‹ Dictionnaire d'archéologie sacréeChapitre 100 sur 195 · CAT 63G · texte numérisé non relu

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en loin quelques lampes suspendues. Les murs des corridors funèbres étaient bordés d'un triple rang de cercueils, placés les uns au-dessus des autres; la lumière lugubre i\Qs> lampes rampant sur les parois des voûtes et se mouvant avec lenteur le long des sépulcres , répandait une mobilité effrayante sur ces objets éternellement immobiles.

« En vain, prêtant une oreille attentive, je cherche à saisir quelques sons pour me diriger à travers un abîme de silence. Je n'entends que le battement de mon cœur dans le repos absolu de ces lieux. »

La description donnée par saint Jérôme des cimetières sacrés est toujours vraie , miilgré l'éloignement des temps. Il est nécessaire cependant d'apporter une restriction à cette assertion. Les barbares qui, à plusieurs époques, se sont répandus dans l'empire romain, comme une inondation dont les îlots étaient irrésistibles, sont venus jusqu'à Ro-me et n'ont point respecté la ville éternelle. Ils n'ont point été arrêtés par la religion des tombeaux , et ils ont vidié les sépultures, brisé los sarcophages, enlevé les ossements des martyrs. I)epuis trois siècles, on a dépouillé la plupart des Catacombes des ornements qui les rendaient si intéressantes au point de vue de l'archéologie chrétienne , pour en f.rmer là Musée sacré du Vatican, comme nous le ferons connaître un peu plus bas. Malgré la triste nudité des lieux, les Catacombes offrent toujours un ensemble propre à émouvoir le cœur du chrétien. Quehjues souterrains n'ont point été désolés par les barbares, ni exploités par la science, ni dépouillés par la piété; c'est dans ceux-là qu'on peut respirer à l'aise le l>arfum de la sainte antiquité ecclésiastique et retrouver les mrinuments intacts laissés ])ar los premiers chrétiens. Quand on a eu le bonheur de pénétrer dans une crypte vierge encore, on peut aisément, par la pensée, reconsîituor les autres parties des cimetières sacrés.

Pour des raisons qu'il serait long et difficile de retrouver et d'exposer, pendant de longs siècles on perdit presque entièrement le souvenir des Catacombes. Chose extraordinaire, ce fut précisément aux siècles du moyen âge oii la foi produisit les plus grandes choses, exécuta des œuvres gigantesques, que l'on s'occupa moins des Catacombes. Il arriva un temps oij l'on avait oublié jusqu'à la trace de la plupart d'entre elles. 11 était réservé à un temps beaucoup moins fervent de rentrer en i ossession des trésors enfouis daiîs les cimetières sacrés : ce n'est pas sans doute sans un secret dessein de la Providence, qui ménage à chaque éiîoque et à ciiaque génération les grâces qui lui conviennent spécialement. Antoine Bosio, au xvii* siècle, après avoir poursuivi durant toute sa vie, à travers mille périls, ses fouilles au" tour de Rome, fit rentrer toutes ces Catacombes ignorées dans le domaine de l'histoire. Depuis que l'attenlion du monde chrétien fut éveillée par los travaux de ce savant antiquaire, on s'cs! o:cuné avec uno

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|ni;a!)'i' persévérance et wn- noble cniulation de cos monuments pr>'ciciix.

On s'arcor.lc gL-néralomcnt h cro'rc que Kome autiefois jiossédait soixante Cat.icombes, dont quarante ont été rendues à la religion et à la science. La plupart sont en dehors de la ville ; quelques-unes seulement sont situées dans l'enceinte.

Avant d'essayer de donner l'énunii^ration des principales Catacombes, nous cédons au plaisir de faire connaître brièvement la crypte do Sainte-Félicité, celle pcut-(jtre dont on peut mieux, discuter la date. Nous empruntons celte description à l'ouvrage de >1. C. Robert, publié dans les Annales de Vunivertité catholique. Cette heureuse mère, sainte Félicité, qui n'a pas cessé juscju'à nos jours d'être ro^bjct d'un culte spécial à Rome, martyrisée sous Antonin, avec ses sef)t enfants, les Machabées romains, fut enterrée avec eux non loin du pont Salaro, dans un caveau qu'Anastase nomme quelquefois la Catacombe des Jor 'ani, et dans lequel le pape Boniface, chassé de Rome, se cacha et construisit un oratoire oii fut son propre tombeau. Ce l>ou était précédé par un petit temple dédié K sainte Félicité, lequel, menaçant ruine, fut restauré par le pape Symmaque, puis par le pape Adrien I", sous le règne duquel l'oratoire ne s'appjlait plus que du r.om de saint Sylvain, un des sept fils de l'héroïque mère. Mais la trace de ces grottes était perdue, quand Bosio, creusant dans une petite villa, près ciel ponte Salaro, y découvrit un escalier comblé , le rouvrit et , y étant descendu , se trouva dans les deux temples de saint Boniface et de sainte Félicité. Le plus ancien, celui de la sainte, bAti en rotonde, précédait le second, qui formait un carré; une seule ouverture au ce..tre de leurs voûtes, circulaire pour le premier, carrée pour le second, les avaient éclairés jadis ; sept arcs en abside, creusés dans le mur pour les sept Gis martyrs, entouraient la chapelle des Machabées chrétiens; l'un de ces arcs avait été plus tard ouvert et taillé en porte pour donner entrée dans le second temple , également creusé sous la terre, et où Bosio trouva encore les restes de l'autel du saint pontife proscrit. Cette dernière crypte a 22 palmes de hauteur sur 23 de largo \'l 37 de long; la précédente est plus petite. De là on descendait encore plus bas dans les labyrinfies funèbres par de petites portes maintenant murées. Telles étaient donc les églises au temps des persécutions 1

Topographie des Catacombes.

Le nondjre des Catacondj 's e.st fort considérable , ainsi que nous l'avons énoncé il y a quelques instants. Nous n'avons pas l'intention de donner une description détaillée de tous les souterrains découvcits par Bosio ou retrouvés depuis : il faut chercher un travail de rette nature d: ns les ouvrages spéciaux. .Mais nous regardons pour nous comme un d'jvoir important de donner

une énumération aussi complète que possible des cimetières sacrés. Le catalogue que nous dressons ne sera pas d'ailleurs une sèche nomenclature : nous aurons soin de la rendre instructif, en l'accompagnant de quelques notes courtes et intéressantes. Afin de mettre plus d'ordr,.' dans ce que nous avons à écrire sur ce sujet , nous commencerons par faire connaître les Catacombes i[iu ont leur ouverture dans l'intérieur de la ville de Rome, nous continuerons en indicjuant celles qui sont situées h l'extérieur. Nous suivrons , dans rénumération de ces dernières, la marche la moins fatigante pour le lecteur, en les nommant suivant le lieu q Telles occu[)ent, soit h l'orient, soit au midi, au Cf.uchant ou au nord.

La législation romaine interdisait sévèrement la sépulture des cadavres humains dans l'intérieur de la cité. Les lois éialdies sur cette matière à l'époque de la publication des lois des douze tables furent constamment respectées. On n'y ht jamais que de très-rares exceptions en faveur dis gran Is hommes qui avaient bien mérité de la République. L'histoire a mentionné les honorables exceptions q :i furent faites en faveur du génie, du talent et des services éminents.

Les chrétiens, autant qu'ils le purent , voulurent donner à leurs martyrs, qui sont les vrais héros du christianisme, les mêmes honneurs et les mêmes privilèges que la société païenne accordait à ses généraux et à sr^s consuls. Ainsi furent inliumées dans l'enceinte sacrée de la ville , sainte Bibiano et sainte Martine, aux lieux mêmes oii s'élèvent maintenant des églises consacrées à Dieu sous leur invocation. Les thermes de Novatus, hls du sénateur Pndens, qui avait accueilli saint Pierre arrivant à Rome, recelaient une crypte dédiée à sainte Priscille. oi'i l'on enterra en secret des martyrs dont la légende élève le nombre h près de trois mille. L'église actuelle de sainte Praxède et de sainte Pudentienne, les deux glorieuses filles de Pudens, célèbres jar leur dévouement et leur martyre, quo'que bitie plus tard sur cette cryple, oil're encore une chaj elle dite du Bon-Pasteur, encaissée sous le sol, que l'i n présume avoir été remjdacement de la chambre occupée par le prince des apôtres. On y montre même la fontaine dans laquelle il baptisait et un petit autel de bois sur lequel une tradition vénérable rapporte que saint Pierre célébra la messe.

Saint Paul, arrivé à Rome, en vertu de l'apiH'l qu'il avait fait au tribunal do César, demeuiait dans la via Lnt i , c'est-à-dire , la grande rue de Rome. C'e>t là, au centre du mouvemerit et des a'faires, qu'il avait voulu se fixer, pour appeler à ses ardentes prédications et les juifs et les gentils. Sous Ja maison ({u'il he.bitiiit s'ouvre une crypte, snr laquelle plus tard un b>itit l'église de Sainte-.Maric in ria Lala.

Aringhi nous apj)rend un fait digne d'attention. A mesure (jue les empereurs abandonnaient de grands édifices ([ui tombaient en ruines, les chrétiens s'en emparaient et

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consacraient des oratoires à Ji^sus-Cliriï.1. .a Providence voulut qu'une des salles des thermes inmienses de DiockHien, bûtis en grande partie des mains de quarante mille martyrs , devînt rorncmcnt actuel de la ville de Rome , grAce au pinceau de Michel-Ange , sous le vocable de Notre-Damcdes Anges. Peu de temps après la mort du plus faiouche des perséculcurs, les tliermes étaient déserts et déjà comme un gigantesque édifice qui penche vers sar.iinc : au milieu des salles aban'ionnées , étaient di'diées à la gloire do l'auguste Trinité des chapelles où l'on se rendait en pèlerinage.

