CHAP. Y
Du clair, première espèce.
Après cela, mêlez avec de la couleur de chair simple de la céruse pilée, et composez la couleur appelée clair ou lumière. Vous en éclairerez les sourcils, le nez dans sa longueur, le dessus de l'ouverture des narines de chaque côté, des traits légers autour des yeux, la partie inférieure des tempes, la partie supérieure du menton, près des narines et de la bouche des deux côtés, la partie supérieure du front, entre les rides du front, mais légèrement, le milieu du cou, le tour des narines, les articulations des mains et des pieds à leur partie saillante, enfin, les mains, les pieds et les bras, au milieu et sur
CHAP. VI
De la couleur veneda que Von doit mettre dans les yeux.
Mélangez ensuite du noir avec un peu de blanc ; cette couleur s'appelle veneda; remplissez-en les pupilles ou l'iris des yeux. Ajoutez-y encore un peu de blanc et couvrez-en les yeux de chaque côté de l'iris. Vous peindrez avec du blanc simple entre l'iris et la couleur elle-même, et vous laverez ensuite avec de l'eau.
CHAP. VII
Delà couleur pose, seconde espèce, ou couleur d'ombre.
Prenez ensuite du pose, dont il a été question ci-dessus, mêlez y une plus grande quantitéde vert foncé etde rouge, de manière a en faire l'ombre de la couleur précédente. Remplissez-en l'espace intermédiaire entre les sourcils et les yeux ; le milieu, au dessous des yeux ; près du nez ; entre la bouche et le menton. Avec cette couleur peignez le poil follet ou la barbe des adolescents; la moitié de la paume des mains, du côté du pouce ; les pieds, sur les petites articulations, et le visage des enfants et des fe
CHAP. VIII
Du rose, seconde espèce.
Mêlez ensuite du cinabre avec la couleur rose. Vous en peindrez le milieu de la bouche, de manière à faire paraître saillante la pertio supérieure et la partie inférieure. Faites des traits légers sur le rose au visage, au cou et aufront. Vous en marquerez ensuite les articulations des mains, les jointures de tous lus membres, ainsi que les ongles.
CHAP. IX
Du clair, seconde espèce.
Si le visage est trop foncé pour qu'une
colorera qui dicitur rosa, unde rubricabis maxilïam utramque, os et mentum inferius, collum et rugas frontis modice, ipsara frontem super tempora ex utraque parte, nasum in longitudine et super nares ex utraque parte, articulos et cœtera membra in nudo corpore.
CAPUT V
De lumina prima.
Post hœc misée cum simplici membrina cerosam tritam, eteompone colorera qui dicitur lumina, unde illuminabis supercilia, nasum in longitudine et super foramina nariura ex utraque parte, subtiles tractus circa oculos et tempora inferius, et mentum superius, juxta nares et os ex utraque parte, frontem superius, inter rugas frontis modice, et collum in raedio, et circa aures, ac articulos manuum et pedum exterius, et omnem rotunditatem manuum, pedum et brachiorum in medio.
la partie ronde et saillante.
CAPUT VI
De veneda in oculis ponenda.
Deinde coromisce nigrum cum modico albo, qui color vocatur veneda, et impie pupillas oculorum. Adde ei etiara de albo aniplius, et impie oculos ex utraque parte, et album simplex Unies inter pupillam et ipsum colorera, et cura aqua lavabis.
CAPUT VII
De rose secundo.
Postea accipe pose, de quo supra dictum est, et admisce ei araplius de prasino et rubeo, ita ut urabra sit anterioris coloris, et impie médium spatium inter supercilia et oculos, et sub oculis médium, et juxta nasum, et inter os et mentum, granos seu barbulas adolescentum, et palmas dimidias versus polliccm, et pedes supra minores articulos, et faciès puerorum et mulierum a raento usque ad terapora.
mracs, depuis le menton jusqu'aux tempes.
CAPLT VIII.
De rosa secundo.
Deinde misce cum rosa cenobrium, et linies inde in raedio oris, ita ut anterior superius inferiusque pareat, et fac subtiles tractus super rosam in facie, in collo et in fronte, et designabis inde articulos in palrais, et juncturas omnium merabrorum el ungula.
CAPUT IX
De lumina secunda.
Et si faciès tenebrosa fuerit ut ei non suf-
719 THE0PHIL1 LIBER i.
ficiat una lumina, adde ci amplius de albo, et super priorem Unies subtiles tractus per omnia.
CAPUT X
De capillis puerorum, adolesccntum et juvenum.
Post hœc misce raodicum nigrura eum ogra et impie capillos puerorum, et discerne eos cura nigro. Adde amplius nigri cura ogra, et impie capillos adolescentum, et illumina cum prima. Adde amplius adhuc nigri et impie capillos juvenum, et illumina cum seeunda.
jeunes gens,
CAPOT XI
De barbis adolesccntum.
Misce prasin et rubeum,et si vis rosœ modicum, et impie barbas adolescentum. Misce ogram et nigrum et rubeum, et impie capillos et illumina ogra modico nigro mixta , et ex eadem mixtura fac nigros tractus in barba.
CAPUT xii.
De capillis et barba decrepitorum et seiium.
Misce modicura nigri cum cerosa, et impie capillos et barbas decrepitorum. Adde eidem colori amplius nigri et modicum rubei, et fac inde tractus, et illuminabis simplici cerosa. Commisce rursum cerosa? amplius nigri, et impie capillos et barbas spnum, et fac tractus ex eodem colore , admixto ei nigro amplius et modico rubeo, et illumina eo unde decrepilos impleveras. Eo ordine, si vis, adhuc nigriores capillos et barbas compose.
hommes décrépits. De la même manière, si des cheveux et de la barbe grisonnants.
TRADUCTION. 7*0
seule teinte de clair suffise, ajoutez à la couleur un peu de blanc, et sur la première teinte dessinez partout de légers traits.
cnAP. x.
Des cheveux des enfants, des adolescents et des jeunes gens.
Après cela, mélangez un peu de noir avec de l'ocre, peignez-en les cheveux dos enfants, en les indiquant avec du noir. Ajoutez du noir à l'ocre, et peignez les cheveux des jeunes gens, en les éclairant avec le clair de la première espèce. Ajoutez de nouveau du noir à l'ocre, et peignez les cheveux des en les éclairant avec le clair, seconde espèce.
CHAP. XI
De la barbe des adolescents.
Mêlez du vert foncé, du rouge, et, si vous le voulez, un peu de rose, et peignez-en la barbe des adolescents. Mélangez de l'ocre, du noir et du rouge, et peignez-en les cheveux des jeunes gens ; éclairez-les avec de l'ocre mêlée avec peu de noir ; avec le même mélange faites des traits noirs dans la barbe.
CHAP. XII
Des cheveux et de la barbe des vieillards et des hommes décrépits.
