‹ Dictionnaire d'archéologie sacrée (volume 2)Chapitre 9 sur 276 · EMU · texte numérisé non relu

EMU

SAINT» AVEC LEURS EMBLEMES

S. Maurice, martyr.

F.MB

SOURCES ET MONUMENTS

En guerrier, portant un étendard à la tête de la légion thébéenne.

Etendard orné de sept étoiles.

En guerrier, tenant un bouclier.

S. Médard, évoque.

A genoux, une colombe sur sa tôte.

Trois colombes blanches à côté de lui.

S. Michel, archange.

En guerrier, poursuivant le dragon avec une épée; perçant le dragon avec une longue croix.

Tenant des balances pour le jugement ou le pèsement des âmes.

Ann. de J.-C.

Vitraux a la cathédrale de Tours, d-j Strasbourg, de Lyon, etc.

Vie Attribute.

Armoiries du chap. de la calh. de Tours voûtes de cette église.

Ikonographie.

Monum. français. Peint. Sculpt.

S. Nicolas, évêque.

Trois enfants dans un tonneau.

Sculpture, portail de l'église de N.-D.

la Couture, au Mans. — Vitraux peints, cath. de Tours.

Trois enfants à genoux devant lui.

Trois boursesdans sa main ou sur unlivre. S. Nicolas de Tolentin.

Bâton terminé par une étoile.

Etoile sur sa poitrine ou au-dessus de lui. S. Norbert, év.

Tenant un calice surmonté d'une hostie consacrée dans sa main droite.

Portant un ostensoir ou monstrance avec le saint sacrement.

S. Pancrace, martyr.

Une épée et une pierre dans ses mains.

S. Paterne, évêque.

Serpents autour de lui.

S. Patrice, évêque.

Chassant des reptiles.

Serpents à ses pieds.

Un bûcher et des flammes devant lui.

S. Paul, apôtre.

Appuyé sur une épée ou tenant une épée.

Tenant deux épées.

Une épée et un livre.

.S. Paul, premier ermite.

Corbeau lui apportant un pain.

Partageant son pain avec saint Antoine.

Portant un manteau formé de feuilles de palmier.

S. Paul de Constantinople.

Une étole dans sa main.

S. Perpet, évêque de Tours.

Dirigeant la construction d'une église.

Ste Perpétue, martyre.

Une vache féroce à côté d'elle.

S. Philippe, apôtre.

Une corbeille dans sa main.

Une corbeille remplie de pam.

Tenant deux pains et une croix.

Tenant trois pains dans sa main Une lance et une double croix.

S. Philippe de Néii.

Un rosaire dans sa main.

S. Pierre, apôtre.

Une clef d'or dans sa main.

Ikonographie.

vers 80

Monum. sculptés, à Marsham, a Ringland, à Irstead, à Lessingham, etc.

N. Tuddenham, vitrail peint a une fenêtre du chœur.

Trunch, Hood-Screen.

Nombreux mon. du moyen A go dans

Heures d'Anne de Bretagne.

Vitraux du xiii" siècle, cath. de Tours, de Bourges, etc.

Die Attribute.

Monum. d'Italie.

Liber Chroniearum.

Die Attribute.

Vatican, Fil. Bigioli.

Arbor Pastoralis.

Die Ileiligenbilder.

Christl. Kunstsijmbolik.

Arbor Pastoralis.

Ikonofjraphie.

Die Attribute.

Monum. très-nombreux. — Peintures sur verre, Bourges, Tours, etc.

Primer, 1516.

Panneaux sculptés à Filby.

Arbor Pastoralis.

Catal. sanctorum.

Solitudo.

Ikonographie.

; EMB

SAINTS AVEC LEURS EMBLÈMES

2 clefs d'or

Ann. de J.-C. sources et monuments.

tout l'univers catholique

Une clef d'or et une clef d'argent.

2 clefs et un livre ouvert dans lequel on lit: Statues a Alby, a Irunch, en Angle-

Credo in Dcum Patron omnipotentem. terre, etc.

S. Polycap.pe, év., mart. 166

Bûcher en flammes près de lui. Iconographie.

Sle Pit.chkrie, impér. 453

Tenant un sceptre et un lis.

S. Quentin, mart.

Les mains attachées derrière le dos, longs clous enfoncés dans les épaules.

Une broche.

Heures mss. ; statue à l'église de Saint- Quentin (Vermandois).

Peint ures françaises et flamandes.

Ste Radégonde, reine.

Couronnée; vêtue d'un manteau semé de fleurs de lis.

Couronnée; tenant en main un Sceptre surmonté d'une fleur de lis. Une couronne à ses pieds.

Ste Reine, vierge et mart. ni' siècle.

Un agneau à ses pieds.

S. Rémi, év. 545

Portant les saintes huiles.

Colombe lui apportant le saint chrême.

S. Rieul, év. 130

Des grenouilles devant lui.

S. Roch.

En pèlerin ; pustule pestilentielle sur la jambe, un chien à côté de lui, tenant un pain.

En pèlerin; un chien léchant ses plaies.

S. Romain, év. 639

Dragon ou gargouille à côté de lui.

Conduisant un dragon attaché par le cou avec son étole.

Ste Rosalie, vierge. 1617

Recevant un chapelet de roses de la sainte Vierge Marie.