Mais la plus remarquable, la plus historique des Catacombes de l'intérieur de Rome , est celle du pape saint Sylvestre, dans les thermes de Titus, qui portèrent successivement les noms de thermes de Domitien et de Trajan. Ces décombres gigantesques qui couvrent encore de leurs débris la colline de l'Esquiln, étaient , à ce qu'il paraît, l'asile des chrétiens proscrits à l'époque où Cons!aniin vainquit Maxence. Là saint Sylvestre vivait caché , loin des regards des ennemis du nom chrétien , quand le nouvel emi)ereur le fit prier do Ycnir à sa cour et lui annonça que Maxence et le sénat, aux mœurs païennes et intolérantes, étaient vaii eus.

L'oratoire de ce pape, ainsi que l'autel de marbre sur lequel on présume qu'il disait la messe, fut découvert en 1G37, à l'occasion de fouilles qui furent prati({uécs sous le pavé de l'église de Saint-Martin-du- Mont , consacrée à l'honneur du glorieux évoque de Tours, par le pape Symraaque.

La crypte de Saint -Sylvestre présente encore aujourd'hui une fuule de mosaïques extrêmement curieuses : on y trouve des monuments qui attesîent un culte rendu à la sainte Vierge, mère de Dieu. Mais les antiquaires s'accordent à regarder ces peintures comme appartenant seulement au siècle de Constantin. Quoique ces vénérables débris n'appartiennent pas authentiqucment à l'ère des persécutions, ils n'en doivent pas moins compter au nombre de nos anti-

3uités les plus intéressantes. D'ailleurs les erniers souvenirs qui se rattachent à la crypte de Saint-Sylvestre sont chers à tout cœur chrétien : c'est de \k que sortit le pontife dans lequel se personnifiait la religion, pour recevoir les hommages du premier empereur soumis à la foi de Jésus-Christ. Nous ne quittons la crypte de Saint-Sjl- Yestre que pour porter nos regards sur des lieux non moins augustes. A Rome, un des end. oits qui excite la plus vive impression et auquel se rattache le plus haut intérêt, est, sans contredit, le souterrain de la petite ëghse de Saint-Pierre inCarcere, autrefois prison Mamertine, où furent ensemble détonus saint Pierre et saint Paul. Ce cachot, où venaient tristement mourir les rois ca[)tifs après avoir servi à eiïjbellir le triomphe des vainqueurs, tant que subsista la république romaine, est à moitié creusé lians le roc et à moitié construit d'énormes

blocs de jiierre par 1 -s ch(;fs primitifs, Ancus Marlius et Tullus Hostiiius, 11 s'ouvre sur le versant du Capilole qui regarde le Forum, et il communiquait ja lis avec cette place au moyen de l'escalier des Soupirs, dit les Gémonies. On montre encore au pieux pèlerin l'endroit où s'appuyait saint Pierre chargé de chaînes. Dans cette humide retraite, existe une fontaine dont l'eau servit à saint Pierre pour administrer le baptême à quarante-sept chrétiens, et spécialement à ses geôliers, Processus et Martinianus. Ce n'est pas sans émotion que l'on porte à ses lèvres le vase de fer qui sert à puiser de l'eau h cette piscine vénérable. L'eau de cette fontaine a certainement servi à désaltérer lo chef des apôtres et à régénérer dans la grûce plusieurs néophytes. Si cette prison n'était pas consacrée par un culte religieux, elle le serait par le culte des grands souvenirs.

Presque toutes les Catacombes s'ouvrent dans la Campagne romaine. Il est môme admis dans le langage ordinaire, qui n'est pas toujours assez exact, que les Catacoml3es ont leur ouverture uniquement en dehors de la ville. On distingue généralement dans ces grands souterrains comme deux parties bien distinctes : la crypte publique et la crypte secrète. La première se compose d'un petit nombre d'oratoires et de ciibicula, dont les murailles sont remplies de tombeaux. Les souterrains secrets sont presque inabordables : on n'y peut descendre que par d'étroits soupiraux qui se trouvent actuellement au milieu des vignes, et quand on a le courage de se dévouer h une exploration dangereuse, on est obligé de ramper souvent (*ans des corridors où l'on ne saurait se tenir debout, au milieu des inextricables méandres de galeries se dirigeant dans tous les sens. O'iand Rosio descendit pour la première fois dans le cimetière secret de Sainte-Cécile, il fut souvent contraint d'y ramper sur le ventre, comme un serpent, tant les voûtes en sont basses.

Les Romains avaient coutume d'élever leurs monuments funéraires le long des voies les plus fréquentées. Malgré lo ravage des années, on trouve encore les restes admirables d'une foule de tombeaux sur le bord des grandes voies qui se dirigent aux portes de Rome. C'est aussi le long de ces mêmes voies que se trouve l'ouverture des cimetières sacrés. Il n'y a guère que l'ancienne voie Flaminia, au nord-ouest de Rome, actuellement route de Florence et de rOmbrie, en sortant par la porte du Peuple^ qui n'offre presque aucune trace de ces monuments.

Nous sortons de l'enceinte antique de Rome par la voie Salaria, et bientôt nous rencontrons l'ouverture des célèbres cimetières de Sainte-Priscille, de Sainte-Félicité, d'Ostorius et des saints Hermès et Rasilla. Aujourd'hui, tous ces souterrains ne sont pas également curieux : quelques-uns môme sont inabordables. Avec des peines inouïes, l'infatigable IBosio a pu pénétrer dans quelques galeries à demi obstruées

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pcir des éboulcments et par (Ks lorres provenant tics fondations d'édifices supérieurs. Les niartvrologes font très -frérpierament mention des Catacombes de «ainte Priscille, mère du sénateur Pudcns, chez lequel saint Pierre fut logé à Rome ; ils parlent encore fort souvent de plusieurs sanctuaires célèbres établis dans les galeries les jilus spacieuses. Les actes des martyrs et les plus anciens écrits ecclésiastiques nomment spécialement les sanctuaires des papes Marcel, Sslvestre, Célestin. Le saint pontife Marcel est désigné par Anastase le Bibliothécaire, commis ayant contril)ué de ses propres mains à la décoration de sa chapelle souterraine. Nous ne pouvons passer sous silence la vénérable crypte de Saint-Hermès et de Saint- Basilla, à laquelle se rattachent des souvenirs cruels et glorieux tout à la fois : c'est là que fut enseveli saint Chrysanthe, avec la courageuse vierge Darie, qui sut ajouter la rose du martyre à la blanche pureté du lis virginal, pour emprunter à nos livres liturgiques une ex|'ression pleine de gnlce et de poésie. C'est dans ce même endroit que l'empereur Numérien, après avoir fait clore exactement toutes les issues, tit périr une foule de chrétiens.

La Catacombe de Sainte -Priscille peut ôtre considérée comme le tronc de plusieurs autres catacombes , qui en seraient les branches. A mesure que la mort remplissait les anciens caveaux, de nouvelles galeries s'ajoutaient aux vieilles cryptes et venaient s'y relier par d'innombrables ramifications, 11 arriva souvent que les derniers travaux réunirent ensemble des grottes auparavant séparées. Telle fut la Catacombe Ostorienne , sépulture de l'illustre famille Ostorius, dont parlent Tacite et Tertullien, où saint Pierre lui-même, et postérieurement le pape Libérius , ont baptisé de nombreux catéchumènes.

En sortant de Rome par la porte Pie, sur la via Nomentana, on trouve d'abord la Catacombe appelée ad Nympha», puis celles de Sainte-Agnès et de Saint-Nicomède. La première fut aussi nommée aux eaux, parce que, suivant une pieuse tradition, le prince des apôtres y baptisa une foule de chrétiens. La seconde est toujours demeurée l'une des plus curieuses de toute la Rome souterraine. On y a rencontré des dis{)Osilions originales qui prôlent matière à de curieuses inductions. C'est ainsi que dans un des oratoires on a trouvé deux sièges tellement placés et dans des rapports tels, qu'on a été autorisé à croire que Ih s'étaient faites des ordinations.

