‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 178 sur 276 · FOR · texte numérisé non relu

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lutins. On redoutait le voisinage des ouvertures des carrières, parce que souvent, aux approches de la nuit, elles donnaient asile aux voleurs et aux assassins qui tombaient à l'improviste sur les passants. Cicéron, dans sa harangue pourCluentius, parle d'un meurtre commis près des carrières de sable.

Dès que le christianisme eut pénétré à Home, il y fut persécuté par les édits cruels des empereurs. Comme les premiers convertis appartenaient en grand nombre à la classe du peuple, ils cherchèrent dans la profondeur des catacombes un refuge contre leurs oppresseurs. Beaucoup d'entre eux appartenaient aux malheureux employés au travail des carrières; ils étaient donc propres à servir de guides à leurs frères, et à les mener dans des souterrains inaccessibles aux regards et aux poursuites des tyrans. C'est pendant trois siècles, à peu près entiers, sauf quelques rares et courts instants durant lesquels le feu de la persécution s'apaisait, que les chrétiens , avec leurs pontiies et leurs familles, vécurent dans les entrailles de la terre.

On conçoit sans peine que ce long séjour des chrétiens dans les catacombes a contribué à déposer dans une foule d'endroits des monuments vénérables d'antiquité ecclésiastique. Aussi la plupart de nos croyances peuvent-elles trouver d'éloquents témoignages de confirmation parmi les débris amassés dans les étroites et obscures galeries des cimetières sacrés.

Nous employons ici ce mot de cimetières pour passer à un autre ordre de considérations. Les chrétiens ensevelirent les martyrs et les membres de leurs familles dans les lieux où ils passaient eux-mêmes leur vie, et où chaque jour se célébraient les augustes mystères de la religion- Il suffit aujourd'hui d'entrer dans quelqu'une des catacombes pour se faire une juste idée du nombre des sépulcres et de la manière dont ils sont disposés. La plupart des tombeaux portent une inscription , ou bien le monogramme du Christ, ou encore quelques emblèmes d'une signification chrétienne. On a découvert dans un certain nombre d'inscriptions grecques et latines de magnifiques expressions au sujet de la foi catholique : plusieurs sont pleines de poésie et respirent cette sensibilité douce et pieuse qui est un des plus beaux présents que le christianisme ait faits à l'humanité. La religion païenne était trop froide pour faire germer dans le cœur des sentiments comme celui qu'une mère fit graver sur la tombe d'un enfant chéri, mort a trois ans et ravi à son amour à l'aurore de la vie :

0 mon très-doux fils, tu vis dans l'éternité, Tu n'oublieras pas ta mère, de même que Ta mère ne t'oubliera jamais.

Repose en paix en Jésus.

On a extrait des caveaux des catacombes beaucoup de corps saints que nous vénérons comme des reliques. Ici , comme en toutes choses, brille la sagesse de l'Eglise romaine. Ce sont uniquement les ossements des mar-

tyrs que l'on expose sur les autels à la vénération publique , et leur sépulture est évidemment désignée par des signes spéciaux, comme la fiole de sang, ou même une inscription particulière.

C'est avec un sentiment bien vif de respect et de foi que l'on contemple ces tombes des saints. Comment ne pas éprouver en son cœur un peu de l'énergie de la foi de ces courageux athlètes, quand on considère leur dévouement, leur courage et leur mort?

Outre ces tombeaux, généralement d'une simplicité presque grossière, mais élevés de la main des hommes du peuple, il en existe de plus somptueux. Ce sont des sarcophages en marbre. Ces tombeaux sont extrêmement curieux pour l'histoire des arts chrétiens et pour suivre la marche des beaux-arts, considérés en général. Ce sont les plus intéressantes compositions de la sculpture à la fin du ine siècle ou au commencement du iv". Les sujets qui y sont le plus souvent reproduits sont des scènes empruntées à la Bible ou à l'Evangile. Notre-Seigneur y est trèsfréquemment représenté sous les traits du bon pasteur. On y voit aussi le portrait de la sainte Vierge, tenant entre ses bras son divin enfant. Ces portraits ne sont pas authentiques probablement ; on ne saurait cependant se refuser à y reconnaître des traces de la tradition qui a dû se conserver parmi les chrétiens sur la personne adorable du Fils de Dieu et sur sa bienheureuse Mère.

Il est impossible d'exprimer convenablement les impressions que l'âme éprouve quand on parcourt les souterrains des catacombes. On se représente aisément ces temps de ferveur et d'enthousiasme religieux , quand les premiers chrétiens étaient sans cesse exposés à la fureur des tyrans, et qu'ils venaient retremper leur ardeur et leur foi au milieu des saintes assemblées qui se tenaient dans les allées obscures des grottes souterraines. Rien n'était plus propre à exercer sur leur "esprit une de ces impressions puissantes qui élèvent le courage jusqu'à l'intrépidité, que le spectacle qui s'y montrait à leurs yeux. Au milieu de l'assemblée chrétienne, Tévêque célébrait le divin sacrifice sur un autel qui n'était autre chose qu'un tombeau. Quel était donc celui qui reposait dans ce tombeau? C'était un des chrétiens qui venait de mourir dans les supplices, en confessant la foi de Jésus-Christ; c'était un des frères, des amis , des compagnons de ceux qui étaient réunis pour prier. Quel sublime spectacle 1 le sang d'un Dieu , en coulant sur l'autel venait se mêler au sang du martyr qui gisait sous le même autel 1 II suffit d'avoir encore quelques restes de foi chrétienne pour comprendre les émotions qui naissaient de la vue de ces rapports mystérieux des tombes et des autels i

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