‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 56 sur 276 · Ï\KC · texte numérisé non relu

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cette variété de haches à an de ces ciseaux de fer dont se servent aujourd'hui les sculpteurs pour dégrossir la pierre ouïe marbre. Le troisième type, dont nous esquisserons aisément la forme, mais dont la bizarrerie n i mgtemps exercé la patience des antiquaires r t l'exercera longtemps encore, sans doute, 53 montre plus fréquemment que les deux premiers. La tige centrale est solide, et les bords en sont relevés d'un bourrelet qui commence au milieu et descend en mourant vers les deux extrémités. Ce bourrelet Offre parfois une saillie considérable , et quelques suppositions que l'on établisse, il u est pas facile d'en déterminer l'usage. On voit des haches de cette dernière espèce se terminer par deux tranchants de même largeur; la plupart cependant ont une extrémité plus étroite que l'autre.

Rappelons maintenant îes diverses opinions émises sur la destination de ces sortes d'instruments, et les objections qui ont été opposées aux usages présumés par les antiquaires. L'Encyclopédie a résumé parfaitement les recherches faites à ce sujet, et Mongez, l'auteur de l'article, a proposé une nouvelle solution que nous indiquerons, mais qui n'est pas plus décisive que celles qui l'ont précédée et qui l'ont suivie.

Quelques auteurs ont prétendu que ces instruments devaient être regardés comme des pointes de flèche, ou comme des fers de lance; ils n'en ont cependant nullement la forme, et leur emploi eût été, de cette façon, difficile, pour ne pas dire impossible. D'autres y ont vu des têtes de catapultes ; mais, à bien considérer nos bronzes celtiques, on comprendra aisément que de semblables tètes eussent ét5 par trop inoffensives. D'autres ont avancéque c'étaient des instruments de sacrifice chez les Romains, sans faire attention que nous connaissons assez exactement, par les monuments figurés, les instruments de cette nature chez les Romains et chez les Grecs; jamais on n'a remarqué entre les uns et les autres le moindre trait de ressemblance.

On a dit encore que c'étaient des ciseaux ou des coins, servant à tailler et à polir les pierres dont on construisait les murs d'un camp. Qui croira que les soldats en présence de l'ennemi, cherchant un abri passager contre des attaques imprévues, se seront amusés à taille:- et à polir des pierres? Quelles opinions n'ont pas été avancées dans cette matière? Les uns ont voulu y reconnaître des haches d'armes, des coins, qui, enfoncés entre les joints des pierres d'un rempart, aidaient à l'escalader; des dents de roue pour bander les balistes. D'autres, et parmi eux M. deGe:isane,dans son Traité de la fonte des mines, pensent qu'ils servaient ii fixer le travail des mineurs, et qu'on les enfonçait à ce dessein dans le toit ou dans les parois des filons.

Après les opinions militaires et industrielles sont arrivées les explications agronomiques. Si quelques personnes ont reconnu là des outils de menuiserie ou de

charronnage, d'autres, en bien plus grand nombre, ont regardé ces instruments commo des dents de herse, comme une sorte de bêche ayant servi à enlever les terres qui s'attachent au soc de la charrue en labourant. Quelles suppositions n'a-t-on pas imaginées? Ce sont des armes de guerre, et uniquement des armes offensives, a-t-on crié bien haut. Ce sont des instruments de cuisine et uniquement affectés aux besoins domestiques, ont répondu les autres avec la même chaleur. Vous avez tort, tous sans exception, ont dit les auteurs de l'Encyclopédie; écoutez: Les soldats portaient un certain nombre de ces coins de bronze pendus à leur ceinture par l'anse ou l'anneau que l'on voit à tous; ils y enfonçaient les piquets de bois destinés à retenir les cordes des tentes ; ces coins de métal n'étaient ajoutés aux piquets de bois que pour faciliter leur entrée dans les terrains durs et pierreux.

M. Mangon de la Lande, dans un mémoire publié dans les Annales de la Société' des antiquaires de l'Ouest, est l'auteur d'une nouvelle théorie. Il suppose ces coins de bronze adaptés à un long manche de bois, et les fait agir, tantôt comme marteau, tantôt comme hache, pour couper et travailler le bois. 11 y voit surtout un usage avantageux pour les soldats qui, dans les continuelles vicissitudes de l'emplacement des camps, trouvaient commodément à faire des provisions de bois dans les forêts voisines.