Couronne de roses blanches sur sa tète.

Ste Rose de Viterbe, vierge. 1261

Roses dans sa main ou dans son tablier.

Poitiers, vitrail dans son église.

Jbid.

Die Atlribute.

Monum. de la cath. de Chartres!.

Arbor Pasloralis.

Christl. Kunstsymbolik.

1327 ou 1348

Tableaux sur verre, sculptures sut bois, Venise, Stalham, Rood-Screen.

Die Heiligenbilder.

Die Altribute.

Vitraux peints de Rouen.

ïigenbilder.

Die Attributc.

Ikonographie.

Die Hei-

Ste Scholastique, vierge. 542

Un crucifix dans sa main: son âme monte au ciel sous la forme d'une colombe.

S. Sébald. vin' siècle.

En pèlerin, et tenant une église dans sa main.

S. Sebastien, mart. 288

Tenant dés flèches à la main.

A genoux et offrant au ciel deux flèches qu'il lient à la main.

S. Sévère de Ravenne, év.

Une colombe sur son épaule.

S. Sévère d'Avranches, év.

Un cheval à côté de lui.

S. Séverin, év. 482

Une église dans sa main.

S. Simon, apôtre.

Un poisson dans sa main Une scie dans sa main.

Liber Chronicarum ; Nuremberg;

Lib. Chronicarum.

Monum. italiens.

vie siècle.

Dit Attribute.

Ikonographie.

Ikonographie.

Ste Suzanne, vierge, mart. 293

Une couronne et une épéc.

Monum. sculptés en Angleterre.

Catal. sanctorum; statue à la cath.

d'Exeter; Heures par J.Quentin, 1522; très-nombreux monum. en France.

Ikonographie.

37 EMF

SAINTS AVEC LEURS EMBI.ÉMKS.

S. Théodore d'Héraclée.

Général romain. — Epée et dragon.

S. Théodore, év.

A cheval, crocodile sous ses pieds.

Ste Tiiéodorik, vierge, mart.

Une pierre dans sa main.

S. Thomas, apôtre.

Appuvé sur une pique ou une lance.

S. Thomas d'Aquin.

Une étoile sur sa poitrine.

Colombe à son oreille.

Colombe sur son épaule.

Un calice et une hostie devant lui.

Ste Ursule, vierge, mart.

Une flèche dans sa main.

Couronnée: une flèche en main.

Une flèche : une bannière blanche.

Avec une croix rouge.

Une colombe à ses pieds.

S. (Ursus) Ours, mart.

Une bannière et une épée.

Ann. de J.~C.

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SOURCES ET MONUMENTS

Die Hciligenbilder.

Monnaies de Montserrat.

Die Attribute.

Très-nombreux monura.

B. Angelico da Fiesole.

Arbor Pastoralis.

Lib. Chronicarum.

llionographic.

v' siècle.

Liber Chronicarum.

Vienne.

Die Attribute.

Die Heiligcnbilder.

Ste Valérie, vierge, mart.

Portant dans ses mains sa tète couronnée.

S. Vexant de Tours.

Lions autour de lui.

S. Victor de Marseille, mart.

Une meule de moulin et une épée.

S. Vincent, diacre mart.

Diacre portant un gril.

EMBRASURE— On appelle embrasure l'élargissement qui se pratique aux portes et aux fenêtres du côté de l'intérieur des appartements. Il sert à donner plus d'ouverture aux fenêtres et aux abat-jour. Voy. Abat-jour, Ebrasement.

EMPATEMENT.— C'est la partie inférieure d'une muraille, et qui lui sert de base ou de soubassement : elle est ordinairement en saillie sur la partie supérieure de la muraille.

EMPATTEMENTS. — Espèce, d'ornement usité dans l'architecture religieuse du moyen Age, destiné a rattacher le tore inférieurde la base d'une colonne au socle qui la soutient. Voy. Base, Appendice. Les empattements ou bases appcndiculécs indiquent presque toujours la seconde moitié du xir siècle ou le commencement du xnr siècle. Ils sont généralement au nombre do quatre, quelquefois au nombre de huit, et placés aux angles. Les formes d'empattements sont assez variées : ce sont ordinairement des feuilles enroulées ou des feuillages étalés avec goût. Rien n'est plus élégant en ce genre que les empattements des colonnes et colonnettes à léglise de Candes, au diocèse de Tours, et à l'antique église abbatiale de Saint-Julien de Tours.

EMPLECTON. — Espèce d'appareil de construction. Voy. Appareil. En construisant leurs murs, lorsqu'ils n'avaient pas une épaisseur trop considérable , les Grecs les élevaient entièrement en pierres de taille ; niais, lorsqu'ils devaient être très-épais, ils

vers 250

vers 500

Vitraux, cath. de Limoges.

Die Attribute.

nie siècle.

lkonographie.

Très-nombreux monuments.

employaient Yemplecton, c'est-à-dire que l'on ne construisait en grosses pierres taillées que les murs extérieurs ou de face ; quant aux pierres destinées à remplir le vide entre les murs de face, on ne les taillait point et on les plaçait dans un bain de mortier. Les Romains employaient aussi Yemplecton dans leurs constructions ; mais ils y mettaient moins de soin que les Grecs.

