PROLOGUE DU LIVRE SECOND
Dans le livre précédent, très-cher frère, guidé par le sentiment d'une affection sincère , je me suis efforcé de vous prouver combien il était honorable et parfait d'éviter l'oisiveté et de dompter la paresse et l'indolence ; combien il est doux et agréable do se livrer à l'exercice des arts miles, selon ce mot d'un auteur :
^ « Savoir quelque chose est digne d'éloges; c'est une faute de ne vouloir rien apprendre. » Que personne ne tarde à imiter celui dont Salomon a dit : qui augmente sa science, augmente son travail, parce que quiconque y réfléchira attentivement, reconnaîtra proœptement quels avantages il en résulte pour l'esprit et pour le corps.
Il est évident, en elfet, que celui qui s'adonne à l'oisiveté et à la légèreté, s'abandonne bien vite à des faoles vaines, à des futilités, à la curiosité, à la boisson, à l'ivrognerie, aux rixes, aux violences, à l'homicide, à la luxure, au vol, au sacrilège , aux parjures et à d'autres crimes quo Dieu a en horreur. Dieu se plaît à regarder l'homme humble et pacifique, travaillant en silence , au nôin du Seigneur, et obéissant auprécepte de l'apôtre saint Paul : Mais qu'il travaille plutôt de ses mains, ce qui est convenable, afin qu'il ait de quoi soulager la misère de celui qui souffre. ' .
Désirant suivre ce précepte, je me suis approché du séjour de la sainte Sagesse, et je contemple son sanctuaire orné de couleurs variées à l'inlini, et présentant la nature et l'utilité particulière de chaque objet. Dès que j'y suis entré, en silence, j'ai rempli mon cœur et ma mémoire de toutes ces choses; je les ai examinées l'une après l'autre avec une vive attention, et après m'en être rendu compte avec mes yeux et mes mains, je les ai exposées à votre étude, aussi clairement qu'il m'a été possible et sans jalousie. Mais comme l'usage de cette peinture ne peut se découvrir au premier coup d'œil, je me suis efforcé de connaître, comme un explorateur curieux, par tous les moyens, quel artifice ingénieux la
par quel artifice ingénieux la variété des couleurs fa.sait 1 ornement d'un travail sans repousser la lumière du jour et les rayons dusoled. En m'appliquent à cet exercice, je fais connaître la nature du verre, et je montre que cet effet est obtenu par l'emploi et la variété du verre seul. Cet art, tel que je l'ai appris par mes observations et mes souvenirs, je me suis efforcé de le proposer à votre élude d'une manière approfondie*
(I) Agi,r, C,od. Lipah'tiiis,
811) TRADUCTION