous aviez voulu l'ouvrir, vous l'auriez plutôt rompue.»

Cette porte, qui s'ouvrait et se refermait d'elle-même par une machine, semblerait, à la merveille près, rappeler les portes extraordinaires des sépulcres des rois. Suidas et Etienne de Byzance parlent d'un yoyage de Phénicia et de Syrie publié par Pausanias. Si nous avions cet ouvrage, nous y aurions sans doute trouvé de grands éclaircissements sur le sujet que nous traitons.

Les passages réunis de l'historien juif et du voyageur grec sembleraient donc prouver assez bien que les sépulcres des rois ne sont que le tombeau d'Hélène; mais on est arrêté dans cette conjecture par la connaissance d'un troisième monument.

Josôphe parle de certaines grottes, qu'il nomme les cavernes royales, selon la traduction littérale d'Arnaud d'Andilly : malheureusement il n'en fait point la description; il les place au septentrion de la ville sainte, tout auprès du tombeau d'Hélène.

Reste donc à savoir quel fut ce prince qui lit creuser ces cavernes de la mort, comment elles étaient ornées et de quels rois elles gardaient les cendres. Josèphe, qui compte avec tant de soin les ouvrages entrepris ou achevés par Hérode le (îrand, ne met point les sépulcres des rois au nombre de ses ouvrages; il nous apprend même qu'Hérodc, étant mort à Jéricho, fut enterré avec une grande magnificence à Hérodium. Ainsi les cavernes royales ne sont point le lieu de la sépulture de ce prince ; mais un mot échappé ailleurs h l'historien pourrait répandre quelque lumière sur cette discussion.

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En parlant du mur que Titus fit élever pour serrer de plus près Jérusalem, Josèphe dit que ce mur, revenant vers la région boréale, renfermait le sépulcre dC Hérode : c'est la position des cavernes royales. Celles-ci auraient donc porté également le nom de cavernes royales et de sépulcre d'Hérode. Dans ce cas, cet Hérode ne serait point Hérode l'Ascalonite, mais Hérode le Tétrarque. Ce dernier prince était presque aussi magnifique que son père : il avait fait bâtir deux villes, Séphoris et Tibériade; et quoiqu'il fût exilé à Lyon par Caligula, il pouvait trèsbien s'être préparé un cercueil dans sa patrie. Philippe son frère lui avait donné lo modèle de ces éditices funèbres.

Nous ne savons rien des monuments dont Agrippa embellit Jérusalem.

Voilà ce que j'ai pu trouver de plus satisfaisant sur cette question; j'ai cru devoir la traiter à fond, parce qu'elle a jusqu'ici été plutôt embrouillée qu'éclaircie par les critiques. Les anciens pèlerins qui avaient vu le sépulcre d'Hélène l'ont confondu avec les cavernes royales. Les voyageurs modernes, qui n'ont point retrouvé le tombeau de la reine d'Adiabène, ont donné le nom de co tombeau aux sépultures des princes de la maison d'Hérode. Il est résulté de tous ces rapports une étrange confusion : confusion augmentée par l'érudition des écrivains pieux qui ont voulu ensevelir les rois de Juda dans les grottes royales, et qui n'ont pas manqué d'autorités.

La critique de l'art, ainsi que les faits historiques, nous obligent à ranger les sépulcres des rois dans la classe des monuments grecs à Jérusalem. Ces sépulcres étaient très-nombreux, et la postérité d'Hérode finit assez vite; de sorte que plusieurs cercueil; auront attendu vainement leurs maîtres : il ne manquait plus, pour connaître toute la vanité de notre nature, que de voir les tombeaux d'hommes qui ne sont pas nés.

Rien au reste ne forme un contraste plus singulier que la frise charmante sculptée par le ciseau de la Grèce sur la porte de ces chambres formidables, où reposaient les cendres des Hérodes. Les idées les plus tragiques s'attachent à la mémoire de ces princes; ils ne nous sont bien connus que par le meurtre de Mariamne, le massacre des Innocents, la mort de saint Jean-Baptiste, et la condamnation de Jésus-Christ. On ne s'attend donc point à trouver leurs tombeaux embellis de guirlandes légères, au milieu du site effrayant de Jérusalem, non loin du temple ou Jéhovah rendait ses terribles oracles, et près de la grotte où Jérémie composa ses Lamentations.

M. Casas a très-bien représenté ces monuments dans son Voyage pittoresque de Syrie, (Chateaubriand. Itinéraire de Paris à Jérusalem.)