Mélangez un peu de noir avec de la céruse, et peignez-en les cheveux et la barbe des hommes décrépits. A la même couleur ajoutez du noir et un peu de rouge, et faites-en des traits ; vous ferez les clairs avec de la céruse pure. Mélangez ensuite plus de noir avec la céruse, et peignez-en les cheveux et la barbe des vieillards; faites- y des traits avec la même couleur, à Uiquelle vous aurez ajouté plus de noir et un peu de rouge ; faites-y des clairs avec le mélange qui vous aura servi pour peindre les cheveux des vous le voulez, en ajoutant du noir, faites
CAPUT XIII
De exudra et cœtcris coloribusvultuum.
Deinde admisce rubeo modicum nigri, qui color dicitur exudra, et fac inde tractus eirca vultum, pupillas oculorum, et in medio oris, et subtiles tractus inter os et mentum. Post hsec cum simplici rubeo fac supercilia, et subtiles Iractus inter oculos et supercilia et oculos inferius, in plena facie nasum in duxtera parte (1), super nares ex utraque parte, et os inferius, et circa frontem et maxillas senum interius,et circa digitos manuum et articules podum interius, et in conversa facie circa nares in anteriorj parte. Supercilia vero senum sive decrepitorum i'acies cum veneda, unde pupillas implesti. Deinde cum simplici nigro juvenum supercilia faciès, ita ut superius aliquantulum rubei appareat, et oculos superius et foramina narium, et os ex utraque parte, et circa auriculas, manus et digitos exterius, et articulos et caeteros corporis tractus. Omnes vero
(I) Si ad dexteram partent respiciens prriracta vel talur. l'x Cod. lieg.
CHAP. XIII
De la couleur exudra ef des autres couleurs qui servent à peindre les figures et les corps nus. Mêlez ensuite un peu de noir au rouge ; cette couleur s'appelle exudra; servez-vousen pour faire des traits autour des prunelles des yeux et au milieu de la bouche, et des traits légers entre la bouche et le menton. Après cela, avec du rouge pur faites les sourcils et des traits légers entre les yeux et les sourcils et les yeux à la partie inférieure, sur le nez, a droite, dans une figure de face (si la figure ébauchée ou achevée regarde h droite), ou à gauche (si la figure est tournée à gauche); sur le dessus des narines, de chaque côté, sur la partie inférieure de la bouche ; sur le front et la partie interne des joues des vieillards ; sur les doigts des mains et les orteils, à la partie interne ; dans une figure vue de côté, autour des narines à la partie antérieure, et l'ouverture des narines. Quant aux sourcils des vieillards et des hommes décrépits, vous les
figurais sit faciès; aut in sinislra, si ad sinislram ver-
TRADUCTION
TIirODHlM TIRER I.
ferez avec la couleur veneda, qui vous a tractus circa nuda corpora fac cum rubeo, et servi à peindre l'iris des yeux. Ensuite , ungues designabis cum exteriori rosa. avec du noir pur, vous ferez les sourcils
des jeunes gens, de manière qu'on voie un peu de rouge en dessus, les paupières supérieures, l'ouverture des narines, la bouche de chaque côlé; vous en mettrez autour des oreilles, des mains et des doigts, à la partie externe ; vous ferez de même pour les articulations et les autres lignes du corps. Faites avec du rouge tous les traits autour des corps nus ; vous marquerez les ongles avec du rose à i'extérieur.
CHAP. XIV
Du mélange des diverses couleurs pour les vêtements des images qui se font sur plafond ou lambris.
Mêlez du metiesch avec du folium, ou du noir et un peu de rouge, et couvrez le vêtement. Mêlez encore un peu de noir, et faites les traits des plis des draperies. Mélangez ensuite de l'azur avec un peu de menesch ou du folium, ou avec la couleur qui vous a servi à couvrir le vêtement ; puis, faites les clairs une première fois, et avec de l'azur pur faites les clairs extérieurs. Après quoi, mêlez un peu de blanc avec l'azur, et faites des traits rares et légers.
Couvrez le vêtement avec du rouge, et si le rouge est pâle, ajoutez-y un peu de noir. Mélangez-y encore une plus grande quantité de noir, et faites les traits. Ensuite mélangez un peu de rouge avec du cinabre, et faites les clairs par dessus.
Couvrez le vêtement de cinabre, mêlez un peu de rouge à celte couleur, et faites les traits. Puis mêlez d'abord un peu de menesch avec du cinabre, et faites les clairs pour la première fois. Après cela, faites les clairs avec du vermillon pur. A la fin, mêlez un peu de noir avec du rouge, et faites l'ombre du dehors.
Mêlez du vert pur avec de l'ocre, de manière que l'ocre domine, et couvrez le vêtement. Ajoutez à la même couleur un peu de succus et un peu de rouge, et faites les traits. Mettez du blanc dans la couleur qui vous a servi à couvrir, et faites les clairs pour la première fois. Ajoutez encore du blanc, et faites les clairs les plus apparents. Mêlez encore avec la couleur d'ombre qui vous a servi à faire les traits, et dont il a été question ci -dessus, plus de succus et de rouge, et un peu de vert, et faites l'ombre extérieure.
Mêlez du suc de folium avec de la céruse, et couvrez le vêtement. Ajoutez une plus grande quantité de folium, et faites les traits. Mettez plus de céruse, et faites les clairs. Après cela, servez-vous de céruse pure. Enfin, mêlez un peu de folium broyé et un peu de cinabre avec la couleur d'ombre susmentionnée, et faites l'ombre extérieure.
De celte même couleur couvrez un autre vêtement. Ajoutez-y plus de folium et de cinabre, et laites les traits. Ajoutez de la céruse et un peu de cinabre à la couleur qui vous a servi a couvrir, et faites les premiers clairs. Ajoutez de la céruse, et faites les clairs supérieurs. Enfin, mêlez un peu de rouge avec la couleur d'ombre déjà décrite, et laites l'ombre extérieure. Avec ce mé-
CAPUT XIV
De mixtura vestimentorum in laqueari.