Nous avons exposé toutes ces opinions, quelque singulières, quelque contradictoires qu'elles soient, pour faire sentir combien un pareil sujet est rempli d'incertitudes. On se persuade sans peine, dans cette question comme dans toutes les questions philosophiques soumises à notre examen, que l'inconnu peut recevoir mille interprétations contradictoires, et que l'imagination, à défaut de la science, est fertile en expédients. Nous ne chercherons pas à grossir davantage cet exposé, déjà trop long; encore moins tenterons-nous les hasards d'une explication nouvelle. Nous sommes convaincus que, pour les haches de métal, il faut agir comme pour les haches de silex, c'est-à-dire qu'il faut admette une destination multiple. Plusieurs opinions des auteurs touchent peut-être à la vérité; elles sont fausses en ce qu'elles sont trop exclusives. Il ne répugne nullement d'admettre que ces instruments remarquables se changeassent en armes terribles dans les mains du soldat, servissent au sacrifice entre les doigts des druides, et fussent employés à ces usages sans cesse renaissants de la vie privée entre des mains moins nobles.

Nous allons clore cette dissertation sur les haches celtiques par une indication rapide qui la complétera. On a trouvé dans plusieurs localités des moules d'argile, dans lesquels ont été fondus ces instruments. Ce fait est digne d'attention, parce qu'il éclaircit grandement la question d'origine. La plupart des moules étaient eux-mêmes de bronze et composés de deux pièces faciles à sépa-

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rer, semblables â ces moules assez grossiers dont on se sert vulgairement pour couler des instruments de cuisine. On a trouvé de ces sortes de moules en Angleterre, en Al- •magne, sur les bords du Rhin et en France. Dans certaines localités, on amis à découvert des scories, des fourneaux, îles débris de creusets, des portions de bronze et de cuivre, en un mot tous les instruments usités dans les manipulations de cette nature. Nous citerons un seul l'ait; il suffira pour montrer les résultats, qui sont aujourd'hui nombreux, dans celte partie du domaine de la science des antiquités celtiques. Une fonderie a été trouvée, en 1821, dans le département de la Manche, par un cultivateur d'Anneville-en-Saire. M. de Gerville s'empressa de visiter les lieux; il vit, parmi plusieurs objets de différentes formes, une cuiller de fer contenant un culot de bronze du poids d'un kilogramme. Ce métal avait été mis en fusion, et avait pris la forme de la cuiller; le tout était entouré de cendres et de charbon. Ces restes, intéressants pour l'archéologie qui surprenait, pour ainsi dire, le secret delà fabrication sur le fait, étaient accompagnés d'autres fragments qui confirmaient dans la pensée que ce lieu avait été un centre d'opération.

HACHÉES (Moulures). — Les dents de scie, ornement fort commun dans les édifices du xu' siècle, sont quelquefois désignées sous le nom de moulures hachées. Les antiquaires anglais les appellentainsi : Hatched-moulding.

HACHURES. — On appelle hachures des lignes parallèles ou croisées, tracées sur un dessin ou sur une peinture, pour marquer les ombres, ou môme quelquefois pour rendre un fond uni et transparent. Les peintres sur verre ont ordinairement procédé par hachures au xm* et au xive siècle; il en est de même des peintres à fresque. Dans les tableaux les plus anciens qui forment la décoration de nos églises, on voit que les artistes marquaient toujours les ombres de cette manière, et indiquaient ainsi les parties les moins claires, de sorte que ces mômes parties ne perdaient pas leur translucidité et leur légèreté. Cette méthode a été abandonnée au xve siècle, et depuis on y a eu recours fort rarement. C'est donc un bon caractère, qui peut nous aider à reconnaître certains tableaux d'une époque douteuse et servir à les rapporter à l'âge auquel ils appartiennent en réalité.

Nous devons dire ici quelques mots des hachures qui ont été imaginées au siècle dernier, pour désigner les couleurs héraldiques du blason. Ces hachures sont des lignes parallèles, légèrement creusées, et auxquelles on attribue, par convention, une signification héraldique, bien connue de tous ceux <iui s'occupent du blason et de la connaissauce des armoiries. La présence des hachures sur les écussons indique une époque moderne. C'est un signe qui ne trompera pas sur l'âge que l'on doit attribuer à certaines armoiries qui se trouvent placées dans

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