La voie Tiburtine, chemin de la Sabine, présente à ceux qui descendent du mont \\minal, et qui sortent par la porte de Saint- Laurent, l'ouverture des cryptes de Saint- Laurent et de Saint-Hippolytc. On peut aftirmer, sans craindre de blesser la vérité historique, (pie ces deux Catacombes furent autrefois les plus fréquentées, après celle de Saint-Sébastien, dont nous dirons quelques mots plus bas. La pieuse et courageuse veuve sainte Cyriaque avait une ville

dans le lieu nommé jadis agro Vcruno, où furent transportés durant la nuit les corps san Mants des glorieux martvrs saint Laurent, saint Justin et saint Hippolvte: elle fit creuser elle-même des tombeaux pour y déposer, non loin de sa d. «meure, la dépouille précieuse de cfs génèrent soldats de Jésus-Christ. C'est là que cette vertueuse matrone aimait à passer les jours et les nuits, entourée des pauvres, dont elle com- })osait sa famille, sans cesse occupée aux O'uvres de la charité. Ces Catacombes s'emplirent de reliques nombreuses des plus glorieux athlètes : pendant le cours des persécutions on apporta le corps de nouvelles victimes auprès du sépulcre du saint archidiacre du pape saint Sixte et de l'évèque saint Hippolyte. Les fidèles aimaient à réunir dans un môme lieu les restes vénérés de leurs plus illustres martyrs. Plus tard, après la conversion de Constantin, la piété reconnaissante et libérale des chrétiens couvrit d'or les tombeaux des sa-nls. Une église s'éleva à l'honneur de saint Laurent, au-dessus du cimetière où reposaient ses cendres : cette basilique somptueuse fut nommée Saint - Laurent hors-les-Murs. On y lit encore aujourd'hui gravée sur une pierre une vieille inscription, recueillie et publiée par Aringhi (1). L'antiquité chrétienne s'est plu constamment à orner la sépulture d^s saints do poétiques inscriptions : ce sont les fleuri pleines de parfum qui décorent encore aujourd'hui le lieu de repos de leurs ossements. Les ouvrages des arc!iéologues italiens sont pleins de monuments de ce genre, où respirent un charme et une harmoni»^ grave et douce à la fois. Derrière l'autel principal de la basilique de Saint-Laurent extra tnuros s'ouvre une porte qui conduit dans la Cilacorabe ; mais ce n'est plus guère actuellement qu'une impos inte ruine ; des éboulements en ont rendu l'accès impossible en beaucoup d'endroits et en ont intercepté la communication avec les souttMrains voisins. On présume que la crypte do Saint-Laurent était jointe à celle de*^ Saint - Sébastien par quelques conduits situés sous les vignes du couvent qui porte lo nom (ie ce dernier saint.

Parmi les cryf)tes spéciales que renfermait la grande Catacombe de Saint-Laurent, l'histoire mentionne particulièrement cello de Saint-Hippolyte. Chaque année affluaient, dans les siècles passés, autour de son lombi'au, le jour anniversaire de sa jiassion, d s pèlerins de toutes les cités italiennes, comme le prouve une hymne de Prudence, dans laquelle le poète se plaît h énumérer les cantons les plus éloignés de l'Italie. Saint Hippolyte , à la fois philosophe et grand s igneiir, ami de l'empereur Alexandre Sévère, et auteur d'un cycle pascal, ]e

(1) « H:i>c est aterno (lorcns et grala ju voulus Sanguine qiia' fiiso pulclira Impa-a lulit. \h-Md ut sorcrenl qtia* seniina pulclira fereban't,

lU lacn mis Hontes inunaduere gon:e.

Nuiio de messe suis portantes farra nianiplis, LxUiia redeunt se coiuitaiiie uovu. >

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5011I qni «ut survtVni au m' sioelo, fut do tout îonip."? un des objets favoris de la vénération et d.' la dévotion romaine. Malheureusomont sa crypte, que le hibliotliécaire Anastaso dit avoir été restaurée par le pflpo Adrien I", n"a point été retrouvée jusqu'ici, malgré les persévérantes reclierches des 'gardiens des cimetières sacrés. Puisque nous sommes privés de documents plus précis, nous no'ts faisons un devoir de citer le-^ vers de Prudence, qui en donne une description poétique :

flaiid proml e.rlremi (iil'.a ad ponict io vallo,

.Hcisi lateb ck's cr p' ■■ lilel fov^is. lin usi>t 0 ctdtnii (jmdi lis vin prona r flexis

Ire er nufr eux, l ne luUnie, d )re'. Piimas nauKiu.' fore^ su inr.o len -s i.lra! Iti l'ii,

lltits itiique ri'Vs limi m veni it'i.

Inde, ubi pio ircsna f cili n grescere ;i a e t

A'<).ro''S tiKi, oci pfr pccn^ nmbiiiuinn, Occu ru t cetsii immi n fomniii 1 teclis,

Quœ jucinnl cluro'i anlra super radios.

(Juamlib t a)icipiU's Ixunl Irinc inde rcces.us.

Arda sub unb osis atri 1 10 lidbus.

Allamen excisi subler caia vis.era niouiit

Cribra leiebrato (onii e lux pend al.

Sic datur abstnlis, p'rs bl,'rraueu, so'i»

Cerncre fulgoreni lumiuibnsqu' frui.

{Ihjmnus xi 5. H ppol.)

Outre la crvpt? de Saint-Hippolyte, il y en avait d"autres encore dans la vasle (lata- C!'mbo de Saint-Laurêi.l ; citons ici celle de Saint-Calixte. L'intrépide et habile archéologue Bo»^io descendit en divers corridors de cette immense Catacombe, par dt^s ouvertures béantes au milieu de la Campagne romaine. Malgré ses efforts, il ne découvrit que des galciies peu étendues. Partout, du reste , l'œil était affligé d'un spectacle de ruine et de désolation. Les barb.ires avaient nasse par là et dans leur pieuse avidité avaient violé les sépultures. Dans les parties abord(d)les, Bosio ne rencontra que des tombeaux simples el sans ornement : nule trace de peintures ou d'un système de décoration quelconque. Le zélé anliq mire ouvrit quelques tombes, et il ne fut pas médiocrement surpris en coiitemplant des corps que le temps se nblait av >ir respectés et que la vétusté n'avait [)as encore eut èrcment consumés.

11 n'est aucun homme sensible aux grands souvenirs des premiers siècles du christianisme, qui, descendu dans les Catacombes, n'ait été témoin d'un s|.ectacle saisissant et profondément instructif. Au moment où l'on ouvre une tombe scellée depuis seize ou dix-sept siècles, l'œd avide, en plongeant au fond, aperçoit à l'endroit où gisaient les os

Erinci[)aux, une légère trace de poussière lanchatre ; au lieu où s'appuyait la tôte, un netit amas de cendres est assez bien marqué ; es vertèbres ont aussi laissé une empreinte vague qui relie la tète au tronc et aux membres. Mais au moindre souftle, la poussière s'envole et tout a disparu de la dépouille d'un homme, tout jusqu'aux derniers vesliger !

Pour terminer ce qu'il y a de plus curieux à conuahre sur la Cat icorabe de Saint-Lau-

renl, nous disons encore que le corps ilc saint Etienne, diacre et premier martyr , fut apporté de Conslantinople h Rome, sous le pontificat du pape Pelage, et déposé dans un souterrain de cette Catacombe. Une basilique s'éleva au-dessus de son tombeau. La basili(]ue a disparu et la Catacombe s'est abîmée sans que l'histoire en ait marqué la chute. Anastase mentionne le fait de la translation de saint Etienne, dont on a perdu les reliques, hélas ! probablement h jamais.

Le long de la même voie ïiburtine, déjà si privilégiée sous le rapport des monuments sacrés, s'ouvrait encore la crypte de sainte Symphorose et de ses sept enfants. C'est là encore un des cimetières romains où la piété des lidèles aimait à s'épancher, où la foi venait s'animer. Sainte Symphorose fut suivie dans son dévouement héroïque par sainte Félicité : les martyrologes ont consacré à sa louange une phrase magnifique et qui devrait être gravée dans la mémoire de tous les chrétiens; ils l'appellent »mfrone illustre par autant de couronnes quelle eut d'enftmts (l). Cette héroïne chrétienne demeurait à Tibur, au moment même où l'empereur Adrien bâtissait au pi' d des Apennins, dans un endroit favorisé de la nature et qui, malgré des révolutions de plus d'un genre, est toujours un des plus beaux pays du monde, sa célèbre villa, abrégé des merveilles de tout l'empire. Quand tout fut prêt pour la dédicace delà somptueuse villa Adriana, la sibylle de Tibur interrogée répondit : « La veuve Symphorose et ses sept fils nous déchirent cruellement tous les jours en invoquant leur Dieu. » Cette pieuse matrone consacrait sans doute sa viduité à Dieu, et passait dans la prière ses jours et ses nuits, comme pour empêcher de monter jusqu'au trône du souverain juge le bruit tumultueux des orgies romaines. L'empereur appelle cette femme et lui fait subir un interrogatoire devenu célèbre par la simplicité majestueuse de la foi d'un côté, et par la froide barLarie d'un philosOj)he ami des arts, d'un autre côté. Symphorose répon 1 avec modestie et assurance : «Mon mari Gétulius et son frère Amantius étant tribuns, ont préféré mourir plutôt que de sacrifier à vos dieux ; moi, je désire aller les rejoindre. » Admirable parole, bien digne d'une famille dont tous les membres furent des martyrs ! Adrien, dans un emi)orteraent de colère, la fit sus[>endre par les cheveux devant le temple d'Hercule. La mémoire du peuple n'a rien perdu de celte scène si digne dépasser à la postérité : on a remarqué comme un fait significa!if que plus tard la cathédrale de Tivoli a été bitie sur les dernières ruines de l'édifice dédié au hérfis emblème de la force physique, que Symphorose surpassa par la grandeur sublime de sa force morale. Inébranlables comme leur mère, les sept fils de Gétuhus et de Symphorose furent attachés à sept poteaux autour du môme temple d'Hercule, et

(1) « Tôt coroiiii quoi fclibus illustrem inaironaiii. >

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curent les membres (li''t;ich(''S du tronc au moyen cli' cordes fixées sur des poulies. S\ niphorose fut enfin précipitée dans l'Anio,' au pied du temple de la sibylle et de la cascade chantée par Horace. Cette famille de Macliabées chrétiens avait, |»rès de Kome, une basilique, dont Aringlii atteste avoir vu les derniers débris à la villa Mafféi, dans un lieu nonuîié les Scpt-frères.