Misce manisc cum folio sive cum nigro, et modico rubeo, et impie vestimentum. Admisce etiam modicum nigri et fac tractus. Deinde misce lazur cum modico manisc, sive cum folio, sive cum eodem colore unde implesti, et illumina primum, cum puro lazur illumina superius. Post haec misce parum albi cum lazur et fac subtiles et raros tractus. Impie vestimentum cum rubeo, (et si, Ms. Guelph) rubeum pallidum sit, adde modicum nigri. Inde misce amplius nigri cum eodem, et fac tractus. Deinde misce modicum rubei cum cenobrio et illumina primum. Post haec adde modicum minii cum cenobrio, et illumina superius. Impie vestimentum cum cenobrio, et misce cum eodem modicum rubei, et fac tractus. Deinde misce modicum minii cum cenobrio, et illumina primum. Post hœc illumina cum simplici minio. Ad extremum misce modicum nigri cum rubeo, et facexteriorem umbram. Misce purum viride cum ogra, ita ut de ogra plus sit, et impie vestimentum. Adde eidem colori modicum de succo et parum rubei, et fac tractus. Misce eidem colori unde implesti album, et illumina primum. Adde plus albi, et illumina exterius. Misce etiam cum superiori umbra plus succi et rubei et parum viridis,et exteriorem umbram fac. Misce succum folii cum cerosa, et impie vestimentum. Adde folii plus, et fac tractus. Adde plus cerosee, et illumina. Post hœc cum simplici cerosa. Ad extremum modicum folii triti et modicum cenobrii misce cum priore umbra, et fac exteriorem. Et eodem colore impie aliud vestimentum. Adde eidem unde implesti, cerosam et modicum cenobrii, et illumina primum. Adde plus cerosœ, et illumina superius. Ad extremum misce modicum rubei cum priore umbra, et fac exteriorem. Ex HAC MIXTURA FACIES TRIA GENERA VESTIMENTORUM, UNUxM PURPUREUM , ALIUD VIOLATICUM, TERTIUM CANDiDUM. MiSCe UlOdi-
cum cenobrii cum auripigmento, et impie vestimentum. Adde parum rubei, et fac tractus. Cum simplici rubeo umbram exteriorem. Adde cum impletione plus auripigmentij et illumina primum. Cum simplici auripigmento illumina superius.
Misée viride cum succo, et adde modicum ogrœ, et impie vestimentum. Adde etiam modicum nigri, et fac exteriorem umbram. Adde cum impletione plus viridis et illumina primum. Cum puro viridi illumina exterius, et si opus sit, adde ei modicum albi. Usus
TliEOIiHLI LIBER l.
TRADUCTION
nUJUfl FESTIMENTl NON EST IN ML'RO. MÏ5CO
anripigmentum cura indicd, sive cura manisc, sive cura succo sambuci, et impie vestimentum. Adde amplius de succo, sive manisc, (sive, Ms. Guelph.) de radico, et fac Iracttis. Adde raodicum nigri, et fac umbram exteriorem. Deinde plus auripigmenti cura irapletione, et illumina prirauin. Cum simplici auripigmento illumina superius. Auripigmentom et quicquid ex co temperatur, nullam vira babet in muro. Misce manisc cura folio, et impie vestimentum. Adde etiara parum nigri, et fac exteriorera umbram.
Cura siraplici manisc illumina primura. Adde parum albi, et illumina superius. Misce ograra cura nigro, et impie vestimentum. Adde nigri plus, et fac tractus. Adde etiam plus, et fac umbram exlcriorem. Adde ogra} plus cum irapletione, et illumina primura. Cum ogra et rubeo fac simili ter. Misce album et viridc, et impie vestimentum. Cura simplici viridi fac tractus. Adde parura succi, et fac umbram exteriorem. Adde plus albi cum irapletione, et illumina primura. Cum siraplici albo illumina superius. Misce raodicum nigri et parum rubei cum albo, et impie vestimentum. Adde plus rubei et parum nigri, et fac tractus. Adde etiam amplius nigri et rubei, et fac umbram exteriorem. Adde cum irapletione plus albi, et illumina primura. Cum simplici albo, illumina exterius. Misce similiter nigrum cum albo. Eodem modo misce ogram cum albo, et in umbra eidera adde raodicum rubei.
lange vous ferez trois espèces de vêtements: un de couleur pourpre, l'autre de couleur violette, et le troisième blanc.
Mélangez du vert avec du succus, ajoutez un peu d'ocre et couvrez le vêtement. Ajoutez du succus et faites les traits. Ajoutez encore un peu de noir et faites l'ombre extérieure. Ajoutez à la couleur qui a servi a couvrir une plus grande quantité de vert, et faites les premiers clairs. Avec du vert pur faites les clairs extérieurs, et, s'il en est besoin, ajoutez-y un peu de blanc.
Mélangez un peu de cinabre avec de l'orpiment et couvrez le vêtement. Ajoutez un peu de rouge et faites les traits. Avec du rouge pur faites l'ombre extérieure. Ajoutez de l'orpiment à la couleur de l'ombre et faites les premiers clairs. Avec de l'orpiment pur faites les derniers clairs.
On ne peut pas se servir de cette couleur pour peindre des vêtements sur un mur.
Mêlez de l'orpiment avec de l'indigo, ou du menesch, ou du suc de sureau, et couvrez le vêtement. Ajoutez du suc, du menesch ou de l'indigo, et faites les traits. Ajoutez un peu de noir et faites l'ombre extérieure. Ensuite mettez une plus grande quantité d'orpiment avec la couleur qui a servi à couvrir, et faites les premiers clairs. Faites les derniers clairs avec de l'orpiment pur. L'orpiment et tous les mélanges de couleur dans lesquels entre l'orpiment n'ont aucune qualité dans la peinture murale.
Mélangez du menesch avec du folium et le vêlement. Ajoutez du folium et
couvrez faites les traits. Ajoutez en sus un peu de noir et faites l'ombre extérieure. Faites les premiers clairs avec du menesch pur. Ajoutez un peu de blanc, et faites les derniers clairs.
Mélangez de l'ocre avec du noir, et couvrez le vêtement. Ajoutez du noir et faites les traits ; ajoutez-en encore et faites l'ombre extérieure. Mettez de l'ocre en plus grande quantité dans la couleur qui a servi à couvrir , et faites les premiers clairs. Ajoutez encore de l'ocre et faites les derniers clairs.
Agissez de même avec de l'ocre et du rouge.
Mélangez du vert avec du blanc, et couvrez le vêtement. Avec du vert pur faites les traits. Ajoutez un peu de succus et faites l'ombre extérieure. Ajoutez du blanc à la couleur qui a servi à couvrir et faites les premiers clairs. Faites les derniers clairs avec du blanc pur.
Mélangez un peu de noir et un peu de rouge avec du blanc, et couvrez le vêtement. Ajoutez une plus grande quantité de rouge et un peu de noir, et faites les traits. Ajoutez encore du noir et du rouge, et faites l'ombre extérieure. Ajoutez du blanc à la couleur qui a servi à couvrir, et faites les premiers clairs. Faites les derniers clairs avec du blanc pur.
Mélangez du menesch avec du blanc, dans la proportion ci-dessus prescrite. Mélangez également du noir avec du blanc. De la même manière, mélangez de l'ocre avec du blanc: et pour faire l'ombre ajoutez un peu de rouge.
CUAP. xv
CAPUT XV
De mixiura vestimentorum in muro.
In muro vero impie vestimentum cum ogra, addilo ci raodico calcis propter fulgorem, et lac timbras ejus sive cum simplici rubro, sive emu prasioo, sive ex pose, qui liât ex ipsa ogra et viridi. Membrina in muro îttisoetur ex ogra et cenobrio et calce, et pose ejus et rosa et lumina liant ut supra. Cura imagines vel aliarum rerum edigies pertrabuntur in muro siceo, statim aspergatur aqua, tara diu donec oranino madidus
Du mélange des couleurs pour peindre les vêtements sur les murs.
