‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 179 sur 276 · I. RESUME DES CARACTERES ARCHITECTONIQUES · texte numérisé non relu

I. RESUME DES CARACTERES ARCHITECTONIQUES

ser <vs temps d'épreuves et do souffrances où ses entants étaient décimés par la persécution. Les évoques, délivrés de toute inquiétude , purent offrir aux regards étonnés du monde la majesté du culte chrétien. Ils eurent à leur disposition les temples, trop longtemps souillés par les superstitions de l'idolâtrie; mais ils ne consentirent pas à consacrer au vrai Dieu des édifices bAtis à l'honneur du démon. D'ailleurs, les temples païens étaient trop étroits pour enfermer la multitude des fidèles, et cela se conçoit aisément par la différence des doctrines religieuses. Le paganisme ne laissait approcher des autels que les sacrificateurs, les grands elles initiés, tandis que le christianisme, embrassant l'humanité tout entière, et surtout la classe si nombreuse et trop souvent si souffrante du peuple, appelait auprès du sanctuaire la multitude, sans acception de condition, de fortune et de rang. C'est pour cela que les évoques préférèrent de vastes édifices dont la destination, jusque-là purement civile , ne présentait aucun empêchement à leur dédicace au culte chrétien. Les basiliques commerciales furent donc choisies pour être appropriées aux cérémonies et à ia liturgie de la religion nouvelle.

Nous devons d'abord donner une idée exacte de la disposition de la basilique civile, et de sa transformation en église.

Les basiliques avaient un usage multiple : elles servaient surtout à rendre la justice , et souvent elles étaient employées aux usages du commerce , comme bourses , bazars ou halles. L'édifice était divisé en trois nefs, dont celle du milieu était plus large que les deux bas-côtés. En face de la nef centrale était le tribunal on abside, où siégeait le juge principal. Autour du trône du président étaient des sièges accessoires pour les juges assesseurs. A la partie supérieure des trois nefs était un espace réservé aux gens de la justice, avocats, greffiers, etc., nommé transsepl. La multitude se plaçait dans les collatéraux de manière à pouvoir suivre les débats et la procédure.

Rien n'était plus simple que l'appropriation de cette basilique au service du culte chrétien. L'évêque , assisté de son clergé , se plaça au fond l'abside, l'autel fut élevé en avant et presque au milieu du transsept, lequel fut réservé aux chantres et aux clercs mineurs, et prit le nom de chœur. Les fidèles se rangèrent dans les nefs mineures, les hommes à droite, les femmes à gauche. Cette séparation des sexes fut longtemps observée à l'intérieur de nos églises. Les catéchumènes, les pénitents publics et les étrangers se plaçaient à la partie inférieure delà nef majeure, et sortaient de, l'église après l'homélie ou l'instruction qui se faisait après la lecture de l'Evangile.

Les chrétiens ne tardèrent pas a introduire dans le plan de la basilique des modifications importantes, inspirées par le besoin ouïes convenances de la liturgie. Nous mentionnerons seulement ici une modification extrêmement intéressante qui trouve sa

raison dans le symbolisme chrétien. Les brandies du transsept s'étendirent latéralement de manière à représenter dans le plan géométral la figure exacte d'une croix. Cette forme n'a pas disparu de nos églises depuis le siècle de Constantin , et c'est une donnée essentielle de la disposition des grands édifices religieux. Une autre modification qui a exercé une haute influence sur les développements postérieurs de l'architecture sacrée , c'est l'introduction ou plutôt l'invention d'une nouvelle forme architecturale.

Jusqu'alors les constructeurs avaient constamment appuyé l'architrave sur le tailloir du chapiteau des colonnes : la ligne horizontale reliait ainsi les principaux membres de l'édifice dans l'unité. Les architectes chrétiens employèrent l'arc pour réunir les piliers les uns aux autres. Nous ignorons par quels motifs précisément ils se décidèrent à quitter l'architrave antique pour adopter une disposition différente. On a donné de ce changement des raisons plus ou moins vraisemblables qu'il est inutile de relater ici. Quoi qu'il en soit, l'arcade sur colonnes apparut pour la première fois dans nos constructions religieuses comme forme régulière et systématique. A travers tous les siècles du moyen âge, cette disposition architectonique a pris de magnifiques accroissements jusqu'à ce que nous ayons vu se formuler clairement le principe admirable qui préside à l'arrangement des travées dans nos cathédrales ogivales.

C'est ainsi que, par une filiation merveilleuse, nous trouvons les développements de nos églises en germe dans les premières constructions chrétiennes. Les transformations se font successivement , et commejamais il n'y a brusque interruption entre une forme importante et une autre forme également caractéristique, nous trouvons des lignes de transition qui servent à indiquer le passage insensible d'une forme systématique à une autre.

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