Le voyaj^eur (jui sort de Rome par la porte de Saint-Sébastien sur la voie Appia-Vetus, rencontre la célèbre Catacombe de Saint-Sébastien, immense cimetière qui étend ses galeries tortueuses d'uncùlé jus({ue vers la |)orte <hl Popolo, d'un autre cùlé jusque près de la basilique de Saint-Paul. On peut justement comparer cvtte Catacombe à un neuve puissant dont le lit est grossi par des milliers de rivières et do ruisseaux (|ui viennent y afiluer de toutes parts : on y remarque, en elîet, une foule de cryptes accessoires, de souterrains de dimensions diverses, qui viennent y communiquer par des couloirs de jonction. Quelques auteurs ont avancé, et leur opinion n'est pei.t-ètre pas dénuée de fondem 'ut, que toutes les Catacouibes creusées sous la Campagne romaine envoyaient au cimetière de Saint-Sébastien quelque souterrain qui les reliût à un centre commun. Comme celte assertion n'a point été démontrée et qu'il est difficile, dans l'état actuel des choses, d'en administrer péremptoirement la preuve, nous nous contenterons de dire qu'elle al)Sorbe entièrement les hypogées de la voie Latine, en partant du mont Cœlius; ceux delà voie Aricina, route de Naples et d'Albano, commençant au bas de l'Esquilin, à la porte deSaint-Jean-de-Laîran; ceux enfin de la voie Ardéatine, tous consacrés par la sépulture et la mémoire des plus illustres maityrs : Domitilla, îsérée et Achillée, les papes Sixte, Damase et Calixte, les saints Marc etBalbine,Félix et Adauctus, et sainte Pétrouille, la fille de saint Pierre, les uns disent sa tille véritable, les autres sa fille spirituelle.

Quelle explication peut-on donner h l'étendue vraiment extraordinaire de la Catacombe de Saint-Sébastien ? Tout porte à croire que l'inextricable labyrinthe de souterrains qui porte le nom de ce glorieux martyr, dans lequel on ne saurait inqiunément se Jiasarder sans guide, avait été commencé bien des siècles avant l'ère chrétienne. On a prétendu même, avec quelque [)iobabili;é, qu'on en a extrait du sable dès les temjs les plus reculés de la républii^ue. C'est un.^ mine de pouzzolane vraiment inépuisible : le sol est entièrement composé de tuf volcanique d'une nature plus sablonneuse» et plus déliée que dans plusieurs autres régions. Peut-être doit-on attribuer à cette cause les premiers développements de cette innnense excavaton?

Le lieu jiar leciuel on descend dans h s cimetières de Saint-Sébastien est nommé par excellence, dans les écrivains ecclésiastiques, ad Calacumbas. Celte vaste nécropole renferme, h ce(iuc l'on croit, le corps do jilus de cent mille martyrs, et plusieurs jours,

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dil-on, sont nécessaires pour la parcourir.

On descend dans le cimetière de Saint-Sélastien, que l'on appelle aussi de Saint-Calixte, par un escalier i'rati(iué avec soin . lecpiel aboutit à une chapelle, c?\]e de Sainte- Françoise, située dans la parti'^ gauche de la l)asilique actuelle de Saint-Sébastien. La l)remièr(' pièce souterraine que l'on trouve au bas iU>s degrés de cet escalier, est une chapelle, ornée aujourd'hui d'un beau buslc; de saint Sébastien, ouvrage du Bernin , et d'un tombeau où fut longtemps déposé le corps de sainte Lucine. C'est ce souterrain, d'une comjjlication si extraordinaire, qui a été le champ d"S iilus persévérantes recherches de l'infatigable Bosio, et dans le([uel il a rencontré les plus nombreux et les plus curieux monuments de l'antiquité chrétienne.

De la basilique de Saint-Sébastien on distingue le célèbre mausolée de CœciliaMétella, longtemps lieu de repos d'une autre Cécile moins renommée, suivant les idées du monde, mais plus véritablement glorieuse. Le tombeau de la Cécile païenne est une orgueilleuse tour, qui s'élève, ornement de la voie Appienne, sur un coteau incliné, dominant sur le désert. Couronné de créneaux par les barbares, qui en firent une forteresse, et appelé par les pâtres Capo di bove, tête de bœuf, à cause des tètes de bœuf sculptées à la frise, c^ moniment a été récemment déblayé et doit être compté au nombre des plus ciirieux débris de Tarchitecture anti(]ue. Mais que la mémoire de la vierge chrétienne» Cécile est bien ])lus vivante que celle de la fière Cécile, la fille des patriciens! Sainte Cécile est la patronne des beaux-arts et de ceux qui les cultivent : son nom est constamment invoqué et béni, et, jusqu'à la fin du mund", tant qu'il y aura des cœurs sensibles à l'elfet des œuvres de 1 art, on n'oubliera pas la protection de sainte Cécile 1

En suivant la voie d'Ostie, q'ian 1 on descend lAventin par la porte de Saint-Paul, on trouve les cryptes de Saint-Paul ou ila Sainte-Lucine, d'Anastase ad Aqtias Salvins, de Sainte-Cyriaque, de Saint-Timolhée d'Ai;tioche et de'Sainle-Commodille.

Traversons le Tibre. Kn se tenant si:r l'ancienne rive étrusque, on trouve, en soitant de la ville parla porto Portèse, sur li route de Porto et de Civita-Vecchia, les cimetières deCenerosa et de Saint-Jules ; en descendant du Janicule, sous l'église do Saint-Pancrace, la crypte de Saiut-Calépod', dont l'entrée est dans l'église môme ; et à quelque distance de la porte de Saint-Pancrace, la Catacombe de Saint-Pontien.

Non loin des bords du Tibre et sous la collineappelléede nosjoursia montagne verli-, monte vcide, dans la voisinage de la voie Aurélia , ent.e le val d'Infono et la p<rle du Peuple, on aperçoit la Calucombo de Saint- Laurent m Lucina.

Enfin, rentrant dans Rome juar l'ancienno voie triomphale, ou vient se r. jjoser dans !o cimetière dii Vatican, sous ia granile basilique de Sainl-P'ierre.

Telle est l'indication somnniirc et rj;:dc

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des Catacombes romaines. Nous en avons omis quel(jues-unes ; et nous devons ajouter que d'autres portent plusieurs noms, ce qui pourra faire paraître notre énumération moins complète qu'elle n'est en effet. Nous nous sommes contenté de bien accuser les caractères généraux et de faire apprécier les dispositions d'ensemble. Ce serait peine superflue, aussi bien pour l'historien que pour l'antiquaire, de marcher pas à pas, dans les mille galeries des cimetières souterrams et d'en décrire minutieusement les moindres détails. Nous csperous faciliter l'intelligence complète des cryptes sacrées en nous arrêtant quelques in'stants aux monuments d'art qui en ont été retirés, et aux inscriptions qui ont été gravées sur les tombeaux des martvrs.

Mais notts ne quitterons pas les galeries obscures des Catacombes sans nous agenouiller pieusement sur cette terre foulée par le pied des martyrs. On ne saurait pénétrer dans les mystérieux détours des cimetières sacrés sans éprouver une émotion douce et forte à la fois, douce comme la croyance chrétienne, forte comme le sacrifice des martyrs. Daignent les saintes légions qui triomphent aujourd'hui dans le ciel, après avoir été si cruellement éprouvées parle feu de la persécution, jeter un regard d'ami sur leurs frères et leurs successeurs dans la vie et dans la religion !

L'archéologie, malgré de patientes et laborieuses recherches, n'a pas encore répondu à tout ce que l'on semble en droit de lui deman- «1er relativement aux Catacombes romaines. Nous ne quitterons pas l'essai que nous avons tenté en donnant l'énumération des principales cryptes chrétiennes, sans indiquer un certain nombre de monuments analogues, qui existent encore dans une grande partie de la Campagne du Latium. Il est admis des antiquaires italiens, et cette opinion paraît incoutestable, que les Pelages, les Etrusques et les peuples du Latium ont creusé beaucoup d'hypogées pour y déposer leurs morts. L'histoire, autant qu'on peut la faire parler sur les siècles les plus reculés et sur l'origine même des populations italiques, nous donne à |)eRser que chaque cité avait sa nécropole, ville des morts, à côté de la ville des vivants. 11 semble certain, et ici les témoignages histoiiques sont un peu plus explicites, que plusieurs souterrains primitifs furent choisis par les chré'.iens pour y ensevelir leurs amis, leurs frères et leurs m rtyrs. Mais la plupart de ces vieux cimetières, dévastés à plusie rs époques et en diverses circonstances, sont actuellement si nus et si dépo lillés, qu'on n'y découvre aucun ves'ige authentique de leurs anciens possesseurs. L'étude et la description qu'en ont tentée ccrtainsauteurs, amis passiorinés des ruines de leur patrie, n'y ont guère d'intérêt que celui do l'existence même de ces anciennes excavations souterraines. Boldeiti, l'un des hommes qu\ après Bosio, ont le plus fructueusement cultivé le champ des antiquités ecclésiastiques, a fouillé r.n grand nombre de ces grottes.