Pour peindre sur mur, couvrez le vêtement avec de l'ocre, après y avoir ajouté un peu de chaux pour l'éclat, faites-en les ombres ou avec du rouge pur, ou avec du vert foncé, ou avec la couleur pose, qui se fait avec la même ocre et du vert. La couleur de ebair, daDS la peinture murale, est un mélange d'ocre, de cinabre et de ebaux; quant au pose, au rose et aux clairs de cette espèce de peinture, ils doivent être faits comme
loo
TRADUCTION
THEOh'ULl LIBER I.
il a été dit ci-dessus. Lorsque l'on veut peindre sur un mur sec des figures humaines ou d'autres objets, il faut d'abord l'arroser d'eau, jusqu'à ce qu'il soit entièrement humide. Toutes les couleurs, convenablement mêlées de chaux, doivent être étendues sur le mur humide, afin d'être adhérentes, en séchant avec le mur lui-même. Dans le champ, sous l'azur et le vert, que l'on mette la cou- Jeur appelée veneda, mêlée de noir et de chaux, sur laquelle, quand elle sera sèche, on mettra, en son lieu, une légère teinte
si t. Et in eodem humore liniantur omnes colores, qui supponendi sunt, qui omnes calce misceantur, et cum ipso muro siccentur uthsereant. In campo sublazur et viridi, ponatur color, qui dicitur veneda, mixtus ex nigro et calce, super quem, cum siccus fuerit, ponatur in suo loco lazur tenuis cum ovi mediolo abundanter aqua mixto temperatus, et super hune iterum spissior propter decorem. Viridequoquemisceatur cum succo et nigro.
d'azur mêlée avec du jaune d'œuf largement étendu d'eau; sur cette teinte on en placera une autre plus foncée, pour obtenir de l'éclat. Que le vert aussi soit mélangé avec du succus et du noir.
CHAP. XVI
Du trait qui imite limage de Varc-en-cid.
Le trait qui représente l'arc-en-ciel est formé de diverses couleurs, à savoir cinabre et vert; item cinabre et menesch; item vert et ocre; item vert et folium ; item folium et ocre ; item menesch et ocre ; item cinabre et folium: ces couleurs se posent de la manière suivante. On fait deux traits de largeur égale, l'un de rouge, mêlé de chaux, sur un mur, sous le cinabre, de manière qu'il y ait a peine la quatrième partie de rouge; mais sur un plafond, le même cinabre sera mêlé de craie. L'autre vert, mélangé de la même manière, sans succus: entre eux on fera un trait blanc. Formez ensuite de cinabre et de blanc autant de couleurs que vous voudrez, de manière que la première teinte ait un peu de cinabre, la seconde un peu plus, la troisième beaucoup davantage, la quatrième plus encore , jusqu'à ce que vous arriviez à l'emploi du cinabre pur. Mêlez-y ensuite un peu de rouge. Puis du rouge pur. Après cela, mélangez du rouge avec du noir. Enfin du noir. De la même manière, employez des couleurs composées de vert et de blanc, jusqu'à ce que vous arriviez à l'emploi du vert pur. Mêlez-y ensuite un peu de succus. Faites un nouveau mélange et ajoutezdu succus. Après cela mêlez-y un peu de noir; ajoutez-en encore; enfui, noir pur. Pour les ombres, vous les ferez sur l'ocre avec du rouge ; à la fin vous ajouterez du noir. Ombrez le manisc avec du folium ; à la fin, ajoutez du noir. Ombrez le folium avec du rouge; ajoutez du noir à la tin. Ces couleurs doivent être posées de manière qu'à partir du milieu les traits soient plus pâles et aillent par gradation jusqu'au noir, à l'extérieur. 11 ne peut jamais y avoir plus de douze de ces traits dans chaque couleur ; et si vous en voulez ce nombre, disposez les mélanges de façon à mettre la couleur pure à la septième place. Si vous en voulez neuf, mettez la couleur pure à la sixième place; si vous en voulez huit ou sept, mettez la couleur pure à la cinquième p'ace ; si vous en voulez six, mettez-la à la quatrième; si vous en voulez cinq, à la troisième ; si vous en voulez seulement quatre ou trois, vous ne les interromprez pas par ia couleur pure, mais considérez comme
CAPUT XVI
De tractu qui imitatur speciem phtvialis
arcus.
Tractus qui imitatur speciem pluvialis arcus conjungitur diversis coloribus, videlicet cenobrio et viridi; item cenobrio et manisc; item viridi et ogra ; item viridi et folio ; item folio et ogra ; item manisc et ogra; item cenobrio et folio; qui hoc modo componuntur. Fiunt duo tractus œqua latitudine; unus ex rubeo, calce mixto, in muro, sub cenobrio, ita ut vix quarta pars sit rubei; in laqueari vero ipsum cenobrium similiter cum creta mixtum. Alter vero viridis pari modo mixtus absque succo, et inter eos fiât albus tractus. Deinde misce ex cenobrio et albo quot colores volueris, ita ut primus sit modicum cenobrii, secundus plus, tertius amplius, quartus adhuc plus, donec pervenias ad simplex cenobrium. Deinde adoiisce eidem modicum rubeum. Deinde simplex rubeum. Post haec rubeum nigro admisce; ad ultimum nigrum. Simili modocommisce colores ex viridi et albo, donec pervenias ad simplex viride. Deinde admisce ei modicum succum. Commisce iterum, et adde plus succi. Post heec misce modicum nigri; deinde plus; ad ultimum simplex nigrum. Umbras vero in ogra faciès cum rubeo; ad ultimum addito nigro. Umbras manisc cum folio; ad ultimum addito nigro. Umbras folii cum rubeo, addito nigro ad ultimum. Qui colores ita ponendi sunt, ut ex medio pallidiores tractus procédant, et ita ascendant usque ad exterius nigrum. Horum tractuum nunquam plus quam duodecim esse possunt in utroque colore. Et si volueris tôt, sic tempera mixturas, ut simplex in septimo loco ponas. Si volueris novem, in sexto loco simplex pone. Si volueris octo vel septem, in quinto loco simplex pone. Si volueris sex, in quarto. Si quinque, in tertio. Si quatuor vel très, non interponas eis simplex, sed eum qui ante simplicem poni deberet habeas pro simplici, et eidem admisce umbram usque ad exterius nigrum. Hoc opère fiunt throni rotundi et quadranguli, et tractus circa lumbos, et arborum stipites cum ramis, et columnae, et turres rotundœ, et sedilia et quicquid rotundum apparere velis. Fiunt etiam arcus super columnas in domibus eodem opère; sed uno colore, ita ut interius album sit et exterius nigrum. Turres ro'undœ fiunt
im
THEÛPUILI LIDLK I.