ENCADREMENT.— Ensemble des moulures qui entourent un médaillon, une rosace, une fenêtre, un panneau sculpté de menuiserie. A l'époque de la Renaissance, les artistes ont sculpté en pierre des encadrements extrêmement ornés; au moyen âge, ils sont ordinairement formés de moulures plus ou moins compliquées, quelquefois de moulures accompagnées de guirlandes de feuillages.

ENCAUSTIQUE (Peinture a l). — Dans son Histoire de la peinture, Em. David donne quelques détails sur la peinture à l'encaustique. Les procédés de l'encaustique au pinceau , dit-il ( pag. 90), vainement cherchés pendant longtemps, sont à peu près connus depuis les expériences intéressantes de Réquéno, et pourront l'être encore mieux, si l'on rapproche les uns des autres les passages des écrivains de l'antiquité, qui s'y rapportent. Dans ce genre de peinture, la cire et les couleurs étaient mêlées à des substances résineuses, que nous trouvons désignées dans les auteurs sous le nom générique de' pharmaca. Kcu'aî Zlvi(^:)yp«fo-j),-/.ripôç,yp'i>uara. fâûftttxeti kvôu : Atque mat trio? ipsœ (pictoris) cera, colores, pharmaca, pigmenta. (Jul. Po!-'

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Jus, Onom., lijb vu, cap. 28, segm. 1-28.) Ces substances étaient de- lasarcocole, du bitume solide, du mastic et de l'encens. (Plin,, lib. xii, cap. 17; lib. xm, cap. 11 ; lib. xiv, cap. 2U; lib. xvi, cap. 12; lib. xxiv, cap. 6; lib. xxxiv, cap. k.) Cauterium in pictorum instnunentis continclur, quo bituminationes et fortiorcs quœtfur conylutinationes coquuntur, maxime in en piciura quœ iy>.Kv<niY.*) appellalur. La cire que ces gommes résineuses tenaient en dissolution formait avec elles le gluten dont la chaux tient lieu dans la fresque. Le mur bien sec recevait d'abord u:îo couche d'huile, ensuite une seconde couche composée de poix grecque, de mastic ou d'autres matières de cette nature. Un réchaud, dont la face antérieure était plate, cauterium, présenté devant la muraille, en fondant de nouveau ces corps résineux, les faisait pénétrer dans le plâtre ou dans le mortier. Sur cette couche était appliquée Y impression , qui était un composé de cire, peut-être de mastic, et d'une matière colorante ordinairement blanche. C'est sur cette impression que l'artiste exécutait son ouvrage, sans le secours du feu, après avoir broyé ses couleurs à l'eau, avec le mélange de résine et de cire, qu'il avait auparavant fait durcir; quand la peinture était achevée, il la recouvrait d'un vernis dont la préparation était malheureusement le secret de chaque maître, mais qui, dans l'usage le plus général, dut être composé de cire vierge, de mastic et peut-être de quelque bitume liquide. Venait ensuite la cautérisation ou le brùlement, qui s'exécutait avec le réchaud employé à la première opération, et de la même manière. La chaleur, en pénétrant le vernis, la peinture qu'il recouvrait, l'impression et la couche préparatoire, jusqu'à faire suer le dehors (ccram apprime cum pariete ca- Irfaciendo sudare cogat), Vitruv. , lib. vu, cap. 9. — ■ Ad sudorcm usque , Pline , lib. xxxin, cap. 7), formait un seul tout de ces matières résineuses : de là le nom d'encaustique, inustion ou brùlement intérieur. On polissait enfin l'ouvrage avec un linge, soit à la chaleur affaiblie du réchaud, soit à celle d'un faisceau de bougie ; la surface acquérait, par cette dernière opération, l'éclat du marbre; et la peinture, garantie par la cire et la résine de l'humidité interne du mur et du contact de l'air, demeurait brillante et ineffaçable. Voy. Peintures des catacombes, Peinture murale.

ENCENSOIR. — LLes encensoirs sont souvent mentionnés dans les saintes Ecritur.es, et nous savons qu'on en faisait usage fréquemment, sous l'ancienne loi, dans le temple de Salomon. Ainsi l'historien Josôphe nous apprend que Salomon fit faire vingt mille encensoirs d'or pour le temple de Jérusalem, qui servaient à offrir les parfums, et cinquante mille autres qui servaient à porter le feu. L'usage de l'encensoir découle naturellement de celui de l'encens que l'on a offert dans les temples dès la plus haute antiquité. La forme primitive de l'encensoir est un vase, d'un? forme plus ou moins élé-

gante, en métal, pour recevoir des charbons ardents sur lesquels l'encens pouvait brûler et répandre ses vapeurs odoriférantes. Lorsqu'on mit un couvercle sur ce vase, on le perça d'un grand nombre de petites ouvertures. Plus tard, enfin, afin de pouvoir balancer le vase, on le suspendit à des chaînes, ainsi que le couvercle. De là, la forme usitée dans nos églises, qui a toujours été la même, quant au fond, et qui a varié seulement par les ornements et les accessoires.

