‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 60 sur 276 · ROND-POINT · texte numérisé non relu

ROND-POINT

On se sert encore de celte expression en parlant des arcs, des voûtes en berceau, des ( mires qui les forment , quand les voûtes ont leur plein cintre et font un parfait demieerclc.

HENNIN. — Le hennin est une espèce de bonnet à deux cornes très-élevées, dont se servaient les femmes au xnr el au xiv1' siècle, pour se couvrir et s'orner la tète. Il y en a de magnifiques exemples aux vitraux de la cathédrale de Tours, dans la galerie du transsept septentrional. Quelques auteurs pensent que cette coiffure est moins ancienne et qu'elle a été mise à la mode en France par Isabeau de Ravière , femme de Charles VI. Les prédicateurs parlèrent fortement du haut de la chaire contre cette mode ridicule et extravagante. Ils réussirent seulement à faire déserter leurs sermons. Un religieux carme prêchait avec plus de vivacité que les autres: il ne fut pas plus heureux. « Après son départ, dit Paradin, les femmes relevèrent leurs cornes, et firent comme les limaçons, lesquels, quand ils entendent quelque bruit, retirent et resserrent tout bellement leurs

cornes ; ensuite, le bruit passé, ils les relèvent plus grandes que devant : ainsi firent les dames ; car les hennins ne furent jamais plus grands, plus pompeux et plus superbes qu'après le départ du carme. »

HÉRALDIQUE (A ht ou Science). — La science héraldique traite du blason et des anciens tournois des chevaliers. Voy. Rlason. V. surtout le Dictionnaire d'Héraldique publié par M. l'abbé Migne dans son Encyclopédie. HERSE. — Espèce de charpente ou de construction en bois fort compliquée, hérissée de pointes très-nombreuses , destinées à supporter des cierges, des armoiries et des chiffres ou monogrammes. La herse servait à recouvrir le cercueil ou le cénotaphe dans les cérémonies funèbres. Au nombre des cérémonies les plus touchantes qui se pratiquaient autrefois à la sépulture des morts, il n'y en avait pas de plus touchante que celle que l'on désignait sous le nom d'obit solennel. Les prières étaient chantées au chœur avec beaucoup de lenteur et de gravité. Le corps du défunt était placé sous une immense herse , ornée de devises héraldiques , d'armoiries, et chargée de lumières ardentes : c'était à la fois un emblème de la résurrection glorieuse et une marque de la haute dignité du personnage dont on faisait les funérailles. Quoique la coutume d'allumer des cierges autour du cercueil des morts suit très - ancienne , il n'est pas probable qu'on ait fait usage de ces herses pompeusement ornées et chargées de mille lumières avant la fin du xive siècle. Jusqu'à présent on n'en connaît pas de vestiges qui indiquent une époque plus reculée; mais, en compensation , nous possédons un grand nombre de descriptions et même de dessins, relatifs aux herses usitées au xve siècle. Dans plusieurs livres d'église renfermant l'office des morts, on trouve la figure de herses plus ou moins considérables et décorées.

Montfaucon, dans son grand ouvrage intitulé Monuments de la monarchie française, a donné une longue description de l'enterrement de la reine Anne deRretagne, morte en 1514. La planche ir' représente le corps de la reine, revêtu de ses habits royaux et couché sur un lit d'apparat , à côté duquel sont des flambeaux allumés; aux cierges sont attachés des écussons armoriés. A la tète , il y a également un écusson , tandis qu'aux pieds du lit, il y a une banquette, avec une croix et un bénitier. La planche ne représente le corps de la reine mis dans le cercueil. La planche me représente le lit d'apparat, avec le cercueil couvert d'un ample drap mortuaire, sur lequel est tracée une grande croix ; on voit sur cette croix la couronne et le sceptre; autour du lit , il y a toujours les mêmes chandeliers et les mêmes écussons que nous avons déjà mentionnés , mais la frange du couronnement est ornée également d'écussons armoriés. La ive planche représente la herse ou la chapelle ardente, dressée dans l'église de Saint-Sauveur de Rlois. La herse, appuyée sur quatre