La Catacombc délia Stella, découverte et décrite par le môme Boldetti, et située près d'Alhano, sous le couvent de la Madone de l'Étoile, n'offrait que des monuments grossiei's et barbares, muetspour l'histoire et pour l'art. A Spolette, longtemps la capitale de l'Ombrie, près d'un pont que le peuple appelle toujours le poiit du Sang, il y avait une Catacombe célèbre creusée par les soins de la riche veuve romaine Abundantia, pour y recueillir les corps de quinze mille confesseurs que la tradition rapporte avoir été précipités à cet endroit dans le fleuve, par l 'S ordres du farouche Domitien. La Catacombe •le Saint-Eutychius, également ouverte sous Dioclét en, près d'Orta, est maintenant une vaste crypte, avec plusieurs corridors sous l'église du même vocable : elle a été décrite par le P. Maranzoni. La crypte de Sabinella, dont ne parlent ni Bosio ni Aringhi, fut creusée dès le premier siècle de l'ère chrétienne par une sainte et généreuse veuve du nom de Sabinella hors des murs de Néri, pour servir à la sépulture de l'évêque saint Ptolomée et de sestrente-huit néophytes martyrs. EntinenlGll, au témoignage de Boldetti, on découvrit près d'Olricoli, au diocèse de Narni, une crypte de même nature, sous une église ruinée, dans l'emplacement présumé de l'antique et florissante ville d'Ocria. Les murailles intérieures de ce cimetière chrétien étaient décorées de croix peintes en rouge ou en noir sur toute l'étendue de leurs parois.

Les Catacombes romaines ont-elles exercé beaucoup d'influence sur les édifices sacres postérieurs sous le rapport de la forme et des dispositions architectoniques ?

Dos auteurs dont nous respectons la science, et dont le nom seul est une autorité dana les questions archéologiques, ont exprimé le sentiment que l'on retrouvait dans la disposition de certaines Catacombes, le germe et comme les premiers linéaments des églises chrétiennes. A les entendre parler, l'œil découvrirait sans peine, en certaines sdies, dans les cubicula, les oratoires, les couloirs allongés, les galeries parallèles, la multiplicité des sépultures et les peintures, les rudiments de l'architecture ecclésiastique et les premiers pas d'un art nouveau. Ils appuient principalement leur opinion sur le témoignage de quelques antiquaires assez anciens, et sur un certain nombre de faits qu'ils interprètent à leur manière.

11 nous a semblé de quelque importance de discuter cette opinion, parce que nous avons besoin d'éclairer autant qu'il est en notre pouvoir les origines de l'archéographie sacrée. Nous serons bref dans cette discussion, et nous toucherons uniquement aux points les plus intéressants, laissant de c'ité tout ce qui n'est pas propre à nous conduire directement au but.

Les détails que nous serons naturellement conduit k donner en parlant de l'appropriation des basiliques civiles ou d'autres édi-

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fines piiblirs h rcxcrrino du ciiltn nlin-lien, drs leroinmoncemont du m' siùolo, i;ortcront jusqu'il l'évidence celto proposition, h savoir que les Catacombes et les rares conslructions chrétiennes, à Uome, antérieures à la conversion de Constantin, n'ont pas exercé une profonde influence surla marche et sur les dévclopi-emcnts de rarcliiteclure ecclésiastique. En elfet, et sans vouloir anticiper fur les matières que nous traitons ailleurs, le plan général des églises se retrouve tout entier et complet dans le type basilical, à part quelques modilications qu;' nous pouvons suivre sans |)t'inc et dont nous connaissons l'introduction.

M. Raoul Uochelte, marchant sur les traces de bon nombre d'antiquaires italiens, et suivi lui-même ]i;ir plusieurs archéologues français , prétend reconnaître d ms les cryptes romaines, c'cst-h-dir.', dans les oratoires ou chambres souterraines, l'origine certaine et la forme primitive des cha})elles latérales de nos églises chrétiennes. Voici en quels t,Tmes il exprime son opinion : « La distribution de ces chapelles, étrangères au plan des temples antiques, et même à celui des basi- ]i(iues chrétiennes du premier cige, n'a pu être empruntée qu'aux Catacombes, alors que l'Eglise, désormais assurée de sa victoire, transportait dans ses temples les monuments de ses persécutions, et les y plaçait de manière à rappeler, avec la forme et avec la disposition primitives de ces monuments, les souvenirs toujours si puissants surla pété, do ces temps d'épreuves et de misères, od les cimetières servaient d'églises, où les tombeaux servaient (Vautels, et oiî le sang des martyrs, suivant une expression heureuse et consacrée, devenait la semence des chrétiens. »

Nous avouons que d'autres écrivains ont été encore plus loin que M. Raoul Roc'nette, prenant les fantaisies de leur imagination pour des faits réels. La nef de nos immenses cathédrales, accompagnée de collatéraux, a été comparée aux galeries des souterrains de Rome. Il n'y avait pas alors grand eifort h faire pour regarder les chapelles accessoires ouvertes le long des bas côtés et des déambulatoires, comme une réminiscence positive et une imitation des sépulcres et des monuments arqués des Catacombes. Mai;;, à ces belles et ingénieuses considérations, nous opposons riiisloire et la critique. Nous savons commf nt et h quelle époque, surtout dans les contrées de l'Europe centrale et septentrionale, où les souvenirs des catacombes ne furentjamais très-vivants, leschapelles latérales a j)parurent régulièrement autour duchévet au M' siècle, et autour delà nefmajc ure seulement h la (in du xui' siècle ou dans les premières années du xiv'. Nous ne vouhms pas nier ni contester que dans certaines églises de l'Italie, et sans doute aussi de la France méridionale, quelijues chapelles accessoires auront apparu à des éjxxiues fort anciennes. Encore faudrait-il expli-juer ce (pi'ilfant entendre j>ar chapelles ou oratoires dans les édihees d'une construction anté- DiCTioNN. i>'Au<:iu;oi.ot;iE sacrée. I.

riôurc au \r siècle. En parcourant les œuvres de Ciampini, d'Aringhi et de Buonarotti, on trouve, en ell'et, quelques passages où sont mentionnés et des autels secondaires et des sanctuaires particuliers, dans les grandes basiliques rom;unes. II faut nécessairement interpréter ces passages pour en avoir la vraie signihcalion. Les mêmes auteurs, en d'autres endroits de leurs écrits, nous fournissent amplement les renseignements dont nous avons besoin. Dès le siècle de Constantin on adjoignit au corps des églises principales des espèces d'édiculcs qui en étaient presque complètement séparés : c'étaient, si l'on peut s'exprimer ainsi, de petites églises accolées à la mère-église. On conçoit a. sèment comment, pour îles raisons do dévotion ou de convennncc, ou pour des motifs d'une autre nature, on aura construit des chapelles accessoires du genre de celles que nous mentionnons ; mais de quelle manière s'y prendre pour y retrouver une réminiscence des Catacombes ? 11 n'y a évidemment aucun rapport h établir entre les nombreux monuments funéraires des cryptes romaines, U'smonumcnta arcuata ot même les oratoires isolés, et les chapelles ou édicules ajoutés successivementaux flancs d'une basilique du premier ordre.

Sans nul doute, après que le christianismo eut triomphé des obstacles qui avaient entravé si cruellement sa marche, et que ses progrès ne furent plus conlrjriés par les édils officiels des gouvernants, les lidèles descendirent fréquemment dans les grottes obscures où reposaient les restes vénérés desathlètesdelafoi.Sansaucundouteencore, ils ne revoyaient pas ces cryptes funèbres sans en rapporter des impressions durables et sans éprouver dans leur cœur un amour plus ardent pour la religion et ses martyrs. Mais il y a bien loin de ces émotions, quelque profondes qu'on les suppose, aux résultats qu'on leur attribue. Les pieux pèlerinages aux Catacombes ont occas;onné la décoration de certaines salles, où l'on aimait h so presser autour des relique -i d'un martyr célèbre ou d'une vierge illustre. Nous savons par des témoignages irrécusables, empruntés aux lieux mêmes, que des peintures et ihvers ornements furent exécutés dans certains ciibicula et dans des galeries souterraines longtemps après la conversion du premier empereur chrétien. Les savants auteurs de la Rome souterraine, Rosio, Scverano, Aringhi, n'ont pas oublié de parler de ce fait curieux et d'en faire ressortir toutes les conséqu.'nces. Anastasc lo RiMi(»lhécaire, dans la Vie des papes, fait mention do plusieurs saints pontifes (pi so ijlaisaieiit c^ orner le tombeau des martyrs, et dont quelques-uns mémo voulurent contribuer do leurs jiropres mains à rembelliïscment des cryptes sacrées. C'est un bcuti spectacle (pic de contempler les pontifes su-

I rêmes vei I mt avec amour sur ces obscurs souterrains, (pi i furent le glorieux Iterceau de

II religion chrétienne, dans des contrées où ils régnent si pompeusementaujourdhui. I.'; nomlrançais doit se retrouver partout où il

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y acics souvciu:s ùo dévouemonl cl de gloire: . (ians plusieurs endroits des Calacombes on lit le nom d'évôquos français qui se plurent à enricliir les tombeaux des martyrs. Nous devons surtout signaler le nom de Guillaume, archevL^que de Bourges, qui se lit dans la Catacombe de Sainte-Cécile.

L'ornementation d'un certain nombre de cryi'tes, telle nous paraît avoir été l'eifet des fréquentes [■ruccssinns qui, durant deux siècles surtout, se dirigèrent avec tant de ferveur vers les cimetières sacrés.

Les oratoires s )uterrains, ou établis dans les couloirs des Catacombes, ou creusés dans des intentions directes dans le voisinage de tombeaux spécialement vénérés, sont fort nombreux et fort intéressants à connaître. La description succincte que nous allons en donner fera mieux ressortir que ce que nous avons pu dire, comment le plan de nos éditices religieux n'a pas été y chercher des éléments nouveaux.