L'usage de l'encensoir dans nos cérémonies sacrées remonte au -berceau même de l'Eglise. Les plus anciens écrivains ecclésiastiques en font mention sous les noms de thymiaterium, thuricremium, incensorium, fumiyatorium. On a quelquefois appelé incensorium, la navette, ou le petit vase ordinairement en forme de petite nacelle, où l'on met l'encens broyé : le nom propre de la navette en latin est acerra. Dans les grandes églises, les encensoirs étaient souvent en or ou en argent. Constantin le Grand offrit à l'église de Saint-Jean de Latran deux encensoirs de l'or le plus pur, pesant 30 livres. Le même empereur donna au baptistère de Latran un encensoir de l'or Je plus pur, pesant 10 livres, orné tout autour de pierres précieuses, au nombre de quarantedeux. Saint Sixte 1!1 donna à la basilique Libérienne un encensoir d'argent pesant 5 livres. Le pape Sergius, en 690, fit faire un grand encensoir d'or, avec des piliers et un couvercle, qui était suspendu devant l'image de saint Pierre ; on y faisait brûler de l'encens en abondance pendant la messe, au jour des principales fêtes. Charlemagne donna au monastère de Charroux trois croix d'or et sept encensoirs également d'or. Vers le même temps, dans le trésor du monastère de Saint-Trudon ou Tron, il y avait sept encensoirs d'argent et deux navettes de même métal. Dans le trésor de l'église deMayenee, selon la chronique de l'évêque Conrad, il y avait dix encensoirs d'argent doré, et un autre d'or qui posait 3 livres ; il y avait aussi onze navettes, dont une était faite d'une pierre d'onyx, ressemblant à un dragon ; le creux pour mettre l'encens était sur le dos de l'animal, et tout autour de l'ouverture il y avait une bande d'argent portant une inscription en lettres grecques. Sur la tête du dragon, il y avait une grosse topaze, et deux escarboncles formaient les yeux. Riculfe, évêqued'Elne, en Roussillon, laissa à son église, en 915, deux encensoirs avec leurs chaînes d'argent. Dans le monastère de Centule ou de Saint-Riquier, en Picardie, il y avait, en 830 , quatre encensoirs d'argent avec des ornements en or. (Voy. Evagrius, llist. ecclés., lib. iv, cap. 7.)

Avant de donner la description et l'indication d'encensoirs du moyen âge, qui sont parvenus jusqu'à nous, malgré les perles in nombrables que la religion et l'art ont faites sous ce rapport, nous placerons un curieux extrait delà diversarumartium schedula, i\\x moine Théophile, qui vivait au xn' siècle. On y voit la manière dont les ouvriers-ar-

ENC

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tistes de cette époque se servaient pour fabriquer des encensoirs de matières précieuses.

a Si vous voulez fabriquer au marteau des encensoirs en or, en argent ou en cuivre, d'abord vous purifierez d'après le procédé indiqué ; coulez dans des moules en fer deux, trois, quatre marcs, selon la quantité que vous voulez employer à la partie supérieure de l'encensoir Quand vous aurez développé la hauteur, avant de limiter la largeur, tracez-y des tours, savoir en haut une octogone avec un égal nombre de fenêtres, au-dessous quatre carrées, à chacune desquelles seront adaptées trois colonneltes. et entre elles deux fenêtres allongées: au milieu de celles-ci sur la colonne centrale sera une petite fenêtre ronde. Au-dessous en troisième lieu on fera huit autres tours, c'està-dire, quatre rondes répondant aux carrées supérieures, on y représentera des fleurs, des oiseaux, des animaux ou de petites fenêtres; entre elles quatre carrées en outre plus larges, ornées de bas-reliefs d'anges paraissant s'y reposer avec leurs ailes. Au-dessous, au point où le vase s'arrondit, on exécutera quatre arcs un peu allongés vers le haut ; o*i y placera les quatre évangélistes, soit sous la figure d'anges, soit sous le symbole d'animaux : entre ces arcs, sur le bord même de la rondeur, seront quatre têtes fondues de lious ou d'hommes, à travers lesquelles passeront les chaînes. Ces chose3 disposées au moyen des outils et des marteaux, en dedans et en dehors, on les battra jusqu'à ce qu'elles soient entièrement formées; on les limera, on les raclera, on Jes fouillera avec les fers à creuser : c'est la partie supérieure de l'encensoir; on battra la partie inférieure et son pied; on y fera quatre arcs qui répondent à ceux du 'haut, et dans lesquels seront assis les quatre fleuves du paradis sous la forme humaine, avec leurs urnes, d'où semblera se répandre une eau ruisselante. Dans les angles où s'unissent les cercles, seront attachées les tètes de lions ou les figures d'hommes dont nous venons de parler, de manière qu'à la partie inférieure adhèrent les figures dans lesquelles seront fixées les chaînes et à la partie supérieure les crinières ou les chevelures par où passeront ces chaînes. Si le pied ne peut être battu avec la partie inférieure, on le fera à part, soit au marteau, soit au moule; on le posera avec la soudure mêlée d'argent et de cuivre, que nous avons indiquée. Le lis auquel on doit adapter l'anneau et attacher les chaînes au-dessus, se fera semblablernent au marteau ou au moule; on l'ornera de fleurs, de petits oiseaux, d'animaux, suivant le genre de ce qui est audessous. » (Diversarum arlium schedula, lib. ut, cap. 59.)