Pour les tombeaux des Gaulois , voy. Tomhelle, Menhir, Alignements.

Des tombeaux des Romains a ceux dos

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premiers siècles de Tore chrétienne il y a une transition naturelle. Nous avons déjà parlé assez longuement des sarcophages chrétiens à l'article Catacombes. Voyez encore Sarcophages. On trouve une grande quantité de sarcophages en marbre en Italie et dans le midi de la France, remontant aux six premiers siècles de l'ère vulgaire. Ils sont ordinairement décorés de bas-reliefs représentant des sujets empruntés à l'histoire de Notre-Seigneur ou puisés dans les traditions bibliques. Ainsi l'on y voit, entre autres sujets : Jésus-Christ rendant la vue à l'aveugle-né , ressucitant Lazare, guérissant l'hémorrhoïsse, multipliant les pains dans le désert, se tenant devant le tribunal de Pilate, etc., etc.

On y voit aussi fort souvent Daniel dans la fosse aux lions , Jonas englouti par un monstre marin, Jonas rejeté sur le rivage par le môme monstre, Moïse faisant jaillir l'eau du rocher, le passage de la mer Rouge, etc., etc.

Les sculpteurs se sont appliqués aussi à reproduire certains sujets emblématiques, des animaux, des arbres qui avaient été symbolisés par les Pères de l'Eglise. Nous y trouvons presque toute la symbolique chrétienne du ve siècle.

D'après ce que nous apprend saint Grégoire de Tours, ainsi que d'autres hislo riens, de même que les monuments qu sont arrivés jusqu'à nous, les personnages illustres des Gaules étaient inhumés dans des sarcophages en marbre blanc. C'était une coutume alors en usage à Rome, où l'on avait également établi un grand nombre de tombeaux, dans les catacombes, sous des arcs semi-circulaires. 11 y eut dans notre pays des monumcnla arcuala analogues. La crypte de l'église de Saint-Gervais, à Rouen, possède deux tombeaux de ce genre, que l'on dit être ceux de saint Mellon et de saint Victrice, évêques de Rouen. Ces tombeaux sont d'une extrême simplicité. Peut-être étaient-ils ornés de peintures? Lorsque je suis descendu dans cette crypte, en 18i7, il n'en existait aucune trace.

( Un des monuments les plus précieux de l'époque mérovingienne, c'est le couvercle du tombeau de Frédégonde, conservé actuellement dans les cryptes de l'église de Saint-Denis, où il a été transporté. Ce tombeau se trouvait à Saint-Germain des Prés sous une arcade pratiquée dans la tour accolée au chœur, du côté septentrional, lorsqu'en 1656 des changements et des réparations déterminèrent à le déplacer. Ls tour ne datait que du xi' siècle, mais le tombeau était certainement de l'époque mérovingienne et du vnc siècle.

Le couvercle de ce tombeau, tel qu'on le voit à l'entrée des caveaux funéraires de Saint-Denis , est une mosaïque composée d une infinité de fragments, d'émaux de diverses nuances, disséminés dans un mastic ptéparé et coulé sur une pierre de liais. Les

draperies, le contour des ornements, en un mot, tout ce qui est trait dans cette figure est formé avec des filets de cuivre incrustés : la place de la tête, des mains, des pieds est maintenant vide, et la pierre du couvercle est à nu dans ces parties. Il est probable que le visage, les mains et les pieds avaient été dessinés sur des plaques d'argent ou de quelque autre métal précieux, et que ces substances auront tenté la cupidité qui les aura fait disparaître à une époque reculée.

Malgré ces soustractions regrettab'es, le tombeau de Frédégonde, dans ce qui nous en reste, est un monument du plus haut intérêt. Il a été dessiné et publié souvent. On en peut voir un dessin réduit et gravé sur bois dans la vie partie du Cours d'antiquités de M. de Caumont, pag. 236.

L'antiquaire distingué dont nous venons de citer le nom a décrit les tombeaux qui existent dans l'église de Jouarre au diocèse de Meaux, et qui datent du vu' siècle. Les plus curieux sont : 1° la tombe de l'abbesse Telchide, première abbesse du monastère de femmes de Jouarre, dont Mabillon fait remonter l'origine à l'an 63V ; 2° le tombeau de saint Agilbert, évoque de Paris, frère de sainte Telchide, et mort en 680; 3° le tombeau de sainte Mode, qui fut abbesse au vu' siècle et que l'on croit avoir été sœur de saint Ebregesille, évêque de Meaux.