Ces petites églises, comme les appelle le noëte Prudence, aujourd'hui enfouies dans les entrailles de Rome, sont disposées d'après des données diverses, et suivant des conditions imposées sans doute par des circonstances locales : il y en a de forme carrée, triangulaire, sphérique, hémisphérique, pentagone, hexagone, octogone, ou même tout à lait irrégulière. Celles qui se rapprochent le plus des édifices sacrés postérieurs méritent d'être ici mentionnées, et nous en parlons précisément dans des convictions différentes de celles qui ont conduit M. R. Rochelte. Nous ])laçons en première ligne trois chapelles découvertes par Boldctti , Tune dans le cimetière de Saii.t-Calixte, de forme sphérique, avec six niches demi-circulaires ; une auire du cimetière de Sainte-Hélène , de forme carrée, avec le petit tombeau servant d'autel au milieu, soutenue aux quatre angles par quatre colonnes taillées dans !e tuf; cl la troisième du cimet ère de Sainte-Agnès, dont la voûte à plein cintre, comme le sont la plupart des voûtes de ces chambres souterraines, quand il existe^des voûtes, repose sur deux colonnes taillées de môme à l'entrée de cette chapelle, avec les tombeaux creusés dans chacun des trois côtés et avec le petit siège épiscopal adossé à la paroi qui fait face à l'entrée. L'auteur du Tableau des Catacombes ajoute deux exemples à ceux (jui ont été empruntés à Boldelti. Dans le cimetière de la voie Latine existe une chapelle, de forme carrée, terminée par une toup'olc, et soutenue aux quatre angles par quatre colonnes, avec cette particularité bien remarquable, que la voûte et les colonnes sont décorées de pampres et de vignes travaillés en stuc, et relevés en bas-relief. C'est le seul exemple connu dans les Catacombes d'un genre de travail dont il existe encore, à la villa Hadriana de Tivoli, et dans quelques tombeaux antiques découverts à la porte de Rome, de si admirables modèles, linûn, nous signalerons, comme exemple d'une disposition rare dans les Catacombes, une cha[jclle du cimetière de Saint-^ilarccllin

et de S..int.-Pierre, dont la voi'»lc est 'percée d'une ouverture quadrangulairo donnant sur la campagne. C'est un de ces cuhicula clara dont nous avons parlé précédemmf^nt et qui sont si curieux ; la manière dont cette chapelle est peinte, jusque dans l'ouverture qui y donne du jour, montre qu'elle n'a pu être ainsi décnrée qu'à une époque de paix, et après le temps des persécutions : cefait vient en confirmation des idées que nous avons émises plus haut.

Les détails dans lesquels nous allons entrer, sans nous arrêter, sont bien propres à démontrer jusqu'où peuvent entraîner les idées systématiques et le parti pris. Dans le cimetière de Saint-Calixte, on trouve encore en place, au-devant d'un tombeau de martyr inconnu, une d die de marbre percée à jour et posée comme une espèce de grille pour protéger contre un zèle trop ardent des reliques précieuses. On n'a pas tardé à {)roclamer bien haut que cette dalle évidée devait être considérée comme le premier modèle des balustrades qui entourent l'autel et le chœur, dans nos monuments chrétiens.

Comme si une intention semblable n'avait pas dû naturellement produire un effet analogue. Ce serait vraiment réduire à un rôle bien misérable la science des origines, que de s'attacher sérieusement à des accidents si minimes.

« La coupole, nommée particulièrement dans les temps du moyen âge ciboriuniy puis tabernacle, et enfin baldaquin en italien et en français, se rapporte par sa forme à celle de la voûte arquée qui termine, audessus des tombeaux des martyrs, la plupart des oratoires des Catacombes chrétiennes (1). »

Nous éprouvons une répugnance extrême à reconnaître dans l'arc plein cintre qui surmonte les sépulcres chrétiens des cimetières sacrés de Home, l'origine du pavillon, tabernacle, ou baldaquin qui couronne les autels des basiliques latines, des églises grecques, et des églises qui s'élèvent en si grand nombre dans les Gaules, suivant le témoignage et les descriptions de saint Grégoire de Tours. Nous aurons encore à revenir plus tard sur le môme sujet, et nous prouverons que notre opinion n'est pas fondée sur de simples apparences ou des impressions fugitives, mais sur des faits et des documents irrécusables.

Mais le vrai point de contact entre les églises et les Catacombes, c'est l'autel. Nous aimons ici à payer un juste tribut d'éloges au savant archéologue français dont nous avons cité plusieurs lois le nom et les ouvrages : cette partie de son travail sur les Catacombes romaines est bien comprise, bien appuyée et admirablement développée ; elle demeurera dans les fastes de la science des antiquités sacrées comme enfermant des considérations de la [ilus haute portée.

(I) Tiibl. (tes Cdtac, pp. 80 et 81.

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formation du Musce sacré du Vatican: anliquitcs chrétiennes provenant des Catacombes, qui y sont déposées.

L'autorité pontifiralp a ordonné de fermer rouverlure d'un grand nombre de Catacombes avec des barrières et quelquefois des murailles de clôture. Cette ordonnance était appuyée sur des motifs de plus d'un genre; nous ne sommes touché que de ceux qui concernent l'accès même des cimetières sacrés. Des éboulcments malheureusement trop faciles, rendent le parcours des souterrains fort dangereux en certaines parties. D'un autre côté, les mille détours des galeries sans nombre rendaient les visites pleines de périls pour ceux qui s'y hasardaient sans guide. Plus d'un téméraire a payé de sa vie son imprudente curiosité. Chacun se rappelle l'aventure du peintre fiançais Robert, qui faillit avoir un dénouement tragique, et que l'abbé Delille a si bien racontée dans son poëme de V Imagination. Il n'est permis et possible actuellement de visiter les Catacombes de Rome que sous la conduite d'un guide spécial, qui dirige les voyageurs seulement dans les couloirs oiî il n'y a aucun danger. Aussi la plupart des curieux se contentent-ils de jeter un coup d'œil rapide sur l'ouverture de quelques cryptes, sans oser pénétrer profondément dans les en! railles de la Rome souterraine. Avouons que les excursions prolongées dans les plus inaccessibles galeries no seraient guère profitables à la science des antiquités, dans l'état présent des lieux. On peut recevoir des émotions pieuses et durables de l'aspect de ces solitudes dévastées, parce qu'elles sont toujours remplies de souvenirs vivaces et qui ne périront jamais; mais tous les objets clignes d'attirer l'attention de l'archéologuechrétienen ont été arrachés successivement. Les sarcophages, les peintures, les inscriptions peuvent être étudiés beaucoup mieux aujourd'hui dans les salles du Musée sacré du Vatican que dans les allées obscures et dépouillées des cimetières. C'est là qu'on trouve matière h d'inépuisables observations et qu'on pourrait faire de nouvelles études sur lies antiquités, déjà tant de lois décrites, si la .jalousie des Italiens n'y me;lait des obstacles que l'on a ])eine à expliquer dans des hommes amis de la dilfusion des lumières scientifiques. I>es monuments des Catacombes appartiennent au Christianisme et doivent être toujours accessibles aux tentatives de l'érudition chrétienr:e.

La collection du Musée sicré, la plus précieuse de ce genre, et presque Tunique qui soit au monde, fut commencée parle pa/e Benoît XIV, en 1755. Ce grand pontil'e' a ainsi attaché son nom à une œuvre dont la posiér.té la plus reculée lui demeurera à jamais reconnaissante. Cette collection sest augmentée par l'addition des riches nmsées privés de quatre grands antiquaires, Séroux 1 d'AgincourtjBuonarotti, Carjiegna et Vettoii

les objets qui proviennent du cabinet do chacun de ces archéologues sont distingués par la lettre initiale de leur nom.

Exposer dans un musée, à la froide contemplation des oisifs, la |»lupart dédaigneux ou indifférents , livrer à une [irofane curiosité les marbres qui ont recouvei t le cor[)S des saints, les calices, les autels, les instruments de supplice de tant de glorieux martyrs, c'est une de ces choses tristes qui ne nous étonnent guère dans notre siècle de philosopliie glaciale, mais qui n'en sont pas moin.s déplorables aux yeux du chrétien. Ces précieux débris ne devaient pas sans doute être al)aiidonn;'s à une lente et sûre destruction dans les humides Catacombes; miis ils auraient dû être placés dans une église, ou du moins dans une enceinte sacrée. Cependant, il faut l'avouer, la conservation de la plupart de ceS inosliniLdjles monumenls n'est due qu'à la création de ce musée; et même, confessons-le, le remède au mal arriva trop tard, puisque b aucoup d'ouvrages décrits dans Bosio, Aringhi, Boldetli, Bottari, sont perdus sans retour.

Ce n'est point ici le lieu de dresser le catalogue de tous les objets qui se trouvent au Musée sacré. Nous aurons d'ailleurs à nous occuper plus bas des sarcophages, des sculptures, des peintures et des inscriptions. Qu'il nous suffise de dire que dans la salle en carré oblong du Museo sacro, on a incrusté dans la muraille trente-six bas -reliefs do sarcophage des trois Ages primitifs de l'Eglise, tous décrits par Bottari, d.nis le tome l"" de ses Sculture e Pitture sacre. Au-dessous sont les armoires fermées, où se conservent les instruments de martyre, les mosaïques primitives, les bas-reliefs d'ivoire, les vases, calices, l;impes, verres des Catacombes, ornés de ciselures, de reliefs et de tableaux, mais la plupart mutilés.