Suivant quelques auteurs, l'Eglise grecque aurait devancé l'Eglise latine dans l'usage des encensoirs portatifs avec des chaînes. Dans les plus anciennes peintures grec- Dir.TfDNN. n'AncnÉoi-ociF. sacrée. II.

ques-byzantines, les prêtres sont toujours représentés tenant de la main droite un encensoir avec des chaînes, et le livre des Evangiles. Cette opinion ne nous paraît pas en tout conforme aux documents historiques. Les faits que nous avons mentionnés plus haut semblent la démentir ou du moins en atténuer le sens absolu.

L'encensoir à chaînes se voit souvent dans le tympan des portes des églises bâties en style romano-byzantin, au xne siècle. On y remarque Nutre-Seigneur vêtu du péplum et tenant d'une main le livre des Evangiles : il lève ordinairement la main droite dans l'attitude du pontife qui donne la bénédiction. Quand la figure de Jésus-Christ n'est pas entourée des figures symboliques des quatre évangélistes, il arrive ordinairement que deux anges placés de chaque côté tiennent des encensoirs en main. On en voit également dans beaucoup d'autres sujets du xir et du xme siècle. M. Didron a publié, dans les Annales archéologiques, un charmant modèle de ce genre, copié sur les sculptures de la cathédrale de Chartres.

Tous les encensoirs sculptés dans les basreliefs de cette époque présentent une forme globulaire, et dans leur couronnement ou couvercle, l'image de petits toits et de tourelles dont les fenêtres à jour facilitaient la sortie de la fumée. 11 en existe un, dans cetteforme, et remontant à la fin duxir siècle, ou au commencement du xme , dans la sacristie de la cathédrale de Trêves. Le dessin et la description en ont été publiés dans le Bulletin monumental dirigé par M. de Caumont, tom. IV, pag. 158 et suiv. En voici la description donnée par M. l'abbé Dupré ; « La partie supérieure de cet encensoir est un dôme octogonal, autour duquel règne une ceinture de tours fortifiées; au-dessous sont quatre grandes façades angulaires, qui se coupent à angle droit par le sommet : et dans les angles rentrants de cette façade surgissent quatre grosses tours qui dissimulent très-adroitement le grand espace vide qui y serait resté, et forment comme la base solide du système des fortifications qu'elles complètent.

« Sur le centre des quatre grandes faces principales se détachent autant d'hémisphères correspondants, qui donnent une tournure plus gracieuse et plus elliptique à l'ensemble de l'encensoir. C'est surtout dans les dessins qui ornent ces hémisphères que se révèle le goût byzantin. Sur deux côtés, ce sont des animaux fantastiques, et sur les deux autres, des figures de renard entrelacées dans des cercles garnis de fleurons, et semblant jouer ou se défier mutuellement. Et comme les interstices de ces dessins bizarres sont en creux, les reliefs n'en sont que plus nets et mieux accusés. C'est par ces espaces vides et par les fenêtres cintrées du couronnement supérieur que s'échappait la fumée. Divers petits ornements en saillie tendent à racheter la fuite, trop brusque des bords les plus éloignés de la largeur, vers le point d "jonction avec le pied de l'encensoir. Ce

,:3 enc.

pied, en argent, comme tout le reste, ost légèrement gravé en dessus, et porte intérieurement une assez forte masse de plomb, probablement pour faciliter le balancement de l'encensoir dans les mains du thuriféraire. » ...

Le dessin d'un encensoir plus ancien encore que celui de Trêves a été publié dans les Annale» archéologiques, tom. IV, pag. 3(.W. Cet encensoir est en cuivre, à trois chaînes et a trois compartiments, comme Innocent UI et Guillaume Durand semblent les préférer pour une raison mystique des plus profondes; car ils y voient le symbole de l'union du corps, de l âme et de la divinité dans Jésus-Cbrist. Nam sicut in thuribtUo pars super ior et inferior tribus catenulis uniuntur, xta très in Cliristo sunt uniones quibus divinilas et humanitas conjunguntur. Unio carnis ad animam, unio divinitatis ad camem, et unio divinitatis ad animam. Quidam autem quartam unionem assignant, videlicet deitatis ad compositum ex anima simul et came; nam quœdam thuribula quatuor habent catenulas. (Innoc 111. De sacro altaris mysterio, lib. h, cap. 17.) L'ornementation végétale et animale de cet encensoir rappelle exactement celle des chapiteaux de nos églises élevées à la fin du xne siècle ou au commencement du xme. Ces oiseaux, ces dragons et ces lions, qui mordent deux à deux les rinceaux où ils s'embarrassent, où ils s'enchevêtrent, se retrouvent à peu près identiques sur les chapiteaux du chœur et du sanctuaire de Saiut-Germain-des-Prés; c'est l'époque où le roman va céder la place au gothique, ou le cintre alterne avec 1 ogive.