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piliers, était couverte de velours noir et surmontée de quatre doubles croix. Chaque rroix (.Hait accompagnée de cina cierges, et le nombre entier des cierges allumés était au moins de deux mille. Le cercueil, placé juste au centre , était recouvert d'un drap funéraire orné d'une croix, et on avait mis dessus un crucifix , une couronne et deux sceptres. Plusieurs chandeliers isolés étaient encore placés autour de la herse , avec divers écussons. La planche v< représente le cercueil porté en procession. On y aperçoit le portrait de la reine , surmonté d'un dais d'apparat. La planche vie représente la herse «devée dans l'église de Notre-Dame de Paris. Cette herse était encore plus splendide que celle de Blois. La partie supérieure ou plafond était surmontée de pinacles ou de croix disposées en forme pyramidale , et soutenant environ 3000 cierges. Le plan de la herse était en forme de croix , avec quatre pignons et douze clochetons. L'effigie de la reine était figurée sur le cercueil. Dans toutes ces planches on remarque un grand nombre de moines et de religieux de tout ordre, à genoux autour du catafalque et priant. La planche vu' représente la herse élevée dans l'église abbatiale de Saint-Denis , où la reine fut inhumée. Elle est entièrement semblable à celle de Notre- Dame. La planche vm« représente une herse élevée dans l'église de Nantes , où le cœur de la reine fut transporté solennellement pour y être déposé auprès du tombeau de son père et de sa mère. Il y a quelques particularités dignes d'être remarquées à cette dernière herse : chaque croix est terminée par une bannière , surmontée d'une couronne royale. Sur le tympan de chacun des grands pignons , on voit une hermine , emblème delà reine Anne de Bretagne, avec cette inscription : a ma vie; celte devise signifie que l'hermine est si pure, qu'elle aime mieux mourir que de se souiller. On connaît cette autre légende, qui exprime plus clairement encore la même pensée : Potius raori quant fœdari. Le cœur de la reine, déposé dans un vase d'argent , était placé au milieu de la herse , recouvert d'un voile blanc, avec cinq chandeliers isolés, portant des écussons armoriés.

La richesse des herses funéraires était tellement en rapport avec la position des personnes et la dignité des personnages, que les antiques coutumes d'Angleterre, sous ce rapport, survécurent aux changements opérés sous les règnes d'Edouard VI et de la reine Elisabeth. Ces usages remarquables , fondés sur les pratiques et les croyances catholiques , sont même en vigueur encore de nos jours pour la sépulture des grands personnages.

11 existe aussi des herses fixées à demeure sur la tombe de certains personnages. Elles sont disposées de manière h recevoir le drap mortuaire et plusieurs cierges tout autour. M. Pugin dit, dans son Glossaire des ornements ecclésiastiques , en avoir trouvé deux seulement, qui subsistent présentement. Le

plus connu de ces vieux monuments est la herse dans la chapelle de Bcauchamp (Warwick), qui est formée de tiges rondes de fer, avec le sommet des tiges émaillé; l'autre est en fer travaillé, sur le tombeau des Marmion, dans l'église de Tanfield , près de Hipon, dans le comté d'York. M. Bloxam en a signalé d'autres dans son Glossaire, notamment dans l'église de Bedell , dans le même comté d'York.

HEBSE. — On trouve encore le mot de herse, hercia , dans les anciens inventaires du mobilier des églises et dans les vieux livres liturgiques, pour indiquer une espèce de chandelier garni de pointes nombreuses , en usage dans les églises , non-seulement pour les cérémonies funéraires, mais encore en beaucoup d'autres cérémonies religieuses , notamment pour l'office des ténèbres, durant la semaine sainte. On peut consulter, à ce sujet, le Glossaire de Du Cange, au mot Hercia et Herchia. On lit dans les Constitutions de Lanfranc le passage suivant : Ferla quint a tôt candelœ accendantur ante altari quoi anliphonas et quot responsoria cantare oportet. Finitis tribus orationibus , sedentes psallunt singuli silenter quindecint psalmos ubsque Gloria Patri, cum capitulis et collectif consuetis. Ad Pater noster, prosternant se super formas , et abbate signwn faciente, surgant. Jnter psallendum et ante Nocturnum pulsentur signa sicut in duodecim lectionibus. Pulsatis omnibus signis , inchoet hebdomadarius antiphonam Zelus domus tuœ : cum incipiunt psalmum, pétant veniam super formas, et ad Malutinas et Laudes similiter per singuias antiphonas, et singula responsoria exstinguantur singulœ candelœ. Lectioncs sine Jubé, Domine, vel Tu autem, legantur. Primat très de Lamcntalionibus Jercmiœ sine canlu, et alphabet is jjrœscriptis. In secundo Nocturno de expositione psalmi : Exoudi, Deus, orationem cum deprecor. In tertio de Epistola Pauli Convcniintibus vobis , antiphonœ omnes et versiculi absque finis melodia. In matutinis laudibus cum incipiunt psalmum Laudate Dominum de cœiis , vadani magistri inter infantes , qui et versi sint ad j)riores, sicut et ipsi infantes. Juvcnes vero qui in custodiasunt, mixlim sitil in ordine senior uni. Candelœ exslinguanturintoto monasterio prœter unam, quœ in choro ardeal , quœ etipsacantore incipiente antiphonam'ïvi\dil>v aulcmexstinguatur.Finitaantiphona,curventur super formas sub silentio dicenles, Kyrie eleison, Pater nosler : preces Ego, dixi Domine; psalmum Miserere mei, Deus, solum, sine Gloria Patri; collectam Respice, quaesumus, Domine; signoque facto ab abbate vel priore, surgentes inclinent sicut soient, ante et rétro, , et stet unusquisque in loco suo usqucquo ni'igister infantum Internas accensas in choruvi déferai, et ipsis infantibus tribual ; secrétariat quoque accendat lumen ante alture unde jaunes lalernas suas accendant. (Voy. Chandelier).

11EHSE. — Dans les constructions militaires et les châteaux fortifiés, la herse était une sorte de grille , glissant dans des rai-

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