‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 55 sur 276 · II AC · texte numérisé non relu

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jeclion, cependant elle fait honneur h la sagacité du savant professeur de Fribourg.

Elle fournit h la complète solution d'un problème difficile des ternies qui, jusqu'à ce moment, étaient demeurés inconnus. M. de Caumonl (Antiq. mon., tom. Irr, pag. 232), li tordant d'une manière trop abrégée la question d'origine, émet certains faits, que i ous n'avons nulle intention de contester, dont il tire des conséquences peut-être trop générales. 11 a trouvé plusieurs haches de bronze au milieu de débris de poterie ou autres objets de fabrique romaine. Il en conclut que ces instruments pourraient, en partie, être classés parmi les antiquités galloromaines. Celte conclusion n'est pas suffisamment en rapport avec les prémisses. Il y a bien loin de l'usage des haches de bronze, conservé jusque sous la conquête, à l'admission de l'opinion qui tend à les rattacher aux antiquités gallo-romaines. Suivant les conséquences appuyées sur ce que la scienee a pu formuler de plus précis sur cette matière, il faut admettre que les haches ou coins de bronze sont de provenance celtique. Quelle que soit la limite du temps, plus ou moins rapprochée de nous, où ces instruments sont tombés en désuétude, la question d'origine reste toujours la même.

Je ne dois pas ici passer sous silence un fait très-curieux. Il est mentionné par M. Jassens, directeur du musée de Leyden. Il y a quelques années, on découvrit à Nimègue (à la porte dite Heczer-Thor), où jusque-là on n'avait rencontré que des antiquités romaines, une fort belle hache, portant sur l'une des surfaces planes, en Iriplicata, la lettre H, évidemment l'initiale d'une inscription. M. Jassens avait d'abord émis l'opinion que celte inscription était plus récente que la hache, se fondant, entre autres raisons, sur ce que le caractère paraissait celtique, et sur l'absence de rouille précisément à l'endroit de l'inscription. M. Jassens continue ses observations en ces termes : « Mais, tout considéré, le déficit de l'inscription me semble militer pour une ancienneté reculée, contemporaine de la fonte de l'arme ; de môme l'absence de la rouille, résultat probable du frottement, de l'usage; de même encore le caractère paléographique de la lettre, puisque le punclum diacriticum en partagera hauteur. Ce qui me confirme dans ma nouvelle manière de voir et me fait attribuer à cette hache une origine antico-italienne, ce sont les cinq haches d'Herculanum possédées par de Caylus; ce sont les douze haches que conserve le musée de Leyde, provenant de la collection du prince Corazzi, à Crotone, laquelle ne comprenait que des objets étrusques et romains.» Ce nouveau sentiment de M. Jassens, joint à celui du savant professeur Schreiber, nous fait connaître, d'une manière assez juste, à quel degré en est arrivée sur ce point l'érudition germanique. Il est impossible d'attacher une grande importance à l'opinion de M. Jassens, parce que les éléments sur lesquels elle s'appuie sont trop isolés et trop peu authenti- Dictionn. d'Archéologie sachée. II.

ques. Lui-même, d'ailleurs, ne paraît pas regarder son interprétation comme décisive, puisque, à la fin de sa note, il ajoute les pa rôles suivantes: « J'incline de plus en plus vers le système de M. Schreiber, mais je n'oserais mettre en doute que ces haches ne so rencontrent dans la basse et moyenne Italie. A la vérité, ni moi, ni feu mon ami le docteur Abeken, n'avons réussi à en découvrir dans ce territoire; mais le docteur Rrown afiirme en avoir vu à Home. En tous cas, elles y sont fort rares. Mais ici se présente une explication plausible, elles auront été perdues par ces hordes gauloises sillonnant l'Italie, à diverses reprises, de part en part.» Ces dernières phrases de M. Jassens ramènent la question aux principes savamment soutenus par le docte professeur de Frieburg. A l'exception de quelques faits excessivement rares, tels que la nache de Nimègue, il ne saurait y avoir maintenant de difficulté sérieuse sur l'origine des haches de bronze; ce sont des instruments celtiques. Nous serons heureux si, du rapprorhement des opinions des principaux archéologues, nous sommes arrivés à jeter des lumières suffisantes sur ce fait intéressant. La question d'origine, dans les matières de cette nature, est toujours de première importance ; quand on est parvenu à la résoudre, les autres questions viennent aisément se grouper tout autour.

Avant d'aborder l'exposé des principaux sentiments émis sur la destination des haches ou coins en bronze, nous indiquerons les types les plus remarquables sous lesquels se présentent à notre examen ces instruments antiques. Nous en distinguons trois, mieux caractérisés, auxquels des variétés nombreuses viennent se rapporter.

Le premier type nous montre un grand nombre d'instruments dont le corps, plus ou moins allongé, est prismatique et terminé par un tranchant arrondi. La ligue qui limite le coupant est souvent elliptique, quelquefois elle est semi-circulaire. 11 y a ici de telles variétés, que l'on passe, par une série d'intermédiaires, de la forme de la hache à celle de la lame et du ciseau. Ces instruments sont creux intérieurement et présentent une tige centrale diversement façonnée.

La tige est d'abord arrondie à l'extrémité supérieure , puis elle devient hexagone à partir du crochet latéral. Ce qui constitue le caractère distinctif du premier type des hachettes de bronze, c'est la présence d'un anneau ou anse, servant sans doute à suspendre l'instrument, ou à le fixer solidement a une hampe.

Le second type offre encore une tige creusée intérieurement, mais la boucle latérale, manque constamment. Cette forme, moins répandue que la précédente, présente dans sa fabrication des précautions non moins grandes. Les flancs coupés à angles, et s'en allant en décroissant jusqu'à la ligne du tranchant, sont à vivo arête et symétriquement taillés. Si le corps n'était pas creusé à l'intérieur, nous comparerions volontiers

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