Le couvercle est surmonté de trois petits personnages accroupis, regardant un ange assis sur un trône. Ces trois jeunes gens sont les trois Hébreux qui vivaient en captivité à Babylone , avec le prophète Daniel. Leurs noms sont écrits sur la bande de méial où posent leurs pieds. On y lit sans peine : Ananias, Misael, Azamas. L'ange tient à la main gauche un objet circulaire, que l'on retrouve à la main des anges dans le style byzantin, et qui est appelé le sceau de Dieu. Ananias, Misaël et Azarias louent Dieu qui les a délivrés de la flamme et de la mort : Benedicite, Anania, Azaria, Misael , Domino ; laudate et superexaltate eum in sœcula. Quia cruit nos de inferno, et salvos fecit de manu mortis, et liberavit nos de medio ardentis flammœ, et de medio ignis eruit nos. (Dan. m, 88.) Un encensoir que l'on remplit de charbons ardents sur lesquels se consume l'encens, peut être comparé à une fournaise. C'est une idée charmante d'avoir ainsi représenté, comme sortant de cette petite fournaise et délivrés par l'ange de Dieu, les trois jeunes Hébreux de Uabylone. Dans leur cantique, les trois enfants invitent la création entière à louer Dieu. L'encens n'est-il pas le symbole de la prière ?

Les anciens encensoirs peuvent être regardés eomme des pièces d'orfèvrerie sur

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lesquelles l'art s'était exercé à reproduire des ornements gracieux et variés. Ces ornements étaient disposés de manière à laisser passer les nuages odoriférants de l'encens, sans que le goût de la symétrie fût en rien blessé par la distribution des jours et des pleins. On rencontre une grande quantité de modèles d'anciens encensoirs dans les vieux tableaux de l'école flamande et de l'école germanique. Un magnifique encensoir d'argent existe encore à la sacristie de la principale église de Louvain, et l'on s'en sert toujours dans les cérémonies de l'église. Une paire d'encensoirs d'argent fort curieux se trouvaient jadis à la cathédrale de BAle et se trouvent aujourd'hui entre les mains d'un amateur, M. le colonel Theubet. Un encensoir de cuivre du xn* siècle, qui avait été enrichi d'émaux, fut découvert il y a quelques années dans les ruines du château d'Alton : il est maintenant en possession du comte de Sbreswbury. Il nous est impossible de donner ici le catalogue des objets de ce genre qui se trouvent à Paris dans les collections publiques ou privées.

Nous allons finir cet article en donnant les extraits de quelques inventaires de riches églises, empruntés au Monasticon anglicanum de Dugdale.

Cathédrale de Lincoln. — « D'abord une paire de grands encensoirs, argent et or, avec têtes de léopards, avec six fenêtres ; il y manque deux feuilles et un pinacle, et le sommet de trois pinacles, avec quatre chaînes d'argent non doré ; avec un nœud auquel il manque une feuille, ei ayant deux anneaux, un plus grand et un autre plus petit, pesant 88 onces et demi-quart. — Item, une paire d'encensoirs, argent et or, avec huit têtes de léopards sur le vase ou la coupe, et huit sur le couvercle, un nœud ou pomme et deux anneaux, pesant 53 onces et demie. — Item, une paire d'encensoirs, argent et or, avec trois têtes de léopard et une inscription : Soli Deo honor et gloria, avec quatre chaînes d'argent non doré et deux anneaux ; il manque le sommet d'un pinacle, une partie du nœud d'un pinacle et une partie d'une fenêtre ; le tout pesant 36 onces. — Item, deux paires d'encensoirs, argent et or, d'ouvrage ciselé et en bas-relief, avec quatre chaînes d'argent et deux anneaux; ayant six fenêtres et six pinacles; un pesant 39 onces, l'autre 33 onces. — Item, une navette, argent et or, avec deux couvercles, ayant deux têtes; il y manque six pinacles et une fleur; ayant une petite cuiller terminée d'un côté par une croix, pesant avec la cuiller 33 onces et un quart. — Item, deux paires d'encensoirs d'argent, d'ouvrage ciselé en relief, avec six pinacles et six fenêtres, chacun de ces encensoirs ayant quatre chaînes d'argent et deux anneaux. »

Cathédrale d'York. — « Item, deux grands encensoirs d'argent, avec les fenêtres supérieures émaillées, et têtes de léopards pour l'émission de la fumée ; le don de lord Thomas Arundel , archevêque d'York, pesant

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tQ livres C onces et demie. — Item, un nouvel encensoir d'argent doré, avec de petites roses d'argent autour de la coquille supérieure ; le don de M. Etienne Scrope, pesant k livres 8 onces et demie. — Item, deux encensoirs d'argent, de môme forme, avec des fenêtres ouvertes sur la coquille supérieure, et contenant des coupes de fer travaillé; le don des exécuteurs de M. Robert Wildon, jadis trésorier de cette église, pesant k livres et demie. — Item, une navette d'argent pour contenir de l'encens, avec une cuiller d'argent doré, pesant 2 livres et demie. »

Cathédrale de Saint-Paul. — « Deux encensoirs d'argent, entièrement dorés à l'extérieur, avec des ornements gravés et en basrelief, avec des festons pendants et des tourelles, et 16 petites clochettes d'argent suspendues, avec chaînes en argent non doré, pesant onze marcs 20 d. — Item, deux encensoirs d'argent, avec des chaînes en argent massif, ayant des or.nements propres aux églises et des tourelles rondes, et des bandes ornées de dessins gravés pesant 17 marcs et demi. — Item, deux encensoirs d'argent, entièrement doré à l'extérieur, ornés de pommes de pin (pinonato), et des chaînes d'argent, non dorées, pesant 8 marcs et 5 s. — Item, deux encensoirs d'argent, dorés à l'extérieur, avec des chaînes d'argent non dorées, décorés d'ornements en spirale et de pommes de pin (cocleato et pinonato), pesant 5 marcs 9 s. — Une navette d'argent, en partie dorée et ornée de gravures, ayant une tête de dragon à l'extrémité supérieure, avec une cuiller et une petite chaîne d'argent, pesant 30 s. »