Quelques armoires renferment des objets aussi précieux p;îr la matière que par Lî travail, mais que recommande plus vivement encore leur usage ecclésiastique. Ce sont des vases d'ambre, à superbes reliefs, qui, par la pureté de l'exécution, se placent certainement dans le premier âge. On y remarque aussi des gemmes ou pierr.^s fuies, des verres taillés et peints tirés de divers en iroits des Catacombes, des cuillers ayant servi à l'administiat'on de l'eucharistie sous l'espèce du vin, des calices do diverses substances, souvent en verre, ayant é:é en usago au sein des cryptes, alors qu'on offrait l'auguste s îcrifice sur les tombeaux des martyrs, des vases d'ivoire, des espèces de reliqu.iircs très-simples, dont les dilférentes sculptures représentent la naissance du Sauveur, les trois mages, le poisson, des colombes, des béliers, etc., etc., enfin, une graiîdc quantité d'urnes, de dimensions variées, de tasses ou coupes, et d'u-lensiles de tout gem-e en terre cuite. Quiconque a étudié tant soit peu les antiquités s icréos des peuples do l'Asie et de l'Europe mér «lionale. sait com- >en les vases en argile furent souvent employés aux usages du cnltc et aux olfrandes

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dernières faites aux morts. Tout le monde aentendu parler des vases dits étrusques, et qui appartiennent à lart iiellénique, comme l'a fort savamment démontré M. Ch. Leno: mant, dans im livre intitulé : Introduction à l'étude des vases peints. Ces poteries si curieuses au double point de vue de l'art et de l'antiquité se retrouvent aujourd'hui dans tous les cabinets d'antiques de l'Europe : elles ont été l'objet de travaux nombreux et remarquables, où l'on a déployé tous les trésors de l'érudition et de la critique. Les chrétiens ne ditlèrent pas, à leur berceau, des peuples primitifs, sous ce rapport : l'Eglise des premiers temps nous otfre des débris de poteries de toute espèce avec une abondance dont on a peine à se faire une juste idée; il y en a des collections dans presque toutes les capitales de l'Europe.

Nous ne faisons nu.'le mention des autres objets d'antiquité déposés au Musée sacré, provenant des monuments du moyen âge :

nous nous sommes arrêté exclusivement aux objets tirés drs Catacombes. On nous ])urdonnera d'indiquer en finissant la plus belle mosaïque de la collection, portrait colossal de Charlemagne, dont les yeux pleins de feu, l'expression moitié chrétienne, moitié barbare, et d'une énergie effrayante, fixe comme par un charme iriésistible le spectateur prêt h s'éloigner.

Sarcophages et tombeaux ; détails sur les sépultures ; extraction des reliques ; y a-t-il dans les Catacombes des sépultures païennes?

Nous avons développé ailleurs des idées que nous jugeons convenable de rappeler ici, en commençant à p.Trler des monuments sculptés des premiers ;^g('S du christianisme. Certains auteurs , amis passionnés d'une science jusqu'à présent stérile, l'esthétique, ont avancé que la marche des beaux-arts, surtout des arts plastiques, était en rapport direct avec le nombre des idées susceptilDles de revêtir les formes du monde organique. Une religion, disent-ils, dans laquelle la vie de la Divinité se confond avec celle qui existe dans la nature et s'achève dans l'homme, comme était celle des Grecs, est, sans aucun doute, extrêmement favorable à la plastique. Mais une religion qui place la Divinité dans un monde supérieur idéal , c'est-à-d're, dont la forme n'existe que dans l'esprit et l'imagination, ne saurait convenir aux progrès de la môme branche des beauxarts. Lps auteurs dont nous exprimons ici la pensée et auxquels nous avons emprunté les paroles elles-mêmes , prétendent que la religion chrétienne est lennemie des arts plastiques, non-seulement par ses principes bien arrêtés sur cette partie des arts 'du dessin, mais encore par les nécessités de son dogme et de son enseignement. Nous n'aurons pas de peine à faire justice de semblables paradoxes, qui ont trop longtemps régné dans certains esprits et que l'on s'habitue peu à peu à reconnaître comme l'expression de 1^ vérité, par suite des [;ré-

jugés et des idées reçues. Il nous suffira d'énumérer les œuvres immortelles créées par la sculpture et la statuaire, depuis les bas-reliefs des Catacombes, jusqu'aux poèmes en pierre reproduits avec tant de magnificence au frontis{)ice de nos splendides cathédrales ogivales. Nous voulons que cet argument ressorte avec toute sa force des nombreux détails dans lesquels la nature du vaste sujet que nous traitons nous forcera d'entrer successivement. Quoique nousayons un article spécial sur celte matière, nous éprouvons néanmoins le besoin de flétrir des doctrines que nous repoussons de toute l'énergie de noire âme, avant d'entrer dans l'examen des premiers travaux de la sculpture chrétienne.

Nous avouons sans diftlculté que dans l'origine, le christianisme éprouva et manifesta de la répugnance pour les œuvres de la sculpture ; mais c'est un fait qui doit être interprété pour être compris dans son sens et selon sa portée. Durant le règne de l'idolâtrie, la statuaire avait créé des œuvres qui, dans l'esprit du peuple, s'étaient identifiées avec les croyances superstitieuses de la mythologie elle-même ; on ne savait plus distinguer entre la statue et l'idole , entre le dieu et son image. L'art était donc ainsi devenu le soutien d'un culte fondé sur le sensualisme, et le principe de l'un s'était étroitement uni avec la manifestation extérieure de l'autre. La sculpture devait nécessairement rester frappée de l'interdit de l'Eglise, tant qu'une scission n'aurait pas été opérée entre l'art et le culte. La raison delà conduite des pontifes de la société naissante des chrétiens est facile à concevoir, et nul n'oserait la condamner. Il fallait d'abord terrasser le polythéisme , avant de songer à replacer l'art dans sa véritable voie, dans une voie qu'il n'aurait jamais dû abandonner. Les faits sont là pour démontrer historiquement que telle fut la pensée de l'Eglise.

La statuaire, mère des idoles, fut sévèrement proscrite dans les âges de prédication apostolique. Aussi nous ne rencontrons jamais une seule statue dans les souterrains des Catacombes : celles qui en ont été extraites ne peuvent pas être rapportées à une époque antérieure au iv° ou au y' siècle. Mais les bas-relifs, dont la signification superstitieuse n'était pas aussi évidente, furent tolérés dès le commencement. Nous en trouvons un grand nombre et de différente nature qui méritent de fixer notre atlenti n.

Il ressort de ce que nous venons de dire que les chrétiens des premiers siècles manifestèrent une grande prédilection pour la peinture sur la sculpture proprement dite : ! la première est plus spiritualiste , même au ^point de vue des procédés techniques et des ef!'ets qu'elle cherche à produire ; la seconde est plus matérialiste et avait le désavantage de se trouver intimement unie aux monuments du paganisme. Cependant il ne s'ensuit pas que les premiers chrétiens aient tout à fait ignoré la sculpture. Il est reconnu

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(;u'un certain nombre de symboles étaient en usage parmi eux, dès l'origine. Clément d'Alexandrie dit dans son Pédiujogue : « Les cachets des fidèles doivent portci' une colombe, un poisson, i;ne barque h la voile qui cingle rapidement , une ancre , ou un pi^clieur représentant l'apôtre qui a tiré des eaux ceux qui se noyaient ; seulement jamais d'idnle. » Il n'est pas jusqu'au sévère Tertullion, l'austère ennemi des productions des beaux-arts, qui, tout en protestant parfois contre l'image du bon Pasteur si souvent reproduite dans les Catacombes, ne permette pmntant tous les symboles, lyre, ancre, poisson, nacelle, grappe de raisin, agneau (1).

Un archéologue allemand ne fait pas difficulté d'admettre que dès l'an ICO de l'ère vulgaire, l'usage d<' sculptures symboliques, dans l'intérieur des habitations privées , était permis aux chrétiens (2).

Nous devons faire connaître d'abord les monuments qui les premiers ont été produits , selon la marche ordinaire de la scul|)ture, c'est-à-dire les sculptures anaglyphi ,ues. Ce genre, qui est entièrement opposé à celui de la ronde-bosse et du basrelief, apparaît à la naissance de cette partie de l'art; il appartient essentiellement aux époques hiératiques de la sculpture. Tous ceux qui ont étudié, chez quelque nation ou dans quelque société que ce soit , les monuments archaïques des beaux-arts, ont mentionné les sculptures en creux comme ayant été le seul moyen adopté à l'origine pour décorer les sépultures. Du reste, cette manière de représenter l'image des objeis n'est pas toujours demeurée grossière et imparfaite : nous verrons comment au moyen âge, surtout aux belles époques, on grava des pierres tombales avec une perfection de dessin , une pureté de trait et une délicatesse d'expression qu'on aurait peine è soupçonner dans cette espèce de lïionumenls. Entre les premières pierres sé- ])ulcrales gravées des chrétiens dans les Catacombes, celles de Clovis et de Clotilde, actuellement dans les caveaux de Saint-Denis, et celles du xrii' et du xiv' siècle, on remarque tous les intermédiaires de la finesse, de la grâce et de la perfection. Yoy. Ana-

GLYPHES.