Jusqu'à présent nous avons parlé seulement des tombeaux apparents. Il en existe un grand nombre qui sont enfouis sous terre, et que l'on rencontre dans les vieux cimetières chrétiens. Ce sont ordinairement des cercueils en pierre en forme d'auge, plus larges du côté de la tête et rétrécis du côté des pieds. Quand on rencontre des cercueils en pierre de ce genre, une difficulté se présente, celle de savoir s'ils remontent à l'époque gallo-romaine ou à l'époque mérovingienne, ou bien s'ils appartiennent aune époque postérieure. Jusqu'à présent, les antiquaires n'ont pas trouvé, dans la forme même des tombeaux, des caractères propres à déterminer l'âge de ces tombes anciennes. On ne peut donc espérer d'en connaître l'époque qu'à l'aide de pièces accessoires que l'on y rencontre parfois, comme des monnaies, des armes, des agrafes, des vases. Si ces accessoires ne s'y trouvent pas, il est bien difficile, pour ne pas dire impossible, si l'on n'est pas aidé par quelques autres circonstances, de savoir avec précision à quel âge on peut les rapporter. Voici cependant certains faits qui pourront être de quelque secours, touchant cet objet. Jusqu'au xie siècle, généralement les cercueils en pierre sont unis à l'intérieur, creusés carrément, sans que rien, à part la largeur plus considérable, indique la place de la tête. A partir du xi' et du xuc siècle, on creusa dans la pierre, à la partie supérieure delà tombe, un espace circulaire pour recevoir la tête : parfois, dans les cercueils de la même épo-

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que, la place de la tête est indiquée par deux arêtes en pierre, ménagées à l'extrémité et au fond de la tombe, li faut ajouter toutefois que cette disposition s'est continuée jusqu'au xyi* siècle; par conséquent, elle ne saurait suffire seule pour conduire l'antiquaire à résoudre sûrement la question d'origine ou de provenance.

Les tombeaux apparents du xi< siècle et du \nc sont en forme de cercueil, à couvercle élevé en forme de toit à double pente, et portés sur des colonnettes ou des supports en maçonnerie. Nous pouvons citer comme spécimen des tombeaux ornés de cette époque, ceux de Nouaillé, à trois lieues de Poitiers, de saint Maixent, de saint Léger, de sainte Radegonde, à Poitiers.

Les tombeaux portant des statues couchées sont encore rares. Il y en eut cependant de remarquables dès le commencement du m' siècle. Tout le monde connaît les curieuses statues des rois d'Angleterre Henri II et Richard Cœur-de-Lion, qui se trouvent encore à Fontevrault. Elles ont été arrachées de leurs tombeaux, qui ont été détruits, mais les quatres statues qui subsistent encore n'en sont pas moins curieuses, comme monuments funéraires de ce temps.

Au xnr et au xivc siècle, les tombeaux historiés sont fort nombreux. Ils se rapportent à trois types principaux : 1° tombeaux avec arcades" pratiquées dans les murs; 2* tombeaux isolés; 3° Pierres tombales, incrustées dans le pavé des églises.

Il serait impossible de faire la nomenclature et la description des tombeaux de cette belle période ogivale, môme en se bornant à ceux qui sont les plus remarquables, il y en a beaucoup en France, en Allemagne, en Relgique et en Angleterre.

Nous ne saurions passer sous silence les faits archéologiques si curieux, relatifs aux tombeaux du xm' siècle, en bronze. La cathédrale d'Amiens en possède deux magnifiques échantillons , les seuls probablement qui existent en France. Les deux statues en bronze d'Amiens sont posées sur le pavé, l'une à droite, l'autre à gauche de la grande porte occidentale; mais elles étaient autrelois plus loin dans la nef; ce n'est qu'en 17G2 qu'elles ont été transférées où on les voit à présent. La tombe placée à droite est cvlle de l'évoque Evrard de Fouilloy, qui posa la première pierre de la cathédrale en 1220, et mourut en 1223. L'autre est celle de Geoffroy d'Eu, qui succéda à Evrard de Fouilloy, et qui mourut en 1237.

Le tombeau de Conrad de Hoehsteden, a.vht vèijue de Cologne et fondateur de sa cathédrale, était aussi en bronze. 11 n'en < vi.ste plus que la statue, qui a éprouvé quelques mutilations : la main droite a été enlevée et les pieds ont été brisés.

Voy. les articles suivants : Enfer, Tomhai.es {Pierres), Sépulcrales (Chapelles), Lanternes, Inscriptions, pour compléter ce que

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