ENCORBELLEMENT. —On appelle encorbellement tout objet qui est en saillie sur le •nu d'un mur et qui porte à faux. Dans les monuments du moyen âge on voit un grand nombre de parties bâties en encorbellement. Ces parties sont appuyées sur des consoles ou corbeaux, sur des chapiteaux, des figures, des feuillages ou des moulures, qui vont en diminuant jusqu'au niveau de la surface perpendiculaire de la muraille. On aperçoit fréquemment sur les flancs des églises, aux façades extérieures et même à l'intérieur, des tourelles, des cages d'escalier construites en encorbellement. A la cathédrale de Bourges, les chapelles absidales sont appuyées, à l'extérieur, sur un encorbellement «ardi et très-bien bâti. Dans les châteaux, 'es murs d'enceinte des villes, les portes des abbayes, on voit aussi très-fréquemment des tourelles bâties en encorbellement.

ENDUIT. — Revêtement d'un mur construit en pierres irrégulières, en ciment, en plâtre, en stuc, soit pour lui donner seulement une surface unie, soit pour le préparera recevoir une peinture à fresque, à l'encaustique ou à l'huile. On s'est seryi d'enduits variés aussi bien dans l'architecture antique que dans l'architecture moderne et celle du moyen âge. Il est à noter que dans certains édifices du moyen âge, au xn' et au lin* siècle, on a parfois recouvert d'un enduit les voûtes bâties en petites pierres non

appareillées : on a ensuite figuré les appareils sur cet enduit avec un trait de couleur rougeAtre. 11 y a des voûtes ainsi revêtues d'enduits à l'église abbatiale de Saint-Julien de Tours, commencée en 122i et terminée au milieu duxiir siècle. Il y en a également â la cathédrale de Nevers.

ENDYTIS ou Endothis. — Ces mots signifient couverture d'autel, en latin circitorium. Voy. Couverture d'autel, Chasuble.

ENFAITEMENT. - Morceaux de plomb ou d'autre métal, ou de pierre, qui servent à couvrir le faite des édifices. Il y a des enfaitements évidés à jour et ornés. C'est la même chose que les crêtes. Voy. Crète.

ENFEU. — L'enfeu est à proprement parler un caveau funéraire pour enterrer les morts. De grandes niches, appelées enfeus, se font remarquer dans un grand nombre de chapelles ; elles sont souvent pratiquées dans la partie inférieure du mur de clôture du chœur. Ces niches ou enfeus, quelquefois fort simples, quelquefois remarquables par leur ornementation, étaient préparés pour recevoir des tombes. On voit de ces enfeus qui ont un petit autel , dans le cube duquel est une cavité destinée à servir de sépulcre. Le droit d'enfeu était un droit seigneurial dans certaines provinces de France, avant la révolution de 1790- C'est ainsi que Maurice de Craon fit bâtir dans l'église des Cordeliers d'Angers la chapelle de Saint-Jean- Baptiste, et un enfeu pour la sépulture de ceux de sa maison. Ménage, dans son Histoire de Sablé, fait venir le mot enfeu du latin infodicum (Liv. ix, chap. 3).

ENGAGÉES (Colonnes). — Les colonnes engagées paraissent avoir une partie de leur épaisseur engagée dans une muraille ou dans un pilier. On en trouve beaucoup dans nos églises du moyen âge, depuis le xn' siècle jusqu'à l'époque de la Renaissance. 11 est même à remarquer que les colonnes isolées sont rares dans nos monuments chrétiens ; en sorte que l'on pourrait considérer les colonnes engagées comme un des caractères les plus saillants de l'architecture religieuse. Les anciens, cependant, n'ignoraient pas l'emploi des colonnes engagées dans leurs édifices; mais ils en ont rarement fait usage. Dans les églises, rengagement des colonnes est [dus ou moins considérable: il varie du quart à la moitié de la circonférence. Les colonnes engagées au quart de la circonférence sont plus élégantes que les autres, qui sont lourdes, et dont le profil n'est pas assez libre.

ENGRENÉ. — Les claveaux engrenés sont ceux qui sont taillés de manière à s'emboîter les uns dans les autres, au moyen d'angles saillants et rentrants. Voy. Claveau.

ENROULEMENT. — Les enroulements sont des ornements diversifiés à l'infini qui s'enroulent ou se contournent en forme de spirale ou de volute. On appelle encore du même nom les ornements en S tracés sur les côtés des modillons ou des consoles, ainsi que les grands rinceaux contournés, qui sont si multipliés dans les arabesques. L'architecture romano-bvzantine a fait un grand usage

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des enroulements dans l'ornementation des édifices: on en connaît beaucoup de modules

différents qui se trouvent sur 1rs chapiteaux, le fût et la base des colonnes. On retrouve également dos enroulements dans l'ornementation des monuments du style ogival. Dans les vitraux peints et dans les grisailles du xiir siècle, on remarque aussi une grande quantité d'enroulements; il en est de même dans la serrurerie de cette époque. Le plus beau spécimen de cette dernière espèce d'enroulements se trouve aux pentures des portes de la cathédrale de Paris, dont le dessin et la gravure ont été publiés dans la Monographie de Paris. Voy. Arabesques.