TRADUCTION
telle celle qui aurait dû être placée auparavant, et raè!ez-y de l'ombre, jusqu'au noir extérieur. De cette manière se font les trônes ronds et carrés, les traits autour des bordures, les troncs des arbres, avec leurs rameaux, les colonnes, les tours rondes, les sièges, et tous les objets que vous voudrez faire paraître ronds. On fait aussi les arcs sur les colonnes, dans les maisons, de la môme façon; mais avec une seule couleur, de manière que la partie interne soit blanche et la partie externe noire. Les tours rondes se font avec de l'ocre, de manière qu'il y ait un trait blanc au milieu, et que de chaque côté il y ait une ocre tout à fait pâle et prenant peu à peu la couleur de safran, jusqu'à l'antépénultième trait, avec lequel on mélangera un peu de rouge, ensuite davantage, de façon toutefois qu'il ne paraisse ni ocre pure, iii rouge pur. Ainsi et par un mélange analogue, avec du noir et du blanc se font les tours rondes. Les troncs et les branches d*arbres se font avec un mélange de vert et d'ocre, en ajoutant un peu de noir et de succus. Cette couleur sert aussi à peindre la terre et les montagnes. On fait encore le terrain et les montagnes avec du vert et du blanc, sans succus, de manière que l'intérieur soit pâle et l'extérieur ait des ombres mêlées d'un peu de noir. Toutes les couleurs qui seront superposées à d'autres, dans la peinture murale, doivent être mélangées avec de la chaux, pour la solidité. Sous l'azur et le menesch, et sous le vert, placez^ la couleur veneda; sous le cinabre, le rouge; sous l'ocre et le folium, les mêmes couleurs mélangées avec de la chaux.
CAPLTXVII. CHAP. XVII.
De tabulis altarium et osliorum, et y lutine Des panneaux d'autels et des portes, et de la
de ogra, ita ut in medio sit tractus albus, et ex utraque parte procédât ogra omnino pallida et paulatim trahens croceum colorem usque antepenultimum tractum, cura quo misceatur modicum rubeum; deinde amplius, sic tamen ut nec simplex ogra nec simplex rubeum appareat. Eodem modo et eadem mixtura fiunt turres rotundao ex nigro et albo. Stipites arborum commiscentur ex viridi et ogra, addito modico nigro et succo. Quo colore pinguntur etiam terra et montes. Fiunt etiam terra et montes ex viridi et albo sine succo, ita ut interius sit pallidum , exterius trahat umbras mixtas cum modico nigro. Omnes colores, qui aliis supponuntur in muro, calce misecantur propice firmitatem. Sub lazur et manisc et sub viridi ponatur veneda; sub cenobrio rubeum; sub oiira et folio iidem colores calce mixti.
casei.
Tabula) altarium sive ostiorum primum particulatim conjungantur junctorio instruinento, quo utuntur doliarii sive tornarii. Deinde componantur gluline casei, quod hoc modo fit. Caseus mollis minutatim incidatur et aqua calida in mortariolo cum pila tamdiu lavetur, donec (aqua, in cœt. omn. mss. add.) multotiens infusa pura inde exeat. Deinde idem caseus attenuatus manu mittatur in frigidam aquam donec indurescat.
Post haL'c teratur minutissime super ligneam tabulam œqualem cum allero ligno, sicque rursum mittatur in morlarium et cum pila diligenfer tundalur addita aqua cum viva calce mixta, donec sic spissum fiât, ut sunt fèces. Hoc gluline tabulée altarium compaginata3, postquam siccantur, ita sibi adhœrent, ut nec humore nec calore disjungi possint. Postmodum œquari debent planalorio ferro, quod curvum et interius acutum habet duo manubria, ut ex utraque manu trahalur, unde raduntur ostia et scuta, donec omnino liant plana. Inde cooperiantur crudo corio equi, vcl asini, quod aqua madefaclum, statiin ut pili fuerint erasi, aqua aliquantum extorqueatur, et ita humidum cum gluline casei superponatur.
colle de fromaye.
Les panneaux d'autels ou de portes doivent être d'abord joints, pièce à pièce, avec l'instrument destiné à cet usage, dont se servent les tonneliers ou les tourneurs. On les unit ensuite avec de la colle de fromage, qui se fait de la manière suivante. On coupe en très-petits morceaux du fromage mou, on le lave avec de l'eau chaude, dans un mortier, avec un pilon, jusqu'à ce que l'eau sorte pure, à plusieurs reprises. Puis le même fromage, pressé avec la main, est rais dans de l'eau froide, jusqu'à ce qu'il se durcisse. Après cela, on le broie très-menu sur une table de bois bien unie avec un autre bois; on le met de nouveau dans le mortier, on le broie avec soin avec le pilon, en y ajoutant de l'eau et de la chaux vive, jusqu'à ce qu'il devienne épais comme de la lie. Les panneaux d'autels assemblés au moyen de cette colle adhèrent si solidement, après être desséchés, que la chaleur ni l'humidité ne les peut disjoindre. Il faut ensuite les aplanir avec un instrument en fer destiné à cet usage, courbe et tranchant à la partie intérieure, ayant deux manches, de manière
à être tiré des deux mains: on s'en sert pour racler et couper les portes et les panneaux, jusqu'à ce qu'ils soient entièrement unis.
On les couvre ensuite de cuir cru de cheval ou d'âne, que l'on mouille avec de l'eau;
aussitôt que les poils sont rasés, on exprime un peu l'eau, et dans cet état d'humidité on
Je lixe avec de la collo de fromage.
CAPur xviii. «;hap. xvnr.
Deylutine corii et cornuum eervL De la colle de peau et de cornes de cerf.
Quo diligenter exsiccalo, toile incisuras Après qu'elle aura été soigneusement séejusdem corii similitcr exsiccatas, et diligen- chée, prenez les rog mres de cette même
TIIEOPHILI LIBER I,
peau, également séchées, coupez-les en petits morceaux, et prenez des cornes de cerf broyées menu avec un marteau de forgeron sur'une enclume; placez le tout dans une chaudière neuve, jusqu'à ce qu elle soit à moitié pleine ; remplissez-la d'eau, chauffez-la jusqu'à ce que l'eau soit diminuée d'un tiers, de manière cependant à ce qu'il n'y ait pas ébullition. Vous l'éprouverez ainsi : mouillez vos doigts avec la même eau, et, lorsqu'ils seront refroidis, s'ils adhèrent entre eux, la colle est bonne ; s'il en est autrement, faites cuire jusqu'à ce que cette adhésion ait lieu. Ensuite versez cette colle dans un vase propre, et remplissez de nouveau, ce que vous pourrez faire jusqu'à
CHAP. XIX,
Du blanchiment au plâtre.
Après cela prenez du plâtre brûlé comme de la chaux,-ou de la craie avec laquelle on blanchit les peaux, et broyez-le avec soin sur une pierre, avec de l'eau. Mettez- le ensuite dans un vase de terre cuite, et versez par-dessus la colle de peau ; placez sur des charbons, afin que la colle se fonde. Vous en ferez alors un enduit très-léger sur le cuir, avec un pinoeau. Lorsque ce premier enduit sera sec, vous en ferez un second plus épais; et, s'il en est besoin, vous en ferez encore un troisième. Lorsqu'il sera parfaitement sec, prenez la plante qu'on appelle prêle, qui est noueuse et croît comme le jonc. Si vous la cueillez en été, vous la ferez sécher au soleil, vous en frotterez la couche de blanc jusqu'à ce qu'elle soit polie
ÇBAP. X*.