En parcourant les monumenta arcuata des Catacombes, on ne d 'couvre aucun dessin en relief sur les plus anciens. On n'y voit d'ordinaire que l'inscription du martyr ou du tidèle qui y a été déposé, avec le monogramme du Christ, ou quelque autre signe symbolique. 11 n'est pas hors de propos dappeler ici l'attention sur les progrès et le développement de ce procédé. Les monuments le I lus authentiquement anciens ne présentent nulle trace de Mgures emblématiques : une simple inscription en lettres creusées dans la pierre, le mariire ou môme la briiiue, indique le nom, la qualité et l'âge

M) Tractât, de Pudicilia.

l'ï) Uliciiiwalil, christ. Arch.

du personnage qui repose dans le tombeau. Un peu plus tard ajjparaissenl les symboles si variés dans les Catacombes. Certfdns autours appellent ces ligures symboliques les hiérorjlyphrs chrétiens. CcilG expression peint parfaitement l'idée qu'on lui attribue. Il y a en etlet un rapport de ressemblance trèsétroit entre les sculptures en creux des premiers chrétiens enfermés dans les noirs souterrains des catacombes, et les monuments anaglyphiques des anciens habitants de l'Egypte. Les formes usitées dès les temps primitifs dans les cimetières chrétiens sont des [lalmes, des cœurs, des triangles, des raisins, des poissons, des croix, des agneaux, des colombes ; au milieu de ces représentations arbitraires ou empruntées à la nature, dans une signification emblémati([ue, on ne rencontre jamais aucune histoire, ni figure humaine. Ce n'est que dans h troisième période de la sculpture sépulcrale des Catacombes que nous voyons apparaître la représentation humaine dans les peintures et les sculptures en relief.

Boldetti fait observer que les inscriptions tumulaires étaient communément tracées en creux , puis remplies de couleur jaune ou rouge, minium ou cinabre. On sait cjue c'est avec cette dernière couleur que Ton peignait la face de Jupiter et celle des consuls triomphants lorsqu'ils montaient au Capitole. « Ce n'est point sans raison, dit Ferrandus, c{ue les noms de ces invincibles vétérans de la milice chrétienne qui, couverts de lauriers et décorés de la pourpre, avaient triomphé , en versant leur sang , de la chair, du monde, du démon et dos tyrans, étaient tracés ordinairement en caràcières rouges.... C'est qu'en effet , selon ce que remarque Pline , il n'y a pas de couleur qui exprime mieux le sang que la couleur rouge (1). »

Cette couleur rouge , comme on est porté à le croire par des vestiges assez évidents , était coulée dans les entailles ou sculptures en creux; quelquefois, comme cela s'est pratiqué habituellement plus tard, elle était mélangée avec une espèce de mastic qui était lui-môme introduit exactement dans le trait de la gravuie.

D'après le principe qui semble présider h la chronologie des sculptures chréliennes , tel que nous l'avons émis, on i)cu! conclure qu'une très -grande quantité de pierres sépulcrales des martyrs remontent au iT siècle de l'ère nouvelle. Ces monum; nts primitifs, si intéressants pour l'histoire et fart, ont été étudiés avec soin et sont devenus lobjol de plusieurs publications importantes. Séroux d'Aginco irt , dans son Histoire de l'art par Us vwuuments , a consacré une planche tout entière à représenter les principaux monuments anaglyphiques des Cata-

(1) t Nec imnierilo, invioli illi clirislianir milili a; Iriarii, qui carnciM, miiiuium, diaboluiii, tyranno5 siio sanjçuine, laiircali ac piiipurati, triumi'liarun'., ndtcis luiuialiïqiu'cliaracleribiis... colioiicstare majores noslii conMievpraiit, quia non est alius color, iniiiiit IMiiiiiis, qui iii iiicluris san^uineiii redilal (|uani cinnabaris. >

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combes. On en trouve d'aillei;rs une grande quantité dans tous les ouvrages de paléographie. Nous ci:erons spécialement une belle inscriplion publiée par Mafféi, dans son Muséum Veronense, comme appartenant h une antiquité tout à fait incontestable ; le style et les caractères de linscription placée sur la tombe de Diodorus, sont d'une pureté et d'une beauté dignes du siècle d'Auguste. Autour de l'inscription on a représenté, d'après le procédé anaglyphique , le bon Pasteur, actuellement mutdé , et saint Pierre avec le coq. Au milieu des symboles des anaglyphes chrétiens , se montre presque toujours une prière ou Orans, sous la ligure, soit d'un homme, soit d'une femme, debout, la tuni(jue flotante, les yeux levés vers le ciel, les mains étendues en croix. Cette simple et poétique ligure, dit M. Cyprien Robert , plane sur l'Eglise primitive comme une muse universelle qui préside à toutes choses. Les plus anciens monuments des Catacombes sont des Orantes, comme pour indiquer déjà prophétiquement que l'art chrétien tout entier ne sera qu'une sublime prière.

En passant h. l'étude des sarcophages provenant des Catacombes , nous avons à considérer la sculjjture sous un point de vue général. Les monumenîs sculptés en relief sont pou nombreux clans les Catacombes , conqx'.raison faite avec les monuments peints et les anaglyphes. Cela tient à des raisons ([ue nous avons indiquées déjà, et sur les- (|uclles nous ne reviendrons pas. Ce cpi'il nous importe de signaler, c'est l'époque présumée de l'introJuclion dans les Caticoml)es (les sarco:)liages sculptés en haut relief, et le caractère général de l'œuvre artistique de la seul j dure.

Les documents histori(]ues et l'examen des faits eux-mêmes, nous démontrent que jusque vers la tin du iir siècle, les sépuJtuj es, dans les cimetières sacrés, n'avaient été faites, à de très-rares exceptions près, que dans les tombeaux existant encore en si grande quantité dans les parois des galeries S(juterraines, ou dans les monumenta arcuala. Dl'S sarcophages en marbre, richement décorés , chargés de sculptures variées , représentant des scènes ailégoriqucs ou historiques, étaient réservés aux sépultures des riches patriciens , demeurés tidèles à la superstition idokUrique de leurs ancêtres. On t-n découvre un nombre prodigieusement considérable n jn-seulemeut à Home , mais encore dans les principales villes de l'Italie et siesplus riches provinces de l'Empire romain. Quelques auteurs attribuent à la conversion des plus opulentes familles de Rome et à une certaine recherche de distinction, l'intioduction dans les galeries funèbres des cimetières sacrés des sarcophages. L'orgueil des sénateurs, nouvellement et incomplètement convertis, n'aurait [m, ajoutent ces mômes écrivains, se contenter de la grossière simplicité «■l de la rude barbarie des sépulcres creusés dans le sol, à ptine ornés de quelques ligures symboliques. On peut admettre cette asser-

tion des auteurs , au moins jusqu'à un certain [)oint, sans cependant exclure l'opinion de ceux qui pensent que pli;sieurs sarcophages, môme d'un style païen , furent employés, dans les Catacombes, à rt^cevoir les restes d'un martyr illustre et honorer lamémoire des personnages qui avaient des droils à la reconnaissance et à la vénération de la communauté chrétienne. L'usage d'ensevelir le corps des pontifes et des bauts personnages dans des tombeaux sculptés se perpétua longtemps après la conversion de Constantin , et nous voyons plusieurs siècles plus tard le pape Léon III donner, pour la sépulture de Charlemagne, un sarcophage antique , orné de sujets mythologiques. Il nous paraît donc probable que quelques-uns d'entre les sarcophages extr<tit5 des Calacombes ont pu y être placés dès le ir siècle, quoique la plupart n'y eussent été posés qu'un ou deux siècles après.

Quant au caractère général des sculptures, nous y trouvons évidemment retlétés les principes de la plastique grecque à l'époque contemporaine. C'est là, mieux que ('ans les éditices d'une autre nature qu'il est possible de se rendre exactement compte de l'état de cette branche importante de l'art durant le siècle cjui a précédé celui de Constantin. Séroux d'Agincourt , dans plusieurs endroits de son grand ouvrage, convient que, sans ces monuments sauvés de la ruine par des motifs religieux, il existerait dans l'histoirti des arts du dessin une lacune immense, impossible à combler. Dans les procédés constamment mis en pratique pour l'ornementation des sarcophages en marbre, dans les motifs de décoration choisis au n' ou au iir siècle, dans la reproduction de certains détails, on reconnaît la sagesse de l'Eglise qui prohibait l'intro. ludion des statues isolées dans le lieu de l'assemblée des tidèles. Les idées païennes persistent dans la sculpture des tombes de marbre, môme après que la religion chrétienne a triomphé des erreurs de l'idolâtrie. Les artistes travailljnt pour les chrétiens et sous l'inspiration des chrétiens ne peuvent oublier les traditions anciennes; ils mélangent le sacré et le profane avec une ingénuité qui prouve jus(]u'à l'évidence que la statuaire subissait avec une p'cine infinie l'influence des nouvell. s doctrines. Combien de sujets clairement myt ologiques, encadrant des scènes historiques tirées de la Bihie et de l'Evangile, ne voit-on pas dans les meilleures compositions sculptées des sarcophages? On dirait que la sculpture se borne à changer les noms des personnages qu'el'e représente, sans opérer la moindre modihcaiion dans les poses, les costumes et les accessoires. Partout les martyrs et les saints de Jésus-Christ remplai^ant des héros, des philosophes et des guerriers, sont drapés sur les sarcophages de la même façon que leurs devanciers, avec des poses étudiées comme celles qu'un long usage avait déterminées. Presque tous les personnages ont la têtu nun, ou les cheveux coupés à Ik'ur de tète. Les pieds sont également nui,

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