L'antiquité faisait usage d'enroulements dans les édifices, sur les frises et sur les frontons; les volutes du chapiteau ionique et celles du chapiteau corinthien peuvent être regardées comme de véritables enroulements. L'art de la Renaissance a fait un emploi fréquent des enroulements : il est difficile d'imaginer une variété de formes plus multipliée et en même temps plus élégante que celle qui a été créée alors. Il y a bien loin de ces formes gracieuses et légères, aux formes lourdes et désagréables qui ont été en vogue, plus tard, dans l'architecture moderne.

ENÏABLÉES (Feuilles). — On désigne sous le nom de feuilles cntablées de larges feuilles plus ou moins épanouies, plus ou moins multipliées, placées sous la saillie de l'entablement, ou plutôt de la corniche, dans les monuments de la période ogivale. Ces feuilles ont un caractère particulier suivant le style d'architecture en vigueur dans les édifices qu'elles sont destinées à décorer. Dès le xnc siècle, on en voit apparaître en plusieurs endroits; mais ce n'est qu'au xme siècle qu'elles se montrent à peu près constamment : elles furent conservées à la môme place et dans la môme intention jusqu'à la décadence du style à ogives. Dans le style ogival primitif, les feuilles entablées se recourbent à leur extrémité en forme de crochets et sont séparées par des feuilles variées, moins saillantes, et communément empruntées au règne végétal de notre pays. Au xiv' siècle ces sortes de feuilles sont largement étalées par bouquets régulièrement espacés. Enfin au xve siècle et au commencement du xvi% il y a sous la corniche supérieure des feuilles à divisions nombreuses , également réunies en bouquets élégants; mais à cette même époque, on voit souvent les feuilles entablées remplacées par des guirlandes légères de feuilles de vigne, de mauve frisée, de vigne vierge ou d'autres plantes prises à la flore indigène et exécutées avec une grande perfection de détails et une grande finesse d'imitation. Il faudrait nommer à peu près tous les monuments du moyen âge de style ogival, si l'on voulait citer des exemples"de feuilles entablées. Nous citerons la cathédrale de Cologne comme l'édifice où elles ont été traitées avec le plus de soin et où on semble leur avoir accordé plus d'importance.

ENTABLEMENT. — L'entablement est

une des parties essentielles de la façade antique, celle qui couronne l'ordre entier. 11 est composé de trois parties, Y architrave, la frise et la corniche. La proportion la plus convenable pour l'entablement est de lui donner le quart do la hauteur des colonnes. L'architrave porte immédiatement sur les colonnes; la frise est la partie intermédiaire, enfin la corniche est la partie supérieure.

Les moulures, les profils, les ornements, les proportions de l'entablement varient selon les divers ordres d'architecture anciens.

L'architrave qui figure la principale poutre, posée horizontalement sur les chapiteaux pour supporter le plancher, est ordinairement formée dans les monuments antiques de longues pierres régnant de l'axe d'une colonne à l'axe de l'autre colonne. Lorsque cette disposition est rendue impossible par le trop petit volume des pierres, ou leur qualité trop peu résistante, l'architrave se construit avec des claveaux ou pierres cunéiformes bien appareillées.

La figure de l'architrave, dans l'ordre toscan, est une simple plate-bande ou face couronnée d'un filet. Au dorique, elle a deux bandes, ainsi qu'au composite, légèrement en saillie l'une sur l'autre. Dans l'ionique et le corinthien, elle en prend trois que couronne un talon. Au corinthien et au composite, ces bandes sont jointes par de petites moulures taillées d'ornements, ainsi que le couronnement; mais les bandes mêmes sont toujours lisses.

La frise qui simule l'épaisseur du plancher est aussi une plate-bande qui peut recevoir des ornements de plusieurs sortes.

Dans l'ordre dorique la frise est divisée par des triglyphes ou faibles saillies quadrangulaires qu'on suppose rappeler les poutres sur lesquelles porte le plancher, et dont l'extrémité est sillonnée par trois rainures ou petits canaux appelés glyphes, à deux biseaux tracés verticalement pour faciliter l'écoulement des eaux. Les triglyphes doivent être à distances égales entre elles, un au droit de chaque colonne, un autre au milieu de l'entre-colonuement (les architectes modernes en mettent deux pour obtenir plus d'écartement). L'espace carré ménagé entre deux triglyphes s'appelle métope. On croit que primitivement il demeurait ouvert. Depuis, on l'a fermé, et souvent décoré de sculptures, surtout d'un écu ou bouclier rond, souvenir de l'ancienne coutume de suspendre les boucliers aux voûtes des temples pendant la paix ; d'autres fois de trophées, de figures et môme de sujets historiés. Les métopes du Parthenon, et probablement de plus d'un autre temple antique, étaient des plaques de marbre travaillées dans l'atelier de l'artiste, et qui se glissaient à leur place, après que l'artiste avait fait son travail, au moyen de coulisses réservéesdans l'épaisseur des triglyphes. La frise corinthienne et composite, que rien n'interrompt, est susceptible de recevoir des figures, des feuillages en guirlandes ou en rinceaux, des

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