‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 43 sur 276 · CAR · texte numérisé non relu

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noms propres des antres substantifs. Pour les familles romaines, le nom de la tribu à laquelle elles appartenaient se trouve exprimé, mais le mot tribu esl toujours sousentendu. Pour les dates, elles sont déduites de l'indication que fournit l'année du règne de l'empereur sous lequel le monument a été élevé, ou (lu nombre des tribunitics de l'empereur, qui correspond toujours au nombre des années qu'il a passées sur le trône. Les consulats ne donnent pas un renseignement toujours précis, car un empereur pouvait n'avoir été consul que quelquefois seulement pendant un long espace de temps. Enfin, nous ferons une dernière remarque : c'est que les titres des empereurs sont très-nombreux, et qu'il était d'usage qu'on appliquât a chacun de ces princes, après sa mort, l'épithètè de divus. On trouve dans les traités de Diplomatique, dans V Art <lc vérifier les dates, dans les chronologies, l'indication des années auxquelles correspondent les tribunats et les consulat» . que fourniront les suscriptions.

GALONS. — Il n'y a aucune différence caractéristique entre les galons et les bandelettes. Voij. Bandelette. Les galons sont ordinairement ornés de perles, et comme les bandelettes ils forment des entrelacs trèsélégants.

GANTS. Les gants portés, dans les cérémonies de l'Eglise, par les évoques et les autres dignitaires ecclésiastiques, étaient autrefois brodés en or et en argent, avec beaucoup de magnificence. Nous ne parlons ici que des temps passés, car nous ne quittons jamais le point de vue archéologique pour tous les objets à l'usage de l'Eglise et consacrés par la liturgie. On en voit de beaux: et curieux spécimens aux mains des statues couchées sur des tombeaux. Il en est de même pour les vitraux peints, les pierres tombales, les cuivres funéraires et les manuscrits à miniatures. Les gants du vénérable évoque Wykeham, de soie rouge, avec le monogramme de Dieu en or, sont gardés à New -Collège, Oxford.

Catalani, dans ses Explications du Pontifical romain, dit que primitivement les gants n'étaient pas portés seulement par les évoques, mais encore par les prêtres. 11 est difficile de savoir, selon Le même auteur, de quelle matière étaient dans le principe les gants portés par les évoques. Bruno, évêque de Segni, dit qu'ds étaient en lin et blancs, pour marquer la pureté et l'innocence. Bzovius rapporte que les gants avec lesquels Boniface VI11 fut enterré , étaient blancs, élégamment travaillés à l'aiguille, avec une riche bordure garnie (fis perles. Durand, évêque de Mende, écrivait, dans son Bationale âivinorum officiorum, que les gants devaient être blancs, et il ajoute la remarque suivante : « Pcr ipsasvero chirotecas albas, cas.titas et munditia denotatur, ut manus, id esl operationes sint mundœ, et ab omni solde inmiuncs. » Le Monasticon Anglicanum nous apprend que les gants étaient fré quemment garnis de pierrôs précieuses.

Cette signification symbolique des gants e^t confirmée par plusieurs passages des anciens livres liturgiques. Dans un missel dîllyrie, que l'on croit être du xr siècle, on voit qui; l'évoque, en prenant ses gants avant la messe, doit réciter la prière suivante: Creator loti us créatures a ignare me indignum famulum tuum indumentis justitiœ et lœtiliœ induere, ut puris manibus ante conspeetum tuum assislere merear. L'Ordo ro)nanus, en parlant de la consécration d'un évêque, dit que le nouvel évêque, au moment où il prend les gants, doit réciter la prière qui suit : lmmensam clcmentiam tuam rogamus, omnipotens et piissime Dcus, ut matins istius fumuli lui palris nostri, sicut exlerius obilucuntur manicis istis, sic interius purgenlur lore tuœ benedictionis. Dans un autre missel on lit cette prière : Digna manus nostras Christi cuslodia servit, ut tractare queant nostrœ monuments salulis.

Dans l'inventaire de l'ancienne cathédrale de Saint-Paul, à Londres, il est fait mention de gants ornés de pierreries, et il est question, en particulier, d'une paire de gants enrichis de plaques d'argent doré et'du pierres précieuses. Nous trouvons les mêmes renseignements dans l'inventaire de la cathédrale de Cantorbéry : Cirotccœ H. de Winchclcse cum perlis et gemmis in plata quudrata. — Item, par unum cum lasselis argeutels et parvis lapidibus. — Item, quatuor paria cum lasselis argenleis. — Item, par unum de lino, cum tassciis et perlis. (llist. de la cath. de Cantorbéry, parDart, append. X1I1.)

Cl. do Vert dit, dans son ouvrage sur les cérémonies, que le grand chantre de Saint- Gatien de Tours a coutume de porter des gants semblables à ceux des évêques, afin de tenir le bâton cantoral. La coutume mentionnée par dom Cl. de Vert subsiste do nos jours.

GARGOUILLES. — Dans les dispositions architecturales imprimées chez nous aux grandes constructions, à partir surtout du xiiic siècle, la dimension et l'escarpement des combles nécessitaient de larges déversoirs, combinés de telle sorte que la projection des eaux pluviales n'altérât pas les fondations et n'atteignit pas les passants habitués, en temps de pluie, à côtoyer les devantures en surplomb et les avant-soliers qui constituaient les façades en pignon de nos anciennes villes. La recherche du goût de ce temps exigeait aussi que chaque membre d'architecture eût un caractère ouvragé qui rompit l'uniformité des lignes, comme faisaient, pour ces combles mêmes, les crêtes, les lucarnes dentelées et à tympans, et les balustrades formant galerie. Les ouvriers d'entailleure ou ^ïcs menues œuvres, que ces travaux secondaires concernaient, trouvèrent naturel de .lonner à ces dégorgeoirs en saillie, lancés par milliers dans l'espace, la forme de dragons-volants ou autres animaux chimériques, variés suivant l'inspiration à laquelle leur ciseau obéissait toujours. De là les noms de gargouilles, de tarasques, tirés des légendes de Rouen et de Tarascon, et

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