De la manière de peindre les portes en rouge, et de l'huile de lin.
Si vous voulez peindre les portes en rouge, prenez de l'huile de lin, que vous préparerez de la manière suivante : Prenez de la graine de lin ; faites-la sécher dans une poêle, sur le feu, sans eau. Mettez ensuite dans un mortier, et broyez-la avec un pilon jusqu'à ce qu'elle soit réduite en poussière très-ténue. Vous la mettrez derechef dans la poêle, vous verserez 3e l'eau et vous chaufferez fortement. Puis, enveloppez-la dans un linge neuf, et mettez-la dans un pressoir où l'on a coutume de faire de l'huile d'olives, de l'huile de noix ou de l'huile d'oeillette, afm d'en exprimer l'huile de lin de la même manière. Avec cette huile, broyez du vermillon ou du cinabre sur la pierFe, sans eau, et avec un pinceau vous en étendrez sur les portes, ou tablettes de bois, que vous voudrez peindre en rouge,
ter incide particulatim, et accipiens cornua cervi minutatim confracta mallco ferrarii, super incudem, compone in ollam novam, donec sitdimidia, et impie eam aqua, sicque adhibe ignem donec excoqualur tertia pars ejusdem aqua?, sic tamen ut non bullial ; et ita probabis : fac digitos tuos humidos eadem aqua, et cum refrigerati fuerint, si sibi adhœrent, bonum est gluten ; sin autem, tamdiu coque donec sibi adheereant. Deinde effunde ipsum gluten in vas mundum, et rursum impie ollam aqua, et coque sicut prius, sicque facias usque quater.
nouveau la chaudière d'eau; faites cuire (ic quatre fois.
CAPUT XIX
De albatura gypsi.
Posthœc toile gypsum more calcis combustum, sive cretam, qua pelles dealbantur, et tere diligenter super lapidera cum aqua : deinde mille in vas testeum, et infundens gluten corii, pone super carbones, ut gluten liquéfiât, sicque Unies cum pincello super ipsum corium tenuissime ; ac deinde, cum siccum fuerit, Unies aliquantulum spissius ; et si opus fuerit, linies tertio. Cumque oninino siccum fuerit, toile herbam, qua? vocatur asperella, qua? creseit in similitudinem junci et est nodosa; quam cum in œstate collegeris, siccabis in sole, et ex ea fricabis ipsam dealbaturam, donec omnino plana et lucida fiât (1).
et brillante.
CAPUT xx.
De rubricandis ostiis, et oleo Uni.
Si autem voluerïs ostia rubricare, toile oleum lini, quod hoc modo compones. Accipe semen lini, et exsicca illud in sa r tagine super ignem sine aqua. Deinde mitte in raortarium, et contunde illud pila donec tcnuissimus pulvis fiât, rursumque mittens illud in sarlaginem, et infundens modicum aqua?, sic calefacies fortiter. Postea involve illud in pannum novum, et pone in pressatorium, in quo solet oliva?, vel nucum, vel papaveris oleum exprimi, ut eodem modo etiam istud exprimatur. Cum hoc oleo tero minium sive cenobrium super lapidera sine aqua, et cum pincello linies super ostia, vel tabulas, quas rubricare volueris, et ad solem siccabis. Deinde iterum linies, et rursum siccabis. Ad ultimum vero superlinies ei gluten quod veruition dicitur, quodque hoc modo conficitur.
et vous ferez sécher au soleil. Vous donnerez une seconde couche que vous ferez également sécher au soleil. A la lin, vous étendrez par-dessus la colle que l'on appelle vernis, et qui se fait de la manière suivante.
CHAP. XXI
De la colle-vernis.
Mettez de i*huile de lin dans un petit vase
CAPUT XXI
De glutine vernition.
Pone oleum lini in ollam novam parvulam,
(l) Si vero defuerît corium ad rooperiendum tabulas, eodem modo et codem glutine coopcriaii!*.: cum panno, mediocriter novo, lini vel eanabi. — Ex Cod. Reg. Parisii.
"Gl
TIlEUl'illLI LIBER I.
TRADUCTION
Tii.
et adde gummi (l)quod vocatur l'omis, niinutissime tritum, quod habet specicm lucidissimi thuris, sed cum frangitur fulgorem clarioreni reddit. Quod cuni super carbones posueris, coque diligenter sic ut non bulliat, donec tertia para consumatur, et cave a llaiiniia, quia periçulosum nimis est, et difticile exstinguitur si accendatur. Hocglutine omuis pictura superlinita (2) fit et décora ac ouinino durabilis (3).
CAPUT XXII
De codent.
Coinpone quatuor lapides, qui possint igneni sustinere, ita ut non résiliant, et super ipsos pone ollam rudem, et in eani mitte supra dicta m gummi forais, quod Romane glassa dicitur (4), et super os hujus oliae pone ollulam minorera, quœ habet in fundo modieum foramen, et circumlinies ei pastam, ita ut nihil spiraminis inter ipsas ollas exeat. Deinde suppone ignem diligenter, donec ipsura gummi liquéfiât. Habebis etiam ferrum gracile et manubrio impositum, unde commovebis ipsum gummi, et cum sentire possis quando omnino liquidum sit. Habeas quoque ollam tertiam juxta super carbones positam, in qua sit oleum Uni calidum; et cum gummi penitus liquidum fuerit, ita ut extracto ferro quasi lilum trabatur, infunde ei oleum calidum et ferro commove, et sic insimul coque ut non bulliat, et interdum exlrahe ferrum, et liui modice super lignum sive super lapidera, ut probes densitatem ejus. Et hoc caveas in pondère, ut sint duœ partes olei, et tertia gummi. Cumque ad libitum tuum coxeris diligenter, ab igné reinovens et discooperiens refrigerari sine.
miné la cuisson à volonté, retirez du feu et
CAPUT XXIII
De scllis equestribus et octoforis.
Sellas autera équestres et octoforos, item sellas plieatorias, scabella, cœteraque quœ sculpuntur, et non possunt corio vel panno coopérai, mox ut raseris ferro, fricabis asperella, sicquç bis dealbabis, et cum sicca fuerint, rursuin aspereba planabis. Posthrec in circino et régula metire, et dispone opus tuum , videlicet imagines, aut bestias, vel aves et folia, sive quodeunque pertrahere volueris. Quo facto, si decorare volueris opus tuum, auri petulam impones , quam tali modo faciès :
lez décorer votre œuvre vous y appliquerez suivante :
CAPUT XXIV
De pctula auri.
Toile pergamenam Gracam , quœ fit ex
lana lini (5), et fricabis eam ex utraque parte
II) In C. H., Arabici adrfilur.
(v2) Lucida fil et décora, leghur in MSS. Guelpli. et rarisii.
(5/ Si vero defuerit corium ad cooperiendaa tabulas, eodem modo et eoilcm glutiue cooperiantut cum
rieiif, ajoutez-y de la gomme appelée fornis, broyée très-menu ; elle ressemble à de J'encens très-clair, mais, quand on la casse, elle a un éclat plus vif. Lorsque vous l'aurez placée sur les charbons, faites-la cuire avec la plus grande attention, de manière qu'il n'y ait pas ébullition, jusqu'à ce qu'elle soit réduite d'un tiers. Prenez garde à la flamme, parce qu'elle est fort à craindre dans cette opération, et qu'on l'éteint avec peine si elle s'allume. Toute sorte de peinture recouverte de ce vernis devient brillante et durable.
CHAP. XXII
Même sttjct.
Prenez quatre pierres capables de résister au feu sans tomber en éclats, sur lesquelles vous placerez un pot neuf, grossier ; vous y mettrez de la gomme fornis, appelée glassa par les Romains. Sur l'ouvert ure de ce pot, vous en placerez un plus petit, ayant le fond percé d'un trou étroit ; vous luterez avec de la pâte, de manière qu'il n'y ait aucun interstice entre les deux vases. Vous placerez ensuite avec attention du feu par dessous, jusqu'à ce que la gomme se liquélie. Vous aurez un fer mince, adapté à un manche, pour remuer la gomme et pour sentir quand elle sera entièrement fondue. Ayez aussi tout auprès un troisième vase, placé sur le feu, dans lequel il y aura de l'huile de lin chaude. Lorsque la gomme sera parfaitement liquéfiée, de manière à filer en retirant le fer, versez l'huile chaude et agitez avec la baguette de fer ; faites chauffer ce mélange, sans ébullition, retirez de temps en temps le fer, et étendez une petite couche d'essai sur de la pierre ou du bois, afin d'en éprouver la densité. Quant au poids, veillez à ce qu'il y ait deux tiers d'huile et un tiers de gomme. Lorsque vous aurez terlaissez refroidir, après avoir découvert.
CHAP. XXIII
Des selles de cheval cl des lilièns.
Quant aux selles de cheval et aux litières, aux pliants, aux escabeaux et autres objets qui se sculptent et ne peuvent être recouverts de cuir ou d'étofi'e, après les avoir raclés avec le fer, vous les frotterez avec la prèle, vous leur donnerez deux couches de peinture blanche, et lorsqu'ils seront secs, vous les polirez de nouveau avec la prèle. Après cela, avec le compas et la règle, mesurez votre ouvrage et disposez-le pour y sculpter des figures, des animaux, des oiseaux, des feuillages, ou tout ce qu'il vous plaira de dessiner. Après quoi, si vous vouune feuille d'or que vous ferez de la manière
cn\p. xxiv.
De la feuille d'or.
Prenez du parchemin grec, qui se fait avec du chiffon de lin ; vous le frotterez des deux
panno lini mediocriler novo. — Maie locata est ; r'nle in fine cup. xix. Non leyitur in C. /?. Va* risii.
iii Mi. Arabicuin, cil,', li. Parisii.
(S) l'I cbi papyruro, ex C. fi.
TRADUCTION
TilEOHHLI LIBER I.
?Ci
côtés avec de la couleur rouge, qui se fait par la combustion du sinople, c'est-a-dire de l'ocre, sèche et broyée très-tin ; vous le polirez avec grand soin avec une dent de castor, d'ours ou de sanglier, jusqu'à ce qu'il soit brillant et que la couleur y adhère par le frottement. Coupez ensuite avec des ciseaux, ce papier par carrés de quatre doigts de hauteur sur quatre doigts de long et autant de largeur. Puis, avec du vélin d'égale grandeur, vous ferez une espèce de bourse cousue très-solidement, assez ample pour contenir beaucoup de morceaux de papier rougi. Cela fait, prenez de l'or pur et faitesle amincir au marteau, sur une enclume dont la surface soit bien unie, et avec tant de soin qu'il n'y ait aucune fracture dans l'or; coupez -le ensuite par carrés de la grandeur de deux doigts. Puis vous mettrez dans la bourse un carré de papier rougi, et pardessus, au milieu , un carré d'or; un autre carré de papier et un autre d'or, et ainsi de suite, jusqu'à ce que la bourse soit pleine, et de manière que l'or soit toujours placé au milieu. Ayez ensuite un marteau coulé d'auricalque, étroit près du manche et large dans son plat. Vous en frapperez la bourse sur une grande pierre bien unie, à coups modérés et non violents. Vous y regarderez souvent, et vous verrez si vous voulez rendre l'or tout à fait mince, ou médiocrement épais. Si l'or, en s'amincissant, s'étendait et dépassait les bords de la bourse, vous le couperez avec des ciseaux petits et délicats, destinés uniquement à cet usage. Tel est le procédé pour faire la feuille d'or. Lorsque vous l'aurez amincie à votre gré, à l'aide des ciseaux vous en couperez autant
cum rubco colore, qui comburitur ex synopide, id est ogra, minutissime trito et sicco, et polies eam dente castoris, sive ursi, vol apri, diligentissirae , donec lucida fiât , et idem color ipsa fricatione adheereat. Deindo incide forcipe ipsam pergamenam per partes quadras ad latitudinem quatuor digitorum. œqualiter latas et longas. Postmodum faciès eadem mensura ex pergameno vituli quasi marsupium, et fortiter consues, ita amplum, ut multas partes rubricatœ pergamenœ possis implere. Quo facto, toile aurura purum et fac illud altenuari malleo super incudem cequalem diligentissime, ita ut nul la sit in eo fractura, et incide illud per quadras partes ad mensuram duorum digitorum. Deinde mittes in illud marsupium unam partem rubricatœ pergamenee, et supra eam unam partem auri in medio, sicque pergamenam et rursus aurum ; atque ita faciès donec irnpleatur marsupium, et aurum sit semper in medio commixtum. Dehinc habeas malleum fusilem ex auricalco, juxta manubrium gracilem et in plana latum, unde percuties ipsum marsupium super lapidetn magnum et œqualem, non graviter, sed moderate ; et cum sœpius respexeris, considerabis utrum velis ipsum aurum omnino tenue facere, vel mediocriter spissum. Si autem supercreverit aurum in attenuando et marsupium excesserit, preecides illud forcipe parvulo et levi, tantummodo ad hoc opus facto. Haec est ratio aureœ petulœ.Quarn cum secundum libitum tuum attenuaveris, ex ea incides forcipe particulas quantas volueris, et inde ordinabis coronas aureas circa capita regulorum, et stolas et oras vestimentorum, et caetera ut libuerit.
de morceaux que vous voudrez et vous en ferez des nimbes autour de la tête des principaux personnages, sur les étoles et les bordures des vêtements, et selon qu'il vous plaira.
CBAP. XXV.
De la manière de poser Vor.
Pour poser l'or, prenez la partie claire du blanc d'œuf, que vous aurez battue sans y mettre d'eau ; vous en enduirez légèrement avec un pinceau l'endroit sur lequel l'or devra être posé ; vous humecterez dans votre bouche la queue du même pinceau, vous en toucherez un des coins de la feuille coupée, vous l'enlèverez ainsi et la placerez avec la plus grande promptitude; le pinceau vous servira à l'étendre également. En ce moment il faudra éviter le vent et suspendre votre respiration, car le moindre souffle vous fera perdre la feuille d'or que vous aurez peine à trouver. Lorsqu'elle sera posée et sèche, vous en mettrez une seconde par dessus, de la même manière, si vous le désirez, et même une troisième, s'il en est besoin, afin que vous puissiez brunir avec une dent ou une pierre. Vous pourrez poser une feuille d'or, par le même procédé, sur un vous n'avez pas d'or, vous prendrez une feuill uière suivante :
CAPUT XXV
De imponendo auro.
Imponendo aurum, toile claruin, quod percutitur ex albugine ovi sine aqua, et inde cum pincello leniter linies locum in quo ponendum est aurum, et cauda ejusdem pincelli in ore tuo madefacta, continges unum cornu incisée petulae, et ita elevans cum sum- Dia velocitate impones, et cum pincello œquabis. Ea hora oportet te a vento cavere, et ab halitu continere, quia si flaveris, petulam perdes et difficile reperies. Quœ cum posita fuerit et siccata, ei, si volueris, eodem modo alteram superpone, et tertiam similiter, si opus fuerit, ut eo lucidius cum dente sive cum lapide polire possis. Hanc etiam petulam, si volueris, in muro et laqueari eodem modo imponere poteris. Quod si aurum non habueris, petulam stagni accipies, quam hoc modo faciès :
mur ou un plafond, si vous le voulez. Si e d'étain, que vous préparerez de la nui-
TlILUi'IIlLI L1BKK I.
THADI'CTIOX.
im
CBAP. XXVI.
De la feuille d'étain.
Vous amincirez au marteau, sur une enclume, avec soin, de l'élain très-pur en parties aussi nombreuses et aussi légères que vous le voudrez. Lorsqu'elles commenceront à s'amincir, vous les nettoierez avec un morceau d'étoffe de laine et du charbon sec broyé très-Un ; vous battrez de nouveau au marteau, vous nettoierez derechef avec l'étoffe et le charbon, ce que vous ferez à chaque fois, jusqu'à ce que vous les ayez entièrement amincies. Après cela vous les frotterez doucement, avec une dent de sanglier, sur une table de bois unie, jusqu'à ce qu'elles soient brillantes.
Vous joindrez les mêmes parties l'une à l'autre, sur la même table, et vous les ferez toutes adhérer au bois avec de la cire, de manière à ce qu'elles ne puissent remuer ; vous les enduirez avec la main d'une couche de vernis, et vous les ferez sécher au soleil. Après quoi, prenez des baguettes de bois nourri, coupées en avril, fendues par le milieu et séchées sur la fumée. Vous en ôterez l'écorce extérieure, et vous en raclerez dans un vase propre l'écorce intérieure, qui est de couleur de safran, et vous y ajouterez la cinquième partie de safran. Versez par dessus du vin vieux ou de la bière largement, et après avoir ainsi laissé reposer pendant la nuit, vous chaufferez sur le feu, jusqu'à ce que le tout soit en liquéfaction. Vous y placerez alors les feuilles d'étain une à une, vous les retirerez fréquemment, jusqu'à ce que vous reconnaissiez qu'elles aient pris une couleur d'or assez foncée. Vous les lixerez de nouveau à la table de bois, les couvrant de vernis comme ci-dessus, et lorsqu'elles seront sèches vous aurez des feuilles d'étain que vous emploierez à volonté, dans vos ouvrages, en les fixant avec de la colle de peau. Prenez ensuite les couleurs dont vous voulez vous servir, broyez-les soigneusement à l'huile de lin, sans eau, et faites des mélanges de couleur pour les figures et les vêtements, comme vous avez fait ci-dessus avec de l'eau, et vous peindrez avec leurs couleurs naturelles, comme il vous plaira, les animaux, les oiseaux et les feuillages.
CAl'UT XXVI.
De petula stagni.
Stagnum purissimum attenuabis diligenter super incude (incudem) malleo, quantas et quaru tenues partes volueris. Et cumaliquantulum attenuari cœperint, purgabis eas in una parte panno laneo et carbonibus siccis minutissime tritis,acitcrumpercuties malleo, rursumque fricabis panno et carbonibus, sicque singulis vicibus faciès, donec omnino attenuaveris. Poslluec fricabis cas leniter dente apri super ligneam tabulamaequalem, usquequo lucidœ fiant.
D.'inde conjunges easdem partes unam ad alteram super ïpsam tabulam, et adhœrebis eas singulas ad lignum cum cera, ne possint moveri, et superlinies eas manu tua ex supradicto glutine vernition, atque siccabis ad soiem. Postmodum accipe virgas ligni putiidi, quas cum Aprili incideris, findes per médium et siccabis super fumum. Dehinc auferes exteriorem corticem, et interiorem, qui est croceus, rades in patella muuda, addens ei crocum ad quintam partem; et nerfunde ha?c vino veteri sive cervisia abundanter, et cum ila per noctem steterit, in crastinum calefacies super ignem donec liquéfiât (1); sicque impones tabulas stagneas singulatim, et fréquenter elevabis, donec considères quod aureolum colorem sufficienter trahant. Postque rursum adhœrebis eas ligneœ tabulée superliniens gluten sicut prius, et cum siccatœ fuerint, jam habes stagneas petulas, quas impones operi tuo secundum libitum glutine corii. Ac deinceps accipe colores quos imj)Onere volueris, terens eos diligenter oleo uni sine aqua, et fac mixturas vultuum ac veslimentorum sicut superius aqua feceras, et bestias siveaves aut folia variabis suiscoloribus, prout libuerit.
r.APtT xxvii.
De coloribus oieo et gummi terendis.
Omnia gênera colorum eodem génère olei teri et poni possunt in opère ligneo, in his tanlum rébus quœ sole siccari possunt, quia quotiescunque unum colorem imposueris, alleruui ei superponerc non potes, nisi prior exsiccctur,quod imaginibus(2)diuturnum ac tà'iliosum est nimis. Si autem volueris opus tiiLim festinare, sume gummi, quod exit de arbore ceraso sive pruno, et concidens illud miuulalim pone in vas lictile, et aquam abundanter inl'unde, et pone ad solem, sive super carbones in hieme, donec liquéfiât gummi, et ligno rotundo commisce. Deinde cola per pannum, et inde tere colores et impone. Omnes colores et mixturœ eorum hoc gummi teri et poni possunt, prœler minium et cerosam
(\) Tcpeflal, in cœterii Codicibu».